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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 09:14

600px-chokri belaid

 

Réuni en Coordination le mardi 06 février, le Front de Gauche du Finistère exprime son émotion et son indignation devant le crime odieux dont vient d’être victime une figure de la gauche laïque tunisienne.

 

Chokri Belaïd était Secrétaire général du Parti des Patriotes Démocrates Unifiés, le PPDU ,et l’un des dirigeants du Front Populaire pour la Réalisation des objectifs de la Révolution, coalition qui se pose en alternative au pouvoir. Il a été assassiné le 06 février devant son domicile à Tunis .

 

A ses proches nous présentons nos condoléances

A tous ceux qui partagent son combat pour une démocratie laïque nous témoignons notre solidarité

A toutes les organisations politiques, syndicales, associatives qui organisent des manifestations pour résister à l’obscurantisme et au fanatisme, en Tunisie comme en France, nous apportons notre soutien.

Déjà plongée dans une crise politique faute d’un compromis sur la future Constitution - préalable à la tenue d’élections - la Tunisie risque maintenant de voir s’accélérer la « spirale de violence » que dénonçait Chokri Belaïd la veille de sa mort et dont il accusait le parti islamiste au pouvoir Ennadha d’être responsable.

C’est à la démocratie tunisienne que ce crime porte atteinte.

Au peuple tunisien en lutte pour ses droits et ses libertés nous réaffirmons notre solidarité.

 

La Coordination du Front de Gauche du Finistère, le 7 février 2013

 

bandeau Front De Gauche

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 07:07

Nous vous invitons à une Assemblée citoyenne organisée le 20 février 2013 par le Front de Gauche du Pays de Morlaix sur le thème de la Solidarité à 20h, salle du Roallou à Pleyber-Christ.

 

La solidarité est souvent réduite à l'entraide entre proches (voisins, parents, copains), à l'assistance aux plus démunis par des associations charitables ou aux aides sociales dispensées par l'Etat à travers son administration.

 

C'est pourtant une notion à plusieurs entrées renvoyant à la fois à la fraternité, à la qualité du lien social, à la lutte contre la pauvreté, à l'égalité et aux partages des richesses produites.

 

La solidarité ou l'absence de la solidarité se vivent partout, en famille, dans les relations de voisinage, à l'échelle d'une localité, d'un pays, du monde, et influe considérablement sur le bien-être des individus, qui ont besoin d'échanges et de coopérations pour vivre heureux, dans l'acte de donner comme dans celui de recevoir.

 

Car l'homme n'est pas un être simplement et naturellement disposé au calcul égoïste de son intérêt propre comme voudrait nous le faire croire la théorie économie libérale: c'est d'abord et avant tout un être communautaire, un être de relations, de don et d'échanges, ces dispositions pouvant être bien sûr contrariées par une structure économique et sociale qui fait éclater les solidarités et développe l'individualisme.  

 

Le politique ne s'est pas emparé pleinement de cette notion de solidarité pour se donner les moyens de tendre vers une société plus fraternelle, par-delà l'assistanat qui est souvent le revers d'une précarité et d'une inégalité acceptées.

 

Il faut faire un état des lieux de l'exclusion en France, de ses causes. Tenter de poser un diagnostic sur l'efficacité, les succès et les limites des dispositifs actuels de solidarité portés avec beaucoup d'abnégation et de dévouement par des acteurs sociaux (associatifs notamment) et institutionnels. On pourra se demander comment rendre plus efficace et humaine la relation entre les personnes et la "nation solidaire" à travers des exemples de politiques ou de pratiques locales. S'intéresser au fonctionnement de l'économie sociale et solidaire, des centres sociaux, des CCAS, des structures à financement public dédiées à l'éducation populaire, à l'accès de tous au loisir et à la culture.

 

Mais il faut aussi redonner du sens à la notion de solidarité collective, bien moins médiatisée que la solidarité individuelle. La solidarité collective, c'est celle que manifestent les dominés quand, cessant d'être dans une logique de consommation passive des miettes qu'on veut bien leur laisser, ils agissent collectivement et politiquement pour la défense et la conquête de leurs droits. C'est celle qui se déduit d'un projet de partage des richesses, par exemple pour permettre à tous l'accès à la santé - chacun cotisant selon ses moyens et recevant selon ses besoins - avec la sécurité sociale universelle et solidaire.

 

Or, justement, ces solidarités collectives (Sécu, Retraites par répartition, système mutualiste et coopératif, syndicalisme) sont battues en brèche depuis des années par les progrès du libéralisme économique et du capitalisme qui tendent à atomiser la société et à favoriser l'individualisme au détriment de l'échange et du lien solidaire.

 

C'est pourquoi le développement de la solidarité, des solidarités, est une question politique à part entière, et pas simplement morale ou individuelle.  

 

Avec le Front de Gauche qui a pour cap "l'humain d'abord", les citoyens attachés au développement de la fraternité, du lien social et du partage des richesses, pourront donc explorer ensemble les voies possibles d'une politique de la solidarité, sur le plan local comme sur le plan global.  

 

femme front de gauche morlaix    

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 15:47
Le mardi 5 février, les députés communistes du Front de Gauche, par la voix de Jacqueline Frayse, après avoir exigé sans être entendus la suppression des franchises médicales, ont remis en cause la décision du gouvernement d'avantager les cliniques privées (bénéficiaires du crédit d'impôt compétitivité-emploi, contrairement à l'hôpital et d'une baisse de tarif à l'acte inférieure à celle demandée aux hôpitaux publics) au détriment de l'hôpital et de renoncer à abroger la loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST) et de sa tarification à l'acte qui soumettent toutes les activités de santé à une maîtrise comptable entraînant "des suppressions de lits, des fermetures de services et de maternités qui font tant de mal". Récemment, la mort d'un bébé in utero après que sa mère ait été refusée à la maternité de Cochin-Port Royal à Paris et renvoyée chez elle, rappelle les conséquences dramatiques de cette mise sous pression financière de l'hôpital, qui doit diminuer ses effectifs et services rendus aux patients pour être rentable. Jacqueline Frayse a mis en avant la nécessité "de donner enfin aux hôpitaux et à ceux qui y travaillent les moyens de remplir leur mission dans la sécurité au service de nos concitoyens".  
En annexe: communiqué de la CGT après le décès à Porte-Royal-Cochin:

 

DRAMATIQUE RESULTAT DE LA POLITIQUE DE LA PERINATALITE A PARIS

Face au décès de bébé in utéro, c’est toute la communauté hospitalière qui est ébranlée par ce drame. Les équipes pluridisciplinaires, qui au quotidien tant bien que mal, tentent d’assurer leurs missions de services publics, sont bouleversées mais aussi révoltées. L’USAP-CGT et l’Union des syndicats CGT de Paris expriment toute sa compassion à la famille endeuillée.

Il aura fallu, qu’un nouveau drame survienne dans notre établissement APHP pour que certains se posent des questions.

Une fois de plus, ce drame est la conséquence de cette politique de santé menée depuis des années.

Par ce drame survenu à Port Royal, Hôpital COCHIN, cette maternité de type 3 de 6000 accouchements était-elle saturée ou en manque de personnel ??? Malheureusement les deux …

Cette maternité flambant neuve est le résultat de la fusion/regroupement, sur un seul site d’accueil, de 3 maternités à taille humaine, (Port Royal et Baudelocque (3500 accouchements) et St Vincent de Paul (2500 accouchements), (ces 3 maternités étaient reconnues parmi les meilleures de France)). L’objectif était affiché par cette restructuration : la construction d’une maternité de type 3 de 6000 accouchements avec suppressions de 142 postes et la suppression des dizaines de lits d’obstétrique !!!.

