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10 août 2023 4 10 /08 /août /2023 07:10
Gilles Perrault, une plume rouge contre l’« infâme »

L’écrivain Gilles Perrault est décédé à l’âge de 92 ans. Luttant contre les injustices de son temps, son intervention contre la peine de mort avec le Pull-over rouge en 1978 fait époque.Jérôme Skalski

Signant des articles dans le Nouveau Candide, journal hebdomadaire gaulliste, entre 1961 et 1963, Gilles Perrault avait, dès sa jeunesse, placé sa plume sous l’égide de celle du Voltaire des grandes causes. Sous l’égide car, pour reprendre l’expression du documentaire que Thierry Durand lui a consacré, Gilles Perrault n’a eu de cesse, comme celui qui entendait écraser « l’infâme », de concevoir son écriture « comme une arme ».

Comme ceux de l’auteur de Candide dans l’affaire Calas ou l’affaire Sirven, contre l’intolérance et le fanatisme religieux, ses grands combats auront marqué des moments de rupture dans le consensus intellectuel d’une époque. Comme le bouclier d’Athéna, la déesse de la justice et de la raison, il prit des coups et en rendit quelquefois outre mesure. Se déplaçant de droite à gauche et jusqu’à l’extrême gauche sur l’échiquier de l’engagement politique, il tint cependant parole à l’esprit de sa jeunesse, mettant en joue en particulier la peine de mort, avec son enquête romancée le Pull-over rouge, en 1978.

Fiction, reportage, enquête

Né Jacques Peyroles en 1931, à Paris, dans une famille d’avocats, Gilles Perrault fait des études à l’Institut d’études politiques de Paris et exerce la profession d’avocat pendant cinq ans, avant de prendre son envol. Sa première vocation d’écrivain se manifeste avec une série de romans policiers qu’il signe dans la collection « La chouette » – toujours Minerve –, sous un pseudonyme approchant celui qu’on lui connaît. Il effectue son service militaire au 8e régiment de parachutistes coloniaux en Algérie, expérience qui lui fournira la matière à son premier essai à succès, les Parachutistes, en 1961. La même année, il quitte Paris et découvre Sainte-Marie-du-Mont, dans le Cotentin, village qu’il a quitté ce jeudi 3 août 2023. En 1964, il publie le Secret du jour J, prix du Comité d’action de la Résistance. Ses trois passions d’écriture sont fixées : la fiction romanesque, le reportage d’investigation, l’enquête historique. S’ensuivent une cinquantaine d’années d’écriture tempérée seulement par l’avancée de l’âge. Jalonnant celle-ci, des ouvrages clés. En 1965, l’Orchestre rouge, roman adapté au cinéma par Jacques Rouffio, sorti en 1989, raconte l’histoire d’un réseau d’espionnage soviétique antinazi pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1978, le Pull-over rouge, enquête sur l’affaire Christian Ranucci, défraye la chronique et fait s’exacerber le débat sur la légitimité de la peine de mort en France. En 1990, son essai Notre ami le roi décrit le régime de torture du roi du Maroc Hassan II et participe à la campagne qui aboutira à la libération d’Abraham Serfaty l’année suivante.

De solides amitiés

Ses engagements – pour l’abolition de la dette du tiers-monde, contre la guerre du Golfe, contre la collaboration et le Front national… – lui valent de solides inimitiés et un certain nombre de procès. Ils lui valent aussi des amitiés. En janvier 1997, il est élu vice-président de la Société des amis de l’Humanité. Après son Dictionnaire amoureux de la Résistance (2014), Grand-père (2016) et la Justice expliquée à ma petite-fille (2017), il signe son dernier ouvrage en 2020, la Croisade du loup solitaire. Un étrange « loup solitaire » cependant que Gilles Perrault, qui n’eut de cesse de faire combat commun et en commun contre toute sorte de meutes.

