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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 08:50

Les 23 et 30 mars prochains, les élections municipales auront lieu dans toute la France. Dans chaque commune, vous serez appelés à élire vos conseillères et conseillers municipaux, vos maires, pour six ans, ainsi que les élu-e-s dans les intercommunalités. Voter est un droit ! Pouvoir l'exercer implique d'être inscrit sur les listes électorales d'ici le 31 décembre 2013.

 

Nous savons que ces élections vous paraissent encore lointaines par rapport aux préoccupations qui vous assaillent chaque jour. Nous vous lançons un appel : de la plus petite à la plus grande commune, ces élections auront une très grande importance sur votre vie et votre ville. C'est à vous, à nous, toutes et tous ensemble, dans chacune de nos communes d'en décider. Nous avons besoin que ça change pour mieux vivre le plus vite possible. Il y a urgence !

 

Car aujourd’hui, la vie est devenue de plus en plus difficile, il y a trop d’injustices. Ce n'est pas une fatalité, l’argent existe mais il est accaparé par quelques uns au détriment du plus grand nombre. Combattre, cela nécessite de s’attaquer à la finance. Le président élu pour « changer maintenant » ne le fait pas et poursuit avec son gouvernement les politiques d’austérité. Nous les combattons et engageons des batailles pour aller chercher l’argent là où il est : dans les banques, le monde de la finance, pour une alternative de transformation sociale et pour une nouvelle majorité politique.

 

Dès le mois de mars, avec les municipales, nous pouvons gagner des changements dans les territoires par plus de droits et de pouvoir aux citoyennes et citoyens. Il faut, dans le plus de communes possibles, encore plus d'élu-e-s qui, à vos côtés, lutteront contre les inégalités et l'austérité, de communes qui choisiront l'humain, le partage, la solidarité, la démocratie.

 

Sans attendre, place à justice sociale !

Nous voulons des communes qui font le choix du développement des services publics, pour l'emploi, pour l’école, la santé, les transports, la culture,le sport l’eau, l'énergie…avec des tarifs justes et accessibles pour tous, jusqu’à la gratuité quand c’est possible ; qui veulent l’égalité pour les territoires, qu’ils soient ruraux ou urbains ; qui construisent une ville pour tous, garante de la sécurité des personnes, avec des logements sociaux et des programmes d’accession sociale à la propriété, des loyers et des prix de l’immobilier encadrés pour lutter contre la spéculation ; qui ont à cœur un développement économique diversifié, durable et tourné vers le renouveau industriel ; qui se battent pour une fiscalité juste, taxant les grandes fortunes, aident leurs concitoyennes et concitoyens en difficulté et fixent des impôts locaux plus équitables ; qui luttent contre les suppressions d'emplois et refusent les expulsions locatives, les coupures d’eau, de gaz et d’électricité, et toute atteinte à la dignité humaine.

 

Sans attendre, place à l' innovation place à la solidarité !

Engageons de nouvelles solidarités concrètes ! Nous voulons des communes qui soutiennent toutes les formes d’entraide, les nouveaux modes d’échange et de consommation, les activités associatives dans leur diversité, les nouvelles pratiques culturelles, les projets individuels ou collectifs pour mieux vivre ensemble ou pour travailler autrement.

 

Sans attendre, place à l’égalité !

Nous voulons des communes qui ont de l’ambition pour tous les territoires, tous les quartiers de leurs communes, dont les projets de développement concernent toutes les habitantes et  habitants, de toutes conditions et particulièrement les jeunes, qui parient sur l’innovation, qui s’attachent à ce que tous, dans la mixité sociale et la diversité, vivent bien ensemble ; qui n’abandonnent personne, ni les créateurs d’entreprises, ni les jeunes livrés au chômage et à la précarité, ni les retraité-e-s aux maigres pensions, ni les personnes âgées dépendantes ; qui refusent toutes les discriminations, combattent les violences faites aux femmes et agissent pour l’égalité, ne renoncent pas à obtenir le droit de vote pour les étrangers.

 

Sans attendre, place à la démocratie, place au peuple !

Nous voulons des communes qui choisissent de construire leurs projets avec les citoyennes et les citoyens, qui les écoutent, les consultent, les associent, leur donnent les moyens d’agir et de contrôler ; des communes qui font entendre et respecter la parole, les besoins de leurs habitant‑e‑s, qui font le choix de la coopération et qui se battent contre le recul démocratique que représente le projet de loi sur les métropoles, contre la mise en concurrence des territoires.

 

Dans chaque commune nous nous opposerons avec détermination à la droite qui ne rêve que de revanche et de régressions sociales et dont le bilan brutal et négatif en est la preuve.

Partout, vous pouvez compter sur nous pour faire barrage à l’extrême-droite qui ne cherche qu’à diviser et à opposer les Françaises et les Français entre eux, à stigmatiser et exclure les immigré‑e‑s ou les Roms pour faire oublier les vrais responsables de la crise et laisser l'argent gangrener la société.

L'heure est donc au choix entre une aggravation de la situation et des améliorations immédiates et concrètes. Nous appelons toutes les femmes et les hommes, et tout particulièrement les jeunes, disponibles à se rassembler pour construire ensemble les choix, les programmes et les listes susceptibles de les porter avec des candidat-e-s qui, s'ils sont élus, deviendront des relais des luttes et des résistances, face aux politiques d'austérité du gouvernement. Ce qu’il faut, c'est élire des femmes et des hommes intègres, au service de l’intérêt général comme le sont, vous le savez, les 760 maires et les 8 000 élus communistes municipaux que compte notre pays. Nous appelons toutes les femmes et hommes de progrès, les jeunes, tous les militant-e-s associatifs, syndicaux, tous les citoyen-ne-s à s'engager avec nous et à construire des listes de large rassemblement. Dans tout le pays, les communistes, dont vous connaissez l’attachement à l'action municipale, l’engagement, l’expérience sur le terrain, se lancent dès aujourd’hui dans ce travail de rassemblement. Avec vous, avec le Front de gauche, avec toute la gauche, sur des programmes de progrès social audacieux, nous entendons construire les listes de rassemblement les plus larges possibles dès le 1er tour de ces élections. Mobilisons-nous pour qu'elles soient victorieuses dans le plus grand nombre de communes. Si ce n'est pas le cas, le second tour appelle l'impératif de rassembler contre la droite et l’extrême-droite. Pas question de les laisser détruire demain les solidarités dans nos communes !

 

Ce que le gouvernement ne veut pas faire, une vraie politique de gauche, nous, nous voulons le réussir avec vous. Les élections municipales seront une étape majeure pour cela. À vos côtés, dans la durée, les communistes s’engagent dans cette bataille, unis et déterminés, animés partout, quelle que soit la diversité des situations locales, de la même passion de rassembler.

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 16:45

Paul Ariès*

au Roudour de Saint Martin des Champs, à l'invitation d'Attac, de l'ADESS, du CPIE, du RESAM

en ouverture du FER, FORUM DE L'ECONOMIE RESPONSABLE le jeudi 17 octobre 2013:

 

paul_aries2.jpg

 

* Théoricien de la décroissance, fondateur du Sarkophage, soutien de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche aux élections présidentielles de 2012.

