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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 18:15

Communiqué envoyé à la presse: nous condamnons le coup d'Etat parlementaire que constitue le vote du Mécanisme Européen de Stabilité.

 

Le 21 février, notre députée, Mme Lebranchu, a favorisé objectivement par son abstention à l'Assemblée l'adoption du Mécanisme Européen de Stabilité alors que tous les députés du Front de Gauche et d'Europe Ecologie les Verts, ainsi que 20 députés socialistes (10% du groupe parlementaire) votaient contre ce texte qui nous enferme dans le carcan des politiques de rigueur, dont l'inefficacité pour réduire la dette publique est pourtant patente.

Après le contournement du Non au référendum de 2005 sur le TCE par l'approbation au Parlement du traité de Lisbonne en 2008, il s'agit d'un nouveau coup d'Etat parlementaire puisque ce texte crucial qui restreint considérablement notre souveraineté budgétaire est à nouveau adopté à l'assemblée sans mandat, sans débat public, sans consultation du peuple par référendum.

Nous regrettons l'ambiguïté de ce positionnement tactique de Mme Lebranchu et de la majorité des députés socialistes qui relève plus du compromis interne et de l'intérêt électoraliste que de la volonté d'assumer clairement une orientation politique par rapport à l'Europe. Plus grave encore, ce vote suggère une opposition plus que timorée à l'autoritarisme libéral qui se met en place partout sur le vieux continent.

En effet, ce Mécanisme Européen de Stabilité qui crée une sorte de fonds d'assistance européen pour empêcher les faillites d'Etats endettés a été rejeté par la confédération européenne des syndicats parce qu'il est indissociable d'un autre traité conçu par Mme Merkel et Mr Sarkozy, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l'union économique et monétaire (TSCG).

Ce traité oblige à réduire toutes les dépenses publiques et sociales sous peine de « sanctions européennes » et impose d'inscrire dans la constitution le principe de réduction des investissements publics, la fameuse règle d'or. Prévoyant la mise sous tutelle des Parlements et des gouvernements de pays endettés, l'adoption du TSCG exclut la possibilité de mettre en oeuvre une vraie politique de gauche en imposant l'austérité et les privatisations au préjudice des peuples: or, l'article 5 du MES prévoit qu'on ne peut profiter de ce fonds d'assistance que si on adhère au TSCG.

La responsabilité de la gauche française était donc de voter contre ce texte à l'Assemblée et au Sénat, où elle peut encore le rejeter.  

  

Déclaration commune de Ismaël Dupont et Marie Huon, candidats du Front de Gauche aux législatives 2012 dans la 4ème circonscription du Finistère.

Communique-vote-sur-le-MES---27-fevrier.jpg

En dehors de ma co-listière et de la co-signataire du communiqué, Marie Huon, dont le nom a été curieusement escamoté, l'essentiel de notre déclaration se retrouve dans ce papier paru ce 27 février dans Ouest-France.   

 

 

En annexe, le communiqué de notre camarade Françoise Pencalet-Kerivel, candidate du Front de Gauche dans la 7ème circonscription du Finistère (Douarnenez) dénonçant avec d'autres mots l'abstention de la députée PS de la circonscription, dont elle a tout de même eu la chance de recevoir une réponse "argumentée" à son interpellation d'avant le 21 février.

 


Le 30 janvier dernier, sur injonction du Président français et de la Chancelière allemande, le Conseil européen a adopté deux nouveaux traités : le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l'union économique et monétaire » (TSCG) et le « Traité instituant un mécanisme européen de stabilité » (MES), ce dernier voté  à  l'Assemblée  nationale le  21 février.Dans un courrier adressé Me Le Loch, député de la 7è circonscriptions du Finistère, je lui demandais de  voter contre le MES. Car la mise en application de ces deux traités permettra de conditionner toute aide financière du MES à la mise en œuvre des choix de réduction des dépenses publiques et sociales. Elle imposera la « règle d’or » dans la Constitution. De plus, le M.E.S est érigé au statut de société anonyme, sans aucun contrôle démocratique, alors qu’il va gérer des sommes très importantes, ce qu’aurait pu faire la Banque Centrale Européenne. Ainsi la Commission européenne détiendra un pouvoir de contrôle sur les budgets nationaux ce qui est une insulte à la démocratie et au travail des élus. En clair, ce texte favorise le renforcement des politiques d’austérité en Europe, nouvelle capitulation face à la finance.
Me Le Loch, comme la plupart des députés socialistes, s’est abstenue car, dit-elle, dans sa réponse du 28 février, ce traité est « imparfait mais indispensable ». Au Front de Gauche, nous affirmons non seulement qu’il n'est pas indispensable mais qu’il est nuisible car il ferme la possibilité d'appliquer une réelle politique de gauche ! Soyons courageux, n’ayons plus peur et refusons de nous laisser guider par le pouvoir de la finance qui impose aux peuples d’Europe des mesures iniques. L'Europe que nous voulons, c'est une Europe qui œuvre pour le bien être de la population !

Françoise Pencalet-Kerivel, candidate du Front de Gauche pour la 7è circonscription du Finistère.
 





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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 16:46

Le budget de la défense continue à augmenter , au bénéfice des équipements mais non des hommes sous l’uniforme, alors que les dépenses pour les besoins sociaux diminuent: il s’agit de réduire ce budget militaire. La production et l’exportation des armements profitent aux marchands d’armes, au détriment des peuples et de la paix: il s’agit de reconvertir les industries d’armement en créant des emplois dans d’autres secteurs et de soutenir le traité sur le commerce des armes en négociation à l’ONU.   

La modernisation de la force de frappe est coûteuse; il faut l’arrêter et soutenir le désarmement nucléaire multilatéral dans le cadre du TNP: l’arme nucléaire est coûteuse, dangereuse et inutile, il faut l’éliminer. Il est intolérable de voir la France maintenir des bases à l’étranger, s’ingérer dans les affaires d’autres pays, intervenir dans de nombreux conflits à la remorque des USA après le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN: il s’agit d’en finir avec cette politique impérialiste, de retirer tout de suite les troupes françaises d’Afghanistan, de mener une vraie politique de paix et de dénucléarisation au Moyen-Orient et de sortir de l’OTAN. Seul le Front de Gauche peut le dire haut et fort, quand la plupart des autres partis forment une union sacrée autour de la force de frappe, de la course aux armements et du suivisme à l’égard des USA; le néo-libéralisme va de pair avec la guerre des civilisations et le militarisme. Et puis souvenons nous que le slogan du Front Populaire était “le pain, la paix et la liberté”.  

 

Cette déclaration, rédigée par Yves Jardin, a été transmise à la coordination finistérienne du Front de Gauche par Françoise Pencalet, candidate aux législatives à Douarnenez. J'y souscris totalement - indigné comme d'autres du soutien inconditionnel de Sarkozy, Bayrou, Hollande, à l'occasion de leur venue dans la région de Brest, à la poursuite du programme d'investissement dans le nucléaire militaire, et revolté que l'on imagine toujours qu'il faut endosser le costume de chef des armées au portefeuille bien garni pour la défense afin de se placer dans une posture de présidentiable. Ismaël Dupont. 

 

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Une version plus développée de cette prise de position existe sur le blog du Front de Gauche de la 7ème circonscription du Finistère (Douarnenez): 

 

 

Une contribution d'Yves Jardin

« Le capitalisme porte en lui la guerre, comme les nuées portent l'orage. » (J. Jaurès)

Dans l’« Humanité » du 8 avril dernier, l’on pouvait lire les mots suivants pour annoncer une débat à Givors, le 12, à l’occasion de la journée mondiale sur les dépenses militaires : « s’opposer à la course aux armements doit redevenir une exigence prioritaire à cause du danger inhérent à un tel processus mais aussi pour le coût prohibitif que cela représente en soi, d’autant plus lourd dans une phase de crise des finances publiques marquée par des politiques d’austérité drastiques et des surenchères antisociales, en France et en Europe.  La baisse des dépenses militaires est une bataille en soi qui n’est pas contradictoire avec les exigences de la sécurité, au contraire. Nous sommes en effet favorables à la recherche collective de la sécurité internationale par une démilitarisation, une dénucléarisation des relations internationales, une recherche concomitante et déterminée de la résolution des conflits, ce qui doit contribuer à préserver le régime de non-prolifération nucléaire ». Aujourd’hui le Front de Gauche doit s’exprimer haut et fort pour dénoncer  l’« union sacrée » mortifère de la course aux armements, de l’acceptation de l’arme nucléaire et des interventions néo-impérialistes.

Non à l’union sacrée de la course aux armements.   

Le budget de la défense continue à augmenter, avec un montant de près de 40 M d’€ (pensions comprises) en 2012, en hausse der 2,4 %. Comme l’a déclaré J.J. Candelier, député PCF du Nord, lors du vote de ce budget, « il existe donc bien de l’argent quand on veut ! ». Cela est une situation scandaleuse qui doit être dénoncée. Seul le Front de Gauche est en mesure de le faire et se doit de le faire. Alors que l’on rogne sur les dépenses sociales, sur l’éducation, il est insupportable de voir les dépenses militaires continuer à augmenter. Les crédits budgétaires (hors pensions) passent de 30,11 MM d’€ en 2010, à 30,16 en 2011, 30,52 en 2012 et 31 en 2013.
    Dans le même temps, le nombre d’équivalents temps plein travaillé diminue et passera de 314.000 en 2009 à 276.000 en 2014, avec donc une diminution de 38.000 emplois, à raison de 7500 par an. Cela a entraîné des protestations légitimes. La défense, comme toute la fonction publique, fait les frais de la diminution du nombre de salariés.
    En fait l’augmentation des crédits de la défense profite aux équipements, dont la part dans le budget militaire augmente de 3 %. Dans les moyens programmés pour 2009-2014, les équipements représenteront près de 55 % des dépenses. Les équipements sont de plus en plus construits par des sociétés privées. La loi de programmation militaire prévoit l’ouverture accrue  du capital d’entreprises du secteur de la défense, comme la DCNS ou la Société navale des poudres et explosifs, au secteur privé. Ajoutons à cela que certaines activités exercées jusqu’alors par des personnels militaires le seront par des sociétés privées cotées en bourse : les Entreprises Militaires et de Sécurité Privées se développent en France comme dans d’autres pays en proie à l’économie néo-libérale ; c’est à des sociétés privées qu’est confiée le maintien en condition opérationnelle des matériels de l’aviation et de la marine ; des navires privés assurent des transports stratégiques ; des bâtiments de soutien et d’assistance hauturière, dont la moitié dotés d’équipages privés seront mis à la disposition de l’armée ; depuis 2006, EADS assure la formation des pilotes de chasse de la base de Cognac ; depuis le début de 2011 la gestion de la base de Creil est confiée à un consortium privé. Cette privatisation de la défense, qui entraîne aussi la perte d’emplois publics, doit être dénoncée.    
    Il est souhaitable que le choix des équipements et armements à construire soit le résultat d’un large débat démocratique autour de la défense. Les constructions et fabrications pour la défense doivent être faites de façon largement préférentielle par des sociétés publiques ou nationalisées.
    Une partie des crédits de la défense (10 % selon le Mouvement de la Paix) doivent être consacrés tout de suite à la satisfaction des besoins sociaux  (pour l’école, la santé, la jeunesse), non pas pour aller dans le sens d’une néfaste politique d’austérité, mais pour une action publique tournée vers l’action sociale et la promotion de la paix. Il faut se rappeler par exemple que 2MM d’€ permettraient d’augmenter de 332 € / mois les pensions de 5 M de retraités.
    La France reste le 4e exportateur d’armements, avec 5,12 MM d’€ en 2010. Ces exportations contribuent au maintien des conflits. Elles se font en grande partie au bénéfice de sociétés privées qui n’hésitent pas à délocaliser les fabrications : ainsi Dassault est en voie de vendre 126 « Rafale » à l’Inde, mais 108 de ces avions seront construits en Inde. Combien d’emplois seront malheureusement mis en danger par un tel contrat ? Il ne s’agit pas de défendre à tout prix les emplois liés à la construction d’armements, mais il faut cependant dénoncer aussi cette forme de délocalisation qui de toute façon ne va pas dans le sens de la paix. Un traité  sur le commerce des armes est depuis 2009 en négociation à l’ONU, soutenu par 153 pays :  il doit être soutenu activement,  et devra être signé, ratifié et appliqué par la France.
    De 2005 à 2009, les ventes d’armes ont augmenté de 22 % dans le monde ; en  2009, elles représentent 400 MM de $, soit 5 fois plus que l’aide au développement. Les ventes d’armes maintiennent des pays dans la pauvreté, permettent à des dictatures de perdurer, entretiennent les violences, les violations des Droits de l’Homme et la corruption. Une politique progressiste se doit de contrôler, de réduire les exportations d’armements ou au moins de ne pas chercher à les développer.
    La diminution des dépenses militaires, la réduction de la quantité d’armes construites, et de celles exportées, doit se faire à travers un plan précis, démocratiquement élaboré, avec une reconversion des industries d’armements pour éviter des pertes d’emplois. La réflexion menée notamment par l’Université Européenne de la Paix, créée à Brest, doit être poursuivie et aidée. Celle-ci a proposé la création d’une filière de déconstruction des vieux navires qui pourrait compenser la perte par l’arsenal de Brest de la moitié de ses emplois. pourquoi ne pas envisager que le savoir-faire des personnels spécialisés dans la construction d’armement nucléaires et notamment des SNLE soit employé pour le démontage des centrales nucléaires.
    En tout cas, si diminution des dépenses il y a, elle ne doit pas affecter le paiement des pensions, ni le statut des personnels, aujourd’hui remis en cause par la privatisation des activités militaires, ni le traitement des maladies contractées dans le cadre militaire, par exemple lors des expérimentations d’armes nucléaires.
    Même si un désarmement complet est sans doute encore du domaine de l’utopie (il y a cependant 27 pays indépendants, le plus souvent des micro-Etats, qui n’ont pas d’armée), doit-on se satisfaire de voir la France au 4e rang mondial pour les dépenses d’armement par habitant et au 3e rang mondial pour les dépenses d’armement nucléaire par habitant (après Israël et les USA) ?

