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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 15:20

Le Front de Gauche et Europe Ecologie les Verts de Plougasnou organisent une réunion citoyenne à la salle des associations vendredi 28 juin à 20h30 afin d'établir avec les habitants de la commune intéressés un projet et de définir la stratégie à adopter en vue des municipales de mars prochain.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 14:23

 

Conférence sociale : « aucune justice dans le démantèlement de la retraite à 60 ans »

 

Peu convaincante, brouillonne et poussive... l'ouverture de  la deuxième conférence sociale par le Président de la République ne restera pas dans les annales. Sa longue allocution s'est résumée à un très malhabile service après-vente des politiques gouvernementales et une justification bancale de sa réforme des retraites.

Pour le Président, allonger la durée de cotisations est la mesure la plus « juste ». Rien de plus faux. Il n'y a aucune justice, aucune égalité, dans la poursuite du démantèlement du droit à la retraite à 60 ans, conquête historique de la gauche. Il y a une erreur stratégique de calendrier et de méthode. Le rapport Moreau ne peut être une base sérieuse de négociation pour assurer l'avenir de la retraite par répartition, tant il ne prend pas en compte une dimension pourtant indispensable : l'emploi. C'est là que le bât blesse, dans la faiblesse des propositions Hollande en matière d'emplois privés et publics, dans ce défaitisme face au chômage, et dans le refus idéologique d'augmenter les salaires et de mettre à contribution les revenus financiers.

Le Président fait le choix d'une réforme à la hussarde, en plein trêve estivale. Nous ne laisserons pas faire. L'avis des principaux intéressés que sont les salariés et les retraités doit primer. D'ores et déjà le Parti communiste français appelle à la plus large mobilisation.

 

Pierre Laurent secrétaire national du PCF

 

pierre laurent

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:41

Le Collectif Le Peuple des Dunes en Trégor organise le 12 juillet 2013 une table ronde à Trébeurden salle du sémaphore sur les enjeux et les risques du dossier d’extraction en baie de Lannion, en présence de Denis Délestrac, le réalisateur du film diffusé sur Arte le 28 mai dernier. Cette diffusion a été la plus belle audience d’un documentaire sur Arté en France et en Allemagne.

 

Programme de la table ronde du 12 juillet :

17 h à 18 h 15 : diffusion du film de Denis Délestrac : « le sable, enquête sur une disparition »

18h 15 à 20 h : table ronde

 

Dimanche et lundi dernier, le collectif "Le peuple des Dunes" a reçu une équipe de journalistes de la chaîne de télévision allemande A.R.D ; il s’agit de la plus grande chaîne de télévision en Europe.

http://mediathek.daserste.de/suche/15332604_frankreich-sandraeuber-von-tr-beurden?clipSearchFilter=onlyVideos&s=Europamagazin&datumBis=22.06.2013&datumVon=22.06.2013&sendung=342024

 

  Samedi 15 juin, l'association est intervenue dans l’émission de Denis Cheissoux sur France Inter : « CO2 Mon amour » avec Yann Quéffelec, rédacteur en chef du jour

 

http://www.franceinter.fr/emission-co2-mon-amour-yann-queffelec-redacteur-en-chef-de-co2-mon-amour

 

Pour voir ou revoir jusqu’au 28 juillet le documentaire de Denis Délestrac : http://future.arte.tv/fr/sujet/nos-plages-court-de-sable

 

 Coordonnées de l'association:

Collectif Le Peuple des Dunes en Trégor

Maison des associations 22560 Trébeurden

Tél.: 02.96.23.67.60

http://peupledesdunesentregor.com

peupledesdunesentregor@gmail.com

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 16:26

Sud et CGT dénoncent le budget hôpital - Morlaix

mardi 18 juin 2013

Patricia Blosse (à gauche) pour la CGT, Marie-Hélène Merdy (au centre) et Francis Landouar (à droite) pour Sud santé ont apporté leurs commentaires critiques sur le budget provisionnel de l'hôpital. Patricia Blosse (à gauche) pour la CGT, Marie-Hélène Merdy (au centre) et Francis Landouar (à droite) pour Sud santé ont apporté leurs commentaires critiques sur le budget provisionnel de l'hôpital.

Les deux syndicats critiquent le prochain budget déficitaire qui prévoirait la fermeture de lits.

Conjointement, les syndicats Sud santé et CGT, minoritaires au sein du centre hospitalier des pays de Morlaix, ont commenté, hier, le prochain budget de l'établissement public. « On s'étonne d'une présentation la semaine prochaine au comité technique d'établissement, puis au conseil de surveillance alors que cela devrait être fait en mars », soulignent Francis Landouard pour Sud santé et Patricia Blosse pour la CGT. Un budget « provisionnel global » de quelque 145 millions d'euros, dont 70 % de masse salariale, prévoyant un déficit de 890 000 €.

Plus inquiétant à leurs yeux, le projet de diminution de lits dans le service de chirurgie semaine. Créé en 2009 et ouvert du lundi au vendredi pour des hospitalisations de deux à trois jours, ce service devrait voir « la fermeture de six des quatorze lits avec la suppression de quatre postes au 1 er juillet, deux infirmières et deux aides-soignants ». Créant pour Sud santé une « insécurité totale et permanente dans le service ».

Autre service qui serait affecté, le secteur 7 de psychiatrie qui serait amputé « de 10 à 15 lits sur un total de 272 lits ». Les deux syndicats notent « que la direction cherche à dénoncer les accords RTT négociés en 2002 et qui n'ont pas été signé, tout comme non remplacement des agents malades ».

Pour sa part, la CFDT majoritaire, par la voie de Stéphane Postollec ne fait pas de commentaire attendant des « éléments clairs et objectifs ». Cependant, elle prévient qu'elle « ne laissera pas faire n'importe quoi ». Tout en s'interrogeant sur ce retard. « Même si tout le monde a des difficultés que l'administration ne présente un budget provisionnel qu'à la mi-juin, c'est un peu inquiétant. L'hôpital a une activité intéressante pour laquelle la population lui fait confiance, même si le service chirurgie semaine rencontre des difficultés sur le plan comptable. »

Quant à la direction, elle n'a pas souhaité faire de commentaires se justifiant que « le budget sera officiellement présenté au conseil de surveillance de l'hôpital que le 28 juin ».

Gilles ALLIAUME.

http://www.ouest-france.fr/2013/06/18/morlaix/Sud-et-CGT-denoncent-le-budget-hopital--65386100.html

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 15:30
 
Israël viole les droits des enfants palestiniens, selon un organe de l’ONU (AFP, Libération, jeudi 20 juin 2013)
 
Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a accusé jeudi la police et l’armée israé­liennes de mal­traiter les enfants pales­ti­niens, citant des cas de torture, d’arrestations noc­turnes et d’isolement en prison pendant des mois.
« Le Comité exprime sa pro­fonde pré­oc­cu­pation quant aux infor­ma­tions faisant état de l’usage de la torture et de mauvais trai­te­ments sur les enfants pales­ti­niens arrêtés (…) et détenus par les mili­taires et la police », indique le rapport des experts qui ont publié jeudi leurs conclusions.
Selon le document, des soldats pro­cèdent régu­liè­rement à des arres­ta­tions d’enfants, la nuit, dans les « ter­ri­toires pales­ti­niens occupés ». Ces enfants ont alors « les mains liés » et « les yeux bandés » et sont trans­férés vers un lieu le plus souvent inconnu de leurs parents.
Les enfants vivant dans « les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés » sont sys­té­ma­ti­quement sujet aux vio­lences phy­siques, sexuelles et ver­bales, et sup­portent également des humi­lia­tions, menaces et pri­va­tions d’eau, ali­ments et hygiène après leur arres­tation, indique le rapport.
« Ces crimes sont commis depuis le moment de l’arrestation, durant le transfert et pendant les inter­ro­ga­toires, afin d’obtenir des confes­sions », mais aussi avant les procès, ajoute le rapport citant des témoi­gnages de soldats israéliens.
Un motif prin­cipal d’inquiétude pour les experts de l’ONU reste le nombré élevé de jeunes Pales­ti­niens dans les prisons israé­liennes, la majorité d’entre eux étant accusés d’avoir lancé des pierres.
Depuis 2002, l’armée israé­lienne a arrêté, interrogé et détenu quelque 7.000 enfants pales­ti­niens ayant entre 12 et 17 ans, soit environ deux par jour, selon le rapport.
En avril, 236 enfants pales­ti­niens, dont 44 ayant moins de 16 ans, se trou­vaient dans des centres de détention mili­taires israé­liens, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), qui utilise des sta­tis­tiques de l’ONG israé­lienne B’tselem.
Le Comité de l’ONU déplore pour sa part que les enfants pales­ti­niens autant qu’israéliens restent des vic­times du conflit, mais il relève que les enfants vivant dans les ter­ri­toires pales­ti­niens « sont repré­sentés de façon dis­pro­por­tionnée parmi les victimes ».
Le Comité dénonce la dis­cri­mi­nation dont souffrent les jeunes Pales­ti­niens, mais aussi les jeunes Bédouins, Arabes et Ethio­piens vis-​​à-​​vis des Israé­liens, et estime qu’Israël continue de « ne pas tenir compte des droits des enfants palestiniens ».
Le Comité de l’ONU, chargé d’étudier le respect des droits des enfants dans les dif­fé­rents pays, déplore, par ailleurs, l’absence de coopé­ration des auto­rités israé­liennes en ce qui concernent les droits des enfants palestiniens.
Association France Palestine Solidarité
Pays de Morlaix Finistère-Nord
24, Rue Emile Cloarec 29600-MORLAIX
afpspaysdemorlaix@yahoo.fr
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 18:31
Rapport Moreau sur les retraites: les efforts ne seraient pas partagés (Jean-Marie Harribey)

Le Président l’avait dit : nous vivons plus longtemps, il faudra travailler plus longtemps, comme si cela allait de soi. Le rapport remis au Premier ministre le 14 juin 2013 par Yannick Moreau l’a répété.

Le Président a assuré alors que les efforts seraient partagés. Pourtant, les salariés et les retraités en supporteront les 4/5e. La nouvelle réforme risque donc de produire un nouveau recul social.

 

D'où viennent les déficits attendus?

Le besoin de financement de toutes les caisses de retraites, prévu pour 2020 s’élèvera à environ vingt milliards d’euros. Pourquoi une telle aggravation ? Le rapport Moreau répond : « La durée et l’ampleur de la crise depuis 2008 affectent fortement le système des retraites et rendent plus exigeantes les conditions du retour à l’équilibre. »

Est-ce que vingt milliards d’euros représentent quelque chose d’insupportable ? Le rapport Moreau répond encore : « Les besoins à l’horizon de 2020 sont de l’ordre d’un point de PIB. »

Un ordre de grandeur à rapprocher de la détérioration de la part de la masse salariale de cinq points dans le PIB depuis trois décennies, que l’on retrouve sous forme de dividendes supplémentaires versés aux actionnaires. Soit 100 milliards d’euros par an – cinq fois plus que le déficit attendu en 2020 – dont le rapport Moreau ne dit mot pour équilibrer les budgets sociaux.

