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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 18:54

Je relis la presse de la semaine à tête reposée et... patatra, moi qui rêvait d'une autre politique possible que celle conduite par le duo Sarkozy-Fillon, je dois me rendre à l'évidence: nous vivons dans le meilleur des mondes possibles et la droite au pouvoir en France est extraordinairement progressiste et prudente par rapport à ce qu'il eût fallu faire et ce que font déjà nos voisins plus raisonnables et rigoureux... Car nous sommes dans une économie de guerre, n'est-ce pas? Je suis prié d'ouvrir les yeux, de laisser mes illusions au vestiaire: quoiqu'il en soit, le vote du 22 avril ou du 6 mai ne changera rien. Il y a des réformes qui s'imposent, vitales pour ces économistes de cimetières qui font semblant d'oublier que la France n'a jamais été aussi riche..

Jugez plutôt, le titre de la page spéciale Présidentielle:  

              "Tour de vis après le 6 mai"

 

Vous vous sentez déjà un brin étranglés. Qu'à cela ne tienne: on va serrer un peu plus fort.

Le sous-titre à côté de la jolie photo de groupe du triumvirat Merkel, Sarkozy, Monti, écrasés par le poids de leur responsabilité qu'ils assument avec tant de courage: "Partout en Europe, l'austérité fait rage. Pourtant, en France, à la veille de l'élection présidentielle, peu nombreux sont les candidats à aborder les inévitables mesures de rigueur à venir".

 

Le développement est à l'avenant:

Le premier qui dit la vérité, il sera exécuté, chantait Guy Béart... - un vrai poète! - François Bayrou baisse t-il dans les sondages parce qu'il claironne que la rigueur, la vraie, est pour demain? -... tiens, nous ne connaissions que la fausse, la confortable. (...). Il y a peu, The Economist (il ne s'agit pas d'un journal équatorien ou vénézuélien, c'est du sérieux!) s'est fondu d'une "cover" (Henri Lauret pense globish) vacharde sur le "deni français". Quand il s'agit  de nous brocader, les Anglais ne manquent jamais de talent. En l'occurence, l'hebdo de la City appuie là où ça pourrait faire mal.

Partout en Europe, l'austérité fait rage. Elle est d'une violence inouïe depuis la guerre (Vous croyez qu'il s'en attriste, mais non, mais non...). L'Italie de Monti prévoit 230 milliards d'économies sur trois à quatre ans. Les impôts grimpent de 40 milliards cette année et l'essence est à 2 euros! En Espagne, Rajoy table sur 80 milliards (on dirait le sherif de la forêt de Sherwood)réforme en cinq semaines le marché du travail, la banque, adopte la règle d'or et serre les dépenses de santé. Ouf! (suffoque t-il le petit Henri, au spectacle de tant de souffrances partagées par nos voisins?) A Londres, Cameron poursuit un plan dà 130 milliards, gèle le salaire des fonctionnaires, monte la TVA et supprimera 700.000 emplois publics. Tour de vis en Belgique, baisse du Smic en Irlande... Grèves, colère, dépression sociale. Le tout applaudi par Bruxelles".

 

Bref, l'Europe est à feu et à sang. Et les Français continuent tout de même à se goinfrer en toute insouciance pendant que les hommes politiques- mais pas tous, heureusement - leur mentent avec des promesses qu'ils savent ne pas pouvoir tenir.

 

Et la France? Deux plans de rigueur, siglés Sarkozy/ Fillon ont ramené le déficit de 7,1% du PIB à 5,2% d'une année sur l'autre (tiens, on oublie de dire à quel niveau se trouvait le déficit quand Sarkozy en 2007 ou la droite en 2002, est arrivé au pouvoir). Excellent résultat obtenu sans déréglementer le travail (il ne rit pas), sans baisser les salaires des fonctionnaires, sans la retraite à...67 ans.

 

Bref, des philanthropes! Sarkozy/ Fillon: peut mieux faire...

 

" Nicolas Sarkozy a hérité de 1200 milliards de dettes et d'une dépense publique de 54% du PIB. Il promettait d'en finir avec 30 ans de financement à crédit de la croissance et de la protection sociale. La dette, depuis, s'est envolée à 1800 milliards et la dépense publique dépasse 56%.... Bien que Fillon ait dénoncé l'état de faillite, le président a tourné le dos à la lutte contre la dépense et le déficit".

 

La conclusion, vous le devinez: le couplet habituel sur la cigale et la fourmi.

 

"L'extrême rigueur nous est-elle promise comme aux voisins du Sud? Non, plus de rigueur, certainement, car ceux qui nous prêtent pour bouvcler nos fins de mois l'exigent. Le vainqueur du 6 mai, quel qu'il soit, gouvernera donc les yeux sur le "spread", l'écart de taux d'intérêt des marchés. Il grimpe déjà, c'est mauvais signe. Autre contrainte, institutionnelle celle-là: le futur hôte de l'Elysée devra soumettre son budget pour accord à Bruxelles. Le "modèle" (les guillemets font sentir l'anti-phrase) français d'Etat Providence survivra t-il? La cigale, c'est sûr, n'a plus les moyens de chanter".

 

Et voilà encore le bruit de botte habituel visant à faire peur et à convaincre qu'il n'y pas d'alternative aux politiques anti-sociales, accompagné du petit refrain habituel sur l'exception française, la légèreté et le manque de courage de nos hommes politiques qui flatteraient les bas instincts du peuple gavé de privilèges et qui n'en aurait jamais assez, qui oublieraient le monde,  la mondialisation, la dette, la nécessaire coordination européenne.

Mais où va t-il chercher son inspiration, Henry Lauret, le journaliste du Télégramme, dans son article coup de poing et formidablement impertinent vis à vis du monde politique, sinon dans les comités de campagne de l'UMP, de François Bayrou, ou du côté de chez Mme Parisot?

 

Il y a toutefois certains constats lucides que même un propagandiste du libéralisme peut faire quand ça l'arrange:   

 

"Nous nous sommes engagés...à réduire des comptes en 2016-2017. Sarkozy et Hollande, au détail près, s'alignent sur les horizons imposés par Bruxelles, Berlin et les marchés. Chacun à sa manière, bien entendu. Le président-candidat promet tant et plus, et privilégie la baisse des dépenses à la hausse des impôts, sans renoncer à celle-ci. Le leader socialiste élude la dépense pour ne pas se brouiller avec Mélenchon  (ou plutôt les électeurs du Front de Gauche, qui ont un peu plus d'influence sur Hollande que Mélenchon tout seul... Mais c'est vrai qu'il n'y a que des maîtres et des moutons dans le raisonnement de ce journaliste) et veut embaucher, réformer la fiscalité...".

 

Donc "Exit le mythe de l'exception française"

Et Henry Lauret de se demander si les candidats n'auraient pas dû revêtir l'uniforme de psychologues pour intervention  d'urgence après trauma de groupe ou de préparateurs de deuil plutôt que de démiurges:

"Les candidats ont-ils clairement préparé les Français à un tel effort?"

 

Mais Henry Laurent en est convaincu: les Français ne sont pas dupes, ils savent bien malgré les cajoleries et les caresses enjôleuses qu'on les amène à l'abattoir.... Du sang et des larmes, ils vont en avoir plus que leur compte, et cela les aguerrira...

