Bar associatif des Deux Rivières place de la Madeleine à Morlaix - la programmation de novembre 2022
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Il faut lire "Syrie: le pays brûlé. Le livre noir des Assad - 1970-2021" (Seuil, 820 pages, septembre 2022, 35€), un livre qui croise les résultats de travaux universitaires et d'expériences de combats et de répressions de dizaines de chercheurs français et arabes, et de militants et intellectuels et écrivains syriens, pour faire comprendre le fonctionnement de la terreur et son évolution sous le régime des Assad, Hafez et Bachar, jusqu'au paroxysme de la violence et de la cruauté, des crimes de guerre et contre l'humanité, atteint lors de la répression de la révolte populaire et démocratique pour la liberté et la dignité de 2011 et la guerre féroce qui a suivi et qui n'est toujours pas terminée.
Cette série d'articles et d'extraits d'ouvrages compilés et commandés judicieusement sous la direction de Catherine Coquio, Joël Hubrecht, Naïla Mansour, Farouk Mardam Bey est extrêmement éclairante sur les 50 dernières années de l'histoire syrienne et le déroulement de la guerre en Syrie, les stratégies et fonctionnements du pouvoir des Assad.
C'est une autopsie clinique alliant la distance réflexive et la rigueur objective de l'enquête scientifique et la précision de détail dans l'exposé des horreurs et de leur fonction stratégique qui permettent de reconstituer en quoi la violence terroriste peut devenir un système de domination, et ses effets d'aliénation sur les bourreaux, les complices, comme sur les victimes. Les articles, d'entre 5 et 10 pages, sont denses et passionnants, renvoyant à des années de recherche, assortis de notes nombreuses et de références à des documents disponibles sur internet ou à des œuvres publiées en France, mais peuvent se lire séparément tout en entrant en résonance les uns avec les autres.
C'est le premier effort de documentation aussi exhaustive publié en France de l'ensemble des crimes commis par le régime tyrannique et sanguinaire des Assad (Hafez et Bachar) et la diversité de ces articles permet de comprendre le fonctionnement de ce régime, dans sa complexité, ses contradictions, et sa monstruosité ordinaire, tout en rendant justice à ses centaines de milliers de victimes alors que, sous protectorat russe et iranien, il continue à écraser son peuple, en grande partie exilé et décimé, et à faire ses affaires mafieuses en toute impunité.
Dans le Prologue, on ne saurait guère mieux résumer le destin de la révolution syrienne que Mustafa Khalifé (arrêté en 1982 alors qu'il était membre de la Ligue d'Action Communiste, et relâché 12 ans plus tard simplement, en 1994), l'auteur de La Coquille, un livre puissant sur l'horreur carcérale et la terreur du régime vis-à-vis de ses prisonniers politiques sous Hafez al-Assad (aux éditions Actes Sud, 2007):
"Il est important de la souligner: la Syrie se trouvait en fait depuis 1966, et surtout 1970, en pleine guerre civile, mais une guerre larvée, muette, gagnée d'avance par le belligérant le plus puissant qui détenait l'appareil d’État et le monopole de la violence. Le feu est resté sous la cendre jusqu'à la confrontation armée, vers la fin des années 1970, entre le communautarisme assadien et celui des organisations islamistes djihadistes. La guerre civile encore silencieuse s'est alors bruyamment révélée au grand jour, et ses ravages pendant une bonne dizaine d'années ont marqué à jamais l'histoire du pays.
Depuis mars 2011, comme évoqué plus haut, les évènements se sont succédé en trois temps.
Les protestations pacifiques d'abord, passablement timides. Les Syriens savaient bien qu'ils avaient affaire à un régime sanguinaire. Ils se sont donc contentés, avec leurs mots d'ordre de liberté et de dignité, et en insistant sur l'identité nationale, de revendiquer des réformes qui amélioreraient leurs conditions de vie. C'est la réaction brutale du régime, ainsi que l'extension des manifestations à l'ensemble du pays, qui ont radicalisé le mouvement, six ou sept semaines après son déclenchement, et l'ont transformé en une véritable révolution populaire. Il n'était plus question de réforme du régime mais de sa chute, de l'émergence d'un nouveau pouvoir et de l'édification de l’État démocratique appartenant à tous les citoyens. Révolution qui est demeurée toutefois fondamentalement pacifique pendant au moins six mois, et malgré les premiers signes de sa militarisation, elle a gardé ses traits originaux jusqu'au milieu de 2012.
Dans les débats sur ce qui s'est passé en Syrie, on a parfois prétendu que la guerre civile n'était qu'une conséquence de la révolution. Il est pour moi évident, au contraire, que celle-ci, si elle l'avait emporté au terme de cette première étape, aurait mis fin pour de bon à la guerre civile menée par le régime depuis des décennies.
