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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:44

Par : Joris Clerté, Clémentine Autain, Cédric Durand, Razmig Keucheyan et Stéphane Lavignotte.

 

 

« Comme lors du référendum de 2005 sur le TCE, la machine à chantage est de retrour : avalez notre potion libérale ou c’est la fin du monde ! A l’époque, nous avons répondu collectivement en produisant nos propres outils de savoir pour répondre au mattraquage médiatique par la discussion fraternelle de personne à personne et la mobilisation collective. Et nous avons gagné le référendum. Aujourd’hui, avec ce film nous ajoutons notre pierre au mouvement qui se dessine de la même façon pour refuser l’austérité perpetuelle et la tranquilité pour ceux qui pillent nos richesses et celles de la planète. »

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 20:05

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Ismaël Dupont: J'ai 32 ans et je suis père de deux enfants de 10 et 5 ans. J'exerce le métier de documentaliste en collège à Morlaix, la ville où je réside, après avoir été plusieurs années professeur de philosophie. J'ai grandi entre Vannes et Plougoulm, mon père et sa famille étant originaires de Saint-Pol de Léon. Après cinq passés dans la Manche pour des raisons professionnelles, je suis revenu en Bretagne il y a quatre ans.

Je me suis engagé au PCF en 2006 pour apporter ma contribution à la renaissance d'une gauche combative qui ne renonce pas à changer la société et à poursuivre des objectifs égalitaires sur la base d'une remise en cause franche des logiques capitalistes et du libéralisme. Je me retrouve pleinement dans la démarche de rassemblement de toute la gauche de transformation sociale qu'initie le Front de Gauche avec pour ambition de servir d'instrument pour qu'à nouveau les citoyens se mêlent de ce qui les regarde et réapprennent à travailler collectivement devant l'urgence sociale et écologique afin de bâtir une société plus humaine, solidaire et respectueuse de notre terre commune.

Outre l'amitié, les voyages, la politique, mes passions sont l'histoire, la littérature et le football, mais de moins en moins tant le milieu est pourri par le fric. Je me recommande aux électeurs pour certaines qualités que je crois avoir: la simplicité et la sincérité, le goût de la vie et des gens, la capacité d'écoute, la fidélité à des principes moraux, l'absence de sectarisme, le souci de travailler les dossiers et de m'investir à fond pour le collectif, le refus d'une vie politique sclérosée par le bipartisme, la professionnalisation et le cumul des mandats.

Marie Huon: J'ai 23 ans. Fille et petite-fille d'agriculteurs de Plouigneau, j'ai fait des études de sociologie à Brest avant de partir deux ans en Argentine pour me former en tant que travailleuse sociale auprès des enfants des quartiers pauvres. Je suis actuellement assistante d'éducation au collège de Lanmeur tout en me préparant au concours d'entrée à l'école d'éducateur spécialisé afin de réaliser mon projet professionnel qui est de pratiquer l'équithérapie, la construction de soi au contact des chevaux.

Je suis une citoyenne engagée n'appartenant à aucun parti. Pour moi, le projet du Front de Gauche répond seul dans la circonstance actuelle à la nécessité d'en finir avec la précarité, le développement des attitudes de désespérance politique, l'absence de prise au sérieux des problèmes des jeunes, les reculs démocratiques et sociaux qu'on nous impose depuis plusieurs années au niveau national et européen. A la fac de Brest, j'ai été engagée dans le syndicat étudiant SUD pour améliorer la situation sociale des étudiants et j'ai siégé au Conseil d'Administration de l'Université, y découvrant le goût de l'action pour améliorer très concrètement la vie des gens ainsi que les limites de ce volontarisme quand l'État ne parie que sur la marchandisation, la mise en concurrence, et la réduction des investissements dans les services publics.

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:43

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Ces photos bien réussies sont de Jean-Marc Nayet: merci à lui et à tous les membres du collectif Front de Gauche présents ce samedi 10 mars.

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 20:47

Françoise Pencalet-Kerivel, candidate du Front de Gauche aux législatives à Douarnenez, a rencontré une délégation du syndicat, monté il y a un an, des vendeurs-colporteurs de presse du Télégramme dont le statut d'indépendants pour lesquels l'employeur ne verse pas de cotisations a des repercussions dramatiques sur le niveau des retraites. Elle livre là un compte-rendu des infos qu'elle a pu collecté sur la situation de cette profession peu connue qui cherche à être mieux reconnue par la direction du Télégramme et les effets pervers d'un statut peu confortable. Aujourd'hui, il y a encore des VCP de plus de 75  ans qui sont obligés de continuer à exercer le métier faute de pouvoir jouir d'une retraite méritée de niveau suffisant pour vivre... Le Front de Gauche soutient ces travailleurs au statut précaire dans leur combat pour une retraite et des rémunérations dignes et mieux garanties.   

 

Les vendeurs-colporteurs de presse sont des travailleurs indépendants sous le régime d’un micro-bic affiliés au régime général de la CPAM, contrairement aux porteurs de presse qui sont des salariés d’un éditeur. C’est un statut hybride imposé par l’éditeur depuis 1991.