 

Les fonctionnaires sont-ils des privilégiés?

Les idéologues libéraux le répètent sans cesse : les fonctionnaires sont des privilégiés. Le rapport Moreau dément : « Malgré des modes de calcul des pensions différents, le taux de remplacement médian est proche pour la génération 1942 entre les salariés du privé (74,5%) et les salariés civils du secteur public (75,2%). »

Les fonctionnaires peuvent-ils partir à la retraite beaucoup plus tôt que les salariés du privé ? C’est encore une idée reçue, car pour les générations entièrement parties à la retraite, à l’instar de celle de 1938, « les salariés du privé ont liquidé leur retraite plus tardivement que ceux du public (en moyenne à 61,3 ans contre 57,5 ans), mais ils ont cessé de travailler quasiment au même âge (à 58,8 ans contre 58,2 ans). »

Que signifierait alors le rapprochement des modes de calcul des pensions du public et du privé, alors que cela a pour effet immédiat de baisser le niveau des pensions ? Il provoquerait, au nom de l’équité, une disparité de résultat entre les anciens salariés du privé et les anciens fonctionnaires, ce qui obligerait à baisser les pensions dans un mouvement perpétuel de rattrapage par le bas.

 

La désindexation des pensions.

L’accord sur les retraites complémentaires imposé par le patronat aux syndicats le 13 mars 2013, qui prévoit d’indexer les pensions un point de moins que l’inflation, fait école.

Le rapport Moreau propose d’aller encore plus loin : sous-indexer de manière exceptionnelle les pensions du régime général et aussi des fonctionnaires (avec une différenciation éventuelle selon le niveau des pensions) ou bien modifier le mode d’indexation des salaires « portés au compte » : ceux dont il sera tenu compte pour le calcul des futures pensions.

La tendance à la baisse interminable des pensions sera ainsi renforcée, à la fois par rapport aux salaires et en valeur absolue.

 

Faut-il allonger la durée de cotisation?

Comme la baisse des pensions par la sous-indexation ne suffit pas, le rapport Moreau préconise de la renforcer par l’allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Il s’agit de cotiser, au lieu de 41,5 ans aujourd’hui :

  • 41,75 ans en 2020 (génération 1957) ;
  • 43 ans en 2035 (génération 1962) ;
  • 44 ans en 2050 (génération 1966) ;
  • voire d’accélérer le calendrier 43 ans dès 2024 et 44 ans en 2028.

Dans ces conditions, il ne serait pas nécessaire de faire bouger encore les seuils d’âge de la retraite.

Le rapport Moreau veut augmenter la durée du travail, alors que le chômage flambe, à cause de la récession et de l’interruption de la tendance séculaire à la baisse du temps de travail.

Toutes les propositions sont bâties sur l’hypothèse centrale du Conseil d’orientation des retraites (le COR), qui table sur une croissance moyenne de la productivité du travail de 1,5% par an pendant tout le prochain demi-siècle ,avec un taux de chômage de seulement 4,5 %.

Comment peut-on imaginer que la population dite active (demandeurs d’emploi inclus) augmente de plus d’un million d’ici 2017-2018, alors qu’il n’y aura pas de création d’emplois s’il n’y a ni croissance ni réduction du temps de travail ?

On voit déjà que le taux d’emploi des 55-64 ans est passé de 36% en 2003 à 46% en 2012, pendant que leur taux de chômage a aussi fortement augmenté à cause de la situation économique et de l’extinction de la dispense de recherche d’emploi.

 

Les actuels retraités vont devoir payer aussi.

Les futurs retraités seront pénalisés par les modifications des paramètres ci-dessus, mais les actuels retraités ne sont pas oubliés. Plusieurs dispositifs sont prévus pour cela, notamment :

  • l’alignement des taux de la CSG des retraités (actuellement 6,6%) sur celui des actifs (7,5%) ;
  • la suppression progressive de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels ;
  • la soumission à l’impôt des majorations de pension pour trois enfants et au-delà de trois.

De nouvelles recettes?

Pour contribuer à combler le besoin de financement du régime général de sept milliards d’euros en 2020, le rapport Moreau préconise une hausse des cotisations sociales : 0,1 point par an, à partager entre salariés et employeurs.

Cette mesure est supposée rapporter 2,6 milliards d’euros en 2020. On en conclut que l’effort qui sera demandé aux entreprises s’élèvera à 1,3 milliard d’euros, c’est-à-dire à moins d’un cinquième de l’effort total, tandis que les 4/5e reposeront sur les travailleurs actuels et anciens.

La philosophie générale du rapport Moreau apparaît clairement. Il convient de « s’inscrire dans la trajectoire des finances publiques retenues par les pouvoirs publics et de concourir au redressement des comptes publics et à la crédibilité internationale de la France. »

On ne peut mieux dire : s’inscrire dans les politiques libérales d’austérité, bien que toute l’aggravation des déficits publics provienne de la récession organisée par ces politiques. Face à cela, il est urgent de cesser l’austérité et de repenser la progression des cotisations en élargissant leur assiette à tous les revenus distribués, sans que cela ait la moindre incidence sur les prix. Impossible ? Seulement 10% des dividendes seraient nécessaires pour passer le cap de 2020. Dix points de moins qui iront à la spéculation.

              Jean-Marie Harribey, signataire du "Manifeste des économistes attérés"
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 19:46

 

Assises citoyennes « Comment changer de cap, en France et en Europe ? »

Montreuil, 16 juin 2013

 

Compte rendu de Julien Kerguillec, membre de l'association Front de Gauche Morlaix et délégué par elle à ces Assises.

 

N.B : l’atelier sur le grand marché transatlantique a été filmé, et peut être regardé sur internet à l’adresse suivante :

 

  http://www.dailymotion.com/video/x10y8cm_1-assises-eric-coquerel-introduction-a-l-atelier-marche-transatlantique-aux-assises-citoyennes-du-16_news#.UcAOP_mePnE

 

Photos disponibles à cette adresse :

 

http://www.pcf.fr/41581

 

Matinée : participation à l’atelier : « Comment s’émanciper des marchés financiers ? »

Avec : Frédéric Boccara (PCF/FDG), Denis Durand (syndicaliste CGT), Guillaume Etievent (PG/FDG), Jérôme Gleize (EELV), Bernard Tepper (Convergence des services publics) : tous économistes.

Thomas Coutrot (Attac) est absent.

Une centaine de personnes assistaient à cette table ronde, rythmée par Frédéric Boccara

 

Frédéric Boccara (PCF/FDG)

Il n’y a pas seulement un « pouvoir » mais une « dictature » des marchés financiers. S’émanciper c’est aussi construire une alternative.

4 niveaux :

- Crédit (BCE/banques)

- Profits des entreprises

- Fonds publics

- Epargne individuelle

Réorienter vers d’autres buts que la rentabilité. Donc des pouvoirs aux gens.

3 exemples :

- L’argent doit être à fort taux voire interdit pour la spéculation, les investissements courts ou néfastes… et au contraire à faible taux pour les autres. Des banques publiques bancaires pourraient s’en occuper.

- Interdiction des licenciements boursiers

- Sortir la dette des marchés financiers ; financement des services publics

Problématiques :

Chocs de demande ne suffisent pas sinon évaporation de l’argent; il faut aussi en même tps lancer des projets.

Niveau national / européen : les 2 en même temps

Covenants : objectifs trimestriels de rendement. Appliqués à Alcatel par Goldman Sachs. S’ils ne sont pas respectés, main basse sur des brevets. Pourquoi la banque publique d’investissement n’a-t-elle pas prêté à Alcatel ?

 

Réactions de la salle :

- Adjoint maire de St Ouen : comment financer les collectivités ? Pb de la dette. Il faut réhabiliter la dépense publique au service des gens : pb de vocabulaire. Il faut inverser cette idée partagée aujourd’hui par beaucoup de gens que endettement = mal. Or aujourd’hui (comme hier), aucune collectivité ne peut lancer un projet sur ses fonds propres.

- Daniel, commission éco du PCF : la finance ne tombe pas du ciel. Elle vient de décisions politiques. Il y a de l’argent ; il faut le réorienter.

- Militant FDG : rappel du rôle d’une banque publique. Résoudre le problème de l’évasion fiscale et des paradis fiscaux peut constituer une partie de la solution.

   

Jérôme Gleize (EELV):

Pb du « fétichisme de la finance » selon lui : cette tendance à mettre tous les problèmes derrière ce mot et à oublier que derrière la finance il y a des rapports sociaux.

La crise des subprimes. Montage inventé par les financiers. Elle a permis à certains particuliers d’acheter une maison ou de gagner de l’argent mais c’est bien sûr une minorité. La crise de 2007 est une crise du capitalisme de l’accumulation du capital. [Car qu’est-ce que la monnaie ? C’est donné par le crédit bancaire, mais quand on rembourse un crédit on détruit la monnaie. Donc pour qu’il y ait augmentation de la croissance il faut qu’il y ait une augmentation continue de la masse monétaire en circulation. Il faut qu’il y ait plus de crédits que ceux qui sont remboursés. La contrepartie, c’est qu’il faut qu’il y ait de la croissance. Sinon, difficulté de rembourser. Donc ce système monétaire est basé sur l’accumulation de capital. Le problème au fond n’est donc pas celui de la propriété des banques, mais celui du fonctionnement du capitalisme lui-même.]

Donc en 2007, subprimes : cela conduit au urendettement. D’un coup se pose le problème du financement de la dette US. La dette US est rachetée par les Japonais et les Chinois en 2007-8 en contrepartie de la garantie du gouvernement américain; aujourd’hui presque personne ne veut de ces bons du trésor - rachetés directement par la réserve fédérale américaine -  mécanisme de création monétaire.

Le problème est donc aujourd’hui : comment continuer à faire vivre la finance dans une période où il n’y a pas de croissance ? Comment sortir de cet accroissement ? Conséquence : moraliser la finance ou mettre en place une banque publique ne suffira pas; il faut un nouveau mode de production, un nouveau régime de croissance pour poser la question du lien entre monnaie et production.

Et 2007 c’est aussi crise des matières premières (pétrole, cuivre, zinc…) et des matières agricoles, et du transport maritime. Il y a un problème de raréfaction de l’offre. Si on ne change pas de modèle on ira de soubresaut en soubresaut vers des situations catastrophiques.

 

Guillaume Etievent (PG/FDG) :

Pas d’accord avec l’analyse de la crise des subprimes sur l’idée que les gens ont choisi de plus avoir de maison pour préserver leur consommation (pas de choix en réalité.) mais d’accord sur la conclusion.

