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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 20:51

A PROPOS DU RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES SUR LES MATERNITÉS

La Coordination des Comités de Défense des Maternités et Hôpitaux de Proximité, qui représente près d’une centaine de comités en France et défend le secteur public de santé a souhaité faire connaître ses positions après les conclusions inquiétantes du Rapport de la Cour des Comptes sur l’organisation des soins de Périnatalité, effectué sur la demande de la Commission des Affaires Sociales du Sénat.

La Cour des Comptes constate la pauvreté des travaux épidémiologiques à ce sujet, citant cependant la recherche effectuée en Bourgogne sous la direction d’Evelyne Combier et publiée en 2012 (1).

Elle rappelle la volonté des gouvernements successifs depuis le décret du 21 Février 1972 sur les normes imposées lors de la naissance (M.M. DIENESCHE), à assurer la sécurité des femmes et des bébés en fermant les deux tiers des maternités de 1500 à 500 maternités au cours des quarante dernières années.

Elle reconnait qu’une telle mesure n’a malheureusement guère fait progresser la place de la France dans le rang des pays européens en matière de périnatalité. Et comme cette donnée largement connue ne pouvait être dissimulée, notre magistrature des comptes de la Nation admet humblement la chute de la 6° à la 13ème position de la France au sujet de la périnatalité. De quoi se lamenter très justement.

Après l’objectivité d’un triste constat, notre Cour de Justice Economique se doit de prononcer une sentence exemplaire. Contre toute attente les moyens préconisés sont un encouragement à l’accélération des mesures dont l’inanité vient justement d’être démontrée. Stupéfiant !

Ainsi l’engagement du Président de la République n’était donc qu’un trompe-l’œil destiné à apaiser ses électeurs. Les trente minutes précises destinées à apporter les meilleures réponses thérapeutiques à toutes formes d’urgences, y compris obstétricales, devraient se conjuguer avec l’éloignement organisé par la fermeture d’un nombre encore supérieur à celui « recommandé » de maternités. Nous pouvons décerner le 1er prix d’incohérence à notre Cour des Comptes.

Malheureusement ces magistrats ne sont pas stupides et leur enquête ne manque pas d’intérêt. Leur volonté économique concorde clairement avec celle, politique, d’un Gouvernement bien décidé à réduire les dépenses de santé publique dans le cadre de la création tout d’abord de communautés hospitalières de territoire : C.H.T. (Loi « Hôpital-Patients-Santé-Territoire » de juillet 2009) et aujourd’hui de groupements hospitaliers de territoire : G.H.T., cette fois contraignants, dans la future Loi de Santé élaborée par le Ministère ! Pour être clair : de fermer des services ou des hôpitaux, de réduire le nombre de lits et de personnel.

Mais la Coordination des Comités de Défense des Maternités et Hôpitaux de Proximité a la volonté de combattre ces choix déshumanisants, responsables de désertification, d’inégalité d’accès aux soins, de mise en concurrence des unités de soins, hospitalières et autres, et bien décidée à unir le plus largement la population afin de promouvoir une organisation sanitaire basée sur la réponse aux besoins de santé, financée par une Sécurité Sociale gérée démocratiquement, réunifiée et financée sur le principe de solidarité de chacun selon ses revenus à chacun selon ses besoins.

La Coordination des Comités de Défense des Maternités et Hôpitaux de Proximité poursuivra cet objectif répondant aux aspirations républicaines de justice fondatrice d’égalité et de fraternité.

Le 15 février 2015

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 20:44

Ces communautaristes qui sapent le vivre ensemble.

Sur Europe1, le lundi 23 février 2015, Roger Cukierman, Président du CRIF, déclarait « toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans ».

Cette déclaration scandaleuse et stigmatisante faisait de la violence une spécificité musulmane ; elle incitait donc à la haine. Dans la même émission, il considérait que Marine Le Pen est "irréprochable personnellement », Ce label de respectabilité s'appliquait à celle qui le 27 janvier 2012, faisait le pas de deux dans le bal annuel des corporations pangermanistes, grand raout annuel de la peste brune européenne, ceci le jour même de la « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste ».

