Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:06

logo

 

 

M. Sapin, le ministre « ami de la finance », a décidé de ramener de 1,25 % à 1 %, nouveau plus bas historique, le taux d'intérêt du livret « A », produit d'épargne le plus populaire en France.

 

Certes, c'est moins bas que ce que préconisait le gouverneur de la Banque de France (0,75%). Et il est vrai que, à 1 %, le taux servi demeure supérieur à l'augmentation en rythme annuel de l'indice des prix hors tabac, tombé à 0,3 % en juin.

 

Cependant cette faible inflation exprime, surtout, la déficience de l'activité économique due au chômage, aux salaires et traitements insuffisants, à la politique d'austérité aggravée. Nombre d'observateurs parlent désormais d'un risque de déflation, le pire mal que puisse connaître l’économie.

 

Et le calcul expressément fait par l’Élysée et Matignon de tenter de soutenir un peu la demande intérieure, si atone, par une moindre épargne des ménages, au lieu d'une sortie de l’austérité, risque d'accentuer le climat d'insécurité sociale pour nombre de familles aux revenus modestes et moyens, sans du tout relancer la consommation, le logement et la croissance.

 

Surtout, cette décision rend relativement plus rémunérateurs encore les placements sur le marché financier. Le risque existe alors que, au lieu de favoriser une reprise du secteur de la construction, frappé de marasme du fait, notamment, du refus de relancer le logement social, la baisse du taux du livret « A » suscite, de la part des détenteurs les plus aisés, leur report vers les actions et obligations. Est-ce cela que M. Sapin appelle « la bonne finance » ?

Partager cet article
Repost0
10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 06:38

L'UMP avait un déficit de 79 millions en 2013. 

La faute à la perte du pouvoir présidentiel et des élections intermédiaires entre 2007 et 2012? Sans doute. L'électeur et la poule aux oeux d'or du financement public ont décidé de faire la grève du zèle en voyant de près ce qu'était la galaxie sarkozyste et copéiste. 

Aujourd'hui, ça déballe. 25 000€ de billets d'avion offerts à Nadia Copé, qui bénéficiait en outre d'un poste de collaborateur de cabinet de complaisance, le salaire (8500€) et les frais de Geffroy Didier (la Droite Forte), les téléphones (10000€) et les billets de train (13000€ l'an passé) de Rachida Dati, les meetings dont le coût passe de 7 millions d'euros en 2007 à 23 millions d'euros en 2012, et même 33 millions si on y ajoute les dépenses de communication. Les 11 à 17 millions de doubles factures de Bygmalion imaginées par Jerôme Lavrilleux, le bras droit de Jean-François Copé. 

Voilà les arrivistes profiteurs, les mafieux qui réclamaient aux citoyens français toujours plus de sacrifices sociaux sur l'autel de la compétitivité et du moins de charges, qui dénonçaient les privilèges des fonctionnaires, des chômeurs ou des immigrés qui touchaient la CMU. 

Un seul conseil à cette triste bande organisée représentative des moeurs des puissants et des nouveaux riches de notre époque: restez comme vous êtes, la saleté a sans doute encore beaucoup d'avenir en politique.  

Même si, rappelons-le, tout de même, tous les politiques, y compris à l'UMP, ne sont pas des "pourris".    

Article Médiapart:  Copé rémunère sa femme via l'Assemblée nationale

Partager cet article
Repost0
10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 06:34
http://www.acrimed.org/article4400.html
L’offensive du grand patronat et des médias contre le repos

par Antoine Léaumentle 9 juillet 2014

Nous reproduisons, sous forme de tribune [1], et avec l’autorisation de son auteur, un article publié par Antoine Léaument sur son blog. L’auteur, membre du Parti de Gauche (PG), y analyse un nouvel épisode de la construction médiatique de l’opinion économique, à propos de la bataille menée par le patronat contre le repos (« entendu au sens large, c’est à dire autant la durée légale hebdomadaire du travail que le nombre de congés annuels ou encore le nombre d’années de cotisations pour pouvoir partir en retraite »). Une fois de plus, les médias y jouent un rôle déterminant dans la vulgarisation d’une pensée de marché faite de fausses évidences, de raccourcis simplistes, voire de vraies mystifications (Acrimed).

Fort des victoires qu’il engrange les unes après les autres face à un pouvoir politique qui ne lui résiste pas, le grand patronat est plus combatif que jamais. Il faut dire que Jérôme Cahuzac avait clairement montré le manque d’ambition de François Hollande et de son gouvernement en la matière lorsqu’il avait déclaré, face à Jean-Luc Mélenchon : « La lutte des classes, au fond, ça résume ce qui est notre réelle divergence : vous vous y croyez toujours, moi je n’y ai jamais cru. Jamais. ». Comme l’avait parfaitement analysé Jean-Luc Mélenchon deux jours plus tard chez Jean-Jacques Bourdin : « C’est une déclaration politique. Il dit : “il n’y aura pas de bataille contre le capital” » (voir de 00:00 à 01:30)


J.-L. Mélenchon "Bourdin Direct" BFMTV par lepartidegauche

Un an et demi plus tard, et après que chacun a pu découvrir que Jérôme Cahuzac était capable de mentir « les yeux dans les yeux » et « en bloc et en détail », on s’aperçoit combien Jean-Luc Mélenchon avait vu juste ce 9 janvier 2013 où il était interviewé par Jean-Jacques Bourdin : la lutte contre le capital n’a pas eu lieu et elle n’aura pas lieu. Alors que François Hollande candidat promettait que « [son] adversaire, [son] véritable adversaire » c’était « le monde de la finance », le Premier ministre de François Hollande président déclare, au siège du groupe AXA, que « nous avons besoin de la finance ».

Dans ce contexte, on comprend que le grand patronat soit gourmand : à chaque fois qu’il demande, il obtient ! C’est comme jouer au loto en sachant déjà qu’on va gagner… pourquoi se priver ? Pourquoi s’arrêter tant qu’il n’y a pas de résistance en face ? La lutte des classes, le grand patronat sait très bien qu’elle existe et, comme il a face à lui un pouvoir politique qui croit qu’en faisant des risettes au Medef on fait baisser le chômage, il en demande toujours plus.

Après avoir obtenu plusieurs dizaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux au moment même où il est demandé au peuple de « faire des efforts » et de « se serrer la ceinture », le grand patronat prépare sa prochaine offensive. Sans doute s’est-il senti renforcé par la manière dont le gouvernement a répondu aux grèves des cheminots et des intermittents : désormais, chacun sait que face à un mouvement social, François Hollande fait comme Nicolas Sarkozy et joue le pourrissement et l’épuisement de celles et ceux qui ne peuvent se priver trop longtemps de précieuses journées de salaires. Sans doute, aussi, le grand patronat se sent-il appuyé par les médias qui parlent d’« économies nécessaires », de « manque de compétitivité » et qui font passer les cheminots grévistes pour de dangereux terroristes. Sur ce dernier point, je vous invite d’ailleurs à aller consulter l’article de mon camarade de l’OPIAM sur le champ lexical utilisé par le Parisien, mais aussi cet excellent article d’Acrimed sur le vocabulaire utilisé par divers médias.

Je le disais : le grand patronat se sent fort et prépare sa prochaine offensive. Les signaux se font de plus en plus évidents et il est donc nécessaire de nous préparer à mener une bataille que le gouvernement ne mènera pas de notre côté de la barricade. Cette offensive sera contre le repos (entendu au sens large, c’est à dire autant la durée légale hebdomadaire du travail que le nombre de congés annuels ou encore le nombre d’années de cotisations pour pouvoir partir en retraite), et elle a déjà commencé.

Dans cette bataille qui s’avance, le grand patronat a décidé d’utiliser deux armes extrêmement efficaces : les sondages « d’opinion » et les enquêtes « scientifiques ». Armes d’autant plus efficaces qu’elles produisent des chiffres en tout genre, dont les médias sont friands. On peut donc s’attendre à des séries d’articles sur le temps de travail… et ça a déjà commencé.

1. Le sondage d’Ethic

 

Ethic : un mouvement patronal associé au Medef

Comme je l’expliquais dans mon article sur les sondages à la conemployés par les médias pour justifier qu’ils avaient bien eu raison de parler de « boulet du Front national » à propos de Jean-Marie Le Pen, ou comme l’expliquait encore mieux Pierre Bourdieu à propos des enquêtes d’opinion effectuées par un pouvoir politique pour appuyer ses réformes, les sondages ont un puissant effet de validation : ils sont une arme presque imparable pour dire « j’ai raison ». Comme l’explique parfaitement Bourdieu dans l’article que j’ai mis en lien :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible.  »

Cela, il n’y a pas que les personnalités politiques ou les médias qui l’ont compris : il y a aussi le grand patronat. Pour preuve ce sondageOpinionway commandé par « Ethic », le mouvement patronal dirigé par Sophie de Menthon. Ne vous laissez pas tromper par le nom : cette organisation n’a rien de particulièrement éthique. Pour vous situer l’organisation et sa dirigeante, voici ce que dit Sophie de Menthon à propos du travail des enfants :


Sophie de Menthon sur le travail des enfants par Toinou0409

Les gentilles multinationales contre les méchantes PME, il faut l’entendre pour le croire, mais c’est bien ce que pense Sophie de Menthon. Ajoutons, pour parfaire le tableau, que son organisation fait partie des « membres associés et partenaires du Medef », comme le prouve sa présence en page 2 de la liste fournie par le Medef lui-même.

Le traitement médiatique du sondage d’Ethic

L’organisation patronale « Ethic » a donc commandé un sondage. Etrangement, le résultat va tout à fait dans le sens du Medef… A tel point que Le Point a pu faire un article sur ce sondage, sobrement titré : « Scoop ! Les Français sont favorables aux réformes… ». Et le fait que soit signalée l’origine patronale du sondage ne pousse pasLe Point à questionner ledit sondage et à en chercher les limites. Non, tout au contraire : les résultats sont pris comme des données scientifiques sur lesquelles est fait un compte rendu objectif. Et pourtant, l’article du Point touche du doigt le principal problème de ce sondage. Voyez plutôt :

«  Les Français prêts à la fin de la durée légale du travail !