La deuxième étape a donc commencé vers le milieu de 2012 avec la militarisation, mais le paysage n'a changé de fond en comble qu'un an plus tard, quand les formations militaires djihadistes ont pris le dessus sur toutes les autres. Aux deux belligérants, le régime despotique d'un côté et de l'autre les forces révolutionnaires en lutte pour la démocratie, s'est ainsi ajouté un troisième, opposé certes au premier mais tout autant, sinon plus, au second. Totalement étranger aux mots d'ordre de la révolution, il n'a cessé de la combattre par les armes, réprimant ainsi avec férocité les militants civils qui lui tenaient tête dans les zones qu'il est parvenu à contrôler. Il n'est pas exagéré de dire qu'il s'est ainsi comporté comme un allié objectif du régime et que celui-ci a su tirer profit de ses exactions sur tous les plans.
Cette étape a duré jusqu'à la fin de 2015, c'est à dire jusqu'à l'intervention directe et massive de la Russie dans le conflit. Certes, les interventions étrangères, régionales et internationales, n'y étaient pas absentes, mais c'est à partir de cette date qu'elles sont devenues décisives et que la situation a définitivement échappé à toutes les parties syriennes en présence, y compris au régime de Bachar al-Assad. La Syrie est depuis lors un pays occupé par plusieurs puissances étrangères, défendant chacune ses intérêts avec le seul souci d'éviter un affrontement militaire avec les autres." (...)
"Syrie: le pays brûlé. Le livre noir des Assad - 1970-2021" (Sous la direction de Catherine Coquio, Joël Hubrecht, Naïla Mansour, Farouk Mardam Bey, Seuil, septembre 2022, p. 145 à 158).
* Interview de Aram Karabet avec Pierre Barbancey dans "L'Humanité":
Communiste, Aram Karabet a passé treize ans dans les geôles du régime baasiste des Al Assad, dans la prison de Saydnaya. Une expérience qu’il raconte dans un livre. Il dénonce aujourd’hui les pressions régionales et internationales et la militarisation de la révolte.
Aram Karabet, né en 1958 à Kamchli, au nord-est de la Syrie, est issu d’une famille arménienne. Membre du Parti communiste syrien-Bureau politique, dirigé par Ryad Al Türk, il est arrêté en 1987 de façon arbitraire. « Notre seul crime était de demander un changement de pouvoir, une Constitution démocratique », dit-il. Il est resté en prison treize ans. C’est ce qu’il raconte dans un livre émouvant: Treize Ans dans les prisons syriennes. Voyage vers l’inconnu, Aram Karabet, traduit de l’arabe (Syrie) par Nathalie Bontemps, Actes Sud. 19 euros.
Une expérience qui n’a fait que renforcer ses convictions.
Vous avez écrit ce livre avant le soulèvement. Comment faut-il le lire aujourd’hui ?
Aram Karabet. Le livre montre jusqu’où peut aller ce régime dans sa répression. Mais il faut noter que toute cette période – ces années 1980 où des dizaines de milliers de Syriens sont passés en prison, ont connu la torture parce que le pouvoir voulait les « transformer en insectes » comme il disait – a déformé la société. Lorsque je suis sorti en 2000, la première fois que je me suis vu dans un miroir, je ne me suis pas reconnu. Toute la société syrienne était ainsi. Un visage défait, méconnaissable. Je veux montrer comment toute notre société a été minée par le despotisme durant ces quarante ans. Ceux qui veulent comprendre la violence en Syrie peuvent le faire en lisant ce livre. On a cherché à déshumaniser une grande partie des Syriens. Et cela se retourne contre le pays lui-même.
Vous avez combattu le régime, vous êtes un homme de gauche, laïque, démocrate. Comment voyez-vous ce qui se passe en Syrie depuis plus de deux ans ?
Aram Karabet. Le régime syrien est un régime particulièrement dur et coriace. Il y a donc de nombreuses raisons qui expliquent le soulèvement qui a commencé en mars 2011. Pendant des mois et des mois, ce soulèvement est resté pacifique et ses mots d’ordre n’avaient rien du tout de religieux ni de confessionnel. Je pense que le soulèvement syrien n’était dans l’intérêt d’aucune puissance régionale ou internationale. Le régime a évidemment ses propres soutiens. Mais ceux qui ont prétendu être les amis du peuple syrien n’ont aucun intérêt non plus à ce que celui-ci se libère par ses propres moyens et qu’il réalise un projet national et social de réforme du pays. Les Syriens ne sont pas intolérants sur le plan religieux. Ils sont habitués au pluralisme confessionnel. L’islamisation est essentiellement le fait d’interventions étrangères. Il est clair que c’était aussi dans l’intérêt des puissances occidentales. Parce que c’était le moyen de pousser la Syrie vers les extrêmes et de laisser les Syriens se massacrer entre eux, le but étant la destruction des infrastructures du pays, la destruction de l’armée syrienne. Ce qui ne pouvait que servir les intérêts israéliens. Ce à quoi on assiste est la rencontre d’intérêts à la fois de forces régionales et internationales qui, toutes – qu’elles se prétendent être du côté du régime ou au contraire être les amis du peuple syrien –, amènent les Syriens vers cette situation terrible dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui.
