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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:08
 
70000 personnes pour ce rassemblement géant: l'élan d'espoir que soulève le Front de Gauche se nourrit de lui-même de jour en jour. Le changement est en marche!  
La Dépêche du Midi. fr
À Toulouse, Mélenchon demande des comptes à Sarkozy
Près de 30 000 personnes étaient rassemblées sur la place du Capitole./Photo DDM, Michel Labonne
Près de 30 000 personnes étaient rassemblées sur la place du Capitole./Photo DDM, Michel Labonne
Près de 30 000 personnes étaient rassemblées sur la place du Capitole./Photo DDM, Michel Labonne

VIDEO -- La place du Capitole était rouge hier soir à Toulouse où des dizaines de milliers de personnes (40 000 selon la police, 70 000 selon les organisateurs), débordant dans les rues adjacentes jusqu'à la place Wilson, ont assisté serrées comme des sardines au meeting de Jean-Luc Mélenchon. Pendant trente minutes, le leader du Front de gauche, costume noir, cravate rouge, a exhorté à la révolte contre ceux qui constituent à ses yeux la France des riches. « Vous qui chaque jour, puissants, venez nous demander des comptes, je vous demande, moi, des comptes pour le malheur que vous répandez ! »

« Cinq années de grossièreté »

Des comptes, il en demande à Nicolas Sarkozy dont le quinquennat se résumerait à « cinq années de souffrances, de grossièreté, de vulgarité et d'abaissement de la patrie ». Le nom du chef de l'Etat est copieusement hué par les militants du Front de gauche qui, en rangs serrés sous la pluie fine, arboraient des pancartes portant des inscriptions telles « Mélenchons-nous sans culotte » ou « Voter c'est bien, guillotiner c'est mieux ».

Moins à l'aise qu'à l'accoutumée mais toujours théâtral, le tribun du Front de gauche a parfois pris des intonations gaulliennes, appelant notamment les Français à reprendre leur souveraineté, « l'autre nom de la liberté » : « Quand il n'y a plus de souveraineté, l'insurrection citoyenne est un devoir sacré de la République ».

Cette « souveraineté » qu'il martèle, Jean-Luc Mélenchon veut la reprendre à l'Europe mais aussi à l'Otan. « La France doit quitter le commandement intégré de l'Otan et l'Alliance de l'Atlantique Nord elle-même. Si nous sommes élus, nous le soumettrons au référendum. Nous devons proposer une nouvelle alliance altermondialiste indépendante des Etats-Unis. » Du reste, selon Mélenchon, « la France de la VIe République que

[nous] voulons n'est pas une nation occidentale, elle est une nation universaliste ». Au point d'aller ouvrir « la brèche par laquelle[nos] frères grecs vont quitter l'abjecte dictature de la finance ». Et c'est lyrique, avant que la foule n'entonne « l'Internationale » puis « La Marseillaise », que Jean-Luc Mélenchon, a conclu son discours : « Nous sommes au mois de germinal, les bourgeons gonflés de vie s'annoncent déjà et dans cette France belle et rebelle, viennent le temps des cerises et des jours heureux ». Un clin d'œil à la chanson de Jean-Baptiste Clément, celle de la Commune de Paris de 1871. L'air de la révolution.

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 14:48

DECLARATION DU FRONT DE GAUCHE 29 SUR LE PROBLEME DE LA DEFENSE

 

Le programme du Front de Gauche constitue une bonne approche de la culture de la PAIX  dans le sens où il ne décrète pas une pensée unique, mais demande à tous de contribuer à construire une société plus juste et plus humaine sur des bases de solidarité.

Aussi, dans un contexte économique très difficile pour beaucoup de gens, il est important de se préoccuper de la place du militaire dans le budget de la France et notamment le nucléaire.

-         Est-il normal que nos députés votent 25% du budget de la France pour l’armée alors que dans le même temps, ils réduisent les budgets de la santé, de l’éducation, de la recherche,… ?

-         Est-il normal de développer à l’île longue et ailleurs en France un arsenal militaire nucléaire non seulement très coûteux mais dangereux ? 90% du potentiel militaire nucléaire français se trouve dans le Finistère où nous avons l’équivalent de 4000 fois Hiroshima, de quoi détruire la planète et l’humanité.

-         Est-il normal de dépenser quelques 30 milliards par an dans des armements inutiles ?

Est-ce cela «  l’humain d’abord » ? Nous disons NON !

Le choix d’une société exempte de bombes atomiques doit être un choix politique du gouvernement et du peuple français. Les milliards ainsi économisés permettront de maintenir et développer nos services publics.