"Dans l'embrouillamini des chiffrages, promesses, philippiques et incantations (tiens, ça rime avec Mélenchon...) , tout, en fait, a été dit. Mais rien n'émerge. Les électeurs voient ce qui se passe chez les voisins. Ils ne croient plus au mythe de l'exception française. Ils savent que leur tour est venu".

 

Au suivant!

 

Quel mélange plus vil de cynisme que ces demi-vérités mêlées de gros mensonges et d'une pégagogie de la soumission par la peur qui constitue le fil rouge du message!

 

Français, Bretons, lecteurs du Télégramme, ne nous laissons pas impressionner par ces donneurs de leçons privilégiés qui prophétisent avec tant de plaisir non communicatif notre ruine! Ils n'ont droit qu'à une chose: notre mépris!

 

Ismaël Dupont

 

 

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 08:26

Ode émouvante au métissage et à la Méditerranée dont procèdent la culture et l'histoire de la France, comme toute une partie de sa population, la plus mélangée d'Europe, discours contre les théories du choc des civilisations, la propagation de la haine de l'Islam, des arabes et des berbères, rappel des menaces écologiques qui pèsent sur la mer (transports de marchandises sous des pavillons de complaisance liés à la mondialisation et à la volonté de réduire les coûts salariaux; plateforme pétrolière en Métiterranée...),  affirmation des grands principes républicains (laïcité, droit du sol, égalité, lutte contre les discriminations, souveraineté du peuple) et de notre volonté d'une 6ème République étandant les droits et les pouvoirs d'intervention des citoyens, notre candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a encore une fois porté très haut la voix forte du Front de Gauche à une semaine du premier tour des présidentielles.

Quoiqu'il arrive, ce message aura permis de réveiller les consciences, de remettre à l'ordre du jour comme dessein inachevé et de redonner du sens à l'égalité, à la fraternité, à la liberté, de manière à reconstituer dans le peuple un "nous" combatif, qui est fier de lui-même et reconnaît les siens.

 

"Nous écrivons une page de l'histoire de la gauche. Nous sommes la renaissance de cette gauche qui ne transige pas et qui met ses rêves assez haut pour qu'en définitive il en reste quelque chose sitôt que l'ennemi sans cesse revient reprendre ce qui a été conquis souvent de haute lutte et au prix de tant de souffrances". (Jean-Luc Mélenchon).

 

   

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 07:29
Nous appelons à voter pour les candidat-e-s du Front de Gauche à l'élection présidentielle et aux élections législatives : Place au peuple, à ses langues et à ses cultures ! (Texte complet sur le site de la pétition)
Ar bobl, e yezhoù hag e sevenadurioù war al leur !
Plaça al pòble, a sas lengas e a sas culturas !
Lekua utz herriari, haren hizkuntzei eta kulturei !
Femu u so locu à u populu, à e so lingue, à e so culture !
Feu lloc al poble, a les seues llengües i a les seues cultures !
De plekke is om 't volk, om ze taelen en om ze kuulteuren !
Plàtz ìm Volk, ìn sina Sprocha un ìn sina Kültüra !
Done la plasse le pèp, zot  lang, zot kiltir !
 
Premiers Signataires de l'Appel (par ordre alphabétique) :
— Henri AUSSEIL, professeur honoraire, ancien responsable syndical de l’académie de Montpellier, catalan, PCF — Viviane BIANCARELLI, éducatrice spécialisée, élue à l’Assemblée de Corse, Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), PCF — Jacques BLIN, animateur culturel, Réseau des langues et cultures de France : http://languesculturefrance.free.fr, Sète (Hérault) — Pierre Boutan, maître de conférences honoraire en sciences du langage, IUFM de Montpellier, auteur de : "La langue des Messieurs", histoire de l'enseignement du français à l'école primaire, PCF — Dominique BUCCHINI, président de la Collectivité Territoriale de Corse — Delphine CASTELLI, enseignante, élue régionale (Nord), PCF — Alain CHARRIÉ, musicien et chanteur occitan, Sète (Hérault) — Denis-Serge CLOPEAU, médecin, Morbihan, PG — Elian CELLIER, professeur d’occitan, Bagnols-sur-Cèze (Gard), PCF — Gilbert DALGALIAN, linguiste, ancien directeur pédagogique de l’Alliance française de Paris, auteur de : Enfances plurilingues. Bénéfices et conditions d’une éducation bilingue (Morbihan) — Laurence DALEAU, professeur des écoles maître formateur, classe bilingue créole réunionnais/ français. La Réunion — Magali DARGENT-BIZOT, enseignante, écrivaine occitane, Roquevaire, (Bouches-du-Rhône) — Hervé FERRIÈRE, maître de conférences en épistémologie à l'IUFM de la Guadeloupe, FASE et PG — Marie-Jeanne FEDI, employée, syndicaliste, élue locale et à l’Assemblée de Corse, Vescovato (Haute-Corse), PCF — Joël GALLAIS, parent d'élèves en école bilingue breton/français, responsable politique départemental (Morbihan), PCF — Denis GALVIER, enseignant, auteur compositeur interprète, groupe Coriandre, Sommières (Gard), PCF  — Gege GWENN, écrivain en langue bretonne, instituteur Diwan et vice-président de la Communauté de communes du Yeun Elez, (Finistère) — Pierre GRAU, enseignant retraité, catalan, Montpellier — Roger HILLEL, universitaire honoraire, journaliste au Travailleur Catalan, Pyrénées-Orientales, PCF — Anita KERVADEC, professeure, responsable syndicale en charge des Langues Régionales, membre du Conseil Académique des Langues Régionales, Vannes (Morbihan), PCF — Patricia LABORIE, professeure, militante culturelle, ancienne responsable syndicale académique, Pontivy (Morbihan) — Célina LE BOUR, professeure des écoles bilingues publiques breton-français, militante FASE — André LE GAC, ancien maire et conseiller général en charge du breton, Plougastel (Finistère) — Stéphane MANGANELLI, chanteur provençal, Vaqueyras (Vaucluse) — Isabelle MAZELIN, professeure en collège, Landerneau (Finistère) — René MERLE, écrivain, historien, auteur de : Culture occitane, per avançar, La Seyne-sur-Mer (Var) — Daniel MURINGER, artiste musicien, syndicaliste SFA-CGT, Strasbourg — Noelle PEOC'H, militante syndicale et associative, Chateaulin-Carhaix (Finistère) — Michel PÉDUSSAUD, étudiant en occitan, Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) — Jean-Luc POUGET, cadre territorial, Fondamente (Aveyron), PCF — Philémon POUGET, professeur honoraire, ancien responsable académique de l'enseignement de l'occitan, Montpellier — Alain RAYNAL, journaliste retraité, Montauban (Tarn-et-Garonne) — Maximilien REYNÈS-DUPLEIX, syndicaliste et Libre Penseur, Moissac (Tarn-et-Garonne), PCF  — Marie-Jeanne VERNY, maître de conférences en occitan, Université Paul-Valéry Montpellier III, militante associative, co-coordinatrice de : L'école française et les langues régionales, PCF
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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 21:08

 

Introduction:

La priorité des priorités est la suppression du « syphonage » des richesses produites par les établissements financiers; le Front de Gauche est le seul candidat crédible pour mettre fin au « western spaghetti » que représente le racket des banques auprès des peuples gouvernés par des dirigeants complaisants: Les richesses produites, au lieu de financer les services publics sont détournées pour enrichir des organismes financiers de tous ordres: banques, hedges founds, assurances. Ce sont les bandits sur la colline qui rackettent les péones (il nous manque les 7 samouraïs).

