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Du droit au logement et du au droit au territoire
Articles et dossiers de presses, colloques, congrès, déclarations pour certaines intempestives, la question du logement interpelle subitement.
Et l'on découvre les conséquences désastreuses pour la majorité des habitants de la spéculation foncière et immobilière, de la spécialisation des territoires, du poids des résidences secondaires dans certaines communes et de l'assignation à résidence dans bien des cas.
Alors certes ce phénomène n'est pas particulier à la Bretagne et ne se limite pas d'ailleurs aux secteurs touristiques mais à l'ensemble des zones à forte valeur spéculative. On y trouve évidemment une partie de la frange littorale mais également des villes comme Rennes,ou Brest et leurs abords résidentiels.
Et la mise en place d'un statut de résident, version localisée d'un statut de bonne conduite n'y changera absolument rien. Notons au passage que la seule et réelle vocation de cette proposition est de fait d’introduire à bas bruit des critères identitaires au droit au logement.
Les constats que tout un chacun peut faire - gentrification du centre des grandes villes, gentrification des zones côtières à vocation touristique, développement de locations touristiques de courte durée, éloignement des salariés des zones d'emplois ou des secteurs bien pourvus en équipements etc – ne sont que le résultat des effets pervers du marché du logement laissé hors de toute régulation publique.
Chacun peut aujourd'hui mesurer les dégâts d'une politique totalement tournée vers le « laisser faire », le « fil de l'eau » la réduction de l'action publique et la transformation du logement social conçu pratiquement à son origine comme un logement de service public en logement des plus démunis.
On peut ensuite venir nous parler de mixité sociale, de cohérence entre le lieu de travail et le domicile, de bonne gestion des mobilités, d'indispensables transitions énergétiques, sociales, environnementales, dans la réalité , on est très loin du compte.
Si nous voulons une société inclusive, qui respecte de droit de tous les citoyens en matière de logement et de lieux de résidence nous ne pouvons en rester là.
Il y a des leviers qui existent. Il faut les utiliser.
Il y a des batailles à gagner. Il faut les mener.
Il y a des objectifs à atteindre. Il faut les désigner.
Le Parti communiste s'est toujours battu pour le droit au logement et le droit au territoire.Il s'est toujours battu pour que les citoyens dans leur diversité vivent là où ils ont envie de vivre quel que soient leurs moyens et leurs origines. Le recours systématique et systémique à la promotion immobilière privée ne peut répondre à ces objectifs d’égalité des droits.
Il est grand temps de redonner toute sa place stratégique au logement de service public, au logement pour tous. Car ce qu'il est convenu d'appeler le logement social c'est d'abord le logement pour tous. On ne peut donc détourner sa mission en le limitant au logement des plus démunis. En fait le logement de service public attribué sous conditions de ressources qu'il s'agisse du logement locatif ou en accession à la propriété intéresse la grande majorité des habitants de la région et 70% d'entre y sont éligibles. C'est donc un élément majeur du droit au logement et au territoire.
Il faut encourager les communes les communauté des communes et d'agglomération, à utiliser tous les moyens qui sont d’ores et déjà à leur disposition pour maîtriser le foncier et les opportunités immobilières, notamment dans les secteurs où l’exclusion des couches populaires est la plus marquée ou en voie de gentrification. En gardant pour ligne de conduite l’intérêt collectif et le bien commun.
Les organismes du logement de service public locaux, départementaux sont des partenaires essentiels avec lesquels il convient de conclure des conventions pour des interventions ciblées destinées à promouvoir la mixité sociologique.
Il est temps aussi d'expérimenter des solutions nouvelles comme l'Office Foncier Solidaire qui a déjà fait ses preuves à Paris et à Rennes, l’acquisition par bail emphytéotique, l'acquisition du logement sans le terrain, offrant la possibilité aux classes moyennes et populaires de vivre dans des zones qui leur sont de fait interdites.
Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste ( Finistère)
Dominique Gontier, PCF 29
Article pour le journal "Avenir" qui sortira à la fête de l'Humanité Bretagne, article des fédérations bretonnes du Parti communiste
Droit au logement, les propositions communistes:
Le logement est à la fois un droit reconnu par la Constitution et un bien marchand qui fait l’objet de spéculation. Dans les métropoles, la hausse des prix du mètre carré pénalise les familles, jusqu’à les exclure des grandes villes ou les livrer à la merci de propriétaires peu scrupuleux. Nous devons refuser que le logement soit une marchandise. Le manque de logements dignes et durables à un coût accessible à toutes et tous est un problème majeur de notre pays. Derrière la volonté affichée de favoriser l’accès à la propriété, se cache le désir profond de ce gouvernement de s’attaquer au secteur du logement social. Il représente pourtant un rempart pour permettre à des familles aux revenus modestes de se loger dignement. L’habitat privé insalubre, qu’il soit lié à l’habitat ancien, aux copropriétés dégradées ou à la paupérisation du tissu pavillonnaire est loin d’être un épiphénomène. Dans certains secteurs, le nombre de logements insalubres représente jusqu’à 40 % du parc de logement privé. Dans un contexte de crise du logement, les marchands de sommeil prospèrent sur le dos de la précarité et de la fragilité de familles entières. Au vu de la situation, les réponses ne peuvent pas reposer que sur les épaules des communes. Une intervention publique d’ampleur est nécessaire. Malgré des efforts conséquents autour de la rénovation urbaine, la violation de la loi SRU par certaines communes, la hausse des loyers et la baisse des APL ont aggravé les difficultés des habitant·e·s. Nous affirmons que le droit au logement doit primer et qu’il doit être garanti pour permettre à chaque citoyen·ne, à chaque famille de se loger et de sortir d’une insécurité insupportable. Il est temps qu’émerge un véritable droit au logement pour toutes et tous. Nous proposons :
Plus que jamais, la bataille à mener pour se loger dignement en France doit être une cause nationale.
Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.
https://www.lafranceencommun.fr/un_logement_digne_et_durable
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1- Le PIB augmente de 3 % au troisième trimestre.
C’est à peu de choses près ce qui était prévu : l’INSEE prévoyait 2,7 % pour ce même trimestre dans sa note de conjoncture. L’écart est de l’épaisseur du trait. Sur l’ensemble de l’année 2021, cela pourrait faire entre 6,3 % et 6,5 % de croissance… après -8 % en 2020, il n’y a pas de quoi pavoiser.
2- Le contenu de cette croissance n’est pas bon :
C’est surtout de la consommation des ménages (+5 %) et du déstockage avec peu de production (-0,3 %).
C’est aussi la consommation de services marchands (+4,7 %, dont tourisme, cafés restaurant, laboratoires d’analyse, etc.) qui soutient cette consommation, consommation qui n’a pas vocation à continuer d’accélérer
La financiarisation de l’économie atteint des sommets (le CAC 40 dépasse ses records de fin 2019), rien ne s’observe encore sur l’investissement (-0,1 % après +2,5 %)
L’emploi reste miné en qualité et le nombre d’inscrits à pôle emploi enregistre lui aussi un record, le dégonflement du nombre de chômeurs de catégorie « A » étant du à 2 facteurs : transferts des chômeurs d’une catégorie à l’autre, augmentation du nombre de stage (mais pas des formations longues et qualifiantes !)
Nous sommes en train de « manger notre pain blanc » d’un retour quasi mécanique à un niveau « normal », mais dans une situation sous-jacente bien dégradée et sans préparer correctement l’avenir. Et ceci, alors que les marges des entreprises atteignent des sommets inégalés depuis 70 ans !
3- Rappelons que ce sont plus de 400 milliards de PIB qui n’auront pas été produits d’ici fin 2023, par rapport à la trajectoire sur laquelle nous étions avant la récession
4- Les nuages noirs sont en train de s’accumuler
5- Nuages noirs aussi :
6- Mais le gouvernement fait tout pour retarder les difficultés après l’élection présidentielle.
La survenue d’une « deuxième lame » risque de frapper fort, particulièrement l’emploi avec des plans de suppressions que les groupes mettront alors en œuvre probablement à l’été
7- Il faudrait tout au contraire, pour une transformation productive, engager des formations massives pour des emplois dans les services publics et dans les entreprises, appuyés par des investissements efficaces, sécuriser les revenus des ménages, impliquer les profits et le capital dans un immense effort de développement de l’emploi, de la formation et de la R&D.
Interpellons partout préfets et gouvernement sur l’utilisation des aides. Menons la bataille pour la convocation de conférences réunissant tous les acteurs économiques et sociaux, pour y exiger la prise d’engagements par les entreprises et les banques pour l’emploi, la formation, les salaires, la transformation productive et écologique.