 

" La Bretagne peut être le laboratoire des transitions économiques, sociales, écologiques pour sortir par le haut de cette crise du modèle agro-alimentaire.

J'ai travaillé par le passé dans le centre Europe-Tiers Monde cherchant à imposer l'idée qu'il n'y a pas deux mondes -un monde développé au nord et un monde sous-développé au sud - mais un seul monde, mal développé. Pendant 12 ans, j'ai été membre de la commission inter-ministérielle des sectes. J'ai considéré les sectes comme un miroir grossissant de ce qui ne va pas dans le monde, tout comme la malbouffe, les nouveaux modes de management, que j'ai aussi étudié.

 

J'ai une mauvaise nouvelle et une bonne nouvelle à vous annoncer: la mauvaise nouvelle, c'est que nous traversons bien une crise systémique: économique, sociale, du politique, environnementale. Notre société a totalement sombré dans l'hubris, la demesure. Réchauffement climatique, inégalité des ressources, explosion obsène des inégalités sociales, tout cela est dû au fantasme de toute-puissance, à la recherche l'illimité nourris par le système capitaliste: ce n'est qu'en faisant prévaloir la culture qu'on peut se protéger contre cela.

La crise sociale atteint le développement des classes moyennes, nées de l'avènement de la société de consommation. La casse des cultures rurales traditionnelles a été un effet de la modernisation. On a transformé les cultures populaires en sous-produit de la culture dominante: à des cultures différenciées et porteuses de lien collectif s'est substitué une culture de masse, avec des variantes de classe. Le phénomène majeur aujourd'hui, c'est celui de la dé-moyennisation de la société, de la fin programmée des classes moyennes. Le bac +5 à moins de 1000€, ce n'est pas qu'un phénomène conjoncturel.

L'autre grande crise est la crise écologique: la possibilité même de poursuivre l'aventure humaine dans de bonnes conditions se trouve posée. Si on transforme toutes nos activités en équivalent carbone, force est de constater qu'on consomme comme ressource et produit comme déchets et pollutions le double de ce que la terre peut supporter. C'est dire l'urgence du changement à initier et son ampleur. La solution, ce ne peut être simplement de "faire la même chose en moins". La prise en compte sérieuse de cette crise environnementale rejoint la question sociale et la volonté de lutter contre les inégalités.

Aujourd'hui, 20% des humains s'approprient 86% du gâteau planétaire. Le gâteau planétaire peut-il croître démesurément, indéfiniment? Non. Donc il faut partager et il faut que dans les pays riches, on vive plus sobrement. Pour absorber les standards de vie d'un Européen, il faudrait trois planètes Terre. Et pour absorber ceux d'un Américain du Nord, il en faudrait sept. Il y a assurément d'autres façons de satisfaire l'humanité qui les recettes qui nous ont conduit dans le mur.

A l'échelle européenne, partout les extrême-droites font entre 15 et 20%, c'est une autre dimension extrêmement inquiétante de la crise multiforme que nous vivons. C'est lié à l'absence actuelle de grand projet, qui fédère et donne envie, qui porte vers le haut.

Le "capitalisme vert", c'est la volonté d'adapter la planète au besoin du toujours plus. Tout sera tenté plutôt que de remettre en cause les logiques de rentabilité par l'exploitation sans retenue des ressources et l'idéologie dominante. Si on regarde les champs de recherche les plus financés aujourd'hui, on a: filtrer la lumière solaire, piéger et stocker des puits de carbone... Derrière, il y a l'idée que la science aura réponse à tout: qu'on peut continuer à développer l'économie dans la même logique productiviste et ultra-capitaliste: la science saura réparer les dégâts causés par ce modèle, trouver des alternatives. Cette idée est folle car elle nourrit une fuite en avant perpétuelle.

Dans la même veine, on a le "transhumanisme" promu par des gens tels que Alain Madelin, l'introducteur de l'ultra-libéralisme en France, ou Jacques Attali, le conseiller des présidents quelqu'ils soient. Les promotteurs du "trans-humanisme" envisagent une modification de l'homme pour le rendre plus performant, adapté aux logiques de l'économie et du système. On est dans le "fantasme de passer à l'humain augmenté" (Jacques Testart), par exemple en agissant sur le cerveau par des voies chimiques. "Sous quelle échéance est-ce possible?" est une question moins importante quelque part que cette autre "Est-ce ce monde que nous voulons léguer à nos enfants et petits enfants?".

L'ONU calcule qu'il faudrait 40 milliards de dollars supplémentaires par an pour régler en 25 ans le problème de la faim dans le monde et 80 milliards par an pour régler le problème de la pauvreté. A titre de comparaison, le marché publicitaire mondial, c'est 800 milliards de dollars par an, le gaspillage alimentaire aux Etats-Unis, 100 milliards de dollars par an. Le marché de l'armement, plus des milliards de dollars par an... Il faut qu'on se pose la question: qu'est-ce qu'on produit? Pourquoi? Pour qui? On choisit de produire ce qui remplit les tiroirs caisse, et non plus les ventres. C'est ça le problème. Il faut clairement plus de justice sociale, plus de justice climatique et économique.

 

Une bonne nouvelle, c'est que dans les pays du Sud s'inventent des alternatives. La recherche d'une "vie équilibrée", du "buen vivir", l'anti extractivisme en Amérique Latine (Equateur, Bolivie, Uruguay). Clairement, pour ces responsables politiques et syndicaux de la gauche de transformation, la solution n'est plus dans la logique productiviste, capitaliste.

Au Brésil, le questionnement sur le pillage des ressources naturelles (en l'occurence en eau) est venue des paysans les plus pauvres, des paysans sans terre qui s'opposaient à la multiplication des barrages électriques non pas parce qu'ils étaient contre l'énergie hydrolique mais parce qu'ils avaient besoin de terre et d'eau pour celles-ci et qu'ils posaient la question de savoir à qui profite l'énergie. L'énergie pour qui? Pour faire quoi? Pour ceux qui ont besoin de toujours plus: les riches. C'est aussi en Amérique Latine, dans ces théories politiques de gauche et écologiques portées par les classes populaires que l'on peut faire pièce à l'idée que l'écologie serait bonne pour les gens qui ont les moyens, un truc de bobos, un supplément d'âme qu'il faut mettre au placard devant les dures réalités de la crise. Cela nous donne une inspiration pour lutter contre les grands projets inutiles et imposés comme Notre-Dame des Landes.

La défense de la Terre Mère, le "Pachamamisme" des Indiens, loin d'être une mystique new-age, est aussi en prise avec les enjeux de notre temps. Aujourd'hui, ce système capitaliste et productiviste soumet la nature aux lois de l'économie. A l'inverse, il faut soumettre l'économie aux lois du vivant.

En Inde aussi, on observe une écologie des pauvres, portée par les basses castes, les femmes, notamment à travers la notion d'hydro-pirates qui a servi contre des usines de fermeture de bouteille de Coca-Cola qui utilisaient et polluaient des millions d'hectolitres d'eau potable.