Que faire ? Quelle est la solution ?
Aram Karabet. Personnellement, je me suis opposé à la militarisation du soulèvement. Je savais que le régime était très dur et qu’il allait utiliser la force. Mais le fait de militariser le soulèvement ne pouvait que subordonner une partie de l’opposition à des forces régionales ou internationales opposées au régime de Damas. La révolution syrienne a, en réalité, échappé aux Syriens. D’un côté, les Russes et les Iraniens défendent leurs intérêts, soutiennent le régime et l’ont poussé à militariser la répression en envoyant l’armée régulière contre les opposants. De l’autre, les forces régionales (Qatar, Arabie saoudite, Turquie) et occidentales ont aidé à la militarisation du soulèvement. Aujourd’hui, il n’y a plus de solution syro-syrienne. La solution est aux mains de la communauté internationale.
Quand on est un militant politique en exil, quel combat peut-on mener dans ce contexte ?
Aram Karabet. Pour ma part, je souhaite le départ de toutes les forces, de toutes tendances, qui se sont introduites en Syrie, aidées par les services de renseignements des pays alentour. Et surtout, que l’opposition syrienne puisse s’unir sur un programme démocratique, pacifique, de transition. Mais je crains que notre destin ne nous échappe complètement. Nous, les opposants de gauche, laïques, qui avons un programme de justice sociale, ne pouvons pas remporter une victoire par la force. Au début de la révolte, il y avait une véritable fusion entre les gens qui nous laissait espérer une transition vers un régime qui, peu à peu, pouvait vraiment devenir démocratique. Maintenant, cela paraît difficile à imaginer.
Qu’est-ce qui empêche l’unité de l’opposition aujourd’hui ?
Aram Karabet. Il y a un divorce entre le soulèvement populaire syrien et l’opposition telle qu’elle se présente, toutes tendances confondues. Pourquoi l’opposition est-elle dans cet état ? À l’origine et durant de longues années, il y avait énormément de méfiance entre ses différentes composantes. Elle est due à l’absence pendant longtemps de libertés démocratiques, de dialogues. Je me souviens qu’en prison même, nous communistes, n’osions pas discuter avec les Frères musulmans ou avec ceux du groupe Action communiste. Chacun se méfiait des autres. Dans ces conditions, ils sont incapables, tous, de se présenter comme la direction d’un soulèvement d’un genre aussi neuf. D’où le divorce. De plus, une véritable direction révolutionnaire ne peut être à l’extérieur. Elle devait d’abord être dans le pays, ce qui lui aurait évité d’être soumise aux pressions régionales et internationales comme le sont les opposants exilés. Le régime syrien s’est toujours légitimé par la situation régionale et internationale et en se situant dans un camp contre dans un autre. Il a réussi à faire que l’opposition soit comme lui : qu’elle soit légitimée par ses alliances avec les pays du Golfe, la Turquie, la France ou autres.
(1) Treize Ans dans les prisons syriennes. Voyage vers l’inconnu, Aram Karabet, traduit de l’arabe (Syrie) par Nathalie Bontemps, Actes Sud. 19 euros.
Femmes d'Alep - Avec Maha Hassan et Ismaël Dupont, une très belle rencontre avec plus de 80 personnes à la Fête de l'Humanité Bretagne de Lanester ce dimanche 23 octobre et 44 livres dédicacés entre 11h15 et 12h30, et entre 14h et 18h.
Un vrai succès, donc, pour "Femmes d'Alep", à la fête de l'Humanité Bretagne et des échanges magnifiques avec les lecteurs, ceux d'hier qui ont déjà lu le livre, et ceux de demain!
Merci à toutes et tous pour tous ces échanges généreux.
Merci à la fête de l'Humanité Bretagne et son espace librairie chaleureux pour leur invitation.