Les cerveaux et les bras qui ont su concevoir les bombes sont capables de les déconstruire et de trouver des applications de leur savoir faire pour, non pas l’anéantissement mais le bien être des gens, par exemple dans les domaines de la recherche médicale, de la santé, de l’industrie, des énergies renouvelables,…etc.

Et pour cela, il faut faire cesser la course aux armements source de profits privés et créer un pôle public d’armement.Il faut sortir de l’OTAN et instaurer comme principe la non intervention militaire dans les pays étrangers en lui préférant les négociations diplomatiques.

Le Front de Gauche œuvre pour la paix et la fraternité entre les peuples , rien de moins.

 

bandeau Front De Gauche

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 20:52

Sarkozy et son Union pour une Minorité de Privilégiés, cela a été pendant cinq ans le triomphe du Medef, du cynisme, du mensonge, la brutalité vis à vis des immigrés, des jeunes, des fonctionnaires, des pauvres, des chômeurs, et un recul sans précédent des droits sociaux au seul profit des puissances d'argent.

Aujourd'hui, grâce à l'élan populaire et citoyen créé par le Front de Gauche pour faire grandir les exigences de progrès social, toutes les conditions sont réunies pour battre cette droite qui est probablement la plus réactionnaire que nous ayons connue depuis la collaboration.

Mais nous ne nous arrêterons pas à une alternance sans alternative au moment où, partout en Europe, les inégalités se renforcent, où le capitalisme financier, plongé dans une crise systémique dont il ne peut sortir par lui-même, se fait de plus en plus destructeur pour les salariés, la cohésion sociale et les démocraties.

S'il veut défendre ses libertés et sa souveraineté menacée par les oligarchies nationale et européenne, humaniser les conditions de travail et les libérer de la dictature de la rentabilité financière, retrouver des moyens pour une santé, une éducation, des services publics et une protection sociale de qualité, rendre possible la préservation de l'écosystème, le peuple doit à nouveau se mêler de ce qui le regarde et se rassembler sur des perspectives politiques transformatrices claires pour imposer ses attentes de dignité et de vie bonne en faisant pression sur les dirigeants, fussent-ils de gauche.

Le Parti communiste, principale force fondatrice et militante du Front de Gauche, se réjouit du fait qu'au cours de cette campagne présidentielle, tous les scénarios envisagés et voulus par les possédants et dirigeants aient été déjoués grâce à la dynamique de notre campagne, au talent et au parler vrai de Jean-Luc Mélenchon.

On voulait nous faire voter Hollande sur un pâle programme de rigueur, de lutte contre les déficits et de restauration de notre compétitivité sur le dos des salariés, en misant tout sur le rejet de Sarkozy et sur la crainte du Front National. Nous sommes parvenus au contraire à montrer que les Français attendaient autre chose de cette élection qu'une poursuite de l'austérité, de la domination des marchés sur l'Europe, et des recettes d'une social-démocratie ou d'un social-libéralisme qui montre partout son inefficacité et son absence de projet historique pour résister à la machine infernale créée par les contre-réformes libérales des années 1980-1990.

Nous sommes en train de réinventer une gauche au service du peuple et en capacité de le mettre en mouvement, une gauche qui n'a plus peur d'afficher haut et fort ses ambitions de rupture avec le système politique et capitaliste en place, ni de décliner en s'adressant au cœur comme à l'intelligence ses objectifs humanistes, égalitaires, écologiques, pour une société au service de l'humain et de la vie et non du dieu Argent.

L'héritage vivant du mouvement ouvrier, du socialisme républicain, de la Résistance, et des combats d'émancipation du communisme (pacifisme, anti-impérialisme, féminisme, représentation et nouveaux droits pour les ouvriers) c'est nous qui le portons et qui le faisons fructifier à la rencontre des nouveaux enjeux de notre temps: la nécessité d'une reconquête citoyenne de la démocratie et une rupture avec le principe de délégation de pouvoir, un volontarisme écologique pour éviter que le capitalisme et le productivisme dévastent à vitesse accélérée notre terre commune. Le Front de Gauche unit des sensibilités et des générations de citoyens engagés différentes qui s'enrichissent mutuellement et construisent dans le respect de leurs traditions respectives une force ouverte, neuve, attachée non pas seulement à conquérir ou reconquérir des sièges et des positions électorales, mais à subvertir cette société de classe et de castes qui réduit la masse des hommes au rang d'instruments ou de moutons tout juste bon à se faire tondre et intoxiqués par des bergers auto-proclamés fort peu attachés à leur sort.