L’USAP-CGT, l’UD CGT de Paris ont dénoncé et combattu ce projet de construction « d’une usine à bébé », dont les uniques objectifs sont la rentabilité, la productivité, l’efficience économique … Déjà avant son ouverture, le syndicat CGT de Cochin avait au niveau du CHCST Local obtenu le tenue d’une expertise qui faisait apparaître un manque de 30% en personnel pour le fonctionnement de cette structure ….

De plus, une aile dans ce bâtiment reste fermée avec19 lits d’hospitalisation. Des lits restés fermés, pour des raisons économiques voir pour servir de rocades pour le démantèlement de l’Ophtalmologie de l’Hôtel Dieu, alors que l’on refuse des urgences !!!

Dans la capitale, un certain nombre de maternités et de services de gynéco-obstétrique ont fermé leurs portes dans les 10 dernières années et certains sans aucune mesure pour le transfert de leurs activités dans d’autres établissements : Maternité de l’Hôpital Hôtel Dieu, Maternité de Rothschild, Maternité de Saint Antoine (3600 accouchements), les services de Périnatalité de l’Hôpital St Michel (15eme) et Notre Dame de Bon secours (14eme). D’autres sont remises en cause ou étrangler budgétairement (Maternité des Lilas, Maternité des bleuets) … L’Institut de Puériculture (IPP) est fermé …

D’où la conséquence de l’engorgement de la maternité de Port Royal … C’est le résultat des multiples restructurations et fermetures dans Paris …

 

IL FAUT ARRETER TOUT CELA …

Ce ne sont pas des enquêtes administratives et médicales commanditées par la Direction Générale ou la Ministre qui vont empêcher de nouveaux drames, tant que la seule logique comptable reste la ligne conductrice de la stratégie de l’APHP. Pour 2013, la Directrice Générale annonce un nouveau plan d’économies de 150 millions d’Euros.

Il est plus que temps de changer cette politique de santé

! Toute la CGT à Paris est engagée dans une bataille pour le développement de la protection sociale, pour une véritable politique d’offres de soins et de structures de sécurité sociale de proximité.  

L’USAP-CGT et l’UD CGT de Paris exigent la protection des agents de ce service. Ils sont les victimes de plans d’austérité successifs qui préconisent des suppressions d’emplois pour dégager des économies.

La dégradation de la prise en charge des besoins de santé de la population en gériatrie, en périnatalogie, et pour les urgences doit stopper …

 

L’USAP-CGT et L’UD CGT de Paris EXIGENT UN MORATOIRE SUR LES PLANS D ’ECONOMIES ET SUR LES RESTRUCTURATIONS.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 11:59

Assassinat de Chokri Belaïd : « La révolution tunisienne est directement visée »

 

Le secrétaire général du Parti des Patriotes démocrates unifiés et leader du Front de Gauche, Chokri Belaïd, a été assassiné ce matin à Tunis. Cet assassinat suscite une très grande émotion.

Le Parti communiste français exprime avec la plus grande force son indignation et sa condamnation devant ce crime odieux. Cet acte criminel confirme les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la Tunisie de la part de forces hostiles à la démocratie et à un État de droit.

C'est la « révolution » tunisienne qui est directement visée. Ce sont les aspirations populaires, l'espoir d'un vrai changement qui sont attaqués.

Le PCF tient à exprimer ses sincères condoléances et toute sa solidarité à la famille de la victime et à tous les démocrates tunisiens.

 

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 08:27

 

LA PALESTINE en Pays de MORLAIX

3 jours de Spectacles, de Débats, de Rencontres avec les associations locales de la Solidarité* 

 

Du 12 au 21 février, hall de l'Espace du Roudour de Saint Martin des Champs:

Expo-Photos de JM. Nayet et Informations sur la Palestine.

 

Jeudi 14 février Théâtre du Pays de Morlaix : « Quand m’embrasseras-tu ? » Création de la Compagnie Brozzoni d’après les textes de Mahmoud Darwich à 20h 30 (Billetterie sur place…)

 

Vendredi 15 février au cinéma La Salamandre à 20h 30 : «Aïda, Palestine » Documentaire de Till Roeskens. Projection suivie d’un débat avec

 

Jean-Claude Lefort, Président de l’Association France Palestine Solidarité et

Claude Léostic, Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

 

 Samedi 16 février à l’Espace du Roudour à St Martin des Champs  Concert du TRIO JOUBRAN à 20h30 (Billeterie sur place...)

 

 * AFPS MORLAIX - Association pour le jumelage Morlaix Wavel - ACAT Pays de Morlaix - LDH Pays de Morlaix - Mouvement de la Paix - Peuples Solidaires St Pol Morlaix

 

 En partenariat avec: le Théâtre du Pays de Morlaix, le cinéma La Salamandre et l'Espace du Roudour

 

 Pour tout contact: Association France Palestine Solidarité Morlaix (06 10 67 18 33)

                             Association pour le jumelage Morlaix Wavel (06 20 30 98 08)

 

affiche-Palestine-14-16-fevrier-2013-copie-1.jpg

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 08:03

 

 

LE DROIT AU TRAVAIL DYNAMITÉ

 

RÉSISTER & CONSTRUIRE

 

Un accord intitulé « sécurisation de l'emploi » a été conclu entre les organisations patronales et des organisations syndicales représentant une minorité de salariés, contre l'avis de la CGT et de FO. Cet accord, soi-disant historique, signé sous pression du gouvernement, n'est en aucun cas une bonne nouvelle. Sauf peut-être pour le Medef qui n'en espérait sûrement pas tant, neuf mois après la défaite de Sarkozy. Il sera examiné au Parlement. Les parlementaires du Parti communiste et du Front de gauche ne laisseront pas transcrire dans la loi une nouvelle régression sociale. Ils interpellent les parlementaires socialistes et écologistes chez qui cet accord est loin de faire l'unanimité.

 

Cet accord facilite les licenciements et évite les poursuites des employeurs.

La CGT et FO ont refusé de le signer. La FSU et Solidaires n'avaient pas le droit de participer aux négociations. Seules, la CFDT, la CGC et la CFTC l'ont signé avec toutes les organisations patronales. Le MEDEF est enthousiaste.

 

Il organise le chantage à l'emploi, aux mobilités forcées et piège les salarié-es avec le temps partiel. Il crée des CDI précaires ! Quelques exemples : on affichait l'ambition de la « sécurisation de l'emploi » et on débouche sur la « sécurisation de la flexibilité et du licenciement ».

On annonçait : taxer les contrats courts et on cède en contre-partie une nouvelle exonération de charges patronales sur tous ces contrats.

On annonçait la démocratie sociale et on débouche sur la présence d'un ou deux salariés possibles dans les conseils d'administration de plus de 10 000 salariés dans le monde et 5 000 en France, soit deux cents entreprises concernées tout au plus.

Et pour couronner le tout, les entreprises ont 26 mois pour mettre en place les modalités que les actionnaires devront d'abord approuver. En contrepartie, il taxe légèrement certains CDD courts et contrats d'usage mais le patronat obtient 150 millions de nouvelles exonérations sur les CDI.

QUAND ON EST DE GAUCHE ON DIT NON !

Michel Sapin, ministre du Travail, devra user de beaucoup de salive pour convaincre la représentation nationale et les salariés que cet accord « emporte l'intérêt général » et qu'il devrait être adopté tel quel au Parlement. Le gouvernement semble décidé à empêcher toute discussion du Parlement et lui demande de transcrire en l'état l'accord signé et est prêt à usé de l'argument d'autorité auprès de ses parlementaires.

