Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:55

Après le 31 janvier 2012, ce n'est plus de cinquante ans mais de près d'un siècle d'histoire politique et sociale que Sarkozy et son gouvernement au service du Medef voudraient nous faire reculer.

Politique anti-sociale, anti-démocratique, sécuritaire, racisme, xénophobie d'Etat ainsi que les affaires (Bettencourt, Karachi, etc...), voilà de bonnes raisons de dégager Sarko et ses copains du Fouquet's.

Pour battre durablement Sarko et sa politique, pour releguer l'extrême-droite dans la poubelle de l'histoire, il nous faut autre chose que "donner du sens à la rigueur", il nous faut une gauche qui soit prête à en découdre avec le système capitaliste, les banques et la finance, une gauche organisatrice dès maintenant de la résistance et de la riposte sur tous les fronts.

Par ailleurs, je m'inquiète du rapport de la cour des comptes, dirigée faut-il le rappeler par Didier Migaud, qui conseille un renforcement de la rigueur et met la pression sur les dépenses dans les services publics. Ainsi, en dépit de sa surenchère anti-sociale le gouvernement n'aurait accompli l'an passé que 10% des efforts d'économies nécessaires pour les experts de la Cour des Comptes, des experts assurément objectifs, indépendants des idéologies politiques et des puissances financières.  

Je rappelle ici que la cour des comptes n'est pas une institution élue au suffrage universel et donc ne peut remplacer la volonté du peuple libre et souverain quand il s'agit de dire quelle politique il lui faut.

C'est pourquoi l'étiquette du président socialiste de la cour des comptes me laisse un goût désagréable tout en sachant qu'il est adepte depuis fort longtemps d'une politique d'austérité.

 

Robert Doré.

 

Partager cet article
Repost0
10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 06:54

 

Synthèse sur l’ADMR faite par Françoise Pencalet-Kerivel complétée par les salariés.

 

 

Structure pyramidale de l’ADMR

 

personnel

Union nationale

 

Bénévoles décident de la politique nationale

+ personnels administratif

Comité régional

 

Bénévoles

+ personnel administratif

Fédération départementale

 

Bénévoles (employeur) = Conseil d’administration fédéral

+ personnel administratif salarié

  • Un avocat fédéral

  • 1 directeur général, 1 dir.adjoint, 1 directeur financier

  • Des chefs de service (cadres) : encadrants, qualité, conseillers techniques

  • personnels de production (service paie, service facturation, service RH, service qualité, service comptabilité, service famille, service formation)

  • conseiller technique (lien FD et assos, sur les domaines associatifs)

  • encadrant de proximité (lien entre la fédération et l’association). Fonction : gestion des ressources humaines, faire vivre le service (accompagnement des secrétaires et des aides à domicile), mise en place de la modulation du travail pour les aides à domicile, aide et conseil à la fonction de bénévole-employeur (Président d’association locale), constitution des dossiers de prise en charge pour l’aide aux familles (-60 ans, allocataires CAF)

Association locale

 

Président d’association + CA = bénévoles

+ secrétaire(s) = salariée de l’association

+ les aides à domiciles rémunérées par l’association (par l’intermédiaire de la Fédération et de ses services de production)

+ 1 encadrant de proximité salarié de la fédération mis à disposition sur des secteurs géographiques déterminés.

 

ADMR Finistère en difficulté financière depuis 2009 : déficit du réseau. (en sauvegarde renouvelée depuis janvier 2010 et jusqu’en juillet 2011). Redressement judiciaire depuis juillet 2011, renouvelé en décembre 2011 pour 6 mois (plan de redressement par continuation)

Proposition d’un plan de sauvegarde de l’emploi + un plan de réorganisation du réseau : licenciement des encadrants de proximité + des conseillers techniques + des gestionnaires d’antennes fédérales + une partie du personnel de production (soit 78 personnes).

Le plan social s’accompagne d’un projet de regroupement de plusieurs associations au niveau administratif (GCSMS = Groupement coopératif sociaux et médico sociaux), juridiquement privé et ne faisant pas partie officiellement du réseau ADMR.

Dans ce projet, un service d’accompagnement du personnel bénévole serait maintenu mais rémunéré par le regroupement d’association et non plus par la fédération. Avec un risque d’une perte de service dans les zones isolées.

Actuellement, (le personnel de production FD et divers + une partie des encadrants de proximité sont actuellement en grève depuis 10 jours, ils revendiquent le licenciement qui est annoncé depuis 2 ans et demi sans cesse repoussé ce qui les place dans une situation de grande précarité générateur de stress et d’angoisse, et de dégradation d’état de santé physique et psychique. Les revendications sont tout d’abord une réunion la présidente et ci-dessous la demande adressée à l’administrateur le 26 janvier :

 

Les salariés de la Fédération, qui ont spontanément pris la décision d’un mouvement de grève, tiennent à vous faire part de leurs revendications votées à l’unanimité :

  1. Tenue d’une réunion avec l’ensemble du Personnel et en présence de Mme L’HOUR, Présidente Fédérale.

  2.  Priorité de reclassement en interne dans les GCSMS et les Associations.

  3. Augmentation des aides au reclassement pour les salariés licenciables (480 000 €) et pour l’accompagnement à la recherche d’emploi.

  4. Démission des 2 Directeurs.

  5. Intégration des salariés fédéraux aux commissions de restructuration.

 

 

Au-delà de la situation de crise liée à l’ADMR du Finistère, la structure générale révèle de nombreuses surprises :

  • ADMR est une structure associative d’utilité publique mais privée, dont environ 90% des personnes aidées (elles ne sont pas forcément adhérentes de l’association) touche l’APA du conseil général. Cependant, le conseil général n’exerce aucun contrôle, ne participe pas au CA de l’ADMR, alors qu’il pourrait le faire car prévu dans les textes.

  • Fort lien entre les associations et les collectivités territoriales : mise à disposition des locaux, de lignes téléphoniques, les bénévoles sont souvent des élus des communes ou membres des CCAS (donc juges et parties) ;

  • Les bénévoles de l’Union nationale sont actionnaires de sociétés privées (NSI, Téléalarme…) qui produisent des services pour les personnes aidées. Ce sont les bénévoles des associations locales qui trouvent très facilement cette clientèle captive.(les bénévoles installent les téléarlarmes pour le compte de Fillien)

  • ADMR en lien avec Orange, la presse écrite, l’AG2R et d’autres…

 

D’où la nécessité d’un pôle public ! (il existe déjà des pôles publics d’aide à domicile : dans quelques communes, ce sont les CCAS qui ont leur propre service d’aide à domicile…pas sûr que ce soit ce qui fonctionne le mieux.) ou de la mise en place d’un contrôle plus rigoureux et systématique de la part des principaux financeurs et des services de l’Etat (DIRRECTE par exemple) :

  • des agréments délivrés par la Préfecture, de la mise à jour et de la véracité de ceux-ci,

  • de la qualité de service rendu aux personnes.

  • du respect de la réglementation du travail dans les associations employant des aides à domicile (que sera-t-il quand les encadrants ne seront plus là, pour rappeler aux présidents leurs obligations ?)

  • du respect de la Loi 2002-2 relative aux services à la personne et aux obligations de ceux-ci.(ex : confidentialité de la part des bénévoles)

  • Des flux financiers entre Union nationale/Fédérations/Associations

 

Pour information et documentation :

 

1.Blog de Karine JONCQUEUR

http://lactudeladmr29.blogs.letelegramme.com/archive/2012/01/26/admr-29-apres-deux-ans-et-demi-de-procedure-judiciaire.html

 

2.Réseau Mirabelle (fédérations ADMR rentrées en dissidence avec l’Union Nationale ):

http://www.groupe-mirabelle.org/

et regarder notamment les dossiers « actualités »

 

3. Ci-après : résumé schématique du fonctionnement publié dans le Télégramme en décembre 2009 : http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/admr-29-une-sauvegarde-dangereuse-pour-le-reseau-09-12-2009-691225.php

 

Partager cet article
Repost0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 21:46
cf. Le compte-rendu du site de 20 MINUTES

POLITIQUE - Le candidat du Front de gauche a réuni plus de 10.000 personnes...