Deux ou trois slogans répétés ad nauseam par la droite sont à dénoncer:

"Un état c'est comme un ménage: il ne doit pas dépenser plus qu'il ne gagne"

« Nous vivons au-dessus de nos moyens et la dette explose »;

« Quelle France allons nous laisser à nos enfants? » (Thierry Breton)

Il faut revenir sur les lois dites "T.E.P.A.": Inégalitaires et anti-économiques

Un Etat, ce n'est pas un ménage car un Etat (sauf cataclysme ou conquête militaire) n'est pas susceptible de faillite, comme l'a souligné Nicolas BENIES: il est immortel au regard des économistes.

Cela dit, une gestion saine et rigoureuse est cependant nécessaire. Les néo-libéraux ressassent qu'un état, c'est comme un ménage: il ne doit pas dépenser plus qu'il ne gagne. On imagine la réaction du banquier de personnes surendettées qui proposeraient de travailler à temps partiel alors qu'elles travaillent à temps plein pour gagner moins: "Vous verrez, du coup, ça ira mieux!" ...

C'est pourtant ce qui a été mis en oeuvre depuis 2004 et, en particulier depuis 2007 avec les mal nommées lois « T.E.P.A. - Travail Emploi et Pouvoir d'Achat». Pour l'essentiel, il s'agit de cadeaux fiscaux et sociaux considérables pour les plus aisés:

  • Impôt sur le revenu:

Le barême de l'impôt sur le revnu a été considérablement allégé: Jusqua'u début des années 2000 il y a eu un taux marginal supérieur (tranche supérieure) jusqu'à 65%. Ce taux maximum est descendu à 40%. Pour faire participer les plus riches à l'effort de crise, ce taux vient d'être porté à 41%: C'est limite étranglement de rire.

Le barême du Front de Gauche est le plus ambitieux car le Front de Gauche se propose de l'utiliser comme outil pour limiter l'écart des revenus de 1 à 20: C'est pourquoi tout revenu (je présume par part de foyer fiscal) supérieur à 352 000 euros, soit 20 fois le revenu médian, la limite étant arrondie à 360 000, sera taxé à 100%, tandis que le PS n'envisage que la taxation à 75% des revenus > 1 million.

Le MODEM qui envisage un taux marginal supérieur de 50% au lieu de 41% ne propose rien d'aussi ambitieux. François BAYROU refuse à l'entrée de la France, pour le citer à peu près, l'écriteau « La réussite est interdite ». Par contre, en instaurant la « règle d'or », c'est l'austérité qu'il envisage. Ajoutons qu'il envisage une hausse de la TVA.

Du reste, qui a dit au Front de Gauche que « la réussite » était interdite? Si des gens riches aiment ce pays, c'est pour une foule de bonnes raisons (valeurs, attachement à des relations et plaisir de faire fructifier quelque chose sur le sol du pays où l'on vit bien) qui ne se limitent pas à l'obsession de « planquer le magot ». De plus, en raison du projet ambitieux du Front de Gauche de développer de saines activités économiques en France, c'est cette réussite même qui séduira les gens de talent.

La richesse est un état de fait; il me semble utile de souligner qu'elle est nominale et non proportionnelle: Si l'on propose à une personne qui gagne 40 000 euros (revenus moyens modestes mais décents) de gagner 100 000 euros pendant 6 ans (soit 60 000 de plus par an * 6 = 360 000) pour revenir ensuite à 40 000, les 360 000 de plus sur 6 ans lui feront le même effet que si elle gagnait tous les ans pendant 6 ans à « La Roue de la Fortune »! Ces 360 000 sur 6 ans autorisent de beaux projets: maison, voiture neuve, études des enfants, etc ..., en un mot, une vie particulièrement confortable et ouverte aux projets d'avenir. Des revenus ANNUELLEMENT répétés de 360 000 euros, même taxés par le Front de Gauche, laissent un disponible plus que décent: La réussite n'est pas interdite!

Par contre il est urgent de rehausser les finances publiques en demandant à ceux qui le peuvent un effort à hauteur de ce qu'ils devraient. Ce principe est d'ailleurs constitutionnel.

C'est l'indécence de certains revenus qui est visée, au risque cependant que le Conseil Constitutionnel ne juge confiscatoire et anti-constitutionnelle cette mesure fiscale de taxation à 100%.

  • Le « Bouclier Fiscal »: Supprimé dernièrement, ce qui illustre le constat d'échec de la part même de ceux qui l'ont créé, le bouclier fiscal consistait à limiter à 60% puis à 50% des revenus la quasi totalité des impositions. Si, dans le principe, cela pouvait concerner tout un chacun , dans la pratique, le bouclier fiscal a servi à exonérer au maximum l'ISF (Imposition Solidarité s/ la Fortune). L'imposition de l'ISF en 2012 vient d'être allégée, alors que la crise est là.

  • Les « niches fiscales » dont une grande partie n'a pas d'utilité économique, privent la France de recettes importantes. Le Front de Gauche propose de supprimer celles qui sont inutiles et estime à 80 milliards d'euros le gain escompté. Le PS envisage aussi de supprimer des niches fiscales mais « limite l'effort » à 29 milliards d'euros. Le Front de Gauche supprimera toutes les niches économiquement inutiles. La différence de chiffrage avec le PS (80 milliards / 29 milliards) dénote les différences d'ambitions.

  • Des exonérations de plus-values diverses: Ainsi (mesure Coppé), lorsqu'une société cède des titres de participations d'une filiale qu'elle détenait depuis au moins deux ans (article 219 I-a quinquies du Code Général des Impôts), elle est imposée à 33,33% mais sur 5% de la plus-value seulement (principe de la plus-value: Prix de vente – prix d'acquisition à l'origine) Avant 2006 cette plus-value était imposée à 19% mais sur 100% de la plus-value: Exemple:

Plus-value: En 2000 une société acquiert 3 000 titres de 10 000 euros chacun = 30 000 000

elle les revend en 2012 au prix unitaire de 23 000 * 3 000 titres = 69 000 000 ==> Plus value 39 000 000

Avant 2006: 39 000 000 * 19% = 7 410 000 / en 2012: 39 000 000 * 5% = 1 950 000 * 33,33% = 649 935

==> PERTE due à cette mesure: 7 410 000 – 649 935 = 6 760 065

On viendra nous dire ensuite (cf. autres pays: Grèce ...) que l'austérité est inévitable, qu'il faut par exemple réduire les salaires supérieurs à 30 000 de 15% pendant 5 ans. Si on prend un salaire annuel de 40 000 euros, par exemple, la mesure d'exonération « Coppé » quasi-totale de cette seule plus-value entraînerait l'austérité désastreuse suivante:

40 000 * 15% = 6 000 euros / an * 5 ans = 30 000 euros

Ainsi: 6 760 065 (perte / Plus-value cession titres) / 30 000 = 225 personnes qui, pendant 5 ans et au-delà ..., paieront le prix fort en baisse de pouvoir d'achat voire en drame tout court s'ils sont obligés de revendre leur maison car leurs emprunts de 35% au départ seront passés mécaniquement à plus de 41%: On prévoit bien le drame américain des subprimes avec des maisons revendues à vil prix (reventes massives dues à la nécessité ==> Offre > demande).

