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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 15:04

Coordination Front de Gauche Finistère

 

 

Mouvement de la Paix

Dimanche 10 Août 2014

Le Rendez Vous Ménez-Hom est programmé le dimanche 10 août:
départ de l'ascension de la stèle de la résistance,
parking de la chapelle de Sainte marie du Ménez-hom, à 10h30.
"Au delà de commémorer les bombardements atomiques de 1945,
la volonté est de manifester le refus actuel de l'option dissuasion nucléaire et ses outils bases océanique et aérienne qui font taches dans le Finistère ."
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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 14:37
La direction du magasin Géant a décidé d'ouvrir le magasin le 14 juillet. La CGT rappelle qu'en novembre 2013, il avait été décidé et accepté par tous de fermer tous les magasins de la communauté d'agglomération de Morlaix le 14 juillet 2014.

Le syndicat s'indigne du « non-respect de la parole donnée aux salariés de l'établissement, aux élus du personnel et aux élus de Morlaix Communauté ». Il réclame le respect des repos en famille les dimanches et les jours fériés, et demande au directeur de Géant de respecter les engagements pris et de revenir sur sa décision.

http://www.ouest-france.fr/geant-ouvert-le-14-juillet-la-cgt-dit-non-2685629

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 06:41
http://www.france-palestine.org/Lettre-ouverte-a-Francois-Hollande,23848

Lettre ouverte à François Hollande
Claude Léostic, Taoufiq Tahani, Pierre Tartakowsky,  mardi 8 juillet 2014
Mon­sieur François Hol­lande Palais de l’Elysée 55 rue du Fau­bourg St Honoré 75008 PARIS
Paris, le 4 juillet 2014
Mon­sieur le Pré­sident,
Nous, associations de défense des droits de l’Homme condamnons sans réserve les assassinats des trois jeunes Israé­liens retrouvés près d’Hébron le 30 juin 2014 et du jeune Pales­tinien à Jérusalem-​​Est le2 juillet 2014. Nous sommes par­ti­cu­liè­rement inquiets de l’intensification des attaques contre des civils dans le Ter­ri­toire pales­tinien occupé par les forces israé­liennes et du climat de haine qui s’installe en Israël à travers notamment des « appels à tuer les Arabes ».
L’opération militaire israé­lienne dite « Gar­diens de nos frères » lancée quelques jours après la dis­pa­rition des trois jeunes Israé­liens le 12 juin dernier, avait pour objectif officiel de les retrouver. Les moyens déployés par la puis­sance occu­pante pour ce faire se sont rapi­dement révélés dis­pro­por­tionnés. Au lieu d’une enquête métho­dique, une vio­lente cam­pagne de répression a été lancée en Cis­jor­danie. A l’heure actuelle, le bilan est très lourd : 12 Pales­ti­niens ont été tués, dont 9 civils. Environ120 Pales­ti­niens ont été blessés. Au moins 640 per­sonnes ont été arrêtées à travers toute la Cis­jor­danie, dont 250 membres du Hamas, ainsi que 23 par­le­men­taires et de très nom­breux enfants. Plus de 1 200maisons et bureaux ont été sac­cagés lors de raids, les ter­rains agri­coles déli­bé­rément ravagés lors des para­chu­tages. Les maisons des familles de deux Pales¬ti-niens « déclarés cou¬pables » de l’enlèvement – sans que la preuve en ait été apportée – ont été immé¬dia¬tement démolies. Deux ten­ta­tives d’enlèvement d’enfants pales­ti­niens par les colons – dont une réussie - ont eu lieu à Jéru­salem Est. Des colons en voiture ont essayé d’écraser des Pales­ti­niens près d’Hébron - dont une enfant de 9 ans. Paral­lè­lement, les bom­bar­de­ments se sont inten­sifiés sur la bande de Gaza vers laquelle convergent des unités au sol, et trois avant-​​postes illégaux ont été établis par des colons en zone E1.
L’assassinat de ces trois jeunes Israé­liens ne peut jus­tifier la punition col­lective infligée au peuple pales­tinien. Nous sommes très pré­oc­cupés par la mul­ti­pli­cation des appels à la « ven­geance » lancés par de nom­breux res­pon­sables poli­tiques israé­liens, dont le Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahou qui a déclaré lundi 30 juin que « la ven­geance pour le sang d’un ado­lescent ou d’un jeune homme n’est pas un travail du diable ». Le ministre du logement Uri Ariel a appelé à « com­mencer une vague de construction dans les colonies en réponse au meurtre des kid­nappés ». Le ministre de l’économie Naftali Bennett a déclaré que « les assassins d’enfants et ceux qui les dirigent ne peuvent être par­donnés. Il est temps de passer à l’action, pas aux mots ». Cet appel à la ven­geance semble avoir été entendu, ainsi, mer­credi 2 juillet, à l’aube, un jeune Pales­tinien a été enlevé et tué à Jérusalem-​​Est.
Ce recours excessif à la force contre des civils pales­ti­niens par l’armée israé­lienne doit être offi­ciel­lement et clai­rement condamné par la France au plus haut niveau. Toute punition col­lective est une vio­lation grave du droit inter­na­tional, notamment de la qua­trième Convention de Genève relative à la pro­tection des per­sonnes civiles en temps de guerre du 12août 1949.
Il est néces­saire de rap­peler que depuis 20001 406 enfants pales­ti­niens et 129 enfants israé­liens ont été tués. Trois mineurs pales­ti­niens ont été tués depuis le début de cette vio­lente cam­pagne de répression. Ce décompte macabre ne suscite ni condam­nation ferme et offi­cielle, ni message de soutien aux familles de la part des Etats amis d’Israël en général, et de la France en par­ti­culier.
La France, en tant que Haute Partie contrac­tante à la qua­trième Convention de Genève a l’obligation de res­pecter et de faire res­pecter la Convention en toutes cir­cons­tances (article 1) et de prendre toutes les mesures néces­saires pour pour­suivre les per­sonnes ayant commis, ou donné l’ordre de com­mettre des infrac­tions graves à la qua­trième Convention de Genève (article 146).
Dans ces cir­cons­tances, nous vous demandons de dénoncer sévè­rement les puni­tions col­lec­tives infligées au peuple pales­tinien et de rap­peler au gou­ver­nement israélien son obli­gation de res­pecter le droit inter­na­tional. S’il ne s’y conforme pas, d’adopter toute mesure ferme et per­ti­nente pour mettre un terme à ces crimes.
C’est éga­lement dans ce contexte que nous sol­li­citons auprès de vous un rendez-​​vous afin que vous puissiez nous com­mu­niquer la position de la France.
Dans l’attente de votre réponse et dans l’espoir que vous ferez suite à notre demande, nous vous prions d’agréer, Mon­sieur le Pré­sident, l’expression de notre haute consi­dé­ration. Nous vous informons par ailleurs que nous ren­drons cette lettre publique et que nous adres­serons une copie à Mon­sieur Laurent Fabius, ministre des Affaires étran­gères et du Déve­lop­pement international.
Claude Léostic Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
Taoufiq Tahani Président de l’Association France Palestine Solidarité
Pierre Tartakowsky Président de la Ligue des droits de l’Homme France. 
logo AFPS
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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 07:40

Réunion du 25 juin 2014 en Mairie– bilan annuel DSP Vinci Park

Relation par Ismaël Dupont, élu du Front de Gauche à Morlaix

Le contrat de DSP arrive à échéance le 31/12/2019 – il peut être rompu auparavant par l'une ou l'autre des parties mais la ville devrait rembourser les investissements faits sur les horodateurs, barrières, cablages place Charles de Gaulle.

Vinci a la gestion de 788 places payantes (dont les recettes vont à Vinci EFFIPARC BRETAGNE en échange d'une redevance pour la ville) qui se repartissent comme suit: 255 places Parc de Gaulle Cornic, 76 places place Allende, 457 places sur la voirie.

Les recettes du stationnement payant sur l'année 2013 sont de 566 713€ TTC  (337 806€ pour la voirie, 157 460€ pour de Gaulle Cornic, 71447€ pour la place Allende).

Le recours a la gratuité est très important, ce qui prouve que les Morlaisiens n'ont pas envie de payer pour se garer tout court, et surtout pas envie de payer pour Vinci (30 mn sous barrière, 15 mn sur la voirie, renouvelable éventuellement): Parc Allende 72, 6% / Parc de Gaulle-Cornic 70%, Voirie 53,7%. Le montant moyen du ticket Voirie: 1,20€ en 2013 (contre 2€ en 2012) sur la Voirie, 1,7€ parc Allende, 1,8€ parc de Gaulle Cornic. 

Selon des études que Vinci prétend avoir réalisées, les paiements à l'horodateur sur la voirie présenteraient un taux de respect de 50%

Vinci verse cette année une redevance de 366 230€ fixe à la mairie (sur laquelle est comprise la rétribution des agents communaux qui verbalisent). Niveau de recettes minimum pour que la ville touche la part variable : 792 000€ (contre 565 000€ actuellement).

Deux salariés travaillent pour Vinci Park sur Morlaix: 

Le responsable Grand Ouest de Vinci Parc Effiparc juge lors de la réunion de bilan annuel de la DSP Vinci Park que le bilan d'activité est très inférieur au prévisionnel en termes de chiffre d'affaire.

Cette année, Vinci Parc aurait selon lui une activité déficitaire sur Morlaix en raison de la nécessité d'amortir les investissements (environ 700 000€ de travaux et de dépense dans le matériel au départ) , de recettes inférieures de stationnement aux prévisions de Vinci justifiant la redevance fixe négociée avec la mairie de Morlaix.

