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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 12:50

Communiqué du PCF:

Alors que le 8 décembre dernier, la majorité de gauche au Sénat s'était prononcée en faveur du droit de vote des résidents étrangers non communautaires et malgré l'engagement ferme du candidat Hollande sur son exécution, Manuel Valls pourtant ministre du gouvernement de gauche, tente de faire machine arrière.

Voilà plus de 30 ans que cette promesse faite par la gauche attend d'être tenue. 30 ans durant lesquels le PCF et ses élu-e-s se sont battu-e-s pour annuler cette anomalie démocratique.

Ils sont 5 millions à vivre, travailler, et payer leurs impôts en France. 5 millions qui attendent qu'enfin un gouvernement de gauche leur accorde ce droit légitime qui leur permettrait d'avoir un droit de regard sur les grands choix de société et la façon dont leurs impôts sont utilisés.

Manuel Valls, en décrétant dans le Monde daté de demain, que le droit de vote des résidents étrangers n'est pas « une revendication forte dans la société française », contredit le peuple français pourtant favorable à 70% à ce droit.

Le PCF exige que cette question soit mise sans attendre à l'ordre du jour du calendrier parlementaire. Il exige qu'il soit mis fin à cette discrimination injuste.

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 05:35

Le Télégramme consacrait hier ses cinq premières pages à la mort d'Edouard Leclerc. Le Mahatma Gandhi, Einstein ou de Gaulle en leur temps ont-ils reçu le traitement de faveur nécrologique de ce businessman finistérien?

 

470778_edouard-leclerc-magasin.jpg

 

Il est vrai que l'urgence pour la caste politico-médiatique qui prétend régir nos consciences est de réconcilier les citoyens avec "le monde de l'entreprise", avec le fric qui est fait sur leur dos...

Edouard Leclerc serait donc un "visionnaire", "un personnage messianique" , voire un chevalier sans peur et sans reproche brandissant "l'étendard de la défense du consommateur". (Yves Drévillon). Délaissant un peu les superlatifs convenus et s'intéressant à l'homme plutôt qu'à l'icône du monde des affaires, Dominique Le Bian-Rovier voit en Edouard Leclerc une forme de Marlon Brando du CNPF: "un personnage mystérieux" , "un original qui rêvait de créer une chocolaterie ou une usine de transformation des métaux précieux à Landerneau", "un être blessé" (pensez-vous, d'anciens amis et associés l'ont trahi pour fonder Intermarché...), "un mystique qui se référait souvent au message biblique".

 

Comme Dominique Le Bian-Rivier est un journaliste honnête et non servile, il laisse entendre au détour d'une phrase que Leclerc était un "homme multiple" "dont la jeunesse a été sujet à controverse après la Libération" .

L'allusion restera dans le clair-obscur, aussi mystérieuse que le personnage... A t-on le droit de dire dans le journal des Coudurier que l'inventeur de la grande distribution fut un "collaborateur" dans sa jeunesse ? 

Il est vrai qu'Edouard Leclerc était jeune alors, sorti d'un séminaire où on l'avait certainement couvé aux idées réactionnaires et à la haine du rouge: cela explique probablement l'élégance du Télégramme qui, en récapitulant les grandes dates de la vie d'Eduard Leclerc, acomplit un grand saut salutaire entre 1926, date de sa naissance à Landerneau, et 1949, date de "l'ouverture de la première épicerie dans un hangar de la rue des Capucins, avec un capital de 5000 francs" .

La success story est sauve: sur la photo de la page 3, on voit le jeune ambitieux et désargenté Edouard Leclerc balayer lui-même le pas de porte de son épicerie fort rustique de la rue des Capucins.

Ce personnage "multiple" , bon catholique au demeurant, est, n'en doutons pas, un autre homme que celui qui a été emprisonné et jugé à la Libération pour avoir dénoncé un réfugié communiste espagnol et des résistants, dont François Pengam, arrêté le 21 mai 1944 à Landerneau à 19 ans et fusillé 6 jours plus tard, après sans doute d'horribles tortures.

François Pengam, arrêté en même temps que cinq autres jeunes du "patronage catholique des Gars d'Arvor", était FTP (Franc Tireur et Partisan) depuis 1942. Sa famille a adressé un courrier à la chancelerie de la Légion d'Honneur pour exprimer son "profond désarroi" quand en 2010 Nicolas Sarkozy a décoré Edouard Leclerc.

Edouard Leclerc a été emprisonné six mois à la Libération. Dans ses dépositions au groupe de résistant FTP de Landerneau, il avoue avoir renseigné les allemands et leur avoir donné des noms de résistants, dont celui de François Pengam. Il se rendait régulièrement à la Kommandantur où il rencontrait l'officier Herbert Schaad, le responsable du Kommando de 20 personnes dirigé par le lieutenant Krüger qui traquait les résistants et les torturait au manoir de Colleville, à Landerneau.

Finalement, Edouard Leclerc bénéficia d'un non-lieu. Le procureur de la République écrivit à la famille de François Paugam que: "Examiné du point de vue mental, il a été reconnu irresponsable de ses actes".  Personnage multiple en effet que ce futur milliardaire à demi fou à 17 ans...

Mais il semblerait, comme l'indique Boris Thiolay dans l'article daté de 2010 de L'Express d'où nous reprenons ces informations ("Le passé trouble d'Eduard Leclerc pendant l'Occupation" :     http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-passe-trouble-d-edouard-leclerc_886250.html), que Edouard Leclerc ait reçu un certificat médical de complaisance obtenu grâce à un ami de son père, qui organisait l'aide alimentaire à la population de Brest et avait une influence sur les autorités issues de la Résistance.

  

Alors quand, en page 5 du Télégramme, le journaliste du Télégramme Yann Le Gall s'exclame "derrière l'enseigne, combien de Landernéens connaissent l'homme?", on peut penser que c'est peut-être finalement une bonne chose pour l'honneur du patronat et de la famille qui préside aux destinées de la ville (dont Patrick Leclerc est maire) que le rideau protecteur de l'oubli et du secret soit tombé sur la vie d'Edouard Leclerc. Les journaux locaux ne sont d'ailleurs peut-être pas complètement étrangers à l'ignorance crasse des Finistériens touchant la vie d'Edouard Leclerc et qui fait que les Landernéens "se rendent presque instinctivement"  (comme des bêtes?) dans la grande surface Leclerc sans connaître son inventeur.