Non à l’« union sacrée » autour de la force de frappe.
    Deux candidats aux élections présidentielles viennent de se rendre à l’Ile Longue pour faire allégeance à la force de frappe nucléaire : François Bayrou tout d’abord (plus tôt que prévu), puis François Hollande qui a fait quelques vagues allusions à la poursuite du désarmement nucléaire. Rien à attendre de la part de Sarkozy en cette matière , ni de la candidate du Front National. Seul le Front de Gauche est en mesure de proposer une autre politique en ce qui concerne les armes nucléaires.
    Tout d’abord, rappelons que la politique de dissuasion développée notamment par le général de Gaulle et ses successeurs est devenue inopérante :
-l’écroulement du bloc soviétique a rendu inutile une politique d’équilibre des forces et de menace d’une attaque  massive destructrice et meurtrière devant empêcher l’adversaire situé à l’Est de se lancer dans un conflit ;
-aujourd’hui l’utilisation risque d’être une attaque du fort au faible;
-les armes nucléaires sont aujourd’hui miniaturisées et peuvent être employées comme des armes du champ de bataille entre deux armées (sans parler d’armes comme celles à uranium appauvri).
    Selon le général Norlain, les armes nucléaires sont devenues dangereuses et inutiles. Selon une tribune récemment signée par Paul Quilès, Michel Rocard et le général Norlain elles ne peuvent résoudre les désordres du monde du XXIe siècle et notamment les menaces terroristes, pour ne pas parler des conflits localisés encore nombreux dans le monde.
    Le stock d’armes nucléaires accumulées dans le monde crée une terrible menace. Des accidents pouvant déclencher le feu nucléaire ne sont pas à exclure. Le chef d’Etat qui déclencherait l’apocalypse nucléaire risque d’entraîner la destruction de la planète et de l’humanité. Savoir que cette arme est maintenant à la disposition des généraux pakistanais, amis des islamistes et proches des talibans afghans, devrait nous faire réfléchir. La savoir aux mains des actuels dirigeants israéliens très à droite ou d’extrême-droite ne peut nous rassurer davantage.
    Les armes nucléaires représentent des dépenses très importantes, alors que les dépenses sociales sont affectées par des coupes budgétaires. Le coût d’entretien annuel d’une seule arme nucléaire (il y en a des centaines) représente 130.000 consultations de médecine générale ou 150 postes de professeur pendant un an. Le chantier de l’Ile Longue est le plus important de France avec des dépenses de l’ordre de 800 M d’€. La modernisation de l’arsenal nucléaire représente des dépenses de 4,7 à 6 MM d’€ en 2011 et 21 % des crédits d’équipement. Toutes ces raisons doivent nous amener à un nécessaire désarmement nucléaire. Deux voies doivent être étudiées.
    On peut poser la question du désarmement nucléaire unilatéral de la France. Rappelons tout d’abord qu’il n’est pas/plus lié au « droit de veto » de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU. le lien entre la présence à ce Conseil en tant que membre permanent et la possession d’armes atomiques, s’il a  jamais existé, n’existe plus depuis qu’outre les 5 Grands l’Inde et le Pakistan, et sans doute la Corée du Nord, se sont dotés de l’arme nucléaire. Ce lien n’a d’ailleurs jamais existé puisque Israël a depuis longtemps la bombe atomique (grâce à l’aide de la France !). Plusieurs Etats ont renoncé à l’arme nucléaire , comme l’Afrique du Sud (qui s’en était dotée à l’époque de l’apartheid, l’Australie, le Brésil, l’Argentine, la Suède (qui l’a peut-être eue), ainsi que la Biélorussie, l’Ukraine et le Kazakhstan ayant hérité d’une partie de l’arsenal soviétique. A part ces trois derniers pays, les autres Etats ayant renoncé à l’arme nucléaire n’ont pas vu leur économie décliner, bien au contraire ; ils n’ont pas été particulièrement menacés. Un désarmement nucléaire unilatéral de la Francd irait dans le sens de la négociation d’une Convention d’abolition des armes nucléaires, souhaitée et soutenue par 142 Etats. La grandeur de la France ne se traduit pas par la possession de l’arme nucléaire, mais un désarmement unilatéral de la France augmenterait son influence et son prestige dans le monde. Mais un tel désarmement ne peut avoir lieu qu’après avoir été décidé à l’issue d’un large débat démocratique.
    Une deuxième voie pour répondre à un souci de réalisme, fondé ou non, est d’arrêter la modernisation de l’arme nucléaire qui est contraire au Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP). La France viole le TNP en mettant au point de nouvelles têtes nucléaires au laboratoire du Barp près de Bordeaux, en construisant de nouveaux vecteurs M51, en se dotant d’une nouvelle génération de SNLE. Cet arrêt de la modernisation de la force de frappe française devra nécessairement s’accompagner d’une politique étrangère dynamique pour faire respecter le TNP et pour aller ver un désarmement nucléaire mondial. L’inaction de la France ne peut de toute façon qu’encourager une dangereuse prolifération nucléaire. En outre le respect du TNP, par l’arrêt de la mise au point de nouvelles armes nucléaires françaises permettra d’affecter au moins 5 à 6 MM d’€ / an à des activités socialement utiles.
    Il n’est pas inutile de rappeler que la réduction de la construction d’armements ne doit pas entraîner l’augmentation de l’importation d’armes étrangères et que la renonciation à l’arme nucléaire ou à sa modernisation ne doit pas s’accompagner d’une mise à l’abri sous le parapluie des armes nucléaires d’une autre puissance.

Non à l’« union sacrée » dans l’OTAN, non à une politique impérialiste.
    La France est aujourd’hui un des rares pays à disposer de bases extérieures. elle a ces dernières années développé celles-ci et multiplié ses interventions. Des militaires français sont aujourd’hui présents dans au moins une quinzaine de pays avec des situations diverses.
    En 2006, il y avait 19.863 militaires français hors de métropole, leur nombre est passé à 26.150 en 2008, 29.190 en 2009, 31.877 en 2010 et au moins 29242 en 2011. Sarkozy a donc augmenté la présence et les interventions militaires françaises, pas forcément pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et cela entraîne des dépenses importantes : en 2008 elles ont représenté 857 M d’€ (pour 475 prévus dans la loi de finances) ; en 2010 elles ont représenté 867 M d’€ (dont 470 pour l’Afghanistan. En 2011, les opérations militaires extérieures (OPEX) financées en partie par « prélèvement sur la réserve der précaution interministérielle », c’est-à-dire par les autres ministères, sont en augmentation avec près de 900 M d’€ et sans doute bien davantage.
    En 2011 les forces temporaires (Tchad, côte d’Ivoire, République Centrafricaine) représentent 2190 hommes ; les forces sous mandat international en groupent 9812, dont 4000 en Afghanistan et 3000 au large de la Libye (et sans doute aussi sur le sol libyen avec la présence d’agents français, sinon de membres d’officines privées, comme le président de la SECOPEX, ancien officier, qui y a été tué par « accident »). ; les forces de présence en comptent 8600, dont près de 3000 à Djibouti, 1200 au Sénégal et 1000 au Gabon ; enfin les forces de souveraineté dans les DOM-TOM comprennent 8640 militaires (5430 en 2006). En Afrique, la présence de militaires français a conforté des régimes corrompus, impopulaires et dictatoriaux et la France, après avoir soutenu Gbagbo, est intervenue directement en Côte d’Ivoire pour faire triompher le pro-occidental Ouattara. dans les DOM-TOM, le renforcement de la présence militaire accroît la possibilité de répression brutale de mouvements sociaux et/ou anticolonialistes, notamment en Nouvelle-Calédonie (où le nombre de militaires a doublé de 2006 à 2011). Il est urgent de mettre fin à ces bases et interventions extérieures, pour rompre avec une politique impérialiste insupportable, mais aussi pour que l’argent dépensé dans cette « présence » et ces interventions extérieures soit utilisé à de meilleurs usages.  
    Mais, de façon plus large, le néo-libéralisme s’accompagne d’une politique de domination, d’oppression, et de militarisation, menée par les pays occidentaux les plus riches sous la direction des USA, dans la cadre de l’OTAN. Il est à remarquer qu’en Europe l’écroulement du bloc « socialiste » a mené à l’entrée de nombreux pays de l’Est et du Centre de l’Europe dans l’Union européenne, mais aussi dans l’OTAN, l’adhésion concomitante aux deux organisations apparaissant comme devant aller de soi.
    Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN (la France n’a jamais cessé d’adhérer à l’OTAN qui est aussi une alliance politique), décidé par Sarkozy, s’est accompagné de la participation de la France à des interventions mettant la démocratie et la paix en danger. C’est le cas de l’intervention en Libye, sous prétexte de défendre les libertés menacées par la tyrannie de Kadhafi à qui l’on avait auparavant déroulé le tapis rouge, et sous couvert de l’ONU.
    Le même scénario risque de se répéter bientôt en Syrie, où les services de renseignement français sont probablement déjà en action et où les éléments les plus réactionnaires qui dominent le CNS appellent à une intervention extérieure avec l’appui des pays arabes les plus conservateurs, amis de la France et du bloc occidental.
    En Afghanistan, la France intervient sous le couvert de l’ONU, aux côtés des USA et d’autres pays membres de l’OTAN, pour la défense des intérêts occidentaux. Cette intervention est illégitime, coûteuse et meurtrière. elle est un non-sens alors que l’on continue à soutenir et à armer le Pakistan.
    Il est important que le Front de Gauche demande le retrait immédiat de toute force française de la Libye ou de ses abords.  Il est essentiel qu’il exige le retrait immédiat des forces envoyées en Afghanistan ; cela correspond à la volonté de 80 % des Français qui sont opposés à l’intervention française en Afghanistan ; en août 2010 les Pays-Bas ont mis fin à leur participation à la « mission » de l’OTAN en Afghanistan, qui a été une des raisons de la chute du gouvernement néerlandais. Il est primordial qu’il se prononce résolument contre toute intervention française en Syrie, sous quelque forme que ce soit et qu’il appuie activement le CNCD syrien, regroupant des forces de gauche et hostile à une intervention extérieure.
    Il y a aussi actuellement une sérieuse menace de guerre contre l’Iran, voulue par Israël, par les USA, avec la complicité de Sarkozy et du gouvernement français. Cette guerre qui menace est justifiée par le prétexte d’empêcher l’Iran de ses doter de l’arme nucléaire, alors que cette volonté iranienne n’est pas totalement prouvée et qu’Israël dispose de l’armement atomique en n’étant soumis à aucun contrôle  (avec la complicité des USA et des pays membres de l’OTAN) car n’étant pas signataire du TNP (signé par l’Iran). Le Front de Gauche doit résolument se prononcer en faveur de la dénucléarisation de l’ensemble du Moyen-Orient et apporter son appui au peuple palestinien, en se démarquant du soutien apporté par les pays occidentaux et par les autres forces politiques françaises (Hollande vient de rencontrer le Président du CRIF, la candidate de Front National s’est rendue en Israël) au gouvernement le plus à droite, sinon à l’extrême-droite qu’Israël ait connu depuis sa création  il y aura bientôt 64 ans. Cela doit se faire au profit du peuple palestinien, mais aussi au profit du peuple israélien mis à mal par une politique à la fois néo-libérale et colonialiste renforcée.
    Il est également essentiel que la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN et aussi l’OTAN elle-même.

    Le Front de Gauche a tout à gagner non seulement en rejetant, comme il le fait déjà, le consensus sur la « concurrence libre et non faussée » et sur les politiques de rigueur anti-sociales, mais aussi le consensus sur la course aux armements, nucléaires ou non, sur la modernisation de la force de frappe et sur les interventions impérialistes d’aujourd’hui, menées sous de bons prétextes pour conforter en fait les politiques néo-libérales. Lui seul peut aujourd’hui le faire en parlant haut et clair.
                                            Y.J.


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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 09:40

M'y associant pleinement, je publie cette lettre ouverte de notre camarade du Parti de Gauche, Patrick Le Nan (envoyée aux adresses email de tous les sénateurs, dont JL Fichet), concernant le vote du Mécanisme Européen de Stabilité - MES.

Sachez que la presse (Télégramme et Ouest France) dans un beau mouvement commun de pluralisme- a refusé de publier tout ou partie de notre lettre ouverte d'interpellation de la députée Marylise Lebranchu concernant son futur vote à l'Assemblée sur le MES. Je ne sais même pas si elle a fait part du vote de nos parlementaires. Mme Lebranchu, qui n'a pas jugé utile de répondre à ma question citoyenne envoyée directement à son adresse email, après avoir voté Oui au Traité de Lisbonne en 2007, s'est abstenu sur ce nouveau texte européen qui remet en cause la souveraineté des peuples en matière de définition des politiques économiques et sociales et qui, si l'on observait scrupuleusement ses dispositions, rendrait quasiment impossible de mener une politique de gauche. 

20 députés socialistes ont pourtant voté contre, comme en laissait la possibilité le bureau national du PS, dont Gilbert Le Bris, député de la 8ème circonscription du FinistèreJ'aimerais savoir comment la majorité des députés PS justifient leur abstention autrement que par la simple tactique en période de campagne électorale: sur un texte qui conditionne de manière aussi radicale le sort des démocraties et des peuples européens dans les prochaines années, il s'agit, il me semble, d'un positionnement fort ambigü et lâche qui trahit une adhésion de fond au renforcement des outils de contrainte européens au service de l'austérité et du néo-libéralisme. 