En Afrique, on trouve une sorte d'équivalent à la sobriété heureuse du "buen vivir" sud-américain dans la philosophie négro-africaine du "plus vivre". Le "bien vivre", ce n'est pas le bien être au sens de la société d'hyperconsommation. C'est le fait de revoir nos rapports aux autres, au temps, à la nature, en se concentrant sur l'être, et sur l'être en relation, plus que sur l'avoir.

Ces exemples montrent qu'il y a une capacité à mobiliser largement sur des thèmes écologiques en condition d'avoir une approche positive et populaire.

Justement, cela suppose de changer notre regard sur la pauvreté. Souvent, elle est définie en termes négatifs: manque de pouvoir d'achat, d'éducation, de participation politique. La positivité potentielle des modes de vie populaires, de la culture rurale traditionnelle est occultée. Moi, je suis pour qu'on rende visible l'invisible, qu'on prenne conscience des multitudes d'alternatives qui existent, y compris en prenant appui sur des modes de vie populaires traditionnels. Il y a des alternatives en souffrance qui ne demandent qu'à faire école, une société post-capitaliste et post-productiviste en souffrance.

 

On ne changera pas les choses en culpabilisant, en appelant à la responsabilité, mais en donnant envie. 

 

Ce qui me chagrine, c'est que la gauche a choisi de casser le mouvement coopératif, le syndicalisme multi-carte, le socialisme ou le communisme municipal, qui étaient de vraies voies d'émancipation fondée sur la participation. On doit pouvoir reconstruire des voies semblables.

Il faut multiplier les pas de côté, l'un après l'autre, mais jusqu'à l'extase. Il y a une nécessité d'inverser les logiques dominantes.

 

Le capitalisme, c'est trois choses:

- l'exploitation du travail: à ce titre, on oublie souvent que le mode de vie actuel de l'occident est aussi tributaire de siècles d'esclavagisme, de colonialisme et de néo-colonialisme.

- le pillage de la nature.

C'est, c'est la définition couramment retenue à gauche et dans le marxisme.

Ce qu'on met moins en avant, c'est la troisième dimension: celle de l'aliénation de l'individu transformé pour satisfaire les logiques du système (production/ consommation). En 1963, Benoît Frachon, le secrétaire national de la CGT, disait: si nous acceptons la civilisation de la voiture, nous aurons le mode de vie des Américains. On est en plein dans la confirmation de sa prophétie mais aujourd'hui, on aurait plus de peine à trouver un syndicaliste pour remettre en cause le progrès technique, la consommation de nouveaux biens d'agrément matériels par une augmentation du pouvoir d'achat. Qu'est-ce qui fait que le capitalisme peut modéler l'individu selon ses besoins de rentabilité en producteur/consommateur compulsif? C'est qu'il donne des réponses pratiques à nos angoisses existentielles, à la peur de mourir, à la finitude, en nous proposant des divertissements, au sens pascalien. Le capitalisme, c'est un fait, il nous fait jouir. Mais ce n'est qu'une jouissance d'accumulation, de possession et il est nécessaire d'inventer d'autres dissolvants d'angoisse existentielle que ceux du "toujours plus".

 

Quelles réponses politiques peut-on développer face aux défis qu'on a mentionnés?   

 

1° la défense et l'affrondissement des services publics, des biens communs, qui sont la richesse des pauvres.

2° la recherche et l'extension de la gratuité, politiquement construite. Gratuité de l'eau vitale, des abonnements services publics (bibliothèque), de la restauration scolaire, des transports en commun urbains, des services funéraires. J'aime bien cette idée de remettre la mort au centre de la vie, d'en refaire un objet politique: non pas pour être morbide, mais pour être jouisseurs. Soyons au moins égaux devant la mort. Attention: il y a des gratuités d'accompagnement du système, celles, plus ou moins stigmatisantes, liés à des situations sociales reconnues comme précaires, et des gratuités d'émancipation: la santé, l'éducation vont parti de ces biens largement reconnus comme devant faire l'objet d'une gratuité financée par l'impôt. Pourquoi pas le transport en commun, l'alimentation? Une étude a montré qu'il faudrait 60 millions d'euros pour rendre gratuit l'accès à une alimentation saine pour tous les Français: cela ne représente que quatre fois le budget de l'armée. Il faut que nous mettions au coeur de notre réflexion cette question de la gratuité.

3° relocalisation de nos activités, développement des circuits courts. La restauration sociale (restaurants scolaires, de services publics, d'entreprise) peut être un levier pour transformer l'alimentation et l'agriculture. On peut nourrir 9, 10, 11, 12 milliards d'humains, mais pas avec l'agriculture locale. Les monnaies locales (comme le Grignero à Grigny) peuvent servir à développer les circuits courts, par exemple en reversant une partie des aides sociales sous cette forme. 

4° Il faut promouvoir une économie sociale et solidaire de rupture avec les logiques dominantes. En Martinique, où j'étais ces dernières semaines, comme ailleurs, la solution, c'est de développer l'autonomie alimentaire, économique, la pharmacopée locale. L'économie sociale et solidaire doit être le principal levier de l'économie. Cela serait mieux que Montebourg en stakhanoviste de la relance économique.

 

Gratuité, relocalisation, valorisation de l'économie coopérative, voilà des solutions. Il faut réaffirmer le droit au beau. Le monde capitaliste ne fait plus société. Etre forçat du travail et de la consommation: quel sens cela peut-il avoir?

J'ai participé avec Emmaüs à un forum mondial de la pauvreté auquel ont participé 20000 personnes. Nous avons réfléchi à ce que peuvent nous apprendre les pauvres. En convenant que bien souvent, il faut faire le deuil de la réinsertion possible dans le système ordinaire, qui n'est pas si humain, normal et idéal que cela. Peut-être qu'on a aussi à apprendre de leur mode d'être au monde. Avec eux, il faut multiplier les pas de côtés: comme construire un éco-village où le beau est présent.

 

Enfin, ce qui est important, c'est de ne pas reproduire les modes de fonctionnement de la société que l'on combat dans nos organisations. Il nous faut une politique fraternelle, une politique de l'amitié, une manière populaire et vivante de faire de la politique".

 

Déclarations lors des questions/ réponses         

           

"La notion d'économie sociale et solidaire est parfois un mot poison, dont la valorisation spontanée recouvre des réalités différentes et dont les acteurs peuvent être digérés par les logiques dominantes. Il faut un renouveau de l'idée coopérative, de production, de consommation, d'habitation. L'idée c'est aussi de changer la finalité du travail, de faire des choses socialement utiles. Plus de 60% des Français disent ne pas aimer ce qu'ils font au travail. C'est grave. Ils ne comprennent pas l'utilité de leur travail. Au "Forum mondial de la désobéissance" que nous organisons à Grigny dans le Rhône le 26 octobre, nous avons invité des postiers désobéisseurs qui refusent d'être transformés en VRP de l'entreprise Poste. Dans un service public, une coopérative, la question du pouvoir dans l'entreprise se pose differemment. Il faut en finir avec l'idéologie managériale, y compris dans les collectivités".

 

" Il faut rompre avec l'idéologie consumériste, penser une économie du bonheur se soustrayant à la dictature des normes comptables et économiques".