 

Heureusement, on a trouvé à Landerneau des témoins capables de parler de lui comme un type "simple", "aimable", "un grand communiquant" . Le maire Patrick Leclerc, sait aussi trouver en toute objectivité des mots justes et forts pour qualifier l'oeuvre de son célèbre parent, à qui l'on doit le dynamisme de notre chère Bretagne, que n'embellissent pas qu'un peu les grands hangars des supermarchés Leclerc poussant un peu partout comme des champignons sur la mousse de spacieux parkings ornant les abords des villes et des bourgs:  

"Personnellement, j'ai connu quelqu'un d'humain, passionné par le patrimoine religieux, la peinture, la littérature. Il est resté humble, attaché à son territoire, soucieux de son économie. (...). S'il n'y avait pas eu Edouard Leclerc, comme d'autres, peut-être que la Bretagne ne serait pas ce qu'elle est".    

 

Le socialisme est également reconnaissant à ce bienfaiteur qui a su combattre pour le pouvoir d'achat des masses bien plus efficacement que Marx, Krazuki and co...

François Hollande considère que Edouard Leclerc a fait de "la défense des consommateurs et d'une certaine éthique commerciale un combat incessant". Moscovici loue au travers de la personne de Edouard Leclerc la réconcilation de l'intérêt et de la vertu, de la morale et du calcul égoïste: "Initiateur de la distribution à bas prix, il fit de la défense du consommateur l'un des piliers de sa stratégie commerciale. Son esprit visionnaire était unanimement reconnu". Jean-Yves Le Drian ne fait pas dans l'originalité, puisque que le chef d'entreprise rusé qui réussit est forcément "visionnaire"  dans la novlangue néo-libérale contemporaine: "Edouard Leclerc était un visionnaire qui avait fait le choix, osé à cette époque, de vendre à prix de gros les produits de la vie courante. Il restera incontestablement cet entrepreneur breton devenu le père de la grande distribution". Pierre Maille, le président du Conseil général du Finistère, loue aussi l'efficacité sociale de cette machine de guerre économique que le supermarché Leclerc: "Son action à la tête du mouvement Leclerc a été à l'origine de la création de milliers d'emplois".  

 

De quels emplois parlez-vous, Pierre Maille? Ceux des milliers de petits commerçants indépendants que les supermarchés Leclerc ont mis sur la paille. Ceux des paysans que le modèle d'agriculture productiviste promu par la grande distribution a perdus. Ceux des caissières et petits employés des magasins Leclerc condamnés toute leur vie aux bas salaires, travaillant souvent à temps partiel, en CDD, sur des horaires impossibles, et qui baissent la tête devant des gérants tyranniques pour ne pas perdre un emploi qu'ils ne sont pas sûrs de retrouver. Ceux des producteurs sur-exploités des marchandises bas de gamme vendues dans les magasins Leclerc? Ceux des libraires, des éditeurs et des écrivains que Edouard Leclerc voulaient encourager à être "compétitifs" en s'opposant à la loi Lang sur le prix unique du livre?  

 

Si Leclerc est célébré, c'est peut-être parce qu'il est un des premiers promotteurs de l'idéologie de l'individu-consommateur en recherche de prix bas qui s'est imposée au détriment de la conscience citoyenne et des pratiques de défense d'une juste rémunération du travail des producteurs. Leclerc et ses épigones, en créant la grande distribution et sa propagande consumériste, n'ont pas peu contribué à rendre nos concitoyens schizophrènes: voulant avoir tout au moins cher et ce faisant, acceptant la dégradation de la qualité des produits et des conditions de travail.

 

Dès les années 50, Leclerc s'est paré du costume du défenseur du consommateur, à qui il garantissait les prix les plus bas en limitant les marges des grossistes (30% à l'époque) et des détaillants (20% au moins). Ses marges, il ne les réalisait pas sur les prix mais sur les volumes. Martine Orange, dans L'Histoire secrète du patronat (La découverte, 2009), retrace les débuts tonitruants d'Edouard Leclerc dans le monde des affaires:

 

"Son magasin est dans un vilain hangar, les cartons y sont entassés. Pourtant, on s'y presse. Les autres commerçants hurlent à la concurrence déloyale. Les grossistes entrent en guerre, menaçant à la fois les industriels qui le fournissent et les commerçants qui veulent l'imiter. C'est le début d'une très longue bagarre. Mais Edouard Leclerc esquive les coups. Il se raproche des exploitants agricoles, si nombreux dans le pays du Léon. Par l'intermédiaire de leurs coopératives, il leur promet de vendre leurs artichauts et leurs choux-fleurs à des prix beaucoup plus intéressants que ceux promis par les grossistes. Et, en plus, il leur garantit des volumes. Car il fait de plus en plus d'émules: des commerçants viennent rejoindre le groupe d'adhérents Leclerc. Ils s'organisent en réseau, partagent les bonnes affaires et le nom des fournisseurs avantageux. Supervisant le tout, Leclerc groupe les achats et demande à peine 4% à 7% de marge pour l'ensemble des services fournis".

 

Leclerc défend son système novateur avec la dernière énergie face aux défenseurs des boutiquiers, ou petits commerçants, tel Pierre Poujade ou ses héritiers, les adhérents du syndicat Cidunati, qui mettent justement en cause son passé collaborationniste.

Au nom du progrès, les politiques et l'administration vont bientôt le soutenir contre les intérêts des corps de métiers du passé.

Le système Leclerc, fait de prix bas, de marges tendues, de gros volumes, de libre service, de magasins aux gros espaces et aux grands parkings, fait tache d'huile: les savoyards Jean et Denis Defforey jettent les bases du groupe Carrefour au début des années 1960 (l'appelation ne sera adoptée qu'en 1967), Gérard Mulliez, l'héritier du groupe Phildar crée lui Auchan, les familles Guichard, Bouriez et Halley créant elles respectivement Casino, Cora et Promodès.

 

Les enseignes de grande distribution deviennent bientôt un passage obligé pour les industriels et les agriculteurs et imposent leur prix à leur convenance. Aujourd'hui, 69% du commerce alimentaire est aux mains des grandes enseignes, contre 58% aux Pays-Bas et 60% en Allemagne. Carrefour et Leclerc sont en position dominante dans 60% des zones commerciales.

 

"Désormais sans grande concurrence, écrit Martine Orange, ils pratiquent les prix qu'ils veulent, obligeant les fournisseurs à leur consentir des réductions de plus en plus importantes, menaçant de les abandonner s'ils résistent, s'approvisionnant massivement en Chine ou dans d'autres pays à bas coût pour faire baisser les tarifs. Tout cela, naturellement, au nom du seul intérêt des consommateurs. Officiellement, la grande distribution est un secteur à très faible marge, à peine 2% ou 3%. Il semble pourtant qu'il y ait beaucoup d'argent qui circule. Etre responsable d'un hypermarché, c'est avoir l'assurance d'être millionnaire en euros en moins de cinq ans. Les familles fondatrices, elles, sont toutes devenues milliardaires en trente ans".