Mais les Français ne semblent pas seulement prêts à demander des efforts aux fonctionnaires : ils sont 63 % à approuver “la fixation du temps de travail par accord de branche ou d’entreprise, au lieu d’une règle nationale”. En clair, une fin des 35 heures, même si l’intitulé de la question se garde bien de les citer.  »

Le plus intéressant ici, c’est que l’article dénonce la formulation des questions (au point de devoir préciser « en clair, une fin des 35 heures ») mais en tire quand même des conclusions comme « Les Français prêts à la fin de la durée légale du travail ! ». Le point d’exclamation à la fin de cet intertitre en dit long sur la complicité médiatique avec le grand patronat.

Analyse critique du sondage d’Ethic

Allons dans le détail de ce sondage. Six grandes questions sont posées. Les voici :

- 1. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à la restriction du statut de fonctionnaire aux missions régaliennes de l’Etat (police, justice, armée et certains domaines de la santé) ? 
- 2. Êtes-vous favorable ou opposé(e) aux mesures suivantes ? – 1) En cas d’arrêt maladie, un nombre identique de jours de délai de carence pour les salariés du privé et du public ; 2) Une cotisation identique à l’assurance chômage pour les salariés du privé et du public ; 3) Un régime de retraite unique pour les salariés du privé et du public. 
- 3. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à une limitation importante du financement public des associations et à l’incitation aux dons privés, déductibles des impôts sur le revenu ou locaux, qui seront seulement complétés par les fonds publics en fonction des montants récoltés ? 
- 4. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à une réduction de 20 milliards d’euros par an des subventions aux entreprises en échange d’une baisse de charge ? 
- 5. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à la fixation du temps de travail par accords de branche ou d’entreprise, au lieu d’une règle nationale ? 
- 6. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à l’allongement d’un mois chaque année de l’âge de départ à la retraite pour bénéficier d’une retraite à taux plein ?

Évidemment, tout va toujours dans le sens des réformes proposées par le grand patronat, même si les choses sont plus ténues sur la question des retraites. Signalons d’abord qu’il existe dans chaque sondage ce qu’on appelle en science politique un « effet d’acquiescement », c’est à dire qu’une personne sondée a toujours plutôt une tendance à répondre positivement à une question plutôt que négativement. Si l’on observe la tournure des questions, on s’aperçoit d’abord qu’elles sont formulées systématiquement de manière à ce qu’une réponse « favorable » aille dans le sens de ce que préconise le grand patronat. D’autre part, les termes « favorable » et « opposé(e) » sont loin d’être équivalents puisque le premier est très fortement connoté de manière positive alors que le second est au contraire connoté très négativement. J’exagère ? Qu’on en juge par les listes de synonymies proposées par le CNTRL :

Favorable : bon, propice, bienveillant, beau, avantageux, heureux, indulgent, complaisant, bénéfique, bienfaisant… 
Opposé : contraire, inverse, hostile, ennemi, discordant, différent, antagoniste, incompatible, séparé, contradictoire…

On le voit : rien que le choix de l’outil interrogatif pose déjà un problème. Mais ça ne s’arrange pas quand on entre dans le détail de la formulation des questions :

- 1. Pour la question sur les missions régaliennes de l’État, qu’auraient répondu les sondés s’il leur avait été demandé « Êtes-vous d’accord pour que l’éducation de vos enfants soit désormais réalisée par des entreprises privées ? ». 
- 2. Pour la question « Êtes vous favorable ou opposé(e) aux mesures suivantes ? » (question 2), on s’aperçoit que la vraie question posée est celle de l’égalité. Comment être contre ce qui est dans la devise de notre pays ? Ce qui reste dans le non-dit, en réalité, c’est sur qui est fait l’alignement : le mieux ou le moins-disant ? Pas sûr que les gens auraient répondu pareil avec ces éléments-là en balance. 
- 3. Pour la question sur le financement des associations, rien n’est dit sur le cas où la fin des financements publics entraînerait la fin de l’activité associative et rien n’est dit sur la provenance des « dons privés ». D’autre part, la formule « seulement complétés par des fonds publics » donne l’impression qu’il n’y aurait pas de baisse massive des financements, ce qui est évidemment faux. 
- 4. Pour la question sur la réduction des subventions aux entreprises, qui pourrait être opposé à cela ? D’autant que l’idée d’une baisse « des charges », mot clairement connoté négativement, apparaît comme quelque chose de positif. Bien sûr, on ne précise ni le montant de cette baisse « des charges », ni à qui elle profiterait, ni quelles en seraient les conséquences. 
- 5. Pas besoin de revenir plus que ne l’a fait Le Point sur la question des accords de branche qui est une question sur les 35h. 
- 6. Enfin, la question sur la retraite est celle qui pose à la limite le moins de problème d’un point de vue scientifique (hors, bien sûr, la question du « favorable / opposé(e) ») mais il est intéressant de regarder les résultats détaillés où l’on s’aperçoit que chaque classe d’âge y est défavorable à l’exception des plus de 65 ans…

On le voit : ce sondage est hautement critiquable d’un point de vue scientifique. Le fait que ce soit un organisme patronal qui ait fait la commande doit normalement mettre la puce à l’oreille d’un journaliste critique, mais on voit que ce n’est pas le cas pour celui ou celle du Point, qui semble se réjouir du « résultat » complètement biaisé. Fait intéressant : cette fois, la ficelle est assez grosse pour que les gens ne se laissent pas avoir. Je vous invite à aller regarder les commentaires laissés sous l’article : ils sont moqueurs. Que disait Bourdieu, déjà ? « On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel ». Loupé, donc.

Mais le fait que l’opération soit un échec parce que Sophie de Menthon a pris des gros sabots ne doit pas nous rassurer pour autant. Voyez les questions posées : restriction du statut de fonctionnaire, augmentation du délai de carence, baisse du financement public des associations, nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises, fin des 35 heures, nouvel allongement de la durée de cotisation pour la retraite… Voilà ce que le grand patronat a encore dans ses cartons. Et on voit que plusieurs questions concernent la durée du travail (délai de carence, 35 heures, durée de la cotisation pour la retraite). Soyons donc très vigilants.

2. Le rapport « scientifique » de Coe-Rexecode

Je le disais plus haut, l’autre technique qui a été employée récemment par le grand patronat pour s’attaquer au temps de travail (ou plutôt au temps de repos) est l’utilisation d’une enquête « scientifique » visant à montrer, pour faire court, que les Français sont des paresseux qui se tournent les pouces, contrairement aux autres européens qui, eux, sont des gens travailleurs et motivés.

Coe-Rexecode : un institut du grand patronat

Avant de nous intéresser au fond de cette étude et à ses résultats médiatiques, intéressons-nous d’abord aux conditions sociales de sa production. Elle est le fruit du travail de l’institut « Coe-Rexecode » pour « Centre d’observation économique et de recherches pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises ». Ça en jette, non ? « L’expansion de l’économie » et « le développement des entreprises », ça doit déjà vous situer de quel côté de la barricade se situe l’institut.

Si l’on va maintenant faire un tour sur le site internet de « Coe-Rexcode », on trouve des choses particulièrement intéressantes. A la une, bien sûr, l’étude sur le temps de travail, avec le graphique le plus accablant possible pour la France : avoir une des durées du travail les moins élevées de l’Union européenne nous classe en 27e position (sur 28) là où les Roumains tiennent la première place du podium. En soi, l’ordre du classement en dit long lui aussi : j’aurais plutôt tendance naturellement à faire le classement dans l’autre sens et à mettre aux premières places les pays où l’on travaille le moins. Je vous mets une image de ce graphique et, à côté, une autre de la CGT datée de 1919. Elle a le mérite d’expliquer de manière assez simple ce qu’est la lutte des classes dans le domaine du temps de travail.

Toujours sur la page d’accueil de l’institut Coe-Rexecode on trouvait au moment où j’ai rédigé cet article un autre graphique : celui du « coût de la main d’œuvre en Europe », qui représente le « niveau du coût de l’heure de travail ». Les Français ont la barre qui monte le plus haut, ça veut dire qu’ils coûtent cher à leurs patrons. A côté de ça, les Britanniques, eux, ne coûtent pas cher à leurs patrons. Deux cibles dans le collimateur ici : le niveau de revenu et le niveau des cotisations patronales.

Rien que sur la page d’accueil, l’essentiel du discours du Medef était donc résumé au moment où j’ai écrit cet article : les Français ne travaillent pas assez et ils coûtent trop cher aux patrons. Ils ne sont pas assez esclavagisés au goût des puissants.

Ceci posé, il est intéressant d’aller faire un tour du côté des adhérents et généreux donateurs de cet institut. La liste est accessible sur le site. Et c’est là que ça devient cocasse, car parmi les 76 adhérents, on trouve :

30 entreprises du monde de la banque, de la finance et de l’assurance, avec l’essentiel des grandes banques françaises : BNP, BPCE (Banque populaire – Caisse d’Epargne), BRED-Banque Populaire, Crédit du Nord, Banque Postale et Société Générale. 
- 13 entreprises du CAC 40 : BNP, Société Générale, Bouygues, Air Liquide, L’Oréal, Lafarge, Renault, Saint-Gobain, Solvay, Total, EDF, Orange et GDF-Suez. Notez aussi la présence de PSA Peugeot-Citroën et Natixis, respectivement sorties du CAC 40 le 24 septembre 2012 et le 19 septembre 2011. 
- 15 organisations patronales membres du Medef : le CCFA, le CISMA, la FFA, la FFB, la FIM, la FPI, le GFI, le GIM, la LEEM, le SYMOP, le SYNTEC, UFIP, l’UIC, l’UIMM et l’UNICEM. 
- Le Medef lui-même en tant qu’organisation

Pour faire court, c’est bien simple : toutes les organisations adhérentes qui ne sont ni des entreprises ni des organismes publics sont des organisations membres du Medef ou le Medef lui-même

Bien sûr, on peut considérer que tout cela est le fruit du hasard. On peut penser que c’est tout à fait par hasard qu’un institut de recherche très majoritairement financé par des banques, des entreprises du CAC 40, le Medef et des organismes membres du Medef, fait des rapports sur le temps de travail qui vont exactement dans le même sens que ce que dit Pierre Gattaz.