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Fabien Roussel se rendra en Guyane, Martinique et Guadeloupe du 22 au 28 novembre 2021
La tension continue de monter en Guadeloupe : incendies, barricades, barrages s’étendent sur tout le territoire, dans les villes et dans les campagnes. Résultat de plusieurs années de revendications populaires restées insatisfaites et des diktats du gouvernement toujours plus incompréhensibles pour la population.
La réponse du gouvernement : envoyer 200 gendarmes ! Il faut stopper cette escalade dans la violence et prendre la mesure de la colère dans ce territoire, où les inégalités comme la pauvreté explosent et où les meurtrissures laissées par l’épidémie de Covid constituent des ferments de l’aggravation de cet embrasement social.
Tout laisse à penser que la réponse ne peut être dans la répression mais dans l’écoute et le dialogue avec la population et les organisations syndicales.
J’appelle le gouvernement à prendre la mesure de cette révolte afin et d’apporter des solutions aux problèmes posés, à la vie chère, afin d’éviter le chaos, dans ce territoire et l’extension de ce conflit dans les autres départements, régions et collectivités d’outre-mer.
J’apporte mon soutien à la population toute entière qui, au-delà de la situation liée à la vaccination ne croit plus en la parole publique.
Je me rendrai aux Antilles et en Guyane la semaine prochaine, afin de prêter une écoute attentive aux grévistes, aux élus et m’imprégner des difficultés de nos concitoyens qui se sentent discriminés et abandonnés depuis des décennies.
Les réactions du Gouvernement ne sauraient être celles d’une époque révolue qui ne peuvent que réveiller les blessures du passé.
Il est plus que temps de répondre aux besoins des habitants, de faire vivre l’égalité des citoyens, où qu’ils vivent ! En République, il ne doit pas avoir de citoyens de seconde zone.
Fabien Roussel, député du Nord, candidat à la Présidence de la République,
Paris, le 19 novembre 2021.
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Le 21 novembre se tient à Paris le grand rassemblement de Fabien Roussel en faveur du pouvoir d’achat et de l’emploi. Le candidat du PCF à la présidentielle défend un « pacte pour le progrès social et l’écologie à 140 milliards d’euros » dédié à « un vrai projet de société ». GRAND
ENTRETIEN
Le capital coûte cher, très cher. Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux », dénonce le député du Nord. À l’opposé de cette logique libérale, le candidat pour des « jours heureux » détaille ses propositions et leur financement : baisse des factures d’énergie, augmentation des salaires, réindustrialisation, développement des services publics, réduction des « vraies charges qui pèsent sur les entreprises », ou encore transports gratuits…
La lutte contre la vie chère et pour l’emploi est au cœur de votre campagne. La question du pouvoir d’achat arrive en tête des préoccupations, quelles mesures mettriez-vous immédiatement en place si vous étiez élu ?
FABIEN ROUSSEL
Cet hiver, beaucoup de familles, d’enfants, de retraités risquent d’être contraints de choisir entre se nourrir ou se chauffer, de sombrer dans la misère. Nous ne pouvons pas attendre les élections. Notre rassemblement du 21 novembre à Paris est une grande journée de lutte et de mobilisation pour interpeller le gouvernement sur les mesures d’urgence pour dire stop à la vie chère et porter des propositions pour l’emploi, la formation et les salaires. Les hausses des factures de gaz, d’électricité, d’essence vont s’ajouter à celles des mutuelles, des loyers, des prix de l’alimentation… Cela représente dès maintenant des pertes de pouvoir d’achat de plus de 100 euros par mois. Le gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, par dizaines de milliards, aux plus riches. Le capital nous coûte cher, très cher, entre le Cice, l’ISF, la flat tax, l’exit tax… Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux. Il faut mettre fin à cette gabegie de dépenses publiques, et utiliser cet argent pour baisser les taxes afin de réduire sans attendre de 30 % les factures de gaz et d’électricité, et le litre de carburant.
Mais nous savons que cela ne suffira pas : l’enjeu est aussi de consommer moins. Nous voulons donc un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments et logements de 23 milliards d’euros par an et un plan de développement des transports en commun. Dans les 45 métropoles de notre pays, l’État doit prendre à sa charge leur gratuité, en priorité pour les moins de 25 ans et les salariés. Dans les autres territoires, je propose que les 50 % du ticket de TER des salariés non remboursés par l’employeur le soient par l’État. Le TER sera gratuit pour se rendre au travail. Exit les cars Macron, bienvenue aux trains Roussel.