Ismaël Dupont.           

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Monsieur le Sénateur,

Je souhaite vous interpeller concernant le Traité Européen instituant le « Mécanisme Européen de Stabilité- MES » sur lequel vous devrez vous prononcer le 28 février prochain en tant que parlementaire français.

Je déplore le silence qui entoure ce Traité crucial et je m’indigne de l’absence de consultation populaire à ce sujet. Il est pourtant nécessaire d’ouvrir impérativement un débat public sur cette question.

Ce traité, présenté comme un mécanisme de solidarité entre les États membres de la zone Euro, subordonne toute « assistance financière » des États au bénéfice d’autres États à de «strictes conditionnalités » dans « le cadre de programmes d’ajustement ». Dans les faits, toute aide aura pour contrepartie les plans de rigueur préparés par la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International, dont on a pu observer les conséquences désastreuses en Grèce, au Portugal ou en Irlande. En fait de «solidarité », ce mécanisme organise donc la casse sociale et la récession.

Les décisions de mise en œuvre du MES seront prises par un Conseil des gouverneurs composé des ministres des finances de la zone euro. Aucun veto, aucune autorité des parlements nationaux n’est prévue. Seule la Cour de Justice de l’Union Européenne sera compétente pour traiter des différents entre un État et le Conseil des gouverneurs. Les peuples européens seront encore davantage dessaisis de leur souveraineté.

De plus, les États adoptant le MES acceptent de fait les dispositions sur la discipline budgétaire (« règle d’or », sanctions automatiques, etc …) contenues dans le futur Traité européen sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG), communément nommé le Traité Sarkozy-Merkel. Ce lien contraignant est en effet précisé dès les considérants du Traité MES : « le présent traité et le TSCG […] sont complémentaires dans la promotion de la responsabilité budgétaire et de la solidarité au sein de l’Union économique et monétaire ».

Madame la Sénatrice, Monsieur le Député, ces deux textes ne sont pas déconnectés, qui vote l’un accepte à l’avance l’autre !

Je demande que l’approbation du MES fasse l’objet d’un vote solennel nominal par scrutin public,. Cette procédure a été refusée. Ainsi, un traité international de première importance risque d’être adopté « en catimini ».

En 2005, le peuple a rejeté, à l’occasion d’un référendum, le Traité Constitutionnel Européen en votant « NON » à 55%. Or son vote n’a pas été respecté.

Le 28 février, je vous demande de refuser que le peuple soit dessaisi de son pouvoir.

Monsieur le Sénateur, qu’allez-vous voter ? Si vous votez pour ou que vous vous abstenez, le traité sera soustrait au vote populaire. En le refusant, vous imposeriez que celui-ci soit soumis, comme le futur TSCG / Traité Sarkozy-Merkel, à ratification du peuple français par référendum.

Dans l’attente de votre réponse à mon courrier, je vous prie d’agréer, Monsieur le Sénateur, l’expression de ma respectueuse considération.

Patrick Le Nan

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 09:10
Article de Régis Soubrouillard dans Marianne: l'Europe entre dans l'ère de la post-démocratie.  
Article assez intéressant, mais qui ne donne guère la parole aux députés du PCF et du Front de Gauche, qui constituent tout de même la moitié des parlementaires à avoir voter contre le texte, ce que le journaliste ne dit pas.  
Les députés socialistes ont usé de tous les stratagèmes pour éviter d’aborder politiquement la question du Mécanisme Européen de Stabilité. Vote contre, erreurs de vote, refus de commenter. Si c’est et bien la droite qui porte la responsabilité du vote du MES, le PS s’est surtout fait remarquer par l'incohérence de sa consigne de vote, l'abstention, avant tout destinée à éviter le retour du clivage apparu au sein du PS lors du TCE.


cc flickr ell brown
Décidément, il plane sur l’Europe politique comme un épais brouillard. Mardi, les députés ont voté en majorité pour le Mécanisme Européen de Stabilité, 261 voix pour, 44 contre et 133 abstentions.
Les élus UMP ont à la quasi-unanimité –à deux exceptions près- voté pour ce « FMI européen ». Les députés socialistes, quant à eux, dans leur grande majorité (20 d'entre eux ont tout de même voté contre), ont choisi de s'abstenir alors même que le MES est étroitement lié au Traité Merkozy que François Hollande  affirme vouloir renégocier s'il parvient à l'Elysée.

En choisissant de ne pas choisir, les parlementaires socialistes ont surtout voulu éviter de faire resurgir les lignes de fracture apparues lors du débat référendaire de mai 2005, dont les leçons – le refus de tout débat sur le MES en est la meilleure preuve - n’ont toujours pas été tirées.  Car au-delà du contexte politique, c’est le fonctionnement même de l’Union européenne,  « une « boîte noire » au sein de laquelle les décisions sont prises sans que les exigences de publicité et de transparence soient complètement remplies, et sans que les raisons qui fondent les décisions prises soient suffisamment perceptibles par les citoyens » explique Thierry Chopin, docteur en Sciences politiques à l’IEP Paris. Un déficit de légitimité démocratique devenu intolérable au fur et à mesure que son intervention touche à la vie quotidienne de l’ensemble des citoyens européens. Avec la tutelle imposée par le MES, les peuples seront désormais dépossédés de tout pouvoir budgétaire.

La veille du vote, Elisabeth Guigou expliquait dans Le Monde que lors d’une réunion de groupe, elle s’était prononcée pour le « oui » : « Sur le principe, on ne peut pas être contre le Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Ce mécanisme, on en a absolument besoin, même si les conditions de sa mise en oeuvre ne sont pas totalement satisfaisantes. Nous l'avons réclamé. Nous avons intérêt à avoir un mécanisme pérenne et bien doté ».
Finalement, les socialistes se sont abstenus, Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS usant d’une formule qui devrait rentrer dans les manuels d’histoire de tartuferie politique : « Notre abstention est dynamique, offensive. Le vote non aurait donné l'impression de ne rien décider ».

Montebourg s'abstient et fait le pari d'une absence de majorité dans d'autres pays de l'Union

De son côté, c’est sur la pointe des pieds, toute en discrétion, que l’aile gauche du Parti socialiste a voté contre le MES. En témoigne le refus catégorique de Julien Dray et d’Henri Emmanuelli d’expliquer leur vote à Marianne2. Député de l’Ardèche, Olivier Dussopt voyait deux motifs de refus d’approbation du MES. Le premier juridique : « Le lien entre les deux textes, celui concernant le mécanisme européen de stabilité (MES) et le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), est juridiquement contestable. Tous les considérants du projet de traité instituant le MES renvoient à des politiques budgétaires d'austérité ». L’autre plus politique : « Ne pas s'opposer à ce texte risque de brouiller le message que nous voulons porter en ce qui concerne la politique européenne ».

Quant à Arnaud Montebourg, d'ordinaire aux avant-postes sur ces thématiques, il en est réduit à des arguments relevant de la pure discipline politique pour justifier son abstention: « J'ai considéré que je devais à François Hollande, qui nous a demandé une position commune autour de l'abstention, la loyauté, le respect d'une position commune et unitaire. Je lui dois cela », a déclaré le député. « L'abstention et le vote contre appartiennent à la même famille » a même osé le président du conseil général de Saône-et-Loire avant de s’en remettre à un hypothétique blocage européen estimant que ce traité de discipline budgétaire « ne sera jamais ratifié » en raison de l’absence de majorité dans plusieurs pays de l’Union Européenne. Bref, le « salutaire boulot » que le Parti Socialiste n’aura pas eu l’audace de faire, d’autres le feront. On comprend que les partisans de l'abstention aient été encore plus discrets que ceux qui ont eu le courage de voter contre le MES.

A noter également six erreurs de votes. Selon le groupe socialiste six députés, qui comme par hasard, s’étaient prononcés contre le MES ont fait savoir aux services de l'Assemblée s'être trompés lors du scrutin électronique et avoir voulu s'abstenir.

Interdit de raviver les vieux démons européens

Abstention, vote contre, erreurs de votes, refus de participer au scrutin. Décidément, beaucoup d’hypocrisies, de louvoiements, de stratégie aussi. Et un seul mot d’ordre, à deux mois des présidentielles, tout le monde en rangs d’oignons et interdiction de raviver les vieux démons dans un tel contexte politique, économique et social.

On notera cependant l'évolution des écologistes qui ont voté contre le mécanisme de stabilité lors d’un premier vote avant de s’abstenir sur les détails du mécanisme. Daniel Cohn-Bendit coprésident des Verts au Parlement européen, avait pourtant déploré l'«hypocrisie de la gauche française, Verts compris» à l'égard du MES dans une interview  à Libération, y voyant «une des rares choses positives qu'on a pu arracher au Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement, et surtout à l'Allemagne». « Il n’est pas question de tomber dans ce piège grossier » avait répliqué Noël Mamère. Pour le député apparenté communiste Jean-Pierre Brard, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel « veulent faire de la Grèce un exemple pour nous faire peur, pour que nous votions sans les regarder de trop près ces textes ».

De son côté, le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a brandi dans l'hémicycle, lors des questions au gouvernement, un faux chèque géant de 140 milliards d'euros à « l'Union européenne » prétendument signé par Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou. Une somme correspondant à la part de la France dans le capital du MES, d'un total de 700 milliards d'euros. Intervenant au Sénat sur la Loi de finances rectificatives, Jean-Pierre Chevènement a exprimé de sérieux doutes quant à l'efficacité du MES : « Le MES, en cas de crise grave, ne serait qu’un emplâtre sur une jambe de bois. La mise en œuvre du MES, que vous nous proposez, est liée, dans les considérants des deux traités, à l’acceptation du traité dit TSCG qui impose une austérité à perpétuité : inscription d’une prétendue règle d’or, en fait règle d’airain, dans des procédures constitutionnelles ou quasi constitutionnelles : prohibition du déficit structurel au-dessus de 0,5 % du PIB, apurement sur vingt ans de la dette publique actuellement proche de 90 % du PIB jusqu’à 60 %, soit 1,5 % du PIB supplémentaire par an. Ce n’est plus de la rigueur c’est un exercice de mortification à perpétuité qui nous est offert ».

A trop souligner l'ambivalence  quasi-génétique du Parti Socialiste sur la question européenne on en oublierait presque que c’est d’abord et avant tout le vote de 261 députés UMP qui a permis l’adoption de ce Mécanisme d'Etouffement Social. De la même manière qu’en 2005, les partisans du texte constitutionnel avaient complètement écarté l’hypothèse qu’une critique du texte puisse être formulée, François Fillon a qualifié mardi de « faute historique » l'abstention annoncée des députés socialistes sur la création du MES en s'exprimant devant le groupe UMP à l'Assemblée : « Ils préfèrent fragiliser la zone euro que de voter avec la majorité. Ils préfèrent leur intérêt électoral que l'intérêt général européen. C'est une vraie faute politique qui démontre leur sectarisme ».

Autant d'arguments déjà ressassés en 2005 par des gouvernants qui s'abritent derrière les nécessités supérieures européennes pour s'affranchir des contraintes de la vie politique nationale. Une «  machine à neutraliser politiquement les peuples » pour Marcel Gauchet, un vaste projet de dépossession démocratique, qui outre d’assurer la paix entre les Etats devait pourtant dès son avènement renforcer la prospérité économique de ses adhérents. Aucune clause ne prévoyait la date de présentation de la « douloureuse»: l'addition des abandons de souveraineté et reculs démocratiques dont on mesure aujourd’hui la portée. Le vote négatif du Traté Constitutionnel Européen, aussitôt contourné, mit fin à l'illusion du bouclier européen.
Avec le Mécanisme Européen de Stabilité, c'est bel et bien l'avènemenent d'une  « Europe post-démocratique », selon l'expression de Jean-Pierre Chevènement, qui se dessine sous nos yeux.
 
ANALYSE DE NICOLAS CHAPUIS DANS LE NOUVEL OBSERVATEUR.
 
Europe : les députés PS s'abstiennent pour éviter les divisions

le 22-02-2012 à 17h11  

Nicolas ChapuisPar Nicolas Chapuis

Les députés PS se sont abstenus hier soir au grand désarroi de Jean-Luc Mélenchon. La deuxième bataille se jouera au Sénat où la gauche est majoritaire.

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent Sipa
 
 

Jean-Luc Mélenchon connait bien le PS et il appuie là où ça fait mal. Le candidat du Front de gauche a "adjuré" en vain ses anciens camarades de voter hier contre le Mécanisme européen de stabilité (MES) présenté par la droite. Le texte est passé hier avec 261 voix pour, 44 contre, et 133 abstentions (des députés PS).

Le MES, en vertu d'un traité signé le 30 janvier, est destiné à devenir le pare-feu permanent de la zone euro contre les crises de la dette souveraine. La France s'engagerait à hauteur de 16 milliards d'euros dans un premier temps et ensuite jusqu'à 142 milliards selon les besoins des pays.

Le PS est une fois de plus pris en tenaille sur la question européenne. La députée Marie-Noëlle Lienemann avait lancé un appel à ses collègues estimant que "seul le vote contre peut assurer une forte crédibilité à la volonté de renégocier les traités Merkel/Sarkozy et permet une position claire de refus de la logique actuelle d’austérité et de régression organisée en Europe."

Mais le PS connait ses classiques et sait que la bataille du oui et du non a déjà décimé ses rangs par le passé. En 2005, la gauche s'était déchirée sur le référendum pour le traité européen. Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, avait donc annoncé que le groupe s'abstiendrait sur la question. Il s'est justifié :

"Notre abstention est dynamique, offensive. Le vote non aurait donné l'impression de ne rien décider"

Une prise de position que ne cautionne pas Jean-Luc Mélenchon.

