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La souffrance des syriens fuyant les atrocités de la guerre et le manque de perspective dans les camps de réfugiés des pays frontaliers s'est rappelée à nous de manière odieuse pendant la période des fêtes avec les dérives des cargos Ezadeen, battant pavillon du Sierra Léone et censé transporter du bétail vivant, et celle du Blue Sky M, avec 850 migrants à son bord pour ce dernier, 450 migrants syriens pour le premier.
200 000 refugiés selon l'ONU ont tenté de traverser la Méditerranée en 2014, dix fois plus qu'en 2012: 3400 en sont morts!
Parmi ces 200000 migrants qui ont tenté de traverser la Méditerannée jusqu'à l'Europe, 60 000 sont syriens, 10 000 afghans, 34 000 érythréens, 7000 somaliens, 20 000 sub-sahariens, 5000 palestiniens, 9000 maliens, 9000 nigérians, 7000 gambiens, 4300 bangladeshi. Sur 22,8 millions que comptait la population syrienne en 2011, 3,2 millions sont réfugiés dans les pays frontaliers (1 million en Turquie, 1,1 million au Liban, 640 000 en Jordanie, 228 000 en Irak). En 2014, près de 10000 enfants syriens ont trouvé refuge en Italie, contre 3 fois moins l'année précédente (source Libération).
Dans le cas des deux cargos qui ont deffrayé la chronique ces derniers jours, les immigrants ont été lamentablement abandonnés avec les navires poubelles par les marins par une mer démontée et ces cargos se seraient sans doute abîmés sur les côtes ou en mer sans sauvetage.
Transporter 500 passagers qui paie entre 3000 et 5000 dollars le passage, ça peut rapporter jusqu'à 2 millions d'euros.
Au-delà du manque de scrupules et de l'avidité des passeurs, trop souvent exclusivement pointés du doigt dans une approche répressive, ces tragédies posent plus que jamais la question de la politique d'accueil de l'Europe et de la France vis à vis de ces demandeurs d'asile en droit de pouvoir vivre en sécurité, dans le respect de leurs droits humains, et d'avoir un avenir, qu'ils soient syriens, érythréens ou autre.
Ouest-France consacrait ce week-end un article très renseigné à la question. Derrière les chiffres affolants, il y a des hommes, des femmes, des enfants, qu'on laisse souffrir quand ils tentent de sauver leur peau et leur avenir dans une indifférence étatique confondante:
" Le trafic en Méditerranée change d'échelle
Année record
L'an dernier, plus de 207 000 migrants ont traversé la Méditerrannée (3419 y ont laissé la vie), selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). "C'est presque trois fois plus que le précédent pic connu, soit environ 70000 en 2011" note l'UNCHR.
"Pour la première fois, en 2014, les personnes orginaires de Syrie et d'Erythrée sont devenues une composante essentielle de ce flux tragique, à hauteur de 50% du total".
De Mare Nostrum à Triton
Après le drame de Lampedusa, en 2013, où 366 migrants avaient trouvé la mort, l'Union Européenne avait lancé la mission Mare Nostrum. L'Italie a mobilisé 900 soldats et 32 navires. L'opération a permis de secourir 150 000 personnes, mais elle avait aussi un coût: 9 millions d'euros par mois (sic!!! que vaut une vie humaine! ce budget européen, c'est même pas le budget annuel d'une municipalité de 15000 habitants en France). Depuis le 1er novembre, Frontex, l'Agence pour la surveillance des frontières de l'Union Européenne, a remplacé Mare Nostrum par Triton.
Celle-ci mobilise 21 navires, 4 avions, un hélicoptère, et 65 officiers. Son coût est plus faible: 2,9 millions d'euros par mois. Mais en face de ces moyens nautiques et aéronautiques, les passeurs ont changé de moyens et d'échelle.
Loin des petits bateaux de pêche
Les passages de Syriens ou d'Erythréens à bord de navires marchands se développent rapidement. Le Blue Sky M , avec 850 migrants, et l'Ezadeen, avec ses 450 passagers, ont eu des précédents. Le 20 décembre, en Italie, 800 migrants étaient recueillis à bord d'un cargo de 70 m parti d'un port turc et lui aussi abandonné par son équipage.
Le 9 décembre, 580 personnes ont débarqué du Sandy, un paquebot battant pavillon congolais, toujours en Italie. Le 22 novembre, à Chypre, le Haj Zaher, battant pavillon de Tanzanie était secouru avec 228 migrants. On est très loin des quelques dizaines de personnes s'entassant sur des bateaux de pêche".