NOTA: Cet exemple ne concerne pas que les sociétés du «CAC 40 ». Le mode de transmission des entreprises familiales via des holdings (holding = société qui détient les titres d'autre(s) société(s)) familiales est extrêmement répandu et utilisé. Grace à l'optimisation fiscale, le repreneur peut mettre à profit ses économies pour le règlement de la soulte aux frères et soeurs non repreneurs de l'entreprise familiale.

Cet exemple illustre que nous ne vivons pas « au-dessus de nos moyens » puisque précisément ces « moyens » (recettes fiscales) sont délibérément diminuées dans un but politique: La médisance fiscale, pardon pour le lapsus, la moins-disance fiscale est un cadeau politique à une classe de la société qui présente la note aux autres.

La volonté est de casser toute résistance, toute velléité d'exigence légitime de ce qu'on appelle le « peuple » (le débat sémantique sur la notion de « peuple » et de celle de « populisme » n'est ni anodin ni une question de mots creux). Le but, par la culpabilisation des salariés et par leur résignation, est de tendre vers un salariat le plus mal payé possible et auquel toute accession sociale sera désormais interdite. Il s'agit d'un choix de société et nullement d'une nécessité économique. D'ailleurs on voit bien que « l'austérité » envoie tous les pays dans le mur et que même les « marchés » sanctionnent l'austérité (fameuse note AAA qui descend) car elle fera baisser les recettes fiscales et donc les capacités à régler la dette. Les gouvernements voient bien cela mais continuent la même politique.

Cela semble plutôt un jeu fin entre « marchés » qui sont dans leur rôle de s'alarmer de l'austérité et gouvernants qui brisent toute résistance de la classe qui travaille ... à la grande satisfaction des marchés.

Les mots ne sont pas innocents: La notion même « d'AUSTERITE » porte la connotation moyen-âgeuse de résignation et d'obéissance sans critique à l'ordre établi et immuable. Le capitalisme prétend avoir inventé la fin de l'histoire. Donc que chacun reste à sa place et à son rang: Les riches avec les riches, les autres au Pôle Emploi. On observera aussi que le pendant de « austérité » sont les mots « espoir » ou « espérance » que les libéraux déclinent à toutes les sauces et de « compassion » (Membres de la Commission européenne: « Les Grecs ont toute notre compassion »).

La question des recettes est à mettre en relation avec les économies que le Front de Gauche envisage de réaliser en réformant le système bancaire. L'exigence qui sera portée de prêts directs de la BCE à des taux très bas à un pôle financier public est à mon avis l'une des deux priorités (l'autre étant la hausse ambitieuse des recettes fiscales).

Soit un PIB de 2 000 milliards et une dette actuelle supérieure à 80%, soit 1 650 milliards environ: Un emprunt de 1% pour l'éponger représenterait 16,5 milliards alors que, aux conditions actuelles, un taux de 2,80% représente 46,20milliards, soit 30 milliards de perdus au bénéfice des racketteurs de la finance qui empruntent à bien moins de 1% auprès de la BCE.

Une récente étude de la CGT Finances nuance le projet du PS: Le PS est favorable à une banque publique d'investissement dont le seul rôle, par définition, sera le financement alors que la CGT prône un POLE Financier Public associant divers acteurs déjà existants (DEXIA, Etc...) spécialisés dans la mise en oeuvre de divers projets d'investissements publics. Le volontarisme du Front de Gauche, partisan d'un POLE financier public apparaît ici puisqu'il se propose d'orienter les investissements du futur (industries de l'écologie, ...).

Avec son seul volontarisme fiscal, le Front de Gauche a le programme le ... plus économe ou le plus économique comme on voudra, contrairement à ce que prétendent les détracteurs de tous bords: Si les mesures promises frôlent bien les 130 milliards d'euros, les recettes fiscales envisagées sont de l'ordre de 192 milliard d'euros, soit un bénéfice, enfin, et non un déficit plus ou moins contenu, et sans « austérité ».

Les dépenses publiques ont diminué depuis les années 80 par rapport au PIB. Comme le soulignait Dominique PLIHON lors d'une conférence à Plourin Lès Morlaix organisée par ATTAC, ce critère est capital. Cela signifie que les dépenses nécessaires à une société qui évolue sur le plan économique ne sont pas exagérées, qu'elles sont nécessaires et qu'elles ont même diminué au fil des années.

Autre clivage donc entre le Front de Gauche et le PS: Le PS envisage bien de créer des postes d'enseignants mais il précise que le nombre des fonctionnaires ne sera pas augmenté. C'est donc un système de vases communicants: La réforme de l'impôt sur le revenu que le PS envisageait initialement illustre à mon avis ce propos.

François HOLLANDE (comme le MODEM), envisageait le prélèvement à la source d'un nouvel impôt inspiré de la CSG qui aurait fusionné l'impôt sur le revenu actuel et la CSG.

Ce nouvel impôt, progressif (alors que la CSG ne l'est pas), devait générer le même total de prélèvements de 47% que les prélèvements tant fiscaux que sociaux actuels.

Mes propres commentaires:

Le prélèvement à la source que le PS appelait le le PSR - Prélèvement Simplifié sur le Revenu aurait été précompté par l'employeur. L'année suivante, le contribuable aurait quand même souscrit une déclaration de revenus (pour prise en compte des revenus autres que salariaux) pour solder l'impôt et informer l'employeur du nouveau taux de précompte sur le revenu.

Les pays qui pratiquent le prélèvement à la source connaissent des difficultés de gestion de l'impôt, contrairement à ce que l'on pourrait croire (en Espagne, ce sont les banques qui prélèveraient l'impôt et le reversent: c'est l'apothéose!)

D'une part, la mesure vise manifestement à supprimer des agents des impôts mais, d'autre part, on peut craindre aussi qu'une part des prélèvements du nouvel impôt ne sera pas reversé à l'Etat ou bien qu'il sera reversé trop tard (multiples dangers: Difficultés de l'entreprise, mauvaise foi ...). Cette mesure peut provoquer bien des impayés portant sur un impôt unifié qui mettront les finances publiques en difficulté.

Aux dernières nouvelles (Alternatives Economiques, n° 312 d'avril 2012, page ), le PS aurait remis "aux calendes" ce projet de réforme de l'impôt sur le revenu. Mais, malgré ce revirement, sa stratégie se dévoile ici.

Dans l'exemple pris plus haut par hypothèse ce serait 225 personnes qui se verraient amputer de 15% leur salaire pendant 5 ans, pour compenser le déficit public lié à l'exonération quasi-totale d'une seule plus-value de cession de titres par une holding que l'on supposera familiale.