Le Télégramme, Morlaix, 14 décembre 2022
Le Théâtre de la Corniche, de Morlaix, présente, dimanche 16 octobre 2022, aux 2 Rivières un spectacle qui revisite les 72 journées du Printemps 1871, la Commune, la révolte des Parisiens qui se soulèvent contre le gouvernement d’Adolphe Thiers. L’évocation de cette période est illustrée de chansons de l’époque de Jean-Baptiste Clément, auteur du Temps des cerises et membre du conseil de la commune, et Jules Jouy, le poète « chourineur » et chansonnier montmartrois.
Bar des Deux Rivières, place de la Madeleine, à Morlaix. Chronique en chansons de la commune de Paris, dimanche 16 octobre 2022, à 16 h. Réservations : tél. 02 98 63 42 14.
Morlaix est une fête... Un très bon moment aux Cent marches autour de l'exposition de 3 artistes complices - Pierre Laigret, Bruno Sentier et Jean Luc Bourel- et de la présentation en avant-première du livre "Cent artistes dans les cent marches" (10 euros), ainsi que de poèmes érigés dans la venelle et lus magnifiquement par Bertrand, entre le propos de Jean-Luc Bourel sur le festival des Cent marches qui fête déjà ses 8 ans, associant 80 artistes depuis 8 ans, et croisant arts plastiques, peinture et poésie, et de Jean-Paul Vermot, maire de Morlaix.
Ismaël Dupont - 15 octobre 2022
Diaporama de notre ami Pierre-Yvon Boisnard, présent au vernissage de l'exposition des Cent Marches:
Diaporama de notre ami Pierre-Yvon Boisnard, présent au vernissage de l'exposition des Cent Marches
Cela fait sept ans que l’histoire des Cent marches s’écrit avec une bande d’artistes. Un livre, des poèmes et une exposition feront l’évènement, samedi 15 octobre, dans l’une des plus vieilles rues morlaisiennes (Finistère).
Ouest-France 12 octobre 2022
Ce livre est une synthèse des huit premières édition
, annonce Jean-Luc Bourel, artiste peintre et président de l’association Dont acte, à l’initiative des fameuses journées des Cent marches proposées chaque printemps depuis 2015, à Morlaix (Finistère).s
Au départ, nous étions cinq à exposer, en 2022, une trentaine.
Chaque édition est un branle-bas effréné de courses dans les escaliers, le moindre oubli d’outil est sanctionné par la remontée ou la redescente des marches
.
Intitulé Cent marches, cent artistes, le livre revient sur les peintres, plasticiens, photographes, écrivains et poètes, rencontrés de façon imprévue ou venus spontanément : Pour la prochaine édition, ils seront une centaine à être venus
Ce livre est une synthèse des huit premières édition
, annonce Jean-Luc Bourel, artiste peintre et président de l’association Dont acte, à l’initiative des fameuses journées des Cent marches proposées chaque printemps depuis 2015, à Morlaix (Finistère).s
Au départ, nous étions cinq à exposer, en 2022, une trentaine.
Chaque édition est un branle-bas effréné de courses dans les escaliers, le moindre oubli d’outil est sanctionné par la remontée ou la redescente des marches
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Intitulé Cent marches, cent artistes, le livre revient sur les peintres, plasticiens, photographes, écrivains et poètes, rencontrés de façon imprévue ou venus spontanément : Pour la prochaine édition, ils seront une centaine à être venus.
Samedi, les membres de l’association Dont acte, convient le public dans la rue pour partager poèmes et lectures. Les peintres Pierre Laigret, Jean-Luc Bourel et Bruno Sentier y exposeront leurs derniers travaux.
L'association Dont Acte a le plaisir de vous inviter le samedi 15 octobre dans les Cent Marches de Morlaix (rue Courte).
Cela fait sept ans que l’histoire des Cent marches s’écrit avec une bande d’artistes. Un livre, des poèmes et une exposition feront l’évènement, samedi 15 octobre, dans l’une des plus vieilles rues morlaisiennes (Finistère).
Ouest-France 12 octobre 2022
Ce livre est une synthèse des huit premières édition
, annonce Jean-Luc Bourel, artiste peintre et président de l’association Dont acte, à l’initiative des fameuses journées des Cent marches proposées chaque printemps depuis 2015, à Morlaix (Finistère).s
Au départ, nous étions cinq à exposer, en 2022, une trentaine.
Chaque édition est un branle-bas effréné de courses dans les escaliers, le moindre oubli d’outil est sanctionné par la remontée ou la redescente des marches
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Intitulé Cent marches, cent artistes, le livre revient sur les peintres, plasticiens, photographes, écrivains et poètes, rencontrés de façon imprévue ou venus spontanément : Pour la prochaine édition, ils seront une centaine à être venus
Ce livre est une synthèse des huit premières édition
, annonce Jean-Luc Bourel, artiste peintre et président de l’association Dont acte, à l’initiative des fameuses journées des Cent marches proposées chaque printemps depuis 2015, à Morlaix (Finistère).s
Au départ, nous étions cinq à exposer, en 2022, une trentaine.