Pour les parlementaires communistes et du Front de gauche, pas question de laisser passer ce mauvais coup.

Le débat traverse les groupes socialiste et écologiste. Et il y a deux bonnes raisons pour cela. Pourquoi une majorité de gauche devrait-elle adopter un accord qui fait reculer les droits des salariés ? Au nom du respect de la démocratie sociale, va-t-on nous rétorquer ! C'est précisément la seconde raison de le refuser. Cet accord, en ne recevant pas l'agrément de la CGT et de FO, n'est pas conforme à, l'esprit des accords majoritaires qui devrait être scrupuleusement respecté par une majorité de gauche digne de ce nom.

 

 

 

Ouvrons, en lien avec les salariés et leurs syndicats, le chantier d'une vraie sécurisation de l'emploi.

Les salariés ont besoin d' une véritable sécurisation de leur contrat de travail. Travaillons à la pénalisation de tous les CDD et des contrats précaires en alourdissant massivement les cotisations sociales patronales sur ces contrats et en imposant une surtaxe aux entreprises lorsqu'elles emploient plus de 5 % de CDD.  

Et, contrairement à ce que dit madame Parisot, ce n'est pas la Fonction publique qui est responsable à elle seule de l'explosion du nombre de contrats courts dans le pays. C'est dans le secteur marchand qu'on est passé de 5,7 millions de CDD de moins d'un mois (en 2000) à 10,6 millions en 2011, soit une augmentation de 85 % ; et c'est au secteur privé qu'on doit 75% de la hausse du nombre de CDD en dix ans.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:57

 

Comment expliquer que d'anciens communistes comme Napolitano, actuel président de la République Italienne, Massimo D'Alema, Walter Veltroni, et tant d'autres, se retrouvent depuis quelques années en position de cautionner ou de mettre en oeuvre à l'intérieur du centre gauche une politique social-libérale en Italie alors que jusqu'à la fin des années 1980, le Parti Communiste Italien était encore très puissant électoralement, réalisant des scores de 25 à 27% aux élections nationales et gérant de nombreuses municipalités?

 

Berlinguer-copie-1.jpg

 

Cet essai de Guido Liguori, un universitaire militant, philosophe spécialiste de Gramsci, analyse de manière très intéressante l'histoire du PCI et le processus qui à la fin des années 1980 a conduit à sa disparition pour céder la place à un quasi néant du côté de la gauche de transformation sociale en Italie.

"La fin du parti, écrit Guido Liguori, aura été également la fin de la participation politique de masse, non pas épisodique ou mouvementiste, dans la société italienne, et il ne reste rien de semblable chez les héritiers du PCI. Un immense patrimoine politique, historique, humain s'est ainsi perdu".

C'est un livre qui donne des grilles de lecture et des outils conceptuels pour comprendre et soumettre à une évaluation critique l'évolution vers un positionnement réformiste et sociale-démocrate avancé qui s'est faite sentir aussi à l'intérieur du PCF et de sa direction, particulièrement du temps de Robert Hue, sous l'influence d'une perte de foi en notre mission historique, des pratiques gestionnaires et électoralistes prenant le pas sur les objectifs de transformation globale de la société. 

A mon avis, qui je crois est partagé par beaucoup de militants communistes, en même temps que la radicalisation de la mise en crise de la société par le capitalisme financier, le projet politique cohérent et ambitieux du Front de Gauche, tournant résolument le dos aux logiques capitalistes dans de multiples domaines et rendant possible la reconstitution progressive d'une gauche de combat et d'ambition révolutionnaire, et l'élan populaire et citoyen grandissant qu'il génère depuis sa création en 2008, permettent de redonner aux communistes la fierté de leur histoire, de leur nom, de leur rôle historique, et les amènent à vouloir renforcer a contrario de 20 ans au moins de délitement idéologique et de remise en cause des fondamentaux marxistes, un projet de société révolutionnaire pour le Parti, basé sur le refus de la "real politik" libérale et le retour de la lutte des classes.

A cet égard, la préface d'Emmanuel Dang Tran qui accuse la direction communiste actuelle de vouloir saborder l'héritage communiste à l'exemple italien en construisant le Front de Gauche et en étant partie prenante du PGE me semble être un contre-sens ne servant pas à tirer les bons enseignements de ce livre qui en contient de nombreux.

Guido Liguori est d'ailleurs beaucoup moins sévère sur l'idéal du communisme démocratique tournant le dos de fait à  l'héritage autoritaire du bolchevisme et du "socialisme réel" puisque c'est depuis les années 50 et avant cela même, grâce à l'influence intellectuelle de Gramsci, une des particularités remarquables du Parti Communiste Italien, laquelle n'impliquait aucunement son effacement comme parti de masse et force capable d'entraîner le progrès social, même sans exercer le pouvoir, le PCI ayant eu un rôle majeur sous Togliatti notamment après guerre dans la construction d'une démocratie sociale avancée en Italie.

 

Le début du livre, consacré à analyser sur un plan idéologique l'histoire du PCI jusqu'au milieu des années 1980, est passionnante. Je n'évoque ici que les grandes lignes de ce développement d'histoire politique.   

 

Togliatti, dirigeant du PCI dans les années 50 et au début des années 60 (il meurt en 1964) a été le père d'une théorie des "réformes structurelles" qui permettait d'échapper à l'alternative réductrice et dommageable "entre réformisme et utopisme révolutionnaire. On isolait des objectifs intermédiaires, sur lesquels on pouvait rassembler de grands fronts de lutte, qui permettraient de changer les rapports de force en faveur de la classe ouvrière et de ses alliés. Togliatti voulait échapper à l'alternative réformes/révolution, en rénovant la redéfinition du concept de révolution opérée par Gramsci: non plus seulement un seul évènement bref et décisif mais un processus, dans lequel on pouvait également intégrer les réformes, à condition que les équilibres dans les rapports de force basculent, et puissent rendre le pouvoir entre les mains des capitalistes à ceux qui luttent contre lui". (p.41). Les communistes italiens du temps de Togliatti étaient à la fois rassemblés par et dans le mythe de l'URSS, mais aussi sur "une conscience bien ancrée du fait qu'ils devaient appuyer leur lutte pour le socialisme sur le maintien et l'élargissement de la démocratie".  

 

Le successeur de Togliatti, Enrico Berlinguer, a radicalisé une critique de la limitation et suppression des libertés individuelles dans les pays du "socialisme réel" que l'on trouvait déjà chez le dernier Togliatti. Tout en passant un certain nombre de compromis avec la démocratie-chrétienne pour réaliser des avancées sociales concrètes immédiates, il a voulu faire l'idée de démocratie aboutie, populaire et sociale, le socle même du projet de société communiste, la fin vers laquelle il tend et le moyen d'y tendre. Dans les années 1968-1969, "s'affirma la question fondamentale d'un contre-pouvoir disséminé dans le corps social, avec la naissance de milliers de conseils d'usine, de secteur, de quartier, etc. Non pas une situation de "dualité des pouvoirs", mais un bourgeonnement de la démocratie de base qui, dans la vision de la gauche communiste, devait accompagner le "caractère central du gouvernement", en étirer les limites, répondre à la volonté de participation, d'engagement politique, d'un nouveau sens civique démocratique... Le PCI tira de ce vaste mouvement des bénéfices du point de vue politique, organisationnel et électoral; ses sections se remplirent de "morceaux de société" que jamais auparavant l'on était parvenu à approcher: non seulement des jeunes, mais aussi des indépendants, techniciens, intellectuels de masse, des femmes, des personnes nouvelles qui "naturellement" se tournaient vers le parti communiste porteurs d'une forte demande, bien que diverse et variée, de changement". Guido Liguori reconnaît tout de même que, peut-être un peu comme en France à la même époque, "le parti dans son ensemble resta cependant bien en-deça des demandes d'élargissement des libertés, de subversion des hiérarchies, d'innovation culturelle, de changement également des formes de vie quotidienne, des rapports interpersonnels et familiaux, de la sexualité, qui venaient de la société".