Déjà en 2002, lors des élections présidentielles, Roger Cuckierman formulait une effarante déclaration raciste dans le journal Haaretz affirmant que le vote Le Pen constituait « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles »

Dès lors une question doit être posée : comment les premiers représentants de l’État ont-ils pu représenter la République dans un dîner annuel du CRIF dont le président venait de faire une telle déclaration attisant la haine raciale. Leur présence dans ce dîner devenait alors la caution officielle des débordements communautaristes du président du CRIF et de son mouvement. Cela ne peut qu'entretenir d'autres comportements communautaristes, antisémites ceux-là.

En cette période dramatique, après la tragédie de Charlie et de l'épicerie Casher, après le saccage d'un cimetière juif, après les nombreux actes anti-musulmans, il y aurait tant besoin d'un message rassembleur ! Ni le Président du CRIF, ni les officiels présents n'ont aidé à ce message. S'il y a eu un esprit du 11 janvier, le Président du CRIF et ses invités sont apparus comme ses fossoyeurs quelques semaines plus tard. Il nous appartient de réaffirmer l'urgence de la lutte contre toute les formes de racisme, sans hiérarchisation, sans concurrence communautariste mortifère pour le vivre ensemble.

Le MRAP

Paris, le 24 février 2015

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 20:41

Par Michel Tubiana, Président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme


Je suis juif. Aussi loin que ma mémoire remonte je n'ai jamais ignoré ce fait. En aurais-je été tenté d'ailleurs que la mémoire familiale qui n'a pas oublié la perte de la nationalité française et l'application du statut des juifs en Algérie m'en aurait dissuadé. Et mes premières années de lycée en France ont renforcé cette réalité : mes oreilles résonnent encore de quelques « sales juifs » ou de la rhétorique d'un individu que je retrouverai plus tard au service des étrangers de la préfecture de police de Paris (!) qui trouvait que les juifs étaient largement responsables de leur propre destruction.

Les assassinats de ces deux dernières années rappellent que le pire est toujours possible. Mais je suis un Français juif et, à ce titre, je n'ai pas d'autres fidélités que celles qui me lient à une certaine France, à une culture dans laquelle j'ai été éduqué. Et ces références, alliées aux valeurs familiales, ne sont pas pour rien dans ma prise de conscience politique et philosophique qui déterminera plus tard mon engagement dans plusieurs organisations telle la Ligue des droits de l'Homme.

Ce sont mes fidélités, je les ai choisies et je n'entends pas que l'on m'en impose d'autres au prétexte que je suis juif. Qu'un homme politique profite des peurs du moment pour creuser son sillon est déjà détestable. Qu'il utilise chaque victime pour créer des divisions, établir des distinctions et pousser chacun à se méfier de l'autre, voici qui est intolérable.

Benjamin Netanyahou n'a aucune légitimité à appeler les juifs à s'exiler en Israël. J'emploie le mot « exil » à dessein car Israël n'est pas mon pays, pas celui où je suis né, pas celui où j'ai appris, pas celui où je lutte, y compris contre l'antisémitisme, l'islamophobie et toute forme de racisme. D'autres juifs ont fait le choix de vivre en Israël. Ce sentiment national est aussi respectable que tout autre sentiment national mais rien ne me force à y adhérer.

Mon choix est inverse, je ne suis pas en diaspora et mon refuge, si je dois chercher refuge, c'est la France de Jaurès, de Blum et de tant d'autres. L'opportunisme du premier ministre Israélien n'a pas comme seule vocation la croissance numérique d'une population en mal d'enfants, il a aussi pour effet de lier la lutte contre l'antisémitisme à la problématique du conflit israélo palestinien. Je refuse ce trait d'union que tous les responsables israéliens ont toujours voulu tiré entre leur politique et les juifs d'une autre nationalité.

Je n'ai aucune solidarité a priori avec une politique d'Etat encore moins si cette solidarité doit être religieuse ou ethnique. On ne me fera pas cautionner une politique, surtout quant elle conduit à coloniser un autre peuple, parce qu'un Etat s'est arrogé le droit de parler en mon nom. Les dirigeants des organisations communautaires juives françaises devraient avoir bien présent à l'esprit que l'indispensable lutte contre l'antisémitisme ne passe pas par une défense inconditionnelle de la politique israélienne. Elle passe par une lutte commune qui nomme les différentes formes de racisme, n'en tolère aucune, ne stigmatise aucune communauté et s'attaque à ces discriminations qui dénaturent la République. C'est ainsi que l'on peut espérer retrouver l'égale dignité des hommes et des femmes de ce pays. La fraternité en somme.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/02/24/benjamin-netanyahou-n-a-aucune-legitimite-a-appeler-les-juifs-a-s-exiler-en-israel_4582415_3232.html?xtmc=tubiana&xtcr=1

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 19:32

L'éducation joue un rôle primordial dans l'existence d'une véritable égalité entre les populations et les territoires. A son échelle, le Conseil départemental doit garantir aux citoyens une offre de services publics d'éducation à la hauteur de cet enjeu.