Les charges d'exploitation revendiqués par Vinci (et sans doute gonflées, comme il est de coutume) : charges directes (163000€), indirectes (258000€) : total 422000€ - Déficit revendiqué de 196 000€ en 2014.

Du côté de la ville, on commente : « ce déficit s'explique par le déploiement encore récent du service, que les usagers doivent progressivement s'approprier ».

La ville a encaissé via les horodateurs 220275€ et via les abonnements 117531€ soit un total de recettes de stationnement de 337806€ en 2013. Ces 337780€ ont été reversés au délégataire.

Elle paie les ASVP 63 644€ en 2013 (titulaires + saisonniers).

Le solde net pour la ville, selon les calculs des services financiers est de + 292 453€ (en comptant la redevance) contre 63 650€ en 2011, où la ville assurait les charges d'exploitation.

Le taux de paiement par horodateur est très bas selon Vinci, beaucoup plus bas que dans d'autres villes comme Saint Nazaire. Le responsable Vinci se demande s'il n'y a pas des secteurs de la ville ignorés par la surveillance des agents, met en avant le manque d'homogénéité dans la surveillance.

A l'opposé, la ville met en avant les pannes des horodateurs, les dégradations dues à des accidents sur les barrières place Charles de Gaulle et la durée très élevée pour leur remplacement.

Le responsable de Vinci entend revenir à la genèse du contrat, au prévisionnel qui le justifiait, et remettre en cause la gratuité des 15 premières minutes sur la Voirie, des 30 premières minutes sur les parkings sous barrière. Au nom d'une meilleure garantie pour la fluidité des rotations en ville. « On est loin d'atteindre les objectifs initiaux » dit-il. Il faudrait augmenter les tarifs de stationnement payant et supprimer la gratuité.

Première concession qui en annonce d'autres?

Agnès Le Brun et sa majorité proposeront au prochain conseil municipal du 10 juillet d'augmenter légèrement les tarifs du stationnement payant. N'est-ce pas mettre le doigt dans un engrenage défavorable à l'usager?

Déjà, nous qui sommes opposés à la privatisation de l'espace public et de la gestion des parkings, nous constatons que, au détriment peut-être du commerce de centre-ville, la ville gagne financièrement à la DSP et à la réduction du stationnement gratuit ce que l'usager et le citoyen morlaisiens perdent. Un jeu à somme nulle? Pas tout à fait: si le dynamisme du centre-ville en fait les frais.  

Au départ, selon nous, le stationnement payant se justifie uniquement pour assurer la rotation des véhicules, l'accessibilité de la place publique, particulièrement en centre-ville, ou, dans des plus grandes villes, pour valoriser les trajets en transport en commun, réduisant les pollutions. Aujourd'hui, n'est-ce pas un moyen pour la collectivité et Vinci de se renflouer au détriment de l'usager?

Si la délibération de la majorité de droite passe le 10 juillet prochain, à partir de 1h30 de stationnement et jusqu'à 6 heures de stationnement, tous les tarifs augmenteront de 10 centimes, puis de 20 centimes ensuite. L'abonnement mensuel augmentera de 1 €, l'abonnement annuel de 8€.

Les abonnements – selon les constats faits par Vinci, les services de la ville et les élus de la majorité - ont pour effet pervers de figer le stationnement sur la place Allende, la place des Jacobins, la place des Otages, soit l'hyper-centre.

Il n'y a plus de place pour le chaland, le touriste, le consommateur potentiel des commerces de centre-ville. Celui qui en plus pourrait rapporter davantage à Vinci que l'abonné.

Selon la majorité, les commerçants sont dans la schizophrénie, ils se plaignent de la difficulté d'accès au centre-ville pour leurs clients, mais sont les premiers à occuper et figer les places de stationnement. Sa proposition à Vinci : quand les places gratuites du Pouliet seront opérationnelles, renvoyer plus loin les abonnés, faire en sorte qu'ils ne se garent plus dans l'hyper-centre. Le problème, ce ne serait pas le manque de stationnement mais la rotation des véhicules.

Au cœur de la ville, la majorité veut du chaland, pas de l'employé, du commerçant. On veut « privilégier celui qui a un pouvoir d'achat qui peut bénéficier de l'hyper-centre » (le touriste par exemple, ou celui qui veut fréquenter les boutiques). C'est pourquoi on consentirait à durcir la situation pour l'usager place Allende, place des Otages (fin de l'accès abonnement, disparition de la gratuité...?).

Par rapport au refus de paiement, aux stratagèmes pour renouveler les tickets gratuits 15mn, aux recettes inférieures aux prévisions car les morlaisiens quand ils ont un temps important à passer en centre-ville préfèrent venir à pied ou en bus, j'ai rappelé l'évidence: beaucoup de morlaisiens ne veulent pas payer pour Vinci, qu'ils perçoivent Vinci comme un "profiteur", de sorte même que les dégradations de barrière ou d'horodateurs peuvent être perçus comme des actes anticapitalistes, de désobéissance civile, à relier peut-être également avec le conflit autour de Notre-Dame des Landes.

J'ai mis en avant aussi la réduction importante du nombre et des heures de places gratuites aux abords des places payantes et en ville, le choix de certains morlaisiens et habitants des communes périphériques de réduire leurs déplacements au centre-ville, pour ne pas payer pour Vinci.

Sans se prononcer sur le principe de la gestion privée du stationnement par une multinationale, les services financiers mettent en avant le bon impact de la DSP stationnement sur le budget de la ville : 1500 PV une année avant 2008, 7000 aujourd'hui. Taux de paiement du parking bien supérieur. Nombre de contraventions plus normal comparé à la moyenne.

La fin de la réunion fut consacrée aux moyens de réduire la circulation voiture en ville (rocade est, incontournable pour Mme Le Brun, parking payant au centre, gratuit en périphérie) : 8000 véhicules jour rue de Paris, 10000 véhicules jour route de Paris, 8000 véhicules jour rue Gambetta. 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 06:36
Pas trop tôt...! Et maintenant, pensons à Kerfraval, à la Rampe Saint Augustin, à la Vierge Noire... 
Un chantier d'envergure pour Pors ar Bayec
  • La visite de la résidence de Pors ar Bayec s'imposait suite à la signature de la convention par Raynald Tanter, président d'Habitat 29 ; Pierre Maille, président du conseil général ; Agnès Le Brun, maire de Morlaix et Jean-Luc Fichet, président de Morlaix communauté. La visite de la résidence de Pors ar Bayec s'imposait suite à la signature de la convention par Raynald Tanter, président d'Habitat 29 ; Pierre Maille, président du conseil général ; Agnès Le Brun, maire de Morlaix et Jean-Luc Fichet, président de Morlaix communauté. | 

Les 168 logements sociaux des années cinquante-soixante vont être remis au goût du jour. D'ici à trois ans, c'est tout un quartier morlaisien qui sera requalifié.

Pourquoi ? Comment ?

Pourquoi réhabiliter de près de 8 millions d'euros ?

Parce que le groupe d'habitat social de Morlaix-Pors ar Bayec, construit à la fin des années 50 et au début des années 60, ne correspond plus du tout aux attentes des familles d'aujourd'hui. Les cuisines et les salles de bains ont besoin d'être reconfigurées, les halls d'entrée sont vétustes, les pièces difficiles à meubler. La consommation énergétique des logements (288 kWh/m²) est légèrement supérieure à celle des logements en France. En dépit de travaux de mises aux normes réalisés en 1988, les logements restent énergivores. Bref, ils ont vieilli.

Qui y vit ?

La résidence est occupée à 85 % par des personnes isolées et des familles monoparentales. Le taux de rotation de l'ordre de 20 % est assez faible. Les habitants sont fidèles à leur quartier « où il y fait bon vivre ».

Qui s'occupe du projet ?

Habitat 29. Cette opération s'intègre dans l'engagement n° 5 pris dans l'Agenda 21 de l'office HLM : « Améliorer la performance énergétique du patrimoine ». La ville de Morlaix, quant à elle, prend la maîtrise d'ouvrage de la rénovation des espaces en pied d'immeuble et des espaces urbains.

Que prévoit-on ?

Tout d'abord, la résidence sera labellisée BBC (Bâtiment basse consommation), sans recours aux énergies renouvelables : les bâtiments seront isolés par l'extérieur... Salles de bains, cuisines seront remises à neuf. L'amélioration du confort des parties communes, et l'adaptation de certains appartements au vieillissement des locataires avec accès aux personnes à mobilité réduite sont également au programme.

Quand les travaux commenceront-ils ?

Les appels d'offres pour un marché conception-réalisation de ce chantier attendu depuis longtemps par les résidents ont été lancés en mars 2014. En septembre, un jury choisira le meilleur projet. Le démarrage des travaux par les immeubles de la place Saint-Nicolas est prévu en juin 2015. Le chantier devrait durer jusqu'en 2016-2017.

Quid des extérieurs ?

La résidence de Pors-ar-Bayec est intégrée dans un parc. C'est la ville de Morlaix qui se chargera de conforter cet environnement par une requalification des espaces publics et une rationalisation des surfaces réservées à la voiture. Ce qui aura comme objectif de renforcer l'identité paysagère du quartier en accentuant les continuités végétales avec la vallée du Ty Dour et la coulée verte et en dessinant des cheminements doux.

Qui finance quoi ?

Habitat 29 en charge du projet s'engage à hauteur 5 400 500 € ; la ville de Morlaix qui réalise les travaux de requalification des espaces extérieurs, à hauteur de 462 000 €. Morlaix communauté et le conseil général accompagnent financièrement Habitat 29 et la ville de Morlaix pour 917 000 € pour le premier, et 1 037 000 € pour le second.

http://www.ouest-france.fr/un-chantier-denvergure-pour-pors-ar-bayec-2679266

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 06:28
L'UMP aurait payé 24.000 euros de billets d'avion à Mme Copé

06 juillet 2014 |  Par La rédaction de Mediapart

L’audit des comptes de l’UMP, demandé par le trio Fillon-Juppé-Raffarin, doit être présenté mardi 8 juillet au bureau politique du parti.