Pourquoi en est-on arrivé à cette crise des salaires et à cette augmentation du crédit ? 1929 puis 2e guerre mondiale  - ensuite volonté politique d’encadrer davantage la finance et de déconnecter les actionnaires des entreprises. CNR etc. : la part des salaires dans la valeur a augmenté. Années 80 : salaires 70% de la valeur ajoutée. Les capitalistes ont voulu retrouver leur taux de profit : ce qu’on a appelé tournant de la rigueur (baisse des salaires + augmentation de l’endettement des ménages donc les capitalistes gagnent sur les deux plans par petites paies et par prêtes à des taux élevés) ; depuis et aggravation progressive (aujourd’hui les actionnaires se versent 7 x plus de dividendes qu’il y a 20 ans, alors même qu’il y a récession… Car ils sont tout puissants, et l’ANI renforcera ce statut). La part des salaires diminue régulièrement. On demande même à la Chine aujourd’hui de baisser les salaires, en la menaçant de délocaliser au Bengladesh sinon…

- Fuite en avant (en arrière) sans fin. Le problème c’est le capitalisme lui-même. Il faut changer les rapports de production et si la BCE n’est pas d’accord, le faire unilatéralement quitte à ne plus respecter les traités. Et changer aussi au niveau des entreprises. Financer les contre-projets en cas de difficultés, BPI financée à la BCE, interdiction des licenciements boursiers. Plus largement il faut socialiser les banques, socialiser les entreprises elles-mêmes pour en finir avec ce privilège féodal qui existe depuis le début du capitalisme : le travail crée la valeur mais les bénéfices sont accaparés par les actionnaires. C’est un vol légal car c’est le travail qui crée la valeur. Ce qu’il faudrait au contraire : un homme = une voix et les bénéfices partagés par tous. Il faut des sociétés gérées démocratiquement comme c’est déjà le cas pour des milliers de SCOP, pour toute la sphère de l’éco sociale et solidaire… Etendre ce principe au max. C’est par là qu’on sortira de la logique du capitalisme ; en s’affrontant réellement à la finance, aux actionnaires et à leurs pouvoirs, avec l’appui des politiques monétaires, du financement public, avec un certain nombre de réglementations  un changement de société car changement des rapports de production. Par là seulement on pourra avoir une dynamique sociale et écologique et faire concrètement la révolution.

 

Denis Durand (syndicaliste CGT)

« S’émanciper » = question stratégique ; question de stratégie. Nous sommes vraiment aux mains de ces marchés donc ce n’est pas une question simple…

Retour sur l’histoire de la financiarisation (…) Octobre 1979 : la réserve fédérale américaine change le système des taux d’intérêt ; ceux-ci deviennent supérieurs aux taux de croissance ! En armant le capital de cette puissance, ils sont réussi à changer les rapports de production, d’où la baisse des salaires etc.

Cette décision aboutit progressivement à la création d’une masse de capital énorme (démesurée par rapport à la valeur de production réelle) qui du coup a de + en + de mal à obtenir les taux de rendement qu’elle exige.

Conclusion de l’intervention :

- Tout cela n’est pas éloigné de nous mais a des conséquences pour tout le monde : les salaires, les services publics etc.

- Le rôle des banques est très important dans ces dérives

- Pour changer les choses, la politique monétaire est déterminante. Or même la BCE est consciente aujourd’hui que ses financements énormes accordés aux banques ne viennent pas financer les PME.

Il faut commencer tout de suite. A Florange par ex. Mais il faut des investissements. Pas seulement la banque publique mais toutes les banques, quitte à les menacer sinon.

Ce levier (l’investissement financé par BPI etc.) est important et peut permettre de s’émanciper.

 

Réactions de divers intervenants dans le public : 

- Les socialisations se font par l’impôt ou alors par des salaires socialisés : une cotisation datant de l’après-guerre qui sert ensuite aux retraites etc. Ne pourrait-on instituer une « cotisation économique » sur le même modèle, redistribuée ensuite par des caisses ?

- Problème de la financiarisation de l’éducation, de la recherche…

- Angoulême : 38 millions d’emprunts toxiques (…) La solution dans de nombreux cas ce serait les critères d’attribution des marchés publics. Il faudrait faire des essais sur des zones ou des domaines limités à l’image des monnaies expérimentales, ne peut-on mettre en place une finance expérimentale ?

- Un intervenant essaie de « faire un point sur les privilèges des financiers » et les liste.

- L’émancipation passe par l’explication, la clarté, le refus d’employer les mêmes mots que les patrons. Elle viendra par des luttes dans chaque entreprise.

 

Sympathisante PCF, juriste et thésarde sur les règles de régulation des échanges. : problème = la régulation existe mais est limitée par la bonne volonté des marchés. 

 

Bernard Tepper (Convergence des services publics)

Pourquoi ne pas se servir de structures déjà existantes, qui ne fonctionnent pas sur le principe de l’accumulation ? Pourquoi ne pas se servir de l’ACOSS (http://www.acoss.fr/), la banque de la Sécu ? Les 175 milliards d’euros qu’elle a. Nous avons un système grandeur nature qui fonctionne. Les cotisations sociales sont un levier important. Bref, combattre la finance mais aussi défendre les institutions existantes qui fonctionnent sans finance.

 

Frédéric Boccara

L’alternative : expansion dans le social et par le social. Il faut forcément de la monnaie et du crédit.

En France, les entreprises paient 120 milliards de cotisations sociales, et en distribuent 300 en intérêts du capital et dividendes. Mêmes proportions en Europe.

 

Réactions diverses dans le public : 

- Il faut gagner la bataille des mots : « coût du travail » etc.

- Avoir le courage de dire qu’on désobéira aux traités si on arrive au pouvoir. - Séparation banques de dépôts / banques d’affaires devrait être remise aux goûts du jour. La BPI n’a pas de licence de banque : elle doit se financer auprès des marchés alors que les statuts européens permettaient qu’elle se finance auprès de la BCE. - La seule solution serait que le pays puisse gérer sa monnaie - Chacun peut essayer d’agir à son niveau et investir dans des structures autres, sociales et solidaires par ex…

Jérôme Gleize (EELV) : la BCE peut évoluer. La territorialisation de la production est un élément essentiel.

 

Guillaume Etievent (PG/FDG): le vocabulaire est essentiel, notamment pour les militants sur le terrain. Rappeler que le « coût du travail » n’existe pas, que « vive la dette »…. Reconnaître le droit des salariés dans les entreprises, se servir du levier de la cotisation sociale, instaurer une régulation du capital (« simplement » revenir sur toutes les lois de dérégulation depuis 30 ans).

 

Denis Durand (syndicaliste CGT) : l’émancipation passe par les luttes, le rapport de forces.

 

Bernard Tepper : pas de solution unique mais plusieurs à mener en même temps et de façon cohérente ; il faut le soutien du peuple et donc montrer la liaison entre les besoins des gens, en terme de service public par ex, et la nécessité de s’émanciper pour les satisfaire; il faut le temps long ; il faut une véritable campagne d’éducation populaire sur l’ensemble de ces sujets ; 2013 = 70e anniversaire du CNR ; il faudrait aujourd’hui quelque chose du même niveau que le 15 mars 44.

 

Frédéric Boccara : il y a de fortes convergences entre nous ; rappeler toujours la responsabilité centrale de la BCE. Ceux qui font son silence sur son rôle ont une grave responsabilité, et notamment à gauche. A partir des territoires on peut faire beaucoup de choses ; pousser la transformation de l’Europe à partir de l’utilisation des banques publiques.

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Après-midi : débats en plénière –

 

Quelle politique alternative à l’austérité et comment changer de cap, en France et en en Europe ?

Noël Daucé (FSU), Christophe Delecourt (Syndicaliste CGT), Pierre Khalfa (Copernic), Christian Picquet (GU/FdG), Stéphanie Treillet (Convergence et Alternative/FdG), Christine Poupin (NPA) Modérateur Denis Sieffert.

 

Pierre Khalfa, fondation Copernic : politique gouvernementale socialement inacceptable, économiquement stupide. Présenté avec le slogan TINA. Or une politique alternative existe et il est très important d’en faire la démonstration pratique, concrète. Quelles devraient être les conditions pour une politique alternative, sociale et écologique ? 4 conditions :

- Marges de manoeuvre financière. 250 milliards de dépenses fiscales (niches notamment) donc il faut une réforme fiscale d’ampleur qui s’attaque réellement aux riches et aux grandes entreprises - Eliminer pouvoir finance : depuis le tournant de la rigueur de 83, baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée - il faut un rééquilibrage par des lois pour restreindre la part des dividendes. Séparer les banques de dépôt et d’investissement, interdire titrisation et autres. Se débarrasser de la contrainte de la dette. Présentée comme prétexte de la dette. Il faudrait monétiser et donc engager un processus de désobéissance européenne. Car cette logique libérale n’est pas hors sol elle vient des gouvernants. Construire un front commun de résistance. Il faut être unitaire pour être crédibles

Noël Daucé (FSU) : remettre en cause l’indépendance de la BCE, interdire la spéculation sur les dettes publiques, les paradis fiscaux, créer un pôle financier public. Engager la transition écologique. Restructuration et annulation partielle des dettes publiques. Une rénovation de la démo en Europe : refus du dumping, extension des conventions de branche ; une Europe ouverte ; une France idem. La modernisation des services publics doit se faire à l’aune de leurs renforcements. Eau, énergie, transport, gratuité ; conserver les services non marchands (éducation…) Salaires bloqués depuis 4 ans – revendiquer une valorisation. Nouvelle répartition des richesses.

Christophe Delecourt (syndicaliste CGT) : réhabiliter et revaloriser le travail. La dévalorisation de celui-ci est allée de pair avec la financiarisation de l’éco et c’est la base des crises - répartition différente des richesses, revalorisation des salaires, et augmentation des cotisations sociales. Idée importante : attribuer à chaque personne qui travaille des droits fondamentaux et des garanties interprofessionnelles. Question de la démocratie en politique mais aussi dans les entreprises et les administrations : le monde du travail est intelligent : il doit avoir une part dans les prises de décision stratégiques. Aller vers un revenu minimum européen. Faire de la monnaie un bien public - fin de l’indépendance de la BCE. Imposer aux banques et aux assurances des missions de service public.

Il faut se mettre d’accord à l’issue de ces assises sur une campagne unitaire basée sur les territoires pour mettre en place ces alternatives.

 

Christine Poupin (NPA) : lutter, résister ensemble. Problème moral supplémentaire : le sale boulot est fait par des gens qu’on a élu pour chasser Sarkozy. Il faut donc la construction d’une opposition de gauche. Propositions : abolir le chômage par une réduction massive du temps de travail, interdiction des licenciements, création massive d’emplois par des services publics (notamment enfance et personnes en perte d’autonomie), augmentation de tous les salaires y compris la partie socialisée. La gratuité c’est aussi un partage des richesses. Statut de la propriété privée à revoir, notamment pour regarder le contenu de la dette.