Le collège est une articulation essentielle de notre système éducatif. C’est le département qui en a la compétence. Pour les collèges publics il prend en charge l’entretien, les constructions, l’hébergement et la restauration, le fonctionnement. Pour les collèges privés il apporte une dotation de fonctionnement, participe à leurs travaux d’investissements et à leurs équipements. C’est un budget de 41,8 M€ en 2015.

Le département prend aussi en charge le transport scolaire (qu’il peut concéder à des intercommunalités comme c’est le cas pour le Pays de Morlaix)

Concernant les écoles primaires, le département subventionne un certain nombre d’opérations, afin de contribuer à un aménagement équilibré du territoire en favorisant le maintien d’un réseau de proximité.

Or la politique d’austérité menée par le gouvernement va frapper fortement les départements qui vont voir leur dotation ponctionnée. La « rationalisation » et la « mutualisation » invoquées par le gouvernement pour intégrer les collectivités aux politiques d’austérité ne sont que « poudre aux yeux ». Ce sont des dizaines de millions d’Euros qui vont manquer au Finistère.

Cette politique d’austérité ne pourra donc pas rester sans conséquences sur les financements éducation du Conseil Départemental.

Elire des conseillers départementaux du Front de Gauche, c’est se donner des élus décidés à ne pas accepter cette politique, des élus qui se battront au sein des Conseils d'administration des collèges comme au sein du conseil départemental, aux côtés des parents d'élèves, des personnels et de la population pour faire avancer le service public national d'éducation.

Pour le Front de Gauche :

Le département est la bonne échelle pour la gestion des collèges : il a la puissance d’action nécessaire qui assure à l’échelle de son territoire l’égalité pour tous les collèges.

Nous refusons le projet gouvernemental de transfert des collèges à la Région.

Le réseau des 63 collèges publics doit être conforté afin d’assurer une présence du service public au plus près de la population avec des établissements à « taille humaine ».

Leurs dotations de fonctionnement doivent être maintenues à la hauteur des besoins exprimés.

Les parents d’élèves et personnels, les organisations représentatives doivent être réellement associés dans la définition de la politique à mener, dans les mesures à prendre (entretien, rénovation, …).

Les conditions prévisionnelles de rentrée (dotations d'enseignement dans les collèges, mesures de carte scolaire dans les écoles) doivent être réellement débattues, des alternatives aux mesures austéritaires proposées par le ministère via l'académie, doivent être étudiées.

La gratuité des transports scolaires est une nécessité dont nous ferons l’un de nos objectifs.

Si le service aux familles et aux enfants est certes subventionné (les familles ne paient donc pas l’intégralité du coût), le reste à charge reste encore trop important en particulier pour les familles les plus modestes.

Les Missions locales et le maillage actuel des CIO (centres d'Information et d'Orientation) doivent être confortés. Le maintien du CIO de Morlaix, aujourd'hui menacé, s’impose.

La question des équipements sportifs, qui répondent à un besoin important des collèges et des écoles, doit associer la participation des citoyens, des personnels et des élus.

L’enseignement de la langue Bretonne doit être soutenu.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:58
du 22/02/2015
Tout commence en 2009, sur le site d’une coopérative agricole non loin de Guingamp...
avec : 
démarrer l'écoute(ré)écouter cette émission (disponible jusqu'au 17/11/17 à 09h59)

Tout commence en 2009, sur le site d’une coopérative agricole non loin de Guingamp. 

Pour diminuer les coûts de stockage des céréales dans ses silos, la direction décide de réduire le fonctionnement du système de ventilation. En très peu de temps, la pourriture et les insectes infestent le stock. 

En espérant sauver une grande partie des 20 000 tonnes avariées, les responsables de la coopérative font procéder à l’aspersion par pesticides. 