Cette volonté d'insurrection citoyenne qui s'exprime dans nos mots d'ordre - « Prenez le pouvoir » et « l'Humain d'abord » - nous la porterons aux législatives comme lors de la campagne des présidentielles avec les deux candidats du Front de Gauche dans la circonscription de Morlaix, Ismaël Dupont, 32 ans, membre du PCF, et Marie Huon, 23 ans, citoyenne engagée.

Notre ambition n'est pas de faire de la figuration ou de compter nos forces mais de gagner, car notre pays, particulièrement en cas de victoire de la gauche, aura besoin d'un groupe parlementaire Front de Gauche important pour peser dans les décisions et installer un rapport de force favorable afin que nos propositions soient prises en compte: augmentation des salaires et minima sociaux , réduction des inégalités de revenus et justice fiscale, lutte contre la précarité, développement des services publics, pôle financier public et changement de statut de la BCE, renégociation des traités européens, planification écologique, VIème République pour en finir avec la monarchie présidentielle.

Le vote Front de Gauche, c'est le vote actif, celui qui donne des chances au changement véritable et au réveil citoyen et social en France et en Europe.

 

120 front de gauche exe aff l500h700 web

 

Ismaël Dupont.

Morlaix, le 4 avril 2012  

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 19:12

Qu'elle est belle cette République!

 

Si tu as 13 minutes.....Prends le temps de regarder cette vidéo.

Voilà un homme de convictions, posé, qui nous fait l'honneur de parler à notre intelligence et non à notre cerveau reptilien comme beaucoup d'autres hommes et femmes politiques....

 

http://www.youtube.com/watch?v=NkDm6LCwUV0&feature=share

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:59

Communiqué envoyé à la presse ce mardi 3 avril:

 

A l'initiative du Front de Gauche, un grand débat public entre plusieurs organisations de gauche représentées aux présidentielles (Parti Socialiste, Front de Gauche, Europe Ecologie Les Verts, NPA) aura lieu à une semaine du premier tour le samedi 14 avril à 16h30 à la salle du Cheval Blanc de Plourin les Morlaix.

Nous qui croyons aux valeurs de solidarité, d'égalité, de fraternité et de liberté, nous désirons tous la défaite de Sarkozy et de son parti réactionnaire, xénophobe et ultra-libéral qui a tant fait de mal à la société française.

Néanmoins, le seul rejet largement partagé du sarkozysme ne suffira pas à faire gagner la gauche à coup sûr, ni à lui permettre de répondre aux attentes de la population et aux défis économiques et sociaux énormes à laquelle elle sera confrontée si les Français lui font confiance dans quelques semaines.

C'est pourquoi il y a urgence à discuter du contenu des projets et des programmes politiques plutôt qu'à réduire la campagne à une course de chevaux où l'on glose sur les sondages, les personnalités et les stratégies de communication des uns et des autres. C'est l'honneur et l'intérêt de la gauche de faire appel à l'intelligence critique du citoyen et d'accepter de mettre en discussion des orientations politiques clairement définies plutôt que de miser sur les intérêts, les peurs, les ignorances, les ressentiments.

Ce débat qui portera sur l'économie, le social, l'Europe, l'environnement, la démocratie, nous le voulons constructif et respectueux, permettant à chaque organisation de mettre en avant comme elle le peut la logique et le bien-fondé de ses positionnements.

Chaque mouvement aura son porte-parole- Gwenegan Bui pour le PS, Ismaël Dupont pour le Front de Gauche, Dominique Guizien pour EELV, Laurent Baudry pour le NPA- qui disposera au départ de 10 mn de temps de parole, à la suite de quoi un échange s'instaurera avec le public à partir des questions de la salle.

 

bandeau Front De Gauche



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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:31
à noter sur les agendas ... : André CHASSAIGNE à Quimper le 13 avril
 
Tract-Affiche-Chassaigne.jpg
 
 
Meeting départemental du Front de Gauche, 
le vendredi 13 avril, à 20h30
Salle du Chapeau-Rouge, à Quimper
 
andre-chassaigne-clermont-ferrand.jpg 
  
Le député du Puy de Dôme (depuis 2002) qui a réuni 14% au premier tour des régionales de 2010 pour le Front de Gauche élargi au NPA et à d'autres composantes de la gauche de transformation sociale interviendra avec d'autres responsables de diverses organisations et partenaires du Front de Gauche (Jean-Jacques Boislaroussie, porte-parole des Alternatifs, Sylvie Larue pour la Fase, François Sitel pour la Gauche Unitaire) au côté des candidats aux législatives du Finistère, dont bien sûr André Bernard, candidat à Quimper avec une suppléante NPA, Janine Carrasco, mais aussi Ismaël Dupont et Marie Huon, candidats à Morlaix.
 