Le gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, aux plus riches. (...) Soit plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux par an. »
Comment augmenter le Smic et les salaires, comme vous le proposez également, sans mettre en difficulté les entreprises, notamment les plus petites ?
FABIEN ROUSSEL
D’abord, nous proposons une hausse du Smic à 1 800 euros brut, mais aussi que tous les salaires soient indexés à l’inflation. C’est ce que l’on appelait auparavant l’échelle mobile des salaires, qui n’existe plus depuis près de quarante ans. Et, de ce fait, le salaire moyen se tasse. Pire, dans certaines branches professionnelles, le salaire minimum est inférieur au niveau du Smic. Pour les fonctionnaires, dont le point d’indice est gelé depuis douze ans, il faut augmenter de 30 % les salaires. Bien sûr pour les catégories C, dont les revenus sont très bas, mais je pense aussi à ces sages-femmes, par exemple, qui, après cinq ans d’études, sont à 1 800 euros net. Pour les entreprises, augmenter les salaires sera possible car je propose de baisser les charges.
Vous pensez sans doute à d’autres « charges » que celles sans cesse évoquées par la droite pour s’attaquer au « coût du travail » ?
FABIEN ROUSSEL
De Xavier Bertrand à Emmanuel Macron en passant par Éric Zemmour et Marine Le Pen, ils n’ont en effet que ces mots-là à la bouche. Eux parlent des cotisations qui permettent pourtant de financer notre système de solidarité, la Sécurité sociale. Moi, je parle des vraies charges qui pèsent sur les entreprises. Elles sont au nombre de trois. À commencer par les factures énergétiques, qui s’envolent du fait de la libéralisation et dont nos entreprises souffrent aussi. Elles ont besoin d’accéder à une électricité moins chère et décarbonée. C’est un enjeu tant économique que climatique qui nécessite de monter en puissance dans un mix énergétique avec une grande part d’électricité nucléaire.
Il faut également réduire les charges des assurances. C’est peu de le dire, ces dernières n’ont pas été au rendez-vous de la pandémie et continuent d’augmenter les cotisations alors qu’elles sont assises sur un tas d’or, avec près de 100 milliards d’euros de fonds de réserve. Je propose de nationaliser Axa et de créer une garantie d’assurance publique aux entreprises beaucoup moins chère.
Ces charges financières sont enfin celles imposées par les banques pour des crédits de surcroît difficiles à obtenir. Nous voulons une banque publique qui prêtera à taux zéro pour des investissements qui permettent de relocaliser l’activité, la transition écologique, de former et d’embaucher, notamment des jeunes.
Quand on additionne les besoins pour l’école, la santé, la police, les éducateurs, la justice... ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.
Vous défendez également un plan de « reconquête industrielle et de relance des services publics ». Comment éviter les délocalisations et réinvestir dans les services publics ?
FABIEN ROUSSEL
La France a perdu 2 millions d’emplois industriels en vingt ans. C’est une catastrophe nationale, un crime organisé contre notre industrie. Mon plan, c’est d’abord un moratoire sur toutes les délocalisations en cours. Car, quand on perd des compétences dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans le textile, il faut des années pour les reconquérir. L’État est complice de ce grand déménagement industriel, or il peut et doit non seulement mettre un garrot sur cette hémorragie mais aussi reconstruire des filières entières, comme celle du textile, du médicament…
Que l’on ne me dise pas que c’est un coût pour le climat. C’est faux. En l’espace de quinze ans, les émissions de CO2 importées ont augmenté de 75 %, alors qu’ici elles sont en train de baisser. Cette politique de relocalisation de l’activité doit être menée par tous les pays et aller de pair avec des circuits de coopération, hors loi du marché, sur les matières premières.
Pour nos services publics, un pacte sans précédent est nécessaire pour rattraper tous les retards. Quand on additionne les besoins pour l’école, pour l’accompagnement des personnes âgées, pour la santé, la police, les éducateurs, la justice, ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.
Où entendez-vous trouver les moyens de financer toutes ces ambitions ?
