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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 08:27

 

LA PALESTINE en Pays de MORLAIX

3 jours de Spectacles, de Débats, de Rencontres avec les associations locales de la Solidarité* 

 

Du 12 au 21 février, hall de l'Espace du Roudour de Saint Martin des Champs:

Expo-Photos de JM. Nayet et Informations sur la Palestine.

 

Jeudi 14 février Théâtre du Pays de Morlaix : « Quand m’embrasseras-tu ? » Création de la Compagnie Brozzoni d’après les textes de Mahmoud Darwich à 20h 30 (Billetterie sur place…)

 

Vendredi 15 février au cinéma La Salamandre à 20h 30 : «Aïda, Palestine » Documentaire de Till Roeskens. Projection suivie d’un débat avec

 

Jean-Claude Lefort, Président de l’Association France Palestine Solidarité et

Claude Léostic, Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

 

 Samedi 16 février à l’Espace du Roudour à St Martin des Champs  Concert du TRIO JOUBRAN à 20h30 (Billeterie sur place...)

 

 * AFPS MORLAIX - Association pour le jumelage Morlaix Wavel - ACAT Pays de Morlaix - LDH Pays de Morlaix - Mouvement de la Paix - Peuples Solidaires St Pol Morlaix

 

 En partenariat avec: le Théâtre du Pays de Morlaix, le cinéma La Salamandre et l'Espace du Roudour

 

 Pour tout contact: Association France Palestine Solidarité Morlaix (06 10 67 18 33)

                             Association pour le jumelage Morlaix Wavel (06 20 30 98 08)

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 08:03

 

 

LE DROIT AU TRAVAIL DYNAMITÉ

 

RÉSISTER & CONSTRUIRE

 

Un accord intitulé « sécurisation de l'emploi » a été conclu entre les organisations patronales et des organisations syndicales représentant une minorité de salariés, contre l'avis de la CGT et de FO. Cet accord, soi-disant historique, signé sous pression du gouvernement, n'est en aucun cas une bonne nouvelle. Sauf peut-être pour le Medef qui n'en espérait sûrement pas tant, neuf mois après la défaite de Sarkozy. Il sera examiné au Parlement. Les parlementaires du Parti communiste et du Front de gauche ne laisseront pas transcrire dans la loi une nouvelle régression sociale. Ils interpellent les parlementaires socialistes et écologistes chez qui cet accord est loin de faire l'unanimité.

 

Cet accord facilite les licenciements et évite les poursuites des employeurs.

La CGT et FO ont refusé de le signer. La FSU et Solidaires n'avaient pas le droit de participer aux négociations. Seules, la CFDT, la CGC et la CFTC l'ont signé avec toutes les organisations patronales. Le MEDEF est enthousiaste.

 

Il organise le chantage à l'emploi, aux mobilités forcées et piège les salarié-es avec le temps partiel. Il crée des CDI précaires ! Quelques exemples : on affichait l'ambition de la « sécurisation de l'emploi » et on débouche sur la « sécurisation de la flexibilité et du licenciement ».

On annonçait : taxer les contrats courts et on cède en contre-partie une nouvelle exonération de charges patronales sur tous ces contrats.

On annonçait la démocratie sociale et on débouche sur la présence d'un ou deux salariés possibles dans les conseils d'administration de plus de 10 000 salariés dans le monde et 5 000 en France, soit deux cents entreprises concernées tout au plus.

Et pour couronner le tout, les entreprises ont 26 mois pour mettre en place les modalités que les actionnaires devront d'abord approuver. En contrepartie, il taxe légèrement certains CDD courts et contrats d'usage mais le patronat obtient 150 millions de nouvelles exonérations sur les CDI.

QUAND ON EST DE GAUCHE ON DIT NON !

Michel Sapin, ministre du Travail, devra user de beaucoup de salive pour convaincre la représentation nationale et les salariés que cet accord « emporte l'intérêt général » et qu'il devrait être adopté tel quel au Parlement. Le gouvernement semble décidé à empêcher toute discussion du Parlement et lui demande de transcrire en l'état l'accord signé et est prêt à usé de l'argument d'autorité auprès de ses parlementaires.

Pour les parlementaires communistes et du Front de gauche, pas question de laisser passer ce mauvais coup.

Le débat traverse les groupes socialiste et écologiste. Et il y a deux bonnes raisons pour cela. Pourquoi une majorité de gauche devrait-elle adopter un accord qui fait reculer les droits des salariés ? Au nom du respect de la démocratie sociale, va-t-on nous rétorquer ! C'est précisément la seconde raison de le refuser. Cet accord, en ne recevant pas l'agrément de la CGT et de FO, n'est pas conforme à, l'esprit des accords majoritaires qui devrait être scrupuleusement respecté par une majorité de gauche digne de ce nom.

 

 

 

Ouvrons, en lien avec les salariés et leurs syndicats, le chantier d'une vraie sécurisation de l'emploi.

Les salariés ont besoin d' une véritable sécurisation de leur contrat de travail. Travaillons à la pénalisation de tous les CDD et des contrats précaires en alourdissant massivement les cotisations sociales patronales sur ces contrats et en imposant une surtaxe aux entreprises lorsqu'elles emploient plus de 5 % de CDD.  

Et, contrairement à ce que dit madame Parisot, ce n'est pas la Fonction publique qui est responsable à elle seule de l'explosion du nombre de contrats courts dans le pays. C'est dans le secteur marchand qu'on est passé de 5,7 millions de CDD de moins d'un mois (en 2000) à 10,6 millions en 2011, soit une augmentation de 85 % ; et c'est au secteur privé qu'on doit 75% de la hausse du nombre de CDD en dix ans.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:57

 

Comment expliquer que d'anciens communistes comme Napolitano, actuel président de la République Italienne, Massimo D'Alema, Walter Veltroni, et tant d'autres, se retrouvent depuis quelques années en position de cautionner ou de mettre en oeuvre à l'intérieur du centre gauche une politique social-libérale en Italie alors que jusqu'à la fin des années 1980, le Parti Communiste Italien était encore très puissant électoralement, réalisant des scores de 25 à 27% aux élections nationales et gérant de nombreuses municipalités?

 

Berlinguer-copie-1.jpg

 

Cet essai de Guido Liguori, un universitaire militant, philosophe spécialiste de Gramsci, analyse de manière très intéressante l'histoire du PCI et le processus qui à la fin des années 1980 a conduit à sa disparition pour céder la place à un quasi néant du côté de la gauche de transformation sociale en Italie.

"La fin du parti, écrit Guido Liguori, aura été également la fin de la participation politique de masse, non pas épisodique ou mouvementiste, dans la société italienne, et il ne reste rien de semblable chez les héritiers du PCI. Un immense patrimoine politique, historique, humain s'est ainsi perdu".

C'est un livre qui donne des grilles de lecture et des outils conceptuels pour comprendre et soumettre à une évaluation critique l'évolution vers un positionnement réformiste et sociale-démocrate avancé qui s'est faite sentir aussi à l'intérieur du PCF et de sa direction, particulièrement du temps de Robert Hue, sous l'influence d'une perte de foi en notre mission historique, des pratiques gestionnaires et électoralistes prenant le pas sur les objectifs de transformation globale de la société. 

A mon avis, qui je crois est partagé par beaucoup de militants communistes, en même temps que la radicalisation de la mise en crise de la société par le capitalisme financier, le projet politique cohérent et ambitieux du Front de Gauche, tournant résolument le dos aux logiques capitalistes dans de multiples domaines et rendant possible la reconstitution progressive d'une gauche de combat et d'ambition révolutionnaire, et l'élan populaire et citoyen grandissant qu'il génère depuis sa création en 2008, permettent de redonner aux communistes la fierté de leur histoire, de leur nom, de leur rôle historique, et les amènent à vouloir renforcer a contrario de 20 ans au moins de délitement idéologique et de remise en cause des fondamentaux marxistes, un projet de société révolutionnaire pour le Parti, basé sur le refus de la "real politik" libérale et le retour de la lutte des classes.

A cet égard, la préface d'Emmanuel Dang Tran qui accuse la direction communiste actuelle de vouloir saborder l'héritage communiste à l'exemple italien en construisant le Front de Gauche et en étant partie prenante du PGE me semble être un contre-sens ne servant pas à tirer les bons enseignements de ce livre qui en contient de nombreux.

Guido Liguori est d'ailleurs beaucoup moins sévère sur l'idéal du communisme démocratique tournant le dos de fait à  l'héritage autoritaire du bolchevisme et du "socialisme réel" puisque c'est depuis les années 50 et avant cela même, grâce à l'influence intellectuelle de Gramsci, une des particularités remarquables du Parti Communiste Italien, laquelle n'impliquait aucunement son effacement comme parti de masse et force capable d'entraîner le progrès social, même sans exercer le pouvoir, le PCI ayant eu un rôle majeur sous Togliatti notamment après guerre dans la construction d'une démocratie sociale avancée en Italie.

 

Le début du livre, consacré à analyser sur un plan idéologique l'histoire du PCI jusqu'au milieu des années 1980, est passionnante. Je n'évoque ici que les grandes lignes de ce développement d'histoire politique.   

 

Togliatti, dirigeant du PCI dans les années 50 et au début des années 60 (il meurt en 1964) a été le père d'une théorie des "réformes structurelles" qui permettait d'échapper à l'alternative réductrice et dommageable "entre réformisme et utopisme révolutionnaire. On isolait des objectifs intermédiaires, sur lesquels on pouvait rassembler de grands fronts de lutte, qui permettraient de changer les rapports de force en faveur de la classe ouvrière et de ses alliés. Togliatti voulait échapper à l'alternative réformes/révolution, en rénovant la redéfinition du concept de révolution opérée par Gramsci: non plus seulement un seul évènement bref et décisif mais un processus, dans lequel on pouvait également intégrer les réformes, à condition que les équilibres dans les rapports de force basculent, et puissent rendre le pouvoir entre les mains des capitalistes à ceux qui luttent contre lui". (p.41). Les communistes italiens du temps de Togliatti étaient à la fois rassemblés par et dans le mythe de l'URSS, mais aussi sur "une conscience bien ancrée du fait qu'ils devaient appuyer leur lutte pour le socialisme sur le maintien et l'élargissement de la démocratie".  