On peut aussi penser, contrairement à Jérôme Cahuzac, que la lutte des classes n’est pas une théorie mais un fait concret, particulièrement palpable dans la situation présente. On peut penser que le rapport fourni par Coe-Rexecode est éminemment politique et qu’il ne survient pas à n’importe quel moment. On peut penser que si les classes pauvres, moyennes et précaires sont désorganisées, la classe des très riches, des puissants et des oligarques est, elle, organisée et combattive.

Les médias complices du grand patronat

La provenance du rapport aurait en soi mérité une enquête approfondie des journalistes, d’autant que l’orientation politique de l’organisme a déjà été mise en cause par le passé. Les chiffres avancés par Coe-Rexecode auraient normalement dû être questionnés en détail, du fait de leur probable manque d’objectivité (on a vu plus haut, par exemple, qu’il n’était pas neutre de présenter en bas de classement les pays ayant les temps de travail les moins élevés). Pourtant, les grands médias ont très largement repris les données du rapport sans les questionner. Mieux : certains ont carrément repris la dépêche AFP telle quelle. Si l’on compare par exemple l’article du Monde sur le sujet et celui de Challenges, on s’aperçoit que les phrases et les paragraphes sont globalement identiques et le sont même parfois au mot près.

Ainsi, dans la liste d’articles évoquant ce rapport que je fournis ci-dessous, seuls les deux derniers ont une attitude un minimum critique par rapport aux résultats : La Croix interroge un chercheur de l’OCDE pour avoir un point de vue différent ; Libération utilise un titre interrogatif, précise que l’institut est « proche du patronat », change l’ordre du classement du rapport (« notre pays se [situe], en 2013, au 2e rang des pays où l’on travaille le moins en Europe  »), compare les données de manière rigoureuse, précise qu’il existe une marge d’erreur dans ce type de données et, enfin, interroge sur la pertinence même des chiffres (« Une durée élevée du temps de travail, enfin, n’est pas forcément signe d’un haut niveau de développement »).

Voici la liste, sans doute non exhaustive, des articles que j’ai pu repérer. Notez bien l’orientation des titres et le déclinisme quasi général vis-à-vis de notre pays.

Le Figaro : « Exclusif : le rapport accablant sur le temps de travail des Français » 
Le Figaro : « Les Français travaillent cinq semaines de moins que les Allemands » 
Le Monde : « Les Français travaillent moins que les autres Européens » 
Les Echos : « Travail : les salariés français loin d’être les plus bosseurs, en Europe » 
Le Huffington post : « Temps de travail : le rapport qui accable les Français » 
TF1  : « Les Français travaillent 30 jours de moins que les Anglais » (et encore, si on en croit l’adresse du lien, le titre initial était même : « Les Français travaillent le moins en Europe ») 
Challenges : « La durée du travail en France est (presque) la plus faible d’Europe ». On notera le « (presque) » entre parenthèses, qui permet de dire qu’on est bien les plus mauvais et les plus nuls. 
RTL  : « Les Français ne travaillent pas assez » 
Libération  : « Les Français, travailleurs fainéants de l’Europe ? » 
La Croix : « Le temps de travail des Français à nouveau dans le collimateur »

Analyse critique du rapport de Coe-Rexecode

Pourtant, il y aurait eu matière à critiquer ce rapport et à en tirer des choses intéressantes. Ne souhaitant pas ici rallonger inutilement cet article, je ne ferai que donner des pistes de réflexion qui sont autant d’angles possibles qui auraient pu être adoptés par des médias critiques. J’ai déjà parlé de l’orientation pro-patronale de l’organisme Coe-Rexecode, je n’y reviens pas. De même, je ne reviens pas sur la manière dont les résultats sont présentés en classant derniers les pays où la durée du travail est la moins élevée, alors qu’il s’agit au contraire d’un indice du progrès social. L’article de Libération donne quant à lui des pistes utiles sur la question de la durée du travail, j’y reviendrai un peu plus bas.

Notons ici (mais nous y reviendrons) qu’en recoupant les données de l’institut Coe-Rexecode avec celles de l’OCDE [2] (dont on peut difficilement penser qu’il s’agit d’une organisation marxiste), on s’aperçoit qu’il existe des différences assez élevées entre les chiffres ; ainsi, en 2012, les salariés allemands travaillaient en moyenne 1597 heures par an pour Coe-Rexecode contre 1393 pour l’OCDE (écart de plus de 200 heures) et les Français 1553 heures pour Coe-Rexecode contre 1479 pour l’OCDE (écart de plus de 120 heures). Dit autrement : pour Coe-Rexecode, les Français travaillent moins que les Allemands ; pour l’OCDE, c’est l’inverse.

Mais il y a un point, pourtant capital, que je n’ai vu soulevé dans aucun article pour critiquer ce rapport : celui de la productivité horaire. Raisonner en termes d’heures de travail « dans l’absolu » est complètement abstrait si l’on ne sait pas ce qui est fait pendant ces heures de travail. Et ça, le grand patronat ne l’ignore pas ; c’est bien pourquoi l’étude elle-même ne fait pas le rapprochement.

Pour rendre les choses plus visuelles, j’ai préparé six graphiques que j’insère ci-dessous. Vous pouvez visionner chacun d’entre eux en cliquant sur la barre grise qui se situe juste en dessous du titre du graphique. Vous allez voir, c’est joli comme tout et ça bouge dans tous les sens. Notez tout de même avant de vous amuser :

- 1. que j’ai sélectionné l’année 2012 parce que la valeur de la production horaire moyenne par salarié (graphique 4, valeur également utilisée dans les graphiques 5 et 6) n’était pas disponible pour l’année 2013. 
- 2. que je n’ai mis dans ce graphique que les pays pour lesquelsl’OCDE fournissait cette donnée ; ne figurent donc pas ici la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Lettonie, la Littuanie, Malte et la Roumanie. 
- 3. que je n’ai mis dans ce graphique que les pays qui ont adopté l’euro pour monnaie afin d’éviter un effet des taux de change sur la valeur de la production ; ne figurent donc pas non plus ici la Pologne, la République Tchèque, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni et la Hongrie.

Le premier graphique, qui s’intitule « Durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps plein (Coe-Rexecode) » reprend les chiffres mis en avant par l’étude Coe-Rexecode et reproduit fidèlement le sens de classement utilisé par l’institut patronal. On voit ici la France à l’avant-dernière place, juste devant la Finlande ; l’Allemagne est quant à elle dans le premier tiers du classement. C’est ce graphique qui a été mis en avant par Coe-Rexecode, puis par l’AFP, puis par les journaux qui ont repris la dépêche AFP. L’objectif ici n’est d’ailleurs pas tant de s’en prendre aux 35 heures (puisque l’étude démontre qu’en moyenne les Français travaillent plus de 39 heures par semaine) qu’aux RTT, jours fériés et congés payés. Quand le grand patronat sent qu’il a le vent en poupe, plus rien ne l’arrête…

Le deuxième graphique, qui s’intitule « Durée effective annuelle moyenne de travail de l’ensemble des salariés (Coe-Rexecode) », reprend des données fournies par Coe-Rexecode… mais beaucoup moins mises en avant par l’institut. Comme le nom du graphique l’indique, il s’agit du temps de travail annuel de l’ensemble des salariés, qu’ils soient à temps plein ou à temps partiel. On s’aperçoit que la France et l’Allemagne font partie d’un ensemble de huit pays ayant un temps de travail moyen globalement similaire (entre 1546 heures par salarié pour la Finlande et 1648 heures pour l’Espagne), parmi les plus bas de la zone euro. Pourquoi une telle différence par rapport au graphique précédent ? C’est ce qu’explique Luc Peillon dans l’article de Libération que j’évoquais plus haut :

« Pour calculer (et comparer) le temps de travail de l’ensemble d’une société, il faut réintégrer les temps partiels. Leur développement ne constitue en effet, à l’échelle de la population active, rien d’autre qu’une forme (souvent imposée) de réduction du temps de travail, de la même manière que les 35 heures en France. Et l’Allemagne, pour ne citer qu’elle, est friande de cette RTT qui ne dit pas son nom. Elle compte ainsi 26,7% de temps partiels, contre 18% en France.  »

Le troisième graphique reprend exactement la même donnée, mais utilise les chiffres de l’OCDE. Pour certains pays, les choses ne changent pas beaucoup ; pour d’autres, en revanche, les différence sont énormes : l’Allemagne passe ainsi « derrière » (je reprend le vocabulaire patronal) la France ; le Luxembourg « perd » plusieurs places. L’Italie en « gagne » quelques unes. Hors quelques éléments stables (la Grèce et les pays de l’est sont dans les deux cas ceux où les travailleurs sont le plus exploités), le graphique est globalement chamboulé. La base des bases en matière de journalisme étant normalement de recouper les sources, on est en droit de se demander pourquoi cela n’a été fait dans aucun article alors même que des données contradictoires existent…

Au quatrième graphique, qui représente la productivité horaire moyenne en euro dans chaque pays [3], ça commence à devenir franchement croustillant, tant on voit à quel point le déclinisme généralisé des médias n’a pas lieu d’être. Pour faire simple, il s’agit de la valeur moyenne, en euros, de ce qui est produit par l’heure de travail d’un salarié. En observant ce graphique, on constate plusieurs choses très intéressantes :

- D’abord, puisque les médias comparent toujours la France et l’Allemagne, signalons que nous sommes devant ce pays en terme de productivité : un salarié français produit en une heure près de trois euros de plus qu’un salarié allemand. 
- Ensuite, on constate qu’il existe un écart assez considérable entre le Luxembourg et l’Irlande d’une part et les autres pays d’autre part. Cela vient de la taille des secteurs bancaires et financiers dans ces deux pays, qui sont disproportionnés. Les encours bancaires au Luxembourg représentent ainsi 21 fois le PIB du pays ; en Irlande, ils représentent 6,6 fois le PIB du pays. 
- Enfin, hors le Luxembourg et l’Irlande dont on vient de voir le poids du secteur bancaire, on constate que la France fait partie du groupe de tête qui se tient dans un mouchoir de poche (entre 45,4 et 45,7 euros produits par heure de travail) et qui comprend, en plus d’elle, les Pays-Bas et la Belgique. L’Allemagne se trouve quant à elle à mi-chemin entre ce groupe-ci et celui d’après où la productivité horaire d’un salarié tombe à 39,5 euros.