En France, toutes presses confondues, ils sont entre 15 et 20 000 VCP, 700 du Télégramme travaillent sur 3 départements bretons (Finistère, Côtes d’Armor et Morbihan), à ces VCP titulaires s’ajoutent autant de remplaçants.

Ils sont rémunérés selon des contrats commerciaux : taux de commission de journaux distribués proportionnel aux kilomètres parcourus. Le taux de commission varie en fonction de la tournée effectuée en ville ou à la campagne. Par exemple dans une tournée de campagne (environs 70 km), le VCP livre environ 3.57 journaux au kilomètre entre 3h et 7h du matin et perçoit 22.20% du prix du journal. Dans une tournée en ville (25km), il livre 10 journaux au kilomètre et perçoit 14.90% du prix du journal. Depuis 2009, il est indemnisé à hauteur de 12 cts du kilomètre cependant aucun véhicule ne coûte moins de 23 cts du kilomètre.

La tournée représente en moyenne 250 clients. Si le client ne paie pas par prélèvement, le VCP passe le voir pour encaisser la somme due. Si un client, pour une raison ou une autre, ne paie pas, le VCP doit rembourser sur son argent propre les impayés.

Si le VCP est en arrêt de travail, il perçoit entre 4 et 6€ d'indemnités journalières, il doit trouver un remplaçant qu’il rémunère lui-même sur son revenu intégral (moyenne36.80 € pour 250 journaux / jours).

Ce travail a souvent été perçu comme un complément de revenus et certains VCP cumulent 2 emplois par nécessité, parfois il s’agit d’étudiant, pour certaines personnes c’est leur unique emploi. Ces travailleurs œuvrant seuls la nuit et le matin sont isolés mais depuis mai 2011, ils ont mis sur pied un syndicat pour se réunir et tenter d’améliorer un statut très défavorable au point de vue de leur protection sociale.

En effet, le contrat proposé depuis 1991 n’autorise pas le VCP à obtenir l’intégralité des 4 trimestres annuels pour l’acquisition de droit à la retraite comme il le croyait. Si bien que, aujourd’hui, certains VCP de plus de 80 ans, continuent de travailler dans le Nord Finistère !

Face à la crise de la presse, en 2008, le président Sarkozy a convoqué les états généraux de la presse. Aucune des revendications des VCP n’a abouti par contre le Télégramme leur a imposé une modification de leur contrat en 2009 permettant à l’éditeur d’obtenir une exonération de 28.10 % des charges patronales (charges que les travailleurs indépendants payaient eux-mêmes).

Aujourd’hui, le nouveau syndicat des VCP revendique une reconnaissance de leur travail qui passe par un contrat de travail digne leur permettant d’acquérir une protection sociale à la hauteur de celle des travailleurs salariés. Dans le nord Finistère, les VCP demandent à ce que l'éditeur accepte de les laisser valider par une sur-cotisation les trimestres entamés et en partie cotisés (ex : 2,9 trimestres cotisés + 0,10trimes sur-cotisés avec l'accord de l'éditeur = 3 trimestres validés) la différence est très importante pour la retraite!

 

Françoise Pencalet-Kerivel


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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 12:39

Article sur le site Médiapart :Front de gauche, Mélenchon, la propagation de l'onde...

 

 

 

Ce que nous venons d'entendre et voir à Rouen démontre que la « surprise » crée par le tout jeune rassemblement et son candidat à la présidentielle est dépassée. C'est plus qu'un rendez-vous électoral qui se joue en 2012 . Ce serait bien une nouvelle pratique citoyenne qui s'annonce.

6000 personnes à Nantes, 10000 à Villeurbanne, 9000 à Montpellier. A chaque ville visitée, la salle réservée n'est pas assez grande. A Rouen, ils se serraient debout.

Même David Pujadas a dû l'admettre dans son JT de 20h : Jean-Luc Mélenchon est bien le candidat qui réunit le plus de monde dans ses meetings !

Beaucoup de jeunes qui n'applaudissent pas aux mêmes mots ni en même temps que d'autres. Des ouvriers viennent en tenue de travail, casque de sécurité sur la tête, affichent leur bannière syndicale. Des visages graves. Le monde du travail représenté par lui-même.

Pas de brouhahas et de mouvements de foule millimétrés pour satisfaire les caméras d'un événement géré par des professionnels de la communication. Loin d'être une troupe affolée ou béate à la recherche d'un berger, les participants ne scandent pas le nom du candidat à son entrée en scène. Seuls des « Résistance, résistance » accueillent l'orateur.

Dans une drôle de campagne 2012 que d'aucuns voulaient définitivement bi-polaire au point d'en connaître les résultats avant l'heure, ceux qui sont allés à ces meetings du Front de gauche ressortent avec la certitude d'avoir un rôle concret à jouer. Il se passe quelque chose.

Avez-vous déjà vu un candidat à une présidentielle assumer un rôle de candidat-militant comme le fait Jean-Luc Mélenchon ? Sur les plateaux de télé et de radio, il est le porte-parole qui frappe. Ses propos tonitruants choquent ? Au moins, obligent-ils à se positionner. Sur son blog déjà, le contact est direct et expliquant, il parle pour l'Histoire, comme aucun autre candidat ne l'aura fait quant il pouvait le faire.