 

Parallèlement, dans les années 70, le PCI pris peu à peu indépendance et distanciation critique par rapport à l'URSS et au modèle communiste bureaucratique et autoritaire que la grande puissance incarnait, avec ses Etats satellites, se faisant la force motrice un potentiel eurocommunisme. Ainsi, "le 2 novembre 1977 à Moscou, lors du 70e anniversaire de la révolution d'Octobre, Berlinguer affirmait: "La démocratie est une valeur historiquement universelle sur laquelle on peut fonder une société socialiste" . Parallèlement, anticipant de plusieurs décennies l'actuelle conversion écologique progressive du PCF sous l'influence du Front de Gauche à une remise en cause critique du productivisme et de la société de consommation, Berlinguer souhaitait en 1977 "le dépassement de "modèles de consommation et de comportement inspirés d'un individualisme exacerbé" et "l'abandon de besoins matériels créés artificiellement" et un développement "austère", tourné vers d'autres biens, définis comme "authentiques", tels que "la culture, l'instruction, la santé, un rapport libre et sain avec la nature" (p.56). Le projet de société communiste ne peut en effet faire l'impasse d'une remise en cause fondamentale de la civilisation et du mode de vie dominant créé par le capitalisme: la revendication salariale et économique sont nécessaires mais ne peut se suffire à elle-même. Berlinguer dénonçait aussi comme facteur d'aliénation et de perte de vigueur démocratique la professionnalisation de la politique, laquelle ne devait pas conduire le PCI, dans le sillage des sociaux-démocrates de Craxi, à abandonner pour l'opportunisme électoraliste sa visée de dépassement du capitalisme:

 

" Le paysage politique italien changeait rapidement, se préparait le "CAF" (Craxi-Andreotti-Forlani), une alliance Démocratie Chrétienne- PSI qui n'avait pas, à la différence du vieux centre-gauche, d'axe programmatique réformateur et qui finit par être une répartition des pouvoirs et des clientèles. Egalement au niveau international se répandaient des idéologies antidémocratiques, "décisionnaires" ou de "gouvernance" qui voyaient la démocratie et la question de la participation comme un problème, et dont le secrétaire socialiste Craxi se fit le partisan en Italie. Berlinguer comprit avant bien d'autres que le processus mis en route pouvait avoir de graves conséquences pour la démocratie (celles qui seront en partie révélées avec l'Opération mains propres). C'était la dégénerescence de tout un système politique, la trahison de la démocratie constitutionnelle, à laquelle les partis devaient garantir la participation, au lieu de détourner illicitement les ressources et de concentrer tout le pouvoir entre leurs mains. Berlinguer percevait cela comme "le coeur du problème italien", le dénonçait ainsi: "Les partis d'aujourd'hui sont surtout des appareils de pouvoir et de clientèle, ils ont occupé l'Etat et toutes ses institutions (...) toutes les "opérations" que les diverses institutions sont appelées à accomplir sont conçues avant tout en fonction de l'intérêt du parti ou des courants ou du clan". Contre ce cancer de la politique se dressaient les communistes, désormais restés presque les seuls, pour le dirigeant sarde, à faire de la politique mus par des passions et des idéaux, en défendant les intérêts non de groupes ou d'individus, mais de grandes portions de la société: "Nous, nous pensons que les privilèges doivent être combattus partout où ils se cachent, que les pauvres, les exclus, les laissés-pour-comptez doivent être défendus, et qu'on doit leur donner la parole et la possibilité concrète de peser".

Etre communistes, selon les mots de Berlinguer, n'avait pas une connotation seulement morale, éthique, mais s'enracinait dans une critique précise du capitalisme: les communistes étaient convaincus qu'on "pouvait et qu'on devait discuter de la façon dont il fallait dépasser le capitalisme compris comme mécanisme, comme système". Malgré l'insistance de l'intervieweur Eugenio Scalfari, Berlinguer n'acceptait pas la formule selon laquelle le PCI aurait été désormais seulement  un parti socialiste "sérieux" (pour le distinguer du parti de Craxi, désormais socialiste seulement par le nom). Nous communistes - précisait Berlinguer - "nous voulons construire sérieusement le socialisme... C'est justement pour sauver la démocratie (...) qu'il faut dépasser le capitalisme". 

 

Berlinguer se posait le problème de l'identité du parti, désormais secoué par de trop nombreux éléments: le manque de débouchés d'une politique qui avait pu sembler triomphante; les années passées dans le domaine du pouvoir local, qui avaient formé un "parti d'administrateurs" trop enclin au compromis; l'ouverture à des cadres issus de 1968, arrivés aux sommets avec une culture politique partiellement différente, sans être suffisamment rodés, et générationnellement portés à voir immédiatement la politique comme un métier, comme débouché professionnel; en conséquence la diminution des fonctionnaires d'extraction prolétarienne, la réduction drastique de "l'ancienneté de service" des permanents et le moindre poids de la formation acquise dans les "écoles de parti" avant de prendre des positions de responsabilité et de pouvoir. Enfin, dans la seconde moitié des années 70 et ensuite dans les années 80, la concurrence avec le PSI de Craxi qui, dans certaines régions du pays avait contaminé jusqu'à cette droite communiste qui, en conflit avec Berlinguer, faisait de plus en plus de l'unité avec les socialistes son mot d'ordre" (p59-62).

 

Toute ressemblance avec la situation politique française et celle du PCF depuis les années 1980 n'est peut-être pas purement fortuite...

 

A l'inverse, "Berlinguer entendait selon Guido Ligori aller à la "reconquête" des ouvriers, de ce peuple que la "politique des deux temps" avait éloigné du parti. En 1980 aux portes de Fiat, devant les ouvriers engagés dans une lutte très rude contre les licenciements et la mise au chômage technique, Berlinguer promettait le soutien des communistes à toute mesure de lutte que les travailleurs auraient démocratiquement décidée, y compris l'occupation des usines. Berlinguer confirma quelques années plus tard, à la veille de sa mort, cette position de défense du monde du travail, en lançant, contre l'avis d'une partie du groupe dirigeant du PCI et d'une bonne partie des dirigeants syndicaux les plus modérés - le référendum pour abroger le "décret de san Valentino" avec lequel le gouvernement Craxi avait modifié unilatéralement au détriment des travailleurs l'"échelle mobile". C'était un facteur de conflit éminemment politique et symbolique, qui dépassait largement l'enjeu économique réel. On cherchait à isoler le PCI et à affirmer une culture "décisionnaire" contre celle de "concertation" et de contrôle démocratique de l'exécutif". (p. 64).    

 

A l'opposé de Berlinguer, la droite du PCI derrière Napolitano "se réclamait de Togliatti, de son "analyse différenciée", de sa politique qui voulait faire pression sur le centre-gauche et les socialistes, mais non les considérer comme des ennemis. On ne percevait pas ainsi la différence entre les années 60 et les années 80, entre le premier centre-gauche réformateur dans ses origines et le nouvel accord de pouvoir du CAF" (p.65).     