 

Le successeur de Togliatti, Enrico Berlinguer, a radicalisé une critique de la limitation et suppression des libertés individuelles dans les pays du "socialisme réel" que l'on trouvait déjà chez le dernier Togliatti. Tout en passant un certain nombre de compromis avec la démocratie-chrétienne pour réaliser des avancées sociales concrètes immédiates, il a voulu faire l'idée de démocratie aboutie, populaire et sociale, le socle même du projet de société communiste, la fin vers laquelle il tend et le moyen d'y tendre. Dans les années 1968-1969, "s'affirma la question fondamentale d'un contre-pouvoir disséminé dans le corps social, avec la naissance de milliers de conseils d'usine, de secteur, de quartier, etc. Non pas une situation de "dualité des pouvoirs", mais un bourgeonnement de la démocratie de base qui, dans la vision de la gauche communiste, devait accompagner le "caractère central du gouvernement", en étirer les limites, répondre à la volonté de participation, d'engagement politique, d'un nouveau sens civique démocratique... Le PCI tira de ce vaste mouvement des bénéfices du point de vue politique, organisationnel et électoral; ses sections se remplirent de "morceaux de société" que jamais auparavant l'on était parvenu à approcher: non seulement des jeunes, mais aussi des indépendants, techniciens, intellectuels de masse, des femmes, des personnes nouvelles qui "naturellement" se tournaient vers le parti communiste porteurs d'une forte demande, bien que diverse et variée, de changement". Guido Liguori reconnaît tout de même que, peut-être un peu comme en France à la même époque, "le parti dans son ensemble resta cependant bien en-deça des demandes d'élargissement des libertés, de subversion des hiérarchies, d'innovation culturelle, de changement également des formes de vie quotidienne, des rapports interpersonnels et familiaux, de la sexualité, qui venaient de la société".

 

Parallèlement, dans les années 70, le PCI pris peu à peu indépendance et distanciation critique par rapport à l'URSS et au modèle communiste bureaucratique et autoritaire que la grande puissance incarnait, avec ses Etats satellites, se faisant la force motrice un potentiel eurocommunisme. Ainsi, "le 2 novembre 1977 à Moscou, lors du 70e anniversaire de la révolution d'Octobre, Berlinguer affirmait: "La démocratie est une valeur historiquement universelle sur laquelle on peut fonder une société socialiste" . Parallèlement, anticipant de plusieurs décennies l'actuelle conversion écologique progressive du PCF sous l'influence du Front de Gauche à une remise en cause critique du productivisme et de la société de consommation, Berlinguer souhaitait en 1977 "le dépassement de "modèles de consommation et de comportement inspirés d'un individualisme exacerbé" et "l'abandon de besoins matériels créés artificiellement" et un développement "austère", tourné vers d'autres biens, définis comme "authentiques", tels que "la culture, l'instruction, la santé, un rapport libre et sain avec la nature" (p.56). Le projet de société communiste ne peut en effet faire l'impasse d'une remise en cause fondamentale de la civilisation et du mode de vie dominant créé par le capitalisme: la revendication salariale et économique sont nécessaires mais ne peut se suffire à elle-même. Berlinguer dénonçait aussi comme facteur d'aliénation et de perte de vigueur démocratique la professionnalisation de la politique, laquelle ne devait pas conduire le PCI, dans le sillage des sociaux-démocrates de Craxi, à abandonner pour l'opportunisme électoraliste sa visée de dépassement du capitalisme:

 

" Le paysage politique italien changeait rapidement, se préparait le "CAF" (Craxi-Andreotti-Forlani), une alliance Démocratie Chrétienne- PSI qui n'avait pas, à la différence du vieux centre-gauche, d'axe programmatique réformateur et qui finit par être une répartition des pouvoirs et des clientèles. Egalement au niveau international se répandaient des idéologies antidémocratiques, "décisionnaires" ou de "gouvernance" qui voyaient la démocratie et la question de la participation comme un problème, et dont le secrétaire socialiste Craxi se fit le partisan en Italie. Berlinguer comprit avant bien d'autres que le processus mis en route pouvait avoir de graves conséquences pour la démocratie (celles qui seront en partie révélées avec l'Opération mains propres). C'était la dégénerescence de tout un système politique, la trahison de la démocratie constitutionnelle, à laquelle les partis devaient garantir la participation, au lieu de détourner illicitement les ressources et de concentrer tout le pouvoir entre leurs mains. Berlinguer percevait cela comme "le coeur du problème italien", le dénonçait ainsi: "Les partis d'aujourd'hui sont surtout des appareils de pouvoir et de clientèle, ils ont occupé l'Etat et toutes ses institutions (...) toutes les "opérations" que les diverses institutions sont appelées à accomplir sont conçues avant tout en fonction de l'intérêt du parti ou des courants ou du clan". Contre ce cancer de la politique se dressaient les communistes, désormais restés presque les seuls, pour le dirigeant sarde, à faire de la politique mus par des passions et des idéaux, en défendant les intérêts non de groupes ou d'individus, mais de grandes portions de la société: "Nous, nous pensons que les privilèges doivent être combattus partout où ils se cachent, que les pauvres, les exclus, les laissés-pour-comptez doivent être défendus, et qu'on doit leur donner la parole et la possibilité concrète de peser".

Etre communistes, selon les mots de Berlinguer, n'avait pas une connotation seulement morale, éthique, mais s'enracinait dans une critique précise du capitalisme: les communistes étaient convaincus qu'on "pouvait et qu'on devait discuter de la façon dont il fallait dépasser le capitalisme compris comme mécanisme, comme système". Malgré l'insistance de l'intervieweur Eugenio Scalfari, Berlinguer n'acceptait pas la formule selon laquelle le PCI aurait été désormais seulement  un parti socialiste "sérieux" (pour le distinguer du parti de Craxi, désormais socialiste seulement par le nom). Nous communistes - précisait Berlinguer - "nous voulons construire sérieusement le socialisme... C'est justement pour sauver la démocratie (...) qu'il faut dépasser le capitalisme". 

 

Berlinguer se posait le problème de l'identité du parti, désormais secoué par de trop nombreux éléments: le manque de débouchés d'une politique qui avait pu sembler triomphante; les années passées dans le domaine du pouvoir local, qui avaient formé un "parti d'administrateurs" trop enclin au compromis; l'ouverture à des cadres issus de 1968, arrivés aux sommets avec une culture politique partiellement différente, sans être suffisamment rodés, et générationnellement portés à voir immédiatement la politique comme un métier, comme débouché professionnel; en conséquence la diminution des fonctionnaires d'extraction prolétarienne, la réduction drastique de "l'ancienneté de service" des permanents et le moindre poids de la formation acquise dans les "écoles de parti" avant de prendre des positions de responsabilité et de pouvoir. Enfin, dans la seconde moitié des années 70 et ensuite dans les années 80, la concurrence avec le PSI de Craxi qui, dans certaines régions du pays avait contaminé jusqu'à cette droite communiste qui, en conflit avec Berlinguer, faisait de plus en plus de l'unité avec les socialistes son mot d'ordre" (p59-62).

 

Toute ressemblance avec la situation politique française et celle du PCF depuis les années 1980 n'est peut-être pas purement fortuite...

 

A l'inverse, "Berlinguer entendait selon Guido Ligori aller à la "reconquête" des ouvriers, de ce peuple que la "politique des deux temps" avait éloigné du parti. En 1980 aux portes de Fiat, devant les ouvriers engagés dans une lutte très rude contre les licenciements et la mise au chômage technique, Berlinguer promettait le soutien des communistes à toute mesure de lutte que les travailleurs auraient démocratiquement décidée, y compris l'occupation des usines. Berlinguer confirma quelques années plus tard, à la veille de sa mort, cette position de défense du monde du travail, en lançant, contre l'avis d'une partie du groupe dirigeant du PCI et d'une bonne partie des dirigeants syndicaux les plus modérés - le référendum pour abroger le "décret de san Valentino" avec lequel le gouvernement Craxi avait modifié unilatéralement au détriment des travailleurs l'"échelle mobile". C'était un facteur de conflit éminemment politique et symbolique, qui dépassait largement l'enjeu économique réel. On cherchait à isoler le PCI et à affirmer une culture "décisionnaire" contre celle de "concertation" et de contrôle démocratique de l'exécutif". (p. 64).    

 

A l'opposé de Berlinguer, la droite du PCI derrière Napolitano "se réclamait de Togliatti, de son "analyse différenciée", de sa politique qui voulait faire pression sur le centre-gauche et les socialistes, mais non les considérer comme des ennemis. On ne percevait pas ainsi la différence entre les années 60 et les années 80, entre le premier centre-gauche réformateur dans ses origines et le nouvel accord de pouvoir du CAF" (p.65).     

 

Dans les années 80, après la mort de Berlinguer en 1984 à la suite de laquelle, aux élections européennes le PCI devient le premier parti italien en termes de vote(11 700 000 voix, 33% des suffrages exprimés!), le Parti Communiste Italien va s'engager dans une spirale de déclin beaucoup moins rapide et important néanmoins que le PCF (fragilisé de surcroît par l'expérience de la participation gouvernementale et du tournant de la rigueur, l'OPA réalisée par le PS sur l'électorat de gauche et la fuite vers l'abstention de l'électorat populaire).

 

Ce déclin du PCI est d'abord lié à une situation objective, un climat international et une nouvelle phase de transformation et d'expansion brutale du capitalisme. L'analyse que fait Guido Ligori de ces facteurs d'affaiblissement du PCI vaut aussi pour le PCF et est très claire et complète, quoique déjà formulée dans ses différentes composantes. Elle montre aussi que les communistes auraient peut-être pu davantage limiter ce déclin en prenant conscience plus tôt des nouveaux problèmes posés par l'époque.