Jean-François Copé n'en a pas fini avec les comptes de l'UMP, après avoir été contraint à la démission à la suite du scandale Bygmalion. Selon Le Journal du dimanche, les auditeurs chargés de mettre au clair les comptes du parti auraient découvert que l'UMP a en particulier réglé l’année dernière 24 000 euros de billets d’avion à l’épouse de Jean-François Copé, Nadia. L'ex-président de l'UMP aurait lui dépensé 27 000 euros de billets d'avion. Selon un cadre cité par le JDD, ses billets d'avion auraient dû être pris en charge par Génération France, le micro-parti de Jean-François Copé. « Au début de la présidence Copé, on avait fait prendre en charge les billets d'avion de Mme Copé par Génération France, et après, Jérôme Lavrilleux avait dit qu'il s'en occupait ; apparemment c'est le parti qui a payé », explique-t-il au journal. 

Les salaires de certains cadres sont également épinglés par cet audit. Selon le JDD toujours, Geoffroy Didier, cofondateur avec Guillaume Peltier de la Droite forte, perçoit ainsi 8 500 euros brut en tant que « collaborateur » de Brice Hortefeux – dont il a notamment été la plume place Beauvau.

http://www.mediapart.fr/journal/france/060714/lump-aurait-paye-24000-euros-de-billets-davion-mme-cope

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 09:03

 

Le 19 février, nous étions au lancement officiel de la souscription citoyenne du Comité de la maison du peuple de Morlaix pour financer une part de 20 000€ supplémentaire nécessaire pour payer les indispensables travaux de rénovation de cet édifice chargé d'histoire, une mémoire de solidarité, de luttes et de dignité ouvrière. 

Les dons, déductibles à 66% des impôts pour qui est imposable, peuvent être effectués sur internet, sur le site de la fondation du Patrimoine:

www.fondation-patrimoine.org/15476 

Ils peuvent aussi être envoyés à l'ordre de la Fondation du Patrimoine avec un bon de souscription à aller chercher auprès de la CGT, au local de la Maison du Peuple, 1, impasse de Tréguier.

Les collectivités s'engagent déjà à hauteur de 43500€ pour financer la première phase de travaux mais il est important que les citoyens qui sont attachés au mouvement ouvrier et syndical et à l'histoire sociale de Morlaix s'engagent aussi pour que ce projet puisse aller plus loin, l'idée étant aussi de consacrer une partie de cette Maison du peuple à un espace d'exposition sur l'histoire sociale de la région.  

 

Petite histoire du syndicalisme, des coopératives de production et de l'émergence du mouvement ouvrier à Morlaix jusqu'à la seconde guerre mondiale 

D'une certaine manière, le creuset du développement du syndicalisme et des coopératives dans notre région fut la société de secours mutuel, d'abord sous influence catholique au milieu du 19e siècle, puis inspirée de plus en plus par la gauche avancée et laïque. Les personnels de la Manu bénéficient ainsi entre autre d'une première forme de protection sociale via la mutualisation des risques: Société Notre-Dame-du-Bon-Secours, mutuelle Sainte Anne. 

En plein développement du socialisme, la loi Waldeck-Rousseau donne un statut légal à l'existence des syndicats en 1884.  

Morlaix est connue des historiens comme une des villes de France ayant vu naître, entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, le plus de coopératives de consommation et de production (16 répertoriées en 1923), certaines d'inspiration socialiste, d'autres plutôt catholique sociale (c'était le cas de la Laborieuse, coopérative d'artisans peintre fondée au départ au départ en 1905 par des militants du Sillon de Marc Sangnier). En 1895, Morlaix était la troisième ville de province, après Lyon et Grenoble, quant au nombre des associations ouvrières de production. Avec 247 coopératives de production en 1900, la France figurait d'ailleurs au premier rang en Europe. 

Le développement des coopératives à Morlaix est inséparable de l'émergence du socialisme et du syndicalisme dans notre ville. Deux conceptions divergentes des coopératives de production étaient plus ou moins en concurrence: pour certains, la coopération de production relevait d'une forme de patronat collectif, pour d'autres, les socialistes particulièrement (ceux de l'époque s'entend), il s'agissait d'une étape vers l'abolition du salariat. 

La maison du Peuple s'est installée en 1922 1, impasse de Tréguier dans les locaux de la coopérative de consommation La Ménagère.

La Ménagère avait été fondée à la fin de l'année 1892 par un groupe d'ouvriers de la Manufacture des Tabacs. C'était à l'époque une des trois coopératives de consommation du Finistère - les deux autres étant brestoises - visant à procurer à leurs sociétaires de l'épicerie de bonne qualité au meilleur prix possible. C'est d'abord parmi les ouvriers de la Manu, puis ensuite plus largement, qu'elle recrutait ses sociétaires. La société La Ménagère comptait tout de même en 1904 600 membres. C'était la troisième coopérative de Bretagne en nombre de sociétaires. Son bureau ne comportait pas de socialistes déclarés. 

La boulangerie coopérative La Glaneuse était quant à elle plus proche des socialistes. Sa création datait de l'année 1898. C'est le tonnelier syndicaliste et socialiste Yves Guyader qui avait demandé sa fondation lors d'une réunion des syndicats morlaisiens en s'appuyant sur les nombreux exemples de boulangeries coopératives existant en Bretagne. Sur le plan local, l'activité de La Glaneuse permettait de contenir le prix du pain. La fusion de La Ménagère et de la Glaneuse, préconisée par Yves Guyader, ouvre une période de lutte d'influence entre socialistes et sillonnistes catholiques, emmenés notamment par des gens comme Jean Marzin et Jeanne Gallouedec.

Le développement du syndicalisme et du socialisme à Morlaix et dans le Finistère se nourrissent l'un et l'autre. En 1869 apparaît à Brest une première section de la Première Internationale, recrutant principalement parmi les ouvriers de l'arsenal. A partir de 1892, le syndicalisme et le socialisme commencent vraiment à se développer à Morlaix.

Syndicat des ouvriers et ouvrières de la Manufacture de tabacs: fondation en 1891

Syndicat des ouvriers tonneliers: 1892

Syndicats bâtiment, ouvriers en métaux, ouvriers boulangers: 1893

Syndicat ouvriers du livre, Menuisiers, charpentiers et charrons: 1894

Syndicat Tanneurs et corroyeurs: 1897

Tailleurs d'habits: 1898

Cordiers: 1900

Peintres: 1904

 

A la Manu, en 1897, le taux de syndicalisation est de 52% chez les hommes, de 74% chez les femmes. Et encore, beaucoup de syndiqués sont empêchés de rejoindre le syndicat du fait de leurs arriérés de cotisation. 

Au 1er juillet 1893, il y a 980 syndiqués à Morlaix contre 0 à Brest. Au 1er juillet 1894, il y a 1018 syndiqués à Morlaix contre 367 à Brest. Au 1er juillet 1895, il y a 1704 syndiqués à Morlaix contre 636 à Brest. La situation s'inverse à partir de 1900: 1423 syndiqués à Morlaix contre 3169 à Brest.  

L'union des syndicats de Morlaix joue un rôle essentiel dans le groupement des syndicats sur le plan départemental: en 1898 est créée par les syndicats morlaisiens et brestois la Fédération syndicale des travailleurs du Finistère. En 1904, dans la foulée des grands conflits du syndicalisme révolutionnaire à Brest, il y aura un mouvement de grève très fort à Morlaix en mai. Dockers, couvreurs, maçons et garçons de magasins entrent en grève par l'intermédiaire des socialistes, Guyader en particulier. La grève ne donnera pas les résultats escomptés et suite à cela on observera un certain recul du syndicalisme à Morlaix jusqu'en 1914, peut-être dû aussi à une concentration plus grande des ouvriers les plus militants et compétents sur la gestion des coopératives.  

En 1894 parait pour la première fois à Morlaix le "Breton socialiste". Jusqu'en 1898, cependant, la plupart des ouvriers, laïcs dans leur majorité, restent républicains. A partir de l'année 1898, le socialisme va se développer à Morlaix dans un contexte national de progrès significatifs et grâce aux actions conjuguées de deux figures locales: Yves-Marie Guyader et Yves Le Febvre

Né à Morlaix en 1857, Yves-Marie Guyader était le fils d'un artisan tonnelier. Il fit son apprentissage dans l'atelier paternel avant d'entreprendre son "tour de France" et de passer quelques années sous les drapeaux en Algérie et en Tunisie. Revenu à Morlaix en 1883, il est à l'origine en 1892 d'un syndicat des tonneliers et d'une association ouvrière de production. A Morlaix, à la fin du 19e siècle, la fabrication de tonneaux et de barils est surtout liée à l'exportation du beurre vers Paris, Londres, le Brésil, les Antilles anglaises et françaises. Jusque avant 1900, avec une quantité exportée de 1679 tonnes, le beurre figure encore après les céréales comme la deuxième marchandise sortie du port. La corporation des tonneliers compte 330 ouvriers à la fin de 1893.