De notre envoyé spécial à Villeurbanne

Ils n’en attendaient que 7.000 au maximum. Mais les membres de l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon ont dû pousser les stands militants pour accueillir plus de 10.000 personnes, réparties dans deux salles de Villeurbanne. Dans le public, des militants et des sympathisants venus de Lyon, de Grenoble, du sud de la France en car, des travailleurs en lutte, les Péchiney, les Lejaby, les Arkema, qu’avait visité l’ancien membre du PS dans l’après-midi.

Tous venus voir le candidat du Front de gauche. Comme d’habitude, lui s’en défend. «Nous ne sommes pas rassemblés sur le nom d’une personne mais pour une cause. Nous ne crions pas des noms propres dans nos meetings mais des idées politiques», lance Mélenchon, avant de brandir le dernier rapport du CSA. «Depuis le mois de janvier, 70% du temps d’antenne a été accaparé par le PS et le l’UMP. Ne comptez que sur vous-mêmes. Et écoutez-moi, je vous transmets des arguments qui vous serviront. Le premier média du peuple, c’est le peuple lui-même», explique le candidat du Front de gauche, qui espère créer une dynamique par la base, assurer la «conjonction entre les luttes syndicales et politiques». Et ses meetings font le plein. Au mois de janvier, il a réuni 4.500 personnes à Besançon («Personne n’avait rempli le Palais des sports de cette ville, même le Vieux», glisse Mélenchon en faisant référence à Mitterrand). Mercredi soir, il fera encore un meeting à Montpellier. Jeudi, un autre au Blanc-Mesnil.

«La lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité»

Mais mardi soir, à Villeurbanne, entre deux bonnes blagues sur le PS («J’ai demandé au traducteur en langue des signes ce que voulait dire le signe de ralliement pour Hollande, il m’a dit: “radio du thorax”… Faisons-là, la radio, car dans le thorax, le cœur est à gauche»), Mélenchon est venu parler précarité. «Entre le faible et le fort, c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime», déclare le candidat, qui s’engage à titulariser les 850.000 travailleurs précaires de la fonction publique et à appliquer le décret de réquisition des logements vides. «La peur du lendemain s’est abattu sur notre pauvre pays. Et la peur du lendemain, c’est ça la précarité. Alors que la lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité.»

En fil rouge de son discours, Mélenchon tape sur Marine Le Pen, l’un des combats de sa campagne. «80% des précaires sont des jeunes et des femmes. Le but de la plupart des femmes, c’est d’être maîtresses de leur destin alors que Marine Le Pen ne leur souhaite comme destin que d’engendrer», s’emporte le représentant du Front de gauche, qui met en garde l’électorat des salariés. «Pendant les manifestations des retraites, vous avec vos drapeaux de syndicalistes, elle vous avait traités d’émeutiers. Dites-le à vos camarades.» Plus tôt dans la journée, le quotidien Le Monde avait titré en une «Le Pen/Mélenchon, la guerre des populismes». «C’est bien des titres comme ça. C’est tellement insultant. Ça radicalise les consciences, comme en 2005», avait confié plus tôt dans la journée Mélenchon. 2005, l’année du non au référendum européen que personne n’attendait.

Matthieu Goar 
Partager cet article
Repost0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:03

  Paul Dagorn, un camarade militant du Front de Gauche, nous a transmis cette brochure communiste réalisée quelques semaines après la répression policière de la manifestation anti-OAS du 8 février 1962 organisée par les syndicats de gauche et le PCF. Elle prouve avec un souci d'enquête minutieuse le caractère planifié de cette brutalité policière qui a conduit huit militants de la paix et de la lutte contre le colonialisme à mourir. Nous la publions dans ce blog en hommage à ceux qui ont combattu contre la guerre d'Algérie et ont été les victimes du terrorisme d'Etat du pouvoir français à cette époque.

 

8 février 1962 0

8 février 1962 1

8 février 1962 38 février 1962 28 février 1962 48 février 1962 58 février 1962 68 février 1962 78 février 1962 8  8-fevrier-1962-9-OK.jpg

8 février 1962 10

8 février 1962 11

8 février 1962 12 OK8 février 1962 13

8-fevrier-1962-p17-001.jpg

8 février 1962 15

Partager cet article
Repost0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 16:18

8 février 1962 16

8 février 1962 17

8-fevrier-1962-p23.jpg8 février 1962 18

8 février 1962 20

8-fevrier-1962-p24.jpg 8-fevrier-1962-p25-copie-1.jpg

 

8 février 1962 23 

8 février 1962 24-copie-18 février 1962 25

  8 février 1962 26

 

8 février 1962 27

8 février 1962 28

8 février 1962 29

 

8 février 1962 30

8 février 1962 31

8 février 1962 32

8 février 1962 33 OK

Partager cet article
Repost0
7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 08:19

Dans les années 1970, un débat existait déjà à gauche sur l'efficacité et le réalisme du slogan (bien antérieur à cette période, il avait fleuri dans les années 1930): "Faire payer les riches". Beaucoup de gens attachés à la réduction des inégalités répondaient alors: il n'y a pas de trésor caché chez les riches. Leur reprendre une partie plus importante de leurs revenus ne pourrait guère améliorer la situation des ménages pauvres et modestes qui sont nettement plus nombreux. Il vaut mieux viser la croissance économique et celle du pouvoir d'achat pour réduire la pauvreté et les inégalités.

Trente ans plus tard- trente années de croissance même si elle a été moins forte qu'avant 1980- le même mot d'ordre donne lieu aux mêmes objections de certains défenseurs de l'égalité. Parmi eux, Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, ce site le plus fourni en arguments de qualité. Il a signé le 19 août 2011 un texte au titre assez rude: ""Faire payer les riches": un consensus démagogique". Son principal argument: par définition, les très riches, ceux qui semblent visés par ce mot d'ordre, par exemple les 0,1% ou les 0,01% des plus riches, sont très peu nombreux. Même s'ils ont en effet touché le pactole depuis dix ou quinze ans, une forte imposition de leurs revenus à partir d'un certain seuil ne dégagerait pas des sommes à la hauteur de l'enjeu.

Pour répondre à cet argument, il faut "enrichir" le sens de la formule "faire payer les riches" et partir de constats. En trente ans de rapports de forces en leur faveur, les dominants ont fait basculer de leur côté, sous des formes multiples, d'énormes montants de richesses économiques, privant de ce fait l'Etat et les collectivités locales de recettes très importantes. Cela a appauvri les services publics, la protection sociale et la protection de l'environnement naturel, et donc ceux qui en dépendent le plus parce que ces conquêtes collectives forment "le patrimoine de ceux qui n'en ont pas".

Ce n'est pas qu'une question comptable de répartition des richesses économiques, c'est aussi une question de répartition des pouvoirs économiques et politiques. Ceux qu'il faut faire payer, ce sont "les riches et les dominants", incluant les acteurs de la finance et des grandes entreprises, ceux qui ont profité et profitent encore de façon indécente d'une crise qu'ils ont provoquée, ceux qui ont creusé la dette publique et qui veulent aujourd'hui imposer aux peuples de la rembourser. Les "faire payer" signifie réduire leur pouvoir de nuisance et pas seulement leur excès de richesse.