 

Stéphanie Treillet (Convergence et alternative) : fatalisme dans la population, qui tient aussi au « TINA » seriné par le gouvernement et de nombreux médias. On ne peut attendre un changement d’attitude des pays européens. Il faut une désobéissance européenne. Il n’est plus possible de faire comme si ça marchait : les votes au PS cette semaine le montrent. Que faire ? Négocier des délais pour les 3% ? Non, il s’agit de prendre conscience qu’une vraie politique de gauche ne peut qu’aboutir à un affrontement avec la Troïka. Une telle politique appuyée sur les mobilisations populaires aurait la légitimité populaire de faire réellement le changement. Sortir de l’euro n’est pas une solution : la France ne pourrait se défendre et verrait sa monnaie dévaluée. Et de plus cela supposerait une logique de concurrence, de lutte ; il faut au contraire une logique de solidarité.

 

Christian Picquet (GU/FDG) : même constat. La question c’est donc : qu’est-ce qui peut rassembler une majorité de la gauche et du peuple ? Les interventions nous montrent clairement les convergences : un changement de modèle économique. Les propositions du FDG constituent un programme d’urgence qui peut réunifier le peuple. Il faut ensemble travailler à un débouché politique crédible. Le FDG est un levier essentiel mais ce n’est pas suffisant : il faut encore rassembler. De même il faut faire converger partis politiques, associations, syndicats : une forme de nouveau front populaire, pas par nostalgie mais pour aboutir à ces objectifs communs. Ces assises en sont la 1e étape.

 

Jérôme Guedj (PS, « Gauche avenir ») : il faut aller vers l’union de la gauche, c’est pour cela que je milite.

Convergences sur la politique européenne et sur la responsabilité des socio-démocrates européens. [Refus de la politique austéritaire, remise en cause du pacte de stabilité. « Ce n’est pas parfait mais on avance. »] Sur l’interventionnisme public (ex Florange, l’eau), la nécessaire révolution fiscale, la transition écologique. Il faut « se dépasser chacun un peu pour aller vers le but commun ».

 

Pierre Khalfa : merci à J. Guedj d’être là. Cependant, quelle sera la position de la gauche du PS sur la contre-réforme des retraites ? Constat après un tour de table de nombreuses convergences. Mais allons-nous être capables de porter devant les citoyens ces demandes de façon unitaire (politiques, syndicats…). Dans cette 1e année, nous n’avons pas été capables d’être assez visibles. C’est une forme d’échec pour nous.

 

Noel Daucé : différence de mobilisation depuis quelques temps : ANI, mort de Clément Méric, etc. Mais peut-être assiste-t-on a un vent nouveau : grève des cheminots, aiguilleurs, Tunis, marche des chômeurs, et actions à venir en septembre. Nous avons besoin de convergences et la belle idée de ces assises est à poursuivre.

 

Christophe Delecourt : la proposition de Christian Picquet pose la question du renouvellement de la démocratie. Comment les syndicats peuvent intervenir autrement dans la politique et sans se substituer aux hommes politiques qui eux ont la légitimité populaire. Renforcer le syndicalisme et lui donner une forme + puissante dans l’élaboration des rapports de force.

 

Stéphanie Treillet (Convergence et alternative) : ces luttes doivent être aussi pensées à l’échelle européenne; éviter les tentations de repli nationaliste ; Jérôme Guedj disait qu’il ne voulait pas « la même intensité » dans les mesures, mais c’est illusoire. La seule possibilité réaliste c’est une remise en cause véritable, concernant le statut de la BCE ou le pacte budgétaire. Pas d’aménagement, pas de demi-mesure possible.

 

Christian Picquet : convaincu que le rassemblement sera possible car la politique de gouvernement est aberrante économiquement mais aussi suicidaire politiquement pour le PS, les militants, etc.

Fin du 1er débat ; huées un moment quand Dominique Voynet vient parler de sa ville. Pascal Durand menace de s’en aller ; Pierre Laurent vient demander le calme…

 

2e débat - même sujet - : Quelle politique alternative à l’austérité et comment changer de cap, en France et en en Europe ?

 

Clémentine Autain (FASE/FDG), Geneviève Azam (Attac), Annik Coupé (Solidaires), Pascal Durand (EELV), Pierre Laurent (PCF/FDG), Marie-Noëlle Lienemann (Gauche avenir), Jean-Luc Mélenchon (PG/FDG)

 

La vidéo de ce débat (sans doute plus pratique !) est ici : http://www.dailymotion.com/video/x10z6kg_assises-16-juin-changer-de-cap-en-france-et-en-europe-2-2_news?start=9#.UcASy_mePnE

 

Pierre Laurent : c’est une journée très importante. Conviction à l’origine de cette journée : des forces existent pour une alternative. Nous ne sommes pas condamnés à subir, nous avons la responsabilité de modifier cette situation. Le fait que tant de monde soit présent montre que c’est un besoin. Notre peuple n’est pas résigné mais il faut l’aider à trouver une voie politique pour s’exprimer. Les leviers économiques sont verrouillés, il faut les déverrouiller. La question des retraites est une question de société et pas question d’un débat à marche forcée cet été. Convergences avec EELV : chaque emploi industriel détruit en France, c’est l’empreinte écologique de la France qui grandit, car il faudra importer. La question industrielle et la question écologique sont une seule et même question. L’Amérique latine toute entière a rejeté le traité avec les USA ; pourquoi l’Europe ne le pourrait pas ? Refonder la démocratie à tous les niveaux. Ces pistes alternatives existent et sont potentiellement majoritaires. Ne lâchons rien.

 

Geneviève Azam (Attac) : Cette crise n’est pas une crise mais la décomposition d’un modèle. Nous savons les dangers que comporte cette situation : les institutions, le vivre ensemble, le travail, la culture, la nature, la démocratie sont en danger. Mais cette décomposition fait se lever des résistances qui déconstruisent la pensée unique et remettent au goût du jour des sujets oubliés ou tabous. « Le pouvoir jaillit parmi les hommes quand ils agissent ensemble » (H. Arendt) Le changement de cap est déjà dans les moyens qu’on se donne. Pour Attac, 3 priorités dans les mois qui viennent : la question de la retraite, l’accord transatlantique (Attac est né de la lutte contre ces échanges ; depuis longtemps les USA en rêvent, auj., comme le disent les associations US, c’est l’Europe qui pousse pour le faire…), la transition écologique. « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue » (Victor Hugo) mais attention, le but c’est de préserver la démocratie.

 

Marie-Noëlle Lienemann : la question de la constitution d’un nouveau front populaire est notre grand enjeu contemporain car comme l’a dit Geneviève Azam cette crise n’est pas conjoncturelle, et tous nos acquis sur des décennies peuvent sombrer dans cette tempête. La crise des années 30 l’a montré : les divisions de la gauche ont rendu possible l’accession d’Hitler au pouvoir. L’élection d’Hollande est redevable de toute la gauche, mais il faut rassembler, pour que des réformes arrivent, dans les faits. Si la gauche reste divisée, le risque c’est droite et l’extrême droite. Convergences : redistribution des richesses, réindustrialisation, BPI à renforcer et transition énergétique, programme de relance, la construction d’une 6e république (…) « Dans la franchise mutuelle, si nous pensons que l’union est un combat, nous y prendrons toute notre part. Ne demandez aux uns et aux autres de ne pas assumer ce qu’ils sont, même s’il y a des points de désaccord. »

 

Annik Coupé : Constat : pas de changement, et pas même un début de réorientation politique et sociale. Et tout cela a des conséquences graves.

(…)

Fatigué, je n’ai pas réussi à prendre davantage de notes !

 

http://www.dailymotion.com/video/x10z6kg_assises-16-juin-changer-de-cap-en-france-et-en-europe-2-2_news?start=9#.UcAe2vmePnF

 

Devaient encore intervenir Clémentine Autain (intervention « franchement » - comme le demandait Marie Noëlle Lienemann - critique de la politique gouvernementale et assez enflammée), Pascal Durand (intervention assez violente parfois - il m’a semblé à plusieurs reprises vouloir « provoquer » le public pour ensuite pouvoir dire, face aux quelques sifflets, que les conditions du dialogue n’étaient pas réunies -) , Jean-Luc Mélenchon (intervention qui cherchait plutôt à « arrondir les angles », remercier Pascal Durand et Marie Noëlle Lienemann de leur présence, et à leur donner rendez-vous dans les mobilisations à venir au sujet des retraites ou du marché transatlantique)

Puis deuxième tour de table rapide.

 

Compte rendu de Julien Kerguillec.

 

femme front de gauche morlaix

 

 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 19:00

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-interview-d-Europe-1-Soir/Videos/L-esperance-de-vie-depend-de-la-retraite-a-60-ans-1552401/

 
Sur Europe, le 14 juin, il y avait un socialiste sur Europe 1! Et oui, ça existe encore ... Affaire Cahuzac, lutte contre l'évasion fiscale et la fraude fiscale, réformes des retraites, le parler vrai de Gérard Filoche.  
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En annexe, vous trouverez ci-dessous une contribution commune d'Attac et de la Fondation Copernic pour la table ronde n°4 de la Conférence sociale : Assurer l’avenir des retraites et de notre protection sociale des 20 et 21 juin.  
 
Retraites : pour un choc de répartition
ATTAC - Fondation Copernic

Les précédentes réformes de retraite ont eu des effets catastrophiques, qui n’ont pas fini de se faire sentir. Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a calculé que si les réformes de 1993, 2003 et 2008 s’étaient appliquées aux affiliés de la CNAV et de la MSA-salariés de la génération 1938, ceux-ci auraient eu des pensions de base réduites de 28 % en moyenne lors de la liquidation, et de 35 % sur l’ensemble de leur période de retraite.
 
Comme précédemment, l’argument « on vit plus vieux, il faut travailler plus longtemps » est invoqué, et il semble de bon sens. Notons pourtant que l’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui et que, par le passé, le partage de la richesse produite a permis qu’elle s’accompagne de la diminution du temps passé au travail et d’une amélioration globale du niveau de vie. Mais surtout, vouloir augmenter la durée de cotisation relève d’une double hypocrisie.
 