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15 juillet 2023 6 15 /07 /juillet /2023 07:24
Romancière, traductrice, éditrice, et maître de conférence, Laura Alcoba a vécu en Argentine jusqu'à l'âge de 10 ans. Elle a publié aux éditions Gallimard "Manèges: Petite histoire argentine" (2007), "Jardin blanc", "Les passagers de l'Anna C.", "Le bleu des abeilles" (2013), et en 2023, "Les rives de la mer douce" au Mercure de France

Romancière, traductrice, éditrice, et maître de conférence, Laura Alcoba a vécu en Argentine jusqu'à l'âge de 10 ans. Elle a publié aux éditions Gallimard "Manèges: Petite histoire argentine" (2007), "Jardin blanc", "Les passagers de l'Anna C.", "Le bleu des abeilles" (2013), et en 2023, "Les rives de la mer douce" au Mercure de France

Retour sur les années noires contre la répression de la gauche argentine - Manèges, Le bleu des abeilles de Laura Alcoba - La casa de los conejos de Valeria Selinger

J'ai eu la chance de rencontrer Laura Alcoba et Valéria Selinger aux rencontres littéraires "Les échappées du livre" à Avranches.

Début juin, elles étaient toutes deux invitées également au festival de Moguériec.

Laura Alcoba s'est fait connaître avec un premier roman d'une grande beauté "Manèges", sous-titré "Petite histoire argentine" où elle nous raconte ses mois de clandestinité quand elle était enfant, à 7-8 ans, avec sa mère, militante montonera à La Plata, en 1975, sous la menace du régime et des hommes des commandos de l'AAA, la Alianza Anticomunista Argentina qui enlèvent, torturent et tuent les militants de gauche, les Montoneros, les militants de l'extrême-gauche, les communistes. Les Montoneros étaient une organisation politique argentine péroniste de gauche, influencée par le christianisme social au départ, qui dût rentrer dans la clandestinité et fut contrainte de pratiquer la lutte armée entre 1970 et 1979.

L'émotion de la remémoration est partout présente, et traitée avec beaucoup de pudeur, de grâce et de subtilité: dans les visites en prison à son père, militant montonero lui aussi, arrêté et prisonnier politique, avec qui, après une fouille humiliante qui met à nu, elle converse dans un langage des signes complice, mise en joue par les militaires qui pointent les fusils et mitraillettes sur leurs visages. Un père qui ne sortira de prison que 6 ans plus tard, en 1981. Dans le portrait de la rayonnante Diana, enceinte de Clara Anahi, qui sera vraisemblablement kidnappée par les militaires pour être adoptée après l'exécution de sa mère, si solaire et courageuse, et de son père quelques mois plus tard. Dans le rappel de la douleur des grands-parents, contraints de cacher leur petite-fille pour éviter les mouchardages des voisins. Dans la souffrance de la mère, dont le visage s'affiche dans les journaux du régime, qui la présentent comme une "ennemie publique n°1". Dans l'évocation de la relation de la petite fille avec l'Ingénieur, qui construit la cachette où elle logée l'imprimerie clandestine des Montoneros pour laquelle travaille la mère de Laura, dans la maison des Lapins, une planque de la périphérie de la Plata, cet Ingénieur qui sera à l'origine de l'extermination du groupe de militants montoneros de "La Casa de los conejos", soit qu'il l'ait infiltré, soit qu'il ait été torturé et l'ait "donné", l'interprétation que retient le magnifique film inspiré de "Manèges" de Valeria Selinger, elle même, comme Laura Alcoba, née en Argentine (où ses parents étaient des militants des Jeunesses communistes) et vivant à Paris, "La Casa de los conejos", réalisé en 2020. 

"Manèges" se lit d'une traite, en quelques heures: il nous replonge dans la noirceur des années de plomb latino-américaines où les Américains, Kissinger et Nixon au premier chef, la CIA, ont organisé l'opération CONDOR pour financer tous les mouvements violents d'extrême-droite qui pourraient lutter contre la contagion communiste en Amérique du sud, dans leur chasse gardée, après la révolution cubaine, transformant le Chili, l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay, le Brésil, l'Uruguay, en lieu de chasse ouverte à l'encontre des militants progressistes et marxistes et en enfer carcéral. En Argentine, il y eu au moins 10 000 victimes et disparus de la dictature de Videla et des répressions anticommunistes et progressistes qui l'ont précédée du temps d'Isabel Peron. Au Chili, le coup d'Etat de Pinochet et l'affreuse répression qui s'ensuivit fit au moins 6000 victimes. 