 

" Il faut un revenu minimum garanti pour tous même sans emploi, un revenu minimum inconditionnel, et un revenu maximum autorisé. Nous devons aussi reprendre le combat historique pour la baisse du temps de travail et ne pas transiger sur le droit à la retraite à 60 ans. Rappelons nous qu'il y a quelques temps les organisations syndicales réclamaient la retraite à 55 ans. Si le temps de travail était porté à 30h par semaine, il pourrait y avoir une réduction significative du chômage".

 

"Il ne faut pas opposer les formes de résistance au système dominant. Il y a plusieurs manières d'être acteur du changement: 1) faire le choix de la simplicité volontaire. Avoir ici et maintenant un mode de vie qui se conforme à nos valeurs plutôt que de prévoir changer nos modes de vie à l'issue du grand soir. Tout ce qu'on peut faire tout de suite, il faut le faire. On se sent acteur de cette société qui a des facettes belles et d'autres plus noires: en tant que consommateur, on se sent également citoyen. On se remet en question, en cause personnellement. On cherche à avoir une attitude exemplaire par rapport à ses valeurs. 2) il serait insuffisant et dangereux de se limiter à la simplicité volontaire. A quoi cela servirait d'être un certain nombre à se faire plaisir. Il ne faut pas jouer les "cathares", les "purs": cela fait fuir autour de soi et dessert nos idées comme notre joie. Par contre, il y a tout un travail collectif à faire dans les SEL, les AMAP, les pédagogies alternatives, autour de l'idée de coopérative. Le futur s'invente dans les marges, les franges. 3) le système peut parvenir à digérer des comportements alternatifs, c'est le cas par exemple pour la culture biologique. Le bio qui se développe aujourd'hui, c'est la bio-industrie. C'est pourquoi nous avons besoin d'engagement politique collectif, de construire un nouveau projet politique, orienté par exemple sur l'idée de "bien vivre", de "buen vivir". Quels nouveaux jours heureux? Quel bien vivre à la française? Ces problématiques, on les retrouve jusque dans les congrès de la fédération national des centres sociaux. Oui, on peut recommencer à espérer: ce qui fait l'efficacité d'un rateau, c'est d'avoir toutes ses dents. Ne nous opposons pas les uns aux autres. Ne sur-idéologisons pas nos débats, dépassons les sectarismes. On ne pourra pas changer ce monde d'un coup de baguette magique, mais rien ne pourra nous dissuader d'en construire un autre".    

 

Compte rendu réalisé par Ismaël Dupont le 22 octobre 2013   

 

http://paularies.canalblog.com/

 

 

 

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 12:29
Georges Ibrahim Abdallah 3
 
Communiqué du Parti communiste français:  

 

Affaire George Ibrahim Abdallah : les règles de l'Etat de droit ne sont pas respectées

 

Le 24 octobre Georges Ibrahim Abdallah aura passé 30 ans dans les prisons françaises. Incarcéré en France en 1984, il a été condamné à perpétuité en 1987. Sa peine de sureté étant totalement accomplie, il était libérable depuis 1999. Ses demandes de libération sont toujours rejetées.

Il a obtenu enfin le 21 novembre 2012 un avis favorable de la justice française à sa demande de libération, assorti d'un arrêté d'expulsion du territoire français. Cet arrêté n'a pas été signé par Manuel Valls et le Tribunal d'Application des peines a reporté sa décision. En avril 2013, sa demande de libération conditionnelle a été rejetée pour la 8e fois.

Les autorités libanaises ont demandé des explications à l'ambassadeur de France. Le premier ministre libanais a qualifié ce report « d'injustifiable ». Cette situation suscite de l'incompréhension, une vive émotion au Liban car Georges Ibrahim Abdallah, libérable depuis des années, fait manifestement l'objet d'un traitement d'exception. Et ce serait sous pression des administrations israélienne et américaine que Manuel Valls n'aurait pas signé l'arrêté d'expulsion.

Le Parti communiste français souligne le caractère consternant d'une telle situation judiciaire. Les règles élémentaires de la justice, de l'Etat de droit doivent être respectées et Georges Ibrahim Abdallah doit, en conséquence, être libéré !

  
Georges Ibrahim Abdallah 1
 
 
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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 12:16

Au mois de décembre, les salariés de l'abattoir Tilly Sapco de Guerlesquin vont travailler 7 jours seulement, avec 80% du salaire de base sans les primes évidemment, ce qui fait que les salariés de nuit peuvent perdre entre 300 et 400€ par mois. Les rotations effectués dans les postes font que beaucoup d'ouvriers et d'ouvrières retrouvent des postes qu'ils avaient choisi de quitter.

Le gouvernement ne s'est pas engagé à compenser d'une manière ou d'une autre (et surtout pas pour Doux... et pour Tilly) la suppression des restitutions à l'exportation de poulet congelé (19,3 millions d'euros pour Tilly Sapco en 2012). Pas plus qu'il n'a engagé de démarche très forte pour instaurer une régulation agricole et sociale européenne et mondiale limitant le dumping.

Dans ces conditions, les ouvriers craignent une faillite prochaine et la fermeture du site.

Les ministres venant dans le Finistère cette semaine auront-ils des réponses garantissant un avenir à cette usine qui emploie 380 personnes (345 personnes en CDI)?    

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 11:19

Ce mardi 22 octobre au matin, cinquante salariés de GAD Lampaul Guimiliau sont arrivés devant l'abattoir de Josselin pour empêcher les camions de passer afin de protester contre le choix délibéré de la CECAB de les couler et de supprimer 1000 emplois en les jetant comme des malpropres.

La fois précédente, le blocus de l'abattoir de Josselin n'avait pas donné lieu à des échanges hostiles entre les salariés de Lampaul et ceux de Josselin mais, cette fois-ci, la direction et peut-être aussi des responsables de la CFDT qui ont signé sans problème de conscience le licenciement de 1000 salariés pour espérer sauver les emplois à Josselin, ont dû faire un gros travail d'intoxication pour que 200 salariés morbihanais sortent intimider ceux de Lampaul, se conduisant tels une "milice patronale" pour évacuer les salariés allongés par terre, de sorte que des coups ont été échangés et que quatre camions ont pu passer. Malgré tout, le sit-in face à l'abattoir de Josselin se poursuit et les salariés licenciés de Lampaul vont recevoir du renfort.

C'est tout ensemble que les salariés doivent lutter pour défendre leurs emplois et leurs conditions de travail en veillant à se prémunir contre l'instrumentalisation patronale et des divisions artificiellement créées pour servir les intérêts de ceux qui les ont préssurés avant de les traiter comme quantité négligeable.   

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page du Télégramme. Les commentaires aussi valent le détour, certains précisant avec lucidité le sens des choses, d'autres tombant dans le délire ultra-libéral:  

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 09:37
Jean-Baptiste Eyraud passé à tabac par les CRS: deux côtes cassées, silence radio ?

Ce qui s'est passé samedi après-midi place de la République à Paris est à la fois banal et indigne. Banal parce que la répression contre les mouvements sociaux est devenue une routine quotidienne dans notre pays, sous Manuel Valls  comme sous Brice Hortefeux, et en particulier contre les sans logis ou les sans emploi. 