L'historien Vincent Rogard nous plante le décor du conflit social des tonneliers et de l'émergence du syndicalisme à Morlaix dans son livre Les Catholiques et la question sociale -Morlaix 1840-1914  (Presses Universitaires de Rennes):

"C'est un milieu dominé alors par les maîtres tonneliers employant une ou deux douzaines d'ouvriers et d'apprentis rémunérés souvent à la pièce. Les journées de travail dans les ateliers patronaux n'ont pas de cadre horaire puisque leur durée s'adapte au volume de travail à fournir. Les ouvriers sont, en outre, astreints à de nombreuses corvées. Dans ce milieu d'ouvriers insatisfaits de leurs conditions de travail, Guyader parvient à fonder le 14 mars 1892 un syndicat ouvrier... L'objectif immédiat affiché par le syndicat est l'amélioration de la condition matérielle de ses 168 adhérents. Un cahier de revendications portant sur les salaires et l'organisation du travail est soumis à la fin de l'année 1892 aux patrons. Leur refus d'en tenir compte déclenche un mécontentement qui soude les rangs ouvriers. Un an plus tard, le jour de Noël 1894, les ouvriers se mettent en grève pour obtenir satisfaction sur quatre revendications majeures:

- la suppression des corvées

- l'unification des tarifs dans tous les ateliers

- l'adoption d'un tarif proposé par les ouvriers et qui prévoit un alignement sur les ouvriers les mieux payés

- l'abrogation de diverses mesures inscrites dans le règlement des ateliers et l'adjonction de certaines autres comme un cadre horaire de travail.

La grève est très dure car les positions patronales et syndicales sont figées. Les patrons tentent de déconsidérer les ouvriers aux yeux de la population en les accusant d'inconduite et d'alcoolisme tandis que les ouvriers révèlent certaines pratiques patronales: distributions d'eau-de-vie pour faire accepter les corvées les plus excessives aux ouvriers, fourniture d'un litre d'alcool en guise de contrat de recrutement d'urgence quand le travail est trop abondant. Comme le note avec humour le comité de la grève: "avec de tels procédés, il ne faut pas nous rendre responsables si les ateliers de tonnellerie ne peuvent pas être comptés au nombre des sociétés de tempérance". Au nom de ses convictions progressistes, un négociant, Auguste Arthur, organise la solidarité avec les ouvriers. Les ouvriers des tabacs, qui sortent eux-mêmes d'une grève, la caisse du syndicat et la Fédération des travailleurs du tonneau aident financièrement les grévistes. Mais le conflit s'éternise car l'accord bute sur la question salariale et toutes les tentatives d'arbitrage échouent. En définitive, les ouvriers doivent regagner leurs ateliers sur un échec, après une interruption de travail de 33 jours qui fait de cette grève la plus longue alors connue par la ville. Certes, les tonneliers ont obtenu la suppression des corvées et la journée de travail est désormais limitée à une tranche de onze heures mais leur salaire journalier d'à peu près quatre francs n'augmente pas. En dépit de son issue peu satisfaisante pour les ouvriers, ce conflit, qui manque sur sa fin de sombrer dans la violence, comporte toutefois pour eux une leçon décisive: la bourgeoisie républicaine, qui règne au conseil municipal, peut accessoirement les soutenir contre les patrons; les négociants et autres courtiers de commerce peuvent trouver leur intérêt dans l'émergence d'une force de production ouvrière indépendante" (p. 414-415).

A l'issue du conflit, une poignée d'ouvriers adhérents du syndicat réunit difficilement 900 francs à raison d'actions de 50 francs l'une. Guyader obtient bientôt grâce au soutien des syndicats des différents corps de métier de Morlaix 7000 francs pour lancer la coopérative des tonneliers.  

Les patrons, maîtres tonneliers, tentent de jouer de leur influence pour priver les coopérateurs de commandes et d'approvisionnement en bois mais le maire républicain de Morlaix, Onésime Kérebel, l'un des principaux négociants en beurre, va rompre le contrat des puissants contre l'émergence de la coopération ouvrière en commandant 600 barils de beurre à la coopérative d'Yves-Marie Guyader. Le maire, qui jouit d'une forte influence, est imité par d'autres négociants qui passent des commandes, au début modestes, de sorte que de six, les coopérateurs passent rapidement à vingt. Pour tenter de contrecarrer ce développement, les patrons tonneliers décident de ne plus produire de barrils de beurres alors même que la production annoncée pour l'été est excellente: dès lors, les négociants prennent de plus en plus le parti de la coopérative qui à la fin 1894 emploie 124 ouvriers, parmi les meilleurs. Les patrons vont réagir en cassant leur prix pour casser les reins de la coopérative et les effectifs de celle-ci vont tomber à 93 en 1895. Pour contrer ce dumping, le maire Onésime Kérebel fait augmenter le prix des barils de beurre afin de soutenir le salaire plus élevé de la coopérative (5 francs au lieu de 4 chez les maîtres tonneliers).    

C'est sous l'influence de Yves Le Febvre, beaucoup plus jeune que lui, que Yves-Marie Guyader deviendra réellement socialiste en doctrine. Yves Le Febvre, né en 1874, était le fils d'un docteur, conseiller municipal républicain à Morlaix et d'ascendance noble. Il est devenu socialiste à Paris en préparant son doctorat de droit et en fréquentant Briand et Jaurès. C'est lui le premier en 1898, à seulement 24 ans, qui défend ouvertement les principes politiques marxistes et socialistes à l'intérieur d'une société électorale républicaine où l'on trouvait une assistance nombreuse où les ouvriers syndiqués étaient bien représentés. Le Febvre se déclare internationaliste, défend le principe de l'affrontement de classe. Guyader le suit et propose la création d'une association socialiste. La première liste socialiste est constituée à la veille du 19e siècle: elle obtient au premier tour des municipales entre 814 et 854 voix (seuls un tiers des inscrits se sont rendus aux urnes) mais est battue au second tour grâce à l'alliance des républicains de centre-gauche et de catholiques modérés. Lors des élections cantonales du début du siècle, le score des socialistes sera très bon à Morlaix (le meilleur des listes en présence) le poids de la partie rurale de l'arrondissement les empêchera de gagner des sièges.

D'emblée le défi d'Yves Le Febvre et du groupe socialiste morlaisien est de contribuer à transformer un socialisme pratique fondé sur un réseau de syndicats et de coopératives en un mouvement politique. Vers 1898-1899, le socialisme n'est vraiment bien implanté en Bretagne qu'à Nantes et dans sa région: il a périclité à Brest et à Lorient et commence à s'organiser sur la base des syndicats et coopératives de production à Morlaix, Fougères, Hennebont.

Une fédération des groupes socialistes de Bretagne a lieu en mars 1900 à Nantes: 5 organisations ouvrières morlaisiennes y adhèrent (tonneliers, couvreurs, tanneurs corroyeurs, menuisiers, bâtiment). Avec Nantes, Brest et Saint Nazaire, Morlaix devient l'un des centres les plus actifs du socialisme breton. Ce congrès est suivi d'une tournée de réunions publiques de Jaurès qui fait halte à Morlaix. La municipalité a refusé ses salles pour la réunion publique présidée par Le Febvre. Entre 400 et 1000 spectateurs assistent à la réunion publique avec Jaurès, qui valorise le développement des sociétés mutuelles, des syndicats et des coopératives, perçus comme moyen de la conquête des pouvoirs publics par la classe ouvrière pour transformer la société. La Résistance, le journal de la droite cléricale et réactionnaire, note: "nous sommes bien obligés de reconnaître au citoyen Jaurès une très grande puissance oratoire (...). Il n'est qu'un tribun curieux à entendre, un illuminé dont les paroles ne doivent pas être prises en considération". Au congrès socialiste de Rennes de 1902, Morlaix est la ville qui détient le plus de mandats (9) après Nantes, 3 fois plus que Brest. En 1900, aux élections au conseil général et la députation, Guyader arrive en tête à Morlaix-ville devant la droite et le centre gauche libéral.  

Au début du 20e siècle, Morlaix devient "l'épicentre du socialisme dans le département", comme l'écrit Vincent Rogard, à qui nous empruntons l'essentiel de ces informations (Les Catholiques et la question sociale: Morlaix 1840-1914  

 

La réussite de la coopérative des tonneliers a été à l'origine de la fondation d'autres coopératives morlaisiennes. Les ébénistes créent l'Ameublement. Les couvreurs l'Union des ouvriers couvreurs. Les fondations de coopérative se succèdent ensuite régulièrement jusqu'en 1914. Souvent, c'est dans la foulée d'une grève que la coopérative est organisée. Ainsi, la grève de 63 jours des ouvriers typographes de 1911 se termine sur une augmentation de salaire et aboutit à la formation de l'Imprimerie Nouvelle. Il en va de même pour la coopérative des maçons et l'Union des Tanneurs.

"Certaines coopératives, comme l'Ameublement, précise Vincent Rogard, s'avèrent d'emblée compétitives et procurent à leurs membres une réelle amélioration de leurs conditions de vie tandis que d'autres sont à la peine. Lorsque Vila visite la coopérative des cordiers en 1903, son compte rendu est, de ce point de vue, instructif: "La coopérative est située à Petit-Launay, à trois kilomètres de Morlaix. Ils ont fait construire un hangar avec une subvention de 1000 francs et ont acheté un métier à filer. Mais leur travail reste primitif. Il faut travailler onze heures pour gagner 2,75 francs par jour. Ils ont fait nénmoins cinquante-six francs de bénéfices. Un prêt de 3000 francs pour un moteur serait nécessaire". Les coopératives ne sont pas toutes sur le même plan du point de vue de leur taille et de leur chiffre d'affaires".

