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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:34

Alors que, contexte de campagne électoral aidant, les responsables les moins droitiers au bureau national du PS ont obtenu que le groupe parlementaire à l'Assemblée ne ratifie pas le Mécanisme Européen de Stabilité qui prévoit la règle d'or, l'austérité, la baisse du "coût du travail" et la mise sous tutelle des Parlements européens, en laissant aux députés PS le choix de voter contre ou de s'abstenir, Francis Wurtz révèle dans l'Humanité quelle fut la position tout à fait contraire des groupes Verts et PS au Parlement Européen. De quoi mettre en doute la sincérité du positionnement de circonstance du PS qui traduit, fécilitons-nous en tout du moins, une certaine crainte des conséquences néfastes pour ses intérêts que pourrait avoir, grâce à la force et à la résonnance de la campagne d'éducation populaire du Front de Gauche, une nouvelle confiscation de la souveraineté du peuple au profit d'un autoritarisme libéral s'exerçant au niveau européen de manière plus brutale que jamais depuis 2 ans.

 

Francis Wurtz dans l'Humanité du 16 février 2012:

 

L’Europe est décidément un élixir de vérité sur les grands choix stratégiques des différentes familles politiques.La dernière illustration spectaculaire de cette évidence date du 2 février dernier.

Ce jour-là, le Parlement européen était appelé à se prononcer (informellement car il s’agit d’un traité intergouvernemental) sur le projet de traité cher à Angela Merckel et à Nicolas Sarkozy et visant à instituer une “règle d’or” contraignant durablement les gouvernements à respecter une sévère “discipline budgétaire” sous peine de se voir infliger des “sanctions automatiques”.

Dans ce cas,chaque groupe politique prépare en principe son propre projet de résolution exprimant sa position sur le sujet,avant de négocier,le cas échéant, un texte de compromis avec certains autres groupes ( aux positions compatibles avec les siennes) pour tenter d’obtenir une majorité des votes.Rien de tel ne s’est produit cette-fois-ci.

Incroyable mais vrai: le Parti Populaire Européen (PPE où siège l’UMP);les Libéraux (où siège le MODEM); le groupe des ” Socialistes et des Démocrates”; et le groupe des Verts ont fait cause commune en présentant d’emblée une résolution unique! Elle l’emporta évidemment,par 443 voix contre 124 et 75 abstentions. On y cherchera vainement,et pour cause, la moindre critique de fond de ce traité,qu’il s’agisse de son essence-même (l’abandon de toute ambition sociale et la pérénisation d’une politique d’austérité) ou des moyens prévus pour remplir ses “missions”(en particulier la violation d’un principe démocratique fondamental,en retirant aux parlements nationaux leur droit souverain de maîtriser le budget ).

Les quatre groupes en question tiennent même à mettre en exergue des “améliorations par rapport au texte initial” tel que “l’ajoût d’une référence aux objectifs (du traité) que représentent la croissance durable,l’emploi,la compétitivité et la cohésion sociale”(!) Ils n’hésitent pas non plus à rendre hommage au Conseil européen des Chefs d’Etat et de gouvernement pour avoir reconnu qu’il fallait “renforcer la solidarité”. Le seul “regret” explicitement exprimé est qu’il ne soit pas tenu compte…de la demande du Parlement européen que son président participe pleinement aux réunions informelles des sommets de la zone euro. On croit rêver.

Oui,vous avez bien lu:telle est la substance de la position commune du PPE,des Libéraux,des Socialistes et des Verts au Parlement européen sur le traité Merkozy! Courageux mais pas téméraires, la plupart des députés socialistes et verts français (campagne électorale oblige) se sont abstenus sur le texte co-signé par leur groupe.

Le seul texte alternatif fut celui de notre groupe de la “Gauche unitaire européenne” (GUE-NGL): celui-ci a rappelé les causes profondes de la crise; fustigé les gouvernements qui “ont accepté les diktats des marchés financiers”;souligné la “crise de légitimité” de l’Union européenne actuelle;”rejetté le traité” après en avoir décrypté les ressorts; réclamé une série de mesures fortes et notamment une refonte des missions de la Banque centrale européenne et le “contrôle public des banques”; et exigé des consultations populaires par voie de référendum sur le traité en question. Une fois encore,le groupe GUE a sauvé l’honneur de la gauche au Parlement européen.Sa composante française s’appelle le “Front de Gauche.”

 

 

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 14:41

JEUDI 1er Mars, à 20H30 à la MJC: deuxième réunion du collectif citoyen pour un audit de la dette publique (ouverte à tous).  

 

 

  reunion-du-collectif-de-la-dette-1er-mars.jpg

 

 

 

Le 9 février, une réunion a eu lieu à l'initiative d'Attac et dans le prolongement de la conférence sur la dette de l'économiste Plihon pour créer sur Morlaix un collectif citoyen pour un audit de la dette.

18 personnes étaient présentes, citoyens engagés et curieux, membres d'Attac, du Front de Gauche (5 personnes au moins), de Sud, d'EELV (1 personne). 

Des visions différentes du rôle du collectif en devenir et du problème de la dette (s'agit-il d'une question avant tout technique ou politique?) se sont exprimées. 

J'ai mis en avant le rôle de la décision politique de financement des Etats auprès des banques privées (73 en France), de la dérégulation financière et de politiques fiscales néo-libérales des années 1980-2000 dans l'élargissement de la dette publique, mais aussi la cause profondes de la crise financière de 2008: une pression sur les salaires depuis deux decennies (grâce au chantage au chômage et à la compétition internationale) ayant pour contrepartie une envolée des inégalités favorisant l'essor des profits et des bulles spéculatives et l'encouragement à l'endettement privé. 

Alain David a souligné que la dette était non seulement une réalité qui avait des origines mais aussi un outil, un argument pour foutre la trouille aux gens. Toute la population est confrontée à ce chantage. 

Paul Salaün a mis en avant la nécessité de s'interroger sur l'expérience des pays qui ont choisi de ne pas payer leur dette en considérant toute une partie de celle-ci comme illégitime. Un des rôles de l'audit peut être de définir une part de la dette illégitime, une part de la dette légitime, que l'on devra rembourser.

Certains intervenants ont remarqué qu'il était nécessaire de rappeler que toute dette n'était pas dangereuse, particulièrement quand il s'agit d'investissements dont les retombées positives se font sentir des années plus tard (santé, éducation, investissements écologiques).

Jacques Normand a fait part de la nécessité de prendre conscience des pré-notions qu'il y a dans la tête des gens sur la malhonnêteté et la déraison d'un non-remboursement de la dette, et de les combattre par des arguments appropriés et accessibles. La dette est en effet un outil de subordination et d'aliénation dans le contexte actuel.

Michel Le Saint a rappelé que le meilleur moyen de tuer la dette publique et privée, c'était l'inflation: à ce titre, l'inflation n'était pas le problème mais la solution. Or, depuis Maastricht, les politiques économiques et sociales préconisées par l'UE sont toutes dominées par le souci de lutter contre l'inflation.

J'ai alors souligné avec d'autres que seule une réforme des statuts de la BCE pouvait limiter la spirale actuelle d'élévation des taux d'intérêt pour les Etats à supposer que l'on permette à la BCE de prêter directement aux Etats à des taux d'intérêt très bas et non de prêter aux banques qui prêtent ensuite aux Etats après avoir réalisé des ponctions scandaleuses.

Tous ont mis en avant la nécessité:  

1) d'enquêter sur le contenu de la dette publique (qu'est-ce qu'elle recouvre? qui la détient? quel profit en tire t-on? quels sont les différents types d'emprunt, à court et long terme?), y compris à travers des exemples particuliers (l'hôpital de Morlaix, les crédits toxiques contractés par des collectivités, le budget de la défense, la SNCF).

2) d'analyser avec des données chiffrées précises les causes de la dette publique: comment en est-on arrivé là?

3) quelles solutions que nous proposons pour réduire la dette publique, être moins dépendants du chantage des marchés et des agences de notations?

4) de réfléchir aux moyens de faire oeuvre d'éducation populaire et de sensibiliser la population. 

Compte-rendu d'Ismaël Dupont.     

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 14:37

ouest-france-le-PCF-et-le-Front-de-Gauche--18-fevrier.jpg

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:00
Vinci fait courir les autoroutes

Il y a aujourd’hui quelques 8.600 km d’autoroutes en France, soit l’équivalent de la distance de Paris à Bogota ! Et le nouveau Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT) prévoit d’en rajouter 879 km. Dans les réseaux militants, on s’exaspère, on peste et on se désole. Car on est bien loin, une fois de plus, des engagements du Grenelle en matière de report de la route vers le rail1, de réduction de 20% des émissions de CO2 dans les transports2, de préservation des espaces naturels et d’aménagement du territoire, sans parler d’anticipation du pic pétrolier… Alors qu’est ce qui fait courir les autoroutes ? Par Corinne Morel Darleux pour le Sarkophage.

Le fric ! Les autoroutes en France sont majoritairement gérées par trois groupes privés : Vinci, Eiffage et l’espagnol Abertis. C’est le gouvernement de Villepin qui a conclu l’opération de bradage en 2006, contre l’avis de la majorité des Français. Résultat, alors que les investissements de départ ont été pris en charge par les contribuables, ce sont aujourd’hui les multinationales qui ramassent la mise. Sans compter que plus de 95% de leur chiffre d’affaires provient des péages, c’est à dire de nos poches. Recettes estimées en 2007 : 7,4 milliards d’euros ! Résumons : nous payons pour utiliser des autoroutes que nous avons contribué à financer par nos impôts et dont les recettes alimentent les profits des grandes entreprises. Bien joué.