Indigne parce que les forces de l'ordre ont dispersé violemment et illégalement un rassemblement déclaré de façon parfaitement légale par le DAL place de la République. Plusieurs mères de famille ont été frappées. Jean-Baptiste Eyraud, le porte parole du DAL, a été roué de coups de pieds alors qu'il s'était assis par terre en attendant de pouvoir sortir de l'encerclement policier auquel les manifestants étaient soumis. Il a eu deux côtes cassées. Pas de dépêche des agences de presse, pas un mot dans la plupart des quotidiens, silence à la radio.

Les CRS et leur hiérarchie présente sur place ce samedi 17 octobre ne pouvaient ignorer qui est Jean-Baptiste Eyraud. Depuis vingt ans il lutte avec le DAL contre l'indifférence et le silence qui entoure le drame des sans logis et des mal logés. Par son activité inlassable et son énergie communicative, il a permis aux sans logis de disposer d'un outil et une voix écoutée et respectée. Il contribue sans trêve à mettre à nu les contradictions entre les discours et les actes des politiciens, prolixes en promesses mais avares en réalisations.

En frappant Jean-Baptiste Eyraud, les forces de l'ordre n'ont pas agi au hasard: cibler une de ces figures les plus connues vise à répandre la peur dans tout le mouvement social. Ce gouvernement est aussi dur avec les démunis qu'il est prévenant envers les grands patrons et banquiers. La Préfecture de Paris et Manuel Valls doivent cesser leurs agissements brutaux et illégaux. Le gouvernement doit appliquer la loi DALO, le droit à l'hébergement, les réquisitions de logement. En s'engageant dans une politique répressive indigne, le gouvernement saccage les principes de solidarité et de justice, seuls à même de faire barrage à la droite extrême.


Attac France,

Paris, le 22 octobre 2013
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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 09:30

 

Lettre de Gérard Lahellec au Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault

 

Vous avez bien voulu réunir sous votre haute autorité, le 16 octobre 2013, les principaux ministres engagés dans l’action économique et sociale de l'État en faveur de la Bretagne. A cette occasion, vous avez réaffirmé la mobilisation du Gouvernement pour répondre aux situations d’urgence sociale et territoriale. Avec une diversité d'élu-e-s et de représentants du monde économique, associatif et syndical, nous voulons y voir le signe de votre détermination à aider la Bretagne à surmonter ses difficultés actuelles et à préparer son avenir économique et social.

 

1 – Il est important de comprendre l'extrême souffrance et la colère des salariés

En premier lieu, Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons de considérer que la multitude des actions et manifestations en cours en Bretagne sont en premier lieu l'expression d'une souffrance extrême et d'un désarroi devant l'ampleur des restructurations en cours affectant massivement la situation de l'emploi dans un secteur vital pour notre économie. Ces souffrances, ajoutées à l'absence totale de perspective pour retrouver un emploi, appellent vraiment une prise en compte exceptionnelle et immédiate. Car la réponse à cette situation d'exception ne peut pas attendre les premiers effets que pourraient produire divers plans structurels qui doivent être mis en oeuvre mais dont la concrétisation ne pourra se vérifier que dans plusieurs mois.

 

C'est la raison pour laquelle nous vous demandons, Monsieur le Premier Ministre, une prise en considération exceptionnelle de la situation faite aux salariés de Gad et de Doux, en liaison étroite avec les collectivités locales directement touchées par ce véritable séisme mettant à mal la vie même de nos territoires. Si l'engagement du Gouvernement à accompagner personnellement chaque salarié mérite d'être apprécié à sa juste mesure, tout comme l'annonce du contrat de sécurisation professionnelle renforcé permettant un quasi-maintien du salaire net pendant 12 mois, il nous semble que ce dispositif se doit d'être complété et renforcé. Nous nous permettons donc de vous suggérer ici l'engagement de négociations spécifiques associant les organisations syndicales représentatives des salariés afin d'examiner avec elles la possibilité de mettre en place un plan de sécurisation associant à la fois des dispositifs de nature à sécuriser au mieux les ressources des personnes concernées et la mise en oeuvre de mesures permettant de cheminer vers une sécurisation professionnelle.

Pour y parvenir, il y a lieu aussi de soutenir et d’encourager une ambition industrielle en utilisant tous les leviers de nature à favoriser des nouvelles implantations et l’implication des acteurs industriels dans de nouveaux projets émergents sur le territoire breton.

 

2 – Il convient désormais de soutenir le développement d'une agriculture vivrière de production en Bretagne

 

Ici, toutes les filières sont atteintes par le libéralisme destructeur encouragé par les orientations européennes et par la tension tout aussi destructrice orchestrée par les enseignes de la «grande distribution». En effet, pour ne nous en tenir qu'aux seules conséquences de la Loi de Modernisation de l'Économie (LME), réputée procurer un avantage aux consommateurs, force est de constater que la «grande distribution» en a saisi l'occasion, d'une part pour maximiser sa logistique en faisant supporter aux transporteurs et aux chargeurs la livraison à date (ce qui multiplie les fréquences des transports et accentue une tension sur la production) et, d'autre part, que celle-ci a capté l'essentiel de l'avantage procuré par la généralisation de l'autorisation du 44 tonnes routier.

 

Cette situation appelle une grande ambition publique pour ouvrir une perspective nouvelle de développement de nos activités productives agricoles tendant à nous permettre de nous affranchir des donneurs d'ordre exclusifs que sont certains industriels et certaines enseignes. En outre, un certain nombre de dispositions méritent d'être reconsidérée; cela est notamment le cas pour la LME (loi de modernisation de l'économie) et pour le dispositif Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi (CICE) dont les bénéficiaires principaux ne semblent pas être les secteurs ou branches s'engageant le plus dans une démarche vertueuse de développement. S'agissant de la situation particulière de la Bretagne, nous proposons qu'une priorité immédiate soit accordée aux filières avicole et porcine.

 

a) Concernant la filière avicole, nous suggérons, après l'abandon des restitutions européennes, qu'une évaluation globale du manque à gagner généré par cet abandon sur une durée de 5 à 7 ans soit établie et que ce montant serve de base de référence pour engager un plan d'investissement de nature à pérenniser l'outil de production. Ce dispositif pourrait être complété d'un appel à projet qui permettrait d'ouvrir la perspective à l'implantation de nouveaux opérateurs de la filière, la France important 50% de la viande de volaille qu'elle consomme.

b) Concernant la filière porcine, une approche globale s'impose. Ce dont la filière a besoin, c'est d'une stratégie de long terme avec des prix rémunérateurs pour les producteurs. Certes, depuis 2004, les groupements de producteurs ont opéré des rapprochements. Mais, du côté de l'abattage-découpe, la surcapacité industrielle s'est accrue et désormais le dumping social orchestré par l'Allemagne attire les industriels de l'agroalimentaire français et met en péril la filière porcine française dans son ensemble. Après certains pays du nord de l'Europe qui ont fait le choix de concentrer leur activité industrielle par l'acquisition d'abattoirs allemands, ce sont désormais plusieurs centaines de camions qui quittent chaque jour notre pays pour emmener les porcs se faire découper outre-Rhin. Dans cet emballement de la concurrence mondialisée, on s'achemine vers une concentration inédite des unités de production agroalimentaires. Sur les 180 abattoirs environ que compte la France, seulement 10 d'entre eux produisent plus d'un million de tonnes par an. L'Allemagne, le Danemark et l'Espagne qui sont les plus grands producteurs d'Europe ont déjà affaibli toute la filière française en raison de leurs abattoirs géants. Il est donc clair que dans un marché de plus en plus ultralibéralisé, symbole d'une mondialisation où la concurrence est terrible, le modèle productif breton paraît bien petit tandis que dans les zones de France, plus montagneuses et à plus faible densité, tel que le Massif Central par exemple, la production a aussi chuté d'un quart en dix ans. Mais à l'heure où ces lignes sont écrites, nous apprenons qu'un accord vient d'être conclu entre l'Union Européenne et le Canada. 