Les cinquième et sixième graphiques croisent la productivité horaire et le temps de travail moyen effectif sur une durée d’un mois. J’ai fait deux graphiques pour montrer l’effet considérable de la différence de chiffres de Coe-Rexecode et de l’OCDE sur le temps de travail (différence évoquée dans la comparaison entre les graphiques 2 et 3). Ainsi, alors que dans le graphique 5, qui prend les chiffres de Coe-Rexecode, l’Allemagne est juste derrière la France, elle se trouve reléguée en milieu de tableau avec les chiffres de l’OCDE, quand la France conserve sa quatrième place (et même sa deuxième place si l’on sort du tableau le Luxembourg et l’Irlande). Alors que l’écart de productivité mensuelle entre la France et l’Allemagne est de 200 euros par salarié si l’on s’appuie sur les chiffres de Coe-Rexecode, il est de 650 euros par salarié si l’on prend les chiffres de l’OCDE. 

***


Qu’il le fasse à l’aide de sondages ou à l’aide d’enquêtes « scientifiques », le grand patronat est en train de travailler au corps l’opinion publique pour s’en prendre au temps de repos. Il est difficile de prédire si la prochaine attaque se fera contre les 35 heures, contre les congés et RTT, contre les jours fériés ou contre la retraite, mais cette attaque arrivera bientôt, probablement au début de l’année prochaine.

Alors que le grand patronat est clairement passé à l’offensive, François Hollande cède mois après mois un peu plus des acquis sociaux acquis de haute lutte par ceux qui ne niaient pas la lutte des classes.

Dans le même temps, la presse a quasiment cessé toute activité critique et prend de plus en plus pour argent comptant (c’est le cas de le dire) les chiffres fournis par le grand patronat.

Dans une logique circulaire, le grand patronat utilise ensuite les articles d’une presse qui se prétend « objective » pour renforcer son propre discours. C’est ainsi, par exemple, que Pierre Gattaz peut « retweeter » un article de RTL faisant état de l’étude de Coe-Rexecode sur le temps de travail. Dit autrement, Pierre Gattaz paie pour qu’un institut fasse des études économiques qui sont reprises par la presse puis reprises par Pierre Gattaz. La boucle est bouclée.

La lutte des classes n’est pas une religion : c’est un fait socio-économique. Toute la difficulté est de réussir à le rendre visible quand le grand patronat, la presse et le gouvernement cherchent à le faire disparaître.

J’espère que l’exemple étudié ici rend cette lutte des classes palpable. Il est fondamental de le faire chaque fois que cela est possible afin que cesse l’idée que les accapareurs de richesse sont ceux que les puissants gavés d’argent appellent « les assistés ». Ils utilisent ce mot pour diviser les classes pauvres des classes moyennes et faire en sorte que personne ne regarde les vrais accapareurs : grand patronat, actionnaires, financiers, oligarques en tout genre. N’oubliez pas que les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié de l’humanité et que si la loi forçait les vrais accapareurs de richesse à partager, le monde irait bien mieux.

Tenez, prenons un exemple concret tiré des graphiques que je vous ai présentés plus haut. On a vu que la productivité mensuelle moyenne d’un Français salarié se situait entre 5 600 et 5 900 euros (graphiques 5 et 6). Pourtant, le salaire net moyen en France n’était en 2011 que de 2 128 euros et le salaire net médian de 1 712 euros [4]. À votre avis, à qui profite l’écart entre la productivité et le salaire ? [5]

Antoine Léaument

Notes

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

[2] Pour consulter les données, sélectionnez « Average hours worked per person engaged ».

[3] Source : OCDE. Sélectionnez la valeur « GDP per hour worked, national currency, constant prices » pour retrouver ces données.

[4] Pour ces chiffres, voyez cet article assez complet. Vous pouvez également utilisercet outil, qui vous permet de comparer votre revenu avec celui de la population française.

[5] Il s’agit là d’un raccourci polémique de l’auteur. La totalité de la différence entre la productivité moyenne des salariés et le salaire moyen ne revient évidemment pas à l’actionnaire : une grande partie de cette productivité va dans les salaires, puis dans les impôts, puis dans les remboursements d’emprunts, puis dans les investissements de l’entreprise et puis, bien sûr, dans les poches de l’actionnaire. Ceci dit, si la part des salaires dans le PIB reste supérieure à celle des dividendes, la première baisse constamment depuis une trentaine d’années, tandis que la seconde ne cesse d’augmenter... (Note d’Acrimed)

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 15:32

5 millions de chomeurs, 10 millions de pauvres, 87% des embauches se faisant sous statut de CDD... Voici le lourd climat dans lequel se tient la 3eme conférence sociale du quinquennat de François Hollande. Malgré cette situation gravissime dont les premières victimes sont les chômeurs et les salariés, le dialogue social est une nouvelle fois violenté. La décision du Premier ministre sur le compte pénibilité, sous l'injonction du président du MEDEF, Pierre Gattaz, est inacceptable. Elle en dit long sur Manuel Valls, ses méthodes et sa conception du dialogue social. 

Cette pseudo concertation a tout d'un piège pour préparer de nouvelles concessions à l'appétit insatiable du MEDEF qui lorgne ouvertement sur la fin des seuils sociaux et la mise en pièce du code du travail. Un piège qu'une partie des syndicats de salariés (CGT, FO, FSU, après Solidaires) a mis à jour en annonçant le boycott de la deuxième journée du sommet social.

 

Démocratie parlementaire attaquée par les menaces et les rappels à l'ordre, démocratie locale méprisée avec la réforme territoriale, le gouvernement n'aime pas davantage la démocratie sociale. Cette 3ème conférence prend des allures d'un stand de ball-trap sponsorisé par le MEDEF où les cibles sont les droits sociaux des salariés. Le gouvernement invite. Gattaz savourera l'entrée, le plat de résistance et le dessert. Le pays payera la facture. 

 

PCF Front de Gauche

 

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 06:41
http://www.france-palestine.org/Lettre-ouverte-a-Francois-Hollande,23848

Lettre ouverte à François Hollande
Claude Léostic, Taoufiq Tahani, Pierre Tartakowsky,  mardi 8 juillet 2014
Mon­sieur François Hol­lande Palais de l’Elysée 55 rue du Fau­bourg St Honoré 75008 PARIS
Paris, le 4 juillet 2014
Mon­sieur le Pré­sident,
Nous, associations de défense des droits de l’Homme condamnons sans réserve les assassinats des trois jeunes Israé­liens retrouvés près d’Hébron le 30 juin 2014 et du jeune Pales­tinien à Jérusalem-​​Est le2 juillet 2014. Nous sommes par­ti­cu­liè­rement inquiets de l’intensification des attaques contre des civils dans le Ter­ri­toire pales­tinien occupé par les forces israé­liennes et du climat de haine qui s’installe en Israël à travers notamment des « appels à tuer les Arabes ».
L’opération militaire israé­lienne dite « Gar­diens de nos frères » lancée quelques jours après la dis­pa­rition des trois jeunes Israé­liens le 12 juin dernier, avait pour objectif officiel de les retrouver. Les moyens déployés par la puis­sance occu­pante pour ce faire se sont rapi­dement révélés dis­pro­por­tionnés. Au lieu d’une enquête métho­dique, une vio­lente cam­pagne de répression a été lancée en Cis­jor­danie. A l’heure actuelle, le bilan est très lourd : 12 Pales­ti­niens ont été tués, dont 9 civils. Environ120 Pales­ti­niens ont été blessés. Au moins 640 per­sonnes ont été arrêtées à travers toute la Cis­jor­danie, dont 250 membres du Hamas, ainsi que 23 par­le­men­taires et de très nom­breux enfants. Plus de 1 200maisons et bureaux ont été sac­cagés lors de raids, les ter­rains agri­coles déli­bé­rément ravagés lors des para­chu­tages. Les maisons des familles de deux Pales¬ti-niens « déclarés cou¬pables » de l’enlèvement – sans que la preuve en ait été apportée – ont été immé¬dia¬tement démolies. Deux ten­ta­tives d’enlèvement d’enfants pales­ti­niens par les colons – dont une réussie - ont eu lieu à Jéru­salem Est. Des colons en voiture ont essayé d’écraser des Pales­ti­niens près d’Hébron - dont une enfant de 9 ans. Paral­lè­lement, les bom­bar­de­ments se sont inten­sifiés sur la bande de Gaza vers laquelle convergent des unités au sol, et trois avant-​​postes illégaux ont été établis par des colons en zone E1.
L’assassinat de ces trois jeunes Israé­liens ne peut jus­tifier la punition col­lective infligée au peuple pales­tinien. Nous sommes très pré­oc­cupés par la mul­ti­pli­cation des appels à la « ven­geance » lancés par de nom­breux res­pon­sables poli­tiques israé­liens, dont le Premier ministre Ben­jamin Neta­nyahou qui a déclaré lundi 30 juin que « la ven­geance pour le sang d’un ado­lescent ou d’un jeune homme n’est pas un travail du diable ». Le ministre du logement Uri Ariel a appelé à « com­mencer une vague de construction dans les colonies en réponse au meurtre des kid­nappés ». Le ministre de l’économie Naftali Bennett a déclaré que « les assassins d’enfants et ceux qui les dirigent ne peuvent être par­donnés. Il est temps de passer à l’action, pas aux mots ». Cet appel à la ven­geance semble avoir été entendu, ainsi, mer­credi 2 juillet, à l’aube, un jeune Pales­tinien a été enlevé et tué à Jérusalem-​​Est.
Ce recours excessif à la force contre des civils pales­ti­niens par l’armée israé­lienne doit être offi­ciel­lement et clai­rement condamné par la France au plus haut niveau. Toute punition col­lective est une vio­lation grave du droit inter­na­tional, notamment de la qua­trième Convention de Genève relative à la pro­tection des per­sonnes civiles en temps de guerre du 12août 1949.
Il est néces­saire de rap­peler que depuis 20001 406 enfants pales­ti­niens et 129 enfants israé­liens ont été tués. Trois mineurs pales­ti­niens ont été tués depuis le début de cette vio­lente cam­pagne de répression. Ce décompte macabre ne suscite ni condam­nation ferme et offi­cielle, ni message de soutien aux familles de la part des Etats amis d’Israël en général, et de la France en par­ti­culier.
La France, en tant que Haute Partie contrac­tante à la qua­trième Convention de Genève a l’obligation de res­pecter et de faire res­pecter la Convention en toutes cir­cons­tances (article 1) et de prendre toutes les mesures néces­saires pour pour­suivre les per­sonnes ayant commis, ou donné l’ordre de com­mettre des infrac­tions graves à la qua­trième Convention de Genève (article 146).
Dans ces cir­cons­tances, nous vous demandons de dénoncer sévè­rement les puni­tions col­lec­tives infligées au peuple pales­tinien et de rap­peler au gou­ver­nement israélien son obli­gation de res­pecter le droit inter­na­tional. S’il ne s’y conforme pas, d’adopter toute mesure ferme et per­ti­nente pour mettre un terme à ces crimes.
C’est éga­lement dans ce contexte que nous sol­li­citons auprès de vous un rendez-​​vous afin que vous puissiez nous com­mu­niquer la position de la France.
Dans l’attente de votre réponse et dans l’espoir que vous ferez suite à notre demande, nous vous prions d’agréer, Mon­sieur le Pré­sident, l’expression de notre haute consi­dé­ration. Nous vous informons par ailleurs que nous ren­drons cette lettre publique et que nous adres­serons une copie à Mon­sieur Laurent Fabius, ministre des Affaires étran­gères et du Déve­lop­pement international.
Claude Léostic Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
Taoufiq Tahani Président de l’Association France Palestine Solidarité
Pierre Tartakowsky Président de la Ligue des droits de l’Homme France. 
logo AFPS
Partager cet article
Repost0
7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 06:28
L'UMP aurait payé 24.000 euros de billets d'avion à Mme Copé