Mais les insectes ne seront pas les seules victimes de l’opération. Après plusieurs semaines de travail sur place, sans aucun équipement spécifique, une partie des employés ressentent des malaises qui iront en s’aggravant. Ils découvrent alors que le pesticide utilisé est en fait un produit interdit depuis plusieurs années. La direction reste sourde aux mises en garde.

Aujourd’hui, quatre des ex-salariés de Nutréa souffrent d’une allergie totale aux produits chimiques.  Licenciés par leur employeur, filiale de l’une des plus grandes coopératives de Bretagne, Triskalia, ils ont entrepris un combat dont ils viennent de remporter une bataille : pour deux d’entre eux, le tribunal des affaires de la sécurité sociale de Saint-Brieuc vient de reconnaitre la faute inexcusable de l’employeur. 

 

Reportage de Inès Léraud

Prise de son :  Ivan Turk

Emission présentée par Pascal Dervieux

Réalisation Anne Lhioreau assistée de Stéphane Cosme et Christine Kern.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:54

Jean Ziegler. « La conscience humaine est une force révolutionnaire »

 

Dans « Retournez vos fusils », le sociologue suisse choisit clairement son camp et livre des éléments d’analyse concrets pour comprendre et résister à la barbarie libérale.

Rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, aujourd’hui Vice-Président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, Jean Zieglerest professeur émérite de sociologie à l’université de Genève.

La Marseillaise. Retournez les fusils ! Choisir son camp : vous n’y allez pas par quatre chemin…

Jean Ziegler. La dictature du capital financier globalisé qui asservit aujourd’hui l’humanité non plus… Nous vivons dans un ordre cannibale du monde : toutes les cinq secondes un enfant en dessous de 10 ans meurt de faim, presque 1 milliard d’êtres humains sont mutilés par une sous-alimentation grave et permanente, alors que d’immenses richesses s’accumulent dans les mains d’une mince oligarchie quasi toute puissante. Selon la Banque mondiale, en 2014, les 500 plus puissantes sociétés privées transcontinentales, tous secteurs confondus, ont contrôlé 52,8% du produit mondial brut. Ces « gigantesques personnes immortelles », comme les appelle Noam Chomsky, échappent à tout contrôle étatique, syndical, social, etc. Elles fonctionnent selon un seul principe : celui de la maximalisation du profit dans le temps le plus court. Contre cet ordre absurde et meurtrier, les États eux-mêmes, surdéterminés par les oligarchies du capital financier, sont impuissants. Les faits sont accablants, les risques encourus énormes. Les fusils dont il est question dans le titre de mon livre sont les droits démocratiques dont nous disposons dans les pays dominateurs.

La Marseillaise. Aujourd’hui, « faire ce qu’on veut et vouloir ce qu’on fait est devenu quasiment impossible » soulignez-vous. Ce regard critique réconforte, en quoi peut-il porter remède à ce monde malade ?

Jean Ziegler« Connaître l’ennemi, combattre l’ennemi », telle était l’injonction de Jean-Paul Sartre. C’est la tâche de l’intellectuel, mais aussi de tout démocrate : faire l’effort d’étudier le capitalisme financier globalisé dans ses moindres stratégies, confronter celles-ci à l’intérêt général, choisir son camp, rallier les mouvements sociaux. Mon livre veut être une arme pour l’insurrection des consciences à venir.

La Marseillaise. Vous évoquez l’utilité des intellectuels. Faut-il mettre en regard leur rôle avec la régression de l’histoire des idées depuis plus de trois décennies ?

Jean Ziegler. Ces trente ans écoulés ont vu l’effondrement du bloc soviétique, dont l’influence couvrait la moitié de la planète, l’unification économique du monde, le tsunami du néolibéralisme qui a dévasté l’idée de l’État-providence, privatisé le monde, tenté d’anéantir les politiques publiques, d’enchaîner les pays dépendants de l’hémisphère sud. Le triomphe de l’idéologie néo-libérale correspond à une véritable contre-révolution qui a aussi ravagé les intellectuels.

La Marseillaise. En vertu des « lois naturelles » de l’économie, dites-vous, le but de toute politique est la libéralisation complète des mouvements de capitaux, marchandises et services. Le reste serait une histoire d’emballage ?