Un co-voiturage est organisé à 16h30 au départ du parking du collège Mendès France, un autre devrait être organisé vers 19h du même endroit. 
 
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:03

Un article de Sébastien Crepel dans l'Humanité du lundi 2 avril.

 

Ce n'est pas l'Humanité qui ose le parallèle mais le représentant spécial de François Hollande, Arnaud Montebourg, hier dans le Journal du dimanche. L'ancien candidat à la primaire socialiste estime qu'à la lumière des sondages, "nous nous retrouvons dans la configuration de la victoire de 1981. Georges Marchais avait fait environ 15% (15,35% exactement- NDLR) et François Mitterrand 26%" (25,85% précisément). S'il se peut que les faits donnent raison à Arnaud Montebourg, alors la comparaison mérite qu'on s'y arrête. Car ce serait la première fois, après trente ans d'affaiblissement électoral du Parti communiste, que le triomphe de l'idéologie du tout-marché et la période de résignation à gauche qui a suivi seraient sérieusement battus en brèche dans une élection, non pour se fourvoyer en vaine protestation, mais pour contribuer à une victoire solide et durable de la gauche. 

Puisque Arnaud Montebourg fait le premier pas, poussons la comparaison: 1981 a été la seule fois où un président de droite sortant a été battu par son adversaire de gauche. 1988 excepté- mais dans la situation particulière où François Mitterrand était lui-même le sortant -, la gauche a perdu toutes les élections présidentielles depuis: 1995, 2002, 2007. A chaque fois, l'affaiblissement du candidat communiste n'a pas conduit à renforcer le candidat socialiste mais à priver la gauche d'une victoire au second tour, faute d'un total de voix suffisant au premier tour. 

En 1995, en dépit de son arrivée en tête du premier tour avec 23,30% des voix, Lionel Jospin a échoué au second avec 47,36% face à Jacques Chirac. Bien qu'enregistrant une remontée significative par rapport au scrutin précédent, la candidature de Robert Hue avait alors obtenu un score près de deux fois inférieur à celui du PCF de 1981 (8,65%). En 2002, le score de Lionel Jospin ne lui a pas permis de se qualifier au second tour (16,18%). Celui de Robert Hue ne dépassait pas alors les 3,37%. A la présidentielle de 2007, le PS a renoué très exactement avec son niveau de 1981: 25,87%. Mais la faiblesse des autres candidats de gauche (dont le PCF qui n'a obtenu que 1,93% des voix) a définitivement hypothéqué les chances de l'emporter de Ségolène Royal. 

En 1981, François Mitterrand n'était pourtant arrivé que deuxième au premier tour de l'élection présidentielle, derrière le président sortant Valery Giscard d'Estaing (28,32% le 26 avril 1981), ce qui n'avait pas valu à ce dernier d'éviter la défaite. Comme le révèle d'ailleurs Arnaud Montebourg dans le JDD, être en tête au premier tour "n'est pas nécessaire. Une élection, ce n'est pas qu'un tour". Bien plus que l'ordre d'arrivée des candidats, c'est la dynamique en faveur de la gauche qui avait fait le scrutin, dynamique que l'on retrouve aujourd'hui clairement du côté du Front de Gauche. 

Pourquoi, alors, de tels cris d'orfraie devant la poussée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages? Si la réponse n'est donc pas dans le risque illusoire de "faire perdre la gauche", il faut se rendre à l'évidence: elle est dans celui, bien réel celui-là, que cette poussée fait courir à la poursuite des politiques d'austérité, même tempérée par des amènagements sociaux. Les milieux dirigeants le savent, un Front de Gauche à un niveau élevé est le plus sûr moyen de donner de la force à l'exigence de changement. Là aussi, la comparaison avec 1981 est de mise. Il n'y a pas eu d'autre exemple, après "le tournant de la rigueur" de 1983 qui y a mis brutalement fin, d'une telle succession de réformes de progrès mises en place à la suite d'une victoire électorale de la gauche: retraite à 60 ans, cinquième semaine de congés payés, semaine de travail de 39h, abolition de la peine de mort, nationalisations... Les possédants s'en souviennent encore, et c'est le scénario qu'ils veulent à tout prix éviter.   

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 19:54

Y a t-il une répartition des rôles entre François Hollande et Jérôme Cahuzac ? Le candidat socialiste se posant en « rassembleur » et incarnation d’une synthèse apaisée (son modèle historique est Henri IV pour le travail de réconciliation qu’il a mené…), tandis que Jérôme Cahuzac, chargé des finances, du budget et de la fiscalité dans l’équipe de campagne, occupe la scène pour faire entendre les exigences de la « rigueur qui a du sens ».