 

La maison du Peuple de Morlaix 

Des bourses du travail existaient à la fin du XIXe siècle, dépendantes de fonds publics. Pour garantir davantage d'indépendance, la CGT, créée en 1895 à Limoges, va chercher à posséder ses propres bâtiments. Ce sera la création des Maisons du Peuple. C'est en Bretagne qu'apparaissent les premières maisons (Saint-Nazaire, puis Fougères en 1908) financées par les syndicats et leurs adhérents, construites grâce au travail de bénévoles syndiqués du bâtiment. Ces Maisons du peuple favorisent un développement plus libre de l'action syndicale et des activités sociales ou éducatives (coopératives d'achat, cours professionnels, bibliothèques, conférences...). Morlaix, qui n'a jamais eu de véritable bourse de Travail, mais seulement une Union des Syndicats, attend 1924 pour avoir sa Maison du Peuple.

En 1922, la CGT est traversée par deux courants opposés qui amènent une scission en deux confédérations: la CGTU, dite unitaire, révolutionnaire et proche des communistes; la CGT, dite confédérée, de tendance réformiste et socialiste (la CGT retrouvera son unité avec la stratégie anti-fasciste de rassemblement républicain du PCF, et le Front populaire, en 1936). La scission se répercute dans les fédérations professionnelles et les structures territoriales et locales. A Morlaix, il y a deux unions locales, une CGTU et une CGT. Malgré leurs divergences, les syndicats morlaisiens s'entendent pour créer et gérer ensemble une maison destinée à les accueillir tous.

L'acquisition de l'immeuble de la Ménagère intervient fin juillet 1924. Dès novembre 1924, plusieurs activités récréatives, éducatives, et sociales, s'ajoutant aux permanences d'information, y sont organisés pour les adhérents: bibliothèque, salle de lecture et d'écriture, jeux de société. De 16h à 18h30, une salle permet aux enfants des syndiqués de faire tranquillement leur travail scolaire, une autre salle sert de garderie et de salle de jeux.

En 1925 a lieu une grande grève des dockers à Morlaix, initiée par la CGTU.

Poursuivant son activité d'éducation populaire et de solidarité, la Maison du Peuple de Morlaix va connaître une intense activité en 1936, accueillant des congrès syndicaux de la CGT réunifiée, des meetings socialistes de la SFIO de Tanguy-Prigent, des séances de travail du Comité antifasciste. Durant la guerre d'Espagne, de 1936 à 1939, l'UL CGT de Morlaix et la maison du peuple sont au coeur de la solidarité avec les républicains espagnols, comme l'a montré la récente exposition de la Maison du Peuple de Morlaix préparée par un travail sur les archives de Anne-Marie et Alain Quesseveur. En 1939, après les victoires de Franco, un comité d'accueil et de secours est créé, organisant des collectes en ville et à la campagne, stockant dans les locaux de la maison vêtements, linge, nourriture, hébergeant aussi dans ses greniers plusieures dizaines de réfugiés durant des mois (les derniers partiront début 1940).

Une auberge de jeunesse a également été créée à la maison du peuple du temps du gouvernement du Front Populaire, avec une subvention du secrétariat d'état aux sports et loisirs de Léo Lagrange. A cette époque, le cinéma pour les scolaires et coopérateurs, le théâtre, les activités caritatives du Secours Populaire tournent à plein régime à la Maison du Peuple.    

 

Sources:

Les Catholiques et la question sociale Morlaix 1840-1914 L'avènement des militants  , Vincent Rogard (Presses Universitaires de Rennes)

Plaquette de présentation du comité de la Maison du Peuple: La Maison du Peuple de Morlaix 1924-2014: 90 ans d'histoire syndicale et sociale 


 

 

 

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 08:00
Front de Gauche : bilan et perspectives 

samedi 28 juin 2014

Les élections municipales et européennes ont été un échec pour le Front de Gauche, au regard de ses ambitions et de son potentiel. Les européennes ont accentué le tableau des municipales – et il est clair : entre 2009 et 2014, le FN progresse de 3,6 millions de voix, le Front de Gauche de seulement 130 000 voix.

Le Front de Gauche avait annoncé de longue date son ambition d’arriver en tête de la gauche lors de ces élections européennes. Avec 14 % des voix, le PS poursuit sa chute ; elle est la conséquence inéluctable de la crise du capitalisme et de la politique d’austérité que mène le gouvernement « socialiste ». Mais cela ne profite pas au Front de Gauche. François Hollande recueillait 10,2 millions de voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, contre 2,65 millions aux dernières élections européennes. L’écart – plus de 7,5 millions de voix – est tellement important qu’il ne suffit pas d’évoquer la spécificité du scrutin européen et le haut niveau de l’abstention pour répondre à la question : pourquoi, sur les millions d’électeurs socialistes de 2012 qui n’ont pas voté PS en 2014, aucun – ou presque – n’a voté Front de Gauche aux européennes ? Autrement dit : comment se fait-il que dans un contexte de crise majeure du système capitaliste, alors que le PS au pouvoir mène une politique d’austérité dont personne ne veut (à part le patronat), le Front de Gauche ne progresse pas ?
Si l’on regarde l’ensemble du cycle électoral du Front de Gauche depuis sa création, en 2009, on n’a pas seulement affaire à une stagnation, mais à un reflux. En 2014, le Front de Gauche réalise pratiquement le même score qu’en 2009. Or en avril 2012, au terme d’une campagne électorale marquée par des meetings massifs et très enthousiastes, Jean-Luc Mélenchon recueillait 4 millions de voix, contre 1,25 million pour le Front de Gauche en 2014. Ici aussi, l’écart est trop important pour se contenter d’évoquer, en guise d’explication, l’abstention élevée aux européennes. Car le FN résiste bien mieux à l’abstention : il recueille 4,7 millions de voix en 2014, contre 6,4 millions en avril 2012, soit un ratio de 74 %. Le Front de Gauche, lui, ne parvient en 2014 qu’à 31 % de son résultat de 2012, en nombre de voix.
Ces résultats ont envoyé une onde de choc dans les organisations du Front de Gauche. Chacun s’efforce de comprendre et de faire des propositions. Des réunions nationales pour « relancer » le Front de Gauche sont annoncées. De nombreuses tribunes et contributions ont été publiées dans L’Humanité et sur les blogs de responsables du Parti de Gauche (PG). Le débat doit être mené à tous les niveaux du Front de Gauche, de la base au sommet. Et il doit aboutir à des modifications profondes de son programme et de sa stratégie, car c’est évidemment là que réside le problème – et aussi, dès lors, la solution.