Jean Ziegler. Oui, c’est le grand succès de l’idéologie néolibérale que de réussir à faire croire que l’économie obéit à des « lois naturelles », que la privatisation et la libéralisation, autrement dit la suppression de toute forme de contrôle public, crée le terrain favorable à l’expansion de l’économie, que la pauvreté des uns et l’extrême richesse des autres découlent d’une fatalité contre laquelle toute résistance serait vaine, que c’est à l’apogée de l’expansion que se fait « naturellement » la redistribution… En Europe, on commence à se rendre compte du danger mortel de cet « emballage » idéologique. On réalise progressivement qu’il soumet les gouvernements et les citoyens à ces forces économiques aveugles.

La Marseillaise. L’idéologie néolibérale est-elle le socle du retour du racisme et de la xénophobie ?

Jean Ziegler. Le désespoir qu’il provoque, oui. Racisme et xénophobie d’un côté, sentiment d’exclusion et d’apartheid de l’autre. En France, la droite française connaît une scission importante entre son courant gaulliste en train de disparaître et son aile néoconservatrice qui s’aligne sur la montée de l’extrême droite en Europe.

La Marseillaise. Dans ce contexte, l’unité républicaine prend-elle sens ?

Jean Ziegler. Oui, toute unité républicaine vaut mieux que l’extrême-droite au pouvoir. Mais elle ne peut pas durer sans changement profond de la société, de l’économie, de la politique, sans retour de la souveraineté populaire. Sinon la République, la nation, l’héritage formidables de la Révolution française, seront bientôt des coquilles vides.

La Marseillaise. Comment la gauche de gouvernement qui adopte le langage néolibéral pourrait-elle produire un récit alternatif ?

Jean Ziegler. Telle qu’elle est jusqu’à ce jour, c’est sans espoir. Il faudrait un sursaut gigantesque au PS, je ne l’en crois pas capable.

La Marseillaise. Que vous évoque les attentats terroristes survenus à Charlie Hebdo et dans le supermarché casher ?

Jean Ziegler. Un antisémitisme nauséabond monte en France. Mais aussi dangereux, au moins à égalité, est l’anti-islamisme. Entre le gouvernement soi-disant socialiste et un grand nombre de Français d’obédience musulmane, le contrat social, le lien de confiance sont fragilisés. C’est sur le terreau de la misère que prospère le monstre djihadiste. Alors que peut, que doit faire le gouvernement français ? Essayer, par des investissements sociaux massifs, de briser l’isolement et la misère économique des millions d’habitants des banlieues sordides, dont une importante partie sont des musulmans. Prendre enfin sur la tragédie du peuple martyr de Palestine une position officielle claire : non à la colonisation et au terrorisme d’État du gouvernement Netanyhaou, oui à la création d’un Etat palestinien souverain.

La Marseillaise. Où situez-vous la relève ?

Jean Ziegler. La société civile planétaire, cette mystérieuse fraternité de la nuit, oppose à la dictature du capital financier globalisé une résistance fractionnée mais efficace. Elle est composée par une myriade de mouvements sociaux, locaux ou transcontinentaux : tels Via Campesina, qui organise, du Honduras jusqu’en Indonésie, 141 millions de petits paysans, métayers, éleveurs nomades, travailleurs migrants, Attac, qui tente de maîtriser le capital spéculatif, Greenpeace, Amnesty international, les mouvements de femmes, etc. Tous ces mouvements organisent patiemment le front planétaire du refus. Je suis persuadé qu’en Europe aussi l’insurrection des consciences est proche. Il n’y a pas d’impuissance en démocratie. La conscience de l’identité entre tous les hommes est une force révolutionnaire. La nouvelle société civile planétaire n’obéit ni à un comité central ni à une ligne de parti. L’impératif catégorique du respect de la dignité humaine de chacun est son unique, mais puissant moteur.

Recueillis par Jean-Marie Dinh (La Marseillaise, le 17 février 2015)

Retournez les fusils ! Choisir son camp, Ed. du Seuil, 2014.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:52

Colonnes ouvertes à Alain Hayot. Juifs et musulmans : le double piège

 

De Paris à Copenhague en passant par l’Allemagne les attaques contre les cimetières, les synagogues et les mosquées, les actes antisémites et islamophobes se multiplient.

Ils suscitent chez nos compatriotes de confession ou de culture juive ou musulmane des peurs et des angoisses parfaitement légitimes. D’autant plus que ce climat détestable alimente les pires violences, les propos et les comportements les plus nauséabonds, des instrumentalisations politiques totalement inacceptables. En outre ce climat xénophobe met en cause profondément les conditions républicaines du vivre ensemble, divise les français et les détourne des véritables causes du mal vivre et du mal être qu’ils connaissent.