Comment en conscience sur une question aussi importante, un parlementaire peut-il s'abstenir? Il faut être pour ou contre mais on ne peut pas dire je ne sais pas."

Le candidat du Front de gauche n'oublie pas que dans les rangs socialistes a voté le candidat socialiste à la présidentielle. "M. Hollande quand il va rentrer dans son département, ses électeurs de Corrèze vont lui dire "Qu'est-ce qu'on fait chef? Il va leur répondre : je ne sais pas… Ça, ce n'est pas possible."

Le Front de gauche a annoncé son intention de se battre sur le thème du MES. Il lui reproche de mettre en péril la souveraineté de la France "qui n'aurait plus aucun contrôle démocratique sur cet argent [les sommes engagées par la France, ndlr]". Mélenchon ne veut pas non plus de l'intervention des trois institutions, le FMI, la BCE et le conseil européen, qu'il a rebaptisées "la Troïka". Il dénonce par ailleurs la politique "austéritaire" menée à l'encontre de la Grèce, création personnelle qui réunit l'austérité et l'aspect autoritaire.

Première bataille...

Pierre Laurent, le Premier secrétaire du PCF, se veut combattif : C'est le début d'une bataille que nous n'abandonnerons pas tant que nous ne l'auront pas gagnée. (…) Vues les circonstances actuelles, Le président de la république n'a pas le droit d'engager la parole de la France. C'est une orientation à soumettre au suffrage des Français."

Si le texte est passé à l'Assemblée, la vraie bataille pourrait avoir lieu au Sénat la semaine prochaine, où la gauche est majoritaire. Mélenchon prévient ses anciens amis du PS : "S'abstenir au Sénat revient à dire : la droite fait ce qu'elle veut en Europe."

 
 
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 08:33


 

LE FRONT DE GAUCHE du FINISTERE ( PCF, Parti de Gauche, FASE, Gauche Unitaire) et ses candidats aux législatives s'associent pleinement à l'appel de la CGT, de la FSU, de l'UNSA, et de Solidaires, de participer à une journée de grève et de manifestation le mercredi 29 février décidée par la Confédération Européenne des Syndicats pour dire non aux plans d'austérité mis en place dans toute l'Europe. Cet appel pour l'emploi et la justice sociale s'adresse aux salariés, mais aussi aux précaires, chômeurs, retraités.

 

4 rassemblements sont prévus dans le Finistère, le 29 février à 11h: à Brest,  à Quimper, à Quimperlé et enfin à Morlaix, place de la Mairie.  


Cette journée européenne d'action verra des rassemblements se constituer de Malte à l'Islande et du Portugal à l'Estonie, avec un point fort à Bruxelles. 

En France, le mardi 21 février les députés de droite ont donné leur accord pour un projet de loi autorisant un nouveau traité européen permettant de généraliser dans toute l’Europe le traitement inhumain imposé à la Grèce. Le Parti Socialiste par son abstention courageuse (sauf 20 députés dont Gilbert Le Bris de la 8ème du Finistère, qui ont voté contre), a permis cette adoption ouvrant la voie à la perte de souveraineté de la France, principalement en matière budgétaire. 
 

C'est pourquoi le Front de Gauche, avec son programme "l'humain d'abord" dit avec les syndicats européens :

 

-Trop c'est trop ! l'austérité ça ne marche pas, bien au contraire cela creuse durablement les inégalités.

 

- Manifestons pour l'emploi et la justice sociale parce que la crise ne doit pas être un prétexte pour brader nos systèmes sociaux

 

- Des alternatives existent ! L'Europe doit être fondée sur la solidarité, la justice et la cohésion sociale.

 

- Parce que cela ne peut plus durer: tous dans la rue le 29 février.

 

 

 

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 08:00

DECLARATION DE NOELLE PEOCH 

SUR LES CHOIX ENERGETIQUES

21 février 2012

Noëlle Péoc'h - Huelgoat

Candidate du Front de Gauche, je propose la planification écologique comme moyen de redéfinir nos modes de production, de consommation et d’échange.

Nous devons tenir compte de l’impact des activités humaines et économiques sur l’écosystéme afin de préserver l’intérêt général de l’humanité.

 

Pour parvenir à cet objectif, un débat public est une nécessité absolue.

 

Ainsi , pour ce qui concerne les choix énergétiques en Bretagne et dans le Finistère, le Front de Gauche réclame un débat démocratique associant la population à la réflexion sur les besoins énergétiques et les solutions alternatives à la centrale à gaz préconisée par le pacte électrique breton .

Est-il pertinent qu’un approvisionnement en gaz soit la solution ? 

Cette énergie fossile non renouvelable proviendrait de pays étrangers avec tous les risques de rupture d’alimentation que cela comporte.

Par ailleurs, il apparaît que le principe même de la préservation de l’environnement serait une nouvelle fois bafoué dans le seul but de privilégier les intérêrs particuliers d’actionnaires dont l’objectif premier est de faire du profit .

 

La transition écologique est indispensable .

 

Comme l’a démontré Guy Jourden, membre du CESER (conseil économique social et environnemental de la région Bretagne), lors de notre réunion publique du 17 février à Huelgoat, en présence d’une cinquantaine de personnes, la Bretagne possède un potentiel important pour développer les énergies renouvelables : éolien offshore, éolien flottant, hydroliennes, filière bois, STEP du lac de Guerlédan (stockage d’énergie par pompage turbinage ) , STEP de St Herbot…

Accepter cette centrale extrêmement polluante et coûteuse , c’est compromettre une nécessaire orientation résolument tournée vers les énergies renouvelables et freiner les choix politiques favorisant les économies d’énergies .

Sur ce sujet important qui les concerne directement, je souhaite que l’ensemble des citoyens de notre territoire soient consultés et, pourquoi pas, puissent s’exprimer par un référendum.

 

 

Noëlle Péoc’h

 

Le 21/02/2012


Sur le blog: http://www.finistere6-lhumaindabord.fr/

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 14:08

Reunion-publique-Plouigneau-aide-a-l-autonomie-1-copie-4.jpgReunion-publique-Plouigneau-aide-a-l-autonomie-1-copie-3.jpgReunion-publique-Plouigneau-aide-a-l-autonomie-1-copie-2.jpgReunion-publique-Plouigneau-aide-a-l-autonomie-18-fevrie.jpgReunion-publique-Plouigneau-aide-a-l-autonomie-1-copie-5.jpg

 

50 personnes sont venues débattre pendant deux heures après l'intervention liminaire de Christiane Caro autour des problèmes de la prise en charge des personnes âgées à Plouigneau. Une douzaine de personnes dans la salle, dont plusieurs professionnels (aide-soignants et infirmiers, directeur de maison de retraite) et des aidants familiaux ont pu témoigner de leur expérience, faire part de leurs propositions, analyses, et sources de colère ou d'interrogation.  Le programme du Front de Gauche est clairement apparu comme le seul qui se donnait les moyens de déboucher sur une transformation immédiate du réel tout en ne se contentant pas de colmater à la marge les imperfections de l'existant mais en basant l'invention de nouvelles solidarités sur un meilleur partage des richesses et une reprise en main de la finance.  

 

Plouigneau-reunion-aide-a-l-autonomie.JPGPlouigneau-reunion-aide-a-l-autonomie-2.JPGplouigneau-aide-a-l-autonomie-4.JPG

 

Compte-rendu réalisé par Jacques Normand.

 

 

RENCONTRE CITOYENNE

du 18 février 2012 à PLOUIGNEAU

 

« LE DROIT DE BIEN VIEILLIR POUR TOUS ET PARTOUT »

 

Une cinquantaine de personnes a répondu le samedi 18 février à l'invitation du Front De Gauche pour échanger autour du « droit de bien vieillir ».Dans la salle, décorée aux couleurs du Front De Gauche par les militants ignaciens, une table de presse proposait les derniers tracts et prises de position du FDG ainsi que de nombreux livres traitant de l'accompagnement réservé actuellement aux personnes âgées.

 

Après le débat qui aura duré trois bonnes heures des discussions plus informelles ont pu se prolonger autour de quelques boissons et gâteaux.

L'objectif a donc été atteint dans une ambiance conviviale, constructive et déterminée, riche d'échanges fructueux entre citoyens, usagers et personnels d'établissements, élus, syndicalistes, bénévoles, …

 

 

Accueil et présentation de la rencontre :

 

 

Alain DAVID entouré de Christiane CARO, Ismael DUPONT et Michel PRIGENT

Alors que la droite parle de « dépendance » nous préférons parler de « l'autonomie des personnes âgées » et de l'accompagnement de celles-ci lors de leur perte progressive d'autonomie.

En résumé il s'agit aujourd'hui de débattre autour des conditions et des moyens pour « vivre dignement jusqu'au bout de la vie » …

Débattre et aussi témoigner et faire des propositions qui viendront compléter celles déjà présentées par le Front De Gauche.

 

Introduction :

 

Christiane CARO

 

En réponse à l'invitation du Collectif Citoyen du FDG Morlaix et dans la suite de l'atelier « Santé » qui s'est tenu à la Fête de l'Huma de Lanester, Christiane attaque fort sur un thème d'actualité : les « civilisations » dont certaines seraient supérieures à d'autres selon le ministre de l'intérieur !

Mais alors … que dire de notre civilisation qui « sacrifie une partie de sa population » : les personnes âgées !

Discrètement certes, mais à travers une ségrégation médicale et sociale.

 

Elle dresse d'abord un état des lieux.

 

Les ARS (agences régionales de la santé) ont pour finalités de faire des choix de priorités (rentabilité) et visent les deux publics les plus fragiles et qui n'ont pas encore, ou qui n'ont plus la parole : la toute petite enfance (maternités) et les personnes âgées.

La crise a bon dos pour accélérer les restructurations, réduire les budgets et centraliser régionalement la gestion des établissements.

Le constat des déficits imposés ouvre la voie au privé !

Les « restes à charge » des usagers, les coûts des mutuelles explosent et l'accès aux soins devient de plus en plus difficile pour les publics les moins favorisés.

Le système de protection sociale est attaqué de front au profit des assurances privées.

Dans un deuxième temps elle présente la situation en Bretagne.

Notre région est fortement concernée puisque ce sont 750 000 habitants de 60 ans et plus … et qu'ils seront 1 000 000 en 2030 !

De nombreux territoires en Centre-Bretagne deviennent des déserts médicaux faute d'installation de médecins généralistes.

 

 

Elle aborde ensuite les choix politiques.

 

Le gouvernement actuel met en place les conditions d'ouverture aux marchés financiers des modes de prise en charge des personnes âgées.

Le Front de Gauche propose de rendre le pouvoir au peuple :

  •  
    • en créant de nouveaux services publics

    • en replaçant « l'humain d'abord », donc en permettant à chaque citoyen de rester le plus longtemps « responsable » de ses choix de vie en la poursuivant « dignement » jusqu'au bout

Enfin, avec Alain David, elle ouvre le débat aux participants en proposant de réfléchir autour de problématiques essentielles :

 

  •  
    • Face à la privatisation : réponses publiques étatiques ou (et) associatives ?

    • A quel niveaux situer les réponses en matière de :

      . fixation des objectifs

      . gestion des dispositifs

      . mise en œuvre sur le terrain

  •  
    • Accueil en établissement ou maintien à domicile ?

Ils présentent les propositions déjà portées par le FDG

(cf. programme et additif proposé par le collectif de Morlaix).

Ils soulignent l'exigence de porter ces questions dans le débat public des campagnes en cours et rappellent enfin que ce qu'il faut gagner ou sauvegarder en 2012 est dans le droit fil de ce qui c'est déjà passé en 1936, 1945, et 1968 sous la pression des mouvements populaires les plus forts !

  •  
    •  

       

Le débat, les questions-réponses et les propositions.

(classées par ordre chronologique et regroupées selon le cas)

  • 1- Fragilité du secteur associatif (situation de l'ADMR). Comment mieux le contrôler et en garantir la pérennité auprès de l'usager ?

     

    => Si il y a délégation de service public : adosser le secteur associatif à un pôle public départemental

  • 2- Profit des assurances privées (127 milliards seulement de reversés sur 403 milliards collectés ). Comment empêcher la marchandisation de la prise en charge de la perte d'autonomie

  • 3- Inventer enfin une « civilisation de la personne âgée » dans le respect de « l'intergénérationnel ».

  • 4- Comment ne pas subir le simple constat des difficultés rencontrées et subies de la part des autorités et comment réagir à leur « défaitisme ». Le préfet qui annonce « qu'il faudra faire des choix courageux ». Le président du conseil général du Finistère qui déclare « Il faudrait créer 2000 places mais nous ne pouvons financer que 70 création de lits par an » !

     

    => Réagir en « brisant le silence » ! « si je suis le 2000éme je ne peux pas attendre 30 ans pour avoir ma place !... je serai mort avant ! »

  • 5- Les personnels vivent sous la pression de l'urgence et dans la frustration de conditions de travail intenables : « je ne supporte pas de traiter comme je le fais les personnes dont je m'occupe … Je ne veux pas être traité comme ça plus tard ! … 8 minutes en moyenne pour une toilette, c'est indigne ! »

     

    => Exiger la norme revendiquée par les syndicats européens d'un professionnel pour une personne accueillie. Ratio de 1/1 alors qu'il est de 0,6/1 en France.

  • 6- Les associations gèrent mal leurs personnels, les payent mal et indemnisent peu les frais de déplacement.

    Le service public n'est pas non plus sans reproches … Beaucoup de conditions de travail et de respect des résidents sont liées aux ambiances de travail, au management local et au manque de moyens budgétaires.

     

    => refuser la marchandisation de la « perte d'autonomie »

    => mettre en place une péréquation entre services ruraux et urbains pour permettre la juste indemnisation des frais de déplacement

  • 7- La maltraitance n'est pas uniquement de la responsabilité des intervenants en établissements comme à domicile … Il existe surtout une « maltraitance institutionnelle ».