A Rouen, hier, il a de nouveau endossé le costume de l'instituteur et proposé une nouvelle leçon d'éducation populaire. La pédagogie en moteur social.

A Besançon, il traita du problème du Front National. A Villeurbanne, on l'a entendu démonter point par point le Traité que Sarkozy et Merkel imposaient en silence. A Montpellier, on rappelle l'histoire du drapeau rouge...

Quand le sujet devient trop complexe, le recours à l'humour permet de garder l'attention de la salle. Chaque participant, à cette sauce-là, retiendra les arguments pour à son tour en faire son miel. Un appel à l'intelligence citoyenne.

Il se passe quelque chose, qu'on aime ou pas la personnalité du candidat. Dans ce rassemblement qui s'opère, qui n'a pas besoin de berger, on ne se contente pas de s'indigner, on propose, on politise. Le discours de Rouen est à ce point exemplaire, et l'on se surprend à tout comprendre et se persuader que le temps de politiques décidées par les élites sans rendre compte a du plomb dans l'aile. Le bi-partisme institutionnel a du souci à se faire.

A Rouen, Jean-Luc Mélenchon a parlé de la taxation des plus riches, critiquant l’accumulation des richesses par une infime minorité au détriment du plus grand nombre, et, à l’avant-veille de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, il a rappelé les combats menés et progrès à venir pour l’égalité femmes-hommes. Puis parlé de la VIème République. Le Front national, l'écoutant, en aura tiré la conclusion qu'il ne pourra pas continuer à instiller son discours haineux sans opposition...

A gauche, aux portes du printemps à venir, il se passe quelque chose.

Voici revenus des moments d'éducation populaire. La goutte d'eau Front de Gauche vient de passer un palier dans sa campagne à Rouen, le 6 mars.
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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:25

Une Tribune de Libération

 

Par GÉRARD ASCHIERI Syndicaliste, BERTRAND GEAY Sociologue, CHOUKRI BEN AYED

Sociologue, CHRISTINE PASSERIEUX Militante pédagogique

Les auteurs sont tous membres du conseil de campagne du Front de gauche.

 

On connaît désormais un peu mieux les projets de François Hollande pour l’enseignement et la recherche. Force est de constater qu’ils ne sont pas à la mesure des difficultés et des attaques que subitle service public. Certes, la volonté exprimée par le candidat du Parti socialiste d’inverser la politique éducative en matière d’emploi va dans le bon sens. Et ses intentions pour l’enseignement maternel et élémentaire ou pour la formation méritent attention. Mais l’absence de prise en compte des transformations qu’a connues le service public laisse pantois : rien sur la mise en concurrence des établissements, rien non plus sur la désectorisation, toujours rien sur la transformation managériale des fonctions de responsable d’établissement ! C’est ainsi toute l’offensive du néolibéralisme sur le terrain scolaire qui est purement et simplement ignorée, alors même que l’on sait aujourd’hui à quel point ce type de politique ne fait qu’aggraver les inégalités et tirer vers le bas l’efficacité d’ensemble du système.

Pire : de nombreux éléments attestent d’une volonté de poursuivre voire, à certains égards, d’aggraver cette politique. Ainsi, dans l’enseignement supérieur, non seulement il n’est nullement question d’abroger la loi libertés et responsabilités des universités, mais il faudrait accélérer la «mise en oeuvre des investissements d’avenir». Les gels de postes et l’arbitraire des répartitions de crédits pourront ainsi se poursuivre sans encombre.

Dans les enseignements primaires et secondaires, il n’est pas envisagé de compenser les inégalités entre collectivités territoriales et un «nouvel acte de la décentralisation» pourrait bien s’appliquer. La récente réforme des lycées n’est pas remise en cause alors qu’elle affaiblit les différentes séries, met en péril la voie technologique et installe une organisation locale des enseignements. Le «socle commun de connaissances et de compétences» est conforté, en lieu et place des programmes nationaux. L’école à plusieurs vitesses pourra ainsi s’installer toujours plus au coeur même des processus d’apprentissage. Loin de reconnaître à l’école sa visée émancipatrice, ce projet institutionnalise la fracture sociale de la jeunesse, avec ses établissements fermés pour les fauteurs de troubles et le service civil pour les déscolarisés.

C’est comme si les grandes mobilisations des jeunes, des parents et des personnels n’avaient pas existé, de 2003 à 2011, contre la loi de décentralisation, contre la loi d’orientation, les réformes universitaires ou la réforme du lycée.

Cette incompréhension manifeste à l’égard de tous ceux qui défendent la cause du service public s’exprime aussi dans l’absence de propositions concrètes pour améliorer le fonctionnement démocratique et le rayonnement de l’école laïque. On ne trouve rien, par exemple, sur le statut de parent délégué, qui permettrait une participation plus active et socialement plus diversifiée des parents d’élèves. La place des associations complémentaires de l’école est également passée sous silence, alors qu’elles ont un rôle majeur à jouer pour reconquérir le terrain occupé par toute une série d’officines. La question de la gratuité n’est pas abordée.