 

"Au niveau mondial, l'on avait d'une part les complications chroniques de la crise du "bloc socialiste", face auxquelles Gorbatchev allait bientôt effectuer une tentative de sauvetage aussi extrême que vouée à l'échec, de l'autre les courants néolibéraux triomphants, agressifs et populistes, représentés par Reagan et Thatcher, qui jouaient - en s'appuyant sur la vaste restructuration capitaliste en marche au niveau planétaire - l'air de la revanche anti-ouvrière et néoconservatrice. A la restructuration de la production vint s'ajouter la crise de "l'Etat providence".

Face à ces phénomènes, la réflexion et la capacité d'analyse du PCI furent tout à fait insuffisantes, car il ne saisit pas toute la radicalité des changements du système productif qui conduisait à une nouvelle composition de classe, à un bouleversement de pans entiers de la société, au déclin des vieilles figures sociales face à de nouveaux types de travail et de travailleurs.

En particulier, la force quantitative et politique de la classe ouvrière, base principale de l'action du PCI, s'érodait. Du point de vue quantitatif, les processus de robotisation et d'informatisation de la production causaient une diminution de la force de travail industrielle. D'un point de vue politique, la réduction numérique et stratégique de la grande usine à cause des processus de déconcentration et d'externalisation de la production ("l'usine diffuse") était une des raisons (même si ce n'était pas la seule) qui affaiblissait la perception de soi des ouvriers en tant que classe, corps collectif, sujet politique.

Il s'agissait d'un changement d'ère. C'était le début d'une dynamique structurelle d'érosion des positions des classes laborieuses et donc des communistes (le PCI étant vraiment "le parti de la classe ouvrière") à tous les niveaux. A l'ère des grands mouvements collectifs succéda le repli individualiste, désigné par Christopher Lasch comme La Culture du narcissisme et si bien décrit dès le sous-titre de l'édition italienne de son livre, L'individu fuyant le social dans une ère de désillusions collectives: perte d'attrait de la chose publique et "apothéose de l'individualisme" autant de phénomènes qui peu à peu gagnaient des secteurs croissants de la société et face auxquels la section du PCI, la commaunauté-parti, était destinées à apparaître comme dépassés...".

 

L'affaiblissement du PCI est également lié à une évolution endogène, un processus d'acculturation mené par le haut et qui s'est traduite par une conversion à peine retenue à l'idéologie de la "fin des idéologies" et du pragmatisme visant l'amélioration et non plus la transformation du système, et par une remise en cause de la centralité de la lutte des classes et de la légitimité de l'histoire révolutionnaire communiste. Au début des années 80, l'obsession des cadres dirigeants d'affirmer afin de lutter contre un sentiment de ringardisation un communisme de nouvelle génération, plus ouvert sur les mutations de la société, les revendications individuelles et sociétales, s'est accompagné d'une forme de renoncement progressif à la critique globale du système capitaliste et à la tradition du militantisme ouvrier et populaire.

 

Se faisant photographier en train d'embrasser son épouse, le premier secrétaire Occhetto, élu en 1987, a symbolisé ce virage du nouveau PCI incubé dans ces années 80 qui ont vu la grande offensive néo-libérale en cédant dans sa communication personnelle aux dérives de l'américanisation de la vie politique par la mise en scène de la vie privée et l'obsession pour le nouveau, le moderne. Ce communiste rénovateur de formation intellectuelle solide a voulu construire un communisme post-marxiste basé sur un progressisme en matière sociétal et écologique, et un réformisme fort en matière sociale. Il a oeuvré pour "le remplacement de l'analyse de la société en termes de classe, propre à la tradition marxiste, par une analyse de la société en termes d'individus, de droits individuels et de citoyenneté, propres à la tradition libérale et libéral-démocrate" (p.116). La critique vis à vis des expériences ratées du communisme autoritaire, la perception des évolutions sociales, a conduit à identifier l'ambition politique moderne au seul projet démocratique, entendu dans toutes ses acceptions, y compris en terme de démocratie sociale et économique, mais surtout de développement du droit à la différence et du droit des minorités.  

 

Quand on lui demandait s'il ne fallait pas que les communistes donnent naissance à une nouvelle formation adaptée aux enjeux de l'époque où ils se regrouperaient avec des non-communistes progressistes, Occhetto répondait: "Ceci est encore prématuré. Mais notre perspective est celle-ci: établir un vaste espace de convergence entre des forces différentes, laïques et catholiques. Lorsque nous y parviendrons, cet espace trouvera certainement ses symboles. A des faits politiques nouveaux correspondront des symboles nouveaux (...). Ni le libéralisme ni le marxisme ne sont plus en état de fournir des schémas adaptés à nos sociétés, beaucoup plus complexes qu'auparavant. C'est dans ce but que nous sommes en train de ré-examiner toute notre tradition politique". (p.117).

 

Sur le plan international, Occhetto et Napolitano, tout en témoignant de l'intérêt pour la réforme de Gorbatchev, étaient tout entiers absorbés par un rapprochement avec l'Internationale socialiste.  

 

La renonciation au nom du "parti communiste" était dans l'air en 1989: elle a finalement succédé à une renonciation progressivement de plus en plus affirmée à l'intérieur du PCI à l'essence communiste elle-même, c'est à dire à la volonté et à l'espoir révolutionnaire, à l'idée qu'il existe un horizon social et politique souhaitable, nécessaire et possible au-delà du capitalisme.  

 

Au travers d'un essai extrêment détaillé d'histoire politique, Guido Liguori montre comment entre 1989 et 1991 le plus grand parti communiste de masse, riche de 1,2 millions d'adhérents représentant toutes les couches de la société et encore deuxième force politique italienne en termes de suffrages, va très rapidement dilapider ce capital unique, au préjudide de la participation politique populaire et de la vigueur des idéaux de progrès social dans l'Italie contemporaine.

 

Le remplacement du PCI par le Parti Démocrate de Gauche, la formation du Chêne, coïncida avec le commencement d'une triste trajectoire de dégringolade électorale et d'affadissement idéologique. Aux premières élections législatives qui eurent lieu après la fin du PCI, le 5 avril 1992, le nouveau parti, PDS, obtient 16,1% des suffrages (6 317 000 voix) contre 26,58% pour le PCI aux législatives de 1987 (10 250 000 voix).

 

Avec le recul, on observe que la disparition volontaire du PCI a considérablement fragilisé toute la gauche italienne et ouvert un boulevard pour la captation d'une partie de l'électorat populaire par la droite populiste ultra-libérale.   

 

Ismaël Dupont

 

ARTICLE SUR LE LIVRE ET ENTRETIEN AVEC L'AUTEUR SUR LE SITE INTERNET DE L'HUMANITE.

 

Guido Liguori, philosophe spécialiste d’Antonio Gramsci, est l’auteur de Qui a tué le Parti communiste italien ? Loin de s’attacher aux seuls débats de 1989, il s’efforce de dévoiler les racines intellectuelles et philosophiques de la décision de dissoudre le Parti communiste italien, le plus influent en Occident, pour créer le Parti démocrate de gauche.

 

Quelles sont les raisons principales 
de la dissolution du Parti communiste italien (PCI) ?

Guido Liguori. On trouve plusieurs ­raisons, mais il en existe une de fond. Le PCI était depuis longtemps devenu une fédération de partis, tenus ensemble par une histoire, une tradition. Mais ses composantes s’éloignaient de plus en plus l’une de l’autre. L’initiative du secrétaire du PCI, Achille ­Occhetto, de proposer un changement de nom du parti (le 12 novembre 1989 – NDLR) a redistribué les cartes. Il a pu compter sur deux courants au sein du groupe dirigeant. Le sien (le centre qui dirige le parti – NDLR) et la droite du parti, qu’on appelle les «miglioristes», dont vient l’actuel président de la République, Giorgio Napolitano, et qui était depuis longtemps ­favorable à la transformation du PCI en une force sociale-démocrate. Une autre partie du groupe dirigeant envisageait la transformation du PCI, mais pas en un parti social-démocrate et n’était donc pas d’accord avec les «miglioristes». Mais ils se sentaient à l’étroit, jugeaient dépassés la tradition, l’idée, le nom de communiste.

 

Qui donc ?

 

Guido Liguori. Une partie de l’entourage d’Achille Occhetto qui vient de la gauche du parti. Il plonge ses racines dans «l’ingraïsme» (l’aile gauche mouvementiste du PCI qui se référait à Pietro Ingrao – NDLR) et qui était sous l’influence de l’idée d’une modernisation de la société et de la lutte défendue à l’époque par le quotidien la Repubblica. Si le changement a été permis, c’est par l’initiative d’Achille ­Occhetto, inattendue pour le groupe dirigeant. Si la base a suivi, c’est que l’état d’esprit est : «Si le secrétaire fait quelque chose, c’est qu’il sait pourquoi, c’est pour tromper l’ennemi, même si je ne le comprends pas moi-même.» Si la veille de la proposition, on avait demandé l’avis des militants, 90% auraient refusé une telle perspective.

 

Dans votre essai, vous citez plusieurs personnes pour qui, dans la pratique, le PCI n’était plus communiste. Quel est votre avis ?

 

Guido Liguori. C’était un parti communiste. Pour être plus précis, pour beaucoup de composantes, c’était encore un

parti communiste. Nombreux sont ceux qui n’auraient jamais eu l’idée de changer le nom du PCI si Achille Occhetto n’en avait fait la proposition. Parmi ceux-là, Massimo D’Alema (qui deviendra chef de gouvernement entre1998 et 2000 – NDLR). Ce dernier était l’un des plus intelligents défenseurs de l’héritage de Palmiro Togliatti (l’ancien secrétaire du PCI entre 1938 et 1964 – NDLR). Au cours de l’été 1989, il était encore de ceux qui polémiquaient contre ceux qui proposaient, déjà alors, de changer le nom du parti. Mais en novembre, il change d’avis. Pourquoi ? Parce que c’est le secrétaire qui a fait la proposition. Dans un entretien, il résume bien la mentalité communiste. Il estime que, pour guider un ­autobus déjà en marche, il faut monter dedans et essayer d’en fixer la direction. C’est naturellement une illusion.

