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Le Diben mardi 15 octobre 2013
Manifestation ce matin devant la mairie de Morlaix, sous la pluie, organisée par les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU... pour protester contre la réforme des retraites. Une délégation a été reçu à la permanence de notre député Gwenegan Bui, au 23 avenue de La République, par Gérald Sauvageot et Alban Le Roux, deux de ses trois attachés parlementaires.
On a appris hier que le Tribunal de Rennes validait le plan de la continuation de la CECAB prévoyant la fermeture des sites de production de Lampaul Guimiliau et de Saint Nazaire, du centre administratif de Saint-Martin, seul l'abattoir de Josselin étant maintenu.
C'est lamentable que la CECAB ait sciemment fait ce choix de laisser 1000 salariés sur le carreau. C'est une catastrophe sociale pour notre région, surtout qu'on apprenait hier parallèlement que Jean Gaby à Lampaul s'apprêtait à supprimer 80 emplois.
Le Front de Gauche s'associe à l'écoeurement et à la peine des salariés qui vont être licenciés ou devoir songer à déménager pour certains.
Nous disons à ces salariés: nous sommes de tout coeur avec vous, vous pouvez être fiers de votre mobilisation pour sauver vos emplois et l'économie de la région. Vous avez su jusqu'au bout garder la tête haute, et cela va continuer.
Il y a de quoi être révolté car le site de Lampaul était performant et il n'y avait pas de raisons objectives, sauf à admettre le bien-fondé du dumping social et de la concurrence européenne très faussée par l'inégalité des normes sociales et salariales et la rapacité du capitalisme, de vouloir fermer un abattoir en Bretagne, la terre d'élevage porcin par excellence.
Nous remarquons aujourd'hui que la droite (Agnès Le Brun en particulier) et le PS font part de leur tristesse et de leur solidarité alors qu'ils ne font rien de bien efficace pour changer les règles du jeu ultra-libéral en Europe, ni n'ont proposé de planification écologique ou d'intervention volontariste de l'Etat pour soustraire la filière agro-alimentaire aux forces destructrices et irresponsables du marché et sauver l'emploi tout en proposant une réorientation du modèle agricole breton vers quelque chose de plus durable et vertueux socialement et écologiquement.
Qu'a fait le gouvernement pour sauver les emplois à GAD en dehors de la recherche infructueuse d'un repreneur providentiel? On se le demande. Que fait-il pour empêcher les délocalisations à Marine Harvest, la faillite de Tilly suite à la suppression brutale des restitutions? Là encore, on ne voit rien venir... Le courage politique, c'est de ne pas se résigner à ce que les capitalistes et les lois d'une concurrence très faussée fassent la loi mais d'intervenir dans l'économie au service du social et de l'humain.
Il est possible et souhaitable d'envisager l'appropriation en SCOP des abattoirs nécessaires aux activités économiques de la région et à la cohérence de la production alimentaire sur le territoire national, à partir du moment où leurs propriétaires licencient. On peut aussi imaginer pour sauver les emplois et les activités d'intérêt public de l'agro-alimentaire breton un consortium public de l'industrie agro-alimentaire avec des débouchés propres (cantines scolaires, personnes qui ont actuellement des difficultés à accéder à l'alimentation, et encore plus à de la viande de qualité). Une autre piste pour surmonter la crise de l'agro-alimentaire breton et finistérien serait la création d'un GIP (groupement d'intérêt public) permettant une relocalisation des circuits de l'agroalimentaire, bio ou de proximité ... car il existe de moins en moins de solutions d'abattage de proximité du fait de la fermeture des petites unités et de la concentration sur un ou deux abattoirs par départements.
Le Front de Gauche du Pays de Morlaix, le samedi 13 octobre.
Les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU appellent à la mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement le mardi 15 octobre. A Morlaix, une manifestation est prévue à 10h30 place de la Mairie.
Le Parti Communiste et le Front de Gauche appelent à une forte participation des citoyens, salariés et retraités, à ce rassemblement pour dire Non à une nouvelle réforme des retraites de régression sociale.
Jean Dréan (au centre) à Guerlesquin avec nos camarades de Plougonven et de Guerlesquin
Madame Lebranchu Ministre
Monsieur Fichet Sénateur
Monsieur Bui député
Madame, Monsieur,
Pour battre Sarkozy, j'ai voté pour vous. A 80 ans, modeste militant aujourd'hui, je suis scandalisé, outré.
Nous vivons une époque, que vous confirmez, indigne de nos camarades qui aux risques de leur vie ont mis en place les fondations du social à la française.
Au gré de graves problèmes de santé, j'ai pratiqué sur décision: la clinique de la Baie, l'Hôpital de Morlaix, l'hôpital Morvan. Pasteur.
La qualité des personnels, leur engagement, leur dévouement au malade n'y suffiront pas: la Santé Publique à la française est en danger.