 

L'argent, c'est justement une réalité trop prosaïque sans doute pour que le Télégramme en parle: celui gagné par les employés de Leclerc comme celui accumulé par la famille Leclerc. Pourquoi faire intervenir de telles trivialités quand on parle d'un "visionnaire", quand on cherche à qualifier l'histoire d'amour entre Leclerc et les bretons? En plus, Patrick Leclerc prend bien soin de rappeler que "le moteur (d'Edouard) n'était pas l'argent mais sa passion de bâtir". Sans nous parler de la fortune des Leclerc, on nous apprend tout de même que le chiffre d'affaires des centres E. Leclerc était malgré la crise en 2011 en croissance de 5,5%, s'élevant à 37,8 milliards d'euros.

Ces montagnes d'or s'entassent aux dépends des producteurs (à qui l'on impose des prix de vente très bas qui impliquent des rémunérations très basses pour les travailleurs du secteur primaire, bien souvent employés hors de France), des salariés du groupe, et bien sûr également des consommateurs.

 

Ironie du sort ou prescience, L'Humanité dimanche faisait son dossier il y a 5 jours sur "l'art de faire du fric sur la pauvreté dans la grande distribution".

 

Michel-Edouard Leclerc, le fils, posant en révolutionnaire résistant à la hausse des prix oppressant le pouvoir d'achat des familles populaires, laquelle s'incarne sur la publicité Leclerc dans un CRS la matraque prête à frapper, a prévu d'adapter ses produits vendus à une clientèle de plus en plus pauvre, en réduisant les doses courantes des produits pour stabiliser les prix ou les rendre meilleur marché. Les profits seront identiques ou plus grands, mais le consommateur aura l'impression de mieux s'en sortir en achetant des produits qui ne seront pas meilleur marché au kilo.

 

Leclerc-pub.gif

 

Cette évolution du marketing traduit bien le cynisme de la prétention de Leclerc et de la grande distribution à oeuvrer en faveur de l'intérêt général en cassant les prix. Non décidemment, Leclerc, ses héritiers et ses imitateurs, ne sont pas les humanistes que l'on prétend célébrer aujourd'hui.

 

  

 

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:07

Au risque d'être qualifié de sectaire ou d'excessif, nous avions prévenu il y a quelques mois comme d'autres: Hollande, ce sera un concentré de Jacques Delors, Romano Prodi et Gérard Schröder...

Nous ne sommes donc pas surpris outre mesure de la tournure que prennent les premiers mois de pouvoir des socialistes, mais nous sommes en colère, très en colère ! Comme d'autres, nous voulions un mieux en votant pour Hollande au second tour afin de tourner la sinistre page Sarkozy. En bien des domaines, ce mieux, nous l'attendons toujours.  

La souffrance sociale et les inégalités ne cessent de croître en France. Mais l'urgence, n'en doutons pas, est de réduire les déficits à coup de saignées sociales afin de recevoir des certificats de bonne gestion de la part du MEDEF (10 ministres socialistes à son congrès, paraît-il...!), des marchés et de l'état-major ultra-libéral et réactionnaire qui gouverne l'Union Européenne, de Merkel à Barroso, en passant par Van Rompoy.

L'Insee rappelle pourtant dans une publication récente que le pouvoir d'achat stagne ou baisse dans toutes les catégories de la population, sauf chez les 10% les plus riches. Le niveau de vie médian des Français a reculé de 0,5% en 2010. 8, 6 millions de français vivent en-dessous du seuil de pauvreté: 440.000 de plus entre 2009 et 2010. 20% des moins de 18 ans vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Combien de salariés pauvres et précaires, de Smicards, de retraités, ne parviennent plus à se nourrir correctement le 20 de chaque mois, retardent le paiement des factures, comptent chaque déplacement, chaque dépense, renoncent aux soins, à la culture, aux vacances.

Et que décide celui qui désignait pourtant il y a quelques mois la finance comme son principal adversaire et qui prétendait incarner la voie du changement. Tout simplement d'aggraver la rigueur "version Fillon".

Il est probable que l'équipe Sarkozy manquait de sérieux dans la gestion des affaires de la bourgeoisie. Il revenait à un habitué des "Dîners du Siècle" de rappeler que la Gauche, enfin ce qu'il reste de la sienne, s'était définitivement reconcilié, en dehors des campagnes électorales bien sûr, puisqu'il faut bien appâter le chaland, avec le capitalisme, la société de marché, les vertus de l'entreprise et de la flexibilité...  

On a donc augmenté le SMIC de 3 euros par mois. On gèle les retraites, les minima sociaux, les allocations chômage. On maintient l'honteux gel du barème de l'impôt sur le revenu voulu par Sarkozy et Fillon qui rend imposables cette année des centaines de milliers de Français aux revenus modestes qui étaient jusqu'ici exemptés d'impôts sur le revenu. On retire la demi-part fiscale supplémentaire attribuée aux veufs et veuves ayant élevé seuls(es) leurs enfants. On sabre dans les dépenses de services publics qui permettent la satisfaction des besoins sociaux de tous. On augmente les taxes indirectes sur le tabac jusqu'à des niveaux carrément indécents quand on sait que ce sont les plus pauvres et les plus angoissés par la crise qui fument le plus et en viennent à dépenser la moitié de leur argent de poche pour sacrifier à cette dépendance.  

On laisse s'affoler les prix de l'énergie, du carburant, sans diminuer la fiscalité indirecte, pourtant inéquitable, ni s'attaquer aux profits monstrueux des oligopoles de l'énergie.

Je ne sais pas si Hollande est comme Fillon "un économiste de cimetière", mais les besoins des Français ne sont assurément pas la priorité. Hollande dit être "en situation de combat" contre la crise mais pour l'instant, ceux qui prennent les coups, ce sont les Français appartenant aux couches moyennes et populaires.

Non seulement le gouvernement ne fait rien pour empêcher la multiplication des plans sociaux et des licenciements boursiers, non seulement il maintient les réformes constatées de ses précédesseurs de droite (LRU, gestion libérale des hôpitaux, déremboursements des médicaments, non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite dans la plupart des ministères, libéralisation de la Poste, du rail et d'EDF)  mais il demande à tous les salariés de payer à la place des entreprises en projetant de satisfaire une vieille revendication du MEDEF, transférer le financement de la protection sociale de la cotisation sociale à la CSG. C'est le programme du CNR qu'on continue à détricotter pour faire plaisir à M. Kesler.