Hypocrisie quand on sait qu’une grande partie des salarié-es (plus de la moitié pour la génération 1942) est déjà hors emploi au moment de liquider leur retraite. Repousser encore ce moment revient simplement à prolonger cette période hors emploi, qui peut être de chômage, de pré-retraite, en tout cas de précarité, et donc à enfermer dans les minimas sociaux en attendant de pouvoir toucher une pension. Augmenter la durée de cotisation revient au final à faire baisser le montant des pensions sans oser le dire. Hypocrisie encore car vouloir faire travailler les salariés plus longtemps dans le contexte actuel de chômage revient aussi à rompre le contrat entre les générations. Car la solidarité intergénérationnelle a deux faces. Les actifs paient les pensions des retraités, et les salariés âgés se retirent de l’emploi pendant que les nouvelles générations y accèdent. Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes et celui des seniors, plutôt que payer des retraites. Ainsi, depuis le recul de l’âge de départ de 60 à 62 ans, on constate bien une hausse du taux d’activité de 15 % entre 2010 et 2012 pour la tranche d’âge de 55 à 64 ans… accompagné d’une augmentation de plus d’un tiers de la part des chômeurs dans cette tranche d’âge !
Tandis que les jeunes font les frais du maintien forcé en emploi des seniors : leur taux de chômage dépasse 26%, l’écart de taux de chômage entre les moins de 25 ans et l’ensemble des actifs atteint un record.
Enfin, ce qui est important est moins l’espérance de vie que l’espérance de vie en bonne santé, et toutes les années de retraites ne sont donc pas équivalentes. Prolonger la durée d’activité, alors même que la souffrance au travail se développe et que de nouvelles pathologies apparaissent, obère le temps dont les salariés disposent pour jouir réellement des meilleures années de retraite.
L’objectif annoncé pour la nouvelle « réforme » est de combler un déficit des régimes de retraites plus important que prévu, qui serait d’environ 20 milliards en 2020. Il y a d’abord là un élément paradoxal. Car l’aggravation du déficit est la conséquence directe des politiques d’austérité qui jettent la France et l’Europe dans une spirale récessive et entrainent une montée du chômage… et donc des déficits. Dans son rapport de décembre 2012, le Conseil d’orientation des retraites explique ainsi « la dégradation beaucoup plus rapide que prévu des comptes des régimes de retraite du fait de la chute des recettes liée à la crise ». Le rapport Moreau fait le même constat. Pourtant, ce qu’il propose est de réduire encore les dépenses en faisant porter l’essentiel de l’effort sur les salarié-es et les retraité-es, qui n’ont aucune responsabilité dans la crise. Difficile de considérer qu’un montant de 20 milliards d’euros constituerait un déficit insoutenable des caisses de retraite, lorsque la même somme est attribuée sans contrepartie aux entreprises via le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ! En finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail et une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique permettraient déjà de résoudre une bonne partie du problème.
La part des retraité-es augmentant dans la population, il est nécessaire, à moins de vouloir les appauvrir, d’accompagner cette évolution en attribuant aux pensions une part plus grande de la richesse créée. Il est ainsi possible de relever progressivement les cotisations patronales en baissant en parallèle les dividendes versés aux actionnaires (cette part est en effet passée en trente ans de 3 % à 9 % de la valeur ajoutée brute des sociétés non financières, sans aucune justification économique). L’investissement productif ne serait ainsi pas touché et cette mesure n’aurait pas d’impact sur les prix. La sacro-sainte compétitivité des entreprises serait donc épargnée. Le rapport du COR de décembre 2012 indique que l’augmentation du taux de cotisation pour équilibrer le système de retraites est de l’ordre de 2 % en 2020. Rien d’inaccessible. Mais il est vrai, et c’est là que le bât blesse, cela suppose un « choc de répartition » et non un choc de compétitivité.
Une voie supplémentaire pour améliorer le financement des retraites, systématiquement négligée, est celle de l’activité des femmes. Le taux d’activité des femmes est sensiblement inférieur à celui des hommes (84,2 % contre 94,8 % dans la tranche des 25-49 ans en 2010).
De nombreuses femmes souhaiteraient travailler professionnellement mais y renoncent, ou se contentent d’un emploi à temps partiel, par manque de solution pour l’accueil des enfants. Il y a donc de larges marges de progrès pour réaliser l’égalité. Si l’activité des femmes rejoignait celle des hommes, l’effectif de population active serait supérieur d’environ 5 % (4.8 % en 2020, 4.9 % en 2030) à celui retenu par les projections actuelles. En première approximation, cette augmentation se traduirait, à taux égal de chômage, par un accroissement de même ampleur - près de 5 % - du volume de cotisations. À comparer donc au besoin pour 2020, chiffré à 2% par le COR ! Cet accroissement du taux d’activité des femmes serait d’autant mieux bienvenu que des besoins collectifs nombreux restent à satisfaire et que des activités utiles correspondantes pourraient être créées. De même, supprimer les inégalités salariales entre les femmes et les hommes permettrait d’augmenter très sensiblement les recettes de cotisations.
Bref, des solutions existent à condition de rompre avec les politiques actuelles et la logique d’un capitalisme financier prédateur. Les conditions préalables en sont un arrêt des politiques d'austérité et une action énergique en faveur de l'emploi par une reconversion industrielle écologique, la réduction du temps de travail, la formation, le développement des crèches, ...
Les objectifs pour un système équitable et durable de retraite comportent le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, la revalorisation du minimum contributif au niveau du SMIC pour une carrière complète, la convergence de la durée de cotisation nécessaire pour une pension à taux plein avec la durée moyenne de vie active constatée, l’élimination des inégalités de pension entre les femmes et les hommes et la prise en compte effective de la pénibilité, sans oublier celle des métiers à prédominance féminine.
Les moyens à mettre en oeuvre pour financer ces objectifs sont un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits distribués, ces derniers (notamment les dividendes) étant soumis à cotisation ; une augmentation de l’activité des femmes en levant les obstacles qu’elles rencontrent, et la réalisation de l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes ; la suppression des allègements inutiles de cotisations sociales, ainsi que la majoration du taux de cotisation patronale sur l'emploi à temps partiel.
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DANS LIBERATION:"Retraites : les pistes prudentes du rapport Moreau"14 juin 2013

Analyse Le rapport remis vendredi à Matignon propose notamment de baisser les pensions et de poursuivre l’allongement de la durée de cotisation.

Par Luc Peillon Photo Sébastien Calvet
Que les Français se rassurent : «les efforts à faire» pour redresser les comptes du système de retraites ne «seront pas écrasants», a promis vendredi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors de la remise du rapport de la conseillère d’Etat Yannick Moreau. D’autant qu’ils seront réalisés «dans un esprit de justice et d’efficacité», a assuré, de son côté, le président de la République. Pas de panique, donc, semble vouloir dédramatiser l’exécutif, qui promet, pour combler les 20 milliards d’euros de déficit attendus en 2020, un projet de réforme à la fin de l’été, après concertation avec les partenaires sociaux.
Cependant, le gouvernement a déjà quelques idées sur la question ( Libération du 14 juin) : pas touche aux régimes spéciaux, grande prudence sur le rapprochement public-privé, allongement de la durée de cotisation, et surtout sollicitation des retraités, par une baisse relative des pensions (via une désindexation par rapport à l’inflation et/ou une suppression de certains avantages fiscaux et sociaux). Le tout parfumé d’un livret de pénibilité, permettant aux salariés d’y noter leurs conditions de travail (de nuit, debout…), et ouvrant droit à une formation ou à un congé de fin de carrière.
Difficile, néanmoins, d’ignorer totalement le rapport de Yannick Moreau, que le gouvernement lui a commandé, et qui servira de base aux discussions entre partenaires sociaux sur les retraites, lors de la conférence sociale. Et qui seront animées, qui plus est, par cette même Yannick Moreau.
Espérance de vie. L’exécutif devrait d’autant moins le snober que le rapport contient la plupart des pistes envisagées par le pouvoir. Avec un premier objectif : assurer l’équilibre des comptes à court terme, c’est-à-dire d’ici à 2020. Pour ce faire, il envisage tout d’abord de faire contribuer les retraités. En alignant leur taux de CSG (6,6%) sur celui des actifs (7,5%), pour un gain de deux milliards d’euros, et en réformant certains avantages (fiscalisation de la majoration de pension pour trois enfants et plus, suppression de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels), permettant de dégager entre 1,5 et 2,5 autres milliards. Mais c’est surtout la sous-désindexation «exceptionnelle» des retraites pendant trois ans qui pourrait faire le plus couiner. Le document propose, du coup, de la réserver aux plus hautes pensions.
Du côté des actifs, la commission Moreau envisage une hausse des cotisations (0,1 point par an pendant quatre ans), partagée entre employeurs et salariés, pour un montant de 2,6 milliards. A plus long terme, le rapport propose de jouer sur l’allongement de la durée de cotisations. Et de prolonger ainsi, au-delà de 2020, le principe du partage du gain d’espérance de vie entre le temps passé au travail (deux tiers) et la retraite (un tiers), prévue par la loi Fillon de 2003. Ce qui conduirait à passer d’une durée de cotisations pour une retraite à taux plein de 41,75 ans en 2020, à 43 ans en 2035 et à 44 ans en 2050. En cas de dégradation de la conjoncture, serait alors envisagée une accélération de ce calendrier, qui ferait évoluer la durée de cotisation à 43 ans dès 2024 et à 44 ans en 2028. Prudente, et surtout réaliste quant aux intentions du gouvernement, la commission écarte l’idée de repousser l’âge légal de départ, déjà reporté de 60 à 62 ans, par la droite dans sa réforme de 2010.
Âge légal. Dernier point délicat, enfin, le rapprochement des règles de calcul de la pension entre le public et le privé. Aujourd’hui, le montant de la retraite pour les fonctionnaires est établi sur la base des six derniers mois de salaire, contre les vingt-cinq meilleures années pour le privé. La commission Moreau suggère, non pas un alignement, mais un élargissement de cette période de référence pour les agents publics «sur une période plus longue», en y en intégrant une partie des primes. Une mesure qui n’a pas pour objectif de générer des recettes, rappelle le document.
A peine remis au Premier ministre, le rapport Moreau n’a pas vraiment suscité l’adhésion de la CGT et, pour d’autres raisons, du Medef. «Les principales pistes évoquées dans le rapport n’augurent rien de bon», estime ainsi la confédération de Montreuil, qui fustige l’allongement de la durée de cotisation, la baisse des pensions et l’alignement du public sur le privé. Le patronat, de son côté, réclame un report de l’âge légal, et dénonce toute hausse des cotisations. Quant à Force ouvrière, elle considère que si ces pistes étaient retenues, «elles seraient écrasantes et inacceptables». Seule la CFDT ne semble pas s’opposer frontalement aux conclusions du rapport, tout en réclamant «une réforme de fond». Reste deux mois au gouvernement pour convaincre…
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 18:16
Manifestation le samedi 22 juin 2013 à 10h30 à Carhaix devant  la Maison des syndicats, place du Champ de Foire.
Défense de l'emploi dans l'agro. Non à la fermeture de Marine Harvest Poullaouen.
 
Co-voiturage à partir de Morlaix: rendez-vous à 9h30 devant l'UL CGT (impasse Tréguier).
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Après les fermetures de BOUTET NICOLAS, DOUX, ENTREMONT ALLIANCE, l’annonce de la fermeture de MARINE HARVEST à Poullaouen et de Chateaugiron en Ile et Vilaine pour mars 2014 représente un nouveau coup dur pour l’emploi.