Pour éviter ces traversées dans des conditions très dangereuses et souvent mortelles, livrées au bon vouloir de modernes négriers, il y a une solution simple: que les pays riches d'Europe comme la France attribuent des permis de séjour et des droits d'asile dans les ambassades et consulats du Proche Orient (Jordanie, Liban, Turquie pour les réfugiés syriens) et d'Afrique pour les réfugiés qui ont tout perdu et s'entassent actuellement par milliers dans des camps où la vie est plus que précaire, dans des pays qui sont déjà instables et fortement inégalitaires. Ces immigrés, souvent qualifiés, peuvent s'intégrer à nos pays et leur apporter quelque chose. Le bilan fiscal et économique de l'immigration en France est positif, comme le montre un certain nombre d'experts. Il suffit de voir ce que les immigrés du Proche Orient, d'Afrique, d'Asie peuvent apporter aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, comme dynamisme médical, économique, scientifique, et culturel pour voir qu'il est non seulement immoral et inhumain, mais complètement stupide du point de vue du rayonnement de nos pays, de fermer la porte à ces demandeurs d'asile.
Ismaël Dupont
Lire aussi, Centre d'actualité de l'ONU
2 janvier 2015 – Face au phénomène de cargos de migrants laissés à la dérive par des trafiquants en mer Méditerranée, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a exprimé vendredi son inquiétude et jugé nécessaire des efforts énergiques pour y remédier.
M. Eliasson a discuté vendredi de ce sujet avec le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, le Représentant spécial du Secrétaire général pour les migrations internationales et le développement, Peter Sutherland, et le Directeur général de l'Organisation internationale des migrations (OIM), William Swing, a indiqué le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU dans une note à la presse.
« Ils ont discuté des migrations internationales et de ce qui apparait comme une tendance effroyable en matière de traite des êtres humains s'agissant des migrants - l'abandon de grands cargos par les trafiquants en Méditerranée », a-t-il précisé.
Selon la presse, deux jours après le sauvetage d'un cargo à bord duquel se trouvaient des centaines de migrants, les garde-côtes italiens ont pris le contrôle vendredi 2 janvier d'un autre bateau en perdition au large des côtes italiennes. Le navire marchand, qui transportait 450 migrants, avait été abandonné par son équipage.
Le trafic de migrants a causé la mort de 3.000 personnes en Méditerranée rien que pour l'année 2014, contre 700 morts l'année précédente.
Saluant les efforts de sauvetage en cours, notamment par la marine et les garde-côtes italiens, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies a souligné la responsabilité de tous les États membres pour assurer la protection et les droits humains des migrants. Il a noté qu'il y avait un besoin urgent d'examiner les causes profondes du phénomène et de faire des efforts énergiques pour y remédier.
« Le système des Nations Unies continuera ses efforts, de concert avec les gouvernements concernés, l'OIM et d'autres parties prenantes, afin de répondre aux défis que représentent les migrations à travers le monde », a ajouté le porte-parole du Secrétaire général.
De son côté, le Directeur du bureau Europe du HCR, Vincent Cochetel, a estimé que l'utilisation de cargos représentait une nouvelle tendance « qui ne peut plus être ignorée par les gouvernements européens ».
« Il faut de toute urgence une action concertée européenne en mer Méditerranée. Il faut aussi accroître les efforts pour sauver les gens en mer et pour fournir des alternatives légales à ces voyages dangereux », a-t-il dit dans un communiqué de presse. Le HCR a remercié les autorités italiennes pour leur réaction aux derniers incidents.
Dans le sillage de l’écrivain Renaud Camus, Éric Zemmour prétend que le peuple français subit un « grand remplacement » dont il devrait se défendre en expulsant de son territoire les musulmans. Cette pensée, déclinée en fiction par Michel Houellebecq, n’est pas une opinion dont il faudrait débattre mais une idéologie potentiellement meurtrière qui renoue avec les pires aveuglements de la catastrophe européenne.
Ouest-France - 3 janvier 2015
Engagement emblématique du candidat Hollande, la taxe à 75% sur les rémunérations dépassant 1 million d'euros (c'est tout de même une somme!) s'en va discrétement. Elle portait sur les revenus de 2013 et 2014. Manuel Valls avait confirmé en octobre que cette mesure ne serait pas reconduite.