Les syndicats seront consultés parait-il, avant de mettre en avant des mesures de flexibilisation du droit social et des conditions des salariés, censées restaurer notre compétitivité, notre faible compétitivité devenant du même coup le plus grand enjeu politique avec la réduction des déficits, comme dans les discours du président et du candidat de Sarkozy. On leur demandera de prêter le flanc à un "compromis historique" scéllé entre le Capital et les représentants des travailleurs: la vieille antienne de l'alliance de classe... Mais s'ils ne parviennent pas à se mettre d'accord avec des patrons en position de force, c'est l'Etat, a dit Hollande le dimanche 9 septembre, qui prendra ses responsabilités. Et l'on entend à nouveau parler du "gagnant-gagnant" cher à Ségolène Royal. Dans le monde de bisounours de M. Hollande, il y a de la place pour les accords entre gens de bonne volonté aux intérêts convergents quand on y regarde de très près, non pour la conflictualité de classe et la défense politique des salariés contre une finance de plus en plus rapace et dominatrice.

Quant aux Français, ils paieront plus pour moins de protection sociale (le budget du Ministère de la Santé va encore être réduit, entre autres mauvaises nouvelles) et moins de services publics: 10 milliards d'impôts supplémentaires pour les ménages cette année, 10 milliards d'économies budgétaires dans les services publics.

A ce rythme là, s'il reste encore quelques droits à amputer et recettes fiscales nouvelles à dégotter dans un temps de récession créée par l'absence de relance par l'investissement public et la solidarité, on devrait remplir l'objectif de 90 milliards d'euros d'économies pour un retour à l'équilibre budgétaire en 2017 prévu par le Pacte Budgétaire européen... Mais à quel prix? Celui d'un appauvrissement prolongé du grand nombre.

Et les riches dans tout ça? La contribution exceptionnelle (et donc simplement provisoire) de 75% pour les plus hauts revenus touchera 2000 à 3000 personnes, et rapportera environ 200 000 millions d'euros. Si l'on compare avec les 20 milliards demandés à l'ensemble de la société, les grandes fortunes produiront 1% de l'effort et cela serait censé justifier le pain sec pour tout le monde.

Et encore, que Bernard Arnaud et consorts se rassurent - et la presse prétendument de gauche aussi, qui fait semblant de s'indigner sur leur attitude anti-patriotique de refus de l'impôt pde quelques huluberlus pour ne pas parler des conséquences sur le grand nombre de l'hyper-austérité prévue par Hollande-, ces beaux messieurs, comme ceux, plus nombreux, assujettis à un taux marginal de 45%, verront leurs revenus du capital et les intérêts financiers liés à leurs entreprises soustraits à l'effort de solidarité collective.

Pour couronner le tout, Hollande souhaite donner à la Cour des Comptes une fonction régulatrice plus affirmée dans la gestion de la chose publique et des services publics, alors qu'elle ne cesse depuis des années de plaider pour la Réforme libérale et qu'elle n'a aucune légitimité lui venant du Suffrage Universel. 

Il y a un autre domaine où Hollande se veut inflexible, c'est celui de la sécurité et de la question de l'expulsion des Roms, et le doux corrézien d'adoption dit soutenir pleinement le très sarkozyste Manuel Valls. Mais bien sûr, on expulsera, surveillera, interpellera "dans la dignité et le respect de la loi".  

Pas de pitié pour les gueux!     

 

Ismaël Dupont.     

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:03

 

Tout en prenant acte de l'impatience des Français qui après 10 ans de droite au pouvoir attendent une action gouvernementale à la hauteur des urgences et attentes sociales, le président de la République a fait un discours de la méthode qui au risque de se répéter sera très vite inopérant.

L'agenda qui fixe à deux ans "le rythme du redressement du pays" avant d'envisager "la construction d'une société de solidarités" semble remettre à plus tard le changement annoncé et surtout oublie complètement le changement social qui est bien à l'ordre du jour.
 
Ainsi, alors que c'est aujourd'hui qu'il faut un moratoire sur les plans de licenciements boursiers, et que les salariés menacés doivent sentir que le pouvoir est dans leur camp, ceux de PSA apprennent qu'ils seront "accompagnés" par l'État dans les plans de reconversion.

Au surplus, son silence absolu sur le Traité européen soumis à ratification alors qu'il n'a pas été renégocié d'une virgule est très préoccupant. Les Français ont droit à ce débat, ils ont le droit de décider.

L'austérité des comptes publics n'est pas la solution, elle est le problème. Et ce sont bien des ressources nouvelles qu'il faut dégager, à commencer par récupérer celles accaparées par les marchés.

Le PCF et le Front de gauche sont disponibles pour un tournant politique, celui de la justice sociale et de la relance économique et écologique.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 08:49

 

 

Quelques révisions, avec un prof du Front de Gauche belge à la baguette, avant la manifestation du 30 septembre 2012 à Paris visant à faire échec à la ratification du TSCG, une arme de guerre contre la démocratie et pour poursuivre le démantèlement de l'Etat social en Europe au profit des rapaces de la finance.   

 

Un petit bonus: "le TSCG en 4 minutes" ( une autre vidéo du Front de Gauche).

 

 

 

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 08:47
En clôture des Estivales citoyennes du Front de Gauche à Saint Martin d'Hères, le dimanche 26 août 2012, Mélenchon s'est exprimé sur l'élargissement et les méthodes de travail collectif du Front de Gauche, sur le respect que l'on doit à la gauche latino-américaine, sur l'absence de toute prise en compte des exigences minimales du Front de Gauche par le gouvernement les derniers mois (des exigences qui étaient l'amnistie des syndicalistes condamnés pendant l'ère Sarkozy; une loi contre les licenciements boursiers, le projet de loi ayant été voté par les socialistes au Sénat l'an passé; l'abrogation de la loi LRU sur les Universités; la fin du paiement à l'acte dans les hôpitaux; l'implication des citoyens dans le comité de réforme des institutions et le passage à la proportionnelle.... etc.), sur la muselière que l'on a mis aux écologistes au gouvernement, les mensonges de Ayrault devant les jeunes socialistes et les reniements du premier ministre.
Il a surtout décrypté le traité européen que l'on cherche à nous imposer et qui exigerait d'ici 2017, à prévision de croissance confirmée, 93 milliards d'économies de dépenses de l'Etat..., soit, dans un seul pays, la moitié des fonds débloqués dans le prétendu pacte de croissance pour financer des projets d'infrastructure dans tous les pays européens (et dont l'essentiel des fonds était de toute manière déjà engagé de manière normale, avant l'adoption de ce pactounet de croissance en juin dernier).  A la fin de son intervention, Mélenchon a affirmé la volonté du Front de Gauche de s'impliquer dans un large front d'organisations et de personnalités politiques, de syndicats, d'associations opposés à la ratification par voie parlementaire du Pacte Budgétaire européen, et d'organiser un grand rassemblement à Paris pour exiger un référendum sur le TSCG. Il est aussi revenu sur les propos hallucinants de connerie de Cohn-Bendit sur Eva Joly...  
  