 

Dans les années 80, après la mort de Berlinguer en 1984 à la suite de laquelle, aux élections européennes le PCI devient le premier parti italien en termes de vote(11 700 000 voix, 33% des suffrages exprimés!), le Parti Communiste Italien va s'engager dans une spirale de déclin beaucoup moins rapide et important néanmoins que le PCF (fragilisé de surcroît par l'expérience de la participation gouvernementale et du tournant de la rigueur, l'OPA réalisée par le PS sur l'électorat de gauche et la fuite vers l'abstention de l'électorat populaire).

 

Ce déclin du PCI est d'abord lié à une situation objective, un climat international et une nouvelle phase de transformation et d'expansion brutale du capitalisme. L'analyse que fait Guido Ligori de ces facteurs d'affaiblissement du PCI vaut aussi pour le PCF et est très claire et complète, quoique déjà formulée dans ses différentes composantes. Elle montre aussi que les communistes auraient peut-être pu davantage limiter ce déclin en prenant conscience plus tôt des nouveaux problèmes posés par l'époque.

 

"Au niveau mondial, l'on avait d'une part les complications chroniques de la crise du "bloc socialiste", face auxquelles Gorbatchev allait bientôt effectuer une tentative de sauvetage aussi extrême que vouée à l'échec, de l'autre les courants néolibéraux triomphants, agressifs et populistes, représentés par Reagan et Thatcher, qui jouaient - en s'appuyant sur la vaste restructuration capitaliste en marche au niveau planétaire - l'air de la revanche anti-ouvrière et néoconservatrice. A la restructuration de la production vint s'ajouter la crise de "l'Etat providence".

Face à ces phénomènes, la réflexion et la capacité d'analyse du PCI furent tout à fait insuffisantes, car il ne saisit pas toute la radicalité des changements du système productif qui conduisait à une nouvelle composition de classe, à un bouleversement de pans entiers de la société, au déclin des vieilles figures sociales face à de nouveaux types de travail et de travailleurs.

En particulier, la force quantitative et politique de la classe ouvrière, base principale de l'action du PCI, s'érodait. Du point de vue quantitatif, les processus de robotisation et d'informatisation de la production causaient une diminution de la force de travail industrielle. D'un point de vue politique, la réduction numérique et stratégique de la grande usine à cause des processus de déconcentration et d'externalisation de la production ("l'usine diffuse") était une des raisons (même si ce n'était pas la seule) qui affaiblissait la perception de soi des ouvriers en tant que classe, corps collectif, sujet politique.

Il s'agissait d'un changement d'ère. C'était le début d'une dynamique structurelle d'érosion des positions des classes laborieuses et donc des communistes (le PCI étant vraiment "le parti de la classe ouvrière") à tous les niveaux. A l'ère des grands mouvements collectifs succéda le repli individualiste, désigné par Christopher Lasch comme La Culture du narcissisme et si bien décrit dès le sous-titre de l'édition italienne de son livre, L'individu fuyant le social dans une ère de désillusions collectives: perte d'attrait de la chose publique et "apothéose de l'individualisme" autant de phénomènes qui peu à peu gagnaient des secteurs croissants de la société et face auxquels la section du PCI, la commaunauté-parti, était destinées à apparaître comme dépassés...".

 

L'affaiblissement du PCI est également lié à une évolution endogène, un processus d'acculturation mené par le haut et qui s'est traduite par une conversion à peine retenue à l'idéologie de la "fin des idéologies" et du pragmatisme visant l'amélioration et non plus la transformation du système, et par une remise en cause de la centralité de la lutte des classes et de la légitimité de l'histoire révolutionnaire communiste. Au début des années 80, l'obsession des cadres dirigeants d'affirmer afin de lutter contre un sentiment de ringardisation un communisme de nouvelle génération, plus ouvert sur les mutations de la société, les revendications individuelles et sociétales, s'est accompagné d'une forme de renoncement progressif à la critique globale du système capitaliste et à la tradition du militantisme ouvrier et populaire.

 

Se faisant photographier en train d'embrasser son épouse, le premier secrétaire Occhetto, élu en 1987, a symbolisé ce virage du nouveau PCI incubé dans ces années 80 qui ont vu la grande offensive néo-libérale en cédant dans sa communication personnelle aux dérives de l'américanisation de la vie politique par la mise en scène de la vie privée et l'obsession pour le nouveau, le moderne. Ce communiste rénovateur de formation intellectuelle solide a voulu construire un communisme post-marxiste basé sur un progressisme en matière sociétal et écologique, et un réformisme fort en matière sociale. Il a oeuvré pour "le remplacement de l'analyse de la société en termes de classe, propre à la tradition marxiste, par une analyse de la société en termes d'individus, de droits individuels et de citoyenneté, propres à la tradition libérale et libéral-démocrate" (p.116). La critique vis à vis des expériences ratées du communisme autoritaire, la perception des évolutions sociales, a conduit à identifier l'ambition politique moderne au seul projet démocratique, entendu dans toutes ses acceptions, y compris en terme de démocratie sociale et économique, mais surtout de développement du droit à la différence et du droit des minorités.  

 

Quand on lui demandait s'il ne fallait pas que les communistes donnent naissance à une nouvelle formation adaptée aux enjeux de l'époque où ils se regrouperaient avec des non-communistes progressistes, Occhetto répondait: "Ceci est encore prématuré. Mais notre perspective est celle-ci: établir un vaste espace de convergence entre des forces différentes, laïques et catholiques. Lorsque nous y parviendrons, cet espace trouvera certainement ses symboles. A des faits politiques nouveaux correspondront des symboles nouveaux (...). Ni le libéralisme ni le marxisme ne sont plus en état de fournir des schémas adaptés à nos sociétés, beaucoup plus complexes qu'auparavant. C'est dans ce but que nous sommes en train de ré-examiner toute notre tradition politique". (p.117).

 

Sur le plan international, Occhetto et Napolitano, tout en témoignant de l'intérêt pour la réforme de Gorbatchev, étaient tout entiers absorbés par un rapprochement avec l'Internationale socialiste.  

 

La renonciation au nom du "parti communiste" était dans l'air en 1989: elle a finalement succédé à une renonciation progressivement de plus en plus affirmée à l'intérieur du PCI à l'essence communiste elle-même, c'est à dire à la volonté et à l'espoir révolutionnaire, à l'idée qu'il existe un horizon social et politique souhaitable, nécessaire et possible au-delà du capitalisme.  

 

Au travers d'un essai extrêment détaillé d'histoire politique, Guido Liguori montre comment entre 1989 et 1991 le plus grand parti communiste de masse, riche de 1,2 millions d'adhérents représentant toutes les couches de la société et encore deuxième force politique italienne en termes de suffrages, va très rapidement dilapider ce capital unique, au préjudide de la participation politique populaire et de la vigueur des idéaux de progrès social dans l'Italie contemporaine.

 

Le remplacement du PCI par le Parti Démocrate de Gauche, la formation du Chêne, coïncida avec le commencement d'une triste trajectoire de dégringolade électorale et d'affadissement idéologique. Aux premières élections législatives qui eurent lieu après la fin du PCI, le 5 avril 1992, le nouveau parti, PDS, obtient 16,1% des suffrages (6 317 000 voix) contre 26,58% pour le PCI aux législatives de 1987 (10 250 000 voix).

 

Avec le recul, on observe que la disparition volontaire du PCI a considérablement fragilisé toute la gauche italienne et ouvert un boulevard pour la captation d'une partie de l'électorat populaire par la droite populiste ultra-libérale.   

 

Ismaël Dupont

 

ARTICLE SUR LE LIVRE ET ENTRETIEN AVEC L'AUTEUR SUR LE SITE INTERNET DE L'HUMANITE.