La faute au PS ?
Après un échec électoral, la tentation existe toujours d’y voir la conséquence de « conditions objectives » défavorables. Ainsi, au lendemain des élections européennes, la direction du PG a découvert une théorie que les dirigeants du PCF affectionnent depuis de nombreuses années et qui prend la forme du syllogisme suivant : le PS est discrédité ; or le PS est identifié à « la gauche » ; donc toute « la gauche » (Front de Gauche compris) pâtit du discrédit du PS. Eric Coquerel, secrétaire national du PG, écrit par exemple sur son blog : « La raison première de notre échec est simple : pour la très grande majorité de nos concitoyens, le gouvernement c’est LA gauche. Et nous sommes assimilés à cette politique ou du moins rangés dans ce camp. »
Militants communistes, combien de fois avons-nous entendu ce raisonnement au lendemain de revers électoraux ? Or il suffit de renverser l’argument pour mieux poser le problème : si le PCF et le PG ne s’étaient pas eux-mêmes associés, de différentes façons, aux politiques pro-capitalistes du PS et des Verts, les électeurs ne seraient pas tentés de les mettre tous dans le même sac « de gauche ». Autrement dit, on donne le bâton pour se faire battre, puis on se plaint du fait que les « circonstances » nous maltraitent. Nous y reviendrons plus loin.
Par ailleurs, si vraiment c’était « la faute aux socio-démocrates », comment expliquer les progrès, aux élections européennes, de Syriza en Grèce, d’Izquierda Unida en Espagne, du PCP au Portugal et du PTB en Belgique ? Il faut aussi analyser, en Espagne, le succès très significatif de Podemos, perçu comme se situant à gauche d’Izquierda Unida. Dans tous ces pays, il y a une social-démocratie enracinée de longue date et aujourd’hui profondément discréditée. Cela n’a pas empêché les partis se situant sur sa gauche de progresser.
L’impact de la crise
Nous ne voulons pas nier l’influence des conditions objectives. Par exemple, l’extrême gravité de la crise économique et sociale en Grèce constitue évidemment le cadre général de l’ascension rapide de Syriza, qui est passé de 5 % à près de 30 % de voix. Les dirigeants de Syriza n’étaient pas plus radicaux que ceux du Front de Gauche ; ils le sont encore moins aujourd’hui qu’ils s’approchent du pouvoir. Mais face aux plans de rigueur draconiens mis en œuvre par le PASOK au pouvoir, d’une part, et à la prostration sectaire du KKE, d’autre part, les engagements verbaux des chefs de Syriza contre les politique d’austérité ont déterminé une rapide recomposition de la gauche grecque. L’impasse des nombreuses grèves générales de 24 heures – qui ne pouvaient aboutir à rien, dans un contexte d’effondrement économique – a également favorisé un transfert de la radicalisation des masses grecques sur le terrain politique. En tenant compte de ces différents facteurs, l’ascension de Syriza s’explique sans difficulté.
En France, la crise économique et la régression sociale n’ont pas encore atteint des dimensions aussi catastrophiques qu’en Grèce. François Hollande mène une politique de rigueur qui, comparée à ce que subissent le Grecs, pourrait être qualifiée de « modérée », si elle ne marquait pas déjà au fer rouge la chair et l’esprit de millions de personnes. Le chômage et la précarité augmentent, les services publics sont attaqués, les niveaux de vie régressent – mais à un rythme moins rapide qu’en Grèce (ou en Italie, au Portugal et en Espagne). Ce contexte général pourrait expliquer que le Front de Gauche ne progresse pas aussi rapidement que Syriza en Grèce. Mais en aucun cas il n’explique le reflux du Front de Gauche entre 2012 et 2014. Les raisons de ce reflux ne doivent donc pas être cherchées dans les conditions objectives, mais dans l’incapacité du Front de Gauche, ces deux dernières années, à donner une expression adéquate à la colère qui monte dans le pays. Car en réalité, la situation est toujours extrêmement favorable au développement du Front de Gauche.
On aurait tort, cependant, de tabler sur le fait que le développement de la crise, en France, poussera mécaniquement la radicalisation des masses vers le Front de Gauche, de sorte qu’il nous suffirait d’attendre la vague sans trop nous soucier de notre ligne et de notre stratégie. Le Front de Gauche ne connaîtra pas automatiquement le même type d’ascension que Syriza. A cet égard, l’exemple de l’Italie, où la crise est encore plus profonde qu’en France, doit être médité par tous les militants du Front de Gauche. D’erreurs en trahisons, la direction du PRC a réussi à saborder ce qui restait du puissant Parti Communiste Italien. En quelques années, le PRC a pratiquement disparu de la carte politique. La relation dialectique entre les « conditions objectives » et les erreurs des dirigeants de gauche peut être fatale aux partis ouvriers.
La stratégie électorale du PCF
Nous ne répèterons pas ici ce que nous avons écrit sur l’impact très négatif de la division du Front de Gauche aux élections municipales. Cette division et les alliances au premier tour avec le PS et les Verts – deux partis gouvernementaux, à l’époque – ne pouvaient que semer la confusion parmi tous ceux qui cherchent une alternative à la « gauche » gouvernementale, laquelle mène une politique de droite.
Cette leçon est-elle enregistrée, désormais, par les dirigeants du Front de Gauche ? Malheureusement pas. Dans une tribune publiée dans L’Humanité, fin avril, et signée par une quinzaine de dirigeants du PCF (et non des moindres), la question est abordée en ces termes : « nous récusons l’idée que la condition de l’efficacité et de la lisibilité de notre stratégie soit l’autonomie électorale. […] La première condition d’un rassemblement utile à nos concitoyens et capable de créer des convergences politiques fortes, c’est de respecter la souveraineté des composantes du Front de gauche sur leurs choix électoraux comme sur l’ensemble de leurs décisions. Les oukases à répétition de Jean-Luc Mélenchon doivent cesser ! »
Ainsi, au nom de la « souveraineté » du PCF, ces dirigeants veulent pouvoir faire toutes sortes d’alliances avec le PS – comme au premier tour des municipales – sans avoir à subir les « oukazes » de ceux qui leur font observer que dans le contexte actuel, de telles alliances sont une stratégie suicidaire pour le PCF et pour le Front de Gauche. « Laissez-nous saborder en paix le PCF et le Front de Gauche, si cela plait à notre souveraineté ! » Comme militants communistes embarqués sur le même navire, nous ne sommes pas d’accord avec cette conception de la « souveraineté » du PCF. Si elles prolongent ce qui s’est fait aux municipales, les alliances du PCF aux prochaines échéances électorales porteront gravement atteinte à la crédibilité du parti et du Front de Gauche.
En réponse aux critiques du PG sur la stratégie électorale du PCF, les signataires de cette tribune ajoutent : « Notre erreur est précisément d’avoir progressivement fait du Front de gauche un rassemblement à visée principalement électorale ». Or comment caractériser, au juste, la stratégie d’alliances du PCF avec le PS au premier tour des municipales, sinon comme une « visée » non seulement« électorale », mais même principalement électoraliste, sans principe, subordonnée au seul objectif à court terme d’obtenir un maximum d’élus ? Enjambant sans mot dire cette contradiction, les auteurs de la tribune s’élèvent alors très au-dessus des considérations bassement « électorales » et ouvrent la perspective suivante : « De nouveaux espaces d’intervention populaire doivent être mis en place avec l’objectif de créer une nouvelle culture politique dans le pays. Cela nécessitera un travail de proximité par la création de milliers d’espaces dans les quartiers, les villages et sur les lieux de formation et de travail. Non des assemblées qui servent de tribune aux composantes du Front de gauche, mais des ateliers politiques en lien avec les luttes sociales pour reconstruire progressivement un lien de confiance avec les citoyens, les travailleurs, les jeunes de notre pays et co-élaborer avec eux un projet alternatif de gauche. »
Tous les militants du PCF seront d’accord avec le projet d’enraciner le Front de Gauche dans la population. Le PCF devrait toujours être au cœur des luttes et des débats qui traversent le mouvement ouvrier. Ceci devrait occuper une place plus importante dans la vie interne et publique du parti, qui a trop tendance à être rythmée par les campagnes électorales. Mais pour que le « travail de proximité »rencontre un écho favorable dans la population, pour que les militants communistes sur le terrain n’occupent pas trop seuls les « milliers d’espaces »qu’il s’agit de créer, il faut que la stratégie électorale du PCF soit claire et cohérente. Chassée par la porte, cette question reviendra par la fenêtre. Le PCF ne pourra pas progresser sans une rupture politique claire avec le PS, notamment en matière de stratégie électorale. Sans une telle rupture, on aura le plus grand mal à impliquer la population dans nos activités publiques contre les politiques d’austérité. Le double jeu – alliances avec le PS au plan électoral, lutte contre l’austérité sur le terrain – nous mettra (et nous met déjà) dans une position intenable.
Les dirigeants communistes signataires de cette tribune avancent encore une autre explication du reflux du Front de Gauche : ses débats internes se seraient« transformé(s) ces derniers mois en une bataille de leadership illisible pour nos concitoyens. » Or en réalité il n’y a pas de « bataille de leadership ». Pour la masse de la population, le « leadership » du Front de Gauche se confond largement avec la personne de Jean-Luc Mélenchon. C’est une conséquence de sa candidature à la présidentielle, de la radicalité de sa campagne de 2012 et de l’enthousiasme qu’elle a suscité. Les signataires de la tribune en question le savent parfaitement. Cette histoire de « bataille de leadership » ne sert qu’à couvrir – pour ne pas en parler – les divergences politiques et stratégiques qui se sont exprimées, à l’occasion des municipales (mais pas seulement), sur l’attitude que le Front de Gauche doit adopter à l’égard du PS.
Le PG, les Verts et la « gauche du PS »
La direction du PG a elle aussi contribué à affaiblir le Front de Gauche, en particulier avec sa stratégie d’alliances avec les Verts (EELV) et sa perspective de constituer avec ce parti une « nouvelle majorité ».
Jusqu’au lendemain des élections municipales, les Verts (EELV) étaient au gouvernement – et donc comptables de la politique réactionnaire de François Hollande. Ils ont quitté le gouvernement dans l’espoir de ne pas être entrainés par le PS dans sa chute. Aux européennes, ils ont tout de même perdu 1,1 million de voix par rapport à 2009. C’est le parti qui a perdu le plus de voix. Il aurait encore plus reculé s’il n’avait pas quitté le navire « socialiste » en perdition, après y avoir loyalement soutenu les contre-réformes et les coupes budgétaires. Combien des 1,1 million de voix perdues par les Verts se sont reportées sur le Front de Gauche ? Aucune ou très peu. Un certain nombre d’entre elles se sont sans doute portées sur les listes UDI-Modem, qui font 450 000 voix de plus que le Modem en 2009. Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé n’a pas tardé à tirer ses propres conclusions du scrutin européen : il propose à son parti de se tourner vers le Modem.
La direction du PG a sans cesse cherché à attirer les responsables d’EELV sur le terrain de « l’écosocialisme ». Mais ces derniers sont acquis à l’économie de marché ; ils ne veulent pas entendre parler du socialisme authentique. En conséquence, leur programme « écologique » est parfaitement compatible avec les politiques d’austérité, qu’ils n’ont pas hésité à défendre au gouvernement. Or dans le contexte actuel, tous les partis qui seront liés aux politiques d’austérité,d’une façon ou d’une autre, seront sévèrement sanctionnés. C’est l’une des principales leçons des élections européennes. Se tourner vers EELV, c’est se tourner vers une baudruche électorale déjà complètement discréditée aux yeux des éléments les plus radicalisés de la jeunesse et du salariat. C’est donc s’exposer, par ricochet, au même discrédit. Et qu’on ne pense pas régler ce problème en expliquant se tourner uniquement vers la « gauche » des Verts : si tant est qu’une chose pareille existe et pèse quoi que ce soit, personne n’en est informé – et cela n’a du moins aucune espèce d’existence distincte dans la conscience des masses. Par exemple, tous les députés Verts ont voté la contre-réforme du rail au Parlement.
La stratégie du PG à l’égard des Verts (ou de la « gauche du PS ») suscite de nombreux débats de sa base à son sommet. Le 18 juin, Jean-Luc Mélenchonévoquait sur son blog le « rapport du Front de Gauche aux dissidents socialistes et Verts ». Il écrivait : « La réunion de mes amis en Conseil national m’a rendu le service que j’en attendais : y voir plus clair. Un point en particulier m’a frappé. Quelque chose que je n’avais pas vu, du fait de mon implication personnelle dans les discussions avec les partenaires institutionnels de la gauche. Beaucoup me mettent en garde : les regroupements de groupes et partis politiques ne sont pas l’essentiel à cette heure. Il existe une lame de fond de rejet de tout ce qui touche à "la politique". L’activité de ceux qui veulent tourner la page de ce système ne doit surtout pas donner l’impression de résumer sa préoccupation à la préparation d’élections et aux alliances qui vont avec. J’entends ce message et je crois qu’il touche juste. Surtout si l’on tient compte du fait que les "dissidents" socialistes et Verts sont pour l’instant plus forts en mots qu’en actes. […] Beaucoup d’entre eux veulent surtout négocier des corrections à l’intérieur de la trajectoire définie par le gouvernement. »
C’est exact. Mais il faut préciser une chose : la « lame de fond de rejet » ne frappe pas « tout ce qui touche à la "politique" » en général. Elle frappe surtout les partis politiques qui se situent « à l’intérieur de la trajectoire définie par le gouvernement », comme l’écrit Mélenchon, c’est-à-dire qui défendent une politique d’austérité – ou qui se trouvent associés, notamment par des alliances électorales, à des partis qui défendent une politique d’austérité. C’est en cela que résidait la grave erreur des alliances du PCF avec le PS – et du PG avec les Verts – au premier tour des élections municipales.
Mélenchon ne tire pas toutes les conclusions de ce qu’il avance. Dans la même note de blog, il écrit en effet : « Les Verts ont donné la consigne de ne pas voter le collectif budgétaire du gouvernement, c’est-à-dire l’inepte pacte de responsabilité. Quand on vote contre le budget, qu’est on, sinon dans l’opposition ? Ainsi, d’un seul coup, quels que soient, pour finir, la réalité et le nombre des votes négatifs des députés Verts, l’opposition de gauche s’élargit d’un parti supplémentaire. » Non : l’« opposition de gauche » ne s’est pas élargie d’un millimètre sous prétexte que la direction nationale des Verts donne des consignes que les députés Verts s’empressent de ne pas respecter. La direction nationale, d’ailleurs, ne leur en demande pas tant. Ses pseudo-consignes font partie intégrante de manœuvres visant à « négocier des corrections à l’intérieur de la trajectoire définie par le gouvernement ». Dès lors, présenter les Verts comme faisant partie de « l’opposition de gauche », ce n’est pas renforcer celle-ci, c’est au contraire la discréditer aux yeux de tous ceux qui cherchent une alternative de gauche sérieuse à la politique réactionnaire du gouvernement.