La personne (sur les 225 concernés par l'exemple) qui aura dû revendre sa maison par incapacité à rembourser désormais l'emprunt n'aura, elle, plus rien à transmettre à ses propres enfants que "l'espérance"  ou "la compassion" de son voisin riche.

  • Droits d'enregistrements:

L'une des priorités fiscales de l'actuelle majorité aura été par exemple de rehausser sensiblement les limites de taxation des donations en ligne directes aux droits d'enregistrement. Jusqu'au 31/07/2011, chaque parent pouvait donner jusqu'à 159 325 euros tous les 6 ans à chaque enfant en franchise de droits d'enregistrements.

Depuis le 31 juillet 2011, c'est désormais tous les 10 ans (à cause de la crise) que cette franchise est définitivement atteinte. La limite est de 159 325 actuelle est en principe revalorisable tous les ans.

On est de toutes façons bien loin des 15 000 euros par enfant et par parent (100 000 francs) tous les 10 ans au début des années 1990.

Dans cette logique de « l'austérité », on voit bien se dessiner le renforcement de la propriété entre les mains des plus aisés financée par le dénuement croissant des plus démunis. D'où la spirale perverse: Les riches de plus en plus riches, regorgeant de tous les biens matériels, n'auront de cesse que de placer l'argent en exigeant des rendements financiers de plus en plus importants. Pour y parvenir, les banques nous joueront à marche de plus en plus forcée le sketch de la dette: La France est en déficit chronique, je suis contrainte d'augmenter le taux du prêt à cet état pour me garantir ... et surtout pour garantir les rendements financiers des produits sophistiqués d'une certaine clientèle.

Lorsqu'on nous dit (Thierry Breton): "Quelle France allons-nous laisser à nos enfants avec la dette qui explose" pour nous culpabiliser, la vraie question objective est: "Quelle France les riches héritiers enrichis vont-ils laisser aux enfants des autres paupérisés?" La gestion de la dette ne pose pas un problème de transfert entre générations mais celui du transfert actuel et sans cesse répété entre classes sociales.

Il faut ajouter que les droits d'enregistrement sont la principale source de financement des départements. Or, des missions leur ont été transmises (R.S.A. et Aide Perte Autonomie) avec des moyens de plus en plus indigents. Le crédo libéral est connu: Les recettes fiscales, non, la limitation des dépenses par diminution de la masse salariale, oui ==> Supprimez du monde.

Jean-Luc MELENCHON a raison: La finance doit être remise à sa place en l'affrontant et non en la cajolant.

Le projet du Front de Gauche, présenté comme "populiste" par certains est surtout marqué par le volontarisme POLITIQUE: Le politique est aux commande et non les marchés.

La taxation à 100% des revenus de plus de 360 000 euros sera-t-elle refusée par le Conseil Constitutionnel? Ce qui importe, même dans cette hypothèse, c'est, à la différence du PS, la volonté POLITIQUE de remettre la société en marche sans cette frayeur des "marchés".

 

Jean-Luc Capelle. Inspecteur des finances publiques

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 13:22

Dans l'Humanité de ce mardi 10 avril paraît un bel appel de philosophes à voter Front de Gauche, nouvelle preuve de l'élan et de l'enthousiasme que suscitent notre projet et notre campagne chez des gens qui réfléchissent et n'ont pas abandonné toute croyance en la capacité de la politique de changer la société et la vie des gens. Cet appel vient après la déclaration de soutien de Régis Debray à Mélenchon et au Front de Gauche et éclipse les contorsions de plateaux du philosophe médiatique simpliste - nietzschéen de gauche auto-proclamé et bien-pensant en devenir-  Michel Onfray. CF. la déclaration de Régis Debray:

"Je ne suis plus un militant, je veux simplement rester fidèle à une trajectoire politique ancienne, à un certain nombre de principes qui ont orienté ma vie et, en marge de mon travail littéraire, j’ai publié cette rêverie d’un promeneur solidaire, pour un simple relevé de position personnelle. Je constate que Jean-Luc Mélenchon est le seul à réclamer notre sortie des commandements intégrés de l’Otan, posture tout à fait gaullienne, et un retrait immédiat de nos troupes de l’Afghanistan pour mettre fin à une aventure impériale aussi contre nature que promise à l’échec. C’est là faire preuve à la fois de courage et de bon sens. À l’heure qu’il est, mes sympathies vont à cet homme pour qui la politique ne se détache pas de l’histoire et qui ranime les fondamentaux du mouvement ouvrier et humaniste, où un Jaurès aurait pu se retrouver." ( Régis Debray).  

 

Appel des philosophes pour le Front de Gauche

L’Humain d’abord, le programme du Front de Gauche, renoue avec les sources de la pensée philosophique, celle qui affirme avec Protagoras que l’homme est la mesure de toute chose.

L’Humain d’abord ! quelle étrangeté : soit il s’agit d’une évidence qui devrait être partagée par tous ; soit on s’étonne d’un retour de la primauté de l’humain au moment même où il faut intégrer la prise en compte de l’écologie. Et pourtant il faut répéter l’humain d’abord parce que l’humain a été peu à peu perdu de vue par des choix politiques entretenus par des années de propagande libérale, ne considérant que des flux financiers, des évaluations quantitatives et des notations. Ce qui pourrait à la rigueur être un moyen devient but et principe totalitaires.

En pratiquant une forme d’intervention qui fait place au peuple en le rendant de nouveau visible, audible et actif, la candidature du Front de Gauche fait le pari de la réflexion collective et de l'éducation populaire. Aux Lumières qui ont combattu le fanatisme et l’obscurantisme, s’ajoutent aujourd’hui celles qui remettent l’humain au cœur des processus politiques.
Ne pas désespérer, ne pas se moquer, mais comprendre, dit l’adage spinoziste. Avec le Front de Gauche, nous pensons que la crise ne doit pas servir de prétexte au sommeil de la raison et de l’action. C’est au cœur des ténèbres que luisent les lumières de l’espoir. Il ne faut donc ni se moquer ni désespérer de la politique. Il faut comprendre qu'il n’y a pas d’autre réponse à la situation actuelle que celle qui viendra du peuple, donnant de nouveaux champs où exercer sa décision et son appréciation.

Par son projet de VI° République et de révolution citoyenne, le Front de Gauche prolonge la démarche des philosophes du XVIII° siècle qui refusaient que le peuple soit considéré comme un enfant ayant toujours besoin de maîtres. Par la planification écologique, le Front de Gauche entend réintroduire une progression commune réfléchie, autonome, prenant en compte le long terme et l'intérêt général de l'humanité, se gardant ainsi des excès d’une modernité parfois aveugle sans renoncer au pouvoir émancipateur de la raison. En faisant du bonheur un axe essentiel de son projet, le Front de Gauche nous rappelle que la vie humaine ne peut se passer d’une interrogation philosophique sur son sens et sur les conditions matérielles de sa réalisation ici et maintenant. Le projet du Front de Gauche est parent des espoirs soulevés par les révolutions citoyennes à l'œuvre en Amérique Latine, qui veulent remettre le buen vivir – le bien vivre - au centre de la cité.