Alors qu’Arnaud Montebourg réapparait périodiquement pour froncer les sourcils contre la finance qui ne semble pas vraiment s’en inquiéter, Jérôme Cahuzac lui est très présent médiatiquement et donne le cadrage économique de la campagne de François Hollande.  Au cours d’un débat policé avec le banquier pro-Bayrou Jean Peyrelevade, (publié dans le  journal Le monde du 29 mars 2012), Jérôme Cahuzac a développé une orientation particulièrement inquiétante. L’objectif de réduire les déficits, sur lequel François Hollande s’était engagé au cours des Primaires, est réaffirmé avec force : « Réduire les déficits est impératif ». L’objectif affirmé serait de « se passer des marchés financiers » Très bien, mais cela suppose de trouver de nouveaux moyens de financements, ce que le responsable du budget ne détaille pas.  De toute façon, ce n’est pas pour tout de suite et « en attendant, il faut conserver la confiance des investisseurs ».  Voilà une trouvaille : il faut faire une politique de rigueur et se soumettre à la finance… pour mieux s’en libérer après !

Pour monsieur Cahuzac « Le désendettement n’est pas en effet une affaire d’orthodoxie budgétaire mais le seul moyen de recouvrer une souveraineté nationale aliénée aux marchés et aux agences de notation. » Il semble avoir une drôle de conception de la souveraineté… Car pour se libérer en se désendettant, il propose de « diminuer la dépense publique ».  Dans un style digne d’un rapport du FMI, il précise : « Clairement, cet objectif interdit la création nette de postes dans la fonction publique d’Etat pendant le prochain quinquennat. Ce chemin-là est donc courageux et difficile. Mais il est crédible. » Rien ne sera donc remis en cause de la politique catastrophique de suppression de postes mise en œuvre par la droite depuis 10 ans ? Pour Cahuzac la priorité est que : « le calendrier de redressement des finances publiques doit être vraisemblable pour s’assurer de la confiance des marchés. »

Enfin, Jérôme Cahuzac reconnait ouvertement que concernant le nouveau traité européen Merkel Sarkozy, qui impose aux Etats d’adopter la règle d’or budgétaire dans leur constitution, il n’est pas question de renégocier, mais de le « compléter » par « des mesures de relance et de croissance. » C’est ce que Sigmar Gabriel, chef de file du SPD allemand dont François Hollande se félicite d’avoir le soutien, avait confirmé :  » François Hollande ne dit pas qu’il est fondamentalement opposé au pacte fiscal. Il dit, et il a absolument raison, que le pacte n’est que la moitié du chemin que l’Europe doit parcourir ». La « renégociation du traité » est ainsi transformé en « négociation pour compléter » le traité. Quel art magistral de la synthèse… et de créer des désillusion mortelles.

Le débat à gauche mérite mieux dans la période critique dans laquelle nous sommes. Combattre la finance, défendre l’égalité et la justice ne doivent pas rester des paroles lancées en l’air le temps de discours électoraux mais doit se traduire dans des actes concrets, des choix politiques qui permettent de répondre aux besoins vitaux des classes populaires. C’est ce que le Front de Gauche et son candidat Jean Luc Mélenchon ne cessent de proposer à toute la gauche pour construire une véritable alternative à Nicolas Sarkozy.

 

Un article du blog de la Gauche Unitaire.

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 05:36

Petits échos des propos instructifs captés à la radio (sur France Culture et France Inter) et dans les journaux.

 