06 juillet 2014 |  Par La rédaction de Mediapart

L’audit des comptes de l’UMP, demandé par le trio Fillon-Juppé-Raffarin, doit être présenté mardi 8 juillet au bureau politique du parti.

Jean-François Copé n'en a pas fini avec les comptes de l'UMP, après avoir été contraint à la démission à la suite du scandale Bygmalion. Selon Le Journal du dimanche, les auditeurs chargés de mettre au clair les comptes du parti auraient découvert que l'UMP a en particulier réglé l’année dernière 24 000 euros de billets d’avion à l’épouse de Jean-François Copé, Nadia. L'ex-président de l'UMP aurait lui dépensé 27 000 euros de billets d'avion. Selon un cadre cité par le JDD, ses billets d'avion auraient dû être pris en charge par Génération France, le micro-parti de Jean-François Copé. « Au début de la présidence Copé, on avait fait prendre en charge les billets d'avion de Mme Copé par Génération France, et après, Jérôme Lavrilleux avait dit qu'il s'en occupait ; apparemment c'est le parti qui a payé », explique-t-il au journal. 

Les salaires de certains cadres sont également épinglés par cet audit. Selon le JDD toujours, Geoffroy Didier, cofondateur avec Guillaume Peltier de la Droite forte, perçoit ainsi 8 500 euros brut en tant que « collaborateur » de Brice Hortefeux – dont il a notamment été la plume place Beauvau.

http://www.mediapart.fr/journal/france/060714/lump-aurait-paye-24000-euros-de-billets-davion-mme-cope

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 08:00
Front de Gauche : bilan et perspectives 

samedi 28 juin 2014

Les élections municipales et européennes ont été un échec pour le Front de Gauche, au regard de ses ambitions et de son potentiel. Les européennes ont accentué le tableau des municipales – et il est clair : entre 2009 et 2014, le FN progresse de 3,6 millions de voix, le Front de Gauche de seulement 130 000 voix.

Le Front de Gauche avait annoncé de longue date son ambition d’arriver en tête de la gauche lors de ces élections européennes. Avec 14 % des voix, le PS poursuit sa chute ; elle est la conséquence inéluctable de la crise du capitalisme et de la politique d’austérité que mène le gouvernement « socialiste ». Mais cela ne profite pas au Front de Gauche. François Hollande recueillait 10,2 millions de voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, contre 2,65 millions aux dernières élections européennes. L’écart – plus de 7,5 millions de voix – est tellement important qu’il ne suffit pas d’évoquer la spécificité du scrutin européen et le haut niveau de l’abstention pour répondre à la question : pourquoi, sur les millions d’électeurs socialistes de 2012 qui n’ont pas voté PS en 2014, aucun – ou presque – n’a voté Front de Gauche aux européennes ? Autrement dit : comment se fait-il que dans un contexte de crise majeure du système capitaliste, alors que le PS au pouvoir mène une politique d’austérité dont personne ne veut (à part le patronat), le Front de Gauche ne progresse pas ?
Si l’on regarde l’ensemble du cycle électoral du Front de Gauche depuis sa création, en 2009, on n’a pas seulement affaire à une stagnation, mais à un reflux. En 2014, le Front de Gauche réalise pratiquement le même score qu’en 2009. Or en avril 2012, au terme d’une campagne électorale marquée par des meetings massifs et très enthousiastes, Jean-Luc Mélenchon recueillait 4 millions de voix, contre 1,25 million pour le Front de Gauche en 2014. Ici aussi, l’écart est trop important pour se contenter d’évoquer, en guise d’explication, l’abstention élevée aux européennes. Car le FN résiste bien mieux à l’abstention : il recueille 4,7 millions de voix en 2014, contre 6,4 millions en avril 2012, soit un ratio de 74 %. Le Front de Gauche, lui, ne parvient en 2014 qu’à 31 % de son résultat de 2012, en nombre de voix.
Ces résultats ont envoyé une onde de choc dans les organisations du Front de Gauche. Chacun s’efforce de comprendre et de faire des propositions. Des réunions nationales pour « relancer » le Front de Gauche sont annoncées. De nombreuses tribunes et contributions ont été publiées dans L’Humanité et sur les blogs de responsables du Parti de Gauche (PG). Le débat doit être mené à tous les niveaux du Front de Gauche, de la base au sommet. Et il doit aboutir à des modifications profondes de son programme et de sa stratégie, car c’est évidemment là que réside le problème – et aussi, dès lors, la solution.