FABIEN ROUSSEL
Je propose un pacte européen pour le progrès social et écologique. Un pacte pour l’emploi et le climat, pour sortir du dogme de l’austérité et de la concurrence libre et non faussée. Parce que le pacte budgétaire est mort ! Remis en cause par la pandémie, les 3 % de déficit et les 60 % d’endettement inscrits dans le marbre du traité de Maastricht et du pacte de stabilité n’existent plus. Tout le monde le dit. Il est donc nécessaire d’en écrire un nouveau qui permettrait de mobiliser 6 % du PIB européen, c’est-à-dire 900 milliards d’euros par an.
Et nous proposons pour la France le même pacte à hauteur de 6 % de notre PIB, soit 140 milliards. Ce pacte budgétaire européen sera financé par la Banque centrale européenne, qui pourra faire tourner la planche à billets, non plus pour gaver les marchés financiers mais pour ces investissements utiles. Il sera aussi abondé par les ressources nouvelles que nous obtiendrons des multinationales en faisant participer le capital. C’est une bataille à mener à l’échelle de l’Union européenne, mais c’est autrement plus ambitieux que les 750 milliards d’euros actuellement prévus pour six ans.
Nous proposons, pour notre réforme des retraites, une cotisation de 11 % appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récolter près de 30 milliards d’euros par an. »
À rebours de ce qu’a exposé Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution, vous proposez de réduire le temps de travail. Comment y parvenir tout en préservant les salaires, les emplois et notre système de protection sociale ?
FABIEN ROUSSEL
La première réforme que nous devons faire, la plus urgente, c’est celle des retraites, pour permettre de partir à 60 ans avec une bonne pension, et d’être remplacé par l’embauche d’un jeune. L’autre urgence est aussi de réduire le temps de travail hebdomadaire. Pas par dogme, mais parce que nous préférons travailler moins pour travailler tous et bien. Je ne le ferai pas en l’imposant brutalement à toutes les entreprises du jour au lendemain. Cette réduction doit se faire progressivement dans le dialogue et la concertation, en fonction des réalités des entreprises, mais surtout en tenant compte des conditions de travail et du besoin grandissant de formation.
Beaucoup de métiers ne sont plus attractifs tellement ils sont pénibles. On doit pouvoir s’épanouir au travail ! C’est pour cela que notre programme, à nous communistes, est un projet de société. L’attractivité du travail n’est pas qu’une question de salaires. Je porte l’ambition que nous redonnions collectivement du sens au travail pour retrouver le goût de participer à un projet de société, à la reconstruction de notre pays, à la transition écologique. La réduction du temps de travail doit s’inscrire dans ce projet-là. C’est ce qu’est en train de réaliser Yolanda Diaz en Espagne, la ministre communiste y engage ce travail par secteur et dans le dialogue. Elle fait la démonstration, par petites touches, que c’est possible et que c’est aussi dans l’intérêt des entreprises.
Le déficit de la protection sociale est imposé comme argument massue par les détracteurs de ces propositions…
FABIEN ROUSSEL
Et notre système de protection sociale a toujours été basé sur un financement solidaire du travail. Or, aujourd’hui, le capital participe de moins en moins à son financement. C’est pour cela que nous proposons, dans notre réforme des retraites, une cotisation de 11 %, comme celle qui existe sur les salaires, appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récupérer près de 30 milliards d’euros par an dans le financement de notre protection sociale.
Une autre de mes priorités : l’égalité salariale femmes-hommes, pour mieux valoriser tous ces métiers où 80 % de femmes sont en première ligne, sous-payées et maltraitées. Ce serait non seulement un progrès pour la moitié de l’humanité, les femmes, mais aussi un atout économique. L’égalité salariale rapporterait 5 milliards d’euros dans les caisses de l’État.
L’extrême droite et la droite extrême, très médiatisées dans cette campagne, rendent l’immigration responsable de tous les maux sociaux. Qu’y opposez-vous ?
FABIEN ROUSSEL
C’est pire que ça. Ce n’est pas seulement l’immigration qui est pointée, ce sont aussi des Français qui, en fonction de leur religion ou de leur couleur de peau, sont stigmatisés. C’est une forme d’apartheid qui est mise en débat à travers des candidats qui osent tout. Tout est fait pour diviser la société. C’est honteux. Cela faisait très longtemps que les principes de la République n’avaient été à ce point mis en cause par l’encouragement au repli sur soi et à la haine de l’autre.