Certains chiffres sont ici nécessaires.

Quand bien même on se limiterait à examiner ce que rapporterait le seul impôt sur le revenu- devenu une source mineure de recettes publiques après les vagues de réductions et d'éxonérations qui l'ont affecté- s'il faisait l'objet d'une réforme juste, ce ne serait déjà pas négligeable. Si l'on se contentait d'en revenir aux règles et barèmes de 1999, il rapporterait environ 15 milliards d'euros supplémentaires. Mais, vu l'ampleur de la crise, on pourrait exiger que l'on aille plus loin que la situation de 1999, qui était déjà régressive par rapport à celle de la première moitié des années 1980 où, par exemple, la tranche supérieure était imposée à 65%. On pourrait même s'inspirer de la politique fiscale de sortie de crise de Roosevelt avec des taux marginaux de 90% et revoir l'ensemble du barème, sans surimposer l'immense majorité des ménages.

Mais en réalité ce n'est pas principalement par les modifications des barèmes de l'impôt sur le revenu qu'est passé le déversement de richesses vers la ploutocratie qui a pris les rênes. C'est par trois phénomènes indépendants.

Le premier est la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises au bénéfice des profits et surtout des profits distribués (non réinvestis), dont les principaux sont des dividendes versés aux actionnaires. Ces actionnaires (les plus gros d'entre eux) sont au coeur du pouvoir ploutocratique actuel. L'ordre de grandeur des profits nets distribués en 2010 par les sociétés non financières est de 85 milliards d'euros, soit 10% de leur masse salariale contre 3,4% en 1993. Si l'on ajoute ceux des sociétés financières, on tourne autour de 100 milliards d'euros de dividendes nets versés en 2010. Soit 5% du PIB.

Le second phénomène est la multiplication des niches fiscales et des sociales (réductions ou suppressions de cotisations patronales) depuis 2000. Certaines sont défendables au nom de l'intérêt général (par exemple des déductions d'impôt sur le revenu pour des dons aux associations ou aux fondations). La plupart sont de vrais cadeaux aux riches, mais aussi aux entreprises, principalement les plus grandes, dont on sait qu'elles sont beaucoup moins imposées que les PME. Le montant des pertes de recettes publiques liées aux niches décidées depuis 2000 est énorme, selon les rapports très officiels: entre 100 et 140 milliards de manque à gagner annuel selon les rapports et selon le périmètre des niches retenues.  

Le troisième et dernier phénomène est celui des "fuites" non légales (par opposition aux niches qui sont légales) de contributions (par opposition aux niches, qui sont légales) de contributions des personnes et des entreprises. La droite adore évoquer la fraude des bénéficiaires de prestations sociales, qui represente peut-être deux milliards d'euros. Mais c'est une goutte d'eau par rapport à la fraude aux cotisations patronales (environ 15 milliards) et la fraude fiscale (40 à 50 milliards par an), dont fait partie l'évasion fiscale non déclarée, en particulier vers les paradis fiscaux.

Or, dans tous les cas, ce sont bien les "riches et les puissants" qui sont de façon massive les bénéficiaires de ces dispositifs légaux et illégaux, auxquels il faut ajouter l'ISF, qui est pour l'instant une passoire à gros trous.

Selon les derniers travaux de l'INSEE, les 1% les plus riches en patrimoine détiennent 18% du patrimoine total pendant que les 50% les moins riches n'en détiennent que 7% et les 10% les moins riches que 0,1%! Autrement dit, entre le patrimoine moyen d'un ménage faisant partie des 1% les plus riches et celui d'un ménage faisant partie des 10% les plus pauvres, le rapport est de 1 à plus de 1800! La France est championne d'Europe des millionnaires en dollars. On en compte 2,6 millions en 2011 contre 2,2 en 2010.

Au total, même si les montants énormes de recettes potentielles qui viennent d'être cités ne peuvent pas être additionnés car certains se recoupent, et même si on ne peut pas supprimer du jour au lendemain fraudes et évasions illégales, trouver dès 2012, si la volonté politique existe, sans devoir invoquer la croissance, 80 à 100 milliards de recettes publiques supplémentaires par an n'est pas un problème économique. C'est uniquement une question de rapport de forces.

Mais faire cela, c'est bel et bien "faire payer les riches" en un sens plus large que celui de Louis Maurin: revenus, patrimoines, bénéfices non réinvestis des sociétés, taxe sur les transactions financières, suppression des niches pour riches, véritable chasse aux vrais fraudeurs, interdiction des paradis fiscaux et confiscation des capitaux illégalement transférés, etc.

Que penser alors de l'argument de classe omniprésent: taxer les riches, les gros actionnaires et les grandes entreprises, vous n'y pensez pas, ils vont fuir à l'étranger, eux ou du moins leurs comptes bancaires et leurs actifs!  Quatre réponses peuvent être combinées:

1) Mais qu'ils s'en aillent! Ils ont fait assez de dégâts. Ce n'est pas un mauvais argument, mais si on veut faire payer les riches, autant qu'ils soient là... On ne va pas organiser leur évasion.

2) Ne surestimons pas ce phénomène, qui existe. L'immense majorité restera, pour diverses raisons. L'Etat y perdra peut-être quelques milliards d'euros supplémentaires à court terme, mais une vraie répression serait dissuasive et permettrait même de récupérer rétroactivement des montants considérables.

3) Renoncer à 100 milliards d'euros par an au motif qu'on risque d'entre perdre cinq voire dix est une aberration économique. Céder devant le lobbyng des riches et puissants, c'est la certitude que la crise s'aggravera.

4) Il faut amplifier le mouvement citoyen national et international de protestation contre les paradis fiscaux, et plus généralement pour la justice fiscale.

 

Jean Gadrey.

Le Sarkophage n°29 en kiosque jusqu'au 17 mars 2012.

Partager cet article
Repost0
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:27
Promis, ce ne sera pas tous le jours que l'on recommandera la lecture des Echos
Les militants de la CGT ovationnent Mélenchon

En meeting sur la retraite à 60 ans, Bernard Thibault s'est livré hier à une violente charge contre Nicolas Sarkozy devant l'ensemble des partis de gauche, invités pour l'occasion.

 
Ecrit par
Derek PERROTTE
Derek PERROTTE
Journaliste
Bernard Thibault hier au Zénith, entouré d'Eric Aubin et Nadine Prigent.
Bernard Thibault hier au Zénith, entouré d\'Eric Aubin et Nadine Prigent.

La CGT se lance dans le meeting politique. Hier, devant 6.000 délégués réunis au Zénith de Paris pour un meeting officiellement consacré à la retraite à 60 ans, Bernard Thibault a multiplié les charges, très virulentes, à l'encontre de Nicolas Sarkozy devant les représentants de tous les partis de gauche, invités, officiellement, au titre de leur soutien en 2010 au mouvement contre la réforme des retraites.

A dix reprises, le nom du chef de l'Etat aura été prononcé. A dix reprises, une bronca d'une rare intensité l'aura accompagné, dans un exercice aux allures de défouloir pour une organisation qui mise d'autant plus sur l'alternance qu'elle est consciente que le quinquennat aura aussi montré son incapacité à faire reculer l'exécutif, désormais visé dans son ensemble.    « Je voudrais dire aussi aux députés que nous saurons rafraîchir la mémoire des salariés électeurs » lors des législatives de juin, a prévenu Bernard Thibault entre deux saillies sur les « mesures antisociales » et le « bilan peu glorieux » de Nicolas Sarkozy.