La faute au PS ?
Après un échec électoral, la tentation existe toujours d’y voir la conséquence de « conditions objectives » défavorables. Ainsi, au lendemain des élections européennes, la direction du PG a découvert une théorie que les dirigeants du PCF affectionnent depuis de nombreuses années et qui prend la forme du syllogisme suivant : le PS est discrédité ; or le PS est identifié à « la gauche » ; donc toute « la gauche » (Front de Gauche compris) pâtit du discrédit du PS. Eric Coquerel, secrétaire national du PG, écrit par exemple sur son blog : « La raison première de notre échec est simple : pour la très grande majorité de nos concitoyens, le gouvernement c’est LA gauche. Et nous sommes assimilés à cette politique ou du moins rangés dans ce camp. »
Militants communistes, combien de fois avons-nous entendu ce raisonnement au lendemain de revers électoraux ? Or il suffit de renverser l’argument pour mieux poser le problème : si le PCF et le PG ne s’étaient pas eux-mêmes associés, de différentes façons, aux politiques pro-capitalistes du PS et des Verts, les électeurs ne seraient pas tentés de les mettre tous dans le même sac « de gauche ». Autrement dit, on donne le bâton pour se faire battre, puis on se plaint du fait que les « circonstances » nous maltraitent. Nous y reviendrons plus loin.
Par ailleurs, si vraiment c’était « la faute aux socio-démocrates », comment expliquer les progrès, aux élections européennes, de Syriza en Grèce, d’Izquierda Unida en Espagne, du PCP au Portugal et du PTB en Belgique ? Il faut aussi analyser, en Espagne, le succès très significatif de Podemos, perçu comme se situant à gauche d’Izquierda Unida. Dans tous ces pays, il y a une social-démocratie enracinée de longue date et aujourd’hui profondément discréditée. Cela n’a pas empêché les partis se situant sur sa gauche de progresser.
L’impact de la crise
Nous ne voulons pas nier l’influence des conditions objectives. Par exemple, l’extrême gravité de la crise économique et sociale en Grèce constitue évidemment le cadre général de l’ascension rapide de Syriza, qui est passé de 5 % à près de 30 % de voix. Les dirigeants de Syriza n’étaient pas plus radicaux que ceux du Front de Gauche ; ils le sont encore moins aujourd’hui qu’ils s’approchent du pouvoir. Mais face aux plans de rigueur draconiens mis en œuvre par le PASOK au pouvoir, d’une part, et à la prostration sectaire du KKE, d’autre part, les engagements verbaux des chefs de Syriza contre les politique d’austérité ont déterminé une rapide recomposition de la gauche grecque. L’impasse des nombreuses grèves générales de 24 heures – qui ne pouvaient aboutir à rien, dans un contexte d’effondrement économique – a également favorisé un transfert de la radicalisation des masses grecques sur le terrain politique. En tenant compte de ces différents facteurs, l’ascension de Syriza s’explique sans difficulté.
En France, la crise économique et la régression sociale n’ont pas encore atteint des dimensions aussi catastrophiques qu’en Grèce. François Hollande mène une politique de rigueur qui, comparée à ce que subissent le Grecs, pourrait être qualifiée de « modérée », si elle ne marquait pas déjà au fer rouge la chair et l’esprit de millions de personnes. Le chômage et la précarité augmentent, les services publics sont attaqués, les niveaux de vie régressent – mais à un rythme moins rapide qu’en Grèce (ou en Italie, au Portugal et en Espagne). Ce contexte général pourrait expliquer que le Front de Gauche ne progresse pas aussi rapidement que Syriza en Grèce. Mais en aucun cas il n’explique le reflux du Front de Gauche entre 2012 et 2014. Les raisons de ce reflux ne doivent donc pas être cherchées dans les conditions objectives, mais dans l’incapacité du Front de Gauche, ces deux dernières années, à donner une expression adéquate à la colère qui monte dans le pays. Car en réalité, la situation est toujours extrêmement favorable au développement du Front de Gauche.
On aurait tort, cependant, de tabler sur le fait que le développement de la crise, en France, poussera mécaniquement la radicalisation des masses vers le Front de Gauche, de sorte qu’il nous suffirait d’attendre la vague sans trop nous soucier de notre ligne et de notre stratégie. Le Front de Gauche ne connaîtra pas automatiquement le même type d’ascension que Syriza. A cet égard, l’exemple de l’Italie, où la crise est encore plus profonde qu’en France, doit être médité par tous les militants du Front de Gauche. D’erreurs en trahisons, la direction du PRC a réussi à saborder ce qui restait du puissant Parti Communiste Italien. En quelques années, le PRC a pratiquement disparu de la carte politique. La relation dialectique entre les « conditions objectives » et les erreurs des dirigeants de gauche peut être fatale aux partis ouvriers.
La stratégie électorale du PCF
Nous ne répèterons pas ici ce que nous avons écrit sur l’impact très négatif de la division du Front de Gauche aux élections municipales. Cette division et les alliances au premier tour avec le PS et les Verts – deux partis gouvernementaux, à l’époque – ne pouvaient que semer la confusion parmi tous ceux qui cherchent une alternative à la « gauche » gouvernementale, laquelle mène une politique de droite.
Cette leçon est-elle enregistrée, désormais, par les dirigeants du Front de Gauche ? Malheureusement pas. Dans une tribune publiée dans L’Humanité, fin avril, et signée par une quinzaine de dirigeants du PCF (et non des moindres), la question est abordée en ces termes : « nous récusons l’idée que la condition de l’efficacité et de la lisibilité de notre stratégie soit l’autonomie électorale. […] La première condition d’un rassemblement utile à nos concitoyens et capable de créer des convergences politiques fortes, c’est de respecter la souveraineté des composantes du Front de gauche sur leurs choix électoraux comme sur l’ensemble de leurs décisions. Les oukases à répétition de Jean-Luc Mélenchon doivent cesser ! »
Ainsi, au nom de la « souveraineté » du PCF, ces dirigeants veulent pouvoir faire toutes sortes d’alliances avec le PS – comme au premier tour des municipales – sans avoir à subir les « oukazes » de ceux qui leur font observer que dans le contexte actuel, de telles alliances sont une stratégie suicidaire pour le PCF et pour le Front de Gauche. « Laissez-nous saborder en paix le PCF et le Front de Gauche, si cela plait à notre souveraineté ! » Comme militants communistes embarqués sur le même navire, nous ne sommes pas d’accord avec cette conception de la « souveraineté » du PCF. Si elles prolongent ce qui s’est fait aux municipales, les alliances du PCF aux prochaines échéances électorales porteront gravement atteinte à la crédibilité du parti et du Front de Gauche.
En réponse aux critiques du PG sur la stratégie électorale du PCF, les signataires de cette tribune ajoutent : « Notre erreur est précisément d’avoir progressivement fait du Front de gauche un rassemblement à visée principalement électorale ». Or comment caractériser, au juste, la stratégie d’alliances du PCF avec le PS au premier tour des municipales, sinon comme une « visée » non seulement« électorale », mais même principalement électoraliste, sans principe, subordonnée au seul objectif à court terme d’obtenir un maximum d’élus ? Enjambant sans mot dire cette contradiction, les auteurs de la tribune s’élèvent alors très au-dessus des considérations bassement « électorales » et ouvrent la perspective suivante : « De nouveaux espaces d’intervention populaire doivent être mis en place avec l’objectif de créer une nouvelle culture politique dans le pays. Cela nécessitera un travail de proximité par la création de milliers d’espaces dans les quartiers, les villages et sur les lieux de formation et de travail. Non des assemblées qui servent de tribune aux composantes du Front de gauche, mais des ateliers politiques en lien avec les luttes sociales pour reconstruire progressivement un lien de confiance avec les citoyens, les travailleurs, les jeunes de notre pays et co-élaborer avec eux un projet alternatif de gauche. »
Tous les militants du PCF seront d’accord avec le projet d’enraciner le Front de Gauche dans la population. Le PCF devrait toujours être au cœur des luttes et des débats qui traversent le mouvement ouvrier. Ceci devrait occuper une place plus importante dans la vie interne et publique du parti, qui a trop tendance à être rythmée par les campagnes électorales. Mais pour que le « travail de proximité »rencontre un écho favorable dans la population, pour que les militants communistes sur le terrain n’occupent pas trop seuls les « milliers d’espaces »qu’il s’agit de créer, il faut que la stratégie électorale du PCF soit claire et cohérente. Chassée par la porte, cette question reviendra par la fenêtre. Le PCF ne pourra pas progresser sans une rupture politique claire avec le PS, notamment en matière de stratégie électorale. Sans une telle rupture, on aura le plus grand mal à impliquer la population dans nos activités publiques contre les politiques d’austérité. Le double jeu – alliances avec le PS au plan électoral, lutte contre l’austérité sur le terrain – nous mettra (et nous met déjà) dans une position intenable.
Les dirigeants communistes signataires de cette tribune avancent encore une autre explication du reflux du Front de Gauche : ses débats internes se seraient« transformé(s) ces derniers mois en une bataille de leadership illisible pour nos concitoyens. » Or en réalité il n’y a pas de « bataille de leadership ». Pour la masse de la population, le « leadership » du Front de Gauche se confond largement avec la personne de Jean-Luc Mélenchon. C’est une conséquence de sa candidature à la présidentielle, de la radicalité de sa campagne de 2012 et de l’enthousiasme qu’elle a suscité. Les signataires de la tribune en question le savent parfaitement. Cette histoire de « bataille de leadership » ne sert qu’à couvrir – pour ne pas en parler – les divergences politiques et stratégiques qui se sont exprimées, à l’occasion des municipales (mais pas seulement), sur l’attitude que le Front de Gauche doit adopter à l’égard du PS.
Le PG, les Verts et la « gauche du PS »
La direction du PG a elle aussi contribué à affaiblir le Front de Gauche, en particulier avec sa stratégie d’alliances avec les Verts (EELV) et sa perspective de constituer avec ce parti une « nouvelle majorité ».
Jusqu’au lendemain des élections municipales, les Verts (EELV) étaient au gouvernement – et donc comptables de la politique réactionnaire de François Hollande. Ils ont quitté le gouvernement dans l’espoir de ne pas être entrainés par le PS dans sa chute. Aux européennes, ils ont tout de même perdu 1,1 million de voix par rapport à 2009. C’est le parti qui a perdu le plus de voix. Il aurait encore plus reculé s’il n’avait pas quitté le navire « socialiste » en perdition, après y avoir loyalement soutenu les contre-réformes et les coupes budgétaires. Combien des 1,1 million de voix perdues par les Verts se sont reportées sur le Front de Gauche ? Aucune ou très peu. Un certain nombre d’entre elles se sont sans doute portées sur les listes UDI-Modem, qui font 450 000 voix de plus que le Modem en 2009. Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé n’a pas tardé à tirer ses propres conclusions du scrutin européen : il propose à son parti de se tourner vers le Modem.
La direction du PG a sans cesse cherché à attirer les responsables d’EELV sur le terrain de « l’écosocialisme ». Mais ces derniers sont acquis à l’économie de marché ; ils ne veulent pas entendre parler du socialisme authentique. En conséquence, leur programme « écologique » est parfaitement compatible avec les politiques d’austérité, qu’ils n’ont pas hésité à défendre au gouvernement. Or dans le contexte actuel, tous les partis qui seront liés aux politiques d’austérité,d’une façon ou d’une autre, seront sévèrement sanctionnés. C’est l’une des principales leçons des élections européennes. Se tourner vers EELV, c’est se tourner vers une baudruche électorale déjà complètement discréditée aux yeux des éléments les plus radicalisés de la jeunesse et du salariat. C’est donc s’exposer, par ricochet, au même discrédit. Et qu’on ne pense pas régler ce problème en expliquant se tourner uniquement vers la « gauche » des Verts : si tant est qu’une chose pareille existe et pèse quoi que ce soit, personne n’en est informé – et cela n’a du moins aucune espèce d’existence distincte dans la conscience des masses. Par exemple, tous les députés Verts ont voté la contre-réforme du rail au Parlement.
La stratégie du PG à l’égard des Verts (ou de la « gauche du PS ») suscite de nombreux débats de sa base à son sommet. Le 18 juin, Jean-Luc Mélenchonévoquait sur son blog le « rapport du Front de Gauche aux dissidents socialistes et Verts ». Il écrivait : « La réunion de mes amis en Conseil national m’a rendu le service que j’en attendais : y voir plus clair. Un point en particulier m’a frappé. Quelque chose que je n’avais pas vu, du fait de mon implication personnelle dans les discussions avec les partenaires institutionnels de la gauche. Beaucoup me mettent en garde : les regroupements de groupes et partis politiques ne sont pas l’essentiel à cette heure. Il existe une lame de fond de rejet de tout ce qui touche à "la politique". L’activité de ceux qui veulent tourner la page de ce système ne doit surtout pas donner l’impression de résumer sa préoccupation à la préparation d’élections et aux alliances qui vont avec. J’entends ce message et je crois qu’il touche juste. Surtout si l’on tient compte du fait que les "dissidents" socialistes et Verts sont pour l’instant plus forts en mots qu’en actes. […] Beaucoup d’entre eux veulent surtout négocier des corrections à l’intérieur de la trajectoire définie par le gouvernement. »
C’est exact. Mais il faut préciser une chose : la « lame de fond de rejet » ne frappe pas « tout ce qui touche à la "politique" » en général. Elle frappe surtout les partis politiques qui se situent « à l’intérieur de la trajectoire définie par le gouvernement », comme l’écrit Mélenchon, c’est-à-dire qui défendent une politique d’austérité – ou qui se trouvent associés, notamment par des alliances électorales, à des partis qui défendent une politique d’austérité. C’est en cela que résidait la grave erreur des alliances du PCF avec le PS – et du PG avec les Verts – au premier tour des élections municipales.
Mélenchon ne tire pas toutes les conclusions de ce qu’il avance. Dans la même note de blog, il écrit en effet : « Les Verts ont donné la consigne de ne pas voter le collectif budgétaire du gouvernement, c’est-à-dire l’inepte pacte de responsabilité. Quand on vote contre le budget, qu’est on, sinon dans l’opposition ? Ainsi, d’un seul coup, quels que soient, pour finir, la réalité et le nombre des votes négatifs des députés Verts, l’opposition de gauche s’élargit d’un parti supplémentaire. » Non : l’« opposition de gauche » ne s’est pas élargie d’un millimètre sous prétexte que la direction nationale des Verts donne des consignes que les députés Verts s’empressent de ne pas respecter. La direction nationale, d’ailleurs, ne leur en demande pas tant. Ses pseudo-consignes font partie intégrante de manœuvres visant à « négocier des corrections à l’intérieur de la trajectoire définie par le gouvernement ». Dès lors, présenter les Verts comme faisant partie de « l’opposition de gauche », ce n’est pas renforcer celle-ci, c’est au contraire la discréditer aux yeux de tous ceux qui cherchent une alternative de gauche sérieuse à la politique réactionnaire du gouvernement.