 

Cet accord prévoit notamment une facilitation de la pénétration du marché européen pour les viandes bovines et porcines d'origine canadienne. Un tel accord viendra, assurément, accentuer encore la tension sur nos productions et c'est la raison pour laquelle il nous semble important d'engager au plus vite les démarches les plus solennelles auprès de l'Europe.

 

3 – Concernant le pacte d'avenir Bretagne

 

qui devrait être finalisé d'ici à la fin de l'année 2013, décliné en 5 axes, la question des mobilités multimodales ont particulièrement retenu notre attention.

a) Il convient de sanctuariser effectivement le bouclage du financement de la réalisation de la mise à 2X2 voies de la RN 164 sur la totalité de son axe. L'annonce des 100 Millions d’euros qu'apportera l'État se doit d'être confirmée, étant entendu que ces 100 Millions d’euros ne doivent donc pas être considérés comme pouvant être affectés à des opérations d'ores et déjà en cours.

b) La Région Bretagne, en collaboration étroite avec les filières économiques et notamment celles de l'agroalimentaire a élaboré son projet de schéma logistique et de redéploiement pérenne du fret ferroviaire qui sera présenté à la session de décembre du Conseil régional. Cette politique nouvelle, vitale pour le territoire breton, appelle des soutiens importants pour fiabiliser les services en cours et conforter le report modal de la route vers le train ou le maritime. Il serait important d'explorer de manière très précise les modalités partenariales qui pourraient être envisagées pour accompagner ce dispositif dans lequel se reconnaissent la quasi-totalité des filières agricoles et agroalimentaires de Bretagne. La même attention devrait être apportée aux filières de transport maritime et aux conditions faites aux opérateurs de transports, contraints de se mettre aux normes européennes, notamment en matière d'émission de souffre. Cette dernière disposition oblige à reconsidérer l'ensemble des investissements et à configurer des stratégies de repositionnement des navires sur des routes nouvelles, ce qui oblige les collectivités bretonnes à pourvoir à des investissements nouveaux. Enfin, il conviendrait aussi de confirmer la deuxième phase des travaux ferroviaires consistant à mettre la pointe bretonne à 3 heures de train de Paris.

 

4 – Le Programme d’investissements d’avenir

 

doit par ailleurs accompagner les projets nouveaux du territoire breton. De ce point de vue, les investissements de développement des ports bretons devraient être confortés et, notamment le projet de développement du port de Brest pour accueillir les industries tournées vers la construction et la pose des équipements pour les énergies marines.

 

5 – Il est urgent d'instaurer un moratoire sur l'écotaxe,

 

très pénalisante pour notre l'économie bretonne en raison de son éloignement géographique et de sa péninsularité. Tel que prévu par le gouvernement, le dispositif de répercussion de l'écotaxe par l'application d'une taxe forfaitaire appliquée sur chaque facture de transport cristallise toutes les craintes des acteurs et en particulier ceux du monde de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Les chargeurs voient que l’écotaxe se traduit en fait, pour eux, par une simple taxe sur les prestations de transport, comme si avait été créé un taux spécifique majoré de TVA sur l’activité transport. (Cette taxation forfaitaire a été portée à 3,7% en intra régional et à 5,2% en inter régional par le décret de juillet 2013). Dans une région productive, pour un secteur agroalimentaire dont le transport représente un poste conséquent du fait des échanges entre les différents stades de transformation, le dispositif aujourd’hui envisagé ne peut que générer des fortes craintes de perte de compétitivité, et cet argument est très fortement repris par les milieux économiques.

 

La situation actuelle nécessite une prise d’initiative très forte de la part du gouvernement. Sans modification profonde du dispositif de répercussion c’est tout le dispositif de l’écotaxe qui doit être remis en cause. Monsieur le Premier Ministre, voici les quelques éléments et propositions que je souhaitais apporter à votre attention. Sortir la Bretagne de cette grave crise demandera en effet une implication exceptionnelle des pouvoirspublics: des élu-e-s locaux comme du Gouvernement. Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'assurance de ma considération distinguée.

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 06:54

C'était le semaine dernière, la colère des salariés de l'agro face à l'impuissance et à l'abandon des pouvoirs publics.  

 

Philippe Loos et Agnès Le Brun se justifient face aux manifestants

 

Agnès Le Brun face à Nadine Hourmant

 

Olivier Le Bras et Nadine Hourmant au Grand Journal de Canal +

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 11:50
LA LETTRE DU FRONT DE GAUCHE DE L’AGRICULTURE
N°27 – 20 octobre 2013

SOMMAIRE
PAC : Face aux lobbies, François Hollande renonce à utiliser l’intégralité des marges de manœuvre nationales disponibles
Mobilisation contre le projet d'usine des 1000 vaches : un succès et une détermination croissants.
Le Front de Gauche aux côtés des salariés en lutte et pour la construction d’un nouveau modèle agricole et agro-alimentaire en Bretagne.

PAC : Face aux lobbies, François Hollande renonce à utiliser l’intégralité des marges de manœuvre nationales disponibles

 

L’Europe prévoit que certaines modalités d’application de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC), adoptée en juin dernier, soit décidées au niveau national.

 

Le Front de Gauche demandait au gouvernement de définir des grandes orientations en faveur d’une agriculture paysanne, écologique et créatrice d’emplois et d’une forte réduction des inégalités de revenus au sein du monde agricole. Il demandait donc que l’intégralité des marges de manœuvre possibles soient utilisées au service d’une telle orientation, permettant au minimum de limiter les effets désastreux de l’orientation libérale de la PAC : utilisation de l’intégralité des 30% d’aides directes possibles pour accroître l’aide sur les 52 premiers hectares ; convergence totale des aides ; utilisation du « recouplage » des aides en faveur des secteurs les plus fragiles et de la transition écologique de l’agriculture.

 

 Le Président de la République, très attendu, a  présenté lors du sommet de l'élevage de Cournon les principaux choix français. L'accord européen sur la PAC conclu en juin dernier entre le Conseil et le Parlement européen prévoyait en effet différentes options pour chacune des mesures de la future PAC, à décliner par les états membres.