     

    => . Allouer des moyens corrects et contrôler leur utilisation.

    . Favoriser le contrôle démocratique de la mise en œuvre des missions (salariés, usagers).

    . Former les personnels, informer les familles.

  • 8- Les établissements sont trop souvent « l'antichambre de la mort » et le maintien à domicile peut aboutir à l'isolement total de la personne âgée et à son « dépérissement social ».

Nécessité de recréer du lien social, de considérer la personne âgée comme étant toujours « en développement », « en devenir » …

 

=> encourager l'accès à la connaissance, à la culture, à se connaître soi-même, … à se préparer … à la mort …? Favoriser et encourager les intervenants professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées en perte d'autonomie.

  • 9- Les familles s'occupent peu, quelques fois mal, et parfois pas du tout … Elles ne connaissent pas l'existence des « Conseils de Vie Sociale ».

     

    => C'est un champ d'action à investir ! Il faut que les élus, les cadres d'établissements, les militants encouragent et aident les citoyens et les familles à s'impliquer dans ce champ de la démocratie participative : « faisons vivre les droits acquis ! 

  • 10- Le coût d'une place en EHPAD (établissement d'hébergement de personnes âgées dépendantes) se décompose ainsi : 50%hébergement, 35% soins, 15% dépendance. Il est pris en charge, respectivement, par le résident, par l'état (Sécurité Sociale), et par le Département (APA). Le « reste à charge » du résident reste à minima dans le Pays de Morlaix de 1500€ à 1700€ par mois !

     

    => Puisque le FDG propose un SMIC à 1700€, ne devrait-il pas exiger que le revenu minimal de toute personne âgée ne soit pas inférieur à 1500€ ? Et … pourquoi dans cette hypothèse ne pas exiger que l'écart entre les retraites soit au maximum de 1 à 5 ?

  • 11- Il n'est pas normal qu'il n'existe plus de « Foyer-logement » (deviennent des Ehpad).

     

    => Offrir sur chaque territoire une gamme diverse de prises en charge possibles : maintien au domicile, habitat groupé, foyer-logement, Ehpad, solutions adaptées aux situations les plus lourdes (Alzheimer, Parkinson, …).

  • 12- A t-on les moyens de financer tout cela ? Comment éviter les prises en charge « à deux vitesses » ?

     

    => C'est un choix politique, une question de civilisation, du même ordre que pour l'éducation ou la justice ! Ceci renvoie donc au modèle de société et aux choix de priorités budgétaires ! Il faut donc « changer de système » !

    =>L'état doit garantir l'accès de tous à une prise en charge de qualité quelle qu'elle soit...

  •  

  • 13- Comment imposer ces choix politiques ?

     

    => se mobiliser, porter et populariser des solutions politiques de transformation sociale.

    => voter, certes, mais surtout maintenir une pression de haut-niveau de la part du mouvement social !

    => reproduire 36, 45, ou 68 !

    => redonner envie à la jeunesse de se ré-impliquer dans le changement. Y compris pour l'encourager à accéder avec entrain et conviction dans les métiers de l'accompagnement des personnes en perte d'autonomie. Aimer ces métiers !

En conclusion :

 

Alain David et Ismael Dupont :

 

Ils soulignent le « flot de questions » pour ce débat riche d'informations, de témoignages et de propositions.

Ils invitent les participants à approuver et à signer le texte présentant les propositions complémentaires du collectif morlaisien du FDG qui reprend déjà plusieurs axes évoqués. (cf. doct joint)

 

Ils rappellent une dernière fois la mobilisation de tous avant, pendant et surtout après les échéances électorales … quel que soit le résultat de celles ci !

 

«Tout n'est pas dans les programmes !

Toutes les grandes avancées sociales se sont gagnées par le mouvement populaire ! »

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 09:05

J'ai lu dans les pages Idées du Monde du mercredi 22 février avec curiosité et plaisir ce manifeste de chrétiens éclairés et soucieux de justice sociale qui reprennent à leur compte une formule de Mélenchon et appellent à remettre en cause la domination du capital qui s'installe plus que jamais un Europe et dans le monde en nourrissant la xénophobie afin d'altérer la conscience de classe des gens. Je publie ce manifeste à titre d'information, et parce que l'on peut voir un signe positif dans le fait qu'il y ait encore des consciences de chrétiens pour défendre un projet politique basé sur la laïcité, la volonté de partage et de justice.

 

Chrétiens, nous votons saint Martin. Le 12 février, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de "Radio France Politique". Il a dénoncé les dérives "extrême droitistes" de la majorité, illustrées par les récentes déclarations du ministre de l'intérieur, Claude Guéant, et de Nicolas Sarkozy. Il a salué la prise de position de François Bayrou et en a appelé aux chrétiens : "Il est temps que des chrétiens, comme lui, commencent à dire que, au fond, il y a deux christianismes, celui des croisades et celui de saint Martin : partager son manteau sans aller demander les papiers à celui à qui on donne le morceau pour qu'il ait chaud." Quelles que soient nos opinions sur Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ou leurs programmes, nous affirmons notre vision d'un christianisme du "manteau partagé". C'est ce christianisme que nous faisons vivre sur le terrain, que nous défendons, sans toujours être entendus.

Nous dénonçons l'esprit de croisade pour la défense de la "France chrétienne" : l'extrême droite catholique s'attaque à l'art contemporain, la présidence de la République et sa majorité affirment une soi-disant supériorité d'une civilisation (chrétienne) sur d'autres, sans compter le discours du Front national, et nous en passons... Nous contestons la manipulation et l'accentuation des clivages : raciaux, sociaux, religieux, ethniques, de couleur de peau, qui font du jeune de banlieue, du musulman, du chômeur, du Rom, le bouc émissaire. Ces clivages sont utilisés par les médias, les pouvoirs et certaines forces politiques pour occulter le clivage social.

Les discriminations ne sont plus des faits isolés, elles sont un système qui s'attaque aux habitants des quartiers populaires, aux Noirs, aux Arabes, aux musulmans. Elles créent une classe de citoyens à part. Jésus était du côté des parias pour mettre à bas les murs de séparation, nous sommes aux côtés de ceux d'aujourd'hui.

Nous défendons la laïcité de la loi de 1905 dans son esprit et dans sa lettre. Donc nous dénonçons son instrumentalisation pour mener l'assaut contre les musulmans et autres minorités religieuses. Cette croisade n'est possible que parce que d'aucuns renvoient dos à dos laïcité et religion comme deux entités inconciliables. La laïcité ne pourrait que s'opposer à des religions toujours présentées comme dogmatiques, obscurantistes, dangereuses. Le spirituel et ses valeurs ne seraient réservés qu'à la sphère intime ou privée, en l'opposant à la sphère sociale, politique, publique.

Au contraire, il est urgent de promouvoir l'esprit des pères de la loi de 1905 : une laïcité inclusive qui n'exclut pas telle ou telle population, une laïcité qui permet le dialogue public de positions religieuses et non religieuses. C'est pour nous le meilleur moyen de renforcer des religions synonymes de liberté de conscience et de faire reculer les courants religieux d'aliénation. La peur du communautarisme ne doit pas occulter le rôle positif des communautés dans l'enrichissement du lien social et la construction d'une société une et diverse.

Notre christianisme est bien celui de saint Martin, mais aussi de l'abbé Pierre, de Théodore Monod, de Dietrich Bonhoeffer, de Martin Luther King ou Desmond Tutu. Le partage du manteau signifie aider l'autre, frère ou soeur en humanité, qu'il ait des papiers ou non, même si cela viole la loi. Mais il faut aller plus loin. Donner un bout de son manteau, c'est poser le problème du partage planétaire des richesses, rendu impossible par le système capitaliste qui repose sur la concurrence de tous contre tous, qui produit souffrances personnelles et violences sociales, qui permet l'émergence de peurs et de discriminations. Nous refusons le chantage sur la dette qui place des pays sous l'emprise des banques et des systèmes financiers. Nous soutenons le peuple grec étranglé par un nouveau plan d'austérité. Nous contestons les politiques d'austérité qui engendrent la pauvreté pour des millions d'individus et mettent en danger l'action publique.

Cessons de diaboliser l'impôt, instrument de la répartition des richesses, cessons de penser en "toujours plus" de production, de consommation, d'énergie... Au contraire, face à la crise, posons-nous la question du mieux, du "bien vivre ensemble". Le vote pour l'extrême droite est incompatible avec les valeurs de l'Evangile partagées bien au-delà des chrétiens. Nous disons aux chrétiens de droite inquiets de la tentation de l'extrême droite, qu'ils se doivent d'interpeller leur camp sur les dérives des politiques, notamment sur l'immigration, qui ont dépassé le niveau de l'humainement acceptable. Nous disons aux dirigeants de la gauche que leurs politiques passées et leurs propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux, que nous espérons mieux d'eux.

Nous disons aux chrétiens, aux croyants des autres religions, à tous les humanistes, aux hommes et femmes de bonne volonté : retroussons-nous les manches, interpellons les partis et les candidats lors de la présidentielle et des législatives, organisons des débats, prenons position pour refuser l'esprit de croisade et défendre celui de saint Martin.


Olivier Abel, Institut protestant de théologie, Paris ; Jérôme Anciberro, rédacteur en chef de Témoignage chrétien ; Jean Baubérot, sociologue ; David Berly, responsable associatif ; Jean-Marc Bolle, consultant en communication, ancien vice-président d'une association d'insertion ; Guy Bottinelli, pasteur en retraite, foyer protestant de la Duchère, lyon ; Christophe Brénugat, éducateur, protestant réformé, adhérent David et Jonathan ; Roberto Beltrami, pasteur, directeur de La Fraternité de la belle de mai, Marseille ; Denyse Boyer, catholique, membre de FHEDLES ; Olivier Bres, pasteur retraité, militant associatif ; Brigitte Chazel, psychologue, militante du Christianisme social ; Jean Combe, catholique, membre de l'association FHEDLES ; Christophe Cousinié, pasteur, directeur de Toulouse-Ouverture (to7) ; Annie Crépin, catholique, membre de la FHEDLES ; Quentin Dezetter, catholique, adhérent MoDem, membre de David et Jonathan ; Héloïse Duché, militante du Christianisme social et du Front de gauche ; Jean-Marc Dupeux, pasteur, ancien secrétaire générale de la Cimade ; Isabelle Grellier-Bonnal, professeur, militante du Christianisme social ; Rémi Goguel, secrétaire général des Eclaireuses et éclaireurs unionistes de France ; Philippe Kabongo-Mbaya, pasteur, militant du Christianisme social ; Stéphane Lavignotte, pasteur, directeur de la Fraternité de La Maison verte, Paris, militant du Christianisme social ; Bertrand Marchand, doctorant en théologie, militant du Christianisme social ; Francis Muller, pasteur, Secrétaire général de la Mission populaire évangélique de France ; Jacques Perrier, militant du Christianisme social, responsable associatif ; Jean-Pierre Rive, pasteur, président de la Commission église et société de la Fédération protestante de France ; Antoine Rolland, enseignant-chercheur, militant du christianisme social Lyon ; Otto Schaefer, théologien et biologiste ; Mariam Séri-Sidibé, protestante, travailleuse sociale ; Alexandre et Marie Sokolovitch, animateurs de l'éducation populaire, Jesus Freaks ; Catherine Thierry, membre de la Communauté Mission de France ; Pierre Valpreda, Gennevilliers, directeur d'école, protestant réformé, adhérent EELV, membre de David et Jonathan ; Marie-Thérèse van Lunen Chenu, catholique, membre de FHEDLES ; Marina Zuccon, fonctionnaire, présidente du Carrefour de chrétiens inclusifs.

 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 08:51

Lettre ouverte de la Jeunesse, par la Jeunesse, pour la Jeunesse

 

 

 

 

 

« Personne, aucune puissance, aucun être humain, n'a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s'étioler […]. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable. »

Stig Dagerman*

 

- - -

 

  Je ne suis membre d'aucun parti, d'aucune association, je ne suis que citoyen. Mais si je m'adresse à la Jeunesse, c'est de plein droit : je la connais, je la côtoie, j'en fais partie et je l'admire. C'est en son nom que je voudrais parler. C'est avec elle et pour elle que je veux discuter du futur que nous partagerons. Je le fais en tant que jeune citoyen français, mais je voudrais pouvoir m'exprimer,  au-delà de toute barrière d'âge et de toute frontière, en citoyen du monde.

 

Nous sommes le moteur des révolutions.

 

  Je sais notre inexpérience et notre malléabilité, je sais notre capacité à nous égarer, à renouveler les erreurs du passé. Je sais à quel point nous sommes influençables ; d'autant plus que nous sommes précaires, d'autant plus que nous sommes fragiles. Mais notre énergie, notre grande force résident précisément dans nos faiblesses : sans expérience, nous sommes plus aptes à nous libérer des préjugés ; sans certitude, nous sommes capables d'innovation ; instables, nous avons cet avantage décisif de pouvoir nous mettre en mouvement sans prévenir et de tout emporter avec nous dans un formidable élan vers l'avenir.

  C'est à nous de réaliser aujourd'hui les changements que nous espérons, car nous sommes le moteur des innovations et des révolutions. C'est à nous de marcher vers le lendemain, dans l'incertitude du devenir, mais avec espoir et détermination. J'aimerais pouvoir parler en notre nom à tous, mais ce serait une tâche impossible : nous sommes une masse inouïe d'individualités, multiple, foisonnante. Pourvu que nombre d'entre nous se reconnaissent dans mes propos, y réagissent, et m'enrichissent en retour de leurs contradictions. Voilà tout ce que je souhaite. Si je parviens à être entendu par la Jeunesse, je souhaite aussi que chacun s'y retrouve pour en avoir un jour fait partie.