 

Cette entreprise compte 187 emplois permanents et, en, pleine saison, jusqu’à 450 emplois. Elle appartient à 100% à ce groupe Norvégien qui fournit toute la matière première.

 

Ce groupe dégage d’énormes profits. Il porte l’entière responsabilité de cette décision catastrophique tant au niveau humain qu’économique. Il recherche l'ultra-rentabilité.

 

Depuis un certain temps, il n'y avait plus d'investissement sur le site de Poullaouen. On ne peut pas faire fortune sur le dos des gens, partir en Pologne et laisser mourir le site.

 

Nous ne voulons pas que le Centre Bretagne devienne un désert économique. Marine Harvest doit rendre des comptes.

 

Ce groupe, qui est extraordinairement prospère, devra réparer le préjudice des salariés, d'abord et du territoire, ensuite. Ils ne peuvent pas s'en tirer à bon compte. Les emplois peuvent être préservés et pourquoi pas avec la construction d’une usine neuve.

 

N’oublions pas qu’un emploi industriel de perdu sur le territoire, entraine trois emplois dans les autres secteurs (commerçants, artisans, sous-traitants, etc..).

 

Le syndicat CGT de MARINE HARVEST et l’Union locale CGT de Carhaix ont décidé d’organiser une manifestation

 

Le samedi 22 juin, à 10 h 30 à Carhaix

Devant la Maison des syndicats

Place du Champ de Foire

 

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 06:24

réunion publique agro guerlesquin 1

Halles de Guerlesquin, 17h30-20h le vendredi 7 juin 2013, 50 personnes dont plusieurs salariés de l'agro-alimentaire et syndicalistes.

 

Ismaël Dupont (membre du secrétariat de section PCF, candidat aux législatives du Front de gauche en 2012 dans la circonscription de Morlaix):

 

La section PCF de Morlaix est très heureuse de pouvoir organiser cette réunion de débat, de réflexion et de mobilisation sur l'avenir de l'agro-alimentaire breton, une réunion qui intervient dans un contexte très particulier et inquiétant.

1er élément du contexte: un pouvoir social libéral et bien plus libéral que social.

Une politique du gouvernement qui tourne le dos aux attentes qu'une majorité de français avait formulées en faveur d'une politique de justice sociale réduisant les inégalités et rompant avec l'ultra-libéralisme des années précédentes. Cela se traduit, en bref et dans le désordre:

- par le refus d'opposer l'arme de la nationalisation, de l'interdiction des licenciements boursiers ou du moratoire sur les licenciements. Dès lors, difficile de contrecarrer des plans sociaux massifs, de sauver des activités d'intérêt général, de dissuader les capitalistes de brader l'outil de travail et de le délocaliser.

- on subit toujours une politique compatible avec les instructions les plus réactionnaires de Bruxelles et de Merkel, instructions qui favorisent les intérêts du patronat et du capital en remettant en cause les droits acquis des salariés. Ce gouvernement ne soutient pas le pouvoir d'achat des salariés et citoyens (refus d'augmenter le SMIC et les minima sociaux, de réduire par la loi l'usage au temps partiels imposés ou aux CDD) et n'engage pas réellement la lutte contre le chômage, laquelle ne peut que passer par la renonciation à l'austérité.

- on peut citer la signature du pacte budgétaire européen, le fameux pacte Merkozy qui fait de la réduction des déficits l'alpha et l'omega de nos obligations et prévoit que les Parlements ne pourront plus décider souverainement du budget national. La hausse de la TVA et les cadeaux fiscaux de 20 milliards d'€ en crédit d'impôt faits aux entreprises. L'ANI, signé par le MEDEF et des syndicats minoritaires, qui se revèlera très vite être une véritable machine inefernale susceptible de faire exploser le code du travail. C'est une loi que les socialistes ont voté majoritairement avec la droite malgré l'opposition farouche du monde syndical, de nombreux salariés et du Front de Gauche.

- Et maintenant, on nous vante une nouvelle contre-réforme des retraites , qui entend une nouvelle fois revenir sur des acquis sociaux fondamentaux, reculer l'âge de départ en retraite et diminuer les pensions, alors même que c'est le chômage de masse, les bas salaires, le non paiement des cotisations patronales qui expliquent le déficit des caisses de retraite et de protection sociale.

Face à cette politique de régression sociale qui laisse planer le risque d'un discrédit durable frappant toute la gauche, d'un retour en force de la droite radicalisée et de l'extrême-droite, le PCF et le Front de Gauche incarnent et construisent une alternative progressiste, dont le succès passe par la construction d'un nouveau Front du Peuple, d'un nouveau Front populaire, bien au-delà des limites actuelles du Front de Gauche, pour sortir de l'impasse actuelle.

Quelle est la nature de cette impasse?

- 5ème République très peu démocratique qui donne un pouvoir incroyable au Président de la république et à ses conseillers, installe une culture de l'oligarchie et de la délégation de pouvoir.

- domination sans partage des milieux financiers avec la complicité de dirigeants politiques qui ont perdu le sens de la réalité et ne raisonnent plus qu'en termes comptables, et non plus en prenant en compte la dimension humaine des choses.

Pour sortir de cette impasse, nous devons unir et rassembler tous ceux qui souhaitent en finir avec l'austérité et la domination de la finance, en tendant la main aux syndicalistes, aux militants de gauche, aux citoyens et militants qui ne sont pas ou pas encore dans le Front de Gauche. En Amérique Latine, c'est toujours de larges coalitions où était présent le monde syndical qui ont permis de reprendre le pouvoir à la droite réactionnaire et bourgeoise. C'est le rôle d'une réunion comme celle-ci ou encore des Assises Nationales du Front de Gauche du 16 juin de faire un premier pas en ce sens.  

2ème élément du contexte: une casse sociale accélérée dans l'agriculture et l'agro-alimentaire breton.  

Depuis plusieurs mois, le thermomètre s'affole dans notre région: 1000 emplois supprimés à Doux dans le sud-Finistère et le Morbihan, 150 emplois en passe d'être supprimés à Boutet-Nicolas à Rosporden (CECAB), 400 emplois supprimés à Marine Harvest à Poullaouen, et autour de 900 emplois sur la sellette à Lampaul Guimiliau. Mais on peut parler aussi de plusieurs centaines de suppression d'emplois dans l'agro dans la Manche, l'Ile et Vilaine, les Côtes d'Armor. Parallèlement, 5 exploitations agricoles disparaissent chaque jour en Bretagne et les suicides se multiplient chez les agriculteurs comme l'a montré une récente étude de la Mutualité agricole. La situation sociale de l'agro-alimentaire breton, en dehors de ces menaces sur les emplois ou de ces destructions d'emplois, c'est aussi des conditions de travail souvent dures et dégradées en raison des contraintes de productivité.

Le rôle de cette réunion sera:

a) identifier les causes de ces difficultés économiques, de ces désastres sociaux:

- responsabilité des directions d'entreprises

- spéculation sur les matières premières agricoles, coût de l'aliment

- pression des marges scandaleuses de la grande distribution

- mise en concurrence des travailleurs à l'échelle européenne

- absence de préparation et d'anticipation par rapport à l'évolution nécessaire du modèle productiviste.

b) voir comment, filière par filière (dans la filière porcine et avicole principalement), on peut envisager des portes de sortie, travailler à améliorer les choses.

c) voir comment on peut coordonner l'action politique, syndicale, paysanne et citoyenne pour mener une lutte efficace afin de sauver les emplois dans l'agro-alimentaire breton, car nous ne pouvons tolérer leur destruction, le saccage de territoires ruraux, de vies humaines et familiales guettées par le chômage, la pauvreté et le désespoir.

d) il nous faut aussi tracer des pistes pour construire un nouveau modèle agricole et agro-alimentaire breton en se plaçant dans une perspective de long terme. 

Au meeting du Front de Gauche à Rennes mercredi dernier (le 5 juin), Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ont tous les deux exprimé une volonté de réorienter l'agriculture et l'agro-alimentaire pour atteindre plusieurs objectifs: proposer une alimentation de qualité pour tous. Rompre avec la domination sans partage du modèle productiviste. Mieux rémunérer le travail des agriculteurs et des ouvriers de l'agro-alimentaire. Encadrer et limiter les marges de la grande distribution. Relocaliser tout ce qui peut l'être pour réduire lm'empreinte écologique et créer de l'emploi dans les territoires. Rompre avec le dumping social, la course au moins-disant en terme de coût du travail, si besoin en, rétablissant des protections douanières, justifiés notamment par le coût écologique et énergétique des délocalisations d'activités.   

 

Corinne Nicole (représentante CGT à Tilly-Sapco Guerlesquin) 

  

Dépôt de bilan et fermeture de sîtes chez Doux, fragilisation de la filière avicole avec la décision de la Commission européenne de supprimer les restitutions pour l'exportation de poulet congelé au Moyen-Orient, des aides qui représentaient 20% du produit des exportations et permettaient de réduire le prix de vente pour être concurrentiels face aux industries agro-alimentaires brésiliennes, américaines, thaïlandaises, vietnamiennes, moins sourcilleuses sur les règles environnementales et le bien-être animal et faisant travailler des salariés moins bien payés: va t-on vers une catastrophe économique et sociale de grande ampleur touchant tout le secteur agro-alimentaire breton, comparable peut-être en termes de conséquences humaines dramatiques à la desindustrialisation du nord-est de la France dans les années 1980?     

Dans ce contexte très tendu, il peut apparaître irresponsable de la part de la Commission Européenne de supprimer brutalement les restitutions qui permettent à Tilly-Sapco et Sauvaget, engagés depuis longue date dans l'export de volaille congelée, de réduire le différentiel de compétitivité avec leurs concurrents non-européens. En octobre 2012, on est passé de 32,5€ de restitutions pour 100 kg exportés à 21,70€ et en janvier de 21,70€ à 10,85€/ 100kg, avec une suppression annoncée de ces aides à l'exportation dans quelques mois.  

La pression mise sur les abattoirs peut se répercuter, en particulier pour les pourvoyeurs de Doux, par une baisse drastique des contrats passés avec les éleveurs, qui craignent de vendre des poulets à un prix inférieur au prix de revient.  

Certains peuvent se féliciter de cette suppression des aides à l'exportation.

Les libéraux puisqu'elle a fait l'objet d'un accord au nom de la "concurrence libre et non faussée" dans un sommet de l'OMC en 2005 entre l'UE, les Etats-Unis, le Japon, qu'elle va dans le sens de la refonte de la PAC et des économies budgétaires (70 millions à 80 millions d'euros par an y étaient consacrés).

Quand on est préoccupé d'écologie et de progression d'une agriculture paysanne et biologique relocalisé, on peut se dire que ça affaiblit et oblige à réorienter un "modèle" agricole breton productiviste, hyper-concentré, tourné vers le quantitatif, le bas de gamme, les marchés extérieurs, coûteux pour l'environnement, l'agriculture vivrière des pays du sud, voire la santé publique.