On perd sur tous les tableaux. Et les travailleurs aussi. La privatisation, comme d’habitude, s’est accompagnée de dégradation des conditions de travail et de pertes d’emplois : 16.500 agents en 2009 contre 17.359 en 2006, soit une baisse de 5% en 3 ans. Les mouvements sociaux se multiplient, comme chez ASF et Cofiroute en décembre 2009, les premiers depuis la privatisation. Les salariés protestent contre la baisse des effectifs et de la sécurité, la détérioration du service aux usagers, et réclament des augmentations de salaire au regard des bénéfices engrangés. Argent public confisqué, détérioration des conditions de travail, course aux profits… Qu’à cela ne tienne, les nouveaux tronçons sont désormais envisagés directement en concession privée, Castres-Toulouse par exemple.

Las, pour les intérêts capitalistes, rien n’est jamais assez. Alors le Ministre Borloo, en janvier 2010, décide de faire un cadeau supplémentaire aux gourmands appêtits : un an de concession gratuite, en échange d’investissements dits écologiques, qui auraient été réalisés de toute manière: « l’éco-rénovation des aires de repos, inspirée de la HQE » ou le « péage sans arrêt », censé faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, qui sert surtout à faire passer plus de voitures et ainsi augmenter encore les recettes des péages.

Et tout ceci se fait dans dans l’opacité la plus totale. L’augmentation moyenne des péages depuis la privatisation se situerait entre 0,9 et 2,5 %, trouver les chiffres officiels s’apparente à un vrai parcours du combattant. Cette opacité a d’ailleurs été dénoncée par la Cour des Comptes, peu suspecte d’activisme écolo-radical, en 2008. Son rapport dénonce l’absence de lien entre coûts et tarifs, qui sont judicieusement indexés sur l’inflation. Il note des écarts de prix kilométriques « incompréhensibles », d’un rapport de 1 à 14, les concessionnaires rusant avec la hausse globale moyenne convenue avec l’État en sur-augmentant les tarifs des sections les plus fréquentées. C’est ainsi que leur chiffre d’affaires péages augmente plus vite que le trafic. Très fort. Les recommandations de la Cour des Comptes n’ont eu aucun effet à ce jour.

Non contents de nous faire raquer aux péages (alors que ceux ci, rappelons le, ne sont pas censés générer des profits, mais uniquement couvrir les frais d’entretien et les investissements du réseau) les exploitants d’autoroutes ont aussi trouvé le moyen de faire de nous des consommateurs captifs de stations service aux prix abusifs.

Captifs, nous le sommes dès que nous rentrons sur l’autoroute. Ou plutôt captés. La CNIL a en effet autorisé cet été ASF, filiale de Vinci, à utiliser un « dispositif de lecture et de reconnaissance automatisées des plaques minéralogiques ». Le système LAPI (lecture automatisée de plaques d’immatriculation) a initialement été mis au point pour le repérage des véhicules volés ou suspects dans le cadre de la loi de lutte contre le terrorisme du 23 juillet 2006. Son plus gros fabricant n’est autre que Sagem Defense Securité, du groupe Safran, expert de l’identification biométrique et des cartes à puces, qui fournit également les radars fixes. « PG-2675-CM », vous roulez trop vite ! ». Le paiement par carte et le « péage en flux libre » permettaient déjà de nous suivre à la trace, les caméras de nous vidéosurveiller, voilà maintenant que ce « système de contrôle pédagogique des vitesses » nous envoie des messages personnalisés. Comble du green washing, le dispositif est présenté comme un moyen de « favoriser l’écoconduite » ! Et si on interdisait plutôt aux fabricants de produire des voitures pouvant rouler à 200 ? Si on réduisait plutôt la vitesse de 10 km/h, comme sur les autoroutes non concédées de Lorraine, au Danemark et en Suède ? Non, on préfère nous fliquer un peu plus sous couvert d’écologie.

En 2006, la privatisation a rapporté 14,8 milliards d’euros à l’Etat. D’ici à 2032, durée de la concession, ces sociétés devraient engranger 40 milliards de bénéfices. L’argent ainsi confisqué, 25 milliards d’euros, c’est précisément le coût estimé des JO de 2014 à Sotchi, en Russie. Quel rapport ? Eh bien c’est aussi en Russie, à Khimki, que se mène la bataille contre un projet d’autoroute confié à… Vinci !

Comme si les incendies de cet été ne suffisaient pas, ce sont 140 hectares de forêt qui sont maintenant destinés au béton pour une déviation Moscou – Saint Petersbourg permettant de desservir l’aéroport Sheremetyevo. Un joli projet de partenariat public-privé, le premier d’une telle ampleur en Russie, avec des gens très sérieux comme la BERD (banque européenne pour la reconstruction et de le développement) ou la BEI (banque européenne d’investissement). Et Vinci, donc. Voilà qui méritait bien un petit coup de pouce des autorités. C’est Poutine lui même qui a signé le reclassement de la forêt de Khimki en terrain reconstructible. Initialement porté par des militants écologistes autour d’un tracé alternatif, le combat a quitté le terrain environnemental pour virer au champ d’affrontement. En deux ans de lutte pour la défense de la forêt de Khimki, les habitants n’ont jamais été consultés. Mais invités à se taire, oui ! Incendies de maison et accidents suspects, envoi de militants néonazis pour casser de l’écolo… Deux porte-parole du mouvement antifasciste et anarchiste, Alexey Gaskarov et Maxim Solopov, ont été arrêtés et retenus en préventive pendant plus de deux mois, risquant sept ans de prison. Grâce aux actions de soutien qui se sont tenues dans 35 villes de 12 pays, Maxim Solopov a été remis en liberté provisoire et le cas d’Alexey Gaskarov doit être réexaminé avant le 27 octobre.

Mais de tout ceci, Vinci se lave les mains, expliquant à l’AFP que « le tracé a été décidé et reste du ressort des autorités russes ». A la clé pour le groupe : 1,8 milliard d’euros, et une manne de près de 700 millions d’euros de péage par an.

Plus près de nous, et dans un autre registre de l’arène politique, les quelques 22 projets de nouveaux tronçons dénoncés par le Réseau « Stop-Autoroutes » seront au coeur des élections cantonales de 2011. Rien ne pourra en effet se faire sans la participation des collectivités territoriales. On se souvient de la manière dont la Région Pays de la Loire a avalisé le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, avec la bénédiction du Département, et au mépris des arguments des opposants, élus locaux et habitants. En le confiant à Vinci ! Et comme si cela ne suffisait pas, Réseaux Ferrés de France offre également à Vinci la concession exclusive de la nouvelle ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux pour 2016. C’est la première ligne ferroviaire confiée à un groupe privé en France. C’est ainsi que bientôt, que vous preniez le train, la voiture ou l’avion, vous contribuerez aux 833.334 euros de revenu mensuel de Xavier Huillard… 41.000 euros jour tout de même.

Lieux de pouvoirs et de collusions, mais aussi de luttes écologiques et sociales, les autoroutes méritent bien qu’on y mette notre grain de sel. Elles représentent un enjeu stratégique pour la collectivité, à la fois en termes de ressources financières et de planification écologique.

Elles pourraient, sous maîtrise publique et citoyenne, devenir un levier important de notre projet de transformation écologique et sociale. Alors comme pour l’eau, l’énergie et le rail, défendons le retour en exploitation publique des autoroutes nationales ! Pour revoir les conditions de travail, le niveau de sécurité et les règles de fixation des tarifs. Au lieu d’alimenter les caisses des grandes multinationales, les droits de péage pourraient être réinvestis de manière volontariste vers des investissements publics et la création d’emplois dans les transports collectifs, la navigation fluviale, le frêt ferroviaire, et les modes doux de déplacement. Et un coup d’arrêt pourrait être porté au productivisme autoroutier.

Les autoroutes sont à nous. Reprenons le contrôle de ce qui nous appartient !

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 07:22

Etat des lieux

 

Dans le Finistère aujourd'hui, 80.000 personnes ont plus de 75 ans (9% de la population contre 7,9% en France) et 220.000 personnes ont plus de 60 ans (chiffre qui pourrait être augmenté de 40% d'ici 2030 selon l'INSEE).

En France, à l'horizon des années 2030-2035, ce sont 30% de la population qui auront plus de 60 ans. D'ici 2030, il y aura probablement 8 millions de personnes âgées de plus de 75 ans en France (les plus de 75 ans sont aujourd'hui 5 millions). Dans le même temps, les experts prévoient 1,2 millions de personnes âgées dépendantes en 2040 contre 800.000 en 2000.  

Selon le rapport Fragornard remis à Roselyne Bachelot il y a un an, on consacre à la dépendance en France entre 27 et 34 milliards d'euros, dont 70% d'argent public. La Sécurité Sociale contribue à 60% de ces dépenses publiques. L'assurance-maladie est le principal intervenant (14,5 milliards) : elle prend en charge les soins de ville et hospitaliers, ainsi que les établissements d'hébergement spécifiques. Les départements et les communes contribuent à hauteur de 5 milliards en 2010. Les départements prennent en charge l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) dont le montant dépend des besoins, du degré de dépendance (GIR 1 à 4), du type de prise en charge (à domicile ou en établissement) et des revenus du bénéficiaire; et l'aide sociale à l'hébergement (ASH), qui prend en charge, sous conditions de ressources, l'hébergement en établissement -récupérable sur succession- et l'aide à domicile. Les communes participent de leur côté à des actions locales de maintien à domicile.