« Rétablir la justice sociale »

Au premier rang, Eva Joly (EELV), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO) ont bu du petit lait. François Hollande avait décliné l'invitation, mais s'était fait représenté par Harlem Désir et Jean-Marc Ayrault. Un geste diplomatique que Bernard Thibault a rendu en étouffant ses critiques sur le recul partiel du PS sur la retraite à 60 ans. Et si le leader cégétiste a répété que la « CGT ne soutient aucun candidat », la salle s'en est chargée, en ovationnant Jean-Luc Mélenchon. Une façon, aussi, de pousser le PS à plus d'ambitions sociales. « Nous le disons en toute amitié aux partis de gauche, leurs élus, leurs candidats, entendez cette aspiration à rétablir la justice sociale », a insisté Bernard Thibault.

Il a sans surprise dénoncé la hausse de TVA, « l'impôt le plus inégalitaire qui soit », et les accords de compétitivité, « une offensive sans précédent à l'égard du Code du travail ». Il appelle, en réaction, à une mobilisation « unitaire » le mercredi 29 février, dans le cadre de la journée européenne contre l'austérité organisée par la Confédération européenne des syndicats. Une réunion de l'intersyndicale est en préparation. FO et la CFTC devraient y faire leur retour.

Un appel unitaire à manifester est toutefois improbable tant chacun a conscience que la proximité de l'élection n'est pas propice à une mobilisation, les Français préférant généralement attendre de s'exprimer dans les urnes.  

DEREK PERROTTE
Partager cet article
Repost0
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:18
Samedi dernier, se tenait le congrès de France Nature Environnement (la fédération des associations de protection de la Nature) qui lance "l'Appel des 3000", ses propositions dans le cadre des élections.
Pour l'occasion, elle a demandé aux candidats à la présidentielle de s'exprimer sur l'écologie. Pas moyen de trouver les videos de leurs interventions. Mais voici un compte-rendu de Laure Noualhat, journaliste écologiste de longue date, sur le blog du journal Libération.
Présidentielles: le grand oral bio des candidats

En 2007, avec le pas de danse «Hulotien», l'environnement avait eu une petite place dans la campagne présidentielle. En 2012, avec Fukushima, seul le nucléaire existe dans cette élection. Et encore, il suffit qu'on perde son triple A pour qu'on en oublie les économies d'énergie. Sans compter que la crise occulte tous les autres sujets -pourtant majeurs- de l'écologie. Voilà pourquoi la fédération France Nature Environnement (FNE) a convié les candidats à la présidentielle à un grand oral samedi à Montreuil, en fin d'après-midi. Objectif: placer, le temps d'un cours de maths, l'environnement et les questions écologiques au cœur de la campagne. Les 3000 associations de FNE ont appelé les candidats à lister les mesures écolos qu'ils mettraient prioritairement en œuvre au lendemain de leur élection. François Bayrou, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin, Dominique de Villepin et François Hollande se sont pliés à l'exercice. Ils disposaient chacun de 15 minutes face à une salle remplie de 2000 écolos de tous bords. Petit décryptage subjectif du grand oral écolo des candidats, dans leur ordre d'apparition.

BayrouFrançois Bayrou. 5/10. Décevant pour un politique aussi AOC.

Il a débarqué en premier sur la scène, a remercié les associations pour leur engagement permanent sur le terrain avant de parler d' «harmonie esthétique et culturelle» en mentionnant les rapports homme-nature. C'est l'un des seuls à s'être vraiment plié à l'exercice imposé: choisir, parmi les propositions des écolos, celles qu'il mettra en œuvre tout de suite. Comme François Bayrou a des ruches, il s'occupera en priorité de la survie des abeilles. «C'est un objectif politique dans lequel les responsables publics doivent être engagés. Le frelon asiatique n'a pas assez sa place dans les discours politiques.» Je vous assure que ça fait tout drôle d'entendre ça. D'ailleurs, mon collègue de Politis se demande si ce premier candidat «ne se foutait pas de la gueule de l'assemblée en balançant ça...» Côté énergie, Bayrou veut décarboner l'activité humaine, économiser l'énergie, lutter contre l'imperméabilisation des sols, créer une autorité internationale pour prendre en main le destin des océans. Il a aussi été applaudi quand il a évoqué l'éducation à l'environnement comme priorité de son programme.

Eva-JolyEva Joly. 5,5/10. Trimestre très décevant. 

Vêtue d'une veste en cuir rouge assortie à ses fameuses lunettes, Eva Joly a été accueillie par des tonnerres d'applaudissements. Au premier rang, un parterre de personnalités bios: Yannick Jadot, Dominique Voynet, Allain Bougrain-Dubourg, Sandrine Bélier (récitant par cœur le discours de la candidate), …, arborant tous des sourires éclatants. Bref, c'est la candidate des écolos, elle disposait logiquement d'une salle acquise à sa cause. Sauf que voilà, elle était soit en manque de magnésium, soit bourrée de trac, soit en sous-régime, mais elle n'a pas trouvé la flamme. «Si certains pensent que l'environnement, ça commence à bien faire, alors je leur dis sans agressivité, vous n'avez rien vu, cela ne fait que commencer.» Succès garanti. Mais au milieu de quelques formules faisant mouche, elle a sorti des propositions déjà connues des militants: sortie du nucléaire, bien sûr, opposabilité des trames vertes et bleues, plan de sortie des pesticides en une génération, moratoire sur les OGM et l'exploitation des gaz de schiste, une contribution climat-énergie (la taxe carbone, ndlr), lutte contre les lobbies, … Bref, que du réchauffé. «Nul! Pourquoi n'embrase-t-elle pas la salle?», questionne, dépité, le patron d'une association de défense de la montagne qui attendait visiblement à autre chose. Sur le fonds, R.A.S., mais sur la forme, c'est vrai qu'Eva Joly était un cran en-dessous de la candidate suivante.

LepageCorinne Lepage. 8/10. Bonne élève, mais réelle candidate?

Trente-cinq ans de vie professionnelle au service de l'écologie, Corinne Lepage ne s'est pas privée de parsemer son discours de références bien senties concernant son engagement personnel comme avocate, ministre ou eurodéputée. «Votre appel des 3000, je ne peux qu'y souscrire, scande-t-elle, l'écologie ce n'est pas le problème, c'est la solution.» En s'appuyant sur un texte documenté (mentionnant les 2,5 milliards d'euros de subventions aux énergies fossiles, par exemple), la candidate-avocate se lance dans une série de propositions un peu décalées et très judiciaires: protection des lanceurs d'alerte, création d'un délit de rétention d'information d'intérêt général et aussi d'un tribunal pénal international où se régleraient les conséquences des catastrophes du type Bhopal, nomination d'un contrôleur du développement durable auprès du Premier ministre, … Elle n'oublie pas non plus de rappeler qu'il faut sortir du nucléaire: «Negawatt, avec son scenario, nous offre une voie, empruntons-la !». Au fil du discours, elle gagne en assurance et énergie. Sauf que voilà, avec elle, les militants ne savent pas à quel saint se vouer: «Elle roule pour qui au final? Hollande ou Bayrou?» demande l'un. «Non, non, avec Bayrou, ils ne peuvent plus s'encadrer», assure une connaisseuse. «Donc, si elle fait ça pour négocier, ce sera surement avec Hollande.» «C'est moche parce que son projet est super et, en l'état, Hollande n'en voudra jamais.»

MélenchonJean-Luc Mélenchon. 8/10. Revient de loin.