Il est utile de rappeler qu’à l’époque Mikhaïl Gorbatchev dirigeait encore l’Union des ­Républiques socialistes soviétiques (URSS) et se disait «élève» du communiste italien. ­Personne ne pouvait alors imaginer que, deux ans plus tard, l’URSS n’existerait plus, ni ­envisager que la nouvelle force politique créée par le PCI s’éloignerait toujours davantage de celui-ci, voire de la gauche.

 

Vous indiquez que des secteurs toujours 
plus importants du PCI, et jusque dans 
les sommets du parti, ont fait leur culture politique différente de celle du communisme. Avec plus de 20% des suffrages, le PCI occupait un espace politique plus important que ceux de ses homologues européens. 
Quand on est si grand, est-ce possible de se prémunir de l’influence sociale-démocrate ?

 

Guido Liguori. La culture politique du PCI ­provient d’Antonio Gramsci et Togliatti. Dès les années 1920 et 1930, le concept de révolution est redéfini. Il prend en compte la différence entre sociétés arriérées comme la Russie et sociétés capitalistes avancées et complexes, où la ­révolution a failli. En prison, Gramsci envisage la révolution comme un processus et non comme une prise du palais d’Hiver. Ce concept, repris par Togliatti à la fin du stalinisme dans les années 1950 et 1960, cherche à dépasser la division au sein du mouvement ouvrier entre réformistes et révolutionnaires. Togliatti propose des «réformes de structures», c’est-à-dire qu’avec des changements partiels, s’accumulent des forces et se déterminent des situations qui vont dans le sens du socialisme. C’est, selon moi, la raison pour laquelle le Parti communiste italien occupe dans la société italienne un espace aussi important. Il dépasse, en les maintenant ensemble, les traditions ­réformistes et révolutionnaires, mais pas dans un sens ­social-démocrate.

 

N’y a-t-il pas un risque, quand on maintient cette contradiction entre réformistes et révolutionnaires en son sein de faire entrer dans ses rangs des gens qui, autrement, seraient au PS ?

Guido Liguori. Le risque existe toujours. La ­question est : qui dirige le processus ? Quelle est la culture hégémonique au sein du parti ? Le jeu était beaucoup plus sûr tant qu’il y avait une référence obligée à l’alliance avec l’URSS. Car cette dernière permettait d’opérer n’importe quel jeu tactique de droite tout en maintenant une physionomie communiste. Telle était la façon de faire de Giorgio Amendola, de la droite du parti, qui était profondément ­philosoviétique et a même soutenu l’intervention en Afghanistan.

 

À partir des années 1970, de nouvelles demandes sont adressées aux partis de gauche. Le PCI en tient compte. Vous constatez qu’Occhetto donne une nouvelle définition de l’égalité en reprenant la théorie de John Rawls sur l’égalité des chances. Les droits sont mis en avant. Vous êtes très critique face à cette évolution, car elle ferait disparaître la lutte des classes. N’y avait-il pas le risque que le PCI reste à côté de ce qui se passe dans la société, s’il ne prenait en compte ces questions ? Le thème de la méritocratie mobilise beaucoup les jeunes Italiens qui ont fait des études aujourd’hui.

 

Guido Liguori. Pour moi qui suis gramscien, 
la bataille des idées est extrêmement importante. Dans une grande partie du groupe ­dirigeant communiste, mais aussi chez les ­intellectuels de référence, les idées de la tradition communiste ont toujours plus été relativisées en faveur de nouvelles traditions culturelles. Sur certaines questions, comme le féminisme, l’environnementalisme, cet ajustement était nécessaire. Mais dans d’autres, ­certaines idées ne sont intéressantes qu’articulées à la lutte de classes. Si elles se substituent à cette dernière, cela change la nature du parti et du groupe ­dirigeant.

C’était le signe d’une culture ­politique diverse, qualifiée en Italie de libérale-socialiste.

Vous parlez des droits. D’un point de vue politique, il est juste d’intervenir sur cette question, de défendre la démocratie, les conditions minimales de vie des travailleurs. Mais le problème théorique est qu’il y a des droits différents. Il y a les droits qui relèvent des libertés, qui sont justes et doivent être préservés. Il y a les droits sociaux, qui relèvent de la social-démocratie classique : droit au travail, au logement, à la santé, etc. Et défendre ces derniers devient risqué quand est perdue la référence à la lutte de classes. Car quel est le fondement de ces droits ? Pour un catholique, il provient du fait que l’on est tous fils de Dieu. Qu’en est-il pour qui n’est pas catholique ? Les droits ne reposent sur aucun fondement, ils sont sujets aux rapports de forces sans lesquels ils n’ont aucun effet. En outre, qui est le sujet de ces droits dans de tels discours ? À la place de la lutte de classes succède un discours culturel et théorique sur l’individu.

Concernant l’égalité des chances, c’est une théorie libérale de gauche, mais très différente de la tradition socialiste. Car cette théorie dit que tout le monde a le droit de devenir manager, sans toutefois rien critiquer du fait que ce dernier peut gagner beaucoup plus que les autres. La théorie de l’égalité des chances envisage une société comme une piste de 100 mètres que tout le monde a le droit de parcourir en moins de dix secondes. Elle oublie que si certains obtiennent des positions, c’est au détriment des autres.

 

Vous faites allusion au fait que lorsque le secrétaire du PCI de 1972 à 1984, Enrico Berlinguer, a ouvert le parti à de nouvelles questions, avec un succès qui ne s’est pas démenti dans les urnes, il n’y a pas eu de réelle nouvelle définition de ce qu’est le nouveau communisme. Cela a été important pour la suite ?

 

Guido Liguori. En effet, il y a eu un déficit de conscience théorique. Cela a permis à la droite du parti d’utiliser certaines évolutions ­nécessaires de la période berlinguérienne pour renverser la ligne et l’identité du parti. Ce manque de prise en compte de la dimension théorique remonte à la période de Togliatti. Le primat a été donné à la politique. La théorie était implicite. Car ne pas l’expliciter accordait plus d’espace au jeu tactique.

 

Certains maux de la République italienne d’aujourd’hui, à savoir des «partis légers», l’exécutif fort qui remplace la participation de masse, ne viennent pas que de Silvio Berlusconi. Comment ces idées ont-elles fait leur chemin, jusque dans le PCI ?

 

Guido Liguori. On a observé une reddition des dirigeants communistes au processus d’américanisation de la politique dans les années 1980, sous l’influence des télévisions berlusconiennes, qui a conduit à une personnalisation de la politique, à une plus forte délégation, et à une politique de l’image. Cela correspondait à une évolution de la société. Il fallait à l’époque voir si cette évolution devait être combattue, ou s’il fallait au contraire l’utiliser. Or Achille Occhetto et ses proches étaient convaincus de leur rôle : s’adapter aux processus de modernisation de la politique et de la société. Le mot clé d’Occhetto dans son opération de changement de nom a été «nouveau». Son idéologie a été nommée : «novisme».

 

D’où vient le renoncement du PCI à imposer une hégémonie culturelle dans le pays ?

 

Guido Liguori. Il date d’après la mort d’Enrico Berlinguer en 1984. Dans les années 1970, on observe l’entrée dans le PCI de nombreux cadres qui viennent des générations qui ont fait 1968 et ont participé au mouvement étudiant. Cela a changé le parti. Car 68 semblait demander le communisme, en réalité, il réclamait la modernité, dont l’Italie avait fort besoin. C’était juste, mais c’était une pensée individualiste très lointaine de la tradition et des idéaux communistes. Cela a créé les préconditions pour les changements des années 1980. Le personnel politique qui arrive après 1968 est surtout attentif au processus de modernisation. Tant que Berlinguer était là, le mélange avec la culture communiste a réussi. Mais ensuite, quand le PCI a connu ses défaites électorales, il y a eu un changement d’avis et ont crû, dans le parti, les cultures non communistes. Et ce d’autant plus que la culture libérale-socialiste, avec ses appareils hégémoniques (ses fondations, ses journaux comme la Repubblica), ses liens internationaux, a engagé une critique méthodique de tous les piliers de la culture communiste, gramscienne et léniniste dans les années 1970.

 

Outre les partis communistes, que reste-t-il de l’histoire et de l’influence du PCI en Italie ?

 

Guido Liguori. Il existe cette idée de réunir tous les cercles «Enrico Berlinguer» d’Italie, qui sont des associations culturelles et parapolitiques, souvent gérées par des militants inscrits à aucun parti. Il y a cette tentative de faire naître une association pour la défense de l’histoire du PCI. Et l’an dernier, une très grande exposition, «Avanti popolo», consacrée à l’histoire du PCI, a enregistré un formidable succès. Dans la société italienne, il existe encore des milliers de militants qui, après la fin du PCI, ne se sont inscrits nulle part. C’est le cas de la majorité des anciens adhérents du PCI. Ils auraient envie d’être agrégés dans une force de gauche. L’idée d’un communisme démocratique est encore vivante dans la société italienne.