 

Guido Liguori, philosophe spécialiste d’Antonio Gramsci, est l’auteur de Qui a tué le Parti communiste italien ? Loin de s’attacher aux seuls débats de 1989, il s’efforce de dévoiler les racines intellectuelles et philosophiques de la décision de dissoudre le Parti communiste italien, le plus influent en Occident, pour créer le Parti démocrate de gauche.

 

Quelles sont les raisons principales 
de la dissolution du Parti communiste italien (PCI) ?

Guido Liguori. On trouve plusieurs ­raisons, mais il en existe une de fond. Le PCI était depuis longtemps devenu une fédération de partis, tenus ensemble par une histoire, une tradition. Mais ses composantes s’éloignaient de plus en plus l’une de l’autre. L’initiative du secrétaire du PCI, Achille ­Occhetto, de proposer un changement de nom du parti (le 12 novembre 1989 – NDLR) a redistribué les cartes. Il a pu compter sur deux courants au sein du groupe dirigeant. Le sien (le centre qui dirige le parti – NDLR) et la droite du parti, qu’on appelle les «miglioristes», dont vient l’actuel président de la République, Giorgio Napolitano, et qui était depuis longtemps ­favorable à la transformation du PCI en une force sociale-démocrate. Une autre partie du groupe dirigeant envisageait la transformation du PCI, mais pas en un parti social-démocrate et n’était donc pas d’accord avec les «miglioristes». Mais ils se sentaient à l’étroit, jugeaient dépassés la tradition, l’idée, le nom de communiste.

 

Qui donc ?

 

Guido Liguori. Une partie de l’entourage d’Achille Occhetto qui vient de la gauche du parti. Il plonge ses racines dans «l’ingraïsme» (l’aile gauche mouvementiste du PCI qui se référait à Pietro Ingrao – NDLR) et qui était sous l’influence de l’idée d’une modernisation de la société et de la lutte défendue à l’époque par le quotidien la Repubblica. Si le changement a été permis, c’est par l’initiative d’Achille ­Occhetto, inattendue pour le groupe dirigeant. Si la base a suivi, c’est que l’état d’esprit est : «Si le secrétaire fait quelque chose, c’est qu’il sait pourquoi, c’est pour tromper l’ennemi, même si je ne le comprends pas moi-même.» Si la veille de la proposition, on avait demandé l’avis des militants, 90% auraient refusé une telle perspective.

 

Dans votre essai, vous citez plusieurs personnes pour qui, dans la pratique, le PCI n’était plus communiste. Quel est votre avis ?

 

Guido Liguori. C’était un parti communiste. Pour être plus précis, pour beaucoup de composantes, c’était encore un

parti communiste. Nombreux sont ceux qui n’auraient jamais eu l’idée de changer le nom du PCI si Achille Occhetto n’en avait fait la proposition. Parmi ceux-là, Massimo D’Alema (qui deviendra chef de gouvernement entre1998 et 2000 – NDLR). Ce dernier était l’un des plus intelligents défenseurs de l’héritage de Palmiro Togliatti (l’ancien secrétaire du PCI entre 1938 et 1964 – NDLR). Au cours de l’été 1989, il était encore de ceux qui polémiquaient contre ceux qui proposaient, déjà alors, de changer le nom du parti. Mais en novembre, il change d’avis. Pourquoi ? Parce que c’est le secrétaire qui a fait la proposition. Dans un entretien, il résume bien la mentalité communiste. Il estime que, pour guider un ­autobus déjà en marche, il faut monter dedans et essayer d’en fixer la direction. C’est naturellement une illusion.

Il est utile de rappeler qu’à l’époque Mikhaïl Gorbatchev dirigeait encore l’Union des ­Républiques socialistes soviétiques (URSS) et se disait «élève» du communiste italien. ­Personne ne pouvait alors imaginer que, deux ans plus tard, l’URSS n’existerait plus, ni ­envisager que la nouvelle force politique créée par le PCI s’éloignerait toujours davantage de celui-ci, voire de la gauche.

 

Vous indiquez que des secteurs toujours 
plus importants du PCI, et jusque dans 
les sommets du parti, ont fait leur culture politique différente de celle du communisme. Avec plus de 20% des suffrages, le PCI occupait un espace politique plus important que ceux de ses homologues européens. 
Quand on est si grand, est-ce possible de se prémunir de l’influence sociale-démocrate ?

 

Guido Liguori. La culture politique du PCI ­provient d’Antonio Gramsci et Togliatti. Dès les années 1920 et 1930, le concept de révolution est redéfini. Il prend en compte la différence entre sociétés arriérées comme la Russie et sociétés capitalistes avancées et complexes, où la ­révolution a failli. En prison, Gramsci envisage la révolution comme un processus et non comme une prise du palais d’Hiver. Ce concept, repris par Togliatti à la fin du stalinisme dans les années 1950 et 1960, cherche à dépasser la division au sein du mouvement ouvrier entre réformistes et révolutionnaires. Togliatti propose des «réformes de structures», c’est-à-dire qu’avec des changements partiels, s’accumulent des forces et se déterminent des situations qui vont dans le sens du socialisme. C’est, selon moi, la raison pour laquelle le Parti communiste italien occupe dans la société italienne un espace aussi important. Il dépasse, en les maintenant ensemble, les traditions ­réformistes et révolutionnaires, mais pas dans un sens ­social-démocrate.

 

N’y a-t-il pas un risque, quand on maintient cette contradiction entre réformistes et révolutionnaires en son sein de faire entrer dans ses rangs des gens qui, autrement, seraient au PS ?

Guido Liguori. Le risque existe toujours. La ­question est : qui dirige le processus ? Quelle est la culture hégémonique au sein du parti ? Le jeu était beaucoup plus sûr tant qu’il y avait une référence obligée à l’alliance avec l’URSS. Car cette dernière permettait d’opérer n’importe quel jeu tactique de droite tout en maintenant une physionomie communiste. Telle était la façon de faire de Giorgio Amendola, de la droite du parti, qui était profondément ­philosoviétique et a même soutenu l’intervention en Afghanistan.

 

À partir des années 1970, de nouvelles demandes sont adressées aux partis de gauche. Le PCI en tient compte. Vous constatez qu’Occhetto donne une nouvelle définition de l’égalité en reprenant la théorie de John Rawls sur l’égalité des chances. Les droits sont mis en avant. Vous êtes très critique face à cette évolution, car elle ferait disparaître la lutte des classes. N’y avait-il pas le risque que le PCI reste à côté de ce qui se passe dans la société, s’il ne prenait en compte ces questions ? Le thème de la méritocratie mobilise beaucoup les jeunes Italiens qui ont fait des études aujourd’hui.

 

Guido Liguori. Pour moi qui suis gramscien, 
la bataille des idées est extrêmement importante. Dans une grande partie du groupe ­dirigeant communiste, mais aussi chez les ­intellectuels de référence, les idées de la tradition communiste ont toujours plus été relativisées en faveur de nouvelles traditions culturelles. Sur certaines questions, comme le féminisme, l’environnementalisme, cet ajustement était nécessaire. Mais dans d’autres, ­certaines idées ne sont intéressantes qu’articulées à la lutte de classes. Si elles se substituent à cette dernière, cela change la nature du parti et du groupe ­dirigeant.

C’était le signe d’une culture ­politique diverse, qualifiée en Italie de libérale-socialiste.