Petit bémol toutefois: les poulets entiers congelés Tilly ou Doux font l'objet d'une traçabilité et de contrôles dont ne peuvent se prévaloir les morceaux de poulet destinés à la restauration collective et aux plats préparés que commercialisent à moindre coût les Allemands, les Belges et les Néerlandais. Le Moyen-Orient ne bénéficie pas de conditions écologiques et climatiques pour produire lui-même ses poulets: et quasiment toute la production à l'export de Doux et Tilly y est destinée. Ce sont les concurrents américains ou asiatiques de Tilly et Doux qui prendront le marché si les entreprises bretonnes n'ont plus les moyens d'offrir des prix attractifs... Et ces industries concurrentes ne sont pas plus vertueuses écologiquement et socialement.   

Sur un plan politique, on peut condamner les restitutions en disant que c'est une manière de rémunérer des capitalistes sans contrepartie exigée sur le plan social et écologique et, en effet, pendant des dizaine d'années, la fortune de Charles Doux ou de Tilly s'est nourrie de ces aides publiques européennes. Pourtant, dans le contexte actuel, la fin des restitutions risque de fragiliser dangereusement, voir de condamner les abattoirs de volaille bretons, les éleveurs, les transporteurs et tous les emplois corrélés à cette filière. Avec combien de salariés et de travailleurs sur le carreau? Et quelles solutions de rechange pour eux?     

Le problème est complexe. Mais il y a une urgence humaine qu'il faut prendre en compte.   

Ces restitutions ne sont pas des subventions pour maintenir des emplois mais des aides versées aux industriels qui exportent de la volaille congelée pour qu'ils soient compétitifs et puissent maintenir des prix attractifs par rapport à la concurrence brésilienne, américaine, vietnamienne, chinoise, en particulier sur les marchés arabes.

En Europe, seuls deux industriels, finistériens tous deux, Doux et Tilly, exportent du poulet congelé, ouvrant droit jusqu'ici à restitution. A l'origine, ces restitutions étaient des moyens pour compenser le prix élevé des céréales payés pour nourrir les animaux en Europe. Aujourd'hui, seule l'exportation de volaille congelée vendue entière en bénéficie, à l'exclusion de la volaille congelée de nos concurrents européens intégrée dans des produits transformés, qui gagne sans cesse des parts de marché en Europe, à tel point que la France, qui n'importait que 10% de ses poulets consommés il y a quelques années, en importe aujourd'hui 40%.

Actuellement, ces restitutions sont vitales pour que leurs activités ne soient pas déficitaires. En 2010, Tilly présentait des comptes à l'équilibre (sans bénéfice) avec des restitutions à 320€ la tonne. Depuis le 18 janvier dernier, elles ont été réduites à 108€ la tonne et elles seront nulles dans quelques mois.

Pourtant, ces deux industriels du poulet congelé destiné à l'exportation qui touchaient 80 millions d'€ d'aides publiques européennes via les restitutions génèrent 5000 emplois directs dans la région tandis que les céréaliers français, qui représentent 36000 emplois, touchent 6 milliards d'euros d'aides européennes. Au prorata montant des aides/ emplois maintenus: il faudrait que les céréaliers génèrent 600 000 emplois en France pour avoir le même rendement en termes d'emplois associés que les aides à l'exportation à destination de la filière avicole.

Si une entreprise comme Doux s'écroule complètement, c'est 3400 emplois salariés qui sont directement menacés, et 15 000 emplois induits en Bretagne (transporteurs, éleveurs, manutentionnaires) qui sont touchés... Les exportations de Doux représentent 30% du trafic du port de Brest.   

A Tilly, il y a actuellement 350 emplois en CDI, 30 intérimaires et depuis 2006, après le dépôt de bilan d'UNICOPA assorti de 250 suppressions de postes, le repreneur Daniel Sauvaget a fait un vrai effort pour employer les restitutions et les bénéfices à mieux payer les salariés, à mieux les former, à maintenir des emplois. 12 millions d'euros ont été consacrés à cela. Et l'entreprise a prévu d'engager encore 20 millions d'euros dans les années à venir pour accroître la compétitivité et la rentabilité. La conditionnalité obtenue par les représentants du personnel du Conseil Régional des abandons de créances contractées du temps d'Unicopa a permis ce résultat que les bénéfices servent depuis 2006 à l'investissement, au plan de formation, au relèvement du pouvoir d'achat des salariés, à la sécurisation de l'emploi. Les conditions de travail en abattoir ne sont toujours pas faciles mais elles se sont améliorées depuis 2006, semble t-il.  

Qu'est-ce qui a joué contre le maintien des restitutions?

Les Allemands qui produisent de la volaille fraîche très compétitive en aidant indirectement l'exportation par des abaissements de TVA et en employant de la main d'œuvre sous-payée se félicitent de fragiliser ainsi par la baisse des aides publiques européennes la filière avicole française, alors que la France importe actuellement 40% de sa volaille.

Peut-être qu'avec moins de libre-échange, plus de protectionnisme, il y aurait une demande intérieure pour faire tourner nos élevages et nos abattoirs bretons. Actuellement, ils sont naturellement en difficulté face à la concurrence mondiale quand on sait que le salarié brésilien est payé 4 fois moins cher que le salarié français et que leurs industries agro-alimentaires exportatrices sont aidées par l'État qui dispose en outre d'une réserve de terres quasi infinie pour la production des aliments d'élevage.

En France, des hommes politiques de gauche et des écologistes condamnent avec raison le gâchis et l'immoralité des aides publiques absorbés par les profits financiers des industriels et des actionnaires sans contrepartie au niveau de l'investissement, de l'emploi, des salaires. Doux est dans ce cas, qui ferme des activités au moment même où il continue à goinfrer ses actionnaires (la banque Barclays entre autre) d'aides publiques européennes en se vantant de produire pour produire et toucher davantage d'aides à l'exportation. La mauvaise politique du groupe Doux, son irresponsabilité, aura sans doute été ce qui a précipité la remise en cause sans délai du système des restitutions, qui existe depuis une trentaine d'années dans le cadre de la PAC.

Seulement, dans le contexte actuel, sans restitutions, ces abattoirs, les éleveurs qui les alimentent, les transporteurs, les emplois induits s'écroulent. A Tilly, on passe de 20 millions d'euros d'aides environ à 400 000 euros de crédit d'impôt compensatoire à la fin des restitutions de l'État. Des clopinettes....

L'avenir de l'emploi sur place est donc menacé, quand on sait qu'aux 380 emplois directs sont aussi associés à des emplois induits (deux à trois fois plus). Or, la situation économique de la région est loin d'être rose. Les salariés de Tilly, qui ont 47 ans en moyenne, n'ont pas beaucoup de qualifications, même si la formation professionnelle s'est améliorée, sont usés physiquement par la dureté des conditions de travail dans l'agro-alimentaire, vont-ils facilement retrouver un job dans le Finistère où les Côtes d'Armor dans le contexte actuel, avec 15% de chômeurs? Et on pourrait en dire autant des salariés de GAD, très inquiets sur leur avenir, et bien sûr de ceux de Doux.

Ce système des restitutions était insatisfaisant puisqu'il ne s'accompagnait pas d'exigences en retour par rapport aux salaires, à l'emploi, à la formation, à l'investissement, ni de droit de contrôle des salariés, qu'il ne concernait que les industriels et non tous les acteurs de la filière. 

Pour exemple, à Doux, les salaires sont gelés depuis 5 ans et on continue à distribuer de l'argent aux actionnaires alors que tout va mal.  

Il perpétuait les inconvénients de l'agriculture productiviste et surtout de son hyper-concentration en Bretagne.

Mais en même temps, la Bretagne s'est construite et développée avec l'élevage hors-sol souvent par défaut, faute d'autre développement agricole ou industriel possible dans les années 60-70, et grâce à l'atout de ses ports, et aujourd'hui, on a pas de solutions alternatives immédiates à proposer aux salariés menacés de perdre leur emploi.

Au-delà de la construction souhaitable d'un nouveau modèle économique et agricole plus vertueux socialement et écologiquement,  il y a  la réalité de milliers de personnes travaillant dans la filière aux emplois menacés à prendre en compte de manière prioritaire.

Préparer l'avenir certes, par une planification écologique, une relocalisation progressive, une diversification agricole et le développement d'une agriculture de meilleure qualité. Par une refonte des filières, une meilleure protection contre le dumping social et la concurrence internationale.

Mais aussi penser aux ouvriers, éleveurs et salariés d'aujourd'hui que la crise de l'agro-alimentaire breton plonge dans le désarroi et l'incertitude du lendemain, qui vont être des milliers à perdre leur gagne-pain.

 

Olivier Le Bras     (salarié de GAD, délégué syndical central FO, le syndicat majoritaire à Lampaul-Guimiliau, représentant des salariés de GAD pendant le redressement judiciaire).

Extraits de l'intervention: " Gad a été créé à Lampaul en 1956, au départ avec un petit noyau de salariés. L'entreprise a pris très vite le pli du développement de l'agro-alimentaire et du productivisme hors norme. On y a gagné beaucoup d'argent. Pour l'actionnariat, ce qui comptait, c'étaient les dividendes. On a laissé l'outil partir progressivement. Nous sommes aussi victimes de la financiarisation de l'économie. La grande distribution et ses plateformes d'achat compriment un maximum de nos marges. De l'autre côté du Rhin, on fait à peu près le même boulot pour 6€ de l'heure. L'esclavage est installé au coeur de l'Europe. Avec des salariés que l'on fait dormir dans des baraquements. 850 emplois sont directement menacés sur l'outil de Lampaul. Actuellement, du côté des décideurs, on manque clairement de courage politique. On a affaire à des gens déconnectés de la réalité: je l'ai dit quand j'ai rencontré le ministre Garreau et son secrétaire" .

 

Xavier Compain (agriculteur, syndicaliste agricole dans le 22, membre du Conseil National du PCF en charge de l'agriculture et de la pêche)

Extraits de l'intervention: La Bretagne est la première région agricole de France mais l'avant-dernière en terme de revenu paysan. 5 fermes disparaissent chaque jour en Bretagne. La PAC ne fait rien pour enrayer ce processus: on est dans la même configuration que pour la politique commune de la pêche. On a préféré financer la destruction des bateaux plutôt que de maintenir la pêche artisanale. Jusqu'à présent, ce qui a fait l'attractivité de la Bretagne pour l'agro, c'est une main d'oeuvre à pas cher, la proximité des ports. Aujourd'hui, c'est difficile de tenir dans un contexte d'hyper-concurrence et de dérégulation: pour les paysans, les salariés, ce qui prévaut, c'est le prix mondial.

Pourtant, dans l'agriculture et l'agro-alimentaire, on peut recréer de l'emploi pourvu que l'on cherche à développer une alimentation de qualité pour tous. 