Les mêmes remarques s’appliquent évidemment aux socialistes « dissidents ». La « gauche du PS » n’a jamais été dans un aussi piteux état. Formés à l’époque de réaction idéologique et de relative croissance économique des années 90 et 2000, ses cadres n’ont pas d’autre horizon que l’économie de marché. Face à la politique réactionnaire du gouvernement, ils protestent, s’agitent, menacent de ne pas voter la confiance à Manuel Valls – puis, lassés par tant d’émotions, capitulent. Sur les quelque 90 députés socialistes qui avaient signé un texte menaçant de ne pas voter la confiance, seuls 11 se sont abstenus, finalement. Tous les autres ont voté pour. Aucun n’a voté contre. Tout ce que ces « dissidents » osent demander au gouvernement, c’est un peu moins d’austérité,un peu moins de coupes budgétaires, comme si celles-ci étaient quand même inévitables. En conséquence, la « gauche du PS » n’existe guère plus que la « gauche des Verts » dans la conscience de la population. Lorsqu’on leur parle de députés PS « dissidents », les travailleurs regardent vers les bancs socialistes de l’Assemblée nationale, mais ne perçoivent qu’un magma indifférencié votant les coupes budgétaires avec plus ou moins d’enthousiasme. Ils en concluent, à juste titre, qu’on cherche à leur faire prendre des vessies pour des lanternes.
Mélenchon ajoute un élément important, dans la même note de blog. Il appelle le Front de Gauche à se tourner vers les luttes : « le cœur du moment est dans l’action de combat et dans les luttes à épauler et conforter autant qu’on le peut. C’est là qu’est le moteur du Front du peuple que nous voulons faire émerger. […] c’est à l’aide aux luttes de terrain qu’il faut s’appliquer. » C’est tout à fait correct. Malheureusement, le comportement du député PCF André Chassaigne, pendant la récente grève des cheminots, a abouti au résultat contraire. Nous y reviendrons ailleurs. Ce qui est clair, c’est que le Front de Gauche doit se tourner en priorité vers les salariés en lutte contre le patronat et la politique gouvernementale. Il doit développer son implantation parmi les éléments les plus combatifs de la classe ouvrière. Le PCF et le PG doivent tourner le dos aux alliances sans principe et aux manœuvres d’appareils avec le PS et les Verts, au profit d’un travail patient et systématique en direction des millions de jeunes et de travailleurs qui cherchent une alternative au capitalisme en crise.
Le programme du Front de Gauche
Le Front de Gauche doit être au premier rang de toutes les luttes contre l’offensive du patronat et du gouvernement « socialiste ». Mais il doit aussi défendre un programme qui s’attaque aux causes fondamentales de la crise du capitalisme et de la régression sociale qu’elle entraîne. On ne doit pas seulement aider les travailleurs en lutte ; on doit s’efforcer de les entraîner dans une lutte politique contre le système capitaliste dans son ensemble. Pour ce faire, il nous faut un programme qui lie étroitement les revendications immédiates des travailleurs à l’objectif d’une rupture avec le système capitaliste.
Dans le Programme de Transition (1938), écrit en pleine crise des années 30, Trotsky soulignait que dans le cadre du « capitalisme pourrissant […], il ne peut plus être question de réformes sociales systématiques ni de l’élévation du niveau de vie des masses », que « la bourgeoisie reprend chaque fois de la main droite le double de ce qu’elle a donné de la main gauche », et qu’enfin« chaque revendication sérieuse du prolétariat et même chaque revendication progressive de la petite bourgeoisie conduisent inévitablement au-delà des limites de la propriété capitaliste ».
Ces quelques lignes s’appliquent parfaitement à la situation actuelle. Le capitalisme est aujourd’hui au moins aussi « pourrissant » qu’à la fin des années 30. A ce propos, Eric Coquerel (PG) écrit sur la question de l’emploi : « les délocalisations des entreprises sont des plaies insupportables pour les premiers intéressés, leurs salariés, mais aussi les populations autour. […] Pour cette raison, il faut une mesure concrète emblématique à même de répondre à chaque cas et de montrer que l’on peut rompre avec le "laisser aller, laisser faire" et l’idée que rien n’est plus possible. Je propose le mot d’ordre de "réquisition". Elle serait appliquée à toute entreprise bénéficiaire qui annonce une délocalisation. L’Etat et les collectivités aideraient ensuite à la poursuite de son activité soit par un soutien financier et technique à un redémarrage en SCOP […], soit, selon l’importance, et le caractère stratégique du secteur, une nationalisation. »
Les mots d’ordre avancés par Coquerel – « réquisition », « nationalisation » – vont exactement dans le sens de ce qu’indiquait Trotsky : il est désormais impossible de défendre sérieusement nos conditions de vie et nos emplois sans empiéter sur la grande propriété capitaliste. La façon dont Coquerel formule la revendication de nationalisation n’est pas entièrement satisfaisante ; par exemple, nous ne pensons pas que seules les entreprises « bénéficiaires » devraient être concernées. Mais ce qu’écrit le dirigeant du PG va dans la bonne direction. Et il faut en tirer les conclusions pour l’ensemble de l’économie, à commencer par le secteur bancaire, dont la nationalisation – sous le contrôle des salariés et de la population – devrait occuper une place centrale dans le programme et l’agitation quotidienne du Front de Gauche. Compte tenu de la gravité de la crise, le programme du Front de Gauche doit, selon les mots de Trotsky, « conduire au-delà des limites de la propriété capitaliste ».
« Révolution citoyenne » et « révolution socialiste »
Dans sa note du 18 juin, Mélenchon revient sur son projet de « révolution citoyenne » : « il ne s’agit pas de nommer sans le dire l’ancienne idée de "révolution socialiste". Il s’agit d’autre chose ». La révolution citoyenne, explique-t-il, « se donne pour objectif et pour méthode la démocratie partout et jusqu’au bout, au service du bien de tous ». Elle aurait comme « acteur » le « peuple, concept qui inclut le salariat mais ne s’y réduit pas puisqu’il intègre tous ceux que la condition urbaine met en situation d’interdépendance ».
Le « peuple » ainsi défini comprend des gens tels que Liliane Bettencourt, Martin Bouygues ou Serge Dassault, pour ne citer que quelques spécimens de cette classe de parasites qui détient le véritable pouvoir dans le pays. Or on suppose que la direction du Front de Gauche ne compte pas sur eux pour être des « acteurs » de la « révolution citoyenne ». Aussi pensons-nous qu’il vaut mieux nous en tenir à l’ancienne idée marxiste – qui n’a pas pris une ride – selon laquelle la classe révolutionnaire de la société moderne est le salariat, c’est-à-dire la classe ouvrière, laquelle peut et doit se placer à la tête de toutes les autres couches opprimées de la population dans leur lutte commune pour renverser l’ordre établi. C’est cette union des travailleurs et de toutes les couches opprimées qui constitue « l’acteur » de la révolution socialiste. Quant au fait que le salariat soit la classe révolutionnaire par excellence, de nos jours, cela découle de sa position privilégiée dans les rapports de production capitalistes : sans l’aimable permission des travailleurs, pas un téléphone ne sonne, pas une ampoule ne brille – et pas un train ne roule.
L’identification du « peuple » – comme « acteur » de la « révolution citoyenne » – à « tous ceux que la condition urbaine met en situation d’interdépendance »n’est pas une bizarrerie doctrinale accidentelle. Elle découle d’une analyse erronée des résultats électoraux du Front de Gauche. Selon cette analyse, il faut prendre garde de ne pas effrayer les « classes moyennes » avec un programme trop « radical » (qui sonnerait trop « révolution socialiste »). On trouve par exemple cette idée dans un texte publié par Guillaume Etievant, membre de la direction du PG, le 3 juin dernier : « nos divisions, notre radicalité et notre manière de communiquer nous ont coupés d’une partie de l’électorat de la classe moyenne que nous avions réussi à convaincre en 2012. » . Plus loin, il suggère de ne pas « radicaliser davantage notre programme ».
Ce point de vue erroné n’est pas nouveau dans l’histoire du mouvement ouvrier. Il ne faudrait pas se « couper des classes moyennes » par un programme trop radical ? Mais les classes moyennes, par définition, ne sont pas homogènes : ses couches supérieures penchent vers la classe capitaliste, ses couches inférieures – qui embrassent la grande majorité des classes moyennes – penchent vers la classe ouvrière. La masse des classes moyennes, sur laquelle la crise du capitalisme pèse lourdement, n’a pas d’identité politique propre ; elle oscille sans cesse entre les deux classes fondamentales de la société : les travailleurs et les grands capitalistes. Dans sa recherche d’une issue à la crise, elle se tournera vers la classe la plus déterminée et la plus combative. En modérant notre programme, c’est-à-dire en le condamnant à l’impuissance, on ne gagne pas les classes moyennes : on désarme la classe ouvrière – et, ce faisant, on jette les classes moyennes dans les bras de la réaction. Lénine a expliqué cette dynamique de classe à de nombreuses reprises. C’est là encore une « idée ancienne », mais toujours d’une grande actualité. La poussée électorale du FN en est une illustration évidente.
Le Front de Gauche doit radicaliser son programme, justement. Cela signifie d’abord qu’il doit préciser le rapport de la « révolution citoyenne » à la grande propriété capitaliste. C’est la question centrale. De deux choses l’une : soit la « révolution citoyenne » laisse les banques et tous les grands leviers de l’économie entre les mains des capitalistes, auquel cas elle laisse le système intact et ne mérite pas le nom de « révolution » ; soit elle vise à exproprier les grands capitalistes et placer l’économie sous le contrôle démocratique des salariés, auquel cas il s’agit de l’« ancienne idée » de révolution socialiste, qui est plus que jamais d’actualité. Aucune innovation terminologique n’éliminera cette alternative fondamentale de notre époque. La grande révolutionnaire Rosa Luxemburg la résumait ainsi : socialisme ou barbarie.
Les « adhésions directes » au Front de Gauche
L’échec électoral du Front de Gauche a remis sur le tapis la question des « adhésions directes », c’est-à-dire la possibilité d’adhérer au Front de Gauche sans adhérer à l’une de ses organisations constituantes. La direction du PG y est toujours favorable, mais nombre de dirigeants du PCF y sont opposés (notamment les signataires de la tribune citée plus haut). Ils redoutent que cela renforce l’emprise du PG et de Mélenchon sur le Front de Gauche. De très nombreux militants communistes craignent que cela affaiblisse le parti sur le plan organisationnel. Or cette question ne doit pas être posée en termes strictement organisationnels. Si le Front de Gauche ne vire pas vers la gauche en rompant avec le PS et les Verts, d’une part, et d’autre part en adoptant un programme plus combatif, les « adhésions directes » ne seront ni un problème, ni une solution, car il y en aura sans doute assez peu dans l’immédiat.
La politique des dirigeants du PCF affaiblit sans cesse le parti depuis de nombreuses années. Notre problème, ce n’est pas les adhésions directes au Front de Gauche, mais les démissions directes du PCF, ainsi que nos difficultés à intégrer les nouveaux adhérents. Selon les chiffres officiels, le PCF est tombé de 79 000 cotisants fin 2008 à 64 000 fin 2012. Les éléments les plus radicalisés de la société, qui par définition auraient leur place dans un parti communiste, ont observé sans enthousiasme les alliances du PCF avec le PS aux municipales. Et ils ne sont pas plus enthousiasmés par les discours ambigus des dirigeants du parti, qui par exemple refusent toujours de se présenter comme une « opposition de gauche » au gouvernement de François Hollande.
Si le PCF avait un programme véritablement communiste, s’il était perçu comme le parti le plus à gauche du Front de Gauche, il n’aurait rien à perdre aux adhésions directes. Au contraire. Le Front de Gauche serait un pôle d’attraction dans lequel le PCF puiserait de nouveaux adhérents parmi les plus combatifs. Mais ce n’est pas ainsi que les choses se présentent aujourd’hui. Le PCF est perçu, non sans raison, comme se situant sur la droite du Front de Gauche. C’est le fond du problème, auquel les militants du parti doivent s’attaquer en priorité.
Conclusion
La crise du capitalisme français est loin d’être terminée. Dans le cadre de ce système, les conditions de vie de la masse de la population continueront de se dégrader. A l’instar des gouvernements « socialistes » grecs et espagnols, il y a quelques années, l’actuel gouvernement « socialiste » français continuera de mener une politique calquée sur les intérêts du grand patronat. Comme l’écrit Alan Woods dans un article sur les élections européennes : « Hollande est sans doute parvenu à la conclusion qu’il n’a plus rien à perdre et peut poursuivre sa course vers la droite. Bien sûr, c’est suicidaire à la fois pour lui et pour le PS. Mais comme les vieux Samouraïs, les dirigeants socio-démocrates préfèrent se tuer avec leur épée que se livrer au déshonneur d’abandonner le système capitaliste à son propre sort. »
Des mobilisations syndicales ponctuelles, même très militantes, ne pourront au mieux que ralentir le rythme de la régression sociale. Le gouvernement se montrera inflexible, comme on l’a vu avec la grève des cheminots. Cela mènera inévitablement, à un certain stade, à une série de mobilisations de grande ampleur impliquant des travailleurs de plusieurs secteurs de l’économie. Des explosions de la jeunesse – dans les lycées, les facs et les quartiers – sont également à l’ordre du jour. Si le Front de Gauche parvient à se connecter à ces luttes, s’il défend un programme, des idées et une stratégie en phase avec l’humeur combative des éléments les plus radicalisés de la population, il peut rapidement se développer. Mais rien ne le garantit d’avance. S’il est perçu comme une force politique complice, de près ou de loin, des politiques d’austérité que mène le gouvernement, cela peut être fatal au Front de Gauche – et fatal, aussi, aux organisations qui le constituent.
Malgré ses erreurs et ses carences, le Front de Gauche conserve un ancrage dans les couches les plus politisées du mouvement ouvrier. Il a d’énormes réserves potentielles de soutien dans les masses. Les regards se tourneront de nouveau vers lui dans la période à venir. Il faut y contribuer et s’y préparer. Pour notre part, nous nous efforcerons de convaincre un maximum de camarades du PCF et du Front de Gauche de la pertinence des idées et du programme du marxisme. Ils sont la clé des succès futurs du Front de Gauche et de notre lutte pour en finir avec le système capitaliste pourrissant.