Orateur hors pair, Mélenchon semble avoir parfaitement compris où il se trouvait: devant un public avide d'écologie, certes, mais aussi assoiffé de justice sociale. Il est le seul à avoir admirablement articulé les deux mondes. «Il n'y a pas de contradiction, affirme-t-il, entre les intérêts à long terme des gens et la planification à long terme, par définition écologique.» Il en a soufflé plus d'un. En ce qui concerne le nucléaire, cet ancien pro-nuke a été extrêmement clair: «soit le nucléaire est dangereux et, dans ce cas, on ferme toutes les centrales, soit il n'est pas dangereux, et on peut construire de nouvelles centrales.» Imparable. «A titre personnel, je suis pour une sortie du nucléaire, mais je reprendrai la proposition 38 des 110 propositions socialistes du projet de 1981, et qui n'a pas été tenue: un référendum sur le sujet.» Il ne croit pas en un capitalisme vert, lequel est, lui aussi, «incompatible avec la financiarisation de l'économie». Il veut remonter le smic à 1700 euros nets afin que les ouvriers et les bas salaires puissent manger bio... Le candidat le plus pastèque qui soit: vert à l'extérieur avec du gros rouge à l'intérieur. Goûteux.

Herve-morin_10848Hervé Morin. 3/10. Hors-sujet.

Le candidat du Nouveau Centre a tenté de séduire la salle avec des formules à l'emporte-pièce. «Crise au balcon, environnement à l'abandon.», «Un triple A qui disparaît, et hop, c'est l'environnement qui passe à la trappe!», … Un joli bide, bien bio. Il a plus parlé de normes empêchantes -pour les pêcheurs par exemple- que d'environnement. Mais du coup, on a appris qu'il était parti à la pêche récemment. Mais on lui donne une super séance de rattrapage quand il veut, à cause d'une vilaine migraine survenue pendant sa prestation.

Dominique_de_Villepin_Lady_Gaga_a_A_sa_tableDominique de Villepin. 4/10. Trop scolaire. Très distancié.

C'est en toute honnêteté que l'ancien Premier ministre s'est présenté devant le parterre de militants écologistes, à savoir comme un politique sans culture écologique. Même s'il a dirigé un gouvernement qui a bouclé le réseau Natura 2000 et fait voter la loi sur la transparence nucléaire en 2006, on sent que cet objet ne figure pas dans son ADN. Ceci dit, il a insisté sur les morceaux qui lui restaient: les paysages, le territoire, le bâti qui défigure notre beau pays. Lui aussi veut un référendum sur le nucléaire, une agriculture soutenable (ce qui veut tout et rien dire), un renforcement de l'environnement dans les politiques publiques (idem), …

Francois_hollande_ouv_referenceFrançois Hollande. 5/10. Peut mieux faire.

A force d'arriver en dernier et de faire figure de star, François Hollande déçoit les attentes. De toute façon, on ne peut pas être bon dans toutes les matières, et manifestement, l'écologie n'est pas son fort. Côté nucléaire, il est quasiment le seul à refuser un référendum sur le nucléaire, il préfère un grand débat national (on en compte déjà un certain nombre de débats publics sur le nucléaire... avec quel succès ?) qui se déroulerait sur six mois ou un an. Mais il maintient son objectif visant à faire baisser la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% d'ici à 2025. Il mettra en place une tarification progressive de l'électricité et de l'eau. Il développera une véritable fiscalité écologique et veut conditionner les aides aux agriculteurs à des mesures agro-environnementales, … Bref, du déjà-vu, déjà-débattu, notamment dans le cadre du Grenelle. Le tout sans grande conviction.

Partager cet article
Repost0
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:29

Le mercredi 1er février s'est tenue la cinquième réunion en séance plénière du collectif Front de Gauche de Morlaix.

 

La réunion a débuté par une courte introduction de moi-même, Ismaël, sur la situation politique en évoquant le tournant qu'avait été pour nous l'émission de Jean-Luc Mélenchon du 17 janvier sur France 2 ("Des paroles et des actes" avec Pujadas) dans notre capacité à susciter de l'intérêt, au delà d'un premier cercle de citoyens de gauche bien politisés, tournant qui coïncidait avec des signes encourageants de réserves de voix selon les sondages (23% des français disaient fin janvier qu'ils voteraient certainement- le socle de 7 à 9%- ou peut-être pour Jean-Luc Mélenchon).

En transformant ces élections en référendum contre l'austérité et le renforcément de l'autoritarisme libéral des milieux financiers en Europe, nous avons encore une marge de progression importante dans les trois prochains mois, à condition d'être très présents sur le terrain, dans les quartiers populaires, au porte-à-porte, pour convaincre et éclairer les indécis, ainsi que tous ceux qui se tiennent éloignés de la politique tout en ayant intérêt à un vrai changement.

Or, nous avons justement la chance de n'être pas un mouvement de notables mais de vrais militants mobilisés par l'urgence de la situation historique qui pourrait déboucher sur des reculs démocratiques et sociaux sans précédent, comme sur une remise en cause positive et radicale du système institutionnel et économique, des militants prêts à donner beaucoup de temps pour rendre l'alternative possible. J'ai rapporté les propos entendus à la réunion des responsables de section et candidats communistes aux législatives à la Plaine Saint Denis. L'idée que nous avons déjà remporté une première victoire en obligeant Hollande à se positionner, fut-ce à titre de simple posture rhétorique peu sincère, en tant qu'adversaire résolu du monde de la finance et à moins se tourner vers Bayrou et les centristes, en n'excluant pas, comme il l'a dit dans son émission du jeudi 26 janvier, d'appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon si ce dernier était le candidat de gauche le mieux placé à l'issue du second tour. En même temps, j'ai brièvement analysé ce qui dans le programme socialiste ne pouvait coller avec les attentes d'électeurs de gauche exigeants: pas de retour sur la retraite à 60 ans, sur les déremboursements de médicaments, les franchises médicales et la réforme hospitalière, pas de remise en cause des institutions de la cinquième République,  des recettes austéritaires imposées au niveau européen pour faire reculer l'endettement ou faire descendre le coût du travail, aucune mesure prévue pour augmenter les salaires et les minima sociaux, limiter efficacement le recours aux contrats précaires, pas de politique de relance de l'investissement dans les services publics, la volonté de faire payer les pauvres aussi, dans le cadre d'efforts mieux partagés, afin de sortir de la pseudo  "crise de la dette".

J'ai rappelé cependant ce que Mélenchon nous avait dit le samedi 28 janvier: il y a déjà une demi-victoire d'étape dans le fait que la campagne se joue sur les thématiques que nous avons mises dans le débat - protectionnisme, lutte contre la spéculation financière, la désindustrialisation, pour la sauvegarde des emplois, l'accès au logement, à la santé - et non sur des thématiques dont la droite se délectent (l'assistanat, l'immigration, l'insécurité). Nous devons croure au pouvoir des mots: il n'est pas innocent que des mots comme "révolution citoyenne", "planification", "classe", recommencent à faire leur chemin dans le débat public et les consciences. C'est ce qui explique que dans les sondages le score de toute la gauche confondue augmente, laissant penser qu'il est maintenant plus que probable que nous nous débarrasserons de  Sarkozy et sa clique, qui sont nos premiers adversaires (pour ne dire ennemis) tant ils manifestent de zèle dans la destruction systématique de tous les dispositifs de solidarité, de protection sociale, de sécurisation des droits des travailleurs, pour le service des ultra-privilégiés.

Hervé Penven a ensuite pris la parole en mettant en avant avec un peu d'ironie le fait que la réforme de l'impôt sur le revenu voulue par Hollande (l'individu gagnant 150.000 par an touché à un taux de 45%) le situait plus à droite que Giscard (le taux supérieur de l'impôt sur le revenu était alors de 48%) et que Bayrou, tandis qu'avec Mitterrand, la tranche supérieure du corps des imposables était en réalité taxée à 68%. Pour Hervé Penven, on sait très bien ce qui a amplifié la dette publique, et il est très facile de l'expliquer aux gens: abaissement de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur les successions, sur le patrimoine, et exonérations de plus en plus sysmatiques de leurs charges patronales pour les entreprises.  