 

Un changement de société s'impose.

 

  Tous les indices sont aujourd’hui rassemblés pour nous indiquer qu'un changement de paradigme est en cours. Un changement de société s'impose : nous le voyons chaque jour autour de nous, dans notre quotidien. Nous le comprenons dans les médias, nous le lisons dans les événements qui ébranlent le monde, la matière, les peuples et les gouvernements.

  Notre désespoir et nos inquiétudes, nos égarements, le désintérêt que nous affichons parfois pour la chose publique, tout cela, ne l'imputez pas à notre jeune âge : demandez-vous plutôt si notre mal-être, l'échec scolaire, les difficultés d'insertion sociale et professionnelle, le chômage, la violence, la dépression et le suicide ne sont pas symptomatiques d'un mal plus profond, un mal qui serait à la racine de notre modèle de société.

  Ce mal a un nom et un visage, n'en déplaise à certains, qui craignent peut-être de le regarder en face de peur d'y trouver leur propre reflet et de s'y reconnaître. Je le nomme sans tabou : ce mal, c'est la corruption des principes fondamentaux de la République, c'est l'effondrement de la démocratie face au pouvoir croissant de la finance. Et la Finance aussi a un nom : c'est le Marché. Elle a surtout une foule de visages impersonnels : bourses, banques, financiers, multinationales, lobbys... et si tous se ressemblent et arborent la même grimace, c'est que tous se cachent derrière le même masque : celui de la sociale-démocratie occidentale. L'ennemi de la République et de la démocratie avance donc à découvert. À la vérité, nous le savions depuis longtemps, mais nous avons trop longtemps laissé faire. Il n'en est plus question.

 

Message à nos dirigeants :

 

  Mesdames, Messieurs, occupants ou candidats à de hautes fonctions d’État, dans de nombreux pays d'Europe et du monde, je vous juge maintenant avec toute l'impétuosité de la jeunesse : vous n'êtes plus dignes de votre fonction si vous laissez ou placez des nations souveraines sous le contrôle de la finance ! Comment pouvez-vous vous ridiculiser de la sorte, faire des courbettes élégantes devant l'opinion publique, pour ployer ensuite franchement le genou jusqu’à terre, et abdiquer, capituler sans résister une seconde à la finance ? C'est vous-mêmes qui, en refusant de lui résister, par votre silence ou votre inaction, lui accordez ce pouvoir dont elle abuse. Vous lui avez accordé la possibilité de monter sur ce trône illégitime, et c'est vous maintenant qui travaillez à l'y maintenir au prix des efforts, de la liberté, du sang et des larmes du peuple. Rendez-vous compte que votre attitude est indigne des fonctions qui sont les vôtres, quand, prétendant agir au nom de l'État, au nom du peuple souverain d'une nation entière, au nom de ses citoyens, vous prenez en leur nom sans prendre la peine de les consulter (ou pire, en les ignorant !) des mesures graves, aux conséquences lourdes et durables. Cela, en France, sous prétexte d'un vote quinquennal, alors que le principe constitutionnel de la République Française veut qu'elle soit un « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » ! Prenez-en conscience et agissez en conséquence, ou disparaissez ! Vous avez besoin de nous pour exister, nous n'avons pas besoin de vous pour vivre.

 

« Je ne voterai plus pour vous »

 

  Mesdames, Messieurs, qui vous soumettez à la Finance, je ne voterai plus pour vous !

  Je ne voterai pas pour vous. Je fais table rase de mes convictions passées, de mes préjugés, parce qu'en dépit de toute appartenance partisane, je veux voter selon ma seule conscience ! Je ne voterai pas pour vous parce que vous n'en êtes pas dignes. Je ne voterai pas pour vous, car je veux à tout prix conserver ma liberté de choisir le monde dans lequel je vais vivre, et celui que je vais léguer à ceux qui viendront après moi.

  Je ne voterai pas pour vous qui vous soumettez à la Finance, car je crois qu'au lieu de la concurrence et des échanges marchands, au lieu de la cupidité et de la volonté de puissance, ce sont l'éducation, le savoir, la créativité, et par-dessus tout l'aspiration de l'Homme à la paix et au bonheur qui doivent, au-dessus de tout, rester libres, et non faussés !

  Je ne voterai pas pour vous, car je souhaite pour nous tous et pour tous ceux qui nous suivront dans l'aventure humaine construire un autre modèle de société que celui dans lequel j'ai grandi. Car trop d'entre nous sont victimes d'une idéologie qui, au nom de la « liberté », bride la créativité, écrase les cultures et altère notre désir de vivre. En vertu de quoi le Marché — invention récente dans l'histoire de l'humanité, demeurerait-il maître du monde, des nations et des peuples ? Pourquoi et dans l'intérêt de qui devrait-il être placé au-dessus de tout et de chacun, comme une cage opaque, et de quel droit serions-nous maintenus dans cette caverne d'où nous ne voyons que l'ombre du monde véritable, l'ombre d'une démocratie réelle, porteuse et protectrice des libertés fondamentales de l'Homme ?

  Je ne voterai pas pour vous, car je veux pouvoir penser totalement par moi-même, jusqu'aux limites de ma conscience et de mon esprit, et pas seulement dans le carcan du Capital. Je ne voterai pas pour vous, car je veux que nous puissions vivre libres et égaux, tels que nous naissons : en tant qu'individus singuliers, uniques, tous différents, mais chacun nos semblables. Cela, quelle que soit la culture dont nous héritons par la naissance ou l'éducation. Et je proclame qu'il nous faut pour cela élire la Fraternité comme la première de nos valeurs. Elle seule n'a pas été retenue par le système libéral, pour une bonne raison : il repose sur son contraire, la concurrence libre, et non faussée !

 

Réaffirmer les valeurs républicaines : Fraternité, Égalité, Liberté.

 

   Nous ne voterons pas pour vous, car nous voulons replacer au cœur des valeurs de la République, non pas l'individu, mais la collectivité, en vertu de la Fraternité : quand la richesse d'un pays n'a jamais été aussi grande, on doit attendre de lui qu'il en fasse profiter le plus grand nombre, et que chacun avec lui soit solidaire des démunis. Les ravages de l'individualisme sont incontestables et il nous appartient d'y mettre un terme, dès aujourd'hui.

  Nous ne voterons pas pour vous, car nous voulons servir non pas le capital, mais la société, en vertu de l'Égalité : de quel droit quelques-uns continueraient-ils à tirer la plus grosse part sinon l'ensemble des bénéfices du travail de tous ? Chacun sait quelle part infime de la population du globe profite de la crise actuelle, tandis que la majorité survit avec de maigres moyens, et qu'une grande partie de l'Humanité continue de mourir de faim. Nous voulons replacer l'Homme au cœur de l'humanité, c'est pourquoi il faut d'abord en chasser la Finance !

  Nous ne voterons pas pour vous, car nous voulons revaloriser non pas le profit, mais le travail, en vertu de la Liberté : quand la production est asservie aux caprices des actionnaires, le travailleur voit son œuvre se dissoudre dans la masse immatérielle du Capital, et s'évanouir bientôt dans des paradis dont il ne verra jamais la couleur. Cela est intolérable. Aucun être humain ne devrait être asservi à son travail ou à son employeur au point que sa vie en pâtisse.

 

Du monde de la Finance à celui de l'Homme.

 

  Ce monde est accessible : il nous suffit pour l'apercevoir de regarder au-delà des œillères qui entravent notre vision. Libérés de l’individualisme aveuglant et de la cécité mercantile, ne voyons nous pas immédiatement que la spiritualité, la science, l'art, l'amour, la compassion, et tant d’autres valeurs nobles valent chacune cent fois — mille fois celles qui dirigent aujourd’hui notre vie ? La compétitivité, le profit, la marchandisation.... sont-ce bien là les valeurs que nous voulons promouvoir, que nous voulons porter et transmettre, et sur lesquelles nous voulons fonder le vingt-et-unième siècle ?

  En vertu de quel principe devrait-on accepter que l'économie gouverne non seulement nos existences, mais contrôle également nos désirs et nos peurs, jusqu’à nous dicter nos choix ? Le libéralisme et la publicité, dont le but commun se résume aujourd'hui à maintenir l'équilibre précaire du système financier, ne nous laissent pour toute liberté que le choix de la marchandise à consommer et celui du produit à vendre. Est-ce au nom de cette liberté-là que nous avons renversé la Monarchie, traversé la Terreur, subi la Guerre et l'Occupation ?

  Rien ne devrait nous empêcher de voir plus loin que ce prisme idéologique, et ceux qui nous accuseront de n'être que des utopistes sont ceux-là mêmes qui, dans leur intérêt ou malgré eux, cherchent à nous contraindre à cet asservissement. Eux-mêmes devraient bien se rappeler que le système capitaliste et libéral qu'ils défendent contre vents et marées est né avant toute chose de deux grandes utopies, dont les principes ont été depuis corrompus : la Révolution républicaine, et la philosophie des Lumières. J'en appelle à l'espoir, à l'utopie, et à l'absence de déterminisme en matière d'idées : le changement est possible, il est déjà en marche, car le système capitaliste s’effondre sur lui-même.

 

L’indignation ne suffit plus.

 

  Nous, jeunesse citoyenne du monde, de l’Europe, jeunesse française, immigrée, jeunesse à laquelle l'indignation ne suffit plus et qui appelle à la révolte, voulons démontrer qu'une autre République est possible. Nous voulons prouver que les peuples des démocraties occidentales peuvent se soulever sans verser de sang ni de larmes : en prenant les urnes contre le Marché, comme on a pris par le passé les armes contre la Monarchie.

  Nous, jeunes, citoyens, occupants du sol français, pouvons dès aujourd'hui choisir de construire ensemble une nouvelle République. Nous avons le pouvoir de mettre en place une démocratie véritable, qui nous rendra en retour ce qui nous revient de droit : le pouvoir de décision, le pouvoir politique sur notre société et notre économie. Qu'on ne cherche pas à nous faire croire que cela est impossible : les gouvernements sont faits pour se succéder et les institutions pour être changées. Nous, indignés, révoltés, citoyens, peuples souverains à l'intérieur de nos limites, savons tous qu'un changement est possible, et nous affirmons d'une seule voix qu'il est devenu urgent et indispensable.

  En définitive, nous refusons l'alternative du vote contre, ou contraint. Nous ne serons pas des machines électorales. Nous voterons selon nos convictions, pas pour un Homme, mais pour des idées. Pas pour un parti, mais pour une cause. Pas contre un système en crise, mais pour un autre.

  Nous voterons en exerçant notre pleine liberté de citoyens : sans tenir compte du tapage médiatique, sans tenir compte des sondages, que nous savons trompeurs par expérience, sans regarder les fantômes que l'on brandit pour nous faire peur, sans écouter les mensonges que l'on profère pour nous séduire.

 

La révolte est en marche.

 

  Mon appel est le suivant : indignons-nous, en premier lieu, et puis révoltons-nous ! Prenons pleinement conscience que la Crise n'est pas économique et financière comme on nous le répète sans cesse, mais sociale et politique.

  Cultivons-nous, alertons-nous, soulevons-nous et prenons les urnes, massivement, chaque fois que l'occasion se présentera – mais n'en restons pas là ! Il nous appartient de mettre également notre énergie et notre créativité au service d'idées et de causes, de les incarner, de les porter sur le devant de la scène publique et politique, et de ne nous en défaire sous aucun prétexte.

  Le vingt-et-unième siècle ne sera pas celui de la ruine ou du désastre, mais celui d'un nouveau modèle de développement social et économique, porté par une forme nouvelle de démocratie, citoyenne, souveraine et exemplaire.

 

  Je souhaite à tous ceux qui se reconnaîtront dans mes propos qu'ils puissent faire de même : reconnaître leurs convictions, les confronter au monde et leur donner un sens. Parce que l'avenir nous appartient à tous, et qu'il appartient à chacun d'entre nous de le faire advenir, j'en appelle à la formation d'une Assemblée Constituante.

  Pour toutes ces raisons, et plus encore, je voterai pour le candidat du Front de Gauche, Jean Luc Mélenchon. Pas pour un homme ni pour un parti, mais pour les idées qu'ils défendent et pour le changement de société qu'ils proposent. Pour la première fois dans ma vie d'électeur, j'irai voter avec conviction et avec enthousiasme : pour quelque chose en quoi je crois.

 

  Le 17 février 2012

Max DESPIN,

Étudiant, 22 ans

 

 

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 18:17

Diagnostic sur la situation des abattoirs bretons.

 

En tant que végétarien sensible au bien-être animal sans être militant de cette cause, je ne suis pas personnellement un chaud partisan de l'élevage et de l'abattage intensifs du fait de la souffrance animale qu'ils impliquent, des conditions de vie dénaturées et terribles que l'on réserve souvent à ces bêtes (particulièrement les poulets et les porcs) considérées comme de simples euros sur patte ou des machines à produire en un minimum de temps de la viande commercialisable. Par ailleurs, la consommation de viande dans les pays occidentaux et riches est très certainement excessive, participant à la mise en difficulté des agricultures vivrières du sud (à cause de l'accaparement des terres pour produire des céréales, oléagineux et protéagineux qui servent d'aliment pour des élevages industriels hors sol), à la faim dans le monde, à la production de gaz à effet de serre (du fait des transports des aliments et des bêtes abatues, mais aussi des pets de vache...). Cette consommation excessive a pour contrepartie une consommation de viande de qualité dégradée et des ennuis de santé.

Toutefois, se sentir concerné par le sort des bêtes, de notre éco-système et de notre santé, n'empêche pas d'être solidaire des hommes qui triment et craignent de perdre leur gagne-pain.