Vous parlez des droits. D’un point de vue politique, il est juste d’intervenir sur cette question, de défendre la démocratie, les conditions minimales de vie des travailleurs. Mais le problème théorique est qu’il y a des droits différents. Il y a les droits qui relèvent des libertés, qui sont justes et doivent être préservés. Il y a les droits sociaux, qui relèvent de la social-démocratie classique : droit au travail, au logement, à la santé, etc. Et défendre ces derniers devient risqué quand est perdue la référence à la lutte de classes. Car quel est le fondement de ces droits ? Pour un catholique, il provient du fait que l’on est tous fils de Dieu. Qu’en est-il pour qui n’est pas catholique ? Les droits ne reposent sur aucun fondement, ils sont sujets aux rapports de forces sans lesquels ils n’ont aucun effet. En outre, qui est le sujet de ces droits dans de tels discours ? À la place de la lutte de classes succède un discours culturel et théorique sur l’individu.

Concernant l’égalité des chances, c’est une théorie libérale de gauche, mais très différente de la tradition socialiste. Car cette théorie dit que tout le monde a le droit de devenir manager, sans toutefois rien critiquer du fait que ce dernier peut gagner beaucoup plus que les autres. La théorie de l’égalité des chances envisage une société comme une piste de 100 mètres que tout le monde a le droit de parcourir en moins de dix secondes. Elle oublie que si certains obtiennent des positions, c’est au détriment des autres.

 

Vous faites allusion au fait que lorsque le secrétaire du PCI de 1972 à 1984, Enrico Berlinguer, a ouvert le parti à de nouvelles questions, avec un succès qui ne s’est pas démenti dans les urnes, il n’y a pas eu de réelle nouvelle définition de ce qu’est le nouveau communisme. Cela a été important pour la suite ?

 

Guido Liguori. En effet, il y a eu un déficit de conscience théorique. Cela a permis à la droite du parti d’utiliser certaines évolutions ­nécessaires de la période berlinguérienne pour renverser la ligne et l’identité du parti. Ce manque de prise en compte de la dimension théorique remonte à la période de Togliatti. Le primat a été donné à la politique. La théorie était implicite. Car ne pas l’expliciter accordait plus d’espace au jeu tactique.

 

Certains maux de la République italienne d’aujourd’hui, à savoir des «partis légers», l’exécutif fort qui remplace la participation de masse, ne viennent pas que de Silvio Berlusconi. Comment ces idées ont-elles fait leur chemin, jusque dans le PCI ?

 

Guido Liguori. On a observé une reddition des dirigeants communistes au processus d’américanisation de la politique dans les années 1980, sous l’influence des télévisions berlusconiennes, qui a conduit à une personnalisation de la politique, à une plus forte délégation, et à une politique de l’image. Cela correspondait à une évolution de la société. Il fallait à l’époque voir si cette évolution devait être combattue, ou s’il fallait au contraire l’utiliser. Or Achille Occhetto et ses proches étaient convaincus de leur rôle : s’adapter aux processus de modernisation de la politique et de la société. Le mot clé d’Occhetto dans son opération de changement de nom a été «nouveau». Son idéologie a été nommée : «novisme».

 

D’où vient le renoncement du PCI à imposer une hégémonie culturelle dans le pays ?

 

Guido Liguori. Il date d’après la mort d’Enrico Berlinguer en 1984. Dans les années 1970, on observe l’entrée dans le PCI de nombreux cadres qui viennent des générations qui ont fait 1968 et ont participé au mouvement étudiant. Cela a changé le parti. Car 68 semblait demander le communisme, en réalité, il réclamait la modernité, dont l’Italie avait fort besoin. C’était juste, mais c’était une pensée individualiste très lointaine de la tradition et des idéaux communistes. Cela a créé les préconditions pour les changements des années 1980. Le personnel politique qui arrive après 1968 est surtout attentif au processus de modernisation. Tant que Berlinguer était là, le mélange avec la culture communiste a réussi. Mais ensuite, quand le PCI a connu ses défaites électorales, il y a eu un changement d’avis et ont crû, dans le parti, les cultures non communistes. Et ce d’autant plus que la culture libérale-socialiste, avec ses appareils hégémoniques (ses fondations, ses journaux comme la Repubblica), ses liens internationaux, a engagé une critique méthodique de tous les piliers de la culture communiste, gramscienne et léniniste dans les années 1970.

 

Outre les partis communistes, que reste-t-il de l’histoire et de l’influence du PCI en Italie ?

 

Guido Liguori. Il existe cette idée de réunir tous les cercles «Enrico Berlinguer» d’Italie, qui sont des associations culturelles et parapolitiques, souvent gérées par des militants inscrits à aucun parti. Il y a cette tentative de faire naître une association pour la défense de l’histoire du PCI. Et l’an dernier, une très grande exposition, «Avanti popolo», consacrée à l’histoire du PCI, a enregistré un formidable succès. Dans la société italienne, il existe encore des milliers de militants qui, après la fin du PCI, ne se sont inscrits nulle part. C’est le cas de la majorité des anciens adhérents du PCI. Ils auraient envie d’être agrégés dans une force de gauche. L’idée d’un communisme démocratique est encore vivante dans la société italienne.

 

Qui a tué le PC italien ? Dans Qui a tué le Parti communiste italien ?, Guido Liguori décrit les dernières années du plus grand PC d’Occident, en prenant le parti de l’examen de ses évolutions idéologiques et théoriques. Dans ce portrait, on découvre les travers de l’Italie depuis les années 1980, comme la personnalisation de la vie politique. On constate le poids de l’idéologie «moderne» de «gouvernance» jusque dans le PCI : un exécutif aux pouvoirs renforcés 
par rapport au Parlement prend le pas sur la démocratie et son corollaire, la participation populaire. Cette 
vision empoisonne la réforme institutionnelle depuis 1990. L’ouvrage pose d’autres questions. Comment 
le communisme peut-il – et c’est nécessaire ! – intégrer des thématiques nouvelles, sans y perdre son âme : égalité des chances, exigence de droits. On regrettera la préface, qui se livre à des parallèles hasardeux entre les évolutions du PCI et du PCF. On appréciera les derniers chapitres qui détaillent les débats et les difficultés de ceux qui tentent de sauver le communisme dans la Péninsule. Qui a tué le Parti communiste italien ? Guido Liguori, traduit 
de l’italien par Anthony Crezegut, Aymeric Monville, Éditions Delga, 2011, 13,20 euros.

                     

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:53
Tribune de Eric Beynel, porte parole de l'Union syndicale Solidaires, publiée par Rue 89 le 01/02/2013 
Accord sur l’emploi : la condamnation de France Télécom ne serait plus possible
Eric Beynel | syndicaliste, porte parole de l'Union syndicale Solidaires
  • L’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 pour la compétitivité des entreprises et la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés comporte 24 pages contenant 28 articles et quatre annexes. Les syndicats et le patronat avaient à peine quitté les salons du Medef que le gouvernement se félicitait de cet accord et demandait aux parlementaires de le transcrire dans la loi tel quel.

Positon surprenante tant ce texte marque un recul général des droits des salariés et est au seul profit du patronat. Mais le gouvernement l’avait-il lu en détail – annexes comprises – avant de se prononcer ?

L’accord mérite d’être examiné de manière approfondie et suscite de multiples inquiétudes et interrogations, entre autres, du point de vue de la santé des salariés et des conditions de travail.

Nous allons essayer de les éclairer sur deux points en nous appuyant sur l’expérience de ce qui s’est passé à France Télécom/Orange ces dernières années.

France Télécom au tribunal : plus possible

Si les dirigeants de France Télécom/Orange ont pu être poursuivis en justice après des suicides, c’est sur la base d’expertises réalisées dans l’entreprise à la demande des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Ce sont aussi ces rapports qui ont permis de faire reconnaître des suicides comme accidents du travail.