L’extrême droite ne remportera pas l’élection présidentielle. Mais ses idées sont un danger majeur pour le vivre-ensemble et nos libertés. Il faut donc combattre à chaque instant ses idées qui diffusent dans le pays et risquent de continuer à nous opposer en fonction de nos couleurs, nos religions, alors que nous avons besoin d’être unis, de lutter ensemble pour de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Or, je sens monter l’individualisme, le repli sur soi, la haine de l’autre. Je veux lancer un grand appel à ceux qui se détournent de la politique, qui ne veulent plus voter et qui sont aujourd’hui exploités, maltraités, méprisés. Il faut qu’ils envahissent les urnes, mais en votant pour des jours heureux et pas pour des heures sombres.
Comment comptez-vous inverser la donne à l’heure où les sondages sont défavorables à la gauche ?
FABIEN ROUSSEL
Si nous disions que l’issue est de reconstruire la gauche qui a déçu, qui a trahi, ce serait pire que mieux. Cette gauche-là, qui a été au pouvoir et qui a tourné le dos aux aspirations populaires, a aussi une responsabilité dans la crise démocratique que nous traversons, car elle a contribué à nourrir l’abstention et le rejet de la politique. Je ne veux plus revivre de tels désenchantements. Il existe une gauche qui a le courage de s’attaquer à la finance, de mettre en place des réformes au service du peuple, avec le peuple. C’est ce que je veux incarner dans cette campagne.
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Des milliers de personnes ont répondu présent à l'appel du PCF et de Fabien ROUSSEL pour un meeting dans le cadre de la campagne de Fabien ROUSSEL et des Jours Heureux.
Fabien ROUSSEL y a pris la parole
Quand l’AFP reste au chaud pour compter les participants au meeting, l’Huma titre justement sur ses contenus.
Le candidat communiste à la présidentielle a tenu son premier grand meeting dimanche, place Stalingrad, à Paris. En écho aux préoccupations des 3 000 participants, il a multiplié les propositions pour le pouvoir d’achat et une juste répartition des richesses, à commencer par une augmentation du Smic de 20 % et le triplement de l’ISF.
Disparus de nombreux radars médiatiques à cinq mois de l’élection présidentielle, les salaires, les conditions de travail ou encore l’emploi ont été à l’honneur dimanche sur la place Stalingrad, à Paris, où le candidat communiste à l’Élysée, Fabien Roussel, a tenu son premier grand meeting devant 3 000 personnes. Un rendez-vous démarré littéralement en fanfare avec une troupe de batucada. Dès 11 h 30, alors que la musique bat son plein, Jean-Philippe Juin, chasuble CGT sur le dos, est là avec quelques-uns de ses collègues de la Fonderie du Poitou. « On veut liquider nos emplois, nous, on se bat pour les préserver, on est en dedans », explique le délégué syndical dont le combat porte aussi sur les salaires. « On est payés 1 800 euros net, à la fin du mois c’est de plus en plus difficile. On a demandé une augmentation de 150 euros qu’on n’a pas obtenue mais on estime qu’il faudrait au moins 300 euros par mois supplémentaires pour vivre décemment », poursuit-il.
Les motifs de colère sont nombreux, pointe en écho Fabien Roussel à son arrivée sur la scène du meeting. Alors oui, nous, nous voulons que ça change, maintenant. »
Le député du Nord embraye sur sa « première mesure » : « augmenter le Smic de 20 %, pour le porter à 1 500 euros net, 1 800 euros brut, dès le printemps 2022 ».
Mais face à la vie chère qui gagne du terrain, il insiste aussi sur l’inscription « dans la loi de l’augmentation de tous les salaires en fonction de l’inflation ». Tandis que la droite et l’extrême droite veulent imposer du matin au soir les thèmes de l’immigration ou de la sécurité, Onur, microentrepreneur dans le Val-de-Marne qui paie cher les conséquences de la crise, s’offusque : « Les gens n’en ont rien à foutre de la couleur, d’où on vient, ils veulent juste pas avoir à se demander à la fin du mois comment ils vont pouvoir manger. La campagne doit porter là-dessus. » « D’ailleurs, s’il y avait une meilleure répartition des richesses, ces questions se poseraient beaucoup moins », lâche l’une de ses camarades.