 

La Bretagne abat et découpe près des deux tiers des cochons français (14 millions de porcs abattus en 2011). A la mi-janvier, le Syndicat National du Commerce du Porc, représentant des entreprises, a annoncé 100 millions d'euros de perte dans le secteur des abattoirs de porcs, arguant ainsi d'une menace sérieuse pesant sur une partie des 20.000 emplois de la filière porcine. Nationalement, beaucoup de petits abattoirs, et particulièrement les abattoirs publics (tel celui du Faou dans le Finistère), sont menacés de fermeture

Qu'est-ce qui explique ces mauvais résultats selon les abatteurs bretons (Coperl, Bigard, Gad, Jean Floc'h, Kermené-Leclerc), les chambres d'agricultures et la presse régionale qui se fait volontiers le relai docile de la communication des gros intérêts de l'agriculture productiviste (comme d'ailleurs le Conseil Régional la plupart du temps)?

D'abord, la concurrence faussée avec les abattoirs allemands qui emploient des ouvriers polonais ou romains payés avec les salaires et les cotisations sociales dérisoires de leur pays d'origine et la concurrence avec l'Espagne où le coût du travail et les normes sociales sont beaucoup moins élevés, ces deux pays qui tendent à augmenter considérablement leur production.

On met en avant le fait que « la moitié de la matière première du jambon cuit (vendu en France) vient d'Espagne tandis que de la viande fraîche débarque sur les étals » (Ouest-France, 19 janvier 2012). Dans les plats cuisinés vendus en France, la viande vient souvent du Brésil. Nos abattoirs de poulets sont soumis à la même concurrence internationale intense mais ils peuvent difficilement plaider en faveur d'un protectionnisme dans la mesure où 80% des volailles abattues, dans une entreprise comme Tilly à Guerlesquin, partent à l'exportation (au Maghreb, au Yemen, en Arabie Saoudite).

Comme les prix de vente baissent, la solution trouvée par les industriels pour maintenir la profitabilité est d'augmenter le nombre de bêtes abattues et commercialisées (Doux tue par exemple 1 millions de poulets par jour dans ses abattoirs de Chateaulin, Plouay, et de Vendée quand Tilly en tue 270.000 par jour), augmentant ainsi les commandes vis à vis des éleveurs engraisseurs, ce qui contribue probablement à faire chuter un peu plus les prix.

Les entreprises d'abattage comme Doux (Père Dodu) peuvent connaître des difficultés conjoncturelles, elles n'en restent pas moins hautement profitables : 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaire en 2008. Charles Doux était la 151ème fortune française en 2009, avec un patrimoine personnel estimé à 200 millions d'euros. Cette rentabilité a un prix: le volailler a fermé plus de 10 usines ou abattoirs en 15 ans (cf l'article d'Erwan Seznec sur « la revanche du capitalisme familial » dans l'Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours, éditions La découverte). « La plupart, ajoute Erwan Seznec dans l'article mentionné, étaient encore viables, à l'image de celles de Châtelet (Cher) et Pleucadec (Morbihan) en juillet 2008, qui employaient un total de 647 personnes. Parallèlement, il n'a cessé de créer des emplois au Brésil, où la main d'oeuvre est moins coûteuse. Les salaires sont pourtant tout sauf mirobolants dans le secteur agroalimentaire en France. Et les usines Doux ont la réputation d'être encore en dessous de la norme -237 de ses salariés ont d'ailleurs gagné contre leurs employeurs aux prud'hommes de Quimper en mai 2009, dans une affaire de non-paiement des heures supplémentaires; Doux avait décidé de ne plus rémunérer la pause quotidienne d'une demi-heure accordée aux ouvriers ». Modèle de réussite à l'exportation, Doux doit cette réussite à un pillage méthodique du contribuable européen au nom de la compétitivité dans un marché dérégulé et de l'emploi. Le groupe a décroché 63 millions d'euros d'aides publiques entre octobre 2007 et octobre 2008 au titre des « restitutions à l'importation ». Comme les cours européens sont supérieurs aux cours mondiaux, les entreprises vendant leur production hors UE touchent des aides, qui leur permettent d'être plus compétitives. Ainsi, Doux touchait en 2009 200 à 300 euros par tonne de volaille vendue hors de l'Union tout à continuant à licencier en France!

Plutôt que de plaider énergiquement contre le dumping social et fiscal au niveau européen et des normes sociales communes, les « abatteurs-découpeurs » (entendez les patrons, non les salariés) dénoncent le coût du travail, le « manque de compétitivité » du marché du travail en France et se verraient bien embaucher eux aussi des travailleurs étrangers avec des conditions de rémunération et de cotisation sociale proches de celles des pays d'origine. Article de Jean-Paul Loudéoc dans le Ouest-France du 19 janvier 2012: « « Nous courons le 100 mètres avec des semelles de plomb » se plaignent les industriels. « Chacun de son côté se croit le meilleur. Mais en face de nous, il y a 43 millions de cochons abattus annuellement par le danois Danish Crown, et par le hollandais Vion. Si la Bretagne ne regroupe pas ses forces, elle restera sur le carreau »...  

 

Les entreprises invoquent ainsi la trop grande quantité et dispersion des abattoirs en Bretagne et plaident pour une nouvelle concentration dans ce secteur afin d'augmenter la rentalibilité et de faire des économies d'échelle, ce qui aurait assurément des conséquences sur le maintien de l'emploi.

 

C'est ce dont témoigne dans le journal La Terre du 31 janvier 2012 l'éleveur de porc Thierry Thomas (Côtes-d'Armor): « On entend depuis longtemps dire qu'en Bretagne il y a un abattoir de trop. On ne sait pas très bien ce que ça veut dire. Une partie de la stratégie des industriels de la viande a été de toujours prévoir des outils pour faire face à l'augmentation de la production. Or la production est plutôt en train de diminuer, et du coup on a des abattoirs surdimensionnés et des coûts d'abattages qui sont soit disant plus élevés qu'ailleurs. A partir de là, on a un gros débat à la Chambre d'agriclture: un certain nombre de professionnels demandent à l'Etat français soit d'arrêter cette possibilité offerte aux Allemands d'embaucher des Roumains ou des Polonais au prix du salaire de ces pays-là, soit de s'aligner. Est-ce à ce prix qu'on doit produire nos cochons, est-ce que c'est ça qu'on propose aux salariés de ce pays? Je ne me sens pas du tout en phase avec ce genre de demande. En Bretagne, terre de production animale par excellence, l'économie bretonne n'est pas faite que de paysans mais aussi de salariés, et on ne veut pas leur faire porter le poids de ce soit disant surcoût ».

 

Un article très intéressant de Martine Goanec dans Le Monde Diplomatique de novembre 2011, intitulé « Bouchers romains pour abattoirs bretons » mettait en évidence le commencement du processus de « délocalisation interne » que constitue l'emploi par les entreprises de l'agro-alimentaire d'une main d'oeuvre étrangère ne bénéficiant pas de toutes les garanties sociales proposés à nos travailleurs.

Selon la communication de la Cooperl Arc Atlantique de Lamballe, le plus gros abattoir breton, l'emploi important d'intérimaires roumains, tchèques, polonais, slovaques depuis 2007-2008, prenant le relais des Africains arrivés il y a 20 ans, ne s'explique pas par une volonté de faire baisser la part des salaires dans la valeur ajoutée pour augmenter les profits mais par la difficulté à embaucher dans ce secteur qui souffirait d' « une mauvaise image ».

Cette « mauvaise image » ne correspondrait-elle pas à la réalité de conditions de travail extrêmement dures du fait de la nature homicide de la tâche, mais aussi à cause des rémunérations faibles (à titre d'exemple, avec 10 ans d'ancienneté et une pénibilité du travail indéniable, on ne peut gagner que 1140 euros net par mois à l'entreprise Tilly de Guerlesquin- qui paye mieux que Doux pourtant-, qui rémunère ses salariés 15 centimes d'euros l'heure au-delà du SMIC, sur la base de 9,80€/h, sans compter la progression du salaire à l'ancienneté), des cadences terribles, la répétition des mêmes gestes, l'inconfort des positions physiques, se traduisant au bout de quelques années pour une grande partie des salariés par des troubles musculo-squelettiques graves (aux poignets, au dos, aux épaules) que l'on cherche à oublier pour continuer à travailler en se bourrant de cachets anti-douleurs?

 

cf. Lettre ouverte de Corinne Nicole sur la situation type d'une ouvrière de l'abattoir.

 

 

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Dès lors, en payant mieux ses salariés et en étant davantage attentifs à prendre leur humanité en considération dans la fixation des exigences de rendement et la définition des postes de travail, il est probable qu'on aurait moins de mal à recruter dans le secteur.

Mais on peut penser que les entreprises préfèreront durcir les conditions de radiation des chômeurs en cas de refus d'emploi pour atteindre cet objectif et on se doute surtout que cette difficulté d'embauche invoquée est un bon prétexte pour justifier l'emploi d'intérimaires étrangers pour lesquels on ne paye pas de cotisations patronales.

Citons un peu l'article de Mathilde Goanec qui semble issu d'une enquête très sérieuse:

 

« Délocalisations sur place.

Car si les abattoirs embauchent à tour de bras, la rotation des salariés est très élevée. « C'est un travail pénible, et qui génère pas mal de maladies professionnelles » explique M.Jean-Bernard le Gaillard, inspecteur du travail dans les Côtes d'Armor. A la section départementale de la CGT, le langage est plus cru: « Des entreprises comme la Cooperl ou Kermené, ça mange les hommes! Estime M. Noël Carré, 21 ans de Cooperl. Si en 2008 en était en sous-effectif, c'est aussi parce qu'on avait des gens qui n'étaient plus capables de travailler en atelier ». Son collègue François Lefort, lui aussi délégué CGT à la Cooperl Lamballe, fait le même constat: « Ce sont des métiers très durs et de moins en moins bien payés, par rapport à l'évolution des prix. Moi, ça fait neuf ans que je suis dans ce secteur, et quand j'ai commencé, on gagnait certainement mieux notre vie ». Le plus souvent cantonnés aux travaux les plus difficiles- abattage, découpe et parage (opération qui consiste à préparer et dégraisser la viande)- les ouvriers venus de l'Est font désormais partie du paysage. Au coeur des échanges, il y a ces agences d'intérim enregistrées dans le pays d'origine des migrants. ArcForce, bien connue des directions locales et des syndicats, constitue un modèle du genre. Son site Internet, en français et en roumain, propose une liste, photographies à l'appui, de collaborateurs « disponibles sous 30 jours ». Lesquels sont desosseurs, ouvriers-découpe, bouchers, mais aussi manutentionnaires, cuisiniers, soudeurs... Leurs curriculum vitae s'affichent avec leur âge, leur formation et leur expérience dans l'intérim. D'autres agences en ligne, telle Assistance Recrutement, qui fournit à la France des travailleurs polonais tout en ayant son siège au Royaume-Uni, annoncent la couleur: « Le travailleur détaché est employé et rémunéré par l'agence d'intérim. C'est elle qui paie les cotisations sociales. Tout en respectant la législation en France, l'intérimaire dépend de la loi fiscale et sociale de son pays d'origine. A bas salaire net équivalent, il est donc possible pour votre entreprise de réaliser une économie substantielle ». La réalité est encore moins reluisante. En mars 2010, la police de l'air et des frontières ainsi que l'inspection du travail débarquent dans l'un des ateliers de découpe de la Cooperl à Lamballe. Treize Roumains sont arrêtés pour travail illégal. L'un d'entre eux témoigne, sous couvert d'anoymat: « Nous avons passé une nuit en garde à vue à Rennes...Le motif, c'est qu'on avait pas le droit de travailler plus de 3 mois sans titre de séjour. Je ne le savais pas. Pour nous, tout était légal. On a dû repartir en Roumanie pour refaire des papiers ». Intérimaire depuis 2008, l'homme a ensuite été intégré en CDI au sein de la Cooperl, comme 22 autres Roumains, sous la pression de l'administration judiciaire et de l'inspection du travail.

(…). L'affaire, en cours d'instruction, met le doigt sur le problème du statut de ces employés mobiles venus des nouveaux entrants dans l'Union européenne. Si la loi oblige à une égalité de traitement avec les Français, il est difficile de savoir exactement ce qui tombe dans la poche du travailleur étranger... Le jeu autour des cotisations sociales occupe une place centrale: ces agences d'intérim, souvent fictivement basées à l'Est, profitent de manière indue du « principe de détachement » qui permet de payer les cotisations dans le pays d'origine (où elles sont bien moins élevées) plutôt qu'en France... Les cotisations sociales, payées dans le pays d'origine, representent des économies pour l'employeur en France...et autant de pertes pour les caisses de l'Etat français... Autre avantage, dans un secteur miné par les troubles musculo-squelettiques: les entreprises utilisatrices ne sont pas tenues d'assumer le coût des problèmes de santé des intérimaires étrangers auprès des caisses d'assurance-maladie.(...).

Dans le cadre de l'Union européenne, ces pratiques confuses sont le résultat d'une cacophonie législative. L'intérim était au départ inscrit dans les services à libéraliser lors de la rédaction de la fameuse directive « Blokenstein » (du nom du commissaire européen au marché intérieur Frits Bolkenstein). Mme Evelynne Gebhardt, députée allemande sociale-démocrate et rapporteuse du texte, explique pourquoi ce secteur, éminemment sensible, a finalement été exclu du document d'origine: « Le texte de départ prévoyait la dérèglementation totale du marché du travail, avec mise en concurrence des systèmes sociaux des différents pays. Cela aurait été une catastrophe pour les citoyens. Au terme d'une discussion difficile, nous avons réussi à évacuer les services publics, les secteurs particuliers comme l'intérim, ainsi que le principe du pays d'origine (selon ce principe, ce sont les salaires et la législation du pays d'origine qui se seraient appliqués) de la directive services votée au Parlement ».