 

Evaluation un peu différente selon le PCF: la perte d'autonomie totale ou partielle renvoie à 3 situations distinctes: grand âge (1,3 millions de personnes), handicap (700000) et invalidité (600000). 22 milliards d'argent public ont été consacrés à la "dépendance" en 2010, soit 1,1% du PIB.

 

Le besoin de financement nouveau à l'horizon 2025 ne devrait représenter qu'un point du PIB, soit une dépense somme toute peu importante à laquelle on peut très bien faire face sans destructurer la protection sociale.       

 

Selon le rapport Charpin, remis au même ministre Bachelot, pour accompagner le nombre de personnes dépendantes, qui pourrait passer de 1,115 million début 2010 à 2,3 millions en 2060, il faudra trouver 10 milliards d'euros de financement supplémentaire par an. Roselyne Bachelot avait quant à elle fait état d'un besoin de 2,3 milliards d'euros par an à l'horizon 2025 pour accompagner cette évolution démographique "à modèle social constant".    A titre indicatif, ces 2 milliards par an correspondent au coût social de la réforme de l'ISF voulue par la droite en 2011.

 

220 000: c'est le nombre de salariés employés par l'ensemble des associations fournissant des aides à domicile. 150000 d'entre eux sont qualifiés. Du fait de difficultés financières dans ce secteur (désengagement de l'Etat, besoins accrus de formation), environ 20000 postes ont été supprimés en 2010 et 2011. Dans le Finistère, 6500 personnes sont employées dans les 137 structures d'accueuil pour personnes âgées et 2250 personnes sont employées dans le secteur de l'aide à domicile. Aujourd'hui, 50% du personnel de l'ADMR bénéficierait d'une formation contre 15% seulement en 2002.

 

La flexibilité, la précarité, le manque de formation, les bas salaires, sont encore des problèmes réels et criants dans le secteur de l'aide à domicile. Il y a quelques mois, Ghislaine Noisette, représentante de l'intersyndicale (CFTC, CGT, Sud) de l'aide à domicile en milieu rural en Loire-Atlantiqu, était ainsi interrogée par Ouest France: "L'aide à domicile, c'est une majorité de temps partiels non choisis: 416 euros nets, par exemple, pour 60h de travail, 890 € pour 120h. Insuffisant. Alors les femmes peuvent aussi conduire des bus scolaires, travailler à la cantine, faire des ménages pour les particuliers. C'est un métier dur, fatigant. Les femmes lèvent, couchent, font la petite toilette, préparent les repas de personnes âgées parfois désorientées". "Dans le réseau ADMR, les déplacements, entre 30 et 40 km par jour, étaient totalement remboursés. Une partie restera à la charge des aides à domicile et travailleuses familiales (du fait de la nouvelle convention des 100.000 salariés du réseau ADMR). C'est une perte annuelle de plusieurs centaines d'euros. On nous rabiote des jours d'ancienneté et des journées pour enfants malades. On nous impose une mutuelle, coûteuse au regard des petits revenus".   

 

Fin 2010, il y avait 1, 2 million de personnes bénéficiant de l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie): 744000 d'entre eux reçoivaient une aide à domicile. Dans le Finistère, 58% des bénéficiaires de l'APA demeurent chez eux, d'où le besoin d'un grand nombre d'aidants.

 

On estime à 1500€ par mois en moyenne le montant ("reste à charge" après aides et financement public) que doivent assurer les personnes en perte d'autonomie ou leurs proches. 

 

La prise en charge publique couvre 95% des dépenses de soin, 83% de la perte d'autonomie (via l'APA) pour ce qui est de l'aide à domicile, mais seulement 30% des dépenses liées à l'hebergement, l'aide sociale à l'hébergement (ASH) n'étant versée par les départements qu'à des personnes à très faibles ressources. Ce qui explique que le maintien à domicile reste bien moins cher que le placement en établissement.

 

Pour les personnes atteintes d'Alzheimer, le reste à charge pour un maintien à domicile est de 570€, pour un placement en établissement de 2300€.  

 

Les maisons de retraite coûtent en moyenne 2200 € par mois tandis que le niveau de retraite moyen se situe à 1200 € par mois. L'inspection générale des Affaires Sociales (IGAS) estime que "le montant mensuel de 1500€ constitue une sorte de minimum incompressible en établissement" tandis que les prix les plus élevés enregistrés correspondent à une dépense mensuelle de 5000€" (La Croix, 18 avril 2011).

 

Il y a une vraie différence entre les établissements privés commerciaux, qui représentent 20% de l'offre, et dont les tarifs sont libres, et les établissements publics ou associatifs, dont les tarifs sont fixés par les conseils généraux.    

 

Les propositions de la CGT en matière d'aide à l'autonomie 

 

La perte d'autonomie est une altération de la santé, non un état générationnel inéluctable.

 

La CGT récuse le terme de dépendance des personnes âgées et parle d'aide à l'autonomie; il n'y a pas lieu pour elle de faire de distinction entre les personnes en situation de "handicap" - jusqu'à 60 ans- et les personnes "dépendantes" - plus de 60 ans. C'est pourtant ce qui existe aujourd'hui, permettant un financement bien moindre pour les personnes âgées.  

 

Tout d'abord, la CGT note qu'il n'y a pas de fatalité à la perte d'autonomie à partir d'un certain âge: cela dépend d'une trajectoire de vie, de conditions de vie et de travail, d'une ou de plusieurs maladies. Par exemple, le risque de perte d'autonomie sévère lors de la vieillesse concerne 5,4% des ouvriers et seulement 2,2% des cadres et professions intellectuelles. Cela montre que l'importance de la perte d'autonomie dans la société peut dépendre aussi de luttes menées pour la santé au travail, contre les inégalités sociales. C'est pourquoi la CGT revendique une politique de santé publique et de prévention tout au long de la vie avec notamment la création de véritables services de santé au travail et d'un suivi post-professionnel.  

 

L'enjeu de l'aide à l'autonomie doit être traité à un niveau très global impliquant la politique de la ville, une réflexion sur l'accessibilité des transports, des logements, des services, la mixité générationnelle de l'habitat.

 

Comme l'aide à l'autonomie est liée à la santé, la CGT propose de créer un nouveau droit social à "l'autonomie" (et donc à la compensation de la perte d'autonomie) dans le cadre de l'Assurance Maladie. Le portage des repas à domicile, par exemple, n'est pas du soin, mais des difficultés à se nourrir peuvent conduire à la dénutrition, la déshydradation, l'hospitalisation: c'est donc bien une histoire de santé.

La CGT est opposée à la création d'une "cinquième branche" de la Sécurité Sociale ou de la protection sociale avec un mode de financement spécifique qui ferait des personnes dépendantes une population à part et qui enfoncerait surtout un coin dans le modèle de financement par cotisations obligatoires de la Sécurité Sociale. Pour la CGT, la protection sociale solidaire doit permettre à toutes et tous de vivre dans les meilleures conditions du début à la fin de vie et ceci pour l'ensemble des générations.

 

La centrale de Montreuil propose la création d'un grand service public de l'aide à l'autonomie, tant à domicile qu'en établissement, en partenariat avec le secteur associatif et à but non lucratif, sur la base d'un cahier des charges fixant les obligations de service public. Pour les familles, le financement de ces services releverait essentiellement de la Sécurité Sociale, ce qui impliquerait une augmentation des cotisations et donc d'une certaine manière une définanciarisation supplémentaire de l'économie.

 

Sur la question de l'aide à la personne, la CGT propose de coordonner au niveau départemental le médico-social et le social, en créant des Groupements de coopération sociale et médico-sociale associant des professionnels de statuts différents et ouvrant de nouvelles synergies entre l'aide à domicile, le secteur de la santé, les hôpitaux, les maisons de retraite. Elle est aussi favorable à une professionnalisation de l'aide à domicile pour améliorer les conditions de travail, que les salariés puissent bénéficier d'un déroulement de carrière dans une structure qui permette d'avoir des droits sociaux respectés, des délégués du personnel et des comités d'entreprise. Elle privilégie le service public dans le cadre inter-communal et départemental sur la multiplicité d'associations de petites tailles gérées par des bénévoles (cf. réseau ADMR), ce qui renforce l'opacité et rend les conditions de qualification, de formation et de rémunération du personnel moins bonnes.   

 

La CGT propose aussi que, sur le court terme, les Conseils Généraux aient la maîtrise totale des dispositifs qu'ils financent (APA, aide à l'autonomie) et contrôlent davantage les associations chargées de l'aide à domicile. Actuellement, le Conseil Général du Finistère n'exerce aucun contrôle sur le fonctionnement interne de l'ADMR, ne participe pas au CA alors qu'il pourrait le faire.

 

Les maisons de retraite médicalisées devraient s'inscrire dans la proximité (ne pas sortir les personnes âgées de leur cadre de vie), le financement des infrastructures devrait relever des pouvoirs publics, comme l'hôpital, l'école ou les institutions sportives, sur la base de critères définissant ce qui relève du public et du privé. Il n'est pas acceptable de déléguer au secteur privé lucratif la construction et la gestion des établissements médicalisés comme les EHPAD.  