Chaque édition est un branle-bas effréné de courses dans les escaliers, le moindre oubli d’outil est sanctionné par la remontée ou la redescente des marches
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Intitulé Cent marches, cent artistes, le livre revient sur les peintres, plasticiens, photographes, écrivains et poètes, rencontrés de façon imprévue ou venus spontanément : Pour la prochaine édition, ils seront une centaine à être venus.
Samedi, les membres de l’association Dont acte, convient le public dans la rue pour partager poèmes et lectures. Les peintres Pierre Laigret, Jean-Luc Bourel et Bruno Sentier y exposeront leurs derniers travaux.
Samedi 15 octobre, de 11 h à 18 h, rue des Cent marches à Morlaix. Vernissage à 12 h.
Dans le journal national de la CGT retraites "La Vie nouvelle", voici un très bel article sur un formidable artiste et musicien breton, Pol Huellou, un camarade, par Yvon Huet.
Pol Huellou est un formidable chanteur, flûtiste, instrumentiste, qui adopte a sa manière originale et puissante le répertoire de la musique populaire ou poétique irlandaise et écossaise. On ne se laisse pas d'écouter ses albums... Et notamment "The Lost agenda. Pol Huellou and Friends."
Voir aussi sur Le Chiffon Rouge:
"The lost agenda" de Pol Huellou: un très bel album à recommander chaleureusement!
Samedi 22 et dimanche 23 Octobre la fête de l'Humanité Bretagne à Lorient-Lanester
voir le programme sur le blog du PCF Pays Bigouden:
https://pcbigouden.fr/fete-de-lhumanite-bretagne-a-lorient-22-et-23-octobre-2022/
Eric Bocquet (sénateur communiste) rapporteur de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale annonce, après plusieurs mois de travail, les chiffres de 60 à 80 milliards par an, le coût minimum de l’évasion fiscale pour l’État Français.
En France c’est 3% du PIB (soit 2352 *3% = 70 millions d’euros).
Pour les pays européens l’évasion fiscale se situe à 1000 millions d’euros par an.
Non l’ultra riche n’est pas notre voisin, même si il roule en berline allemande !
Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues de la bourgeoisie, ont publié de nombreux travaux sur cette classe sociale prédatrice.
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Depuis la sortie du livre "Femmes d'Alep" aux éditions Skol Vreizh fin mars 2022, nous avons déjà fait 25 rencontres et séances de dédicace pour présenter le livre, à Paris, Port-de-Bouc, Toulouse, Saint-Brieuc, Lannion, au Rheu, dans plusieurs librairies du Finistère. Nous serons heureux de vous retrouver ces prochains jours:
- Ce Dimanche 9 octobre, Librairie L'Autre Rive à Berrien, à 16h
- Le Mercredi 19 octobre, Librairie Gwalarn à Lannion, à 18h30
- Le Dimanche 23 octobre, à Lanester, parc des Expositions du Pays de Morlaix, pour la Fête de l'Humanité Bretagne avec une présentation à 16h15 et des dédicaces toute l'après-midi
- Le Samedi 29 octobre et le dimanche 30 octobre au salon du livre en Bretagne de Carhaix
- Le Dimanche 13 octobre au salon du livre de Plestin-les-Grèves
- Le Samedi 19 novembre à la librairie Les Passagers du Livre à Landerneau, à 10h30
Ismaël Dupont et Maha Hassan
L’histoire a commencé derrière la devanture rouge vif du Café de l’Aurore, à Morlaix (Finistère). C’était à l’automne 2017. Maha Hassan, réfugiée syrienne depuis 2004, vit ici et rencontre alors pour la deuxième fois Ismaël Dupont. Le professeur documentaliste, secrétaire départemental du Parti communiste français et pas encore élu premier adjoint à la Ville, connaît la Syrie d’un unique voyage en 2010, « six mois avant la révolution ».