Les politiques libérales mènent la France et l'Europe dans le mur.
La France est devenue un pays de bas salaires, d'emplois précaires. C'est un symptôme de notre grave affaiblissement productif qui débouche sur une augmentation du chômage aux conséquences dramatiques.
C'est toujours plus de compétition au service des marchés, toujours plus de cadeaux au patronat par les sommes colossales accordées au titre du CICE, sans aucune garantie de créations d'emplois. Rien ne différencie sur le fond les politiques menées par les gouvernements de Hollande et celles de Sarkozy.
La loi MACRON vient concrétiser ces orientations avec un seul fil conducteur : déréguler, déréglementer. Cette loi ne prévoit rien d’autre que la liberté d’exploiter. C’est un texte contre les libertés de 99 % de la population.
Du pouvoir d'achat pour relancer la croissance
Les salaires doivent repartir à la hausse, sans quoi il n'y aura pas de ressources pour faire repartir la consommation et favoriser ainsi l'emploi, pas de moyens pour financer la protection sociale, pas assez de rentrées fiscales et donc moins de services publics.
Répartir autrement les richesses
Ce sont les travailleurs qui créent les richesses. Ils sont donc en droit de réclamer une autre répartition de celles-ci en leur faveur. Un des enjeux essentiels de ces élections départementales est une prise en charge plus solidaire de la perte d’autonomie et du vieillissement, compétence essentielle du département. Il y a des besoins criants en termes d’adaptation de la société, des équipements et des services aux personnes âgées. De financement de nouvelles maisons de retraite, de foyers logement, de l’APA. Tout cela ne peut pas se faire à moyens constants. Dans une France ruinée par la guerre en 1945, on a su trouver les ressources pour créer la Sécu et le système des Retraites, et on ne serait pas capable aujourd’hui de faire contribuer les hauts revenus et la finance à la construction de nouveaux droits à l’autonomie pour les personnes âgées ?
Réforme territoriale, réforme libérale
Cette réforme n'est ni plus ni moins qu'un outil au service de la politique libérale suivie par le gouvernement Hollande-Valls.
Cette réforme territoriale a trois objectifs : imposer l’austérité, attiser la concurrence entre les territoires et ouvrir de nouveaux espaces de profit pour les marchés, tout en détruisant la démocratie locale.
Le nouveau découpage des régions s'est fait sur un coin de table, a été décidé de façon autoritaire et technocratique, en refusant tout dialogue avec les élus et les citoyens.
Ainsi, après l'absence de consultation des conseils régionaux et généraux concernés par les fusions de régions, il faut souligner que l’alliance de l’UMP et du PS a ôté tout pouvoir d’intervention aux citoyens dans ce processus de modification des territoires de la République ; l’obligation de référendums locaux a été ainsi supprimée.
Pour notre part, nous refusons ce recul démocratique, tout comme nous refusons les fusions de régions fondées sur des visions dépassées. Avant même d’organiser cette nouvelle carte des régions, la logique aurait voulu que soient examinées en priorité les fonctions et les compétences de ces nouvelles collectivités régionales, pour déterminer l’espace qu’elles devraient occuper.
De même, avant de réfléchir aux périmètres de ces nouvelles institutions locales, il aurait fallu également s’interroger sur les moyens financiers et humains dont elles pourront disposer pour exercer leurs nouvelles compétences.
Il ne faut pas se cacher que des régions de grande taille, disposant de compétences très élargies et d’un pouvoir réglementaire, portent le germe d’une organisation fédéraliste se substituant à notre République une et indivisible. Certains comparent nos régions aux Länder allemands, évoquant leur action et leur puissance respectives, mais oublient de dire qu’ils sont non pas l’expression d’une République dont l’organisation est décentralisée, mais les structures politiques d’un État fédéral, où les lois ne sont pas les mêmes suivant que l’on habite à l’ouest ou à l’est du pays.
L’adaptation du territoire au libéralisme sacrifie les structures démocratiques pour mieux s’éloigner de l’intérêt général.
Par ailleurs, ce projet défend une conception de l’État recentré sur ses missions régaliennes, conception promue par les idéologues du libéralisme et leurs traités européens, afin de réduire les dépenses publiques.
Cet aménagement du territoire aura pour conséquence d’approfondir le fossé entre les régions à fort potentiel économique et les autres. Les régions riches ne vont certainement pas tirer vers le haut les régions les plus pauvres ; elles seront en réalité de véritables trous noirs, qui aspireront l’essentiel des richesses.