 

Qui a tué le PC italien ? Dans Qui a tué le Parti communiste italien ?, Guido Liguori décrit les dernières années du plus grand PC d’Occident, en prenant le parti de l’examen de ses évolutions idéologiques et théoriques. Dans ce portrait, on découvre les travers de l’Italie depuis les années 1980, comme la personnalisation de la vie politique. On constate le poids de l’idéologie «moderne» de «gouvernance» jusque dans le PCI : un exécutif aux pouvoirs renforcés 
par rapport au Parlement prend le pas sur la démocratie et son corollaire, la participation populaire. Cette 
vision empoisonne la réforme institutionnelle depuis 1990. L’ouvrage pose d’autres questions. Comment 
le communisme peut-il – et c’est nécessaire ! – intégrer des thématiques nouvelles, sans y perdre son âme : égalité des chances, exigence de droits. On regrettera la préface, qui se livre à des parallèles hasardeux entre les évolutions du PCI et du PCF. On appréciera les derniers chapitres qui détaillent les débats et les difficultés de ceux qui tentent de sauver le communisme dans la Péninsule. Qui a tué le Parti communiste italien ? Guido Liguori, traduit 
de l’italien par Anthony Crezegut, Aymeric Monville, Éditions Delga, 2011, 13,20 euros.

                     

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:53
Tribune de Eric Beynel, porte parole de l'Union syndicale Solidaires, publiée par Rue 89 le 01/02/2013 
Accord sur l’emploi : la condamnation de France Télécom ne serait plus possible
Eric Beynel | syndicaliste, porte parole de l'Union syndicale Solidaires
  • L’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 pour la compétitivité des entreprises et la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés comporte 24 pages contenant 28 articles et quatre annexes. Les syndicats et le patronat avaient à peine quitté les salons du Medef que le gouvernement se félicitait de cet accord et demandait aux parlementaires de le transcrire dans la loi tel quel.

Positon surprenante tant ce texte marque un recul général des droits des salariés et est au seul profit du patronat. Mais le gouvernement l’avait-il lu en détail – annexes comprises – avant de se prononcer ?

L’accord mérite d’être examiné de manière approfondie et suscite de multiples inquiétudes et interrogations, entre autres, du point de vue de la santé des salariés et des conditions de travail.

Nous allons essayer de les éclairer sur deux points en nous appuyant sur l’expérience de ce qui s’est passé à France Télécom/Orange ces dernières années.

France Télécom au tribunal : plus possible

Si les dirigeants de France Télécom/Orange ont pu être poursuivis en justice après des suicides, c’est sur la base d’expertises réalisées dans l’entreprise à la demande des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Ce sont aussi ces rapports qui ont permis de faire reconnaître des suicides comme accidents du travail.

Avec l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013, cela n’aurait pas été possible. Le texte aurait interdit les nombreuses expertises qui se sont déroulées dans les différents CHSCT de France Télécom et qui ont permis de mettre en lumière les causes de la souffrance au travail des salariés de cette entreprise.

Des expertises bâclées à prévoir

Pourquoi ? Pour l’instant, les entreprises de plus de 50 personnes possèdent un CHSCT, composé d’élus du personnel, qui peut demander une expertise quand un risque grave est constaté das l’établissement ou en cas de projet important modifiant les conditions d’hygiène et de sécurité ou les conditions de travail.

Or :

  • l’accord prévoit que lorsqu’une entreprise compte plusieurs établissements et CHSCT, chacun d’entre eux ne pourra plus, comme aujourd’hui, décider d’une expertise sur un projet de l’employeur, mais devra participer à la création d’une instance de coordination ad hoc qui fera appel à une expertise unique ;
  • celle-ci devra être réalisée dans un délai 21 jours au lieu de 45.

Une instance ad hoc, sans capacité juridique avec une expertise bâclée en 21 jours sur l’ensemble des sites d’une entreprise, ne pourra jamais être en capacité d’agir. Par cet alinéa, les signataires suppriment purement et simplement un outil important des CHSCT et brisent toute une jurisprudence en faveur de la santé des salariés.

La condamnation de France Télécom ne serait plus possible aujourd’hui.

Les mobilités forcées des salariés validées

Parmi les causes principales de la souffrance des salariés de France Télécom/Orange, s’il en est une qui a été largement mise en lumière par l’action syndicale des CHSCT, c’est bien la mobilité forcée des salariés.

Or, l’accord du 11 janvier 2013 dans ses articles 7 et 15 la prévoit à la fois en mobilité interne et en « mobilité volontaire sécurisée ».

Le droit à une « période de mobilité volontaire » dans une autre entreprise prévu par l’article 7 sera accordé dans les entreprises de plus de 300 salariés et pour ceux ayant deux ans d’ancienneté. Il faut l’accord de l’employeur et un avenant au contrat de travail.

L’exemple des ruptures conventionnelles, qui sont souvent des licenciements déguisés, montre à quel point le patronat sait détourner des mesures de leur objectif, en poussant les salariés dans un dispositif prétendant le volontariat du salarié. Gageons qu’avec ce dispositif, il en sera de même.

Obligé d’accepter de travailler à 300 km

Dans l’article 15, la « mobilité interne » forcée n’est pas introduite comme moyen possible en cas de difficulté ou de baisse d’activité de l’entreprise. Elle est présentée simplement comme la mise en œuvre d’une « organisation courante » dans l’entreprise. Cela recouvre une importante augmentation du pouvoir patronal dans l’entreprise, et balaie d’une phrase des années de jurisprudence sociale.

Actuellement, le lieu du travail et le poste du travail étaient considérés comme parties intégrantes du contrat du travail. Dorénavant la mobilité interne peut être organisée sans bornes si un accord d’entreprise la stipule.

Aucune limite dans les modalités de la mobilité forcée (périmètre géographique, temps du transport, pays) n’est imposée par le texte. Pire, le salarié qui refuse la mobilité prévue dans l’accord sera sanctionné par un licenciement pour motif personnel. L’employeur sera dispensé des obligations légales des procédures de licenciements économiques. L’employeur aura donc les mains libres pour organiser la vie des salariés.

La validation de cet accord met donc en péril à la fois la santé des salariés et la capacité d’agir des instances en charge de s’assurer de sa préservation.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 17:43

  

Le « jour de la grande compréhension »

 

Le jeudi 31 janvier les agents des trois fonctions publiques (d’état, territoriale et hospitalière) actifs et retraités étaient dans la rue pour exiger que cesse enfin la dégradation de leur situation systématiquement organisée sous le règne de Sarkozy et que la population dispose de services publics qui puissent répondre à ses besoins.

 

Le jour même, Le Télégramme ouvrait largement ses colonnes à Marylise Lebranchu, ministre, entre autres, de la fonction publique. Elle y déclare certes qu’« un fonctionnaire n’est pas une charge », et en ce qui concerne le mouvement « je le comprends », mais aussi « … les fonctionnaires le savent : nous sommes tous sur le même bateau » « il n’y a pas de marge de manœuvre en termes de création de postes ». On a connu d’autres discours lorsqu’elle était dans l’opposition. Les manifestants lui ont répondu en se rendant à son ancienne permanence et en demandant : « c’est quand le changement ? »

 

Le même soir à la télévision, Laurence Parisot, présidente du MEDEF, intervenait dans une émission ayant pour thème « Industrie : que peut encore faire l’Etat ? ». Face à la multiplication des suppressions d’emploi et de sites de production (sidérurgie, automobile, pneumatiques, …) le journaliste lui demanda si la nationalisation pouvait être une solution. La réponse fut claire et sans bavure : le capital n’y était pour rien mais « la capacité de surproduction de l’acier »,  «  le rétrécissement du marché de l’automobile en Europe », « le dogmatisme, la rigidité, le manque de responsabilité de certains syndicats »,… » Bien sûr elle comprenait les réactions des salariés concernés mais il était hors de question de remettre en cause le droit des actionnaires et de leurs directions de décider en fonction de leurs seuls intérêts. Compte-tenu de la situation il fallait accepter des évolutions moins contraignantes pour le patronat.

 

Loin de moi l’idée de mettre un signe d’égalité entre ces deux femmes de pouvoir. Mais le message subliminal de leurs deux interventions est pourtant le même.

La représentante d’un patronat et d’actionnaires arcboutés sur leur pouvoir absolu et la ministre d’un gouvernement qui ne veut pas changer les règles du jeu nous disent au fond la même chose.

« Nous vous comprenons, nous savons que l’effort que nous vous imposons peut être douloureux, mais il n’y a pas d’autre solution… il faut nous faire confiance pour trouver les décisions adéquates…. »

.

Et malheureusement parfois , trop souvent , avec l’aide permanente des médias , ça marche .

 

 

En proposant une autre répartition des richesses, le pouvoir des salariés et de la population de peser réellement et de décider de leur vie, c’est une toute autre logique que les communistes et le Front de Gauche veulent mettre en œuvre.

 

 

Ensemble, au-delà des différences que nous pouvons avoir sur tel ou tel problème, nous avons la force de faire en sorte que prévale enfin « L’Humain d’abord ».

 

Alain DAVID

 

 

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:11

Dans le cadre du mouvement de dérèglementation générale du transport aérien, trois compagnies régionales du groupe Air France - dont Brit Air basée à Morlaix- vont être regroupées en une seule - nommée Hop! , destinée à concurrencer les compagnies low-costs. Cette restructuration participe d"un plan d'économies de 2 milliards d'euros d'ici 2015 qui va se traduire par des réductions d'effectifs importantes et une course à la productivité qui aura pour contrepartie une dégradation des conditions de travail alors même que dans le même temps on observe une augmentation des profits des actionnaires du groupe Air France.  

A Morlaix, où travaillent jusqu'ici pour Brit Air une centaine de personnels administratifs, le personnel au sol est dans le brouillard par rapport aux modalités de suppressions des postes, au nombre de postes supprimés et aux services concernés. Les informations sont connues au compte-gouttes, transmises partiellement, ce qui vise probablement à faire accepter les départs volontaires.

Il y aurait 45 emplois menacés de suppression: un nouveau coup dur pour la région et un drame pour ces salariés.    