Difficile d'entrevoir dans ces principales décisions autre chose qu'un consensus mou qui évite de heurter les principaux lobbies agricoles et un renoncement vis-à-vis des engagements en faveur d'une PAC plus écologique et plus juste. L’intégralité des marges de manœuvre possibles pour redistribuer les aides -pourtant négociée à Bruxelles par son Ministre de l’agriculture-, ne sera pas utilisée. Mais où sont donc passer les ambitions de transition écologique de l'agriculture ? A quand une véritable redistribution équitable des aides pour favoriser l'agriculture paysanne, soutenir l'emploi et orienter la production vers un modèle écologique ?

 

Les mesures de soutien annoncées en faveur d'un certain type d'élevage sont un pis-aller pour les éleveurs. François Hollande a prévu des mesures en faveur du soutien des éleveurs de bovins : presque toute l'enveloppe des aides qui peuvent être couplées à la production (près de 13% sur les 15%) Cependant, il n’y a aucun ciblage sur les productions et systèmes les plus en difficulté (petits ruminants, mais aussi, les fruits et légumes...) ou tenant compte du type de système de production (à l'herbe...). Le système d’aides conforte donc le modèle de production actuel (notamment les systèmes de production les plus intensifs en intrants chimiques et en capital) et favorisera encore l’agrandissement des exploitations aux dépens de l’emploi. Pour aller dans ce sens, François Hollande a aussi annoncé un plan de modernisation des bâtiments d'élevage de plus de 200 millions d'euros.

 

Pour le Front de Gauche, il faut permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier, d'envisager leur avenir tout en préservant les équilibres écologiques. Il est donc impératif d’opérer un changement de modèle agricole et agroalimentaire. Les filières d'élevage sont aujourd’hui engagées dans une course à la productivité, les éleveurs doivent produire toujours plus, s'agrandir et intensifier leur systèmes de production, et ce au détriment de la préservation des ressources naturelles. Signe de l'échec de ce modèle, les usines ciblant les marchés d'export subventionnées, ferment et licencient des salariés par centaines alors même qu'aucune alternative à l'emploi ne leur est proposée. L'actualité marquée par les licenciements massifs dans les abattoirs en Bretagne n'en est qu'une triste illustration !

 

La revalorisation de l'indemnité compensatoire des handicaps naturels, annoncée par le Président de la République,concerne en premier lieu les éleveurs de montagne et des zones défavorisées,ce qui en soit va dans le bon sens. Mais, il faut souligner que ces mesures ne constituent qu’un pis-aller pour les éleveurs alors que s'annonce la déstabilisation du marché laitier d'ici 2015 avec la fin des quotas laitiers. Les arbitrages présidentiels n'apportent donc que des réponses très partielles aux difficultés actuelles et à venir des éleveurs et des salariés des filières d'élevage qui ne seront plus desservis par le système aval de la production laitière.

 

En matière de redistribution des aides, le choix a été fait d’une redistribution limitée, alors que l’Union européenne donnait la possibilité d’aller beaucoup plus loin. On sait que le système actuel d’aides à l’hectare (« soutiens de base ») est particulièrement injuste : l’aide à l’hectare est plus élevée dans les régions les plus riches et plus faible dans les régions les moins avantagées. La nouvelle PAC laissait la possibilité de réaliser une convergence comprise entre 60% et 100% (convergence totale). François Hollande a choisi une convergence à 70%, c’est-à-dire dans la fourchette basse,  tout en assurant une limitation des pertes pour les agriculteurs les mieux dotés à 30% (en général les plus grandes exploitations de grandes culture). Le paiement redistributif qui consiste à doter davantage les 52 premiers hectares des exploitations ne sera là aussi que mis en œuvre que partiellement (redistribution de 20% des aides du « premier pilier » de la PAC, c’est-à-dire des aides à l’hectare) par rapport aux possibilités prévues par l'accord européen (30% des aides du « premier pilier »). La PAC devrait au contraire être une réelle opportunité pour répartir les aides de manière plus égalitaire et en fonction d'objectif ambitieux : en premier lieu le soutien à l'agriculture paysanne et les systèmes de production agro-écologiques. Le gouvernement a cédé face aux sirènes des lobbies agricoles, la FNSEA en tête. Dans ces conditions, les agrandissements ne sont nullement freinés et le nombre d’exploitations va continuer à chuter.

 

Mais où est donc passée la transition écologique ? François Hollande n’a pas évoqué l’agro-écologie, pourtant mise en avant ces derniers mois par le Ministre de l’agriculture. Ne sont évoqués que le doublement des surface en bio - objectif déjà maintes fois annoncé depuis plusieurs années - et le doublement des mesures agroenvironnementales. Mais le budget pour ces actions reste encore imprécis et ne représentera que peu de choses face aux autres instruments qui eux consolident le modèle de production dominant. Sans doute, cette mesurette permet-elle de contenter vaguement l'aile verte du gouvernement ?

 

Mobilisation contre le projet d'usine des 1000 vaches : un succès et une détermination croissants
 

 Le projet de l'entrepreneur du BTP Ramery ne s'attendait pas une si ferme (c'est le cas de le dire !) opposition. Plus de 1000 manifestant-e-s sur le site prévu pour l'implantation de cette usine des 1000 vaches se sont réunis samedi 28 septembre, à l'appel de l'association NOVISSEN. Ce combat fédère très largement : partis politiques (Front de Gauche, EELV), syndicats (Confédération paysanne...), associations (réseau des AMAP, mouvements de défense des animaux...),  et d'autres encore.


 
Nous manifestions sur le site et observions le paysage : il faut imaginer ce terrain immense, où les arbres présents seront rasés, et sur une surface de 25 hectares bétonnés, des bâtiments remplis de vaches :1000 vaches, 750 veaux... On ne peut que frémir et sentir la colère monter.


L'opposition à ce projet met le gouvernement mal à l'aise : Stéphane Le Foll renvoie la balle au Ministre de l'Environnement, se positionnant sur le plan juridique. La présence policière particulièrement fournie montre également l'inquiétude des décideurs : hélicoptère présent la nuit et sur la fin de la manifestation, blocage des tous les accès sauf un où les gendarmes ont fouillé les véhicules, et constitué un fichier des manifestants en recopiant les noms, adresses et numéros de pièce d'identité, jusqu'à temps que les protestations auprès du Préfet portent leurs fruits.

 
Contrairement à ce que prétend le Ministre de l'Agriculture, il ne s'agit pas d'un débat autour de la réglementation, il s'agit d'un projet politique.  Ça se passe à Abbeville, mais ailleurs nous nous y serions opposés avec autant de détermination : nous combattons le capitalisme vert, qui tend à rendre la pollution rentable. Nous ne devons pas prendre à l'écosystème plus que celui-ci ne peut reproduire, car cette dette là, n'est pas remboursable.

 
 
Produisons en fonction de nos besoins. 1000 vaches, c'est trop ! Le prétexte de la méthanisation est irrecevable, il est hors de question d'augmenter de façon artificielle les déchets. En la matière, ce qui fonctionne ce sont les petites unités de méthanisation rustiques, simples sur le plan technologique et adaptées à des unités agricoles paysannes, qui produisent  pour des débouchés locaux, qui créent du lien, qui respectent la terre et les bêtes et qui assurent notre subsistance.