Pour toutes ces raisons, nous, philosophes de cœur et philosophes de métier, nous appelons à voter pour le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

 

Premiers signataires: Benoît Schneckenburger, Laurence Pauche, Christophe Miqueu, Henri Pena-Ruiz, Denis Collin, André Tosel, Lucien Sève, Jean Terrel, Jean-François Dupeyron, Mathieu Accoh, Yvon Quiniou, Yves Vargas, Luc Vincenti, Jean-Pierre Cotten, Janine Reichstadt, Marie Perret, Léa Batoux, Hervé Ferrière, Nicolas Bouteloup, Viviane Teste, Roman Czapski, Nicolas Lart, Laurence Le Bail, Vincent Jarry, Thierry Desfresnes, Pierre Crétois, Julien Daviaud, Jean-François Robredo, Clarisse Vincent, Denis Kermen, Carlos Lobo, Arnaud Tomès, Thomas Maurice, Céline de Belsunce, Catherine Pellenq, Bernard Maudire, Simone Mazauric, Cécile Ambert, Paul Sereni, Caroline Barbaras, Marie-Laure Segal, Nathalie Rubel, Aurélie Pierre-Mériaux, Sébastien Charbonnier, Frédéric le Plaine, Fabrice Dewolf, Jerôme Lamy, Vincent Legagneux, François Dehoze, Jean-François Grellety, Anne Monnier, Joelle Longerinas, Baptiste Dericquebourg, Michel Brossard, Bernard Stimbre, Josette Veyssière, etc.  

 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 07:41

Le député européen à qui l'on doit la fondation d'Europe Ecologie les Verts utilise le temps de parole qu'on lui offre dans son interview en page 4 du Monde ce mardi 10 avril 2012, non pour défendre le programme écologiste ou soutenir la candidature de Eva Joly, voire de François Hollande qu'il lui préfère par pragmatisme très Vème République, mais pour envoyer des flèches fièleuses sur le Front de Gauche et Mélenchon sur une demi-page.

 

Qui nous déclare ainsi son engagement préférentiel contre toutes les remises en cause du règne de la libre-concurrence et du capitalisme sur nos vies ? Dany le rouge repenti, illustrant à merveille le parcours pathétique de beaucoup de bourgeois d'extrême-gauche des années 1968-1970 devenus des partisans de l'ordre établi et du néo-libéralisme voire du néo-conservatisme. Un rebelle très complaisant pour les puissances d'argent qui a soutenu en Allemagne le gouvernement rose-vert Schröder quand il démantelait le code du travail et la protection sociale et qui fut et est toujours un solide et ardent défenseur desTraités européens (Lisbonne, pacte de gouvernance et de responsabilité pour l'euro, pacte de stabilité) qui assurent la police austéritaire et libérale au service des banques et des marchés.

 

Ce qui affleure des attaques que nous envoie Cohn-Bendit, mais avant lui également Eva Joly (Mélenchon est un "productiviste" inconvertible a t-elle osé prétendre contre toute évidence en début de semaine dernière dans le Ouest-France), Cécile Duflot, et Jean-Vincent Plasset, c'est une crainte de l'insurrection des citoyens qui veulent une véritable alternative sociale et démocratique au règne de l'oligarchie pro-capitaliste et pro-Europe fédérale et un anti-communisme radical qui s'associe avec une incompréhension et un rejet de la tradition révolutionnaire de la France. 

 

Dans le début de l'entretien, Cohn-Bendit concède que Mélenchon a pu devenir un écologiste convaincu et non simplement opportuniste, mais il concentre ses attaques sur l'arrière plan de centralisation étatique qu'il perçoit dans l'idée de planification écologique, critique qu'il mélange de manière grossière avec les poncifs sur les supposées complaisances sulfureuses de Mélenchon vis à vis de l'anti-américanisme, de la Chine et de Cuba. En creux, on peut lire les partis-pris atlantistes de Cohn-Bendit en même temps que son instrumentalisation de la sensibilité humanitaire, anti-étatique, anti-centralisatrice d'une partie de la gauche de critique du système (celle notamment qui peut voter d'habitude pour les Verts et qui est tentée par le vote de rupture et d'espoir pour le Front de Gauche) traversée par des aspirations libertaires, individualistes, régionalistes.  

  

"Le discours écologique (de Mélenchon) mérite d'être décodé. Car de quoi nous parle-t-il sur le fond? Il nous raconte une histoire, celle de la gauche républicano-socialiste, avec ses grandes références républicaines, Jaurès, la Révolution, et il développe la pierre angulaire de sa pensée, qui est la place centrale qui doit être accordée à l'Etat. C'est d'ailleurs au nom de cette place centrale accordée à l'Etat qu'il prône dans ses écrits une relation privilégiée avec la Chine. Il y a chez Jean-Luc Mélenchon une haine à peine voilée de l'Amérique, avec une fascination pour Fidel Castro et Hugo Chavez"... " Quand vous entendez Jean-Luc Mélenchon fustiger l'impérialisme américain, n'entendez-vous pas en creux les discours du PC contre l'OTAN dans les années 50? Non seulement il nous ressuscite une rhétorique très "guerre froide" mais il escamote dans son discours tout ce qui le gêne..."

 

Oubliant à dessein notre valorisation de l'économie sociale et solidaire, des AMAP, des SCOP, des coopératives de manière générale, notre désir d'une gestion citoyenne locale des services publics, notre soutien à l'enseignement public des langues régionales avec de vrais moyens pour contrer leur affaiblissement, Cohn-Bendit nous fait passer pour des adeptes du dieu Etat contre la société civile et les identités régionales:

 

"Quand vous avez ces références-là, quand toute évolution de la société doit passer par l'Etat, les initiatives locales sont systématiquement étouffées... Le Front de Gauche vient de signer un texte contre la décentralisation. Pour moi, un tel retour en arrière est incompréhensible...Il est contre la décentralisation, contre les langues régionales, et il ne cesse de citer Jaurès, sans jamais dire qu'il commençait ses discours en occitan!". 

 

Vers la fin de l'entretien intégralement consacré à tirer le Mélenchon et le Front de Gauche à boulets rouges (Cohn-Bendit a t-il demandé le ministère de l'Intérieur à Hollande et veut-il lui prouver qu'il sait remettre au pas les sauvageons qui contestent l'autorité du Père la victoire bienveillant et sage?), le responsable EELV ne contient plus l'expression de sa haine pour ce que Mélenchon représente, la persistance des idéaux révolutionnaires et de la croyance en l'efficacité du volontarisme politique et en la légitimité de l'égalitarisme.

 

"Il parle de la Révolution sans jamais en montrer les aspects dérangeants. Moi aussi, je peux refaire l'histoire à ma sauce, ça n'est pas bien compliqué, mais c'est tellement simplificateur. La vie, ce n'est pas aussi simple qu'un discours de Mélenchon. L'émergence de cette gauche jacobine, centralisatrice et caricaturale est pain béni pour Nicolas Sarkozy. Cela lui permet de désigner à l'opinion cette gauche littéralement gangrenée par la question nationale, bloquée idéologiquement sur la question européenne, et fondamentalement anti-Occident. La montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon fait bien l'affaire du président sortant".