À la fin de leur entrevue, leur relation se scelle autour d’une promesse : celle d’écrire ensemble le premier ouvrage en français de l’autrice et journaliste. Elle au récit, lui à l’adaptation en français. Langue qu’elle maîtrise très bien à l’oral, moins à l’écrit. « En arabe, j’ai une forme de censure qui me vient naturellement. En français, je m’en affranchis, décrit Maha Hassan. C’est comme une renaissance. Et puis, j’ai une dette envers ce pays qui m’accueille. Je me suis exilée pour sauver mes histoires. Je redonne à la France un bout. »
Ce « bout » compile des morceaux de vies réels de femmes, remontant jusqu’au début des années 1900. Ils évoquent l’exil, la guerre et ses vies cabossées, le sentiment d’être l’étrangère dans son propre pays. Des témoignages puisés dans sa mémoire ou recueillis via WhatsApp, Facebook ou par téléphone. De quoi brosser un portrait complexe et crédible de la Syrie, de la mosaïque de langues et de cultures qui la composent. Et qui explique en partie la situation actuelle. « Elle n’aura pas pu l’écrire en arabe, nous n’aurions pas eu les témoignages éloquents autour du tabou sur la sexualité, l’identité ou l’islam », abonde Ismaël Dupont.
L’histoire a commencé derrière la devanture rouge vif du Café de l’Aurore, à Morlaix (Finistère). C’était à l’automne 2017. Maha Hassan, réfugiée syrienne depuis 2004, vit ici et rencontre alors pour la deuxième fois Ismaël Dupont. Le professeur documentaliste, secrétaire départemental du Parti communiste français et pas encore élu premier adjoint à la Ville, connaît la Syrie d’un unique voyage en 2010, « six mois avant la révolution ».
À la fin de leur entrevue, leur relation se scelle autour d’une promesse : celle d’écrire ensemble le premier ouvrage en français de l’autrice et journaliste. Elle au récit, lui à l’adaptation en français. Langue qu’elle maîtrise très bien à l’oral, moins à l’écrit. « En arabe, j’ai une forme de censure qui me vient naturellement. En français, je m’en affranchis, décrit Maha Hassan. C’est comme une renaissance. Et puis, j’ai une dette envers ce pays qui m’accueille. Je me suis exilée pour sauver mes histoires. Je redonne à la France un bout. »
Ce « bout » compile des morceaux de vies réels de femmes, remontant jusqu’au début des années 1900. Ils évoquent l’exil, la guerre et ses vies cabossées, le sentiment d’être l’étrangère dans son propre pays. Des témoignages puisés dans sa mémoire ou recueillis via WhatsApp, Facebook ou par téléphone. De quoi brosser un portrait complexe et crédible de la Syrie, de la mosaïque de langues et de cultures qui la composent. Et qui explique en partie la situation actuelle. « Elle n’aura pas pu l’écrire en arabe, nous n’aurions pas eu les témoignages éloquents autour du tabou sur la sexualité, l’identité ou l’islam », abonde Ismaël Dupont.
La légèreté du quotidien relatée est souvent rattrapée par le tragique de la grande histoire, en passant par des recoins de vie intimes. Tout récit est présenté à la première personne. « Faire parler les femmes, c’était naturel : elles sont les créatrices et elles subissent le plus d’oppression. Et ce sont elles qui sont le plus silencieuses ou effacées de l’histoire », justifie la journaliste.
Le point de départ, c’est Zeinab, l’arrière-grand-mère de Maha Hassan. Une Arménienne ayant fui le génocide et qui est adoptée par une famille musulmane qui part pour la Syrie. Puis celui d’Halima, sa grand-mère paternelle, qui ne parlait que kurde et vivait à Alep. Ou Amina, sa maman, bien qu’ayant épousé son cousin et ouvrier analphabète travaillant dans une usine de textile, parle arabe. Dans un entourage kurde. « Je parle aussi arabe. Les Syriens me prennent pour une Kurde et les Kurdes me prennent pour une Syrienne », dénonce l’autrice.
La seconde partie de l’ouvrage se concentre ensuite sur la jeunesse de Maha, celle qui boit de l’arak, qui vit une histoire d’amour avec un homme plus âgé, hors mariage et qui suit au loin la répression des Frères Musulmans, la dictature du général al-Assad, premier du nom. Les racines de la violence qui écrase et opprime les femmes sont également esquissées. Jusqu’à arriver aux questionnements profonds et bouleversants de l’autrice elle-même : « Je ne suis ni française, ni syrienne, ni kurde. Je me sens illégale et je ne sais pas qui je suis. »
Treize romans plus tard, elle a écrit en arabe et certains ont été traduits en italien et néerlandais. Mais la question est restée sans réponse.