Les mêmes remarques s’appliquent évidemment aux socialistes « dissidents ». La « gauche du PS » n’a jamais été dans un aussi piteux état. Formés à l’époque de réaction idéologique et de relative croissance économique des années 90 et 2000, ses cadres n’ont pas d’autre horizon que l’économie de marché. Face à la politique réactionnaire du gouvernement, ils protestent, s’agitent, menacent de ne pas voter la confiance à Manuel Valls – puis, lassés par tant d’émotions, capitulent. Sur les quelque 90 députés socialistes qui avaient signé un texte menaçant de ne pas voter la confiance, seuls 11 se sont abstenus, finalement. Tous les autres ont voté pour. Aucun n’a voté contre. Tout ce que ces « dissidents » osent demander au gouvernement, c’est un peu moins d’austérité,un peu moins de coupes budgétaires, comme si celles-ci étaient quand même inévitables. En conséquence, la « gauche du PS » n’existe guère plus que la « gauche des Verts » dans la conscience de la population. Lorsqu’on leur parle de députés PS « dissidents », les travailleurs regardent vers les bancs socialistes de l’Assemblée nationale, mais ne perçoivent qu’un magma indifférencié votant les coupes budgétaires avec plus ou moins d’enthousiasme. Ils en concluent, à juste titre, qu’on cherche à leur faire prendre des vessies pour des lanternes.
Mélenchon ajoute un élément important, dans la même note de blog. Il appelle le Front de Gauche à se tourner vers les luttes : « le cœur du moment est dans l’action de combat et dans les luttes à épauler et conforter autant qu’on le peut. C’est là qu’est le moteur du Front du peuple que nous voulons faire émerger. […] c’est à l’aide aux luttes de terrain qu’il faut s’appliquer. » C’est tout à fait correct. Malheureusement, le comportement du député PCF André Chassaigne, pendant la récente grève des cheminots, a abouti au résultat contraire. Nous y reviendrons ailleurs. Ce qui est clair, c’est que le Front de Gauche doit se tourner en priorité vers les salariés en lutte contre le patronat et la politique gouvernementale. Il doit développer son implantation parmi les éléments les plus combatifs de la classe ouvrière. Le PCF et le PG doivent tourner le dos aux alliances sans principe et aux manœuvres d’appareils avec le PS et les Verts, au profit d’un travail patient et systématique en direction des millions de jeunes et de travailleurs qui cherchent une alternative au capitalisme en crise.
Le programme du Front de Gauche
Le Front de Gauche doit être au premier rang de toutes les luttes contre l’offensive du patronat et du gouvernement « socialiste ». Mais il doit aussi défendre un programme qui s’attaque aux causes fondamentales de la crise du capitalisme et de la régression sociale qu’elle entraîne. On ne doit pas seulement aider les travailleurs en lutte ; on doit s’efforcer de les entraîner dans une lutte politique contre le système capitaliste dans son ensemble. Pour ce faire, il nous faut un programme qui lie étroitement les revendications immédiates des travailleurs à l’objectif d’une rupture avec le système capitaliste.
Dans le Programme de Transition (1938), écrit en pleine crise des années 30, Trotsky soulignait que dans le cadre du « capitalisme pourrissant […], il ne peut plus être question de réformes sociales systématiques ni de l’élévation du niveau de vie des masses », que « la bourgeoisie reprend chaque fois de la main droite le double de ce qu’elle a donné de la main gauche », et qu’enfin« chaque revendication sérieuse du prolétariat et même chaque revendication progressive de la petite bourgeoisie conduisent inévitablement au-delà des limites de la propriété capitaliste ».
Ces quelques lignes s’appliquent parfaitement à la situation actuelle. Le capitalisme est aujourd’hui au moins aussi « pourrissant » qu’à la fin des années 30. A ce propos, Eric Coquerel (PG) écrit sur la question de l’emploi : « les délocalisations des entreprises sont des plaies insupportables pour les premiers intéressés, leurs salariés, mais aussi les populations autour. […] Pour cette raison, il faut une mesure concrète emblématique à même de répondre à chaque cas et de montrer que l’on peut rompre avec le "laisser aller, laisser faire" et l’idée que rien n’est plus possible. Je propose le mot d’ordre de "réquisition". Elle serait appliquée à toute entreprise bénéficiaire qui annonce une délocalisation. L’Etat et les collectivités aideraient ensuite à la poursuite de son activité soit par un soutien financier et technique à un redémarrage en SCOP […], soit, selon l’importance, et le caractère stratégique du secteur, une nationalisation. »
Les mots d’ordre avancés par Coquerel – « réquisition », « nationalisation » – vont exactement dans le sens de ce qu’indiquait Trotsky : il est désormais impossible de défendre sérieusement nos conditions de vie et nos emplois sans empiéter sur la grande propriété capitaliste. La façon dont Coquerel formule la revendication de nationalisation n’est pas entièrement satisfaisante ; par exemple, nous ne pensons pas que seules les entreprises « bénéficiaires » devraient être concernées. Mais ce qu’écrit le dirigeant du PG va dans la bonne direction. Et il faut en tirer les conclusions pour l’ensemble de l’économie, à commencer par le secteur bancaire, dont la nationalisation – sous le contrôle des salariés et de la population – devrait occuper une place centrale dans le programme et l’agitation quotidienne du Front de Gauche. Compte tenu de la gravité de la crise, le programme du Front de Gauche doit, selon les mots de Trotsky, « conduire au-delà des limites de la propriété capitaliste ».
« Révolution citoyenne » et « révolution socialiste »
Dans sa note du 18 juin, Mélenchon revient sur son projet de « révolution citoyenne » : « il ne s’agit pas de nommer sans le dire l’ancienne idée de "révolution socialiste". Il s’agit d’autre chose ». La révolution citoyenne, explique-t-il, « se donne pour objectif et pour méthode la démocratie partout et jusqu’au bout, au service du bien de tous ». Elle aurait comme « acteur » le « peuple, concept qui inclut le salariat mais ne s’y réduit pas puisqu’il intègre tous ceux que la condition urbaine met en situation d’interdépendance ».
Le « peuple » ainsi défini comprend des gens tels que Liliane Bettencourt, Martin Bouygues ou Serge Dassault, pour ne citer que quelques spécimens de cette classe de parasites qui détient le véritable pouvoir dans le pays. Or on suppose que la direction du Front de Gauche ne compte pas sur eux pour être des « acteurs » de la « révolution citoyenne ». Aussi pensons-nous qu’il vaut mieux nous en tenir à l’ancienne idée marxiste – qui n’a pas pris une ride – selon laquelle la classe révolutionnaire de la société moderne est le salariat, c’est-à-dire la classe ouvrière, laquelle peut et doit se placer à la tête de toutes les autres couches opprimées de la population dans leur lutte commune pour renverser l’ordre établi. C’est cette union des travailleurs et de toutes les couches opprimées qui constitue « l’acteur » de la révolution socialiste. Quant au fait que le salariat soit la classe révolutionnaire par excellence, de nos jours, cela découle de sa position privilégiée dans les rapports de production capitalistes : sans l’aimable permission des travailleurs, pas un téléphone ne sonne, pas une ampoule ne brille – et pas un train ne roule.
L’identification du « peuple » – comme « acteur » de la « révolution citoyenne » – à « tous ceux que la condition urbaine met en situation d’interdépendance »n’est pas une bizarrerie doctrinale accidentelle. Elle découle d’une analyse erronée des résultats électoraux du Front de Gauche. Selon cette analyse, il faut prendre garde de ne pas effrayer les « classes moyennes » avec un programme trop « radical » (qui sonnerait trop « révolution socialiste »). On trouve par exemple cette idée dans un texte publié par Guillaume Etievant, membre de la direction du PG, le 3 juin dernier : « nos divisions, notre radicalité et notre manière de communiquer nous ont coupés d’une partie de l’électorat de la classe moyenne que nous avions réussi à convaincre en 2012. » . Plus loin, il suggère de ne pas « radicaliser davantage notre programme ».
Ce point de vue erroné n’est pas nouveau dans l’histoire du mouvement ouvrier. Il ne faudrait pas se « couper des classes moyennes » par un programme trop radical ? Mais les classes moyennes, par définition, ne sont pas homogènes : ses couches supérieures penchent vers la classe capitaliste, ses couches inférieures – qui embrassent la grande majorité des classes moyennes – penchent vers la classe ouvrière. La masse des classes moyennes, sur laquelle la crise du capitalisme pèse lourdement, n’a pas d’identité politique propre ; elle oscille sans cesse entre les deux classes fondamentales de la société : les travailleurs et les grands capitalistes. Dans sa recherche d’une issue à la crise, elle se tournera vers la classe la plus déterminée et la plus combative. En modérant notre programme, c’est-à-dire en le condamnant à l’impuissance, on ne gagne pas les classes moyennes : on désarme la classe ouvrière – et, ce faisant, on jette les classes moyennes dans les bras de la réaction. Lénine a expliqué cette dynamique de classe à de nombreuses reprises. C’est là encore une « idée ancienne », mais toujours d’une grande actualité. La poussée électorale du FN en est une illustration évidente.
Le Front de Gauche doit radicaliser son programme, justement. Cela signifie d’abord qu’il doit préciser le rapport de la « révolution citoyenne » à la grande propriété capitaliste. C’est la question centrale. De deux choses l’une : soit la « révolution citoyenne » laisse les banques et tous les grands leviers de l’économie entre les mains des capitalistes, auquel cas elle laisse le système intact et ne mérite pas le nom de « révolution » ; soit elle vise à exproprier les grands capitalistes et placer l’économie sous le contrôle démocratique des salariés, auquel cas il s’agit de l’« ancienne idée » de révolution socialiste, qui est plus que jamais d’actualité. Aucune innovation terminologique n’éliminera cette alternative fondamentale de notre époque. La grande révolutionnaire Rosa Luxemburg la résumait ainsi : socialisme ou barbarie.
Les « adhésions directes » au Front de Gauche
L’échec électoral du Front de Gauche a remis sur le tapis la question des « adhésions directes », c’est-à-dire la possibilité d’adhérer au Front de Gauche sans adhérer à l’une de ses organisations constituantes. La direction du PG y est toujours favorable, mais nombre de dirigeants du PCF y sont opposés (notamment les signataires de la tribune citée plus haut). Ils redoutent que cela renforce l’emprise du PG et de Mélenchon sur le Front de Gauche. De très nombreux militants communistes craignent que cela affaiblisse le parti sur le plan organisationnel. Or cette question ne doit pas être posée en termes strictement organisationnels. Si le Front de Gauche ne vire pas vers la gauche en rompant avec le PS et les Verts, d’une part, et d’autre part en adoptant un programme plus combatif, les « adhésions directes » ne seront ni un problème, ni une solution, car il y en aura sans doute assez peu dans l’immédiat.
La politique des dirigeants du PCF affaiblit sans cesse le parti depuis de nombreuses années. Notre problème, ce n’est pas les adhésions directes au Front de Gauche, mais les démissions directes du PCF, ainsi que nos difficultés à intégrer les nouveaux adhérents. Selon les chiffres officiels, le PCF est tombé de 79 000 cotisants fin 2008 à 64 000 fin 2012. Les éléments les plus radicalisés de la société, qui par définition auraient leur place dans un parti communiste, ont observé sans enthousiasme les alliances du PCF avec le PS aux municipales. Et ils ne sont pas plus enthousiasmés par les discours ambigus des dirigeants du parti, qui par exemple refusent toujours de se présenter comme une « opposition de gauche » au gouvernement de François Hollande.
Si le PCF avait un programme véritablement communiste, s’il était perçu comme le parti le plus à gauche du Front de Gauche, il n’aurait rien à perdre aux adhésions directes. Au contraire. Le Front de Gauche serait un pôle d’attraction dans lequel le PCF puiserait de nouveaux adhérents parmi les plus combatifs. Mais ce n’est pas ainsi que les choses se présentent aujourd’hui. Le PCF est perçu, non sans raison, comme se situant sur la droite du Front de Gauche. C’est le fond du problème, auquel les militants du parti doivent s’attaquer en priorité.
Conclusion
La crise du capitalisme français est loin d’être terminée. Dans le cadre de ce système, les conditions de vie de la masse de la population continueront de se dégrader. A l’instar des gouvernements « socialistes » grecs et espagnols, il y a quelques années, l’actuel gouvernement « socialiste » français continuera de mener une politique calquée sur les intérêts du grand patronat. Comme l’écrit Alan Woods dans un article sur les élections européennes : « Hollande est sans doute parvenu à la conclusion qu’il n’a plus rien à perdre et peut poursuivre sa course vers la droite. Bien sûr, c’est suicidaire à la fois pour lui et pour le PS. Mais comme les vieux Samouraïs, les dirigeants socio-démocrates préfèrent se tuer avec leur épée que se livrer au déshonneur d’abandonner le système capitaliste à son propre sort. »
Des mobilisations syndicales ponctuelles, même très militantes, ne pourront au mieux que ralentir le rythme de la régression sociale. Le gouvernement se montrera inflexible, comme on l’a vu avec la grève des cheminots. Cela mènera inévitablement, à un certain stade, à une série de mobilisations de grande ampleur impliquant des travailleurs de plusieurs secteurs de l’économie. Des explosions de la jeunesse – dans les lycées, les facs et les quartiers – sont également à l’ordre du jour. Si le Front de Gauche parvient à se connecter à ces luttes, s’il défend un programme, des idées et une stratégie en phase avec l’humeur combative des éléments les plus radicalisés de la population, il peut rapidement se développer. Mais rien ne le garantit d’avance. S’il est perçu comme une force politique complice, de près ou de loin, des politiques d’austérité que mène le gouvernement, cela peut être fatal au Front de Gauche – et fatal, aussi, aux organisations qui le constituent.
Malgré ses erreurs et ses carences, le Front de Gauche conserve un ancrage dans les couches les plus politisées du mouvement ouvrier. Il a d’énormes réserves potentielles de soutien dans les masses. Les regards se tourneront de nouveau vers lui dans la période à venir. Il faut y contribuer et s’y préparer. Pour notre part, nous nous efforcerons de convaincre un maximum de camarades du PCF et du Front de Gauche de la pertinence des idées et du programme du marxisme. Ils sont la clé des succès futurs du Front de Gauche et de notre lutte pour en finir avec le système capitaliste pourrissant.