Enfin, la mesure phare du programme de François Hollande, les «60 000 postes», apparaît bien insuffisante pour atteindre l’ensemble des objectifs fixés. Rappelons que c’est plus de 70 000 postes de différentes catégories de personnels qui ont été supprimés de 2008 à 2012 et que le petit baby-boom des années 2000 entraînera mécaniquement une augmentation des effectifs de l’ensemble des niveaux d’enseignement.

En réalité, le projet de François Hollande prétend réaliser l’impossible en matière d’emploi public : répondre un tant soit peu aux besoins sociaux tout en respectant la politique d’austérité de l’Union européenne. Le redéploiement des postes de fonctionnaires devient alors la seule variable d’ajustement possible, selon le trop fameux principe du «déshabiller Pierre pour habiller Paul». Il n’y a ainsi guère d’autre cohérence au projet de François Hollande que celle consistant à s’ajuster le moins mal possible aux prescriptions éducatives et économiques du néolibéralisme.

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 07:32

J'étais le vendredi 2 mars à la réunion publique organisée à la maison des capucins de Landivisiau par le collectif Gaspare et l'association "Landivisiau doit dire non à la centrale". Nous avons pris position collectivement au Front de Gauche Morlaix pour un moratoire, une consultation et un débat public avant d'envisager l'installation ou non de la centrale tout en précisant que les arguments de la région visant à faire croire qu'il n'y avait pas d'alternative nous apparaissaient très discutables et que a priori le recours à une énergie fossile pour produire de l'électricité nous paraissait une solution qui n'allait pas de soi.

C'était donc mon rôle de candidat aux législatives de prendre connaissance des arguments des opposants à une centrale qui va s'implanter à 25km de Morlaix et tout au plus près de communes de la 4ème circonscription.  Il y avait 300 à 400 personnes environ, dont une centaine au moins qui ne purent pas accéder à l'intérieur de la salle, archi-comble. 

Les gens de Landivisiau et des alentours qui étaient là (cela ne veut pas dire qu'ils représentent la majorité de la population: il faut être prudent) étaient remontés, révoltés, décidés à ne pas se laisser faire: ils ressentaient cette décision de l'Etat, de la région et des élus de Landivisiau comme une agression et une offense, un déni de démocratie et comme quelque chose qui affecterait durablement leur avenir si elle devait se confirmer.

 

Malgré cette ambiance électrique, sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, j'ai assisté à une réunion de très bonne tenue, basée sur une information certes engagée et unilatérale, mais qui m'a paru étayée par des arguments solides et présentée par des gens sérieux.

 

Yvon Pouliquen, porte-parole de "Landivisiau doit dire non à la centrale", a commencé par parler d'"un projet d'un autre temps, qui nous rend dépendant de la Russie, du Qatar, de l'Algérie". Il n'"a pas du tout apprécié la façon dont la collectivité a géré cette question" et il a revendiqué: "Oui, nous sommes des "anti-tout" quand il s'agit de la santé des citoyens, de la sécurité des gens, des enfants de nos écoles et de nos familles". Il a rappelé que entre 150 et 200 millions d'euros au bas mot seraient à la charge du contribuable du fait de la construction de cette centrale: avec tous les raccordements nécessaires, on peut estimer même qu'on ira bien au-delà.

 

Un représentant du collectif Gaspare a rappelé que son association travaillait depuis un an et demi avec des centaines de personnes, spécialistes ou citoyens se formant sur le tas et ayant envie d'être moins démunis sur les questions techniques, pour préparer un dossier de 240 pages afin de montrer les inconvénients de cette centrale et les alternatives possibles et pour demander un débat public avant prise de décision. Leur opposition ne concernait qu'un des 3 piliers du triskel du Pacte électrique breton - celui du contenu de la sécurisation énergétique. Sur les deux autres piliers: réaliser des économies de consommation d'énergie (même si les objectifs sont insuffisants selon eux) et produire 3600 MW en énergies renouvelables à l'horizon 2020 de manière à être autonome à 30% pour la production d'énergie consommée par la Bretagne, ces militants de Gaspare sont en accord avec la planification énergétique de la région. Le pacte électrique Bretons a été refusé sur cette base par les seuls élus UDB et Europe Ecologie les Verts, là où les communistes et les écologistes de Bretagne Ecologie qui étaient sur la liste de Le Drian au 1er tour des régionales ont voté pour le texte.   Malgré le soutien de beaucoup d'élus du Finistère, la Région et l'Etat n'ont pas examiné sérieusement les arguments des opposants à la centrale selon eux et sont restés sourds à cette demande de débat public contradictoire. Selon cet intervenant, Jean-Yves Le Drian a signé le pacte energie Bretagne qui prévoyait l'installation de cette centrale combiné gaz dans le Finistère le 14 décembre 2010 sans avoir pris l'avis préalablement de ses conseillers régionaux ni du Conseil économique et social de Bretagne. Ceux-ci ont été réunis 3 semaines après et ont approuvé le projet, mais ce léger différé par rapport à la prise de décision indiquerait, selon le porte-parole de Gaspare, la haute conception de la démocratie que se fait notre président de Région. La centrale est appelée à fonctionner 20 ans, et on pourra choisir de la faire fonctionner 20 ans supplémentaires. Cela nous engage pour l'avenir: avec quelles conséquences sur le coût de l'électricité sachant que le prix du gaz ne va cesser d'augmenter? Avec quelles conséquences sur l'environnement? Ce gaz que nous n'avons pas, on va le brûler pour faire chauffer de l'eau avec un  rendement de 54%, sant compter les pertes sur le réseau qui le ramène à 45%. Dans le chauffage direct au gaz, le rendement est de 95%.  