En fait, derrière ce redécoupage des régions, sous couvert de renforcer l’attractivité de leur territoire, se cache un projet politique bien plus vaste, celui d’une réorganisation complète de notre République.
C’est un chambardement de nos institutions locales qui se prépare, une réduction des lieux d’expression de la souveraineté populaire.
Le gouvernement veut faire disparaître les départements
Dans le projet gouvernemental, la disparition des départements est planifiée., tout comme d'ailleurs celle de communes, par l'obligation de fusions, pour ce qui concerne les plus petites.
Demain les intercommunalités se substitueront aux assemblées communales et les grandes régions aux départements. C’est un recul démocratique sans précédent et nous allons évidemment le combattre avec détermination.
En effet, personne ne peut croire que l’on va renforcer la démocratie dans notre pays, répondre à la crise de la représentation qui s’élargit, en réduisant le nombre d’assemblées élues, en réduisant le nombre d’élus locaux de proximité, pour la plupart bénévoles, en éloignant toujours plus les citoyens des lieux de décision et de pouvoir.
Le gouvernement prétend que c'est la constitution de régions fortes et compétitives qui va permettre de répondre aux besoins de la population.
Il n'en est rien ! Ce renforcement de la compétitivité va accentuer encore le dumping fiscal et le dumping social déjà à l'œuvre et qui font déjà tant de ravages.
Nous voulons des départements au service de la population
Aujourd'hui le département continue d’avoir une place tout à fait essentielle dans l’organisation de notre République et pour répondre aux besoins de solidarité et de cohésion sociales de notre pays.
Le département c'est actuellement l'action sociale pour près de 30 % de ses dépenses (personnes âgées, personnes handicapées, enfance..) ; l'éducation (collèges et personnels TOS...) ; les transports (voirie, transports routiers des personnes et transports maritimes...) ; l'aménagement des territoires (ports maritimes, équipement rural, aménagement foncier, gestion de l'eau...) ; la compétence culturelle (bibliothèques, archives, protection du patrimoine...), autant d'actions de proximité dont les lieux de décision s'éloigneraient encore des citoyens.
Pour notre part, nous restons attachés à l’organisation de notre République, à ses trois niveaux de collectivités, même si nous pensons que d’importantes modifications doivent être mises en œuvre pour en démocratiser toujours plus le fonctionnement, pour améliorer les services publics locaux, développer tous les partenariats possibles, monter des projets communs entre collectivités territoriales, dans le respect de toutes les parties prenantes, pour renforcer l’efficacité de l’action publique et toujours mieux répondre aux besoins et aux attentes de la population.
Nous militons donc pour un changement radical, démocratique et social, pour une VIe République qui place le peuple devant toute chose et l’humain au centre de tout.
Il faut une grande décentralisation qui organise la République pour répondre à l’exigence démocratique ; décentraliser l’organisation.
Dans ce cadre le département a un rôle moteur à jouer.
Nous sommes favorables à une VIe République, sociale et démocratique, qui redonne du pouvoir au peuple au travers de nouvelles institutions, à tous les niveaux, du local au national, et au travers de collectivités territoriales construites sur la coopération et non sur une forme d’intégration contrainte, librement administrées par des assemblées élues, aux pouvoirs renforcés, et non transformées en simples guichets déconcentrés des politiques de l’État. C'est pourquoi doit être restauré au profit des départements le principe de la compétence générale que le gouvernement vient de remettre en cause, et qui lui permettraient d'intervenir pour aider directement ou indirectement le développement économique.
Il n'y a pas de fatalité
Nous ne sommes pas condamnés à la morosité dans laquelle on veut nous enfermer.
L'urgence est de stopper la machine infernale de l'austérité : fermer le robinet du pacte de responsabilité, ouvrir en grand le chantier d'une réforme fiscale, briser le tabou patronal et gouvernemental en matière de salaires, mobiliser pour la sécurité sociale, protéger et promouvoir l'investissement public des collectivités locales.
La gauche n'est pas morte. Cette gauche c'est celle qui vibre et ne lâche rien, qui veut changer réellement la société.