 
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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 07:42

 

Traité européen/sondage CSA - l'Humanité du 27 août : « Les français veulent savoir, débattre et décider ! »

 

 

Les Français veulent décider par eux-mêmes de la ratification ou non du Traité européen. C'est le résultat indiscutable du sondage publié par L'Humanité aujourd'hui. Ils ont raison.
D'abord parce que François Hollande s'était engagé à renégocier le traité s'il était élu. Ceux qui lui ont donné la victoire ont chassé Sarkozy pour rompre avec sa politique. Les Français ont déjà prouvé qu'ils avaient à cœur et qu'ils étaient en mesure de s'emparer des enjeux européens. Les Français veulent une Europe plus proche. On ne peut pas en même temps leur faire le reproche de ne pas « s'intéresser » à l'Europe et les en empêcher quand ils veulent savoir, débattre et décider.
Ensuite, parce que ce traité engage l'avenir du pays et que les Français ont droit à la transparence et à la vérité dans un grand débat public.

Ce traité contient un abandon de souveraineté nationale et une régression démocratique qui empêcheront toute réelle politique de changement. Les français ne l'ont pas encore lu, mais si ce texte est si bon ou si peu dangereux, pourquoi ne pas les laisser en juger par eux-mêmes ?

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:35

Une croissance nulle, 41000 demandeurs d'emploi en plus en juillet, un chômage qui touche bientôt pas loin de 5 millions de personnes et 10% des actifs (et davantage encore si on considère le nombre de familles concernées). Un effondrement de l'intérim et de l'activité dans le bâtiment. Un mal-être au travail qui persiste pour beaucoup, du fait des méthodes de management et de rentabilisation. Une accélération cet été des licenciements boursiers, des délocalisations, et des suppressions d'emploi industriel causées par la course à la profitabilité maximale: PSA, Doux, … etc.

Des dépenses de consommation des ménages qui reculent du fait de la précarité grandissante et de l'inquiétude face à la crise. Des salaires qui stagnent, en particulier dans la fonction publique où le gouvernement a voulu le gel des salaires et du point d'indice et l'absence de titularisation des précaires, alors que les coûts de l'énergie et des carburants, voire du logement et des dépenses quotidiennes, sont en augmentation. Des jeunes et des vieux qui ne parviennent plus à se soigner et parfois même à s'alimenter convenablement, comme c'est le cas d'une partie des étudiants.  

Beaucoup de Français se serrent la ceinture, beaucoup souffrent de ne pouvoir faire face à leurs charges incompressibles, beaucoup s'inquiètent de l'impact des développements de la crise pour eux et pour leurs proches.

Or, face à cette situation d'aggravation des difficultés quotidiennes des Français, des inégalités et de la souffrance sociale, la réponse du gouvernement apparaît inconsistante faute de vouloir bousculer les habitudes de "laisser-faire libéral" et de préservation des intérêts des riches, des grandes entreprises et du monde de la finance.

En témoigne aujourd'hui encore le fait que le premier ministre Ayrault assiste à l'université d'été du MEDEF parce qu'il trouve sans doute que l'urgence est de veiller à la qualité du dialogue avec le syndicat qui oriente la politique de la droite depuis 10 ans. Le verra t-on aux réunions nationales de la CGT ou de la CFDT? Rien n'est moins sûr.

Le gouvernement gesticule beaucoup, avec Valls notamment, sur la question des Roms, de la sécurité dans les quartiers, ou encore du nucléaire.

C'est sans doute pour ne pas faire l'objet des accusations traditionnelles de laxisme et d'humanisme naïf et irresponsable adressées à la gauche et pour montrer à une partie de l'électorat que sa fermeté n'a rien à envier à celle de Sarkozy, Besson et consorts. C'est aussi peut-être pour maintenir à la lisière du débat public et de l'attention médiatique les problèmes plus graves que sont la responsabilité de la préservation du consensus libéral dans l'aggravation de la souffrance sociale ou l'abandon des prérogatives démocratiques et des acquis sociaux sous-tendus par la future ratification du Traité sur la Stabilité, la coordination et la gouvernance en Europe.

Toujours est-il que cette politique d'immigration et d'asile à peine moins dure et brutale pour les personnes concernées que celle de la droite, cette gestion policière du prétendu « problème Roms », ont de quoi révolter les électeurs de gauche qui accordent la plus grande importance aux questions morales, à la générosité et à l'universalisme.

Hier, sur le site Médiapart, Laurent Mauduit analysait sans procès d'intention ni complaisance la politique économique et sociale suivie par le gouvernement et Hollande depuis 3 mois et demi, politique du renoncement, de la demi-mesure et de la conservation des équilibres anciens qui explique la chute de popularité importante de l'exécutif, dont les décisions timides sont en décalage avec les attentes des électeurs de gauche et avec la gravité de la situation que vivent les gens.

Je me permets ici de citer abondamment l'article de Laurent Mauduit, qui reprend quelques-unes des annonces les plus emblématiques du gouvernement en les rapprochant des promesses électorales et des enjeux de la situation sociale.

 

I.D

 

"Le renoncement au gel des prix des carburants

 

Les prix des carburants à la pompe ont fait l’objet de l’un des principaux engagements de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Dans le souci de protéger le pouvoir d’achat des Français, qui est en baisse, le candidat socialiste a promis un blocage provisoire des prix à la pompe, en très forte hausse. À l’époque, Nicolas Sarkozy a dénoncé cette mesure, la jugeant démagogique, mais François Hollande a tenu bon. À juste titre : alors que les compagnies pétrolières affichent toutes des profits insolents malgré la crise, et ne paient que très peu d’impôt en France – et même pas du tout, dans le cas de Total –, il était économiquement possible et socialement équitable que ces mêmes compagnies soient enfin mises à contribution et resserrent un peu leurs marges bénéficiaires pour offrir aux automobilistes une stabilité des prix à la pompe dans un contexte de nouvelle envolée des cours des matières premières.