 

La CGT réclame un plan d'embauche conséquent dans les établissements pour personnes agées dans les résidences: actuellement, un ratio de 0,3 à 0,4 agent par résident, ce qui est la moyenne en France, se traduit par:

° 10 mn pour aider une personne à se laver, s'habiller, s'installer pour le petit déjeuner.

° 8 mn pour l'aider à prendre son repas

° 0 mn pour prendre le temps de l'écouter vraiment, l'accompagner dans son projet de vie.

En Allemagne, le ratio de personnel est de 0,8; en Belgique de 1 professionnel par résident, en Suisse de 1,2.

 

Le manque de personnels dans les structures d'accueil mais aussi dans le secteur de l'aide à domicile crée une véritable maltraitance institutionnelle.

 

Pour le financement des maisons de retraite, la CGT propose qu'il soit essentiellement du ressort de la solidarité nationale et non des familles pour lesquelles le reste à charge est très élevé actuellement, et soit assuré par une fiscalité sur le patrimoine plus importante, notamment un impôt sur les successions accru. CF Vie nouvelle n°60, décembre 2010.

 

Le PCF et Front de Gauche proposent...

 

Pour nous aussi, les mots ont un sens. Nicolas Sarkozy parle de dépendance comme si les personnes âgées concernées, les invalides et les handicapés, ne constituaient qu'une charge financière. Ce n'est pas la dignité à laquelle ces hommes et femmes prétendent justement. Nous préferons parler d'autonomie. Il s'agit non pas seulement d'indemniser les personnes ou d'accompagner leur trajectoire de vie, mais aussi et surtout de créer les conditions économiques et sociales de leur autonomie tout au long de la vie.

 

Une partie de la contribution financière que nous voulons créer sur les revenus financiers des entreprises, des banques, des assurances ainsi que des ménages les plus riches, sera affectée à la perte d'autonomie. Cette contribution aurait permis de dégager sur les profits de 2009 40 milliards pour l'assurance maladie.  Le PCF est clairement opposé aux mesures qui ont été proposées par la droite pour financer l'aide à l'autonomie: assurance privée obligatoire, second jour de travail gratuit, augmentation de la CSG des retraités. 

Nous défendons le principe d'un financement solidaire dans la sécurité sociale qui implique des cotisations patronales et donc une limitation des profits réalisés grâce à la plus-value effectuée sur le travail, et qui permet en outre que chacun cotise à mesure de ses moyens et reçoive selon ses besoins, ainsi qu'un financement public par l'impôt.  

Dans le programme partagé du Front de Gauche, il est aussi prévu que "les réponses au manque d'autonomie seront prises en charge par la Sécurité Sociale à 100% pour la partie "soins" et par le développement des services publics". Nous militons pour la création de pôles départementaux de l'autonomie financés nationalement, adossés à des services publics pour la formation, l'accueil, la gestion de l'aide à domicile, qui coordonnent et regulent les activités associatives et publiques de prise en charge des personnes en perte d'autonomie.

 

La solidarité nationale, basée sur le principe non-capitaliste de la contribution proportionnelle aux moyens et du service proportionnel aux besoins, doit être préférée pour nous à toute fausse solution par un appel accru à la solidarité familiale. CF. Darcos, Ministre du travail, de la solidarité et de la famille en mars 2010: "Nous devons renforcer la solidarité familiale. C'est je crois, la première et la plus naturelle des solidarités".

 

Quoiqu'il en soit, il faudra aussi à tout prix éviter le recours massif à l'assurance privée pour financer les coûts de la perte d'autonomie. Or, l'idée de la droite était de créer une assurance dépendance obligatoire (comme l'assurance auto ou habitation). En 2010, 5,5 millions de personnes étaient déjà couvertes par un contrat incluant le risque dépendance, soit 538 millions de cotisations, pour 166 millions de prestations reservées aux bénéficiaires. Le secteur assurentiel est un jackpot et aimerait faire main basse sur le financement de la perte d'autonomie pour le plus grand profit des actionnaires et pour le plus grand préjudice de l'économie productive, prise dans la tourmente du fait du poids de l'économie financière: pour nous, il est hors de question de laisser ces choses se faire.    

 

p 19 du Programme partagé du Front de Gauche, l'Humain d'abord: " La perte d'autonomie (que la droite nomme dépendance) sera couverte dans le cadre de la protection sociale sans recours aux assureurs privés. Et nous favoriserons au niveau départemental, la création de pôles publics de "l'autonomie".

 

Bien d'autres mesures de notre programme pourront faciliter la vie des vieux en perte d'autonomie et de leurs familles: la volonté d'appliquer le principe selon lequel aucun salarié ne touchera une retraite inférieur au SMIC, les mesures pour augmenter les cotisations patronales des grandes entreprises et la taxation des revenus financiers qui permettront d'augmenter les recettes de l'Assurance Maladie, les mesures en faveur de l'offre de transport public, de la baisse des budgets logement, de la suppression des franchises médicales, des déremboursements de médicaments, la fin de la tarification à l'activité à l'hôpital et la réorientation de la réforme hospitalière en général, le soutien public à la préservation d'une égalité de l'offre médicale sur tous les territoires, l'élévation des qualifications et des embauches dans le service public de la santé afin de mieux répondre aux besoins d'encadrement des citoyens.

 

L'affirmation de ces principes dans le programme du Front de Gauche doit être complétée par une réflexion avec les citoyens, les usagers et les professionnels, sur leur mise en oeuvre concrète et la prise en charge globale du problème de la perte d'autonomie: c'est ce à quoi s'emploie un comité local pour approfondir le projet du Front de Gauche sur cette question qui s'est créé en Bretagne en janvier dernier. C'est aussi ce sur quoi nous allons plancher dans la rencontre-débat de ce samedi 18 février à Plouigneau à 15h, à partir des interventions d'Alain David et de Christiane Caro.         

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 07:43

Lettre ouverte à nos parlementaires, Marylise Lebranchu et Jean-Luc Fichet: question citoyenne par rapport au vote de ratification du nouveau traité européen du Mécanisme Européen de Stabilité (MES).

 

Dès le 21 février prochain, vous allez devoir vous prononcer sur la ratification ou non du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l'union économique et monétaire (TSCG). Ces traités conçus par le tandem Sarkozy-Merkel, aux noms barbares bien faits pour que les citoyens ne comprennent pas la chose, constituent un pas supplémentaire dans la mise sous tutelle des démocraties européennes par la troïka Commission Européenne, BCE, FMI et dans l'imposition à tous les peuples européens d'une même politique d'austérité, de réduction des dépenses publiques et sociales.

Parce que ces traités ne sont pas soumis à l'approbation des populations et aggravent les dispositions libérales du Traité de Lisbonne, dont le contenu avait été pourtant rejeté par 55% de français en 2005, parce qu'ils vident de contenu la souveraineté des peuples européens en matière de définition des politiques économiques et sociales et qu'ils permettent la démolition systématique des acquis sociaux de la deuxième moitié du XXème siècle, le collectif citoyen du Front de Gauche de la circonscription de Morlaix vous demande solennellement de ne pas les ratifier à l'Assemblée et au Sénat.

Un éventuel appel à un rassemblement des électeurs de gauche au deuxième tour des élections présidentielles et législatives pourra difficilement se faire sur la base d'un consentement à la règle d'or, à l'indépendance de la Banque Centrale Européenne et au refus qu'elle refinance directement les Etats, ou à l'organisation de purges sociales dans les pays dont le fort endettement public n'est pas dû à un excès de dépenses sociales, mais au poids des réductions fiscales pour les plus riches, les entreprises, et la finance, et aux ravages du capitalisme financier.

Sous couvert de mettre en place une solidarité entre Etats membres de la zone euro, ces traités protègent surtout les intérêts des banques et des fonds d'investissement qui ont spéculé sur la dette publique. Comment mener une politique de gauche en respectant la fameuse règle d'or limitant le déficit annuel de chaque Etat à 0,5% du PIB? Nous ne parvenons déjà pas à faire descendre ce déficit en-deça de 3% du PIB, la règle imposée par le Traité de Maastricht. La seule façon de parvenir à cet objectif dément serait d'imposer à notre pays la même politique d'hyper-austérité contre-productive économiquement, illégitime moralement et désastreuse socialement qu'on inflige aujourd'hui à la Grèce, au Portugal, à l'Espagne et à l'Italie.

En tant que représentants du Front de Gauche et par là-même soucieux de l'intérêt général  nous ne pouvons accepter cette orientation politique, et nous vous demandons donc de ne pas soutenir ce texte lorsqu'il sera soumis aux parlementaires le 21 février prochain.

 

Le collectif citoyen du Front de Gauche de la circonscription de Morlaix.

 

 

 

PS: à ce jour - dimanche 19 février- le Télégramme et le Ouest France n'ont toujours pas publié ou fait part de cette lettre ouverte envoyée à leur redaction locale le jeudi 16 février et Mr Fichet et Mme Lebranchu n'y ont pas répondu non plus. Mais bien sûr on garde espoir dans la volonté des uns et des autres de rendre possible le débat démocratique.  

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 07:33

Le 30 janvier dernier, le Conseil européen a adopté deux nouveaux traités européens, sur injonction de M. Sarkozy et de Mme Merkel.

 

L’un s’appelle Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire (TSCG). L’autre a pour nom Traité instituant un mécanisme européen de stabilité (MES).

 

Les deux sont liés. L’un édicte la politique d’austérité, l’autre est un instrument qui conditionne toute aide du MES à la mise en œuvre de ces choix de réduction des dépenses publiques et sociales.