En 2008, une directive spécifique à l'intérim est à son tour adoptée à Bruxelles. Elle garantit l'égalité de traitement des travailleurs européens. «  Il ne s'agit pas seulement du salaire, mais aussi des dispositions sociales et du droit du travail en général, qui doit être respecté et qui donne des droits équivalents à tous les travailleurs, français ou étrangers. Le problème, c'est que cette directive est supplantée par une autre loi: celle sur le détachement des travailleurs en général. Et certains arrêts récents de la Cour de justice de l'Union européenne, pris sur la base de la règle du détachement, ne sont pas favorables aux travailleurs ».

C'est le cas actuellement en Allemagne où, faute de salaire minimum obligatoire, les travailleurs de l'Est prétendument « détachés » constituent l'essentiel de la main d'oeuvre des abattoirs (payés entre 3 et 7 euros de l'heure contre une moyenne de 9 à 15 euros). Les arrêts Viking, Laval, Rüffert et Luxemburg rendus ces dernières années sont tous de la même veine: les conventions collectives du pays d'accueil ne s'appliquent pas forcément aux travailleurs détachés, ce qui crée inévitablement des différences de traitement. Et plus les législations nationales sont souples, plus les abus sont possibles ».

(Le Monde Diplomatique n°692, novembre 2011).

 

 

La nécessité sociale et écologique d'un changement de modèle agricole en Bretagne

 

 

Avec la spécialisation de la Bretagne dans l'élevage industriel hors-sol, on en arrive, je crois, au bout d'un modèle qui présente des coûts sociaux, sanitaires et environnementaux exhorbitants.

 

Pensons d'abord aux conditions de rémunération des agriculteurs. La Bretagne qui produit 60% des porcs français, 40% de la volaille, 20% du lait se classe 21e région sur 22 pour le revenu agricole.

 

Dans les années 1950-60, sur les conseils de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) créé dans le sillage du CNR, la pénurie d'engrais tels que le calcium, le phosphore, la potasse, a été compensée par un système de rotation des cultures et de retour périodique des sols à l'herbe, dans des prairies qu'entretennaient et fertilisaient des cheptels de vaches.

 

Laissons le paysan André Pochon décrire ce phénomène (article « Les Mutations agricoles: Etat des lieux des années 50 aux années 80 », dans Les marées vertes tuent aussi de André Ollivro et Yves-Marie Le Lay):

« L'augmentation considérable de la production laitière grâce à l'herbe (et aussi grâce aux races plus performantes comme la normande ou la frisonne qui produisent 4 à 5000 litres de lait, au lieu de 15000 pour nos vaches du pays) permet du même coup de quintupler la production porcine. Les paysans ne commercialisent en effet que la crème ou le beurre; le lait écrémé reste donc à la ferme et sert de complément protéique à la nourriture des porcs. Ainsi le nombre de porcs engraissés est directement lié à la quantité de lait écrémé. Nos amis danois qui sont nos modèles disent « le porc est suspendu » au pis de la vache. C'est ainsi que sur ma petite ferme de 9 hectares, je deviendrai le plus gros producteur de lait et de porc de la commune: plus de 100 porcs gras vendus par an; mon père sur sa ferme de 25 hectares en produisait 12! … Produisant plus sans dépense supplémentaire, le revenu de l'exploitant augmente considérablement. C'est pendant cette période que la Bretagne ma région, sort de son état de pauvreté. L'habitat se modernise: eau, électricité, machines à laver, chauffage central, sanitaires, carrelages, parquets, chambres confortables... réfrigérateurs, aspirateurs, TSF, télévision, automobile... Comme le revenu augmente dans les fermes, les artisans et les commerçants prospèrent aussi car tout se tient. Le tissu rural est vivant: jusqu'en 1965, pas une exploitation ne disparaît, les familles paysannes restent nombreuses. Et il n'y a pas de nitrate ni de pesticides dans l'eau, dans l'air, ni dans l'alimentation et pas d'algues vertes dans la baie de Saint Brieuc ».

Dans les années 60, l'agriculculture bascule dans le productivisme, l'endettement privé, l'hyper-spécialisation, et l'élevage industriel hors-sol:

« Avec ce nouveau modèle, commente André Pochon, l'agriculteur augmente certes sa production mais il augmente encore plus ses dépenses; il voit passer beaucoup d'argent mais il lui en reste peu! Difficulté économique donc qu'il doit résoudre dans l'agrandissement de son exploitation... Nombre de fermes disparaissent, c'est autant de familles paysannes en moins, de commerçants, d'artisans, d'écoles... Le tissu rural s'appauvrit et les pollutions apparaissent par les nitrates, les pesticides, et le saccage des talus, des haies, des zones humides. Car les nouvelles techniques mises en oeuvre sont la culture du maïs-fourrage et l'importation du soja pour nourrir les vaches, l'élevage industriel des porcs sur lisier; finie l'herbe, la porcherie danoise fait place à la porcherie hollandaise, fini l'élevage lié au sol. L'aliment des porcs, des volailles, des bovins rentre à flot dans les ports bretons, hollandais, danois, belges. Ces aliments sont importés au prix mondial cependant que la viande et le lait produits avec ces aliments sont payés à l'éleveur au prix garanti européen, le double du prix mondial! Le budget européen paie la différence: c'est l'effet pervers de la Politique agricole commune (PAC) signée par 6 pays européens en janvier 1963. Les prix agricoles sont désormais garantis par l'intervention sur le marché. On stocke pour faire remonter les cours et les excédents sont vendus sur le marché mondial grâce aux subventions européennes, ce qui met à mal l'économie paysanne des pays africains. Les prix sont garantis aussi du fait de la protection du marché européen: les céréales, la viande, les produits laitiers américains, canadiens, sont taxés (prélèvements) à leur entrée dans la Communauté, sauf qu'il y a une brèche dans la protection: le soja et les produits de substitution aux céréales (PSC) échappent au prélevèvement... Cette situation booste l'élevage (hors sol) dans les pays européens situés près des grands ports... L'équilibre ancestral « sol, plantes, animaux » est rompu, les excédents d'azote se retrouvent dans les nappes phréatiques, les cours d'eau et nos baies, d'où les nitrates dans l'eau et les algues vertes... Parallèlement à cette explosion de l'élevage hors sol dans des régions comme la Bretagne, d'autres régions comme la Beauce, la Brie...abandonnent toutes sortes d'élevage et se spécialisent en productions céréalières, sans risque puisque le prix en est garanti quelles que soient les quantités produites. Au bout de 30 années de cette monoculture céréalière, les sols en panne de prairie dans la rotation, en panne de fumier, descendent à des taux de matières organiques en dessous de 1%. IL s'agit d'une catastrophe agronomique puisque ces sols ne produisent plus qu'à grand renfort d'engrais azotés, de pesticides et de gros matériel pour décompacter les terres. Catastrophe écologique aussi: la nappe phréatique de la Beauce est polluée pour des années...

La cause principale de l'abandon du modèle polyculture/ élevage autonome et économe, initié par la Révolution fouragère dans les années cinquante, est bien dans la garantie de prix sans aucune limite de production, aggravée par la brèche dans la protection du marché européen en ce qui concerne le soja et les PSC (produits de substitution aux céréales) ».

 

Pour André Pochon, et son avis me semble plein de bon sens, la solution passe par « la fin du productivisme agricole enclenché dans les pays développés depuis 40 ans avec la spécialisation à outrance, la monoculture, l'élevage industriel hors sol. Il faut revenir à la polyculture-élevage. Les plaines céréalières devront introduire des animaux: grâce au fumier et aux prairies, elles verront remonter le taux de matières organiques de leur sol aujourd'hui déjà usé. Et les régions d'élevage intensif hors-sol devront diminuer leur production animale, loger leurs animaux sur litière et nourrir leurs vaches à l'herbe. Les unes comme les autres ont tout à y gagner: meilleur revenu, santé pour les exploitants eux-mêmes premières victimes des pesticides, considération de la société civile. Il s'agit donc de réorienter en profondeur l'agriculture européenne des pays industriels, de la sortir du modèle actuel où l'agriculteur voit passer beaucoup d'argent mais il lui en reste peu ».

 

Le modèle agricole actuel est surtout préjudiciable aux agriculteurs eux-mêmes, ou du moins à beaucoup d'entre eux.

Ainsi, le prix du porc est fort peu élevé du faut des pressions des distributeurs en aval, d'une production abondante et d'une consommation qui ne progresse pas, en France tout du moins, peut-être du fait de l'image dépréciée du porc de production industrielle (antibiotiques, lisiers qui se déversent dans les bassins versants et créent des marées vertes, une pollution des eaux aux nitrates...).

En 1992, la réforme de la PAC a été conçue pour faire entrer l'agriculture dans l'OMC: merci Delors! Des aides directes ont été versées aux paysans, et le plus gros morceau aux plus gros entrepreneurs, pour compenser la chute des prix désormais alignés sur les cours mondiaux. La Commission Européenne a choisi depuis 30 ans, de rester sur l'idée, coûteuse écologiquement et socialement, qu'il ne faut pas contrôler les prix agricoles: c'est au marché de régulé et aux filières de s'adapter.

L'absence de prix garantis crée une fluctuation des cours qui tend à créer des besoins d'agrandissement et d'intensification de la production perpétuels, du côté des producteurs comme des abattoirs, ce qui a pour effet mécanique de faire chuter les prix sur le long terme, ce qui est d'autant plus dramatique pour les éleveurs que les matières premières en amont, les aliments des bêtes, comme le soja et les céréales sont devenus des objets de spéculation au niveau mondial, voient leur coût augmenter.

L'alimentation animale des porcs est importée à 60%. Elle constitue 55% à 60% du prix de revient dans l'élevage de porcs du fait de l'augmentation du prix des céréales, des oléagineux, des protéagineux qui constituent la base de l'alimentation animale depuis 2010. Le revenu des producteurs ovins est parmi les plus faibles de ceux des agriculteurs depuis 2008: il faudrait que le prix du porc soit fixé à 1,60€ sans augmentation du coût des aliments pour leur permettre de s'en sortir et de vivre de leur travail.

Comme le note Yves-Marie Le Lay dans Les marés vertes tuent aussi, « le prix de vente d'un porc charcutier à 120 euros couvre à peine le coût de son alimentation, à 100 euros. 20 euros pour les remboursements de bâtiments et de matériels, les frais d'intrants et le travail ». C'est pourquoi « 10% des exploitations porcines sont en dépôt de bilan ». « Et pendant ce temps, ajoute Yves-Marie Le Lay, la richesse s'accumule dans les banques, chez les marchands d'engrais, de tracteurs, de semences, de pesticides, de nourriture industrielle . Quelques gros exploitants en profitent aussi, histoire de faire rêver les autres, plus petits, qui n'en profiteront jamais ».

Sur le long terme, le revenu des éleveurs de porcs aurait baissé de 1,5% entre 1990 et 2006.

 

Dans La Terre, Thierry Thomas, éleveur de porc costarmoricain, témoigne: « Dans les années 90, on (les éleveurs) avait du cochon à 13 francs le kilo, ça fait 2 euros. On est payé 1,35 euros, en ce moment, et il y a de la casse, il y a moins de gens qui sont producteurs de porc. Les gens ont été acculés à avoir comme seul réponse non pas des prix rémunérateurs, mais des résultats techniques qui leur permettaient de faire baisser leurs coûts de production. Mais les gains de productivité énormes qu'on a réalisés ont été captés par les industries agro-alimentaires et la distribution: on le voit bien, ça n'a pas permis aux paysans de vivre mieux de ce métier, et le consommateur n'a pas vu le prix de la viande baisser, au contraire je crois qu'il l'a toujours vu augmenter... Entre 10 et 15% des éleveurs sont en grosses difficultés financières. 85% surnagent, et certains gagnent leur croûte, il y a de gros écarts de coût de production entre éleveurs. Selon que l'on soit jeune installé avec de gros prêts sur le dos ou que l'on soit en fin de carrière, on n'a pas du tout la même perception du prix payé ».

 

Il faut en finir avec ce modèle, ce soutien inconditionnel des pouvoirs publics à l'élevage intensif, pour toujours plus d'extensions d'élevage, moins de normes contraignantes sur l'épandage du lisier.

 

Le Front de Gauche plaide lui pour un nouveau modèle agricole et « un plan de transition écologique de l'agriculture en vue de faire de l'agriculture française un modèle d'agriculture de qualité , sans OGM, largement autonome en ressources non renouvelables, relocalisée, participant à la santé publique des consomateurs et contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique. Aides publiques, recherche agronomique, conseil technique, politique de crédit et enseignement agricole seront repensés en fonction de cet objectif ». (p.50 du Programme partagé: l'humain d'abord). « Nous stopperons et inverserons le processus de concentration de l'agriculture et recréerons des emplois en agriculture » à travers une juste rémunération du travail agricole (prix minimus aux producteurs), « le soutien à l'installation des jeunes agriculteurs et la consolidation des petites exploitations, le soutien aux filières alternatives labellisées, vivrières, courtes, de proximité, biologiques et reposant sur une juste rémunération pour permettre au plus grand nombre de bénéficier d'une alimentation de qualité ».(p.51). « Les marges de manoeuvre nationales pour l'utilisation des aides Pac seront pleinement utilisées pour favoriser l'agriculture paysanne, l'emploi, et la transition écologique de l'agriculture. Au niveau européen, nous agirons pour l'adoption d'une politique agricole commune cohérente, avec l'objectif de souveraineté alimentaire, centrant la production sur la réponse aux besoins du marché intérieur plutôt qu'aux échanges sur le marché international sur la base du moins-disant social et environnemental. L'Europe, par une juste répartition de la valeur ajoutée entre producteurs, industries agro-alimentaires et grande distribution, doit garantir l'accès de tous les consommateurs à une alimentation de qualité ».   

 

Ismaël Dupont.

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