Montebourg: une élection présidentielle n'est pas là pour sélectionner un projet politique mais un homme, on ne mettra donc pas en discussion des compromis politiques avec le Front de Gauche avant le deuxième tour des présidentielles. Je me suis dit: quel faux-cul et quelle girouette fait cet ancien promoteur de la VIème République qui s'accommode lui aussi très bien, sans doute par pragmatisme de circonstance par rapport aux institutions actuelles, du bipartisme, de la personnalisation des enjeux politiques, et d'une alternance sans contenu politique différent bien défini, bref d'une élection "course de chevaux" plus que "bataille d'idées". En même temps, je suis peut-être injuste avec Montebourg, nettement plus aimable avec nous (puisqu'il n'exlut pas qu'on négocie sur le programme de gouvernement après les législatives) que Gérard Collomb, l'ami de François Hollande, qui peut dire sans crainte du ridicule que "le modèle que (Mélenchon) défend a déjà été essayé en URSS et au Cambodge, qu'il ne marche pas".  Mélenchon lui a répondu sans politesse excessive: " Me comparer à Pol Pot est une nouveauté dans l'infamie que je ne suis pas près d'oublier". Michel Sapin n'a pas été non plus en reste de caresses en appelant chacun à "se déterminer par rapport aux projets eux-mêmes et pas simplement par rapport à la sonorité de la voix". Et bien, chiche:  que les électeurs de gauche qui hésitent à "voter utile" lisent vraiment le projet rachitique (car corseté par l'impératif austéritaire et les engagements européens néo-libéraux) de François Hollande et le comparent avec celui du Front de Gauche, et l'on verra que la clairvoyance ne sert pas forcément les intérêts du favori, car Mélenchon rime avec passion mais aussi avec raison tandis que Hollande rime avec Maastricht, Amsterdam, Versailles, ces lieux où l'on a gentiment massacré la souveraineté populaire et les possibilités d'alternative sociale.   

On ne l'aime pas mais il ne dit pas que des bêtises, Jean-Louis Bourlanges (commentateur sur France Culture et député européen libéral et centriste) : la montée du Front de Gauche révèle que l'électorat de gauche en France dans ses profondeurs n'est pas favorable au social-libéralisme, social-libéralisme auquel se rattache pourtant Hollande depuis 25 ans. Elle ne devrait pas forcément empêcher la victoire de Hollande tant Sarkozy est décrié et tant le total des voix de gauche au premier tour augmente mais elle lui posera des problèmes pour gouverner et appliquer la politique de rigueur qu'il souhaitait mettre en oeuvre, car elle risque de rendre les citoyens plus combatifs et exigeants. Nous nous en rejouissons! Par ailleurs, Hollande est pris en tenaille: il ne peut pas taper trop fort sur Mélenchon et décrédibiliser le projet du Front de Gauche car ce serait clairement se ranger dans une social-démocratie centriste qui ne correspond pas aux aspirations des électeurs de gauche. Il ne peut pas non plus faire trop de surenchère à gauche pour contrer la progression du Front de Gauche car ce serait prendre le risque de s'aliéner les voix des électeurs centristes de Bayrou pour le second tour. Voilà qui explique bien la paralysie actuelle de Hollande qui n'annonce rien, reste campé sur sa figure miterrandienne (le Mitterrand de 88) de rassembleur oecuménique au plus près de la France rurale éloignée des passions politiques.  Son affiche d'ailleurs évoque le bleu horizon "travail, famille, patrie" de la " Force Tranquille" et les prouesses à demi pétainistes de Séguéla, l'homme qui a su gagner sa Rolex à moins de 50 ans!  

Europe Ecologie Les Verts est au bord de la crise de nerfs: après Duflot qui nous a fait le coup du retroviseur, du candidat du passé, du projet beaucoup "trop rouge", Eva Joly sur France Inter dimanche soir, comme quoi cette communication agressive aux relents d'amertume a été bien huilée, a cherché à mordre le Front de Gauche à son tour en qualifiant les communistes de pro-productivistes et de pro-nucléaires, sans aucun égard pour notre programme commun qui prévoit la planification écologiste et qui est autrement plus conséquent que ses développements assez pathétiques sur le souci des français pour l'écologie et la santé publique lié aux problèmes d'asthmes dont ils souffrent dans les villes. Les 15% de Mélenchon: c'est bon pour faire gagner François Hollande mais c'est "un candidat IIIème République", un "candidat de la nostalgie", qui propose des mesures passéistes. Oui, nous n'avons pas honte de la tradition révolutionnaire et ouvrière de la gauche française: oui, nous ne nous rejouissons pas en petit bourgeois de la montée inéxorable de cette gauche post-moderne qui transforme la lutte des classes en lutte des places et petits débats sur le bio, les éoliennes, le transport à vélo... Comme elle aurait aimé, la candidate Verte qui soutenait Bayrou en 2007, que la vraie gauche de transformation sociale appartienne au passé et que l'on puisse se contenter de parler éthique, moralisation du capitalisme, et non mesures anti-capitalistes ou volonté de dépassement de celui-ci. Marie-George Buffet lui a bien répondu 5 Mn après: non Mélenchon n'est pas le candidat de la IIIème République mais celui de la VIème République, de la prise de pouvoir des citoyens dans les institutions, les entreprises, sur les féodalités économiques.  