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 13:59
Dans une topographie identique de part et d'autre, se sont déjà produits des accidents graves. Dont un déraillement d'express côté La Chapelle du Mur. Il y a quelques décennies, la brigade d'entretien de Morlaix était formée de 20 agents. Aujourd'hui, elle est très réduite. Le traitement chimique dont les conséquences sont durables et la mécanisation ont remplacé la vigilence humaine. Avec des prolongements sur l'emploi et l'écologie.
Il y a quelques années, annonçant le TGV, une équipe de techniciens élaborait le planning des travaux envisageables. En tant que syndicalistes, nous prenions contact et donnions notre avis.
"Morlaix est une gare d'intérêt national desservant un vaste bassin économique, touristique, maritime. Cela nécessite une reflexion d'avenir. En première étape, nous proposions deux axes de plan de circulation. Le stationnement du Pont Bellec constituant un goulot d'étranglement. Son élargissement couplé avec un recouvrement total ou partiel de la tranchée était envisageable, pouvant servir de lieu de stationnement pour les usagers hors ferroviaire et cars scolaires.
Nous n'avons pas été entendus.
De même que nous proposions l'allongement de la passerelle existante.
Des contacts avec des ingénieurs d'ALSTOM qui ne comprenaient le refus de réactiver l'idée du funiculaire.
Aujourd'hui, Morlaix Gare serait en gestation sérieuse.
Lancé il y a 2 ans, Guingamp vient de donner le premier coup de pioche d'un chantier identique d'envergure. Elle a fait un choix cohérent, prolonger le souterrain existant.
Avec la réduction conséquente des dépenses publiques, nous appelons les usagers, les riverains à la vigilance. Ne risque t-on pas de voir naître un projet de moindre coût, avec un budget revu à la baisse, sans envergure ni ambition, aggravé par cet accident de grande ampleur? Par ailleurs, cet accident ne va t-il pas anéantir le virage des 3 heures et le statut de gare nationale?
Jean Dréan    
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 07:22

Dépôt de bilan et fermeture de sîtes chez Doux, suppressions d'emplois à Boutet-Nicolas, menaces extrêmement sérieuses sur l'avenir de Gad à Lampaul-Guimiliau (1000 emplois) qui avait un CE extraordinaire la semaine passée, fragilisation de la filière avicole avec la décision de la Commission européenne de supprimer les restitutions pour l'exportation de poulet congelé au Moyen-Orient, des aides qui représentaient 20% du produit des exportations et permettaient de réduire le prix de vente pour être concurrentiels face aux industries agro-alimentaires brésiliennes, américaines, thaïlandaises, vietnamiennes, moins sourcilleuses sur les règles environnementales et le bien-être animal et faisant travailler des salariés moins bien payés: va t-on vers une catastrophe économique et sociale de grande ampleur touchant tout le secteur agro-alimentaire breton, comparable peut-être en termes de conséquences humaines dramatiques à la desindustrialisation du nord-est de la France dans les années 1980?     

 

Dans ce contexte très tendu, il peut apparaître irresponsable de la part de la Commission Européenne de supprimer brutalement les restitutions qui permettent à Tilly-Sapco et Sauvaget, engagés depuis longue date dans l'export de volaille congelée, de réduire le différentiel de compétitivité avec leurs concurrents non-européens. En octobre 2012, on est passé de 32,5€ de restitutions pour 100 kg exportés à 21,70€ et en janvier de 21,70€ à 10,85€/ 100kg, avec une suppression annoncée de ces aides à l'exportation dans quelques mois.

 

La pression mise sur les abattoirs se répercute, en particulier pour les pourvoyeurs de Doux, par une baisse drastique des contrats passés avec les éleveurs, qui craignent de vendre des poulets à un prix inférieur au prix de revient.

 

Certains peuvent se féliciter de cette suppression des aides à l'exportation.

 

Les libéraux puisqu'elle a fait l'objet d'un accord au nom de la "concurrence libre et non faussée" dans un sommet de l'OMC en 2005 entre l'UE, les Etats-Unis, le Japon, qu'elle va dans le sens de la refonte de la PAC et des économies budgétaires (70 millions à 80 millions d'euros par an y étaient consacrés).

 

Quand on est préoccupé d'écologie et de progression d'une agriculture paysanne et biologique relocalisée, ce qui est notre cas au Front de Gauche, on peut dire que ça affaiblit et oblige à réorienter un "modèle" agricole breton productiviste, hyper-concentré, tourné vers le quantitatif, le bas de gamme, les marchés extérieurs, coûteux pour l'environnement, l'agriculture vivrière des pays du sud, voire la santé publique.

 

Petit bémol toutefois: les poulets entiers congelés Tilly ou Doux font l'objet d'une traçabilité et de contrôles dont ne peuvent se prévaloir les morceaux de poulet destinés à la restauration collective et aux plats préparés que commercialisent à moindre coût les Allemands, les Belges et les Néerlandais. Le Moyen-Orient ne bénéficie pas de conditions écologiques et climatiques pour produire lui-même ses poulets: et quasiment toute la production à l'export de Doux et Tilly y est destinée. Ce sont les concurrents américains ou asiatiques de Tilly et Doux qui prendront le marché si les entreprises bretonnes n'ont plus les moyens d'offrir des prix attractifs... Et ces industries concurrentes ne sont pas plus vertueuses écologiquement et socialement.   

 

Sur un plan politique, on peut condamner les restitutions en disant que c'est une manière de rémunérer des capitalistes sans contrepartie exigée sur le plan social et écologique et, en effet, pendant des dizaine d'années, la fortune de Charles Doux ou de Tilly s'est nourrie de ces aides publiques européennes. Pourtant, dans le contexte actuel, la fin des restitutions risque de fragiliser dangereusement, voir de condamner les abattoirs de volaille bretons, les éleveurs, les transporteurs et tous les emplois corrélés à cette filière. Avec combien de salariés et de travailleurs sur le carreau? Et quelles solutions de rechange pour eux?     

 

Le problème est complexe. Mais il y a une urgence humaine qu'il faut prendre en compte.   

 

Ces restitutions ne sont pas des subventions pour maintenir des emplois mais des aides versées aux industriels qui exportent de la volaille congelée pour qu'ils soient compétitifs et puissent maintenir des prix attractifs par rapport à la concurrence brésilienne, américaine, vietnamienne, chinoise, en particulier sur les marchés arabes.

 

En Europe, seuls deux industriels, finistériens tous deux, Doux et Tilly, exportent du poulet congelé, ouvrant droit jusqu'ici à restitution. A l'origine, ces restitutions étaient des moyens pour compenser le prix élevé des céréales payés pour nourrir les animaux en Europe. Aujourd'hui, seule l'exportation de volaille congelée vendue entière en bénéficie, à l'exclusion de la volaille congelée de nos concurrents européens intégrée dans des produits transformés, qui gagne sans cesse des parts de marché en Europe, à tel point que la France, qui n'importait que 10% de ses poulets consommés il y a quelques années, en importe aujourd'hui 40%.

 

Actuellement, ces restitutions sont vitales pour que leurs activités ne soient pas déficitaires. En 2010, Tilly présentait des comptes à l'équilibre (sans bénéfice) avec des restitutions à 320€ la tonne. Depuis le 18 janvier dernier, elles ont été réduites à 108€ la tonne et elles seront nulles dans quelques mois.

 

Pourtant, ces deux industriels du poulet congelé destiné à l'exportation qui touchaient 80 millions d'€ d'aides publiques européennes via les restitutions génèrent 5000 emplois directs dans la région tandis que les céréaliers français, qui représentent 36000 emplois, touchent 6 milliards d'euros d'aides européennes. Au prorata montant des aides/ emplois maintenus: il faudrait que les céréaliers génèrent 600 000 emplois en France pour avoir le même rendement en termes d'emplois associés que les aides à l'exportation à destination de la filière avicole.

 

Si une entreprise comme Doux s'écroule complètement, c'est 3400 emplois salariés qui sont directement menacés, et 15 000 emplois induits en Bretagne (transporteurs, éleveurs, manutentionnaires) qui sont touchés... Les exportations de Doux représentent 30% du trafic du port de Brest.   

 

A Tilly, il y a actuellement 350 emplois en CDI, 30 intérimaires et depuis 2006, après le dépôt de bilan d'UNICOPA assorti de 250 suppressions de postes, le repreneur Daniel Sauvaget a fait un vrai effort pour employer les restitutions et les bénéfices à mieux payer les salariés, à mieux les former, à maintenir des emplois. 12 millions d'euros ont été consacrés à cela. La conditionnalité obtenue par les représentants du personnel du Conseil Régional des abandons de créances contractées du temps d'Unicopa a permis ce résultat que les bénéfices servent depuis 2006 à l'investissement, au plan de formation, au relèvement du pouvoir d'achat des salariés, à la sécurisation de l'emploi. Les conditions de travail en abattoir ne sont toujours pas faciles mais elles se sont améliorées depuis 2006, semble t-il.  

 

Qu'est-ce qui a joué contre le maintien des restitutions?

 

Les Allemands qui produisent de la volaille fraîche très compétitive en aidant indirectement l'exportation par des abaissements de TVA et en employant de la main d'œuvre sous-payée se félicitent de fragiliser ainsi par la baisse des aides publiques européennes la filière avicole française, alors que la France importe actuellement 40% de sa volaille.

 

Peut-être qu'avec moins de libre-échange, plus de protectionnisme, il y aurait une demande intérieure pour faire tourner nos élevages et nos abattoirs bretons. Actuellement, ils sont naturellement en difficulté face à la concurrence mondiale quand on sait que le salarié brésilien est payé 4 fois moins cher que le salarié français et que leurs industries agro-alimentaires exportatrices sont aidées par l'État qui dispose en outre d'une réserve de terres quasi infinie pour la production des aliments d'élevage.

 

En France, des hommes politiques de gauche et des écologistes condamnent avec raison le gâchis et l'immoralité des aides publiques absorbés par les profits financiers des industriels et des actionnaires sans contrepartie au niveau de l'investissement, de l'emploi, des salaires. Doux est dans ce cas, qui ferme des activités au moment même où il continue à goinfrer ses actionnaires (la banque Barclays entre autre) d'aides publiques européennes en se vantant de produire pour produire et toucher davantage d'aides à l'exportation. La mauvaise politique du groupe Doux, son irresponsabilité, aura sans doute été ce qui a précipité la remise en cause sans délai du système des restitutions, qui existe depuis une trentaine d'années dans le cadre de la PAC.