Cette urgence, Corinne, qui a fait le déplacement depuis Roubaix, dans le Nord, la connaît bien. « On fait attention à tout, la moindre dépense, on doit tout calculer, j’ai même une application dans mon téléphone pour vérifier mon budget », raconte-t-elle. Au chômage, elle s’est engagée avec la CGT pour aider les privés d’emploi à faire valoir leurs droits. Elle redoute pour eux les conséquences de la réforme de l’assurance-chômage, surtout avec les factures qui augmentent. « Moi, je suis mensualisée chez EDF mais j’ai reçu un rappel de 400 euros. Comment je peux faire ? Je suis obligée de négocier un échéancier qui s’ajoutera aux autres », pointe-t-elle, jugeant indispensable de faire baisser la note en jouant sur les taxes, comme son candidat le propose. « À côté, on voit les actionnaires se remplir les poches… Le fossé se creuse. C’est un discours qui peut paraître classique mais c’est la réalité », martèle Corinne.
Un message que Fabien Roussel est lui aussi déterminé à faire passer. « Macron a été le serviteur le plus zélé de la finance. Le président des riches, nous n’en voulons plus », tacle le candidat. « Nous voulons l’abolition de ces privilèges, l’abolition du régime spécial du capital », scande le député du Nord, qui dessine « un objectif simple : éradiquer le chômage » (lire ci contre). En matière de financements, il ne manque pas de ressources et entend non seulement récupérer les « 123 milliards d’euros par an de cadeaux aux entreprises, aux plus riches », mais aussi tripler l’ISF ou encore mettre en place un « impôt Covid exceptionnel » sur « les bénéfices au-delà de 500 000 euros » des multinationales. Nationalisations d’Axa, de la BNP ou de la Société générale sont aussi au programme pour « maîtriser le nerf de la guerre, l’argent », tout comme un nouveau pacte européen qui rompt avec l’austérité et mobilise 6 % du PIB européen par an, soit 900 milliards d’euros. « Rendez l’argent ! », résume-t-il, pointant les nombreux besoins dans les services publics.
D’ailleurs, bas salaire et fin de mois difficile, Arbia ne sait que trop bien de quoi on parle. Venue depuis l’Essonne, cette accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) brave la pluie glacée sur la place Stalingrad. Chaque mois, sa fiche de paie n’aligne que 800 euros. « Ils détruisent tout ce qui nous permet de vivre ensemble, tout ce qui nous rassemble, comme l’éducation. Il y a trop de pression, chacun gère ses problèmes tout seul », déplore-t-elle, tout en souhaitant pour 2022 voir « relancer l’espoir de la belle vie ». C’est pour ça qu’elle est là comme Marcelle, salariée de Carrefour, qui témoigne sur scène et veut qu’on prenne « conscience que les bas salaires ne doivent plus exister dans notre pays ». Ou encore Camille, aide-soignante, qui estime qu’on « doit pouvoir finir les fins de mois » mais aussi travailler dans des conditions décentes. Pour les rémunérations, « l’État donnera l’exemple », s’engage Fabien Roussel, promettant à « celles et ceux qui font vivre nos services publics, qui sont en première ligne, que nous avons applaudis pendant les confinements une augmentation d’au moins 30 % ».
Reste que Corinne est « sidérée que les gens ne se bougent pas plus ». Et que si Hugo, un étudiant qui se dit communiste mais affilié à aucun parti, juge nécessaire « même à 2 % de faire entendre ces questions-là », il se dit « électoralement pessimiste ». C’est aussi ce que Fabien Roussel a tenté de battre en brèche dimanche, pointant « cinq mois imprévisibles, ouverts ». « Rien n’est écrit parce que nos concitoyens se placent encore à distance de ce rendez-vous », a-t-il estimé, appelant à la mobilisation et comptant sur cette « démonstration de force » parisienne pour lui donner de l’élan et percer le mur du silence autour des préoccupations populaires.
Qualifiant de « honte » les écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans de nombreuses filières, Fabien Roussel entend « mettre un terme définitif à cette injure faite à la moitié de l’humanité ». Et ce au plus vite : « Il ne faudra pas cinq ans pour obtenir l’égalité salariale », promet-il, en rappelant que « depuis le 3 novembre dernier, les femmes de France travaillent gratuitement ». Le candidat à la présidentielle prévoit de rendre cette égalité salariale effective en six mois dans la fonction publique. Concernant le privé, il veut « donner un an aux entreprises pour la mettre en œuvre ». Si tel n’est pas le cas, « l’État nommera un administrateur judiciaire qui aura la charge de le faire, à la place de l’employeur », prévoit le secrétaire national du PCF.