Un grand sursaut national et citoyen est nécessaire
Il faut ouvrir une autre voie, reconstruire l'espoir, autour d'un programme de redressement mettant résolument le cap à gauche sur la base de trois piliers :
- un plan de lutte immédiat contre les gâchis de la finance et une relance sociale et écologique qui engage le redressement du pays,
- une refondation démocratique vers une 6éme République,
- le retour vers une parole forte, non alignée et indépendante de la France pour changer l'Europe et l'ordre du monde.
Créer un large front populaire
Le Front de Gauche a pour ambition de relever cet immense défi. Il agit pour construire un large front populaire, associant partis voulant la transformation sociale, écologique et démocratique, et citoyens et rendre possible à nouveau l’espoir de progrès et la dynamique citoyenne majoritaire sans laquelle aucune politique de changement ne sera possible.
Les élections départementales constituent un moment fort pour afficher les exigences de la population et mettre en échec les politiques qui tournent le dos aux intérêts des citoyens.
Cela se passe à l'hôpital de Morlaix, unité Alzheimer de Guervenan à Plougonven: une infirmière contractuelle (diplômée mais sur contrat temporaire en attente d'être stagiairisée et titularisée) qui donnait pleinement satisfaction se voit notifier le 24 décembre qu'elle ne reprend pas le service le lendemain.
Ses collègues apprennent le départ forcé et expéditif à leur retour des congés pour les fêtes.
Quel respect humain pour des agents du service public!
Comme cela, 14 infirmières contractuelles n'ont pas été renouvelées en cette fin d'année sur l'hôpital de Morlaix.
Tristement banal: l'administration hospitalière, désormais formée au management néo-libéral sur le modèle de l'entreprise, et encouragée à employer ces méthodes qui dégradent la qualité de la prise en charge et des conditions de travail des personnels par l'ARS et la politique d'austérité de l'Etat, dont le secteur de la Santé et l'hôpital public sont les premières victimes, subordonne tout à la rentabilité financière.
A l'hôpital de Brest-Carhaix, c'est 190 emplois que l'on supprime.
A l'hôpital de Douarnenez, on voudrait fermer le bloc opératoire et d'autres services.
A Concarneau, on ferme les urgences.
Dans le même temps, l'Etat tend à favoriser les cliniques privées qui héritent des activités rentables, parfois pratiquées par des médecins de l'hôpital, et qui sont considérées comme complémentaires de la fonction publique hospitalière.
C'est la casse progressive mais méthodique d'un système de santé qui était parmi les plus efficaces et protecteurs du monde.
Au nom de la rationalité de ceux qui percoivent la santé comme une marchandise comme les autres.
Avec les personnels des hôpitaux, les citoyens doivent redoubler de vigilance pour ne pas que leurs services hospitaliers continuent à se dégrader.
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Les Grecs voteront le 25 janvier pour élire un nouveau parlement. Syriza part favori du scrutin. Quelle politique le parti pourrait-il mettre en place ? Entretien avec Gerassimos Moschonas, de l'université Panteion à Athènes.
Un article qui fait très fort: mettre dans la même case gauche radical et fachos, on va aller loin comme ça ...
Bonne année 2015.
La formule rituelle peut paraître un vœu pieu, une incantation stérile, d'autant plus si elle est à visée universelle. C'est aussi évidemment, quand elle est destinée à certaines personnes en particulier, une attention bienveillante, une manière de se soucier d'eux, de leur démontrer que leur sort nous importe. Un acte de générosité. Un pari par lequel on brave la mauvaise fortune en une forme de conjuration superstitieuse. Demain, il fera toujours beau. On rasera gratis. La maladie, la mort, l'accident seront oubliés.
Cela ne mange pas de pain, cela trahit aussi notre vulnérabilité à tous face à la malchance et aux affres de notre condition.
Chacun connaît l'état du monde, les innombrables causes de souffrance et d'affliction qu'affrontent les hommes, du fait d'autres hommes, de la guerre, de la dictature, de l'inégalité, de la nature.
Dans un monde où beaucoup d'hommes sont à la peine, vivent dans la crainte, la privation, la perte, la violence, il est toujours possible à certaines conditions pour l'individu d'être heureux et de jouir de la beauté de la vie qui apparaît à chaque instant quand on a l'esprit et le cœur exercés à la recevoir, quand les circonstances ne nous accablent pas, qu'on aime et qu'on est aimé. Être heureux est aussi une responsabilité que l'on a vis à vis de soi-même car la vie est courte et il s'agit de ne pas gâcher dans la morosité ou les préoccupations accessoires ce temps précieux qui nous appartient déjà si peu.