Jean-Luc a souligné que Hollande parlait de rigueur équitablement partagée tandis que nous, on voulait entendre parler de relance. Par ailleurs, la fusion prévue par le PS de l'impôt sur le revenu et de la CSG relevait de l'enfumage car au final, cet impôt retoqué n'aurait tout au plus que le même rendement que l'impôt sur le revenu.

Alain David a dit qu'à l'évidence, il y avait dans la société une attente forte de vrais changements. Mais, le mouvement vers le Front de Gauche, très sensible dans certains milieux de la gauche politisée, syndiquée, proche du mouvement social, ne touchait pas tous les électeurs des catégories populaires. L'Humanité Dimanche a ainsi sorti dernièrement un sondage sur les préoccupations et les intentions de vote des catégories populaires (ouvriers et employés). Alors que les préoccupations essentielles de ces électeurs devraient les orienter vers une gauche volontariste car il s'agit du chômage, du système de santé ou de retraite, du pouvoir d'achat, des inégalités, qui passent bien avant des thèmes comme l'insécurité ou l'immigration, 50% des sondés disent malgré tout qu'aucun parti ne comprend leur réalité quotidienne, et parmi les partis dont on juge  qu'ils prennent mieux en compte ce que les gens vivent, le FN vient en premier, le PS au deuxième rang. Pour défendre la protection sociale, les catégories populaires font d'abord confiance au PS, ensuite au FN (20%). Pour défendre le pouvoir d'achat, le FN est le deuxième mouvement le mieux placé par ces sondés, et c'est la même chose pour les inégalités!!! La conclusion qu'en tire Alain, c'est que les préoccupations des gens répondent à nos propositions, mais que nous avons à mener un sérieux travail de mise en connaissance. Il faut partir de ce que les gens vivent et leur montrer que nous avons un certain nombre de choses à leur apporter.

Yves Abramovicz considère qu'un tel sondage s'explique par l'écart entre la place qui a été accordée au FN ces 6 derniers mois et celle qui a été accordée au Front de Gauche. Pour beaucoup de gens, il n'y a en concurrence véritable lors de ces présidentielles, que "Hollande, le nain, et la facho". Ce sondage indique l'ampleur de la tâche mais n'a rien de démobilisateur: au contraire, il doit nous conduire à intensifier notre campagne de proximité.

Alain Rebours remarque que la gauche qui veut transformer radicalement le système part de tellement bas qu'on ne pourra pas tout résoudre en une campagne. On regagne des positions, on recompose progressivement une force politique. Ce qui est remarquable, c'est qu'il y a des gens qui, bien que peu politisés, se remettent à faire de la politique. On va être un peu plus nombreux à pouvoir mettre en mouvement les choses. L'idée de perspective politique est en train de changer: il y a désormais une perspective politique pour changer de système. On est en train de gagner l'idée qu'il est possible et souhaitable de changer de système: c'est déjà énorme et cela n'avait rien d'acquis il y a 5 ou 10 ans que l'on puisse ainsi enfoncer un tel coin dans l'édifice du libéralisme.

Jean-Luc Le Calvez remarque qu'en faisant du porte-à-porte, en distribuant des tracts, on peut réaliser les fausses idées que l'on a mises dans la tête des gens et ainsi mieux comprendre ce qui fait obstacle à la pénétration de notre discours et de nos idées: par exemple, on a fait croire a beaucoup que c'étaient les communes et les régions qui creusaient la dette publique, ou alors que le principal problème d'injustice dans notre pays était les revenus trop importants des gens qui nous représentent, de droite ou de gauche. Il y a une nécessité de dissiper la confusion dans la tête des gens: cela passe par le contact direct. Pour cela, il faut aussi être de plus en plus lisible, visible, compréhensible.

Jacques Normand souligne que la légitimité du Front de Gauche est d'offrir un espace de transformation politique crédible à gauche, afin de mobiliser un vote actif, un vote de reprise de possession de sa citoyenneté. Pour cela, nous ne devons pas nous projeter immédiatement vers le second tour et surtout ne pas anticiper dès à présent un ralliement au candidat socialiste au second tour. Il apparaît peu crédible et conforme à la démarche du Front de Gauche que nous anticipions de créer une majorité politique avec les socialistes au Parlement, alors que leur projet est tellement en décalage avec le nôtre.

Nicole Labelle rappelle aussi qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs: il y a un moyen de faire bouger le rapport de force à gauche si on est actif pour faire connaître nos propositions sur le terrain. Il y a des gens qui savent tout juste qu'il y a des élections dans les milieux très populaires, très défavorisés. La télé n'est pas là pour élever le niveau de conscience, de connaissance politique des gens. En même temps, toute une partie de l'electorat est prêt à voter Front de Gauche au premier tour à condition que l'on affirme dès maintenant, sans biaiser, que l'on se rassemblera pour battre Sarkozy au second tour. Par ailleurs, il est possible qu'il y ait pas mal d'électeurs qui votent "utile" au premier tour des présidentielles en votant Hollande de peur de voir Marine Le Pen au second tour et qui votent cependant 2 mois plus tard pour le Front de Gauche aux législatives.

Hubert Peneau: il faut rappeler que, objectivement,  le mieux placé pour battre Sarkozy au second tour, c'est Mélenchon, car il y en a un paquet de gens comme moi, attachés à l'écologie, à la sortie du nucléaire, des institutions de la Vème République, à une gauche vraiment égalitariste combattant l'Europe libérale, qui ne pourront se résoudre à donner un quitus à Hollande dans l'hypothèse où il serait au second tour, car on sait qui il est, quel projet il va mettre en oeuvre.

Jean-Claude Lefer: je suis d'accord avec Hubert: certes, il faut battre la droite, mais pas à n'importe quel prix.

Ismaël Dupont: il est légitime je pense que l'on puisse répondre aux gens qui nous interrogent là-dessus qu'il n'y a pas d'équivalence pour moi entre Hollande et Sarkozy, le PS et l'UMP, de sorte que nous devons appeler, je pense, comme nous l'avons toujours fait par tradition républicaine, à battre la droite au second tour, sans cacher toutefois que le projet de Hollande n'est qu'un projet centriste qui ne nous convient aucunement et sur lequel, s'il restait en l'état, il nous serait impossible de participer à une majorité politique avec le PS. Comme le dit Hubert, si Hollande veut bénéficier d'un bon report de voix de la part des électeurs du Front de Gauche, il faut d'abord qu'il commence entre les deux tours par intégrer et reprendre à son compte par esprit de compromis certaines de nos propositions fondamentales: SMIC à 1700 euros, retour à la retraite à 60 ans, VIème République, renégociation des traités européens austéritaires et libéraux. Or, il a dit que c'était sur son projet que s'effectuerait le rassemblement, ce qui ferme la porte à toute négociation sérieuse à gauche, et je pense pour ma part que s'il est élu, comme il est décidé à ne pas faire les réformes de structure (changement de statut de la BCE, possibilité de prêter directement aux Etats, pôle financier public, contrôle sur les banques, grande réforme fiscale égalitaire) qui permettraient de libérer des marges de manoeuvre, il fera vraisemblablement alliance avec les centristes (et il s'en trouvera dans l'Assemblée par opportunisme une fois le pouvoir ayant changé de camp) pour mener sa politique d'austérité. De ce fait, je ne conçois pas que l'on puisse envisager de faire parti d'une majorité politique avec Hollande et le PS (nous serons je l'espère dans une attitude d'opposants constructifs) ou pire encore, de participer au gouvernement. Après nous n'avons pas à trop nous poser des questions sur notre attitude au second tour: tous les électeurs du Front de Gauche sont assez intelligents pour penser par eux-mêmes et savoir ce qu'ils ont à faire si notre candidat n'est pas au second tour, et, entretemps, nous allons tout faire pour l'y placer. Je pense en tout cas que face à un gouvernement socialiste, la rue et les luttes sociales pourront davantage obtenir de concessions ou de conquêtes sociales que face à cette droite brutale et cynique qui n'a rien cédé en 2010 et avance à découvert dans sa volonté de détruire tous les acquis de la résistance et des luttes sociales des années 1960-70

Daniel Ravasio rappelle que notre objectif est aussi d'avoir un fort groupe Front de Gauche à l'issue des législatives: de ce fait, il faudra bien aussi que ceux qui ont voté PS votent pour nos candidats présents au second tour.