En clair, il était possible et juste que ces compagnies pétrolières soient les seules à en être de leurs poches (qui sont pleines). Mais voilà ! Le gouvernement a finalement décidé qu’il en irait autrement et que ce ne serait pas un gel provisoire des prix qui interviendrait – dans l’attente d’un mécanisme de régulation plus pérenne – mais une baisse des taxes fiscales sur les carburants, complétée par un effort des compagnies pétrolières sur les prix.

Quelle différence ? Elle est majeure, car dans ce dernier cas, les compagnies pétrolières feront un petit effort, mais ce sera surtout l’État qui en sera de sa poche, lequel État devra, sous la contrainte d'une réduction à marche forcée des déficits publics, compenser ce manque à gagner par des hausses d’autres impôts ou des réductions de dépenses. En clair, ce que l’État va donner d’une main aux automobilistes, il va nécessairement le reprendre de l’autre aux ménages.

Cela n’a donc plus grand-chose à voir avec la promesse cent fois répétée par François Hollande pendant la campagne présidentielle : les compagnies pétrolières seront partiellement épargnées ; et les ménages financeront d’une façon ou d’une autre une bonne partie du cadeau qu'on leur avait fait miroiter. Sans déformer les faits, on peut même dire que le gouvernement fait l'exact contraire de ce que François Hollande avait annoncé.

  

 Le renoncement au doublement du plafond du Livret A

 

Pendant la campagne présidentielle, le candidat socialiste avait fait une autre promesse : il s'était prononcé en faveur d'un doublement du plafond du Livret A, actuellement fixé à 15 300 euros. On comprend sans peine l’enjeu de cette mesure. Au cours de ces cinq dernières années, Nicolas Sarkozy a malmené ce produit d’épargne favori des Français, qui a longtemps rempli une double fonction d’intérêt général, en garantissant une rémunération protégée de l’épargne populaire et en permettant, grâce à l’épargne ainsi collectée, le financement du logement social. D’abord, la droite a procédé à une « banalisation » du Livret A, en élargissant sa distribution à toutes les grandes banques privées ; ensuite, elle a remis en cause le système de centralisation des fonds auprès de la Caisse des dépôts et a donc fait peser des menaces de plus en plus fortes sur le financement du logement social.

Durant la campagne, François Hollande n’a donc pas avancé une proposition véritablement révolutionnaire en se bornant à promettre un doublement du plafond des dépôts sur le Livret A. Il s’est ainsi bien gardé de suggérer dans la foulée de remettre en cause la « banalisation » du Livret A. Mais enfin, ce doublement du plafond était indéniablement un signe positif : le candidat socialiste apportait ainsi la preuve qu’il était attentif à la rémunération de l’épargne populaire et au financement du logement social.

Seulement voilà, là encore, les choses ne se passent pas exactement comme elles avaient été annoncées. Les grandes banques privées ont fait savoir tout le mal qu’elles pensaient de cette réforme, qui risque de renforcer la concurrence au détriment des placements financiers qu’elles offrent à leurs clients. Dans l’immédiat, le gouvernement a donc décidé de ne mettre que partiellement en œuvre la réforme promise : au lieu de la hausse de 100 % promise du plafond, c’est donc une majoration de 50 % seulement qui vient d’être annoncée voilà quelques jours, majoration qui doit intervenir en deux étapes d’ici la fin du mois de décembre, 25 % en septembre et 25 % en fin d'année.

Est-ce à dire que la réforme ne sera pas conduite ultérieurement à son terme ? On peut le supposer, même si la gouvernement s’est gardé de répondre clairement à la question. Or, comme les fonds ainsi collectés doivent servir à financer non seulement le logement social mais aussi les projets de développement des collectivités locales dont Dexia, en faillite, n'assure plus les financements, cette reculade partielle du gouvernement pourrait avoir des répercussions financières et sociales préoccupantes.

Une « révolution fiscale » tempérée

Si le gouvernement a honoré les engagements pris sur la remise en cause des cadeaux fiscaux offerts lors du quinquennat précédent par Nicolas Sarkozy à la fraction la plus riche de sa clientèle électorale, de nombreuses inconnues pèsent encore sur la politique fiscale qu’il entend suivre, inconnues qui seront partiellement levées dans les prochains jours, quand sera connu le détail des mesures inscrites dans le projet de loi de finances pour 2013.

La principale inconnue a trait à la « révolution fiscale » promise par les socialistes et qui devait prendre la forme d’une fusion à terme de la Contribution sociale généralisée (CSG) et de l’impôt sur le revenu. En clair, il s’agissait d’une réforme majeure, visant à recréer en France un véritable impôt citoyen, un impôt général et progressif sur tous les revenus. La proposition figurait dans le projet du PS au printemps 2011 et a été retenue dans le projet de François Hollande. Or de cela, il n’est plus question. Nul, dans les sommets du pouvoir, n’a dit que la réforme était enterrée, mais cela revient presque au même puisqu'elle n’a plus jamais été évoquée depuis la victoire du candidat socialiste.

Signe révélateur, Jean-Marc Ayrault n’en a ainsi pas fait mention début juillet, dans sa déclaration de politique générale, lorsqu’il a énuméré les grands chantiers du quinquennat ). L’hypothèse d’un abandon de la mesure phare de la réforme fiscale promise par les socialistes s’est renforcée en juillet quand, enfourchant de manière imprévue le combat de Nicolas Sarkozy en faveur d’un allègement du coût du travail en faveur des employeurs, François Hollande a suggéré qu’une hausse de la CSG pourrait venir compenser un allègement de certaines cotisations sociales des employeurs. Certes, ce projet, qui a été très mal accueilli à gauche, semble depuis avoir été mis en sommeil, mais il fonctionne comme un révélateur : dans tous les cas de figure, le gouvernement ne peut pas réfléchir simultanément à une hausse de la CSG et à une fusion de cette même CSG et de l’impôt sur le revenu. L’embardée de François Hollande sur ce chantier de la compétitivité des entreprises semble donc confirmer que, dans tous les cas de figure, la « révolution fiscale » n’est plus d’actualité.

D’autres inconnues, un peu similaires, pèsent sur les réformes fiscales annoncées pour le court terme. Il est ainsi acquis que le projet de loi de finances pour 2013 mettra en œuvre la création voulue par François Hollande de deux nouveaux taux pour l’impôt sur le revenu, l’un à 45 % pour les revenus imposables supérieurs à 150 000 euros et l’autre à 75 % au-delà de 1 million d’euros. On sait toutefois que cette dernière réforme est purement cosmétique : ne devant toucher qu’à peine 2 000 contribuables pour un gain ne dépassant pas 200 millions d’euros, elle ne sera de nature qu’à frapper les imaginations et ne modifiera presque pas le paysage fiscal français.