Fabien Roussel a développé, dimanche, son plan pour l’emploi et la formation, axé sur la création d’un grand service public, mais aussi de 500 000 postes de fonctionnaires et la réindustrialisation.
« R edonner du sens au travail, où l’intérêt individuel se conjugue avec l’intérêt commun. » C’est avec cet objectif posé comme préalable que Fabien Roussel a développé, dimanche, son programme présidentiel pour l’emploi. Celui-ci est porté par une idée centrale : « Garantir le droit universel au travail et à la formation, avec un salaire digne. » Concrètement, le secrétaire national du PCF veut mettre en place un dispositif permettant d’alterner les périodes de travail et de formation, sans perte de salaire, dans le public comme dans le privé. Une « révolution qui prolonge celle de la Sécurité sociale par Ambroise Croizat » assure le candidat communiste. Cette proposition a pour corollaire la création d’un « service public de l’emploi et de la formation », avec « des bureaux d’embauche, pour organiser et accompagner les salariés dans leur formation, dans leur mobilité professionnelle, tout au long de leur vie et sans perte de salaire ». Le but est clairement défini : « Éradiquer le chômage et mettre toutes nos forces au service de l’émancipation humaine, de la France, de la planète et non plus au service de la finance ! » En commençant par la jeunesse. Pour atteindre l’objectif annoncé de « zéro jeune au chômage dès 2023 », Fabien Roussel propose deux solutions complémentaires. D’une part, une mesure d’exception qui consiste à imposer aux entreprises de réserver 10 % de leurs nouvelles embauches aux jeunes de moins de 25 ans. D’autre part, la possibilité pour chaque jeune, à la fin de ses études et « s’il ne trouve pas d’emploi », de signer une convention avec l’État, lui garantissant une allocation à hauteur du Smic s’il « s’engage à suivre une formation professionnelle de son choix ».
Place Stalingrad, le candidat à la présidentielle a également proposé de mettre en place un autre type de contrat avec l’État, en priorité à destination des jeunes : le prérecrutement de futurs fonctionnaires. En clair, il serait proposé de rémunérer la formation à un poste dans la fonction publique « avec un vrai salaire », à condition de s’engager à y travailler pendant dix ans.
Pour que ces conventions existent, encore faudra-t-il des créations d’emplois dans le service public. Fabien Roussel en prévoit 500 000 : 100 000 dans les hôpitaux ; 100 000 dans les Ehpad publics ; 90 000 enseignants ; 15 000 chercheurs ; 90 000 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) ; 30 000 agents du fisc ; 25 000 magistrats et éducateurs ; 30 000 fonctionnaires de police de proximité ; et 50 000 ouvriers, techniciens et ingénieurs dans l’électricité et le gaz.
L’énergie est par ailleurs au cœur des « grands projets » développés par Fabien Roussel « pour une écologie sociale, positive et pas punitive ! » Il propose ainsi d’investir dans les énergies renouvelables et le nucléaire, et de renationaliser EDF et Engie (ex-GDF). Autres grands projets potentiellement créateurs d’emplois : les rénovations de 500 000 logements et bâtiments publics par an, la construction de nouveaux établissements scolaires ou encore l’investissement dans les transports non polluants, dont certains seraient rendus gratuits – « Fini les cars Macron, vive les trains Roussel », s’est amusé l’intéressé.
Enfin, hormis ces investissements et le renforcement des services publics, les créations d’emplois devant permettre de « garantir un droit inédit au travail et au salaire » passent aussi par la réindustrialisation et la relocalisation : « C’est un million d’emplois industriels que nous pouvons créer en cinq ans », a assuré le candidat communiste.
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Nouveau Vlog de l’R de campagne.
Le 27 octobre avait lieu la troisième rencontre des Jours Heureux, à Rennes, sur les thèmes de l'écologie, l'énergie et l'environnement.
Fabien Roussel avait profité de ce déplacement en Ille-et-Vilaine pour visiter des entreprises locales, qui agissent pour l'environnement en produisant et/ou utilisant des produits sains pour la planète :
➡ l'usine Antofenol, specialisée dans le biocontrôle,
➡ l'usine des Galettes de Broöns,
➡ le barrage de Rophémel,
➡ et l'entreprise de fret ferroviaire Trans-Fer
Justin a décidé d’immortaliser dans son vlog cette journée riche en rencontres et en échanges 👇