Le débat médiatique occulte ainsi les dimensions économiques et sociales de la situation précaire de quelque 10 millions de français quelles que soient par ailleurs leurs origines, leurs appartenances confessionnelles ou leurs inscriptions territoriales.

Combien de temps va-t-on mettre à comprendre que les français de confession ou de culture juive ou musulmane sont pris en otage et enfermés dans un double piège.

Ainsi les juifs sont pris en otage par l’extrême droite fondamentaliste se réclamant de l’islam. Elle les identifie à Israël justifiant ainsi l’injustifiable, les meurtres commis prétendument au nom de la cause palestinienne. Mais les juifs sont aussi pris en otage par le gouvernement d’israélien d’extrême droite qui bloque toute perspective de paix et de reconnaissance de la Palestine. Il utilise l’extrémisme islamiste pour les inciter à rejoindre en Israël sa guerre sainte contre le monde arabo-musulman.

De même les musulmans sont pris en otage par l’extrême droite européenne, le FN chez nous qui s’acharne à les identifier à la violence meurtrière de Daesh ou d’Al-Qaïda mais aussi par ces mêmes groupes extrémistes qui veulent les entraîner dans une guerre sainte contre les pays européens où ils vivent et construisent leur avenir.

Ni les uns, ni les autres ne doivent accepter d’être enfermés dans des pièges aussi redoutables, dans des combats qui ne sont pas les leurs et qui les emmènent vers des voies sans autres issues que la haine de l’autre et la violence raciste et au bout du chemin, la guerre.

Tous les français quelles que soient leurs origines, leurs croyances ou leurs convictions, qu’ils croient au ciel ou qu’ils n’y croient pas, sont confrontés aux mêmes problèmes. Leurs appartenances identitaires respectives, légitimes au demeurant, ne peuvent s’exprimer en toute liberté que dans le respect des valeurs communes qui fondent notre République ou tout simplement notre humanité : Liberté de conscience et d’opinion ne peuvent aller sans tolérance et fraternité mais aussi et peut-être surtout sans égalité de tous devant la loi, le travail et l’emploi, le logement et la santé, l’éducation et la culture, la citoyenneté et la démocratie.

Là seulement se situe le champ des possibles pour sortir par le haut des pièges que nous tend un monde aveuglé par le fanatisme et l’obscurantisme, écrasé par la domination sans partage d’un capitalisme sauvage qui creuse toutes les inégalités sociales, sexuelles, culturelles et ethniques.

Alain Hayot (La Marseillaise, le 21 février 2015)

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:45

Grèce. « Nous avons gagné une bataille, pas la guerre »

 

Alexis Tsipras commente le contenu de l’accord obtenu avec l’Union européenne.

Le Premier Ministre grec Alexis Tsipras a déclaré hier que l’accord conclu vendredi avec la zone euro sur la poursuite de son financement permettait à la Grèce de « laisser derrière (elle) l’austérité », tout en soulignant que les « difficultés réelles »sont à venir.

« Nous avons gagné une bataille mais pas la guerre (…) les difficultés réelles sont devant nous », a affirmé, dans une allocution télévisée, le chef du gouvernement grec qui estime également qu’avec le compromis trouvé à Bruxelles, le pays « laisse derrière lui l’austérité, le mémorandum, la troïka » de ses créanciers (UE, BCE, FMI) et qu’ainsi, la Grèce a atteint son « objectif principal ».

Une idée sur laquelle le Premier Ministre a insisté en affirmant que le gouvernement de gauche radicale Syriza a remporté « beaucoup de succès » mais a devant lui « une route longue et difficile ».

« Nous avons hérité d’un pays au bord du gouffre, aux caisses vides et nous avons mis en échec le plan des forces conservatrices aveugles, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, qui voulaient nous asphyxier », a ajouté le dirigeant du parti Syriza.

Un plan de développement

Cette « bataille longue et difficile » a désormais un autre « horizon » de négociation, a-t-il souligné : c’est le mois de juin lorsque l’accord de financement de quatre mois conclu vendredi va expirer et que la Grèce sera amenée à présenter « son propre plan de développement ». Le compromis trouvé vendredi soir à Bruxelles, au terme d’âpres négociations, « donne donc du temps » au pays, estime Alexis Tsipras.