 

Jean Corbert, ingénieur EDF dans la production thermique pendant toute sa carrière, nous a ensuite expliqué avec un très bon talent de pédagogue et beaucoup d'humour comment fonctionnait une centrale combiné gaz, histoire d'expliquer un peu, pour ceux qui partent d'aussi loin que le maire de Landivisiau dans la compréhension de la production d'énergie (et c'est mon cas...!), quelle était la différence avec une cuisinière à gaz...

La combustion du gaz est certes moins polluante que celle du charbon ou du fioul: dans cette possible future centrale, le gaz servira à chauffer de l'eau pour faire tourner une turbine qui fera fonctionner un alternateur, puis un transfomateur d'un côté, afin de produire 300 MW à la sortie, et dans une autre partie de la centrale, les vapeurs récupérées et la fumée du gaz chaud serviront, si j'ai bien compris, à faire fonctionner un autre alternateur produisant 150 MW d'électricité. Une tour de refroidissement de 50 mètres permettra de refroidir la vapeur d'eau et les résidus de gaz de combustion à 100 degrés environ: mais la faible hauteur de la tour (celle de Cordomais est haute de 250 mètres) fera que, les jours de brouillard, les gaz de combustion et les particules chimiques cancérigènes s'épandront tout autour non loin de la centrale sur Landivisiau et sur les villages aux alentours, plutôt que de se disperser sur plusieurs kilomètres.

L'intervenant a ensuite cherché à critiquer les arguments politiques en faveur de cette centrale à gaz.

Le risque de black-out pour la Bretagne souvent invoqué ne s'appuie sur aucun précédent historique. Le territoire national, et plus largement européen, est parsemé de réseaux électriques comme une araignée: tout communique avec tout. En réalité, les lignes électriques ne connaissent pas de frontières: toutes les régions et tous les pays sont inter-connectés. Il y a 7 grandes régions électriques en France, celle de l'ouest regroupe 19 départements, et le centre de contrôle qui pilote la distribution est basé à La Chapelle sur Erdre en Loire-Atlantique: c'est à ce niveau là que cela peut-être un sens de parler d'une nécessaire autonomie. En cas d'approvisionnement insuffisant d'électricité dans un contexte de rupture de production quelque part ou de pic de consommation, il y a toujours possibilité de couper partiellement et très temporairement la distribution à un endroit précis pour éviter le black-out général. Cela se pratique couramment.

L'argument des emplois que va créer la centrale à gaz est lui aussi à relativiser même s'il est vrai que la communauté de commune aura des rentrées fiscales avec la centrale à gaz. Les défenseurs du projet parlent d'entre 400 à 800 emplois: mais il faut préciser au minimum qu'il ne s'agira pas d'emplois majoritairement dévolus aux gens du coin. La centrale va nécessiter 3 ans de travaux: il y aura peut-être entre 150 et 200 personnes sur le chantier et peut-être uniquement 50 personnes qui seront recrutés sur le plan local pour faire le terrassement, le beton, dérouler les cables, faire des soudures, travaillant en intérim pour des entreprises sous-traitantes des géants du BTP.

Pour le reste, il s'agit d'emplois qualifiés hautement spécialisés pour lesquels nous n'aurons pas les salariés formés sur place et qui seront pourvus par des personnels formés des grandes entreprises spécialisées qui travailleront sur le site. Alors, certes, on peut dire que tous ces salariés, même s'ils ne s'implantent pas durablement à Landivisiau, consommeront un moment sur place, ce qui fera tourner le commerce. En même temps, il est à prévoir que de moins en moins de gens voudront s'installer ou acheter des maisons individuelles à Landivisiau du fait des pollutions et des nuisances sonores possibles de la centrale (ventilateurs): dès lors, c'est tout le secteur de l'immobilier qui pourrait s'effondrer, la valeur des biens se déprécier, et les entreprises de bâtiment, l'artisanat et les commerces locaux être mis en difficulté.

D'ailleurs, comme un périmètre important devrait être classé Seveso (secteur à haut risque) autour de Landivisiau ou à quelques kilomètres, là où on stockera le gaz (pour pallier aux ruptures d'approvisionnement ou aux brusques flambées des prix de cette énergie fossile soumise à tous les spéculations et incidents diplomatiques), les conséquences sur l'immobilier, l'aménagement des terrains, des maisons individuelles, des villes, se feront sentir au-delà de Landivisiau. De plus, les tranchées à réaliser pour enfouir la ligne à très haute tension qui distribuera l'électricité condamneront sur une trentaine de kilomètres au moins une bande de 100 mètres de terre cultivable si j'ai bien compris: comme les lignes à très haute tension émettent des ondes magnétiques dangeureuses, cette bande de terre sera définitivement perdue. Cela représente  des centaines d'hectares...  