Il faut construire une autre politique agricole commune. Or, ce qu'on nous propose, c'est le libéralisme, toujours plus de libéralisme. Depuis 1992, les Tony Blair, les Aznar, les Sarkozy ont construit une politique agricole libérale en démantelant des outils de régulation (restitutions, droits de douane, soutiens publics). La question posée, c'est celle de la souveraineté alimentaire au niveau international. Avec les aides publiques, on dispose d'un pouvoir d'orientation. La question, c'est: ces aides publiques, on fait quoi avec?  

Ce qu'il faut dire aussi c'est qu'hors aides ou subventions compensatrices, le salaire des paysans a été divisé par deux depuis 1992. La répartition des aides est à revoir: certains, les plus gros céréaliers par exemple, sont gavés et regavés.

L'objectif essentiel, c'est l'alimentation saine et accessible: le choix de société, c'est que tout à chacun puisse se nourrir bien avec les signes de qualité qu'on s'est choisi.

Un obstacle: le faible niveau du revenu paysan dû aux marges de la grande distribution, lequel encourage à faire au plus productif et au moins qualitatif. Tous les gouvernements successifs de droite et de gauche (plurielle) ont calé devant la grande distribution. Cela suffit. Il faut encadrer les marges de la grande distribution. Cela existait jusqu'en 1986: cela a été supprimé quand on a placé l'agriculture dans le GATT. La loi des coefficients multiplicateurs a été supprimée avec la libéralisation des prix agricoles et agro-alimentaires. Nous voulons la rétablir. La majorité de gauche au sénat a presque voté pour avant la victoire de Hollande, pour en tout cas la création d'un observatoire des prix et des marges et des négociations annuelles imposées à la grande distribution et incluant une large palette de syndicats, associations d'usagers... Nous attendons que ces bonnes intentions soient suivies d'effet. Pour les grandes surfaces, le taux de rémunération pour les fruits et légumes est de l'ordre de 400%: c'est inacceptable. La première chose, c'est d'avancer avec courage pour réduire l'accaparement de valeur auquel se livre la grande distribution. Sur 100€ d'achat agro-alimentaire, seulement 7% va dans la poche du producteur. Il n'y a pas de négociation agricole mais des rapports de prix fixes imposés par la grande distribution.

Nous intégrons aussi la question agricole dans le cadre d'un amènagement équilibré du territoire: celui repose sur 2 piliers. Assurer la rémunération des salariés et des paysans dans le monde rural, maintenir des services publics de proximité.

 

Un intervenant (ancien contrôleur sanitaire dans les abattoirs): Pour que tout ça se fasse, il faudrait une politique européenne qui soit la même pour tout le monde. Ce n'est pas le cas. Par exemple, il y a des pesticides interdits en France qui peuvent être autorisés en Espagne. Les normes sanitaires et sociales sont différentes d'un pays à l'autre. Les primes PAC, les petits agriculteurs en profitent très peu, ce sont les céréaliers qui en profitent. Actuellement, on observe des phénomènes de spéculation sur les prix du blé, des céréales, et les petits éleveurs sont étranglés. En Europe, il semble que ce ne sont plus les politiques qui décident, mais des technocrates. Par rapport aux normes, c'est bien de se préoccuper du bien-être animal, mais qui songe au bien-être des salariés de l'agro?  

 

réunion publique agro 2

 

Jean-Victor Gruat (maire de Brennilis, ancien membre de l'Organisation Internationale du Travail): ne serait-il pas possible de saisir des instances juridiques internationales, l'OIT, sur les conditions de travail en Allemagne? Est-ce qu'on a joué le jeu avec la confédération européenne des syndicats?

 

réunion publique agro guerlesquin 3

 

Olivier Le Bras Il y a déjà des ministres belges qui se sont plaint pour distorsion de concurrence, FO l'a fait aussi par rapport aux pratiques des abattoirs allemands. C'est en cours de traitement. C'est scandaleux qu'au niveau de l'UE en établisse des normes sur le "bien-être animal" et qu'au niveau de la défense du "bien-être humain", on ait rien. L'esclavage qui se pratique en Allemagne, cela ne gêne personne.  

 

Un intervenant (salarié d'un abattoir de porcs à Briec, syndicaliste): dans les abattoirs allemands, 91% des salariés viennent de l'étranger. Là-bas, ils appliquent la loi Bolkenstein. Sur un potentiel de 6000 cochons dans le grand ouest, un tiers part en Allemagne. C'est aussi 3000 bovins élevés en France qui partent se faire abattre en Turquie. On marche sur la tête.

 

réunion publique agro alimentaire 5

 

une intervenante: est-ce qu'on va les laisser longtemps tranquille ces gens de la grande distribution qui font la pluie et le beau temps, casse les prix des producteurs, rançonnent les consommateurs, exploitent les salariés? Comment les gens font pour vivre quand ils sont au chômage, en situation de précarité, avec cette vie chère entretenenue? Quand est-ce qu'on ira affirmer les droits de la vie en allant se servir dans les grands magasins? A un moment, la nécessité fait loi: il faut prendre conscience que nous ne sommes pas obligés de crever la dalle devant quelques-uns qui vivent dans l'abondance.  

 

Xavier Compain:

Il faut se rassembler bien au-delà de nos corporations et de nos métiers. Trouver des alternatives à l'austérité qu'ils nous vendent tous. Le dimanche 16 juin, il y a les Assises de la refondation sociale organisées par le Front de gauche: le CCFD y sera, la confédération paysanne... En Bretagne, le PCF souhaite être à l'origine d'une conférence ou d'un forum sur l'emploi agricole et agro-alimentaire où on inviterait tous les acteurs (syndicats, entreprises, salariés, banques, associations d'usagers, paysans...): sur 15 propositions mises en débat, si on se met d'accord sur cinq d'entre elles, ce sera déjà un progrès.  

L'alimentation de qualité à la portée de tous est la bonne porte d'entrée. Un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. La demande alimentaire dans 30 ans sera encore plus forte. Le continent africain va devoir multiplier par cinq sa production. Un grand pays comme la Chine doit trouver des solutions, avec ses 1,3 milliards d'habitants et ses 10% de terres cultivables. Aujourd'hui, il est inacceptable que l'agro-business puisse faire du fric en spéculant sur la famine, via les matières premières agricoles ou les terres cultivables. Nous pouvons très bien nous joindre à des campagnes contre la spéculation sur la ressource alimentaire telles que celle conduite par OXFAM. Des banques françaises comme le Crédit Agricole, BNP Paribas versent dans la spéculation alimentaire. Une action intelligente ciblant les vrais responsables consisterait à demander des comptes dans l'agence du coin. Bien sûr on ne propose pas ces produits spéculatifs au désargenté mais uniquement aux gros et bien nourris dont l'argent va fructifier en spéculant sur l'orge, le blé, l'avoine. Des banques allemandes comme Deutschbank, Allianz pratiquent aussi allégrement cette spéculation. Si on avait le manche, on prendrait des mesures pour la non-spéculation financière sur les biens alimentaires. On leur dirait: votre capitalisme, il ne nous convient pas, mais avant même de pouvoir y mettre fin, on vous propose une auto-limitation: une convention internationale sur la non-spéculation sur les biens alimentaires. Il y a aussi la nécessité de prendre en compte le besoin de restaurer nos stocks alimentaires: la FAO disait qu'il fallait au moins 60 jours de stock. En France, on en est plutôt à 15 jours de stock. Les stocks de sécurité alimentaire en France et en Europe sont insuffisants. Ces propositions sont euro-compatibles.

 

Patrick Le Goas  (salarié de GAD, représentant syndical FO): Il faut que l'on repense ce modèle qui dévaste la nature et les hommes en mettant en concurrence les agricultures. A Almeiria, les sols sont pollués de manière irrémédiable. En Espagne, la xénophobie vis à vis des étrangers se développe.

N'attendons pas que tout nous vienne de la politique d'en haut. Prenons nos destin en main ici et maintenant. Il y a actuellement un accord de principe entre éleveurs et salariés de l'agro-alimentaire pour se battrent ensemble pour éviter cette casse sociale effroyable dans l'agro... Or, allons-y. Il y a des opportunités révolutionnaires quand les gens perdent tout. Pourquoi est-ce que nous nous censurerions? Ce qui s'est passé en Guadeloupe, avec un large front révolutionnaire pour affirmer le droit à vivre convenablement et faire baisser les prix de la grande distribution tenue par des anciens colons en situation de monopole, pourrait nous servir d'exemple? Comment obtenir la redistribution des richesses quand le pouvoir est confisqué par des élites égoïstes et sourdes aux besoins de la population sinon en montrant notre force collective et en cessant d'être dociles? Les terres de la Guadeloupe, de la Martinique, sont irrémédiablement pollués par les produits chimiques pour traiter les bananes, et les cueilleurs ont attrapé toute sorte de maladies: la violence, elle est là, dans cette indifférence à l'humain des capitalistes.

 

Ismaël Dupont: C'est vrai qu'il est inacceptable que l'UE se soit penché sur la question du bien-être animal dans l'élevage et les abattoirs sans dénoncer les conditions de travail pour les salariés et exiger des améliorations. Mais je ne pense pas qu'il faille opposer ces deux considérations: les bêtes sont des êtres sensibles et pas que des machines à produire de la viande. On les mange soit, mais assurons-leur une vie un tant soit peu digne du vivant et de l'animal. C'est aussi un devoir de civilisation. Cela ne signifie pas que l'on doive négliger le bien-être des travailleurs. J'aimerais aussi que Xavier compain nous dise comment on peut développer le bio et l'agriculture paysanne pour réorienter le modèle dominant en agriculture, et si les pouvoirs publics (UE, gouvernement, région) se donnent vraiment les moyens actuellement de poursuivre cet objectif.

 

Xavier Compain  Il faut préserver la terre agricole, privilégier le foncier agricole sur les parkings de supermarché. Lors des municipales, on pourra affirmer haut et fort la proposition de relocaliser notre alimentation. Les cantines du coin (école, maison de retraite) doivent acheter local, et si possible agriculture bio ou raisonnée. Il faut remplacer la surface minimum d'installation par une surface maximale afin de privilégier l'installation des petits et des moyens et l'emploi, de lutter contre l'hyper-concentration dans l'agriculture.  Il faut dire halte aux pesticides, un scandale sans doute plus meurtrier que celui de l'amiante. Pour changer les pratiques paysannes, la clef, c'est la rémunération du travail. Pour sortir du pesticide, il faut proposer des voies de reconversion aux usines chimiques: c'est parfaitement possible.

 

Olivier Le Bras:  Il faut transformer notre colère en luttes pour enfin changer les choses.

 

Corinne Nicole:  S'il y a une urgence, c'est de sortir de la culture de la délégation de pouvoir. C'est nous le nombre, la force: prenons notre destin en main.

 

Compte-rendu partiel terminé le 18 juin.

Par Ismaël Dupont.

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