Le nouveau pouvoir semble donc manifester une grande timidité fiscale. Évoquant des sources gouvernementales, plusieurs médias suggèrent même que ce nouveau taux de 75 % ne devrait pas rester longtemps en vigueur.

 

Grandes manœuvres autour de l’ISF

 

Autre prudence : le journal Les Échos a récemment révélé qu’à la faveur du projet de surtaxe exceptionnelle à laquelle les contribuables à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) vont être assujettis cet automne, pour les contribuables les plus fortunés, le gouvernement pourrait réformer le barème de ce même ISF pour passer d’un système d’imposition par tranches actuellement en vigueur (de 0,5 % à 1,8 % suivant le montant du patrimoine) à un impôt adossé à un taux unique moyen, sans doute de 0,8 %. En quelque sorte, l’ISF cesserait d’être un impôt progressif pour devenir un impôt proportionnel. Si cette piste se confirme, ce qui n'est pas encore définitivement arbitré, elle serait de très grande portée. Car en rupture avec les valeurs fondatrices de la République (et notamment l’article de 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen).

Truffé d’exonérations et d’abattements divers, l’impôt sur le revenu a cessé depuis longtemps d’être un impôt progressif et est même devenu au fil des ans un impôt dégressif, pesant relativement moins sur les hauts revenus que sur les bas – c’est d’ailleurs précisément pour cela que la gauche appelait de ses vœux une « révolution fiscale ». Et le seul impôt progressif qui subsistait dans le système français des prélèvements obligatoires était l’ISF.

Alors, si là encore le principe de progressivité était mis en cause – on sera fixé dans les prochains jours –, l’évolution serait pour le moins préoccupante. En lieu et place d’une révolution fiscale, on assisterait à... une contre-révolution fiscale ! Ou à tout le moins, un autre principe gagnerait du terrain, celui de la « flat tax »…

Sous la pression du très réactionnaire Conseil constitutionnel, un autre projet chemine – sur lequel on sera aussi fixé dans les prochains jours : celui de l’instauration possible d’un « plafond » d’imposition au profit des contribuables les plus fortunés. Le gouvernement franchira-t-il ce pas, comme l'évoquent de nombreux médias qui ont recueilli les confidences des conseillers de Bercy et de Matignon ? Il faut attendre pour en juger, mais ce serait évidemment hautement symbolique, tant sont présentes dans les mémoires les critiques violentes (et justifiées !) portées par toute la gauche contre le célèbre « bouclier » fiscal de Nicolas Sarkozy.

La hausse riquiqui du Smic

Tous ces atermoiements ont été précédés par une première mesure, dans les premiers jours de l’alternance, qui a suscité beaucoup de déception à gauche et dans le mouvement syndical : une hausse minuscule du Smic. Que l’on se souvienne ! Accédant à l’Élysée, François Hollande avait plein de bonnes raisons de relever fortement le salaire minimum. Pour une raison politique : c’était un moyen de confirmer au « peuple de gauche » qu’il resterait fidèle à son électorat, et notamment aux plus modestes. Pour une raison d’équité sociale : pendant les cinq années précédentes – fait sans précédent –, Nicolas Sarkozy n’avait procédé à aucun « coup de pouce » et François Hollande avait donc une opportunité de réparer une injustice. Enfin, pour une raison économique : dans une conjoncture déprimée, marquée par un effondrement du pouvoir d’achat et une stagnation de la consommation, le nouveau chef de l’État avait le moyen d’apporter la preuve qu’il entendait engager une politique de la demande pour stimuler la croissance.

Et pourtant non ! On sait ce qu’il en est advenu : au 1er juillet, le Smic n’a été revalorisé que de 2 %, soit, hors inflation, un « coup de pouce » de seulement 0,6 %, ce qui correspond à un gain net pour les smicards de l’ordre de 6,45 euros par mois ou, si l’on préfère, d’environ… 20 centimes par jour. 

 

Une politique budgétaire d’austérité

 

Dès la fin juin, à la même époque que l’arbitrage sur le Smic, le gouvernement a révélé qu’il conduirait une politique budgétaire d’austérité, avec des normes d’évolution pour les crédits aussi draconiennes que sous Sarkozy. Cela a transparu dès les premières « lettres de cadrage » de Jean-Marc Ayrault, fixant des priorités budgétaires pour 2013-2015. On a appris à cette occasion que tous les crédits d’équipement du budget de l’État baisseraient de 15 % sur ces trois années, tout comme les crédits d’intervention qui regroupent notamment les crédits sociaux de l’État. Au travers du projet de loi de finances pour 2013, qui sera dévoilé courant septembre, on aura la confirmation que ce cap de l’austérité est maintenu.

 

Des nominations discutables ou choquantes

 

Faits symboliques, ce cours inattendu de la politique économique a connu des prolongements au travers de nominations discutables ou choquantes dans le domaine de la vie économique. Ancien bras droit pour la presse du banquier d’affaires Matthieu Pigasse, David Kessler a ainsi été coopté à l’Élysée en juin comme conseiller pour superviser le même secteur, malgré les évidents conflits d’intérêts que cela génère. De même, Pierre Lescure, tout engagé qu’il soit dans la vie des affaires parisienne, s’est vu confier une mission de réflexion sur Hadopi, avec à la clef des risques de conflits d’intérêts tout aussi préoccupants. Enfin, François Hollande a pris la lourde responsabilité de porter son ami personnel (et ancien ministre de Nicolas Sarkozy) Jean-Pierre Jouyet au poste très influent de directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) , malgré, là encore, de graves conflits d’intérêts.

En bref, la politique économique commence à suivre un cours pour le moins inattendu. Et les nominations, pour la superviser, tout autant…

 

 

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 10:12

Le "traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire" va faire l'objet d'un vote au Parlement à la fin du mois de septembre et Hollande et le gouvernement Ayrault ont déjà annoncé aux députés de leur majorité qu'il n'était pas question de s'abstenir ou de voter non, alors que la mention tardivement ajoutée de l'impératif de croissance dans un Traité qui impose la contraction budgétaire et la rigueur est purement formelle. Ce traité européen conçu par Merkel et Sarkozy pour servir de verrou austéritaire rassurant les marchés en contrepartie de l'aide apportée par les Etats européens aux pays les plus endettés de la zone euro, remet en cause profondément l'avenir de l'Etat social et le respect de la souveraineté populaire.