Alain David: pour contrer le voter utile lié à la peur de voir Le Pen au second tour et la gauche éliminée, il suffit de dire très calmement qui si Le Pen fille est au second tour, c'est que Sarko n'y est pas, et en ce cas, normalement, on voit mal ce qui empêcherait le candidat de gauche d'être élu.

Quant à l'autre idée qui traîne dans la tête des gens, les empêchant de voter selon leur conscience et leurs convictions profondes, c'est celle-ci:" si vous n'êtes pas présents au second tour, à quoi ça sert de voter pour vous au premier tour". Or, il faut leur répondre que l'objectif que l'on a avec le Front de Gauche, c'est de créer une force capable de peser sur la vie politique de manière durable pour que nos propositions soient prises en compte. L'objectif est de déplacer le curseur de l'ensemble des forces de la gauche vers la gauche. Dans ce cadre, il n'est pas indifférent que nous fassions 3 ou 4% de plus ou de moins lors des présidentielles. Un véritable changement passe obligatoirement par le renforcement de notre influence. Notre objectif actuellement, c'est pour cela d'atteindre davantage les milieux populaires.

Alain Rebours: Mon problème, c'est le débat qu'il y a derrière le fameux "battre la droite" , objectif qui ne me pose pas de souci en lui-même. Est-ce que cela induit que nous allons participer avec le PS et Europe Ecologie les Verts à une même majorité politique? Il faudra s'éclaircir sur ces questions là. Si Hollande intègre le SMIC à 1700 €, la retraite à 60 ans, la proportionnelle, alors oui on pourra voter la confiance à son gouvernement: sinon, je ne vois pas au nom de quel accord programmatique et idéologique improbable on le ferait.

Alain David:  Il n'est pas question de participer à une majorité avec François Hollande et un PS hégémonique. Non seulement il ne faut pas de participation au gouvernement sur les bases du programme actuel du PS, mais en plus, dès le lendemain de l'élection, il faut faire pression sur ce gouvernement par l'investissement dans le mouvement social, la grève, et la définition de perspectives politiques progressistes, comme en 1936.  Après l'étape électorale, il faut donc un mouvement populaire suffisant. Il ne faut pas s'en tenir à la dimension politique, politicienne de la chose mais envisager les moyens de créer un véritable mouvement populaire autour du refus de l'austérité et du libéralisme et des solutions positives que nous proposons.

Jacques Normand et Ismaël Dupont: s'impliquer avec les collectifs Front de Gauche dans la démarche des "collectifs locaux pour un audit de la dette publique" - voir ce qu'il y a dedans, qui la détient, quels intérêts elle sert, comment elle a été amplifiée, qu'est-ce qu'il serait légitime de rembourser ou non dans son contenu- serait extrêment intéressant car c'est le moyen de polariser l'attention sur les fractures de classe de notre société, la belle vie des spéculateurs qui s'amusent avec les droits sociaux et l'avenir des travailleurs, et sur les mécanismes d'un pouvoir de plus en plus oligarchique qui s'exerce sur les sociétés européennes. Ne pas rembourser toute la dette peut-être un objectif qui crée un clivage politique fort et contribue davantage encore à nous faire identifier comme le seul mouvement au service des peuples contre les pouvoirs exhorbitants accordés aux marchés financiers. Il faudra donc être de la réunion du jeudi 9 février à la MJC organisée à 20h30 par Attac pour lancer le collectif local pour un audit de la dette.      

 

En fin de réunion, nous avons décidé de faire une proposition de meeting à Martine Billard le 12 avril à Morlaix, d'intensifier notre campagne de porte à porte (Hubert Peneau, Paul Dagorn et Michel Lespagnol en ont fait à la Madeleine le mercredi 1er, Ismaël et Michel ont continué le samedi 4 février, avec des rencontres très intéressantes et fructueuses à la clef), de cibler particulièrement l'électorat qui pourrait voter FN en le détournant de voter à l'encontre de ses intérêts socio-économiques (comme des intérêts de civilisation évidemment), de lancer une campagne d'affichage (en fonction du devis) pour faire connaître plus largement dès février-mars les candidats aux législatives et le collectif Front de Gauche.  

 

Le Jeudi 2 février, s'est tenue une Assemblée Citoyenne du Front de Gauche à Roscoff (salle Mathurin Méheut) en présence des candidats aux législatives, Marie Huon et Ismaël Dupont, qui était organisée principalement par la section communiste de Roscoff: Yvette et René le Bars, Jean-Yves Salaun, Serge Mercier, Paulette Peron, Serge Puil, Jean-Jacques Labous... Nous étions une petite trentaine (ce qui n'est pas si mal au vu de la faible implantation de la gauche dans le secteur) et les débats furent très riches après les introductions d'Yvette Le Bars, de Marie Huon et d'Ismaël Dupont qui a présenté le programme du Front de Gauche, son ambition et sa jeune histoire.

Nous avons discuté sur:

-la politique internationale (attitude de la France face aux guerres impérialistes maquillées sur un mode humanitaire, retrait de l'OTAN)

- la politique économique (comment rendre possible le passage au SMIC à 1700 euros? Comment se libérer des marges de manoeuvre au vu de notre endettement public et de notre insertion dans la mondialisation?)

- la lutte contre la précarité sociale (comment refaire du CDI la norme du contrat de travail, lutter contre les CDD, les temps partiels imposés, le mal logement et la difficulté d'accès aux soins)

- le bilan économique et social des gouvernements de gauche et du PS au pouvoir depuis les années 1980

- les moyens de récupérer l'argent accaparé par les actionnaires et les milieux financiers par de grandes réformes fiscales et anti-spéculatives.

- la nécessité de prendre en compte des problématiques de terrain et de vie quotidienne: les problèmes de logement à Roscoff, les répercussions de la réforme des collectivités territoriales, les conséquences de la délégation au privé de la compétence gestion de l'eau...      

 

Le vendredi 3 février   une quinzaine de membres du collectif Front de Gauche de Morlaix se sont retrouvés square Bakounine sous les tours de la Boissière auprès de la caravane du Front de Gauche et d'un brasero amené par Hubert, ainsi que de bons gateaux et des boissons chaudes et fraîches, afin d'échanger dans la bonne humeur avec la population du quartier. Nous avons distribué une centaine de tracts et surtout nous avons eu une dizaine de contacts intéressants avec les gens du quartier tout en donnant une bonne visibilité au mouvement et en manifestant sa volonté d'aller au contact du monde ouvrier et du monde du travail.   