Il n’y a ici aucune place pour quelque aménagement ou réorganisation que ce soit : tout ce texte est inacceptable.

Le traité MES sera soumis au parlement français le 21 février. Toute la gauche doit se rassembler pour les combattre et les mettre en échec lors du vote. Tant qu’à modifier le traité de Lisbonne, l’efficacité commanderait de changer les missions de la Banque centrale européenne et de lui permettre d’initier un nouveau système de crédit. Elle pourrait prendre tout ou partie de la dette des Etats et prêter directement à ceux-ci aux mêmes taux qu’elle le fait pour les banques privées, c’est-à-dire aux alentours de 1%.

Il n’y a aucune fatalité aux choix actuels. Ils ne sont dictés que par le service aux marchés financiers.

Voter ces textes reviendrait par avance à accepter d’être matraqués après les élections présidentielles : diminution des retraites et des pensions, diminution des services publics, nouveaux déremboursements de médicaments, impôts sur les allocations familiales, augmentation de la TVA… C’est une purge qui se prépare. Ne laissons pas faire !

Ci-dessous, vous trouverez quelques éléments d’information sur le MES, ainsi que le texte intégral.  

Le texte intégral du Traité instituant le Mécanisme européen de stabilité est à votre disposition ici.

D’où vient le Mécanisme européen de stabilité (MES) ?

En mai 2010, la profondeur de la crise a de manière inédite poussé les dirigeants de l’Union Européenne à se dédire en créant le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) en violation du Traité de Lisbonne entré en vigueur l’année précédente, en particulier de son article 125 (connu sous le nom de “no bail-out clause”, bail out se traduisant par renflouement) qui interdit la solidarité entre États :

Article 125 du Traité de Lisbonne

L’Union ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique. Un État membre ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un autre État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique .

La solution la plus efficace aurait été de permettre aux États en difficulté d’emprunter à taux bas à la Banque Centrale Européenne, mais cela est interdit par le Traité de Lisbonne :

Article 123 du Traité de Lisbonne

1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. 

Par ce FESF, créé pour trois ans, l’Union Européenne participe aux “plans de sauvetage” en Irlande et en Grèce, en leur imposant de très lourdes conditions en matière d’austérité.

C’est de cette dérogation aux règles de l’Union Européenne, jusqu’alors réputées inviolables, que va naître un nouveau projet qui, sous l’apparence d’un mécanisme de solidarité, constituera en fait un puissant outil coercitif pour soumettre les États et leurs budgets à l’austérité la plus totale et aux exigences des secteurs privés et financiers.

Ce sera le Mécanisme Européen de Stabilité (MES). L’idée est de créer un FMI européen permanent.

C’est le Conseil européen du 17 décembre 2010 qui a décidé de la mise en place d’un mécanisme permanent de stabilité au sein de la zone euro, en remplacement du FESF et du Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF).

Pour contourner l’interdiction posée par le Traité de Lisbonne, le Conseil européen a décidé, le 25 mars 2011, de le modifier en ajoutant à son article 136 un paragraphe permettant la création du MES :

136.3. Les États membres dont la monnaie est l’euro sont autorisés à créer un mécanisme de stabilité qui sera activé si cela s’avère indispensable pour garantir la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’accès à toute assistance financière dans le cadre du mécanisme sera soumis à une conditionnalité stricte.

Cette « conditionnalité stricte » servira à imposer l’austérité et fera du MES un outil plus à craindre que rassurant pour les États.

Afin de couper court à tous débats (et a fortiori à tous referendums), le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a fait passer cette modification par une procédure dite “simplifiée” à la faveur de quelques arrangements techniques.

Calendrier

Une première version du Traité établissant le MES a été signée par les chefs d’État et de gouvernement le 11 juillet 2011, la version définitive le 30 janvier 2012. Sans perdre de temps, le Traité est soumis au vote des parlements nationaux pour ratification. En France ce vote aura lieu à l’Assemblée Nationale ce 21 février 2012.

Le MES, initialement prévu pour entrer en action début 2013, sera finalement mis en route en avance, en juillet 2012, afin de combiner ses moyens avec ceux du FESF, ce qui permet à Angela Merkel de ne pas revenir sur sa promesse de ne pas augmenter le plafond des fonds alloués au MES.

Entre temps, le 9 décembre 2011, les mêmes chefs d’État et de gouvernement ont décidé de l’adoption d’un autre traité pour « évoluer vers une union économique plus forte » dans le sens, bien sûr, de plus d’austérité (règle d’or, soumission des budgets nationaux à l’approbation de la Commission…). Ce sera le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union (TSCG). A partir du 1er mars 2013, l’octroi des aides financières sera conditionné à la ratification du TSCG, comme le prévoit un « considérant » du Traité établissant le MES :

(5) Le 9 décembre 2011, les chefs d’État et de gouvernement d’États membres dont la monnaie est l’euro ont convenu d’évoluer vers une union économique plus forte comprenant un nouveau pacte budgétaire et une coordination accrue des politiques économiques qui devront être mis en œuvre au moyen d’un accord international, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (“TSCG”). Le TSCG aidera à développer une coordination plus étroite au sein de la zone euro afin d’assurer une bonne gestion durable et solide des finances publiques et donc de répondre à l’une des principales sources d’instabilité financière. Le présent traité et le TSCG sont complémentaires dans la promotion de pratiques budgétaires responsables et de la solidarité au sein de l’Union économique et monétaire. Il est reconnu et convenu que l’octroi d’une assistance financière dans le cadre des nouveaux programmes en vertu du MES sera conditionné, à partir du 1er mars 2013, à la ratification du TSCG par l’État membre concerné et, à l’expiration du délai de transposition visé à l’article 3, paragraphe 2, du TSCG, au respect des exigences dudit article.

De la même façon, le projet de TSCG rappelle cette conditionnalité dans ses “considérants” : (traduction non officielle, la version française n’étant pas encore disponible)

INSISTANT sur l’importance du Traité établissant le Mécanisme européen de stabilité comme élément d’une stratégie globale pour renforcer l’union économique et monétaire et SOULIGNANT que l’octroi de l’assistance dans le cadre de nouveaux programmes du Mécanisme européen de stabilité sera conditionné, à partir du 1er mars 2013, à la ratification de ce Traité par les parties contractantes concernées et, dès l’expiration de la période de transition mentionnée dans l’Article 3 (2) en conformité avec les exigences de cet Article,

Ainsi s’instaure donc un véritable chantage : pour bénéficier de « l’aide européenne » (rappelons qu’il s’agit de prêts avec intérêts), il faudra accepter sans discuter une politique économique unique, faite de la pire austérité, même en dehors des périodes de crise, puisque le TSCG est lui aussi valable en permanence.

Le MES agira donc comme un FMI européen, imposant ses ajustements structurels comme l’institution de Washington imposait les siens aux pays du tiers-monde dans la douleur que l’on sait.

La proximité avec le FMI est d’ailleurs inscrite dans le texte :

(8) Le MES coopérera très étroitement avec le Fonds monétaire international (“FMI”) dans le cadre de l’octroi d’un soutien à la stabilité. Une participation active du FMI sera recherchée, sur le plan tant technique que financier. Il est attendu d’un État membre de la zone euro demandant l’assistance financière du MES qu’il adresse, lorsque cela est possible, une demande similaire au FMI.

(12) Conformément aux pratiques du FMI, dans des cas exceptionnels, une participation du secteur privé, sous une forme appropriée et proportionnée, sera envisagée dans les cas où un soutien à la stabilité est octroyé, accompagné d’une conditionnalité sous la forme d’un programme d’ajustement macroéconomique.

Quelle forme ?

Techniquement le MES prendra la forme d’une Institution financière internationale (IFI) basée à Luxembourg.

Le MES bénéficiera d’une immunité totale. Bien qu’ayant la capacité d’agir en justice (d’attaquer), il ne pourra être traduit devant aucun tribunal. Ses locaux et ses biens seront inviolables et inaliénables. Aucune perquisition n’y sera possible et l’accès à ses archives sera interdit. Il sera donc, comme la Banque centrale européenne, totalement indépendant des pouvoirs politiques des pays.

Tous ses salariés seront tenus au secret à vie et ne paieront plus les impôts nationaux, seulement un impôt spécial interne au MES.

Quelle capacité financière ?

La capital initial du MES est fixé à 700 milliards d’euros, divisé en sept millions de part de 100 000 euros. La répartition des parts du capital est la même que celle du capital de la BCE (proportionnelle au PIB).

.

Contributions au MES

États membres du MES

Pourcentage
des contributions

Nombre de parts

Cotisation
(en euros)

PIB nominal 2010
(en millions de dollars américains)

Allemagne

27,15

1 900 248

190 024 800 000

3 315 643

France

20,39

1 427 013

142 701 300 000

2 582 527

Italie

17,91

1 253 959

125 395 900 000

2 055 114

Espagne

11,90

833 259

83 325 900 000

1 409 946

Pays-Bas

5,72

400 190

40 019 000 000

783 293

Belgique

3,48

243 397

24 339 700 000

465 676

Grèce

2.82

197 169

19 716 900 000

305 415

Autriche

2,78

194 939

19 493 900 000

376 841

Portugal

2,51

175 644

17 564 400 000

229 336

Finlande

1,80

125 818

12 581 800 000

239 232

Irlande

1,59

111 454

11 145 400 000

204 261

Slovaquie

0,82

57 680

5 768 000 000

86 262

Slovénie

0,43

29 932

2 993 200 000

46 442

Luxembourg

0,25

17 528

1 752 800 000

52 433

Chypre

0,20

13 734

1 373 400 000

22 752

Estonie

0,19

13 020

1 302 000 000

19 220

Malte

0,07

5 117

511 700 000

7 801

.