L'année 2015 ne s'annonce guère plus réjouissante que l'année 2014 du point de vue des espoirs que nous pouvons placer dans l'humanité, dans une amélioration de l'état du monde et de la société humaine, permettant aux hommes d'exprimer leurs dispositions natives au bonheur, à la fraternité, au don et à l'échange, à la création et à la compréhension intelligente du monde.
Ce n'est pas les raisons d'être inquiet, triste, en colère, désespéré qui manquent.
Un million de gens à vivre en dessous du seuil de pauvreté en plus en France depuis 2012. 850 000 personnes de part le monde qui ne mangent pas à leur faim.
Nos frères palestiniens, irakiens, syriens, libyens, et tant d'autres peuples, qui vivent un quotidien d'horreur, de violence, de peur et d'absence d'avenir.
Des réfugiés qui subissent un véritable calvaire pour gagner l'Europe, et en Europe même aussi souvent. Avec pour principale réponse de notre belle Europe chrétienne et donneuse de leçons, le rejet, la répression.
Des démocraties qui en Europe sont de plus en plus formelles, abîmées par la domination brutale du capitalisme et du libéralisme, servi par des élites égoïstes, irresponsables et cyniques qui bien souvent méprisent le peuple, son droit à se gouverner lui-même et ses intérêts.
Une exaspération et un sentiment d'abandon, de déclassement, qui bien souvent nourrissent le vote d'extrême-droite plus que la remise en cause progressiste du système.
Un effacement de l'espoir de progrès, de l'espoir placé en la noblesse et en l'efficacité de l'action politique.
Une perte de la conscience de classe, de l'esprit de solidarité et de lutte, une montée de la défiance, de la haine de soi et du voisin, de l'intolérance et de l'imbécillité que nourrit aussi la dégradation des conditions de travail et de vie sociale, les mass médias, la société du spectacle et de consommation qui tendent ringardiser des valeurs humaines fondamentales que l'on retrouve pourtant heureusement toujours incarnées et vivantes dans l'engagement associatif, la famille, les relations d'amitié.
Une montée des périls écologiques, climatiques. Notre environnement menacé et gravement détérioré déjà compromet la confiance que l'on peut placer en l'avenir de l'homme lui-même. Les défis à relever pour préserver les équilibres écologiques nécessaires à la préservation d'une vie bonne sur terre paraissent parfois insurmontables tant les raisonnements des décideurs sont basés sur le court-terme, le profit, et la préoccupation dominante de l'économie. Tant les peuples sont nombreux à entrer dans une phase de consommation et de modernisation alors qu'ils ont été jusqu'ici tenus à l'écart du développement matériel.
Face à ces menaces, à ces régressions, il est parfois difficile de garder la foi en l'homme, la volonté d'agir ou de réagir. Même la révolte peut céder la place au fatalisme quand les raisons de s'indigner sont trop nombreuses et les issues trop peu perçues.
Le pessimisme et l'accablement peuvent nous gagner, le repli sur ses petites affaires aussi.
Pourtant, en ce début d'année, ce qu'on peut nous souhaiter, c'est d'abord et avant tout de faire bon usage de ce qui dépend de nous : notre volonté, notre pouvoir d'action, même limité, notre intelligence critique.
Nous sommes à chaque fois libres de nous positionner en spectateurs chagrinés mais passifs, en serviteurs du système ne se posant pas trop de questions, en donneurs de leçons peu enclin à agir concrètement, en égoïstes à demi indifférents aux misères humaines pour pouvoir ménager leur plaisir, en profiteurs, exploitateurs, amoureux du pouvoir, de la richesse, de la domination. A chaque positionnement éthique ses valeurs, ses justifications, ses faux-semblants.
Nous, militant au Parti communiste et au Front de Gauche, humbles héritiers d'une longue histoire conflictuelle, faite de dévouements, de sacrifices, de conquêtes arrachées dans la douleur, d'illusions et de défaites cuisantes aussi, nous avons choisi de consacrer une part de notre énergie et de nos efforts à la cause du bien public, en travaillant à convaincre de la possibilité et de la nécessité de changer la société pour la rendre plus humaine, fraternelle, égalitaire, pacifique, tolérante et respectueuse de la liberté et de l'égalité des hommes, afin que les chances de l'épanouissement individuel soient mieux partagées.