 

le front de Gauche à La Boissière

 

Front de Gauche - semaine du 28 au 4 février 2012 003

 

 

Le vendredi 3 février à 20h,  nous étions 4 membres du collectif Front de Gauche à la mairie pour soutenir l'initiative du collectif eau publique Morlaix-Saint Martin des Champs pour que la mairie ouvre une information judiciaire ou fournisse du moins les documents (le détail des dépenses de personnel années par années que le SIVOM peut demander à Véolia) permettant au collectif d'envisager de le faire pour savoir comment Véolia a pu présenter un déficit de 500.000 euros environ sur les 10 dernières années tout en facturant la gestion de l'eau un million d'euros en moins par an dans le nouveau contrat pour les usagers morlaisiens. Devant la démonstration implacable de Michel Le Saint du groupe Idées montrant que les comptes de Véolia étaient des faux et que les frais de personnel avaient été surévalués par le passé pour servir sans scandale démocratique les actionnaires, la majorité municipale de droite, qui a voulu reconduire le contrat de délégation de service public avec Véolia, a botté en touche et n'a rien trouvé à répondre sur le fond, se contentant de dire que c'était désormais une affaire classée, qu'il fallait se rejouir que l'usager paye moins cher son eau et que c'était dans le SIVOM et non en Conseil Municipal de Morlaix que ces débats devaient avoir lieu. Toute l'assistance du conseil et les élus d'opposition ont alors quitté la salle pour manifester leur mécontentement devant l'absence de réponse sur le fond d'Agnès Le Brun.   

 

Manif-du-collectif-eau-publique-CM-3-02-telegramme.jpg  

  Manif-du-collectif-eau-publique-CM-3-02.jpg

 

    

Partager cet article
Repost0
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 12:34

 

Un lien sur le sîte de Ouest France transmis par Pierre-Yvon, l'administrateur du Homard Enchaîné. Sur la photo au centre: Noelle Peoc'h, candidate du Front de Gauche à Carhaix-Chateaulin. Le collectif Front de Gauche a envoyé la semaine passé un communiqué à la presse sur cette carte scolaire inacceptable qui se traduit par la fermeture de plus de 18 postes Rased et de 6 postes dans la circonscription de Morlaix mais seul le Ouest France a fait droit à notre demande de publication après que nous ayons insisté auprès de la rédaction locale au bout de deux jours. Le Télégramme a refusé de publier le communiqué, ainsi qu'un autre transmis la même semaine, préférant sans doute faire parler d'autres choses et surtout d'autres candidats aux législatives. 
Finistère. Écoles primaires publiques : le département perd 54 postes
Éducation vendredi 03 février 2012
  • Le 23 janvier, un millier de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre la carte scolaire.

    Le 23 janvier, un millier de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre la carte scolaire.

    Archives Ouest-France

La version définitive de la carte scolaire dans le Finistère vient d’être publiée. Ce document prévoit les ouvertures et les fermetures de classes dans les écoles primaires publiques. Au total, le Finistère perd 29 postes à la rentrée prochaine. C’est la conséquence de la baisse de 576 élèves en septembre 2012, selon les prévisions. « Les écoles publiques du département devraient alors scolariser 56 270 élèves, soit moins 1 000 élèves en deux ans », affirme l’inspection académique.

 

Une particularité cette année : la fermeture progressive des Rased. Les réseaux d’aide spécialisés pour les élèves en difficulté perdent 18 postes dans le département. C’est la concrétisation d’une politique menée au niveau national (contribution au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite). Au total, 25 postes hors classe sont retirés.

 

Le 23 janvier, un millier de manifestants s’étaient mobilisés devant l’inspection, académique à Quimper pour protester contre les suppressions de postes dans le département.

 

Les ouvertures et fermetures de classes dans le département

 

Ouvertures de classes

Écoles maternelles. Brest, Quéliverzan, + 1 ; Pleyber-Christ, Robert Desnos, +0.5.

Écoles élémentaires. Hôpital-Camfrout, Renée le Née, +1 ; Lesneven, Jacques Prévert, +1 ; Melgven, Bourg, +1.

 

Écoles primaires. Guiclan, Bourg, +1 ; Guipavas, Louis Pergaud, + 0.5 ; Kerlaz, Bourg, + 0.5 ; Landrévarzec, Anjela Duval, +1 ; Morlaix, Jean Jaurès, + 0.5 ; Plabennec, du Lac, + 1 ; Plouigneau, Lannelvoez, + 0.5 ; Plouescat, Anita Conti, + 1 ; Porspoder, Le Spernoc, + 1.

Classes bilingues. Bannalec (élémentaire), Bourg, + 0.5 ; Le Relecq-Kerhuon, Jules Ferry, + 0.5 ; Milizac, Marcel Aymé, + 1 ; Querrien, Bourg, + 0.5 ; Quimperlé, Bisson, + 0.5.

 

 

Fermetures de classes

 

Écoles maternelles. Brest, Bugeaud, - 0.5 ; Carhaix, Kerven, - 0.5 ½; Le Relecq-Kerhuon, Jean Moulin, - 1 ; Penmarc’h, A. Dupouy, - 0.5 ; Plonéour-Lanvern, Bourg, - 1 ; Pont-l’Abbé, Kérarthur, - 1 ; Saint-Evarzec, Léonard de Vinci, - 0.5 ; Saint-Pol-de-Leon, P. et M. Curie, - 1 ; Saint-Martin-des-Champs, Le Gouelou, - 0.5 ;

 

Écoles élémentaires. Bannalec, Bourg, - 1 ; Lanveoc, Yves Offret, -1 ; Le Faou, Bourg, -1 ; Mellac, P. J. Hélias, - 1 ; Névez, Bourg, - 1 ; Plouzané, Croas Saliou, - 1.

 

Écoles primaires. Audierne, Pierre le Lec, -0.5 ; Botsorhel, Bourg, - 0.5 ; Brest, Jacquard, - 1 ; Brest, Quizac, - 1 ; Brest, Les 4 moulins, - 0.5 ; Concarneau, Le Dorlett, - 0.5 ; Crozon, Saint-Fiacre, - 0.5 ; Douarnenez, Jules Verne, - 1 ; Douarnenez, Laennec, - 1 ; Ergué-Gabéric, Le Rouillen, - 1 ; Gouesnou, Château d’eau, -1 ; Guerlesquin, Ar Roudour, - 1 ; Guipavas, Jacques Prévert, - 1 ; Lampaul-Plouarzel, Kerargroas, - 1 ; Landerneau, Jules Ferry, - 1 ; Le Conquet, Jean Monnet, - 1 ; Le Drennec, des Sources, - 0.5 ; Locmaria-Plouzané, Kériscoualc’h, - 1 ; Loctudy, Jules Ferry, -1 ; Moëlan-sur-Mer, Kermoulin, - 0.5 ; Morlaix, Émile Cloarec, - 0.5 ; Plogoff, du Bout du monde, - 1 ; Plonévez-du-Faou, Bourg, - 1 ; Ploudiry, Rpi, - 0.5 ; Plouguerneau, Le Petit prince, - 0.5 ; Plouigneau, Chapelle-du-mur, -1 ; Plourin-lès-Morlaix, Le Vélery, - 1 ; Port-Launay, Bourg, - 0.5 ; Querrien, Bourg, - 1 ; Quimper, Léon Blum, -1 ; Roscoff, Les Moguerou, - 0.5 ; Saint-Pabu, Aber Benoît, - 0.5 ; Tremeven, Bourg, - 1.

Classes de Fouesnant. Kérourgué, - 1 ; Le Quinquis, -1 ; Mousterlin, - 1. Si décision municipale de fermeture de l’école primaire Le Quinquis : fermeture des 3 postes de l’école Le Quinquis et maintien d’un poste à l’école élémentaire Kerourgue et d’un poste à l’école primaire Mousterlin.

Classes de Concarneau. Le Rouz, - 1 ; Maternelle Kérose, - 1. Si décision municipale de fermeture de l’école maternelle Kerose : Le Rouz, - 1 ; Kérose, -1 et transfert du dernier poste vers la maternelle Lanriec.

Classe bilingue. Landerneau, Jules Ferry - 1.

Ouest-France
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011