 

L'argument de la qualité technique du projet de centrale de Direct-Energie à Landivisiau, invoqué par Eric Besson, ne tient pas davantage. Direct-Energie est une société financière qui s'est montée pour récupérer le marché de la libéralisation et de la privatisation de la production et de la distribution d'énergie, dans le silage de la loi Nome, avec notamment Robert Louis Dreyfus comme actionnaire. Cette société a déjà racheté des centrales hydrauliques mais n'a jamais construit de centrale à gaz. Les deux projets de centrale qu'elle devait réaliser ont été suspendus par des tribunaux administratifs en Moselle et dans l'Oise, suite à la mobilisation de la population et des élus locaux (dans l'Oise, plusieurs élus communistes ont été en tête de la mobilisation contre la centrale à gaz Direct-Energie, construite à quelques centaines de mètres d'un terrain ou EDF avait acquis de la réserve foncière près de la rivière, dans la circonscription d'Eric Woerth, un ennemi implacable des lobbies de la finance comme chacun sait), et surtout à cause des défauts intrinsèques des dossiers (mauvais chiffrage des travaux, éléments non pris en compte, vices de procédure...?). Il y a donc encore de l'espoir.

 

Un autre intervenant du collectif Gaspare, Christian Roberts, a rappelé que cette centrale qui devrait fonctionner 8000 heures par an (beaucoup plus par conséquent que les centrales plus polluantes en soi mais 10 fois moins mises en activité de Dirinon et de Brennilis qui ne se mettaient en marche que lors des pics de consommation hivernaux) pour être profitable à la société qui la gère polluera certes mois qu'une centrale à gaz classique ou qu'une centrale à charbon mais qu'elle n'en dégagera pas moins 3000 tonnes par jour de C02 par jour dans l'atmosphère, et que sa pollution quand elle fonctionnera sera équivalente à celle des 700.000 voitures qui circulent chaque jour dans l'agglomération de Marseille... Il s'agit selon lui d'une centrale commerciale faite pour faire de l'argent sur notre dos.

 

Un autre représentant du collectif Gaspare, très remonté contre "les politiques" a rappelé que le député de Landivisiau, Jo Le Guen, avait témoigné le plus grand mépris à la délégation d'opposants à la centrale qu'il avait reçu brièvement dans son bureau en se coupant les ongles pendant qu'ils parlaient et en ne se donnant pas la peine de répondre à leurs arguments. Quant à Marylise Lebranchu, son accueil a été paraît-il à la limite de l'impolitesse et elle a rappelé simplement les principes de base du pacte électrique breton en refusant le débat public préalable à la prise de décision. Le maire communiste de Brennilis a accepté de recevoir Gaspare et a écouté ses militants avec considération mais a refusé ensuite d'organiser un débat contradictoire dans la commune, comme les élus de Briec et de Landivisiau. Le député PS Urvoas a botté en touche lui aussi quand les opposants à la centrale lui ont demandé d'appuyer la tenue d'un débat public contradictoire en remettant la décision d'installation de la centrale. Le secrétaire départemental du PS Marc Coatanéa s'est félicité publiquement en bon tacticien que la droite ait choisi le site de Landivisiau et Direct Energie en invoquant que le site de Brennilis se situait dans le Parc d'Armorique: cela lui permet de refiler la patate chaude de la contestation populaire contre un projet de centrale voulu par les socialistes régionaux à un député et à un maire de droite. " Le PS avait intérêt à faire porter le chapeau à la droite". Gaspare demande un véritable débat contradictoire entre les porteurs du projet, les élus, les associations: qu'on débatte avant pour que la population puisse se faire un avis et qu'on décide après...

Dans les Côtes d'Armor, le projet de centrale à gaz de Ploufragran porté par l'Etat a été rejeté par les élus (de gauche principalement) sous la pression de leurs électeurs à la suite d'un débat contradictoire non public. Borloo a ensuite abandonné le bébé de la centrale à gaz bretonne, et c'est ensuite Le Drian, sans l'inscrire au projet de sa liste lors de la campagne des régionales de 2010, qui l'a repris à son compte. 

Maintenant, ce qui nous attend, ce sont des mois de constitution d'un projet définitif (l'Etat s'est prononcé sur un avant-projet) suivi d'une enquête publique de 12 à 18 mois qui verra une consultation de la population.

 

En même temps, remarque un intervenant écologiste d'"Eaux et rivières de Bretagne" dans la salle, il ne faut pas attendre l'enquête publique pour se mobiliser car alors, les citoyens auront des difficultés à faire ressortir les failles d'un dossier comptant des milliers de pages. "C'est maintenant qu'il faut faire chauffer la colle".

 

Un universitaire italien intervient alors pour dire que même s'il n'est pas un intégriste de l'environnement et pourrait à la rigueur accepter un projet industriel polluant "s'il donnait vraiment à bouffer aux gens", perçoit justement qu'il n'y a aucun bénéfice économique et social réel à attendre de cette centrale. Par aillers, il rappelle qu'en Italie il existe des centaines de centrales à gaz et que cela n'empêche pas des coupures massives de courant.