Ce traité prévoit le contrôle du budget par une autorité extérieure au Parlement et au gouvernement et la limitation constitutionnelle (la fameuse "règle d'or") du déficit annuel à 0,5% pour toutes les administrations publiques (Etat, collectivités territoriales, Sécurité Sociale, entreprises publiques) sous peine de très lourdes sanctions financières et d'une mise sous tutelle des Etats par la commission européenne et la Cour de justice européenne.

L'an passé, on était déjà au-dessus des 4% de déficit annuel/ PIB: jugez de la brutalité de la politique de rigueur, de démantèlement des droits des salariés, de privatisation des services publics et de la solidarité, de hausse des impôts pour les couches moyennes et populaires qu'il va falloir conduire pour atteindre ces objectifs qui correspondent aux injonctions de la finance et de ses serviteurs néo-libéraux. Les Grecs, les Espagnols, les Italiens, les Portugais qui sont déjà soumis à de tels oukazes austéritaires, ne parviennent pas à s'y plier, et la dette pèse d'autant plus à cause de la récession et de la souffrance sociale généralisée causée par l'hyper-austérité.  

La domination d'un tel traité sur les politiques publiques donnerait de bonnes excuses à la gauche réformiste et libérale pour mener à un peu près la même politique que la droite partout en Europe, ce qui viderait de tout contenu de changement l'alternance politique.  

Il est inconcevable que des progressistes attachés au respect de la démocratie, au maintien et à la progression des solidarités et des services publics puissent accepter ce texte qui, concrètement, ne permettra pas de sortir l'Europe de la crise parce qu'il ne s'attaque pas à ses vrais causes: non l'endettement public essentiellement, mais les politiques néo-libérales de mise en avant systématique des intérêts des banques (avec des Etats obligés d'emprunter auprès d'elles et une BCE qui se met à leur service) et d'assèchement des recettes fiscales et des caisses sociales de solidarité au non du moins d'impôt. Si les Parlements nationaux, qui sont soumis à la sanction du vote, sont complètement dépossédés de leurs compétences budgétaires et financières au profit de la Commission européenne et non du Parlement Européen, la politique économique et sociale des Etats sera dictée par des technocrates influencés par les lobbys financiers et non par des élus responsables devant les citoyens.

 

Comme l'écrit Patrick Le Hyaric dans son éditorial de L'Humanité dimanche du 23 août, "un gouvernement de gauche ne peut se satisfaire d'un tel traité qui n'est pas le sien puisqu'il a été coécrit par M.Sarkozy et Mme Merkel. L'accepter reviendrait à s'amputer de la possibilité de mener une politique sociale, économique et écologique au service des travailleurs, des jeunes, des créateurs et chercheurs, des retraités, en résistant aux violentes pressions de la finance. Il est encore temps de se raviser pour créer les conditions d'un débat et d'une mobilisation populaire européenne contre le traité austéritaire qui assassine la République et fracasse l'Europe contre le mur de l'argent".

 

Nationalement, le Front de Gauche a initié la campagne contre ce texte en tentant cet hiver, sans succès manifeste, de sensibiliser l'opinion aux enjeux du Mécanisme Européen de Stabilité, sa contrepartie qu'ont voté sans état d'âme 90% des députés socialistes tout en prétendant, pour certains tel Jean-Marc Ayrault, qu'il pourrait y avoir un remodelage du Pacte budgétaire Sarkozy-Merkel ou un référendum à son sujet.  Aujourd'hui, une partie des militants et députés d'Europe Ecologie les Verts semblent également près à refuser de voter ce texte, et chez les militants de la gauche du PS, on doit grincer des dents en observant les positions de repli consensuel et opportuniste de Montebourg et Hamon.

Mais, qu'importe ces jeux politiques, l'important est que le peuple s'empare de cette question qui est décisive quant à sa capacité à continuer à se gouverner lui-même et à préserver des systèmes de solidarité conquis grâce à la lutte sociale et la mobilisation citoyenne.  

 

Comme un samedi du début du mois d'août, des militants PCF Morlaix étaient présents sur le marché ce samedi 24 août pour expliquer les dangers de ce nouveau traité européen ultra-libéral et faire signer une pétition de L'humanité pour exiger un référendum sur ce traité budgétaire qui contredit des articles de la Constitution et réduit la souveraineté populaire. 112 signatures ont été recueillies pour l'instant sur Morlaix, rien qu'avec une présence sur le marché deux matinées. La pétition en ligne du journal L'Humanité a recueilli elle déjà 11000 signatures au niveau national. Le lien: www.humanite.fr

Le samedi 8 septembre, c'est au sein du Front de Gauche que nous distribuerons un tract contre le pacte budgétaire et pour exiger le référendum, avec signature de la pétition de "L'Humanité", et nous tenterons d'organiser un débat public la semaine suivante avec d'autres organisations pour faire connaître les enjeux du texte à plus grand nombre possible. Une rencontre avec le député Gwenegan Bui, une manifestation le jour du vote, sont également des actions envisageables.

 

Surtout, ne lâchons rien et faisons grandir la pression sur la majorité de centre-gauche au pouvoir pour qu'elle n'oublie l'aspiration au changement qui explique son élection.   

 

Ismaël Dupont       

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 08:48

 

Roms : Ne pas en rester aux effets d'annonce

 

Après les années de lutte au côté des associations de défense des migrants Roms, le Parti communiste se félicite de sentir le souffle d'une volonté affichée de changement. L'annonce de la suppression de la taxe de 700 euro du par les employeurs pour chaque embauche de Roms est à cet égard une bonne nouvelle.
Toutefois, l'absence de moratoire sur les expulsions et de remise en cause des contraintes administratives pour accéder à un emploi provoque notre inquiétude. Rien ne serait plus décevant que de voir croître le nombre d'expulsions et de démantèlement de camps sans la mise en place de réelles solutions alternatives. Comme la Commissaire européenne à la Justice Viviane Reding, nous incitons vivement le gouvernement à aller au bout des ses intentions.

Aussi, le PCF propose :

  • L'adoption immédiate d'un moratoire sur les expulsions.
  • L'arrêt des discriminations au regard du droit du travail.
  • L' organisation de tables rondes départementales associant représentants du gouvernement, élus des collectivités territoriales et associations qui agissent auprès des familles.

Il faut pour aller de l'avant, s'appuyer sur les expériences menées dans des villes et des départements. Ce n'est pas d'effet d'annonce dont les Roms ont besoin, mais d'annonces ayant des effets. Le droit au travail, le droit au logement, le droit à l'école et à la santé sont les conditions d'une vie digne du pays des droits de l'Homme.

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