Jérôme Métellus (PCF Paris - La Riposte). 
Partager cet article
Repost0
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 07:22

Dans son dernier rapport, la Cour des comptes part à la rescousse des comptes de l'Etat. Il faut revenir sur la journée de carence, baisser les effectifs, augmenter la durée du travail, etc. Des mesures d'autant plus faciles à préconiser qu'elles ne s'appliqueront pas aux donneurs de leçon. En 1989, un certain François Hollande expliquait qu'en tant que conseiller référendaire à la cour, il touchait 15 000 francs "sans absolument rien faire", qu'il pouvait aller à la Cour des comptes "pour passer des coups de téléphone" ou simplement, "en cas de fatigue", rentrer chez lui. Heureusement que la productivité des fonctionnaires est bien différente de celle des conseillers de la Cour des comptes. 

Rappelons que la Cour des comptes, gardienne depuis des années de l'orthodoxie ultra-libérale, est présidée par un dirigeant du PS, le hollandien Didier Migaud, nommé par Sarkozy. Quoi de plus révélateur de la droitisation consternante du PS. 

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 07:02

Quelques milliers de lycéens sont sans-papiers en France. Une centaine dans un seul lycée parisien! Ces tout jeunes majeurs sont devenus "sans-papiers" le jour de leurs 18 ans et ils risquent l'expulsion. Leurs situations sont variées, certains sont en famille, mais le regroupement familial a été refusé, ou leurs parents n'ont pas obtenu de papiers, d'autres sont venus faire des études chez un membre de leur famille, d'autres sont arrivés seuls et mineurs en France, les mineurs étrangers isolés. 

Politique contre l'immigration oblige, le gouvernement refuse de les régulariser malgré leur scolarisation et leur implication dans la société, malgré le soutien de leurs camarades et de leurs enseignants. Et il accepte que des départements prennent des règles ubuesques pour refuser de prendre en charge des mineurs: dans le Loiret, demande de certificat médical déclarant la personne indemne du virus Ebola (dont on meur généralement dans les trois jours!). 

A Lyon, certains sont même en prison, accusés d'avoir fraudé sur leur âge et donc perçu indûment l'aide du conseil général. La validité des pays de leur pays n'est pas remise en cause mais on leur fait passer des radiographies du poignet et de l'épaule censées donner une indication sur l'âge. De l'avis même du conseil général du Rhône, la marge d'erreur est d'au moins 18 mois. C'est pourtant sur la foi de ces tests qu'actuellement Alkassim et Carine sont en prison et condamnés à rembourser des milliers d'euros, le prix de leur prise en charge par l'Aide Sociale à l'enfance. Mais la cour d'appel vient de libérer Narek, expliquant que seuls les tests osseux, très contestés scientifiquement, ne peuvent donner l'âge exact. Depuis le 3 mai, chaque samedi à Paris devant la Sorbonne, les lycéens manifestent. 

Journal du SNES-FSU, N°742, 20 juin 2014 

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 06:41
"Low cost, les dents de la mer", un film à charge contre Corsica Ferries soutenu par la CGT
le 04/07/2014

Corsica Ferries est dans le collimateur de la CGT qui a participé au financement du film d’Enrico Porsia. (Photo Thibaud Teillard)

La CGT a présenté le 30 juin en avant-première à bord du ferry Danielle Casanova de la SNCM, en grève, un film du journaliste indépendant franco-italien Enrico Porsia qui avait déjà réalisé un reportage sur Ryanair.

Ce document, financé en partie par une souscription syndicale, essaye de mettre à nu le "système Corsica Ferries", nourri, selon ce vidéo-reportage à charge dénommé Low cost, les Dents de la mer, de subventions publiques en Corse et en Italie (grâce aux remboursements de charges) sur fond d’opacité capitalistique.

Voir le film, dont la première partie seulement a été réalisée à ce jour. A noter, selon Enrico Porsia, que Corsica Ferries n’a pas souhaité répondre à ses questions.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011