La totalité de ces 700 milliards d’euros ne sera pas payée immédiatement par les États. Ce qui est exigé, appelé capital libéré, ne s’élève qu’à 80 milliards d’euros, le reste (le capital autorisé) étant exigible à tout moment. La part de capital libéré pour la France s’élèvera à 16, 308 milliards d’euros versés en cinq fois à raison d’un versement par an. Au total, 142, 7 milliards d’euros seront engagés par la France.

La capacité de prêt maximale du MES est pour le moment fixée à 500 milliards d’euros, mais elle devrait évoluer.

Quelle gouvernance ?

La distribution des votes est proportionnelle à la participation au capital du MES. Ce sont donc les « grandes économies » qui auront la totale mainmise sur les orientations du mécanisme. Jamais “Merkozy” n’aura été aussi vivant.

4.7 7. Chaque membre du MES dispose d’un nombre de voix égal au nombre de parts qui lui ont été attribuées dans le capital autorisé du MES conformément à l’annexe II. Le droit de vote est exercé par la personne qu’il a désignée ou son suppléant au sein du conseil des gouverneurs ou du conseil d’administration.

Les décisions du FESF étaient prises à l’unanimité, avec le MES elles se prendront désormais à la majorité simple ou qualifiée, de manière à pouvoir forcer la main des Etats qui résisteraient.

Une procédure d’urgence limitant la capacité de blocage des petites économies pourrait même être utilisée en cas de “menace pesant sur la stabilité économique et financière” de la zone euro.

Avec le système de proportionnalité du nombre de voix à la part de capital, certains pays disposeront d’un pouvoir démesuré, voire un droit de veto de fait. Par exemple, dans le cas d’une demande d’aide d’urgence, la procédure prévoit un vote à la majorité qualifiée de 85%. Compte tenu du fait que leur participation au capital du MES dépasse les 15%, trois pays –l’Allemagne, la France et l’Italie – détiendraient le pouvoir de bloquer unilatéralement le vote.

Chaque État nommera un Gouverneur qui participera au Conseil des Gouverneurs. Dans les faits, les gouverneurs seront les ministres de l’économie de chaque pays membre puisque ces gouverneurs devront être en charge des finances de leur pays respectif. Le Conseil des Gouverneurs sera présidé par le Président du MES.

Chaque Gouverneur nommera un Directeur, expert de l’économie, qui participera au Conseil d’administration. Le Conseil des Gouverneurs en nommera le Directeur Général qui aura une mission équivalente à son homologue du FMI.

Aucun des dirigeants du MES n’aura donc la légitimité issue du suffrage populaire. Les décisions du MES se prendront loin des peuples, souvent dans le secret. C’est un nouveau coup dur pour la démocratie.

Quels moyens d’action ?

Le MES pourra agir de quatre manières :

  • Procédure d’octroi de l’aide financière [art. 13] :

Sur sollicitation d’un État membre, le Président demande à la Commission (en liaison avec la BCE) d’évaluer le risque pour la stabilité de la Zone Euro, d’entreprendre avec le FMI une analyse de la dette et d’évaluer les besoins réels de financement ainsi que de la participation du secteur privé.

Sur la base de cette évaluation, le Conseil des Gouverneurs peut donner son accord de principe. S’il décide d’aider l’État membre, il charge la Commission (toujours en liaison avec le FMI et la BCE) de négocier le protocole avec cet État. La Commission signe ce protocole sous réserve d’approbation du Conseil des Gouverneurs

Le Conseil d’Administration approuve ensuite la convention d’aide et détaille les aspects techniques, ainsi que les conditions de décaissement de la première tranche d’aide. Le MES met alors en place un système d’alerte et s’assure du bon remboursement par l’État membre alors que la Commission, en liaison avec le FMI et la BCE, vérifie la conformité des politiques économiques de cet État via les missions de la trop fameuse Troïka déjà en action en Grèce… Sur la base de son évaluation, le Conseil d’Administration décide du décaissement des autres tranches d’aide. Il en fixe les orientations détaillées.

ARTICLE 13

Procédure d’octroi d’un soutien à la stabilité

1. Un membre du MES peut adresser une demande de soutien à la stabilité au président du conseil des gouverneurs. Cette demande indique le ou les instruments d’assistance financière à envisager. Dès réception de cette demande, le président du conseil des gouverneurs charge la Commission européenne, en liaison avec la BCE:

a) d’évaluer l’existence d’un risque pour la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble ou de ses États membres, à moins que la BCE n’ait déjà soumis une analyse en vertu de l’article 18, paragraphe 2;

b) d’évaluer la soutenabilité de l’endettement public. Lorsque cela est utile et possible, il est attendu que cette évaluation soit effectuée en collaboration avec le FMI.

3. S’il adopte une décision en vertu du paragraphe 2, le conseil des gouverneurs charge la Commission européenne – en liaison avec la BCE et, lorsque cela est possible, conjointement avec le FMI – de négocier avec le membre du MES concerné un protocole d’accord définissant précisément la conditionnalité dont est assortie cette facilité d’assistance financière. Le contenu du protocole d’accord tient compte de la gravité des faiblesses à traiter et de l’instrument d’assistance financière choisi. Parallèlement, le directeur général du MES prépare une proposition d’accord relatif à la facilité d’assistance financière précisant les modalités et les conditions financières de l’assistance ainsi que les instruments choisis, qui sera adoptée par le conseil des gouverneurs.

7. La Commission européenne – en liaison avec la BCE et, lorsque cela est possible, conjointement avec le FMI – est chargée de veiller au respect de la conditionnalité dont est assortie la facilité d’assistance financière.

  • Mesures de Soutien à la Stabilité [art. 14] :

Le Conseil des Gouverneurs peut décider d’accorder un prêt à un membre du MES dont les termes et conditions sont signés par le Directeur Général. Le prix du prêt est fixé par le Conseil des Gouverneurs.

ARTICLE 14

Assistance financière octroyée par le MES à titre de précaution

1. Le conseil des gouverneurs peut décider d’octroyer, à titre de précaution, une assistance financière sous forme de ligne de crédit assortie de conditions ou de ligne de crédit assortie de conditions renforcées conformément à l’article 12, paragraphe 1.

2. La conditionnalité dont est assortie l’assistance financière octroyée par le MES à titre de précaution est définie dans le protocole d’accord, conformément à l’article 13, paragraphe 3.

  • Financement des Etats via le marché primaire [art. 15] :

Le Conseil des Gouverneurs peut décider exceptionnellement d’organiser l’achat d’obligations d’un État membre sur le marché primaire (celui des obligations nouvellement émises – le MES pourra aussi agir sur le marché secondaire, comme le fait actuellement la BCE en contradiction avec le Traité de Lisbonne) : il fixe les modalités de cet achat et la convention est signée par le Directeur Général. Enfin le Conseil d’Administration arrête les orientations détaillées sur la mise en œuvre de ce financement.

Ces outils sont modifiables par le Conseil des Gouverneurs.

ARTICLE 15

Assistance financière pour la recapitalisation d’institutions financières d’un membre du MES

1. Le conseil des gouverneurs peut décider d’octroyer une assistance financière sous forme de prêts à un membre du MES, dans le but spécifique de recapitaliser des institutions financières de ce membre.

2. La conditionnalité dont est assortie l’assistance financière aux fins de la recapitalisation d’institutions financières d’un membre du MES est définie dans le protocole d’accord, conformément à l’article 13, paragraphe 3

  • Opérations d’emprunt [art. 17] :

Le MES peut emprunter sur les marchés financiers selon des modalités d’emprunt déterminées par le Directeur Général et en respectant les lignes directrices décidées par le Conseil d’Administration.

ARTICLE 17

Dispositif de soutien sur le marché primaire

1. Le conseil des gouverneurs peut décider de prendre des dispositions pour acheter des titres émis par un membre du MES sur le marché primaire, conformément à l’article 12 et en vue d’optimiser le rapport coût-efficacité de l’assistance financière.

2. La conditionnalité dont est assorti le dispositif de soutien sur le marché primaire est définie dans le protocole d’accord, conformément à l’article 13, paragraphe 3.

3. Les modalités financières et les conditions d’achat de ces titres sont spécifiées dans un accord relatif à la facilité d’assistance financière, signé par le directeur général.

Pour chacune de ces possibilités reviennent les termes “conditions” ou “conditionnalité”. Ce seront des ajustements structurels pour une “discipline budgétaire”, c’est-à-dire une contraction de la dépense et donc de toute l’économie.

Outre ces ajustements, le MES attend aussi des intérêts. Le Traité prévoit même qu’il doit être géré de façon à obtenir une marge :

ARTICLE 20

Politique tarifaire

Lorsqu’il octroie un soutien à la stabilité, le MES cherche à couvrir tous ses coûts de financement et d’exploitation et prévoit une marge appropriée.

L’excédent devra être versé dans un fonds de réserve – première source de liquidités en cas de pertes du MES – et, le cas échéant, dans d’autres fonds. Il servira à régler les frais de fonctionnement du MES. Les États membres pourront même percevoir des dividendes.