Le gouvernement grec, selon le Ministre des Finances Yanis Varoufakis, devrait être dispensé d’inclure certaines mesures jusqu’alors exigées : hausse de TVA, nouvelles coupes dans les retraites ou poursuite de la dérégulation du marché du travail.

C’est ce qui permet à Athènes de se présenter désormais en « coauteur des réformes et de sa destinée », plutôt qu’en élève soumis, selon le MinistreVaroufakis.

Mais comme le souligne le Premier Ministre grec, la partie n’est pas encore gagnée tant les tenants du libéralisme veulent faire rentrer les Grecs dans le moule de l’austérité. Alexis Tsipras devra conquérir la partie la plus débattue de son programme : hausse du salaire minimum -que le gouvernement avait fixée pour 2016-, hausse des petites retraites, protection des saisies immobilières ou arrêt des privatisations.

Dans l’accord trouvé, la Grèce s’engage à ne pas légiférer avec un « impact négatif sur les objectifs budgétaires, la reprise économique et la stabilité financière ».

D’autant que ce compromis exclut pour l’instant que le gouvernement grec puisse utiliser les quelque onze milliards d’euros restant dans le fonds de stabilité des banques grecques pour autre chose que la sauvegarde du système financier. Et que la zone euro ne déboursera pas l’argent restant dans le programme d’aide (7,2 milliards d’euros, dont 3,6 venant de l’UE) avant une seconde évaluation des réformes, en avril.

L’UE a autorisé Athènes à dégager un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) plus faible que ce qu’elle souhaitait initialement. Toute réforme « qui n’a pas de sévère impact budgétaire pourra être mise en œuvre », a dit hier le Ministre de l’Economie Giorgos Stathakis.

Selon lui, certaines mesures de lutte contre la pauvreté promises peuvent aussi rapporter à l’État (via les rééchelonnements d’impayés d’impôts), ou être compensées par les recettes attendues de la lutte contre l’évasion fiscale, la corruption, et la réorganisation de l’administration.

La Marseillaise, le 22 février 2015

Le combat de David et Goliath

Personne ne s’étonnera de la dureté de l’affrontement sur le dossier grec. D’un côté, la machine bien huilée à imposer l’austérité et à briser les modèles sociaux qu’alimente le libéralisme décomplexé incarné par le système Merkel.

De l’autre, un pays de moins de onze millions d’habitants, à l’économie rendue exsangue par la purge infligée par la troïka, qualifiée par de nombreux Grecs de « catastrophe humanitaire ». Une version moderne de l’opposition entre David et Goliath. Et pourtant, sous l’impulsion du nouveau gouvernement dirigé par Alexis Tsipras, la Grèce fait de la résistance et commence à enrayer un engrenage jusqu’alors implacable.

Personnalité remarquable, d’une lucidité qui ne contredit pas l’obstination à respecter ses engagements, le Premier Ministre sait que le moment n’est pas venu de crier victoire. Que le chemin sera « long et difficile » même si Bruxelles et Berlin sont aujourd’hui contraints à la défensive. Parce qu’ils s’appuient sur la puissance de frappe de la finance internationale, ces derniers ne manquent pas de ressources et de moyens pour faire obstacle au renouveau grec. Pour les affronter, Tsipras a l’intelligence de jouer la seule carte qui compte  : celle du soutien populaire autour de ses engagements électoraux.

A cet égard, il donne d’ores et déjà une leçon à ceux qui ont préféré la résignation et le reniement à l’action en faveur de la transformation sociale.

Tsipras et Syriza commencent à faire la démonstration que la volonté politique et le respect de la parole donnée peuvent être plus forts que le chantage des puissants. Pour la gauche française, c’est un formidable encouragement.

Christian Digne (La Marseillaise, le 22 février 2015)

Un bon compromis

François Hollande a qualifié hier de « bon compromis pour l’Europe et pour la Grèce » l’accord de Bruxelles. « Sur le dossier de la Grèce, nous avons cherché la bonne solution », a-t-il expliqué. « La bonne solution, c’était de prolonger le financement permettant à la Grèce d’assurer sa transition et de pouvoir honorer ses engagements »« La bonne solution, c’était aussi de lui laisser le temps pour que ses réformes soient engagées et que le respect des électeurs grecs soit aussi préservé », a-t-il encore précisé. « L’Europe, elle doit montrer de la crédibilité, elle doit montrer aussi de la solidarité. De la crédibilité parce que nous devons montrer que nous avons des règles et qu’elles valent pour tous les pays (…) De la solidarité, parce que quand il y a des pays qui souffrent, il est légitime que nous puissions les accompagner tout en leur demandant de respecter leurs engagements », a-t-il expliqué.