Pouthou est tout aussi risible quand il dit dans le Télégramme ou le Ouest-France vendredi, je ne sais plus trop bien, que Mélenchon "n'est pas le candidat des travailleurs", qu'il ne se déplace pas dans les usines, qu'il est éloigné du mouvement social. Rendez-vous à l'évidence, vous les derniers quarterons du NPA: ce n'est pas votre attitude sectaire et isolationniste qui contribue à renforcer la combativité des salariés mais l'espoir que donne le rassemblement de citoyens et d'organisations politiques d'histoire et de sensibilités différentes sur des bases clairement à gauche dans le but de créer une dynamique à vocation majoritaire.     

La palme du grotesque revient à Douste-Blazy et Laurence Parisot: Douste-Blazy - le porte-parole d'un François Bayrou qui a trouvé son nouveau modèle en Merkel, lui qui compte mener une politique d'hyper-austérité plus dure encore que celle de Sarkozy -  voit dans Mélenchon ce sans-culotte nostalgique qui veut réhabiliter la guillotine. Laurence Parisot le tient elle pour un représentant attardé de la Terreur révolutionnaire et non des belles idées de la Révolution bourgeoise de 89, celles des propriétaires et des esclavagistes qu'elle continue à représenter sans doute: je pense au club des Feuillants! ... Ouest-France, comme d'habitude avec nous, fait dans l'originalité et la nuance en prenant pour titre de son portrait (où il s'offre le luxe d'affirmer contre toute évidence, probablement pour servir un peu LO et Nathalie Ertaud, que Mélenchon le socialo déplaît aux communistes...) en page 4: "Mélenchon, sans culotte de Gauche et tribun culotté" . Il y avait dimanche déjà le titre du JDD: "la révolution Mélenchon": tout ça pour dire que Mélenchon menaçait l'élection de Hollande avec ses 15%... Peut-être bien qu'elle ressemblera à autre chose qu'à un phénomène médiatique et sondagier éphémère, notre révolution citoyenne. C'est amusant de voir ces nantis libéraux jouer à se faire peur et essayer de faire peur en agitant, un peu à la manière dont en 81 la droite et ses journaux parlaient des chars russes qui menaçaient déjà Paris, le spectre du retour de la violence tragique de l'histoire et des coupeurs de têtes "partageux". C'est qu'il sente que les bases de la domination sont en train de se léarder sous les coups de boutoir de la crise systémique du capitalisme financier, conséquence de la rapacité de leurs amis et protégés.  

Je me rejouis de cette diabolisation, si injuste et excessive soit-elle vis à vis d'un candidat qui est le seul à batailler frontalement contre les semeurs de haine que sont Sarkozy et Le Pen, et qui a adopté avec le Front de Gauche ce slogan si universel, fraternel et humaniste: "L'Humain d'abord". En effet, elle montre la peur des élites, leur belle union sacrée pour défendre les politiques néo-libérales, et elle témoigne d'un mépris des candidats qui parlent au peuple et représentent ses intérêts, mépris dont, comme en 2005, celui-ci saura se souvenir.  

Les Français sont frondeurs, ne l'oubliez pas. Ils n'acceptent le partage du populisme et de la respectabilité, du sérieux et de la démagogie, que les médias qui mangent dans la soupe du pouvoir et du monde des affaires leur proposent chaque jour, en mettant Mélenchon et son antithèse Le Pen dans le même sac des candidats protestataires, expression de la colère du peuple, qui ne pense pas, c'est bien connu...

L'insurrection citoyenne est en marche! Haut les coeurs!

 

Ismaël Dupont.    

 

  

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 18:25
Par MYRIAM MARTIN Membre du Conseil politique du NPA, HÉLÈNE ADAM Membre du Conseil politique du NPA, PIERRE-FRANÇOIS GROND Membre du Conseil politique du NPA

 

La campagne présidentielle entre dans sa dernière ligne droite et doit affronter une situation lourde de dangers. Danger d’une droite autoritaire, incarnée par le président sortant, dont le projet est dans la continuité de son action : nocif pour une majorité de la population tant se sont creusées les inégalités, tant se sont développés un discours et une politique de plus en plus poreux aux thèses de l’extrême droite. Danger d’un Front national dont l’emprise sur une partie de la population frappée par la crise distille le poison mortel du racisme et de la xénophobie. Danger d’une crise écologique qui pose des enjeux de civilisation. Danger, enfin, d’un capitalisme financier mondialisé, qui se moque du calendrier électoral, qui peut imposer en Grèce ou en Italie son propre personnel politique et dicter son choix, celui d’une politique d’austérité sans fin et sans fond.