 

Un membre du collectif Gaspare, sympathisant du Front de Gauche, est lui intervenu pour dire que c'était la question de la concertation des élus et de la population et la question de la démocratie qui étaient posées dans cette affaire. Le projet de centrale est arrivé en juillet 2010, après les élections au Conseil Régional: la population ne l'a donc pas approuvé en votant pour la majorité régionale actuelle. Le travail pour trouver des alternatives et pour voir les défauts du projet de centrale à gaz montre que l'expertise citoyenne peut se situer au même niveau que celle des élus et que les élus auraient intérêt à ne pas décider seuls dans leur coin en prenant pour argent comptant que que dit le maire, l'Etat, la majorité municipale, ou le powerpoint commercial des communiquants de l'entreprise...

 

Le lendemain, samedi 3 mars, j'étais aussi à Landivisiau à 10h pour manifester avec Noelle Peoc'h candidate Front de Gauche à Carhaix qui s'était prononcé contre la centrale de Brennilis (de même que Bertrand Seys, candidat Front de Gauche à Brest Rural, militait contre la centrale de Guipavas et que André Bernard avait demandé un moratoire sur le projet de centrale de Briec) avec au moins une dizaine de militants et sympathisants finistériens du Front de Gauche connus de moi.

 

Le choix de participer à la manifestation, je l'ai fait en tant que citoyen car je suis désormais personnellement convaincu que la centrale à gaz est une mauvaise solution. 

En tant que candidat du Front de Gauche aux législatives dans la circonscription de Morlaix, je pense aussi que la mobilisation pour la suspension de la décision de construction de la centrale à gaz est un préalable pour pouvoir imposer à un Etat et un Conseil Régional qui ont tout fait pour écarter la population de la prise de décision un réel débat public et une véritable consultation de la population, position sur laquelle nous nous sommes entendus collectivement et qui correspond aux grandes orientations du programme partagé du Front de Gauche - l'humain d'abord! - pour les présidentielles et les législatives de 2012 qui fait du remplacement des énergies fossiles et du développement des énergies renouvelables une priorité, qui prévoit un grand débat public et une consultation de la population sur les enjeux énergétiques (le problème d'une sortie ou non du nucléaire mais pas seulement), et qui veut en finir avec les institutions de la Vème République basées sur la délégation (et la confiscation) du pouvoir.   

Après, je sais que tout le monde au PCF et au Front de Gauche ne partage pas mon opposition à la centrale à gaz, certains, et cela peut s'entendre, étant sensibles aux arguments de la majorité régionale mettant en avant un esprit de responsabilité et de pragmatisme pour aller vers plus d'autonomie énergétique et sécuriser l'approvisionnement en électricité du Finistère et de la Bretagne en général.

 

Néanmoins, après cette manifestation colorée et résolue de deux heures qui a réuni 1000 personnes de toute sensibilité (citoyens de Landi. et de la région constituant le gros du cortège, écologistes, militants d'association, UDB, NPA, anarchistes, Front de Gauche...) qui ont fait le trajet jusqu'au site de la centrale prévu au nord du centre-ville de l'autre côté de la voie express, j'ai été un peu chagriné de voir dans les pages départementales du Ouest France Eric Le Bour, notre secrétaire fédéral du PCF 29, exposer une prise de position pour la centrale à gaz (tout en réaffirmant sa préférence pour la maîtrise publique) en reprenant les arguments de la majorité régionale de Le Drian sans que cette prise de position - qui se respecte sur le fond car je crois que tous chez nous ont le souci de l'intérêt général - ait fait l'objet d'un réel débat entre nous et d'un choix collectif. Ceci est d'autant plus regrettable que la plupart des candidats du Front de Gauche aux législatives dans le Finistère paraissent opposés à cette centrale  à gaz, ou du moins favorable à un débat public et à une consultation de la population qui n'a pas eu lieu, tout comme le parti de Gauche, la Fase, la Gauche Unitaire, les autres composantes du Front de Gauche sur le plan départemental.

   

Ismaël Dupont.

    

 

 

 

       

                     

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 19:21
bandeau Front De Gauche





Agenda du front de gauche 
 
Lundi 5 mars : Assemblée Citoyenne à Sizun [ 20h - Salle St Ildul ]

 

- Jeudi 8 mars: Assemblée Citoyenne à Plouégat Moysan [ 20h ]

 

- Vendredi 9 mars : Assemblée Citoyenne à Saint Pol de Léon salle de la voûte, manoir de Keroulas ] -           « L’agriculture » animée par Xavier Compain (éleveur de vaches laitières, militant syndical Modef, responsable PCF sur les questions de pêche et d'agriculture), Jean-Jacques Labous (CGT Saint Pol), Joël Helary (CGT Morlaix).

- Mercredi 14 Mars: Pierre Laurent, le secretaire national du PCF, animera une assemblée citoyenne du Front de Gauche à Brest (à la maison des syndicats- Rue de l'Harteloire) à 18h. Auparavant, il sera à Quimperlé à 11h30 pour une rencontre citoyenne et à Douarnenez à 14H30 pour une reconcontre avec les représentants syndicaux et les salariés de Lagassé à Douarnenez.