J'ai voté pour vous. En notant dans votre profession de foi:
- Réhabiliter 80 000 logements par an
- Doubler l'APA
- Adapter la société au vieillissement, choix judicieux confirmé par le diagnostic de France 25 : "Le problème majeur: le vieillissement de la population".
Hélas, qu'avez-vous fait de vos promesses électorales?
L'article du Télégramme du 28 septembre relatant l'action des personnels de la structure d'accueil du Bruc à Pleyber-Christ nous éclaire, ceci confirmant la situation, la pauvreté de la civilisation de la personne âgée sur le Finistère.
Je vous ai transmis régulièrement la multitude des appels au secours, de détresse de tous les maillons de la chaîne de vie du vieux sur le département. Il y aurait urgence à s'en préoccuper. Le programme électoral de Mr Hollande est un engageant: il promet une aide à la dépendance.
Pour nous, il faut un Droit universel à l'autonomie, seul en capacité de gagner le bien vieillir. Partout et pour tous.
- Allez-vous voter, faire voter cette loi?
- Allez-vous soutenir l'initiative de la FERPA (Fédération Européenne Retraites Personnes Agées) pour ce droit européen?
Toute votre politique va à l'encontre de ce choix: baisser le pouvoir d'achat des retraités.
Bien à vous.
Jean Dréan.
INVITATIONRéunion d'information et de débat sur la réforme des Retraites du gouvernement Ayrault: une réforme injuste et inacceptable!
ENSEMBLE, MOBILISONS-NOUS POUR LUI FAIRE ÉCHEC.
Le JEUDI 10 OCTOBRE à Saint Martin des Champs (salle Gallouédec) à 20 H
à l'appel du Front de Gauche du Pays de Morlaix (citoyens engagés, PCF, Parti de Gauche, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Gauche Unitaire, Gauche Anticapitaliste), du NPA, de Europe Écologie les Verts, de ATTAC, de la Ligue des Droits de l'Homme, de la FSU, du Comité Chômeurs et Solidaires.
Introduction au débat par des représentants du NPA, du Comité Chômeurs et Solidaires, de EELV et du Front de Gauche.
NOTRE APPEL COMMUN - une Pétition citoyenne que vous pouvez aussi signer en contactant: frontdegauchemorlaix@gmail.com et en mentionnant vos noms/prénoms/localité.
Ensemble, défendons nos retraites !
La réforme des retraites conçue par le gouvernement Ayrault n'est pas acceptable. Elle ne doit pas être votée au Parlement.
Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.
Refusons les régressions sociales
« On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps ». Augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse immédiate pour tous ceux – chaque année plus de la moitié des nouveaux retraités – qui passent directement du chômage, ou de l’inactivité, à la retraite, et qui ne pourront jamais atteindre cette durée. Baisse à venir pour les nouvelles générations entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité. On oublie aussi de rappeler que l’allongement de la durée de cotisation et la décote pénalisent plus fortement les personnes aux carrières courtes, en majorité des femmes. L’espérance de vie augmente, mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. L'allongement de la durée de cotisation, c'est la double peine. Nous ne pouvons pas l'accepter.
L’austérité sans fin est suicidaire
Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l'allongement de la durée de vie. Mais le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Il s’explique par la récession qui se creuse en Europe, détruit des millions d’emplois et diminue les cotisations sociales induites par l’emploi. Cette récession provient essentiellement des politiques de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe par les gouvernements en accord avec la Commission. Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement inscrit la réforme dans le cadre de ces politiques, il ne pourra que retenir des pistes entraînant une nouvelle baisse du niveau des pensions. Ce qui diminuerait encore le pouvoir d’achat des retraités, aggraverait la récession et entraînerait une nouvelle hausse du chômage. Sans qu’au bout du compte les déficits ne soient réduits !
Il est possible de faire autrement
L’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé, elle s’est accompagnée d'une diminution du temps passé au travail et d’une amélioration du niveau de vie, grâce à un partage de la richesse produite. C'est à nouveau la voie à suivre.
Pour augmenter le volume des cotisations sociales, il faut en finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu, une augmentation des minima sociaux, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique. Une voie supplémentaire, toujours négligée, pour répondre au besoin de financement des retraites, est la réalisation de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à la fois par l’accroissement du taux d’activité des femmes, la suppression des inégalités salariales et la lutte contre le temps partiel subi. Il s’agit là de choix politiques de justice et de solidarité. La part des salaires a chuté d’environ 6 points au cours des dernières décennies en faveur des dividendes.
Pour une large mobilisation citoyenne
La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. La retraite à 60 ans par répartition n’est pas un fardeau, elle est une transmission continue et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante. C’est pourquoi elle dépend aussi de l’avenir que la société sera capable d’offrir aux jeunes générations. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, la destruction des solidarités sociales, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » dans une société productiviste et inégalitaire.
Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !
Appel national du collectif citoyen « Ensemble, défendons nos retraites » (www.retraites2013.org)
Organisations du pays de Morlaix qui soutiennent l'appel, participent à la collecte de signature et à la réunion publique: Front de Gauche du pays de Morlaix (PCF, Gauche Anticapitaliste, Parti de Gauche, FASE, Gauche unitaire, citoyens engagés), NPA, Comité Chômeurs et Solidaires, FSU, ATTAC, EELV, Ligue des Droits de l'Homme.
Le jeudi 10 octobre à 20h à la salle Gallouédec de Saint Martin des Champs ces organisations invitent les citoyens à une réunion publique d'information et de débat sur la réforme des retraites discutée au Parlement.
On a appris le 18 septembre que les juges du tribunal de commerce retenaient comme potentiellement viable le plan de continuation présenté par la CECAB, prévoyant la fermeture du sîte de Lampaul Guimiliau, un apurement des dettes par l'Etat et les banques (passant de 70 millions à 17 millions d'euros grâce à l'abandon de créances) pour maintenir l'activité à l'abattoir de Josselin, et des indemnités conventionnelles minimales et inacceptables pour les salariés de Lampaul licenciés (2200€ pour quelqu'un qui a travaillé dix ans pour GAD), 350 salariés sur 900 étant censés se voir proposer un reclassement sur Josselin.
Seulement, les salariés de Lampaul et beaucoup d'observateurs ne croient pas à la capacité de la CECAB de maintenir l'activité sur la durée à l'abattoir de Josselin. Leur plan de continuation serait un marché de dupe.
La liquidation totale aurait permis la suppression des dettes des usines, et le rachat de Lampaul pour une somme symbolique par un investisseur.
Les salariés de Lampaul en veulent d'autant plus à la coopérative légumière qu'elle a refusé l'offre de rachat d'Agrial, le premier groupe agro-alimentaire français, alors que l'acceptation de cette offre qui avait l'accord de l'administrateur judiciaire aurait sauvé les emplois à Lampaul Guimiliau.
Fermer l'abattoir de Lampaul est un non sens au niveau sanitaire car, en cas d'épidémie dans les élevages de cochons, les éleveurs seront forcés d'abattre le bétail à la ferme, alors que Lampaul dispose d'une station d'épuration. C'est un non-sens économique en particulier parce qu'il n'y a aucune raison d'aller abattre les cochons bretons loin du lieu d'élevage et puisque Lampaul est le seul abattoir à avoir l'agrément de la Chine - un marché en pleine expansion - pour des importations de porcs.
Les salariés de GAD Lampaul devront attendre le 9 octobre ou le 16 octobre pour être définitivement fixés sur leur sort, mais il semble que les chances de mettre en échec le projet de la CECAB se réduisent. Les avocats de FO travaillent sur un projet de SCOP, une SCOP pouvant être détenue à 30% par les participations de salariés, et le reste du capital en montage financier. Mais est-ce que les producteurs feraient confiance à cette coopérative ouvrière? Est-ce que les salariés suivraient en dehors des plus convaincus, engagés syndicalement? Est-ce l'Etat et le ministère du redressement productif donnerait un coup de main? Pour l'instant, ce qui compromet surtout la réussite de ce projet, c'est le faible délai laissé par la décision de justice. 3 semaines pour parachever et crédibiliser ce dossier SCOP, c'est peu... C'est ce qu'ont remarqué les avocats des salariés et Olivier Le Bras lui-même, en répondant à des journalistes.
Si cette proposition n'est pas retenue par les juges, il restera aux salariés et à leur syndicat à se battre pour obtenir des conditions de départ respectueuses de leur engagement au travail pendant des années, pour dire aussi leur colère à la CECAB qui a détruit les emplois et l'outil de travail par sa gestion calamiteuse et son manque de sens des responsabilités sociales. Combien d'employés de GAD retrouveront un emploi stable après leur licenciement? Combien auront-ils accès à des formations débouchant sur des métiers? Combien se fouteront en l'air parce qu'ils se sentiront vide en perdant leur travail, leurs collègues, leur quotidien, et une partie de leur dignité avec le chômage? Combien de couples se retrouveront-ils surendettés, contraints de démanager?
Les salariés de GAD Saint Nazaire sont en grève depuis la semaine dernière, la disparition de leur site de production étant déjà actée: ceux de GAD Lampaul s'apprêtent eux aussi à faire entendre haut et fort leur révolte après avoir été roulés dans la farine.
Le PCF et le Front de Gauche sont solidaires de ces salariés qui ont bossé toute une partie de leur vie dans des conditions très dures pour les profits de leurs patrons et qui aujourd'hui, se retrouvent jetés comme des malpropres. Cela ne peut pas se passer comme cela. On ne peut laisser disparaître une à une les activités agro-industrielles en Bretagne.
Ismaël Dupont.