Nous sommes des idéalistes. Nous croyons que l'homme n'a pas épuisé les possibilités de sa nature, qu'il peut vivre des relations plus justes et plus harmonieuses avec ses semblables, qu'il n'est pas fondamentalement, définitivement, un être égoïste, cupide, brutal, stupide. C'est une société mal organisée qui l'empêche d'être meilleur, plus riche intérieurement, plus capable de bonheur. Pour l'élever à la hauteur de sa vocation, il faut un changement des structures sociales et économiques.
Pour nous , la politique a une dimension morale, elle vise de hautes fins : ce n'est pas le règne de l'ambition, de l'arrivisme, des egos, du goût du pouvoir et des prébendes, et de la simple gestion du système rivée à un agenda réformateur et technicien.
Nous sommes aussi matérialistes et réalistes : nous ne pensons pas qu'on puisse penser l'histoire indépendamment des phénomènes sociaux et économiques de longue portée, que l'on puisse juger les individus sans tenir compte de leur ancrage social. Que l'on puisse être complètement dupes des professions de foi progressistes émanant de la bourgeoisie et de ses représentants politiques. Nous pensons que le progrès n'est pas affaire que de bonne volonté, que le changement doit se construire à partir d'une analyse du réel, en travaillant à transformer un rapport de force, un état de fait qu'il faut bien connaître dans ses contradictions et sa dynamique immanente.
Nous sommes aussi à ce titre confrontés au paradoxe d'un capitalisme producteur de crises de plus en plus violentes du fait de sa domination de plus en plus forte sur le monde et tous les champs de l'activité humaine, qui est en même temps de plus en plus vulnérable en soi du fait de ses tendances auto-destructrices, et de moins en moins perçu comme combattable, de moins en moins identifié et ciblé à travers les forces sociales qui le dirigent.
La conscience sociale et politique, les idéaux d'émancipation, paraissent reculer aujourd'hui dans la « working class », la classe laborieuse, même si à la faveur de l'aggravation de certaines crises et des assauts impérialistes de la finance contre la souveraineté et les intérêts vitaux des peuples, comme en Grèce et en Espagne aujourd'hui, en Argentine ou dans d'autres pays d'Amérique Latine depuis des années, lorsque le capitalisme paraît vouloir se passer tout à fait de la démocratie, on observe des sursauts populaires salutaires et enthousiasmants qui manifestent que les idées de la gauche de transformation sociale, les idées révolutionnaires, n'appartiennent pas au passé (comment le pourraient t-elle puisqu'elles sont des aspirations fondamentales de la raison humaine?), qu'elles ont toujours une force d'entraînement quand le grand nombre recommence à croire en sa force et en sa capacité d'auto-détermination.
C'est aussi dans ces exemples, celui de la Bolivie, de l'Uruguay, de l'Equateur, et peut-être demain de la Grèce si elle se rebelle avec Syrisa contre l'Europe du capital, que se nourrit notre espoir que monte à nouveau en puissance, chez nous aussi, la vraie gauche, celle qui s'attaque aux privilèges, approfondit la démocratie et l'égalité des droits, musèle comme elle le peut les féodalités financières, veut changer la vie des gens, et pas qu'à la marge. Nous avons besoin d'expériences de luttes menées jusqu'à la victoire, de contre-modèles, même avec leurs limites, leurs échecs, leurs impuissances persistantes car l'ambition politique doit viser loin mais s'engage toujours dans un réseau de contraintes.
Et même si les espoirs restent pondérés, mesurés, assortis de craintes et de scepticisme, car cette entreprise s'engage dans un contexte très difficile, et que la vie politique, à travers ses contradictions, le poids des institutions présidentielles et du mode de scrutin, des bouleversements en cours, crée aussi ses crises internes, il y d'autres moteurs de l'engagement et de l'action, telle cette révolte que suscite dans la conscience humaine l'indécence des puissants autistes à l'aggravation de la pauvreté et des inégalités, qui détruisent des conquêtes sociales extraordinaires issues d'années de combats sociaux, l'indécence des riches qui en demandent toujours plus, qui cachent leur fortune pour ne pas contribuer à la solidarité nationale, qui veulent démolir encore et toujours le droit du travail afin de renforcer l'exploitation tout en exigeant des « retraites chapeaux » équivalent à des centaines d'années de salaires pour un SMICARD.
Transformer la colère en espoir, l'exigence ressentie en mode opératoire efficace, le chemin est long, mais il n'y a qu'en se réunissant qu'on pourra le parcourir.