 

S'il y a quelque chose que l'on ne peut pas retirer à Cohn-Bendit, c'est souvent sa lucidité et son flair d'analyste politique: dès lors, l'accusation qu'il fait au Front de Gauche de renforcer Nicolas Sarkozy tout en reprenant exactement la même critique violente vis à vis de nous que Sarkozy et le Medef (simplisme, anti-mondialisation, passéisme, nostagie d'un monde révolu, fascination ...), relève tout simplement de la malhonnêteté pure.

 

Un sondage paru aujourd'hui commandité par Radio France montre encore que 55% des Français s'apprêteraient à voter Hollande au deuxième tour en cas de duel Sarkozy-Hollande, victoire qui serait garantie grâce au report de 85% environ des 14,5% des personnes interrogées qui la semaine dernière disaient vouloir voter Jean-Luc Mélenchon. Les commentateurs disent maintenant que c'est le rapport de force entre Mélenchon et Le Pen, actuellement au coude à coude, qui décidera des choses au second tour pour le report de voix vers Sarkozy ou Hollande. Plus Mélenchon sera haut, plus la droite aura de chance d'être battue.  Ce ne seront pas les 1,5% d'Eva Joly et d'EELV qui seront très utiles pour battre la droite et c'est bien ce qui dérange Cohn-Bendit et ses pairs car il ne faut surtout pas, pour ces nouveaux chiens de garde du capital, que les propositions du Front de Gauche sur la consultation par référendum sur les Traités Européens, l'augmentation des salaires, la retraite à 60 ans, la reprise de contrôle sur la finance et l'extension des services publics et de la protection sociale, soient entendues. Car bien sûr il s'agit de solutions passéistes, irréalistes, démagogiques, populistes, à la crise que les libéraux comme Cohn-Bendit ont contribué à créer et exaspérer par leurs politiques...

 

Ismaël Dupont.

       


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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:08
 
70000 personnes pour ce rassemblement géant: l'élan d'espoir que soulève le Front de Gauche se nourrit de lui-même de jour en jour. Le changement est en marche!  
La Dépêche du Midi. fr
À Toulouse, Mélenchon demande des comptes à Sarkozy
Près de 30 000 personnes étaient rassemblées sur la place du Capitole./Photo DDM, Michel Labonne
Près de 30 000 personnes étaient rassemblées sur la place du Capitole./Photo DDM, Michel Labonne
Près de 30 000 personnes étaient rassemblées sur la place du Capitole./Photo DDM, Michel Labonne

VIDEO -- La place du Capitole était rouge hier soir à Toulouse où des dizaines de milliers de personnes (40 000 selon la police, 70 000 selon les organisateurs), débordant dans les rues adjacentes jusqu'à la place Wilson, ont assisté serrées comme des sardines au meeting de Jean-Luc Mélenchon. Pendant trente minutes, le leader du Front de gauche, costume noir, cravate rouge, a exhorté à la révolte contre ceux qui constituent à ses yeux la France des riches. « Vous qui chaque jour, puissants, venez nous demander des comptes, je vous demande, moi, des comptes pour le malheur que vous répandez ! »

« Cinq années de grossièreté »

Des comptes, il en demande à Nicolas Sarkozy dont le quinquennat se résumerait à « cinq années de souffrances, de grossièreté, de vulgarité et d'abaissement de la patrie ». Le nom du chef de l'Etat est copieusement hué par les militants du Front de gauche qui, en rangs serrés sous la pluie fine, arboraient des pancartes portant des inscriptions telles « Mélenchons-nous sans culotte » ou « Voter c'est bien, guillotiner c'est mieux ».

Moins à l'aise qu'à l'accoutumée mais toujours théâtral, le tribun du Front de gauche a parfois pris des intonations gaulliennes, appelant notamment les Français à reprendre leur souveraineté, « l'autre nom de la liberté » : « Quand il n'y a plus de souveraineté, l'insurrection citoyenne est un devoir sacré de la République ».

Cette « souveraineté » qu'il martèle, Jean-Luc Mélenchon veut la reprendre à l'Europe mais aussi à l'Otan. « La France doit quitter le commandement intégré de l'Otan et l'Alliance de l'Atlantique Nord elle-même. Si nous sommes élus, nous le soumettrons au référendum. Nous devons proposer une nouvelle alliance altermondialiste indépendante des Etats-Unis. » Du reste, selon Mélenchon, « la France de la VIe République que

[nous] voulons n'est pas une nation occidentale, elle est une nation universaliste ». Au point d'aller ouvrir « la brèche par laquelle[nos] frères grecs vont quitter l'abjecte dictature de la finance ». Et c'est lyrique, avant que la foule n'entonne « l'Internationale » puis « La Marseillaise », que Jean-Luc Mélenchon, a conclu son discours : « Nous sommes au mois de germinal, les bourgeons gonflés de vie s'annoncent déjà et dans cette France belle et rebelle, viennent le temps des cerises et des jours heureux ». Un clin d'œil à la chanson de Jean-Baptiste Clément, celle de la Commune de Paris de 1871. L'air de la révolution.

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 20:52

Sarkozy et son Union pour une Minorité de Privilégiés, cela a été pendant cinq ans le triomphe du Medef, du cynisme, du mensonge, la brutalité vis à vis des immigrés, des jeunes, des fonctionnaires, des pauvres, des chômeurs, et un recul sans précédent des droits sociaux au seul profit des puissances d'argent.

Aujourd'hui, grâce à l'élan populaire et citoyen créé par le Front de Gauche pour faire grandir les exigences de progrès social, toutes les conditions sont réunies pour battre cette droite qui est probablement la plus réactionnaire que nous ayons connue depuis la collaboration.

Mais nous ne nous arrêterons pas à une alternance sans alternative au moment où, partout en Europe, les inégalités se renforcent, où le capitalisme financier, plongé dans une crise systémique dont il ne peut sortir par lui-même, se fait de plus en plus destructeur pour les salariés, la cohésion sociale et les démocraties.

S'il veut défendre ses libertés et sa souveraineté menacée par les oligarchies nationale et européenne, humaniser les conditions de travail et les libérer de la dictature de la rentabilité financière, retrouver des moyens pour une santé, une éducation, des services publics et une protection sociale de qualité, rendre possible la préservation de l'écosystème, le peuple doit à nouveau se mêler de ce qui le regarde et se rassembler sur des perspectives politiques transformatrices claires pour imposer ses attentes de dignité et de vie bonne en faisant pression sur les dirigeants, fussent-ils de gauche.

Le Parti communiste, principale force fondatrice et militante du Front de Gauche, se réjouit du fait qu'au cours de cette campagne présidentielle, tous les scénarios envisagés et voulus par les possédants et dirigeants aient été déjoués grâce à la dynamique de notre campagne, au talent et au parler vrai de Jean-Luc Mélenchon.

On voulait nous faire voter Hollande sur un pâle programme de rigueur, de lutte contre les déficits et de restauration de notre compétitivité sur le dos des salariés, en misant tout sur le rejet de Sarkozy et sur la crainte du Front National. Nous sommes parvenus au contraire à montrer que les Français attendaient autre chose de cette élection qu'une poursuite de l'austérité, de la domination des marchés sur l'Europe, et des recettes d'une social-démocratie ou d'un social-libéralisme qui montre partout son inefficacité et son absence de projet historique pour résister à la machine infernale créée par les contre-réformes libérales des années 1980-1990.