Jérôme Métellus (PCF Paris - La Riposte). 
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 07:22

Dans son dernier rapport, la Cour des comptes part à la rescousse des comptes de l'Etat. Il faut revenir sur la journée de carence, baisser les effectifs, augmenter la durée du travail, etc. Des mesures d'autant plus faciles à préconiser qu'elles ne s'appliqueront pas aux donneurs de leçon. En 1989, un certain François Hollande expliquait qu'en tant que conseiller référendaire à la cour, il touchait 15 000 francs "sans absolument rien faire", qu'il pouvait aller à la Cour des comptes "pour passer des coups de téléphone" ou simplement, "en cas de fatigue", rentrer chez lui. Heureusement que la productivité des fonctionnaires est bien différente de celle des conseillers de la Cour des comptes. 

Rappelons que la Cour des comptes, gardienne depuis des années de l'orthodoxie ultra-libérale, est présidée par un dirigeant du PS, le hollandien Didier Migaud, nommé par Sarkozy. Quoi de plus révélateur de la droitisation consternante du PS. 

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 07:02

Quelques milliers de lycéens sont sans-papiers en France. Une centaine dans un seul lycée parisien! Ces tout jeunes majeurs sont devenus "sans-papiers" le jour de leurs 18 ans et ils risquent l'expulsion. Leurs situations sont variées, certains sont en famille, mais le regroupement familial a été refusé, ou leurs parents n'ont pas obtenu de papiers, d'autres sont venus faire des études chez un membre de leur famille, d'autres sont arrivés seuls et mineurs en France, les mineurs étrangers isolés. 

Politique contre l'immigration oblige, le gouvernement refuse de les régulariser malgré leur scolarisation et leur implication dans la société, malgré le soutien de leurs camarades et de leurs enseignants. Et il accepte que des départements prennent des règles ubuesques pour refuser de prendre en charge des mineurs: dans le Loiret, demande de certificat médical déclarant la personne indemne du virus Ebola (dont on meur généralement dans les trois jours!). 

A Lyon, certains sont même en prison, accusés d'avoir fraudé sur leur âge et donc perçu indûment l'aide du conseil général. La validité des pays de leur pays n'est pas remise en cause mais on leur fait passer des radiographies du poignet et de l'épaule censées donner une indication sur l'âge. De l'avis même du conseil général du Rhône, la marge d'erreur est d'au moins 18 mois. C'est pourtant sur la foi de ces tests qu'actuellement Alkassim et Carine sont en prison et condamnés à rembourser des milliers d'euros, le prix de leur prise en charge par l'Aide Sociale à l'enfance. Mais la cour d'appel vient de libérer Narek, expliquant que seuls les tests osseux, très contestés scientifiquement, ne peuvent donner l'âge exact. Depuis le 3 mai, chaque samedi à Paris devant la Sorbonne, les lycéens manifestent. 

Journal du SNES-FSU, N°742, 20 juin 2014 

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