Avec l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013, cela n’aurait pas été possible. Le texte aurait interdit les nombreuses expertises qui se sont déroulées dans les différents CHSCT de France Télécom et qui ont permis de mettre en lumière les causes de la souffrance au travail des salariés de cette entreprise.

Des expertises bâclées à prévoir

Pourquoi ? Pour l’instant, les entreprises de plus de 50 personnes possèdent un CHSCT, composé d’élus du personnel, qui peut demander une expertise quand un risque grave est constaté das l’établissement ou en cas de projet important modifiant les conditions d’hygiène et de sécurité ou les conditions de travail.

Or :

  • l’accord prévoit que lorsqu’une entreprise compte plusieurs établissements et CHSCT, chacun d’entre eux ne pourra plus, comme aujourd’hui, décider d’une expertise sur un projet de l’employeur, mais devra participer à la création d’une instance de coordination ad hoc qui fera appel à une expertise unique ;
  • celle-ci devra être réalisée dans un délai 21 jours au lieu de 45.

Une instance ad hoc, sans capacité juridique avec une expertise bâclée en 21 jours sur l’ensemble des sites d’une entreprise, ne pourra jamais être en capacité d’agir. Par cet alinéa, les signataires suppriment purement et simplement un outil important des CHSCT et brisent toute une jurisprudence en faveur de la santé des salariés.

La condamnation de France Télécom ne serait plus possible aujourd’hui.

Les mobilités forcées des salariés validées

Parmi les causes principales de la souffrance des salariés de France Télécom/Orange, s’il en est une qui a été largement mise en lumière par l’action syndicale des CHSCT, c’est bien la mobilité forcée des salariés.

Or, l’accord du 11 janvier 2013 dans ses articles 7 et 15 la prévoit à la fois en mobilité interne et en « mobilité volontaire sécurisée ».

Le droit à une « période de mobilité volontaire » dans une autre entreprise prévu par l’article 7 sera accordé dans les entreprises de plus de 300 salariés et pour ceux ayant deux ans d’ancienneté. Il faut l’accord de l’employeur et un avenant au contrat de travail.

L’exemple des ruptures conventionnelles, qui sont souvent des licenciements déguisés, montre à quel point le patronat sait détourner des mesures de leur objectif, en poussant les salariés dans un dispositif prétendant le volontariat du salarié. Gageons qu’avec ce dispositif, il en sera de même.

Obligé d’accepter de travailler à 300 km

Dans l’article 15, la « mobilité interne » forcée n’est pas introduite comme moyen possible en cas de difficulté ou de baisse d’activité de l’entreprise. Elle est présentée simplement comme la mise en œuvre d’une « organisation courante » dans l’entreprise. Cela recouvre une importante augmentation du pouvoir patronal dans l’entreprise, et balaie d’une phrase des années de jurisprudence sociale.

Actuellement, le lieu du travail et le poste du travail étaient considérés comme parties intégrantes du contrat du travail. Dorénavant la mobilité interne peut être organisée sans bornes si un accord d’entreprise la stipule.

Aucune limite dans les modalités de la mobilité forcée (périmètre géographique, temps du transport, pays) n’est imposée par le texte. Pire, le salarié qui refuse la mobilité prévue dans l’accord sera sanctionné par un licenciement pour motif personnel. L’employeur sera dispensé des obligations légales des procédures de licenciements économiques. L’employeur aura donc les mains libres pour organiser la vie des salariés.

La validation de cet accord met donc en péril à la fois la santé des salariés et la capacité d’agir des instances en charge de s’assurer de sa préservation.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 17:43

  

Le « jour de la grande compréhension »

 

Le jeudi 31 janvier les agents des trois fonctions publiques (d’état, territoriale et hospitalière) actifs et retraités étaient dans la rue pour exiger que cesse enfin la dégradation de leur situation systématiquement organisée sous le règne de Sarkozy et que la population dispose de services publics qui puissent répondre à ses besoins.

 

Le jour même, Le Télégramme ouvrait largement ses colonnes à Marylise Lebranchu, ministre, entre autres, de la fonction publique. Elle y déclare certes qu’« un fonctionnaire n’est pas une charge », et en ce qui concerne le mouvement « je le comprends », mais aussi « … les fonctionnaires le savent : nous sommes tous sur le même bateau » « il n’y a pas de marge de manœuvre en termes de création de postes ». On a connu d’autres discours lorsqu’elle était dans l’opposition. Les manifestants lui ont répondu en se rendant à son ancienne permanence et en demandant : « c’est quand le changement ? »

 

Le même soir à la télévision, Laurence Parisot, présidente du MEDEF, intervenait dans une émission ayant pour thème « Industrie : que peut encore faire l’Etat ? ». Face à la multiplication des suppressions d’emploi et de sites de production (sidérurgie, automobile, pneumatiques, …) le journaliste lui demanda si la nationalisation pouvait être une solution. La réponse fut claire et sans bavure : le capital n’y était pour rien mais « la capacité de surproduction de l’acier »,  «  le rétrécissement du marché de l’automobile en Europe », « le dogmatisme, la rigidité, le manque de responsabilité de certains syndicats »,… » Bien sûr elle comprenait les réactions des salariés concernés mais il était hors de question de remettre en cause le droit des actionnaires et de leurs directions de décider en fonction de leurs seuls intérêts. Compte-tenu de la situation il fallait accepter des évolutions moins contraignantes pour le patronat.

 

Loin de moi l’idée de mettre un signe d’égalité entre ces deux femmes de pouvoir. Mais le message subliminal de leurs deux interventions est pourtant le même.

La représentante d’un patronat et d’actionnaires arcboutés sur leur pouvoir absolu et la ministre d’un gouvernement qui ne veut pas changer les règles du jeu nous disent au fond la même chose.

« Nous vous comprenons, nous savons que l’effort que nous vous imposons peut être douloureux, mais il n’y a pas d’autre solution… il faut nous faire confiance pour trouver les décisions adéquates…. »

.

Et malheureusement parfois , trop souvent , avec l’aide permanente des médias , ça marche .

 

 

En proposant une autre répartition des richesses, le pouvoir des salariés et de la population de peser réellement et de décider de leur vie, c’est une toute autre logique que les communistes et le Front de Gauche veulent mettre en œuvre.

 

 

Ensemble, au-delà des différences que nous pouvons avoir sur tel ou tel problème, nous avons la force de faire en sorte que prévale enfin « L’Humain d’abord ».

 

Alain DAVID

 

 

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:11

Dans le cadre du mouvement de dérèglementation générale du transport aérien, trois compagnies régionales du groupe Air France - dont Brit Air basée à Morlaix- vont être regroupées en une seule - nommée Hop! , destinée à concurrencer les compagnies low-costs. Cette restructuration participe d"un plan d'économies de 2 milliards d'euros d'ici 2015 qui va se traduire par des réductions d'effectifs importantes et une course à la productivité qui aura pour contrepartie une dégradation des conditions de travail alors même que dans le même temps on observe une augmentation des profits des actionnaires du groupe Air France.  

A Morlaix, où travaillent jusqu'ici pour Brit Air une centaine de personnels administratifs, le personnel au sol est dans le brouillard par rapport aux modalités de suppressions des postes, au nombre de postes supprimés et aux services concernés. Les informations sont connues au compte-gouttes, transmises partiellement, ce qui vise probablement à faire accepter les départs volontaires.

Il y aurait 45 emplois menacés de suppression: un nouveau coup dur pour la région et un drame pour ces salariés.    

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