Nous sommes en train de réinventer une gauche au service du peuple et en capacité de le mettre en mouvement, une gauche qui n'a plus peur d'afficher haut et fort ses ambitions de rupture avec le système politique et capitaliste en place, ni de décliner en s'adressant au cœur comme à l'intelligence ses objectifs humanistes, égalitaires, écologiques, pour une société au service de l'humain et de la vie et non du dieu Argent.

L'héritage vivant du mouvement ouvrier, du socialisme républicain, de la Résistance, et des combats d'émancipation du communisme (pacifisme, anti-impérialisme, féminisme, représentation et nouveaux droits pour les ouvriers) c'est nous qui le portons et qui le faisons fructifier à la rencontre des nouveaux enjeux de notre temps: la nécessité d'une reconquête citoyenne de la démocratie et une rupture avec le principe de délégation de pouvoir, un volontarisme écologique pour éviter que le capitalisme et le productivisme dévastent à vitesse accélérée notre terre commune. Le Front de Gauche unit des sensibilités et des générations de citoyens engagés différentes qui s'enrichissent mutuellement et construisent dans le respect de leurs traditions respectives une force ouverte, neuve, attachée non pas seulement à conquérir ou reconquérir des sièges et des positions électorales, mais à subvertir cette société de classe et de castes qui réduit la masse des hommes au rang d'instruments ou de moutons tout juste bon à se faire tondre et intoxiqués par des bergers auto-proclamés fort peu attachés à leur sort.

Cette volonté d'insurrection citoyenne qui s'exprime dans nos mots d'ordre - « Prenez le pouvoir » et « l'Humain d'abord » - nous la porterons aux législatives comme lors de la campagne des présidentielles avec les deux candidats du Front de Gauche dans la circonscription de Morlaix, Ismaël Dupont, 32 ans, membre du PCF, et Marie Huon, 23 ans, citoyenne engagée.

Notre ambition n'est pas de faire de la figuration ou de compter nos forces mais de gagner, car notre pays, particulièrement en cas de victoire de la gauche, aura besoin d'un groupe parlementaire Front de Gauche important pour peser dans les décisions et installer un rapport de force favorable afin que nos propositions soient prises en compte: augmentation des salaires et minima sociaux , réduction des inégalités de revenus et justice fiscale, lutte contre la précarité, développement des services publics, pôle financier public et changement de statut de la BCE, renégociation des traités européens, planification écologique, VIème République pour en finir avec la monarchie présidentielle.

Le vote Front de Gauche, c'est le vote actif, celui qui donne des chances au changement véritable et au réveil citoyen et social en France et en Europe.

 

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Ismaël Dupont.

Morlaix, le 4 avril 2012  

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 19:12

Qu'elle est belle cette République!

 

Si tu as 13 minutes.....Prends le temps de regarder cette vidéo.

Voilà un homme de convictions, posé, qui nous fait l'honneur de parler à notre intelligence et non à notre cerveau reptilien comme beaucoup d'autres hommes et femmes politiques....

 

http://www.youtube.com/watch?v=NkDm6LCwUV0&feature=share

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:03

Un article de Sébastien Crepel dans l'Humanité du lundi 2 avril.

 

Ce n'est pas l'Humanité qui ose le parallèle mais le représentant spécial de François Hollande, Arnaud Montebourg, hier dans le Journal du dimanche. L'ancien candidat à la primaire socialiste estime qu'à la lumière des sondages, "nous nous retrouvons dans la configuration de la victoire de 1981. Georges Marchais avait fait environ 15% (15,35% exactement- NDLR) et François Mitterrand 26%" (25,85% précisément). S'il se peut que les faits donnent raison à Arnaud Montebourg, alors la comparaison mérite qu'on s'y arrête. Car ce serait la première fois, après trente ans d'affaiblissement électoral du Parti communiste, que le triomphe de l'idéologie du tout-marché et la période de résignation à gauche qui a suivi seraient sérieusement battus en brèche dans une élection, non pour se fourvoyer en vaine protestation, mais pour contribuer à une victoire solide et durable de la gauche. 

Puisque Arnaud Montebourg fait le premier pas, poussons la comparaison: 1981 a été la seule fois où un président de droite sortant a été battu par son adversaire de gauche. 1988 excepté- mais dans la situation particulière où François Mitterrand était lui-même le sortant -, la gauche a perdu toutes les élections présidentielles depuis: 1995, 2002, 2007. A chaque fois, l'affaiblissement du candidat communiste n'a pas conduit à renforcer le candidat socialiste mais à priver la gauche d'une victoire au second tour, faute d'un total de voix suffisant au premier tour. 

En 1995, en dépit de son arrivée en tête du premier tour avec 23,30% des voix, Lionel Jospin a échoué au second avec 47,36% face à Jacques Chirac. Bien qu'enregistrant une remontée significative par rapport au scrutin précédent, la candidature de Robert Hue avait alors obtenu un score près de deux fois inférieur à celui du PCF de 1981 (8,65%). En 2002, le score de Lionel Jospin ne lui a pas permis de se qualifier au second tour (16,18%). Celui de Robert Hue ne dépassait pas alors les 3,37%. A la présidentielle de 2007, le PS a renoué très exactement avec son niveau de 1981: 25,87%. Mais la faiblesse des autres candidats de gauche (dont le PCF qui n'a obtenu que 1,93% des voix) a définitivement hypothéqué les chances de l'emporter de Ségolène Royal. 

En 1981, François Mitterrand n'était pourtant arrivé que deuxième au premier tour de l'élection présidentielle, derrière le président sortant Valery Giscard d'Estaing (28,32% le 26 avril 1981), ce qui n'avait pas valu à ce dernier d'éviter la défaite. Comme le révèle d'ailleurs Arnaud Montebourg dans le JDD, être en tête au premier tour "n'est pas nécessaire. Une élection, ce n'est pas qu'un tour". Bien plus que l'ordre d'arrivée des candidats, c'est la dynamique en faveur de la gauche qui avait fait le scrutin, dynamique que l'on retrouve aujourd'hui clairement du côté du Front de Gauche. 

Pourquoi, alors, de tels cris d'orfraie devant la poussée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages? Si la réponse n'est donc pas dans le risque illusoire de "faire perdre la gauche", il faut se rendre à l'évidence: elle est dans celui, bien réel celui-là, que cette poussée fait courir à la poursuite des politiques d'austérité, même tempérée par des amènagements sociaux. Les milieux dirigeants le savent, un Front de Gauche à un niveau élevé est le plus sûr moyen de donner de la force à l'exigence de changement. Là aussi, la comparaison avec 1981 est de mise. Il n'y a pas eu d'autre exemple, après "le tournant de la rigueur" de 1983 qui y a mis brutalement fin, d'une telle succession de réformes de progrès mises en place à la suite d'une victoire électorale de la gauche: retraite à 60 ans, cinquième semaine de congés payés, semaine de travail de 39h, abolition de la peine de mort, nationalisations... Les possédants s'en souviennent encore, et c'est le scénario qu'ils veulent à tout prix éviter.   

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