 

Seulement, dans le contexte actuel, sans restitutions, ces abattoirs, les éleveurs qui les alimentent, les transporteurs, les emplois induits s'écroulent. A Tilly, on passe de 20 millions d'euros d'aides environ à 400 000 euros de crédit d'impôt compensatoire à la fin des restitutions de l'État. Des clopinettes....

 

L'avenir de l'emploi sur place est donc menacé, quand on sait qu'aux 380 emplois directs sont aussi associés à des emplois induits (deux à trois fois plus). Or, la situation économique de la région est loin d'être rose. Les salariés de Tilly, qui ont 47 ans en moyenne, n'ont pas beaucoup de qualifications, même si la formation professionnelle s'est améliorée, sont usés physiquement par la dureté des conditions de travail dans l'agro-alimentaire, vont-ils facilement retrouver un job dans le Finistère où les Côtes d'Armor dans le contexte actuel, avec 15% de chômeurs? Et on pourrait en dire autant des salariés de GAD, très inquiets sur leur avenir, et bien sûr de ceux de Doux.

 

Ce système des restitutions était insatisfaisant puisqu'il ne s'accompagnait pas d'exigences en retour par rapport aux salaires, à l'emploi, à la formation, à l'investissement, ni de droit de contrôle des salariés, qu'il ne concernait que les industriels et non tous les acteurs de la filière. 

 

Pour exemple, à Doux, les salaires sont gelés depuis 5 ans et on continue à distribuer de l'argent aux actionnaires alors que tout va mal.

 

Il perpétuait les inconvénients de l'agriculture productiviste et surtout de son hyper-concentration en Bretagne.

 

Mais en même temps, la Bretagne s'est construite et développée avec l'élevage hors-sol souvent par défaut, faute d'autre développement agricole ou industriel possible dans les années 60-70, et grâce à l'atout de ses ports, et aujourd'hui, on a pas de solutions alternatives immédiates à proposer aux salariés menacés de perdre leur emploi.

 

Au-delà de la construction souhaitable d'un nouveau modèle économique et agricole plus vertueux socialement et écologiquement,  il y a  la réalité de milliers de personnes travaillant dans la filière aux emplois menacés à prendre en compte de manière prioritaire.

 

Préparer l'avenir certes, par une planification écologique, une relocalisation progressive, une diversification agricole et le développement d'une agriculture de meilleure qualité. Par une refonte des filières, une meilleure protection contre le dumping social et la concurrence internationale.

Mais aussi penser aux ouvriers, éleveurs et salariés d'aujourd'hui que la crise de l'agro-alimentaire breton plonge dans le désarroi et l'incertitude du lendemain, qui vont être des milliers à perdre leur gagne-pain.

 

Le 16 février 2013, l'intersyndicale de l'agro-alimentaire organise une réunion-débat à Chateaulin (salle Coatigrac'h) sur les difficultés de la filière en y invitant tous les acteurs, salariés et citoyens qui se sentent concernés. 

 

Ismaël Dupont.  

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:59

A l'appel de la CGT, de la FSU, de SOLIDAIRES, une journée nationale de grèves et de manifestations est prévue pour la Fonction Publique le jeudi 31 janvier.

La situation des fonctionnaires s'est considérablement dégradée depuis plusieurs années sur les rémunérations avec le blocage de la valeur du point d'indice qui est la base de leur salaire. Dans le même temps, les suppressions massives d'emplois ces cinq dernières années et les réformes pensées pour les permettre ont fortement détérioré les conditions de travail.

Pour les métiers de la fonction publique, les salaires, les conditions de travail et la satisfaction des missions de service public, exigeons des mesures et des perspectives tout de suite!

 

- Deblocage de la valeur du point d'indice.

- Suppression de la journée de carence.

- Revalorisation des métiers.

- Fin des plans d'économie drastiques qui se traduisent par des suppressions de postes et une satisfaction de moins en moins bonne des besoins des citoyens.

 

Le PCF et le Front de Gauche du PAYS DE MORLAIX soutiennent la mobilisation des fonctionnaires du 31 janvier et participeront au rassemblement revendicatif prévu à 11h place de la mairie à Morlaix, d'autres rassemblements ayant lieu à la même heure dans le Finistère à Brest, Quimper et Quimperlé.  

 

Ne lâchons rien! 

 

Nous voulons faire grandir l'alternative à l'austérité, dans la Fonction publique aussi!

Le niveau de salaire des fonctionnaires est une honte pour notre pays! 1 million de personnes payées au SMIC et depuis plus de trois ans la valeur de l'indice des fonctionnaires est gelée! Le décrochage ancien vis à vis de l'inflation est aujourd'hui aggravé par la hausse des cotisations retraite. Pire, le gouvernement met en oeuvre la journée de carence décidée par Sarkozy, sans système de compensation, alors que pour une majorité des salariés du privé, les journées de carence sont prises en charge par l'employeur.

La politique du non remplacement des départs en retraite se poursuit dans de nombreux secteurs de la Fonction Publique, comme le gel du montant de la dotation publique de l'Etat aux collectivités alors qu'elles ont déjà été victimes d'un transfert de compétence sans compensation intégrale sous le précédent gouvernement. 

Cette politique dégrade les conditions de travail des agents et la qualité du service public: il faut en finir avec la politique d'austérité qui se traduit par le développement de la précarité, par le recours à l'externalisation, à l'intérim, aux contrats précaires ou par des délégations de service public à des entreprises privées. 

 

En s'attaquant à la Fonction Publique, c'est la vie quotidienne de tous qui est touchée, notamment celle des couches les plus fragiles de la société. L'étranglement financier de l'hôpital public, les suppressions d'emploi et les regroupements qui s'y opèrent, en sont un triste exemple, comme la poursuite de la réforme libérale de "refondation de l'école". 

 

Alors que le 1er poste de l'Etat sert à payer des intérêts de la dette somptueux (50 milliards) aux banques privées, François Hollande et le gouvernement ont fait le choix de l'austérité. Ils ont accordé un cadeau de 20 milliards aux grands patrons et annoncé la réduction des dépenses publiques (60 milliards sur 5 ans). 

 

L'argent existe donc! Il doit servir à satisfaire les besoins sociaux et écologiques pas à se soumettre aux marchés financiers et au hold up des banques sur l'argent public!  

 

 Une autre politique à gauche est possible.

 

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:52

 

NON A L'AUSTERITE ET AU CHOMAGE !

UNE ALTERNATIVE EST POSSIBLE !

IL FAUT GOUVERNER POUR L'EMPLOI !

 

25 premières mesures pour changer d'orientation

 

François Hollande et son gouvernement ont fait le choix de l'austérité. Partout en Europe, cette politique a entraîné une contraction de l'activité économique et une explosion du chômage. Il en va déjà de même en France, avec 4,6 millions de demandeurs d’emplois. Le Front de Gauche ne l'accepte pas et propose une alternative. Celle-ci s'appuie sur le refus de la soumission au traité européen, aux marchés financiers et sur la volonté de promouvoir une autre répartition des richesses en faveur du salariat, un autre type de développement économique non productiviste, s'appuyant notamment sur la ré-industrialisation de notre pays et la planification écologique afin de satisfaire les besoins sociaux et écologiques du plus grand nombre. Il est urgent de mettre en place une politique de création massive de millions d’emplois.

 

DEGAGER LES MOYENS FINANCIERS POUR L'INVESTISSEMENT ET L'EMPLOI

 

Des mesures immédiates pour dégager des recettes Nouvelles

 

1 – Suppression des niches fiscales et sociales sans utilité sociale, économique et écologiques (a minima 42 milliards selon l’Inspection générale des finances) à commencer par les niches fiscales liées à l'impôt sur les sociétés (80 Mds€)

 

2 – Réforme de l’impôt sur le revenu pour le rendre progressif avec 14 tranches dont la dernière à 100% (au delà de 360 000 euros net par an) ; taxation de tous les revenus du capital au même niveau que le travail (20 Mds€)

 

3 – Suppression des exonérations de cotisations sociales (30 Mds€)

 

4 – Doublement de la taxe sur les poids lourds (2,4 Md€) et taxation à la source de la dépenses publicitaires des entreprises

 

Réorientation démocratique des banques et de la finance

 

5 – Une réelle réforme bancaire pour briser les conglomérats bancaires : séparation organisationnelle et financière stricte des banques de dépôts des banques d’affaires; participation de représentants des salariés, des collectivités locales, de l’État, des usagers au Conseil d’administration des banques de dépôts

 

6 – Combattre la spéculation : interdire les produits financiers à risques (titrisation, produits financiers spéculatifs, cotation en continu, opération de gré à gré...) et les transactions financières avec les paradis fiscaux; réintégrer les opérations dites « hors bilan » dans les comptes des banques.

 

7 – A partir notamment de la banque publique d’investissement (BPI), des banques publiques existantes et des fonds régionaux, imposer une sélectivité du crédit en fonction de critères de développement économiques (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociaux (emploi, salaires, formation) et écologiques (économies d’énergie et de matières premières) en liaison avec la création d’un pôle financier public (voir point 8) et avec un refinancement sélectif de la BCE, en lien avec la Banque de France

 

Libérer les finances publiques des griffes du marché financier

 

8 – Créer un pôle financier public, doté de licences bancaires, en lien étroit avec la banque de France, réunissant en réseau les établissements de la nouvelle Banque publique d’investissement, la Banque postale, la Caisse des dépôts et ses filiales, les services de Bercy, l’Agence française de développement, la Coface, la Caisse nationale de Prévoyance et destiné à mobiliser l’ensemble du système financier en vue de financer les projets en faveur de la recherche, de l'emploi, des qualifications, du logement, des transports, des services publics, de la transition énergétique et écologique, en liaison avec les réseaux bancaires et d’assurance mutualistes. Ce pôle, renforcé par la nationalisation de groupes bancaires aujourd’hui privés comme BNP Paribas, la Société générale ou BPCE, agirait pour que les crédits bancaires financent en priorité les projets de développement des collectivités territoriales et les plans syndicaux alternatifs aux plans patronaux de restructurations et de suppressions d’emplois.