ARTICLE 23

Politique de distribution des dividendes

1. Le conseil d’administration peut décider, à la majorité simple, de distribuer un dividende aux membres du MES lorsque le montant du capital libéré et du fonds de réserve dépasse le niveau requis pour maintenir la capacité de prêt du MES et lorsque le produit de l’investissement n’est pas nécessaire pour éviter des arriérés de paiement aux créanciers […]

2. Tant que le MES n’a pas fourni d’assistance financière à l’un de ses membres, le produit de l’investissement de son capital libéré est, après déduction des coûts d’exploitation, distribué à ses membres en fonction de leurs parts respectives dans le capital libéré, à condition que la capacité de prêt effective visée soit pleinement disponible.

On le voit clairement : l’aide européenne consiste en des prêts plus avantageux que ceux du marché, mais assortis de conditions drastiques qui constituent de larges pertes de souveraineté nationale et conduiront à une implacable casse

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 07:20

COMMUNIQUE DE PRESSE

Vanneste : « propos inqualifiables et indignes d'un élu de la République » (PCF)

 

Le député UMP Christian Vanneste est un récidiviste en matière d'homophobie. En déclarant que la déportation homosexuelle serait une « légende » et n'aurait « jamais existé en France », il se roule désormais dans la fange négationniste. Décidément, la droite extrême à des problème avec l'Histoire. Ces propos sont inqualifiables et indignes d'un homme. Alors que dire quand ils viennent d'un élu de la République ? Le président-candidat Sarkozy qui, pour s'assurer le ralliement de Christine Boutin, nie aux couples de même sexe le droit au mariage et à l'adoption, doit à son tour condamner sans équivoque ces propos. Christian Vanneste doit être condamné pour ses propos. Le PCF et son collectif Fier-e-s et Révolutionnaires seront aux côtés des associations mémorielles, de déportés et luttant contre les discriminations LGBT dans les nécessaires poursuites judiciaires qui seront engagées.

 

Parti communiste français Paris, le 15 février 2012.

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 06:08

Ouest France n'a jugé opportun de me laisser un droit de réponse au communiqué de Mr Jezéquel de l'association Don Bosco, ce pourquoi j'utilise ce blog pour l'utiliser:  

communique-Don-Bosco-15-fevrier.jpg

 

 

Dans le Ouest France du jeudi 16 février, Michel Jézéquel a fait paraître un communiqué qui laisse penser qu'il a perçu une attaque contre Don Bosco dans mon communiqué de la semaine passée appelant au maintien (dans des nouveaux locaux) de la crèche d'entreprise de l'hôpital et, plus généralement, à un effort d'investissement de la communauté d'agglomération de Morlaix pour un service public d'accueil de la petite enfance digne de ce nom.   

A moins qu'ils aient voulu se saisir de l'occasion pour faire de la communication et rappeler au public leurs missions en évitant tout amalgame, ce qui est légitime, il semble que Mr Jézéquel et peut-être d'autres responsables locaux de l'association Don Bosco se soient sentis visés par mon communiqué qui n'est paru que partiellement dans Le Télégramme et le Ouest France, ce qui rend peut-être les formulations plus abruptes.

Dans ce cas, je regrette que mes formulations aient pu porter à équivoque. Mon but n'était pas d'exprimer une opposition à la création de la crèche inter-entreprises gérée par Don Bosco, de délégitimer cette association qui travaille beaucoup et depuis longtemps à Morlaix dans l'insertion ni de décrier le secteur associatif dit d'économie sociale et solidaire en général, capable en effet de remplir des missions d'intérêt général avec un dynamisme, un dévouement et un pouvoir d'invention au service du collectif qui lui font souvent honneur.  

Par contre, la création de la crèche interentreprises ne doit pas exclure pour moi le maintien de la crèche d'entreprise de l'hôpital, la seule du département.

En effet, actuellement il y a 35 places dans la crèche de l'hôpital (avec des délais d'attente pour les parents demandeurs) alors qu'on ouvrirait dans la crèche d'entreprises environ 25 places pour les enfants du personnel de l'hôpital (en réalité, on peut mettre 2 enfants par place, du fait des plages de travail différentes des salariés). L'hôpital a un personnel féminin jeune, pas toujours originaire de la région de Morlaix, et c'est le plus gros employeur de la région: il est légitime qu'il conserve sa crèche d'entreprise avec du personnel qualifié et correctement payé et non pas des personnels recrutés au niveau CAP petite enfance comme dans beaucoup de crèches associatives ou privées et rémunérés au plus juste. Les personnels actuels de la crèche de l'hôpital sont  placés devant un choix inacceptable pour eux: soit un reclassement ne tenant pas compte de leurs compétences, soit un renoncement à leur statut.   La crèche d'entreprise est un avantage pour les personnels de l'hôpital qui n'existe pas dans beaucoup d'endroits mais qui a été conquis très certainement par des luttes et des rapports de force dans le passé: on ne peut pas toujours niveler par le bas.  

On peut craindre par ailleurs que de grosses entreprises comme Le Télégramme ou d'autres n'investissent pas vraiment dans cette crèche inter-entreprises qui ne laisserait que peu de places réservées à d'autres enfants que ceux du personnel de l'Hôpital.

Par ailleurs, il est vrai que la création de cette crèche interentreprises a été voulue par la direction du Centre Hospitalier Public de Morlaix et est pour elle un bon prétexte pour se débarasser d'un certain nombre de frais fixes dans le cadre d'un objectif national de ressèrement des dépenses et de mouvement vers l'auto-financement de l'hôpital au prix d'un plan social continu et progressif qui consiste à externaliser les activités, à accroître la mobilité des personnels pour réduire les effectifs et à casser le statut de toute une partie des salariés de l'hôpital. La vétusteté des locaux de la crèche n'est qu'un prétexte: cette crèche a été installée en 1977 dans les locaux dont on savait déjà à l'époque qu'il faudrait les détruire dans des délais assez courts.

J'ai aussi mis en avant dans mon communiqué, et c'est un point qui fait débat y compris au sein du Front de Gauche, ma préférence actuelle pour une solution de service public pour l'accueil de la petite enfance, ce qui ne voulait pas dire que j'assimilais le projet de Don Bosco à celui d'une crèche privée à but lucratif sous contrôle de capitaux concentrés.

 

Pour moi, Morlaix-Communauté avait les épaules assez larges pour prendre en charge elle-même dans le cadre d'une crèche inter-communale à forte capacité d'accueil, cet accueil des jeunes enfants, non pas seulement des salariés des grandes entreprises de la région de Morlaix, mais aussi des autres. De mon point de vue, l'offre de service public doit être suffisante avant de faire appel au secteur associatif pour la compléter ou rendre possible un choix pour les parents. Le service public offre (ou devrait offrir si l'Etat et les collectivités ne se désengageaient pas par mesure d'économie, par commodité ou idéologie) les meilleures garanties de laïcité, de qualification et de protection salariale du personnel, et de moyens mis au service de l'épanouissement de la petite enfance.

 

Ismaël Dupont.

   

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:25
Cet article du blog d'André Chassaigne, signalé par Alain David, pose avec beaucoup de profondeur le diagnostic de la crise démocratique actuelle et des pistes de réflexion pour donner plus de contenu à la démocratie dans notre pays. Cela donne à réfléchir et cela fixe une ambition qu'il ne faut pas perdre de vue dans la bataille électorale et le quotidien de nos organisations politiques.  
Andre-Chassaigne.jpg
 

 

Un constat : la démocratie confisquée

 

 Penser une République solidaire et citoyenne, c’est d’abord partir d’un constat alarmant, celui de l’exclusion du champ politique d’une très grande partie des classes populaires. Cette crise de représentation conduit à l’affaiblissement du débat et de la participation démocratiques avec le rejet grandissant de la politique, et en particulier dans l’expression institutionnelle.

Cette dérive tient essentiellement aux mécanismes d’annexion des moyens et des capacités de réflexion des classes populaires par la classe dominante. L’appropriation des intelligences individuelles et collectives conduit à la confiscation par les institutions de la parole publique sur les choix politiques et de société. N’est-ce-pas Rousseau qui écrivait, dans le Contrat social (1762), que le peuple (anglais) « pense être libre » alors qu’il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement : « Sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien »?

 

Toutes les formes de domination qu’entretient la classe dominante visent en effet à maintenir ou à développer, le plus souvent par consentement plutôt que par la force publique, une idéologie conservatrice, fondée sur les supposés dons et mérites individuels.

Ainsi, la pratique politique se restreint à une « fabrique à consentement» s’appuyant sur une logique de délégation et de personnalisation des pouvoirs, devenue le fondement de la démocratie institutionnelle, et fortement médiatisée. D’autant plus que la constitution de la 5ème République a sanctuarisé cette personnalisation au sommet de l’Etat avec l’élection du Président de la république.

Derrière les grands principes républicains, et parfois au corps défendant de ceux qui les promeuvent, se cachent en réalité des processus profondément contraires à l’idéal républicain de participation de tous à la construction de l’intérêt général.