 

Alors, oui, il faut sortir le sortant, combattre le Front national, s’insurger contre la dictature des banques et du capital, et faire de cette élection présidentielle un premier moment de résistance sociale et démocratique. Il nous suffit de regarder la Grèce pour saisir la gravité de la situation actuelle. Nous avons là une paupérisation sans précédent des populations. Baisses des salaires et des pensions, coupes sombres dans les budgets sociaux, privatisations imposées des services publics avec profits juteux pour les requins de la finance, se succèdent à un rythme d’enfer. Et qui est aux manettes ? Un gouvernement soi-disant «technique», aux ordres des banques et des grandes institutions qui ont plongé le pays dans le chaos et qui font désormais payer à la population une dette et une crise qui ne sont pas les leurs ! Si la situation de la Grèce est particulièrement dramatique, elle n’est pas isolée en Europe. Les responsables politiques et économiques du libéralisme et de la crise économique ont mis en place ce monstre financier qui se croit tout-puissant. Ils ont construit l’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne, au mépris de la souveraineté populaire. Ils veulent aller toujours plus loin. A présent, c’est le modèle social européen, produit d’un siècle et demi de luttes et de conquêtes ouvrières, qui est en ligne de mire.

Battre Sarkozy est un enjeu essentiel et primordial. Mais il n’est pas le seul. Le programme de François Hollande, à l’instar des politiques sociales-démocrates européennes, s’inscrit dans le cadre de la gestion du capitalisme, ce qui signifie austérité à tous les étages et respect des critères imposés par les marchés financiers, ces critères que les dirigeants veulent à nouveau graver dans le marbre d’un nouveau traité. Il tourne le dos aux exigences de justice sociale. Il ne prend pas davantage en charge les questions écologiques.

Il importe alors qu’existe au premier tour, un vote, le plus massif et dynamique possible, pour donner force à un programme d’urgence basé sur une autre répartition des richesses, la transition énergétique, des transformations démocratiques radicales.

Une nouvelle chance sera ainsi offerte pour faire exister durablement un courant politique qui conteste à gauche l’hégémonie du social-libéralisme. C’est essentiel pour faire contrepoids à l’extrême droite. C’est décisif pour donner force et courage à celles et ceux qui résistent aux politiques d’austérité.

Et dès après la présidentielle, sur la base de cet élan, les forces politiques et sociales qui refuseront de collaborer, sous quelque forme que ce soit, avec un gouvernement d’austérité dit de gauche devront former ensemble un bloc contre la crise pour défendre une alternative sociale et démocratique en toute indépendance vis-à-vis du Parti socialiste.

Telle est notre analyse des urgences de l’heure.

Nous sommes militants de la «Gauche anticapitaliste», courant unitaire du NPA, nous avons été membres de la LCR auparavant. C’est avec beaucoup d’amertume, mais aussi de colère, que nous voyons notre parti renoncer à l’engagement pris lors de sa fondation : rassembler tous les anticapitalistes dans un parti de masse. Le NPA avec son candidat prend le chemin de la marginalité, qui lui interdira de peser réellement dans une situation politique aux enjeux majeurs.

La Gauche anticapitaliste, sans donner de position en tant que courant sur le vote, prend acte de cette impasse et estime que la dynamique créée autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon constitue un fait positif de la situation actuelle. Nous voulons en souligner les conséquences à nos yeux.

Réquisitionner les entreprises qui licencient en délocalisant, prendre des mesures pour museler la finance, refuser de faire payer la crise à la population, organiser la planification écologique, rompre avec une Ve République antidémocratique, refuser les traités européens pour réorganiser une Europe qui réponde aux impératifs sociaux, écologiques, démocratiques, sont autant de propositions qui vertèbrent la campagne de Jean-Luc Mélenchon et qui vont dans le bon sens. Nous apprécions les déclarations affirmant qu’aucune participation à un gouvernement qui pratiquerait la politique préconisée par Hollande n’est envisageable. Nous conservons des points de vue différents sur certains aspects concernant notamment la République et la nation, mais nous estimons l’orientation générale positive.

La dynamique politique militante qui ne cesse de s’amplifier permet que vive et se développe une force militante et électorale qui refuse de se soumettre à la gestion sociale-libérale des crises et aux politiques d’austérité.

C’est un facteur important du rapport de forces et un puissant encouragement pour les luttes sociales. En témoigne d’ailleurs le nombre de syndicalistes, de militants du mouvement social, écologiste, féministe, antiraciste qui rejoignent la campagne.

Dès lors, nous pensons qu’il ne faut pas hésiter à affirmer que si nous sommes nombreux à exprimer notre force par notre vote le 22 avril pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, la situation en sera nécessairement positivement bouleversée.

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