L'association NOVISSEN demande un moratoire pour tous les projets d'élevage intensif, et invitent les associations qui se battent contre ces usines agricoles à se fédérer. Voilà, qu'une fois de plus, les projets des industriels peu scrupuleux, acoquinés à des élus qui ont oublié qu'ils le sont par le peuple et doivent servir l'intérêt général, sont mis en échec par la mobilisation des citoyen-ne-s.

On ne peut qu'être fier d'avoir contribué au succès de cette mobilisation, qui démontre une fois de plus que seule une démocratie ardente est réellement au service de l'environnement et des hommes, notamment en terme de choix agricole.

 

 

Le Front de Gauche aux côtés des salariés en lutte et pour la construction d’un nouveau modèle agricole et agro-alimentaire en Bretagne.

 

Doux, Tilly-Sabco, Marine Harvest, GAD… les salariés de l’industrie agro-alimentaire qui, avec l’agriculture, représentent un tiers des emplois en Bretagne, payent un lourd tribut à la concurrence libre et non faussée, dans ce secteur d’activité où la compétitivité est religion. Surexploitation du travail paysan et salarié, destruction de l’environnement, des aides européennes utilisées pour promouvoir le dumping sur les marchés des pays du Sud.

Des milliers de familles dans la détresse, déjà épuisées par des conditions de travail indignes, vont être sacrifiées sur l’autel de seuls signaux du marché et de la rentabilité pour les actionnaires. Des familles dans la misère, des territoires sinistrés, un immense gâchis. Les salariés peuvent imposer au gouvernement d’agir. Il en a les moyens.

Les annonces du Premier Ministre articulées autour du pacte d’avenir pour la Bretagne ne sont pas à la hauteur des mobilisations et exigences salariales quant au maintien de l’emploi et de l’outil de travail.

En urgence, le Front de Gauche de l’agriculture demande au gouvernement :

 Un moratoire sur tous les plans de licenciements ;

 Une loi accordant un droit de veto sur les licenciements et un droit de regard des salariés sur l’utilisation des fonds publics ; création d’un pôle bancaire public ;

Une large concertation vers un nouveau modèle agricole et alimentaire basé sur des filières relocalisées.

Le Front de Gauche porte l’ambition de politiques agricoles et agro-alimentaires qui en France, comme en Europe, répondent aux besoins de l’humain d’abord et s’engagent en faveur d’une alimentation de qualité, saine et accessible à tous. Pour rompre avec l’austérité, il est urgent de remettre au cœur des politiques publiques la juste rémunération des travailleurs, salariés et paysans.

 
Coordonnées du Front de Gauche de L’Agriculture : http://www.placeaupeuple2012.fr/agriculture/ Si vous souhaitez que nous envoyions l'appel du Front de Gauche de L’Agriculture à des listes de personnes, n'hésitez pas à nous envoyer leurs e.mails ! 
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 11:48

http://blogs.mediapart.fr/edition/municipales-2014/article/201013/paris-le-choix-haut-risque-des-communistes

 

A Paris, le choix à haut risque des communistes

20 OCTOBRE 2013 |  PAR ROGER MARTELLI

Le PCF parisien ira donc officiellement aux élections municipales sur la liste conduite par la socialiste Anne Hidalgo. Une majorité (57 %) des adhérents qui se sont déplacés pour voter ont fait ce choix, proposé par la direction fédérale parisienne (à 67 %) et soutenu officiellement par le secrétaire national du parti lui-même. La démarche était quadruplement motivée : par le souci de continuité d’une politique municipale dont le PC ne s’est jamais démarqué sur le fond ; par les écarts ressentis entre la direction nationale du PS et la municipalité parisienne ; par l’acceptation socialiste locale d’un certain nombre de choix sociaux proposés par les communistes parisiens ; par la volonté de ne pas abandonner la perspective à terme d’un rassemblement de toute la gauche.

Personnellement, tout en considérant avec les communistes que le rassemblement était le fil rouge du Front de gauche et que « l’autonomie » n’était qu’une médiation pour y parvenir, j’ai jugé dès le départ que cet engagement parisien aux côtés du PS était une faute. Il porte d’abord le risque d’une immense confusion politique. Comment peut-on, en effet, récuser une politique nationale sociale-libérale, ouvertement choisie en 2012, et accepter une gestion par les mêmes dans des grandes métropoles qui sont le terrain par excellence du déploiement territorial de cette politique ? L’alliance conclue va d’autre part s’avérer un marché de dupes. La recomposition territoriale française, fondée sur « l’attractivité » des territoires, passe par la disparition de ce qui reste de la tradition sociale de « banlieue rouge ». Pour le PS, cette dilution passe par deux voies simultanées : le grignotage électoral des positions communistes (le modèle du « 93 ») et la voie législative de l’intégration métropolitaine. Quel que soit le choix communiste dans les grandes villes françaises, cette stratégie socialiste se poursuivra et s’amplifiera. Dès lors, à quoi bon la cautionner par avance, en participant à des alliances dominées par les socialistes ? Paradoxe, en tout cas : les écologistes, qui sont au gouvernement, seront en campagne sur une liste parisienne séparée, tandis que les communistes, qui critiquent le gouvernement, seront côte-à-côte avec les socialistes parisiens. Allez comprendre… En pleine affaire Leonarda, convenons que cela fait pour le moins désordre !

Les communistes ont pu constater, dans la dernière période, que la perspective d’une alliance locale avec le PS ébranlait les fondations du Front de gauche et qu’elle divisait les militants communistes eux-mêmes. Cela n’a pas été pris en compte. La direction du PCF affirme que son choix parisien ne remet pas en cause son engagement national et qu’il ne dit pas l’amorce d’un revirement stratégique. Je considère qu’il faut prendre cette affirmation au mot. Mais je regrette d’autant plus que le risque de fragilisation de la plus prometteuse alliance à gauche de ces trente dernières années ait été considéré comme moins important que le maintien de positions électorales locales aléatoires. Au fond, en 1998, l’alliance inédite du PCF et du PS aux élections régionales avait donné au PC la plus forte représentation régionale de son histoire : or il l’a payée du désastre électoral cuisant des années suivantes.

Que faire désormais ? En premier lieu, on doit souhaiter que s’offre la possibilité, dans la capitale, de voter pour une liste du Front de gauche fidèle à son esprit : qui ne sépare donc pas la nécessaire clarté politique (impliquant une critique raisonnée du social-libéralisme) et le souci du rassemblement le plus large (interdisant toute exclusive et toute mise en demeure). En second lieu, il est bon d’affirmer que le Front de gauche reste la seule issue et qu’il ne peut se priver aujourd’hui de quelque force que ce soit, quel que soit le choix conjoncturel ou la posture adoptés par telle ou telle de ces forces. En troisième lieu, on peut convenir que l’épisode malheureux témoigne des fragilités d’un Front de gauche qui se réduit encore trop au tête-à-tête du PCF et du Parti de gauche.

Faire du Front le lieu d’une véritable et prometteuse synergie, et non le terrain de stratégies particulières ; en tirer les conséquences en matière de fonctionnement : tel sont les enjeux des prochains mois. Ils conditionneront l’avenir même du Front de gauche. C’est dire qu’il en va de la dynamique de la gauche tout entière.

Roger Martelli, historien, co-directeur de Regards

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