La Marseillaise, le 22 février 2015

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:41
 
Monsieur le Ministre : 
stoppez les fermes-usines !


Cher-es ami-es,

Aux quatre coins du territoire, des projets d’élevage industriel voient le jour.
  • une usine de 1000 vaches a pu voir le jour à Drucat dans la Somme ;
  • une autre usine de 1000 veaux est en construction à Saint-Martial-le-Vieux dans la Creuse ;
  • un poulailler géant avec 1,2 million de volailles à Pamproux (79) réalisé ;
  • une porcherie industrielle de 15 000 porcs à Vitry-le-François (51) réalisé ;
  • Etc (Voir la carte de france de l'élevage industriel).
Malgré l’impasse de ce type d’élevage qui :
  • réduit les paysans à de simples exécutants à la solde de multinationales ;
  • soumet l’animal à un environnement concentrationnaire indigne ;
  • pollue l’environnement (notamment rivières, littoraux et nappes phréatiques) ;
  • produit une alimentation de qualité discutable ;
... le gouvernement annonce un nouvel assouplissement des règles régissant l’agrandissement des élevages.

Après avoir sensiblement augmenté le seuil à partir duquel un éleveur porcin aura à effectuer une déclaration, c’est autour des poulaillers industriels de bénéficier d’un nouveau passe-droit.

Malgré les beaux discours écologiques, les choix du gouvernement sont toujours les mêmes et favorisent encore et toujours les pollueurs. 

Il est temps de mettre un terme à cette fuite en avant : il est nécessaire qu’un véritable débat s’engage afin de tenir compte de la volonté maintes fois exprimée des citoyens d’une nourriture de qualité et d’un environnement préservé.

Le gouvernement doit renoncer à soutenir cette course au gigantisme : il doit abandonner sa volonté de détricoter le droit de l’environnement pour satisfaire les exigences de quelques centaines d’agriculteurs productivistes et des multinationales qui les instrumentalisent.

► SIGNEZ la pétition pour demander au Ministre de l'agriculture de stopper les fermes-usines !

 
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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 20:25

cycle 14/18 » la der des ders ? »

 

ARAGON et la Grande guerre

J'ai buté sur le seuil atroce de la guerre  Et de la féerie il n'est resté plus rien

 

La guerre de 1914/1918, première guerre industrielle bouleverse l'Europe bien sûr et avec elle une grande partie du monde. Les pertes humaines sont considérables Des millions d'hommes meurent au front. En France 10% de la population masculine a été tuée ou est portée disparue. Quatre Empires se disloquent. Des frontières sont redessinées jusqu'au proche Orient.

 

Un monde nouveau tente de se construire, rejetant une société, des formes d'organisations sociales et politiques qui ont organisé ou permis cette boucherie. Les intellectuels prennent toute leur place dans ce mouvement « révolutionnaire » qui voit l'éclosion du dadaïsme puis du surréalisme. Louis Aragon avec André Breton ou Philippe Soupault, en est une des grandes figures.

 

AVT Louis-Aragon 399

 

 

soirée d'échange et de débat en partenariat  avec la médiathèque de Quimperlé

 

Bernard Vasseur

Philosophe Directeur de la Maison Triolet-Aragon

 

tu n'en reviendras pas toi qui courrais les filles

jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu

quand j'ai déchiré ta chemise et toi plus

tu n'en reviendras pas vieux joueur de manille

 

Qu'un obus a coupé par le travers en deux

pour une fois qu'il avait un jeu du tonnerre

Et toi le tatoué l'ancien légionnaire

tu survivras longtemps sans visage et sans yeux.

 

(Aragon, Le roman inachevé)

le vendredi 20 mars 2015 de 19h à 21 h

salle Anne Follézou

Port de Brigneau Moëlan sur Mer

 

Le long dos d'âne disputé au Chemin des Dames cette arête vive du massacre

 

 

entrée libre. Participation aux frais d’organisation de la soirée. !

 

Les Amis de la Sardine Rient Port de Brigneau 29350 Moëlan sur mer


 


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