 

9 – Pour diminuer la charge annuelle de la dette (50 Md€) adoption d’une loi permettant de lever le secret sur la liste des bénéficiaires du «service de la dette», mise en place d'un audit citoyen de la dette accompagnée d'une commission d'enquête parlementaire qui diront la part de cette dette liée à des investissements utiles et celle issue des cadeaux fiscaux.

 

10 – La BCE doit pouvoir financer avec la Banque de France et les autres banques nationales de l’Eurosystème, par création monétaire, un « Fonds de développement social, écologique et solidaire européen » pour l’expansion des services publics et de leur emploi.

 

DE NOUVEAUX DROITS POUR PROTEGER LES SALARIES ET DEVELOPPER L’EMPLOI

 

Développer le pouvoir d'achat et combattre la précarité

 

11 – Augmenter le SMIC à 1700 euros brut. Le SMIC doit devenir le salaire minimum hiérarchique de base et les conventions collectives doivent pleinement reconnaître les qualifications de tous les salariés aux différents niveaux. Relever les minimas sociaux et les indexer sur le SMIC avec l'objectif de supprimer en cinq ans tout revenu en dessous du seuil de pauvreté. Revaloriser le point d’indice des fonctionnaires. Impulser une dynamique de hausse générale des salaires en mettant en place une convention nationale annuelle de négociations interprofessionnelles sur les salaires et la formation, ainsi qu'un « Conseil d'orientation des salaires » définissant un taux minimum Interprofessionnel de croissance des salaires avec responsabilité des entreprises et permettant aux pouvoirs publics d'intervenir en cas de carence des négociations. Instaurer un salaire maximum à 20 fois le salaire minimum de l’entreprise comme c’est déjà le cas dans les entreprises publiques. Faire respecter l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. Ouvrir le droit aux allocations chômage dès le premier mois de travail, prolonger la durée d'indemnisation des chômeurs pour stopper l’augmentation du nombre de fins de droits.

 

12 – Confirmer les 35h comme durée légale du temps de travail et le droit à la retraite à 60 ans. Dans la reprise d’une logique globale de réduction du temps de travail permettant de créer des emplois, limiter le recours à l’annualisation et au travail le dimanche (avec majoration salariale obligatoire), réduire les durées maximales autorisées (aujourd’hui 10h par jour et 48h par semaine), renchérir les heures supplémentaires.

 

13 – Réaffirmer le CDI à plein temps comme norme du travail limiter les CDD à 5% par entreprise, à 10% pour les entreprises de moins de 50 salariés ; renforcer les effectifs de l’Inspection du Travail, adopter une loi d’amnistie des syndicalistes, rétablir la hiérarchie des normes entre la loi et les conventions d’entreprise; supprimer la « rupture conventionnelle » ; interdire le temps partiel imposé, encadrer la sous-traitance en étendant au donneur d‘ordres la responsabilité sociale en fonction de son importance pour le sous-traitant, sanctionner les entreprises qui ne mettraient pas en oeuvre l'égalité de salaires entre les femmes et les hommes

 

14 – Blocage des loyers pour deux ans, abrogation des franchises médicales, remboursements à 100% des dépenses de santé en y incluant les lunettes et les soins dentaires et mise en place d'une tarification sociale permettant l'accès de tous à l'eau et à l'énergie.

 

15 – Mettre en place un statut social pour tous les jeunes permettant l’autonomie des jeunes en formation via un système d’allocation financées par la solidarité nationale.

 

De nouveaux droits pour s'opposer aux licenciements

 

16 – Une loi d’interdiction des licenciements économique dans les entreprises en bonne santé financière doit être mise en place. En outre, dans toutes les entreprises, face aux projets de suppressions d’emploi, les représentants des salariés doivent disposer d’un droit de veto suspensif permettant l'examen de la situation de l'entreprise et des alternatives économiques possibles, avec un droit de préemption des salariés sur leur entreprise en cas de dépôt de bilan ou de délocalisation pour reprendre à leur compte la production de ces entreprises sous des formes coopératives ou d'économie sociale, et avec un droit de mobilisation des crédits bancaires pour réaliser un plan de développement de l’entreprise. Favoriser cet accès au crédit sera l’un des rôles du Pôle financier public.

 

Une « sécurité sociale professionnelle »

 

17 – Un nouveau statut du travail salarié instituant une sécurité sociale professionnelle assurera aux travailleurs privés d’emploi la continuité de leurs droits, que ce soit en matière de rémunération ou de protection sociale ainsi qu’une formation professionnelle leur garantissant de trouver un emploi de niveau équivalent à celui qui était le leur avant la perte de leur activité. La mise en réseau des missions d’indemnisation et de placement avec celles de la Formation professionnelle constituera le socle de cette politique. Des fonds nationaux et régionaux, alimentés notamment par une nouvelle cotisation patronale, permettront de contribuer à financer cette politique qui visera à mettre progressivement en place un système de sécurisation de l’emploi et de la formation ouvrant à tous les membres de la société la possibilité d’une mobilité professionnelle choisie sans jamais passer par la case « chômage ».

 

UN DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE, SOCIAL ET ECOLOGIQUE CREATEUR D'EMPLOIS

 

Des nationalisations démocratiques au service de l'intérêt général

 

18 – Pour l'emploi mais aussi pour l'intérêt général du pays, l’intervention de l’Etat est légitime pour mettre en place un contrôle social des entreprises présentes dans certains secteurs économiques, qu'il s'agisse de maintenir, de transformer et de développer des filières industrielles dans le cadre d'une production nouvelle sur des critères sociaux et écologiques comme à Florange ou de maîtriser des secteurs stratégiques comme celui de l'énergie ou du crédit. De nouveaux pouvoirs des salariés permettraient de mettre en oeuvre de nouveaux critères de gestion de ces entreprises en favorisant également les coopératives et le développement de l’économie sociale et solidaire (ESS).

 

Transition énergétique et réindustrialisation par la planification écologique

 

19 – En s'appuyant sur le pôle financier public et le Fonds Européen (point 8 et 10), mobiliser les investissements en faveur des énergies renouvelables, du développement des transports publics ferroviaire, fluvial et maritime côtier, de la mise en oeuvre d’un grand plan fret et ferroutage, de la construction de 200 000 logements par an et d'un vaste plan d'isolation thermique des logements avec l’objectif de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et mettant de strictes conditions d’emploi et de qualifications. Nous proposons aussi un doublement de la taxe sur les poids lourds (2,4 Md€) et taxation à la source de la dépenses publicitaires des entreprises

 

20 – Mettre en place des commissions régionales et départementales de l’emploi, de la formation et du développement rassemblant tous les acteurs concernés : employeurs, syndicats, élu-e-s et collectivités. En finir avec les aides publiques et les exonérations de cotisations sociales aux entreprises dont l’inefficacité a été prouvée et les remplacer par des interventions ciblées, sous forme de bonifications d’intérêts ou de garanties d’emprunts pour que les banques financent les projets les plus efficaces en termes de création ou de préservation d’emplois, de développement de la qualification de la main-d’oeuvre, de préservation de l’environnement, de développement maîtrisé des territoires.

 

Le développement des services publics pour

répondre aux besoins

 

21 – Créer massivement des postes de fonctionnaires, à commencer par 70 000 dès cette année, titulariser les 800 000 précaires de la fonction publique, augmenter réellement et de façon pérenne les numerus clausus des professions médicales et para médicales pour améliorer et développer les services publics comme ceux de la santé, de l'emploi, de l’éducation nationale, de l’écologie, du logement social ou de la petite enfance par exemple.

 

DESSERRER LES CONTRAINTES, CHANGER L'EUROPE, POUR UN AUTRE MODELE ECONOMIQUE

 

Refuser d'appliquer le pacte budgétaire, la règle d'or et les directives de Bruxelles contraires à nos objectifs sociaux

 

22 – La France doit agir pour le réaménagement négocié des dettes publiques en supprimant la part illégitime de ces dettes après un audit citoyen ; pour les résorber, nous proposons leur financement à taux réduit par les banques publiques souscrivant les obligations du trésor au taux fixé par lui. La France doit agir pour que la BCE puisse prêter directement aux États à taux faibles, voir nuls et acheter des titres de la dette publique directement aux États pour promouvoir l'emploi, la formation et les services publics afin de satisfaire les besoins sociaux et écologiques.

 

23 – Nous remettrons en cause la liberté totale de circulation des capitaux, refuserons d'appliquer les directives de libéralisation des services publics et travaillerons à une harmonisation fiscale, un véritable « serpent fiscal européen », en exigeant une imposition minimale des entreprises pour empêcher le dumping social.

 

Promouvoir un progrès humain durable

 

24 – Se battre au niveau européen pour salaire minimum dans chaque pays, représentant au moins 60% de leur PIB par habitant-e, en respectant le principe de non régression sociale (la règle nationale l’emport si elle est supérieure à celle de l’UE) et engager dans le même temps un processus de convergence vers le haut ; la progressivité de l’impôt sur le revenu avec un nombre minimal de tranches, la limitation du taux de TVA et l'exigence d'égalité femme/homme dans les législations du travail de chaque pays

 

25 – Créer un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire (point 10) et un visa social et écologique pour les échanges commerciaux. Remettre en cause les accords de libre échange actuels et promouvoir des accords internationaux, européens et bilatéraux, de co-développement avec les peuples des pays émergents et en développement.

 

bandeau Front De Gauche

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