Mercredi 23 mars 2022, la maison d’édition morlaisienne Skol Vreizh offre ces paroles inédites. Une libération nécessaire. « J’ai écrit ce livre grâce à Morlaix, la sécurité et la tranquillité que j’y ai trouvé. Et grâce à Ismaël aussi. »
Femmes d’Alep, éditions Skol Vreizh, 460 p. 22 €. Tirage à 2000 exemplaires. Possibilité de le commander sur le site www.skolvreizh.com
***
« Oui, je bois de l’alcool, je mange du cochon, je suis kurde et mon père était communiste. » Ainsi parle Maha Hassan, kurde née à Alep, écrivaine et journaliste de langue arabe, exilée en France en 2004, réfugiée en Bretagne. Femmes d’Alep, adapté par Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF dans le Finistère et premier maire adjoint de Morlaix, nous plonge, via des voix de femmes, dans l’histoire moderne de la Syrie. C’est un ouvrage sur et par les femmes. Celles nées dans « cette société orientale tyrannique » qui témoignent de leurs expériences « dans ce monde définitivement perdu que fut la Syrie d’avant la révolution et de la guerre civile ». À ce propos, retenons par exemple le terrible récit de Shiraz Darwich et songeons à l’émancipation des femmes. Valère Staraselski
Annie Ernaux vient de recevoir le prix Nobel de littérature. Elle est la première autrice française à le recevoir. Depuis 50 ans, récit après récit, son écriture exigeante nous livre une radiographie de la France qui nous secoue autant qu’elle nous permet de mieux appréhender le réel. L’intimité qu’elle y dévoile fait écho à nos propres perceptions, à nos propres souvenirs, à tel point point que l’on se demande : recueille-t-elle notre mémoire collective ou l’alimente-t-elle ?
Elle a bouleversé le paysage par son style neuf et les sujets qu’elle a osé aborder la première : la difficulté et la joie d’être une femme, de vivre ses désirs pleinement dans une France trop cadenassée, la difficulté aussi de n’être pas née dans le « bon milieu ». Sa révolte contre toutes les dominations irrigue toute son œuvre et a ouvert la voie à bien d’autres. Je salue aujourd’hui ce prix décerné à une femme libre et à une grande écrivaine de notre temps.
Fabien Roussel, PCF
Littérature Récompensée pour « le courage et l’acuité clinique avec laquelle elle découvre les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle », l’autrice est la 17e femme à obtenir le prix Nobel.
On n’osait y croire, même si le nom d’Annie Ernaux, marraine des Amis de l’Humanité depuis septembre, figurait dans la liste des favoris. « Très heureuse » et « fière », comme elle l’a déclaré aux journalistes venus l’attendre devant chez elle, à Cergy, elle a confié à la télévision suédoise qu’il était de sa « responsabilité » de « témoigner (…) d’une forme de justesse, de justice, par rapport au monde ». Rarement l’annonce d’un prix Nobel de littérature aura autant ému. Parce que son œuvre de mémorialiste subtile, initiée en 1974 avec les Armoires vides, fait entrer dans la littérature les classes populaires, explore l’injustice, la honte, l’appartenance sociale et la trahison. Parce que, à l’heure où le droit à l’avortement est remis en question dans plusieurs pays, dont les États-Unis, ce prix met en lumière le courage d’une femme, féministe, qui a toujours écrit depuis son expérience sur le corps des femmes, leurs désirs et les violences qu’elles subissent.
Dans les Années Super 8, le film qu’elle a écrit et réalisé avec l’un de ses fils, David Ernaux-Briot, on la voit jeune femme, mariée à Philippe Ernaux et mère de deux garçons. Sa mère, veuve, vit avec eux dans une maison près du lac d’Annecy. Si les images paraissent anecdotiques, elles disent à quel point Annie Ernaux a su capter ce que vivaient toutes les femmes de sa génération, l’aliénation et l’ennui dans le couple et la maternité. On devine, derrière les sourires tristes et les regards fugaces à la caméra, l’abîme qui se creuse entre la vie et les désirs. Derrière l’épouse et la jeune professeure de lettres, se cache la « femme gelée », titre du roman qui signera la fin de son mariage et l’abandon prochain des doubles de fiction.
Car, depuis la Place, en 1984, Annie Ernaux a cessé d’écrire des romans et trouvé une forme singulière qui restitue au plus près le réel, à la croisée de l’intime et du collectif. « Quand mon père est mort (en 1967), j’ai ressenti un sentiment de trahison. J’ai exploré la déchirure avec les Armoires vides, puis j’ai voulu parler. J’ai travaillé pendant dix ans sur la Place, le livre sur mon père, sorti en 1984. Je voulais creuser l’injustice que j’avais vécue par mes origines. Le roman n’était plus possible et toute mon écriture en a été bouleversée, j’ai abandonné la fiction. (…) J’ai eu l’impression que l’écriture elle-même était une façon de me rapprocher du monde de mes origines. La réalité a un poids particulier quand on naît dans ce monde, on n’a pas sa place d’entrée de jeu », nous confiait-elle en 2016 .