 

- Dimanche 18 mars: organisation d'un déplacement à Paris ( par bus) pour suivre le meeting du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon place de la Bastille, à l'occasion des 141 ans du déclenchement de l'insurrection citoyenne de la Commune.

 

Mercredi 21 mars : Assemblée Citoyenne à St Martin des Champs [20 h – Salle Gallouedec ] - « L’école» animée par Gérard ASCHIERI (ancien secrétaire général de la FSU) avec nos candidats.

 

- Vendredi 30 mars : Assemblée Citoyenne à Pleyber Christ [ 20h - Salle le Mille Club (à côté de la salle des fêtes) ] - « travail, emploi, salaire » animé par Nicolas BENIES (économiste et syndicaliste) avec nos candidats

   

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 16:05

 

Début de la réunion prévue à 18 h (avec le petit retard inévitable), accueil d’Yvon Abiven maire de la commune

(en Breton et en Français, svp), introduction de Marylise Lebranchu (moins volubile qu’à l’accoutumée… un bon

point), intervention de Laurent Fabius… et départ obligatoire à 19 h 15 pour respecter l’horaire de l’avion. On

ne s’étonnera donc pas que l’échange avec la salle, pourtant annoncé dans la presse, n’ait pas eu lieu,

transformant ainsi celles et ceux, nombreux, qui s’étaient déplacés, en récepteurs passifs de la bonne parole.

 

Naïf, j’avais préparé une question :

 

« M. Fabius, en 2005 une nette majorité de Françaises et de Français a refusé clairement le traité

constitutionnel européen qui, comme la loi l’imposait, lui était présenté. Vous en étiez.

 

 Le « grand » homme d’état qui nous gouverne (pour seulement quelques semaines encore, je l’espère)

a compris la leçon : on allait se passer du peuple !

 

Mais pour cela, il fallait changer la Constitution… et trouver des appuis à l’extérieur de son camp. Ce

que, par le vote positif ou l’abstention de parlementaires de votre sensibilité, il réussit malheureusement.

C’est ce qui a permis d’adopter le désastreux Traité de Lisbonne.

 

C’est un déni de démocratie. Etes-vous d’accord avec une proposition qui rendrait obligatoire la

consultation du Peuple pour tout traité ou tout texte européen important ? Car je ne peux pas croire que,

comme notre candidat- président, vous considériez qu’il s’agit de sujets trop compliqués pour les soumettre

au jugement des citoyens. »

 

Comme la question n’a pas été posée, il n’y a pas eu de réponse. Mais j’ai cru lire parailleurs que

François Hollande, à peine élu, allait à lui tout seul renégocier les textes européens qui mettent les

Etats sous la tutelle de la Finance.

 

A chacun sa conception de la démocratie !

 

Alain DAVID

Le 02.03.2012

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 16:00

 

 

 

   FABIUS A SAINT-THEGONNEC : SOYEZ SAGES PENDANT 2 ANS

 

 

Le jeudi 1er mars Laurent FABIUS était dans le Finistère pour soutenir la candidature de François Hollande.

 

A l’aéroport de Guipavas il a rencontré les syndicalistes d’Alcatel. Puis il a visité à Landivisiau l’entreprise de préfabrication de béton Celtis (Quéguiner).

 

L’étape de Saint-Thégonnec a débuté  par une phase de tourisme culturel à l’église et à l’enclos. Puis ce fut la réunion publique dans la salle des fêtes avec 400 « spectateurs » bien sages.

 

Avec beaucoup d’humour, Laurent Fabius n’a pas épargné à plusieurs reprises Sarkozy qui est « bien meilleur candidat que Président ».

 

Vint ensuite le plat de résistance : Laurent Fabius a été chargé « par François Hollande et … par Martine Aubry » de préparer la première année de la nouvelle mandature. C’est à ce titre, même s’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, qu’il a décrit ce qui va se passer pendant ces 12 mois.

 

Première information : tout est prêt pour l’alternance et la prise de pouvoir. Comme en 1870, il ne manque pas un seul bouton de guêtre. On a même listé les hauts-fonctionnaires trop proches du pouvoir actuel et qu’il faudra bien déplacer !

 

Deuxième découverte : la situation n’est pas bonne, elle est même catastrophique. Conclusion : « on ne pourra pas tout faire tout de suite » (tiens, il me semble avoir déjà entendu cette chanson !). Il faudra être sage pendant 2 ans ! Pas question donc de revenir sur tout ce que le Parti Socialiste a vigoureusement condamné depuis des mois (retraite, salaires, emploi, non remplacement des départs en retraite dans la fonction publique … ) . On est loin du compte.

 

Troisième affirmation : après ces 2 ans, si la croissance est au rendez-vous, il sera possible d’apporter des réponses aux attentes de la population. On est loin de la guerre déclarée à la Finance. Pas certain que toutes celles et tous ceux qui souffrent tant aujourd’hui soient prêts à faire preuve de cette patience et de cette compréhension pour des propositions aussi éloignées de leurs attentes et de leurs exigences.


Alain David

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