Comme le résume Jean-Paul Jouary, dans une tribune récente parue dans L’Humanité, « dans les démocraties représentatives, dont la France, le suffrage universel ne conduit pas à choisir une politique mais une personnalité ou un groupe d’élus, non pas chargés d’appliquer une politique, mais soudain dépositaires d’un véritable pouvoir face auquel les citoyens n’ont plus aucun moyen réel autre que les diverses formes de luttes sociales. Entre deux votes, le peuple n’est donc « plus rien », selon l’expression de Jean-Jacques Rousseau. Ainsi un nouveau président peut-il - comme c’est le cas en France depuis tant d’années – pratiquer une politique sans rapport avec les discours qui avaient conduit les citoyens à lui confier ce pouvoir, sans que rien dans les institutions ne leur permette de le reprendre. (…) Dès lors, on finit, comme ne cesse de l’entendre ces jours-ci, par nommer « courage politique » le fait d’imposer une politique que le peuple désapprouve, et « populisme » toute aspiration à ce que les citoyens participent activement aux décisions. »


Au niveau local, la décentralisation a reproduit avec les collectivités territoriales les mêmes dérives que la 5ème République. Le poids des élus s’est renforcé, mais ils se sont progressivement repliés sur leur territoire dans des logiques de fief électoral.

La personnalisation du pouvoir pousse à une sacralisation par le suffrage universel, avec des responsables des grandes collectivités demandant toujours plus de reconnaissance et de pouvoir, en surévaluant par exemple leurs possibilités et leurs capacités d’intervention, s’inscrivant dans des logiques de compétition et de concurrence territoriales, allant jusqu’à la dépendance aux agences de notation, voire leur instrumentalisation pour valoriser sa propre gestion.

 Au sein des grandes collectivités - conseils régionaux, conseils généraux, métropoles - de nombreux moyens sont mobilisés pour affirmer sur les territoires cette représentation personnelle des présidents, plutôt qu’à la construction d’outils démocratiques nouveaux.


 

 Pour une démocratie active

 

Un des enjeux démocratiques de nos sociétés est donc de pouvoir donner tous les moyens de réinvestir le débat et la prise de décision à ceux qui en sont privés par les logiques de domination à l’œuvre. La vitalité démocratique, indispensable à toute perspective de transformation sociale, est à ce prix. Mais cette tâche nécessite des efforts considérables et de profonds changements dans les pratiques à tous les niveaux : Etat, collectivités territoriales, entreprises, services publics…

 Dans beaucoup de collectivités qui construisent des démarches participatives, cette participation des citoyens se limite à des instants très encadrés de consultation volontaire, sur des sujets déterminés. Citons par exemple les grands projets d’aménagement ou les investissements importants. Quand aux démarches plus volontaires comme les budgets participatifs ou les dispositifs participatifs sur des compétences politiques de collectivités, elles sont souvent portées par les élus communistes ou apparentés, témoignant ainsi d’une prise de conscience réelle des limites qu’implique la délégation par la représentation. Il n’en demeure pas moins que nous constatons, dans les caractéristiques sociologiques des participants, une sous représentation des classes populaires, notamment des ouvriers et des personnes sans qualification.

Cela doit nous conduire à mettre des moyens importants, humains et financiers, pour essayer de renforcer concrètement la participation de ceux qui ne participent pas. C’est une composante essentielle de notre projet politique qui vise à la considération et à l’émancipation de tous, et pas seulement de ceux qui disposeraient déjà des « capitaux » suffisants pour s’inscrire dans le champ politique comme « citoyen agissant ».

Le meilleur moyen d’affirmer cette volonté est de l’expérimenter, avec de nouveaux mécanismes, à toutes les échelles territoriales, quartier, commune, canton, département ou région, et en valorisant toujours la parole de ceux qui en sont privés. Les conventions de citoyens en sont un exemple parmi bien d’autres. Ce doit être aussi le cœur de notre nouvelle pratique parlementaire avec les ateliers législatifs qui devront être pérennisés avec les élus Front de gauche du Sénat et de la nouvelle Assemblée nationale.

 En mettant l’imagination au pouvoir, le champ des possibilités est immense. Notre sensibilité particulière à cet égard est un premier atout dans la construction de ce renouveau démocratique. N’ayons pas peur de tâtonner et d’expérimenter, car nous donnons ainsi à voir d’autres pratiques politiques qui ne se limitent pas à de l’information et à de la consultation épisodique « Essayer. Rater. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux » disait Samuel Beckett.

 Des exemples concrets d’assemblées de quartier ou de canton montrent qu’il est possible de ne pas se réduire à parler de la vie du quartier ou du canton. Les enjeux locaux conduisant toujours à s’interroger sur la politique à mener à tous les niveaux. Essayons donc de renforcer, dans un premier temps, un vrai va-et-vient politique lorsque les responsabilités que nous assurons nous le permettent. Encore faut-il pour cela savoir s’extraire des contingences temporelles que nous imposent trop souvent les fonctions institutionnalisées par notre participation aux exécutifs !

 Attachons-nous aussi à soutenir et à développer, comme je l’ai souligné dans le dernier chapitre de « Pour une Terre commune » , les expériences de gestion collective des biens communs (eau, énergie…) ou de biens et services fondamentaux (alimentation, transport, entraide…) en assurant, grâce à l’appui des collectivités, la participation et la prise de décision dans les orientations de gestion de ceux qui en bénéficient.


 

 D’autres lieux de partage du pouvoir. Dans l’entreprise…

 

 Bien sûr, la démocratie sociale doit également s’imposer au niveau de l’entreprise. La question de la propriété publique, mais surtout de l’appropriation sociale, redevient un enjeu central à la lumière des conséquences du fonctionnement du système capitaliste mondialisé.

Depuis 1982, le développement des droits des salariés comme acteurs des entreprises est au point mort. Or, en 30 ans, les logiques de rentabilité se sont imposées partout dans les orientations stratégiques et les investissements des grandes entreprises, mais aussi des PME, en particulier par la sous-traitance. Elles conduisent inévitablement à pénaliser l’emploi, la formation et les perspectives de long terme. Face à ces choix, les salariés aspirent à davantage de démocratie. Les représentants du personnel sont de plus en plus forces de proposition pour relancer les entreprises ou réorienter les productions. Ne sont-ils pas en effet les mieux placés pour réfléchir à la stratégie et aux nécessaires mutations, proposer et décider ?

 Nous devons donner un nouveau souffle à cette socialisation de l’activité économique, d’une part parce que les salariés disposent d’une excellente connaissance de leur outil de travail, de l’autre parce qu’ils privilégient toujours des critères économiques, sociaux et environnementaux aux seuls critères de rentabilité. Cette dynamique est déterminante si l’on veut réorienter profondément nos modes de production et de consommation, en lien avec notre proposition de planification écologique. Mais elle relève d’abord d’une impulsion législative nouvelle à construire avec le monde du travail.

En revanche, nous pouvons d’ores et déjà donner aux salariés, à leurs comités d’entreprise, à leurs représentants syndicaux, une vraie place dans la décision des collectivités concernant leur activité économique. Les régions par exemple, sollicitées avant tout par les entreprises pour leur implantation ou leur développement, ont une vision beaucoup trop « experte » du développement économique, limitée à une forme de « pré carré technique ».

Les choix politiques et la prise de décision se font généralement sans concertation avec la vision salariale des entreprises. Elles contribuent ainsi à reproduire les mêmes erreurs, en encourageant la compétition territoriale au détriment d’un développement alliant l’économie, le social et l’écologie.

Dans le domaine économique et social, un nouvel espace de démocratie se développe avec des formes alternatives qui se multiplient sur tous les territoires : coopératives, AMAP, commerce équitable, entreprises d’insertion, tourisme social et associatif, création culturelle, services de proximité… Nous nous devons d’apporter un soutien appuyé à ces constructions sociales innovantes qui ouvrent le chemin d’un dépassement du système dominant.

 

 

… Et dans les services publics.

 

 Le renouveau démocratique s’impose aussi dans une nouvelle vision des services publics, non pas conçus comme des outils d’intervention de la puissance à travers une logique de délégation, mais aussi comme des lieux de construction collective des réponses aux besoins fondamentaux.

 Anicet Le Pors affirmait récemment : « le développement de biens communs au XXIème siècle porte une nécessité de services publics jusqu’au niveau mondial qui entraîne une exigence de même niveau concernant la propriété publique face à laquelle la constitution de « pôles » (…) fussent-ils publics m’apparaît bien dérisoire. La question de la propriété publique, plus généralement de l’appropriation sociale est toujours à l’ordre du jour car il reste vrai, tant au niveau national que local, que « là où est la propriété, là est le pouvoir ».

 La question du pouvoir, et de son partage, est en effet essentielle.

 Ainsi quand nous identifions clairement le besoin d’un « pôle financier public », seul capable de réorienter la politique du crédit de manière sélective, pour promouvoir l’emploi, la formation et des productions durables, nous faisons aussi la proposition que ces orientations soient décidées collectivement avec les citoyens et les représentants des salariés dans l’entreprise, en lien avec les collectivités territoriales, notamment par des fonds régionaux de développement.

 Cela implique un véritable renversement du fonctionnement des grands services publics nationaux que nous avons connus jusqu’alors, avec des entreprises nationales qui déléguaient l’essentiel des pouvoirs de décision à des grands cadres de l’Etat. Ne nous limitons pas à pousser à la nationalisation de certaines activités, ou de prôner la constitution de pôles publics. Il est indispensable, dans le même temps, de traduire nos exigences démocratiques nouvelles dans un fonctionnement de ces services « socialisé », mais aussi au plus près des territoires de vie.

 

 C’est donc bien d’une révision en profondeur de nos institutions dont il est question, bien au-delà de la simple démocratie locale. Mais déjà, pour les élus que nous sommes, le dépassement de « la bonne vieille représentation » ne doit pas être que des mots…

 

André Chassaigne, le 14 février 2012.

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