Ce monde, c’est celui du café-épicerie de ses parents, à Yvetot, en Normandie. Née Annie Duchesne en 1940, élevée comme fille unique (sa sœur aînée est morte avant sa naissance), elle grandit auprès d’une mère catholique pratiquante qui lui fait découvrir Margaret Mitchell et John Steinbeck. À 20 ans, après une première expérience sexuelle traumatique qu’elle racontera dans Mémoire de fille , elle commence à regarder son enfance avec une « certaine distance », à s’intéresser aux souvenirs comme matériau d’écriture. Tout se joue dans ces années où, après avoir quitté l’École normale d’institutrices, elle suit un double cursus de philosophie et de lettres. « Après ces deux années, il y aura d’autres événements dans ma vie, dont l’avortement que j’ai raconté dans l’Événement, mais tout s’est joué là : mon désir d’écrire, d’être professeur de lettres », se souvient-elle. Irriguée par le thème de la mémoire, l’œuvre d’Annie Ernaux se divise en deux branches : d’une part, les récits d’enfance et d’adolescence comme la Place et l’Événement ; d’autre part, les livres de l’âge adulte comme Passion simple et l’Occupation, descriptions cliniques et crues de la passion amoureuse et de la jalousie.
Écrire, pour Annie Ernaux, c’est légitimer des mondes exclus de la littérature, mettre au jour des tabous, le viol dans Mémoire de fille, l’avortement dans l’Événement, exhumer des secrets comme la mort de sa sœur aînée, dans l’Autre Fille. C’est aussi s’intéresser à la société de consommation, arpenter les allées des centres commerciaux (Regarde les lumières, mon amour), faire de Cergy, où elle vit depuis le début des années 1980, un matériau littéraire. Un livre, peut-être, les contient tous : les Années (2008), où s’entremêlent les événements de sa vie personnelle et l’histoire collective en une traversée de la deuxième moitié du XXe siècle. Les Années, a écrit l’écrivain américain Edmund White dans le New York Times, « est un livre sincère, courageux, une Recherche du temps perdu de notre époque contemporaine dominée par les médias et le consumérisme, pour notre époque de fétichisme absolu envers les produits de confort ».
De son écriture, on a souvent dit qu’elle était blanche, sèche. Qu’elle raconte la maladie d’Alzheimer de sa mère dans Je ne suis pas sortie de ma nuit ou sa liaison avec un étudiant de trente ans de moins qu’elle dans le Jeune Homme, son dernier livre, elle n’élude rien, assume la frontalité, cherche la précision, la densité. « J’importe dans la littérature quelque chose de dur, de lourd, de violent même, lié aux conditions de vie, à la langue du monde qui a été complètement le mien jusqu’à 18 ans, un monde ouvrier et paysan. Toujours quelque chose de réel. J’ai l’impression que l’écriture est ce que je peux faire de mieux, dans mon cas, dans ma situation de transfuge, comme acte politique et comme don », confiait-elle à Frédéric Yves-Jeannet dans l’Écriture comme un couteau.Influencée par la pensée de Bourdieu, Annie Ernaux met au jour les silences et les mécanismes des dominations, au carrefour du genre et des classes sociales. « J’ai toujours voulu que les mots soient comme des pierres, qu’ils aient la force de la réalité. Tout le monde sait que c’est une illusion mais les mots font agir », nous disait-elle encore. Ces dernières années, pour soutenir les gilets jaunes et ceux qui se battaient contre la réforme des retraites, pour les services publics ou, pendant l’épidémie de Covid, critiquer l’état d’urgence. Elle a évidemment accueilli le mouvement MeToo comme une « grande lumière, une déflagration ». « On ne peut plus écrire de la même façon après Annie Ernaux », disait Édouard Louis, à l’occasion de la parution du Jeune Homme. « Quel grand jour pour la littérature de combat ! » a-t-il réagi, ce jeudi. Une littérature de combat et une grande voix féministe qui résonnera à Stockholm, le 10 décembre, lors du discours de réception du prix Nobel.
Les Armoires vides, Gallimard, 1974 ; la Femme gelée, Gallimard, 1981 ; la Place, Gallimard, 1983 ; Passion simple, Gallimard, 1992 ; la Honte, Gallimard, 1997 ; l’Événement, Gallimard, 2000 ; l’Occupation, Gallimard, 2002 ; les Années, Gallimard, 2008 ; l’Écriture comme un couteau. Entretien avec Frédéric-Yves Jeannet, Stock, 2003 ; Écrire la vie, Gallimard, collection « Quarto », 2011, rassemble onze œuvres suivies d’extraits de son journal intime, de photos et de textes ; Mémoire de fille, Gallimard, 2016 ; le Jeune Homme, Gallimard, 2022.