Dans Le bleu des abeilles, au titre inspiré d'une lecture commune de la jeune fille de dix ans, exilée au Blanc-Mesnil, et de son père - La Vie des abeilles de Maurice Maeterlinck - Laura Alcoba, aujourd'hui auteure de plus de 5 romans, traductrice de romancières argentines (notamment le très beau "Les Vilaines" de Camila Sosa Villada, ou encore Selva Almada: "Sous la grande roue", "Après l'orage"), maître de conférence, nous raconte dans un superbe récit progressant par petites touches et anecdotes évocatrices  son arrivée en France, plusieurs mois après l'exil de sa mère, sa relation épistolaire à son père, encore en prison, et son adaptation à l'exil, à la banlieue parisienne, et à l'école primaire Jacques-Decour, ainsi que sa découverte émerveillée et merveilleuse de la langue française. 

On ne saurait trop recommander la lecture des romans de Laura Alcoba et le film de Valéria Selinger, par ailleurs autrice de documentaires sociaux, "La Maison des lapins" (ou "Casa de los conejos"), adaptant "Manèges", qui fut un immense succès en Argentine, plusieurs fois réimprimé, avec une jeune actrice magnifique, un merveilleux film sur l'enfance, la résistance, avec la peur en  toile de fond, et en bande originale la très belle musique du frère de Diana, tuée le 24 novembre 1976 avec 8 militants montoneros dans la "Casa de los conejos" accueillant l'imprimerie du journal des montoneros attaquée par l'armée au mortier.

Ismaël Dupont

Genre : DramePays d'origine : Argentine, France, EspagneDurée : 1 h 34 minRéalisateur : Valeria SelingerScénariste : Valeria SelingerProducteurs : Oscar Marcos Azar, Luis Ángel Bellaba, Arnaud Boland, Cathy Coopman, Carlos Martínez, Susana Rizzuti, Valeria Selinger  Synopsis : Laura n’a que huit ans mais elle sait déjà que pour survivre elle doit se taire. Même ses grands-parents doivent ignorer son nouveau nom et l’adresse de l’élevage de lapins qui sert de couverture à l’imprimerie clandestine où elle se cache avec sa mère et d’autres militants qui luttent contre la dictature et tentent d’échapper aux escadrons de la mort qui les recherchent.

Genre : DramePays d'origine : Argentine, France, EspagneDurée : 1 h 34 minRéalisateur : Valeria SelingerScénariste : Valeria SelingerProducteurs : Oscar Marcos Azar, Luis Ángel Bellaba, Arnaud Boland, Cathy Coopman, Carlos Martínez, Susana Rizzuti, Valeria Selinger Synopsis : Laura n’a que huit ans mais elle sait déjà que pour survivre elle doit se taire. Même ses grands-parents doivent ignorer son nouveau nom et l’adresse de l’élevage de lapins qui sert de couverture à l’imprimerie clandestine où elle se cache avec sa mère et d’autres militants qui luttent contre la dictature et tentent d’échapper aux escadrons de la mort qui les recherchent.

Retour sur les années noires contre la répression de la gauche argentine - Manèges, Le bleu des abeilles de Laura Alcoba - La casa de los conejos de Valeria Selinger
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15 juillet 2023 6 15 /07 /juillet /2023 06:53
Milan Kundera, la légèreté de l’art du roman - Muriel Steinmetz, L'Humanité, 13 juillet 2023
Milan Kundera, la légèreté de l’art du roman

Disparition Né à Brno, en Tchécoslovaquie, l’écrivain est mort à Paris, à l’âge de 94 ans. Entré de son vivant dans « la Pléiade », il affirmait avec force que pour « être libre et déjouer l’autorité, il faut en rire ».

Publié le
Jeudi 13 juillet 2023

Milan Kundera s’est éteint le 11 juillet, à Paris. Il avait 94 ans. Il a été l’auteur de dix-sept romans mémorables dont, d’abord, La vie est ailleurs (prix Médicis étranger en 1973), la Plaisanterie et l’Insoutenable Légèreté de l’être, en 1984, après quoi il décida de ne plus apparaître dans les ­-médias grand public.

Il naît le 1er avril 1929, à Brno, capitale de la Moravie, en Tchécoslovaquie, à 130 km de Vienne. De la mère, on ne saura pas grand-chose. Le père, Ludvik, élève du compositeur Leos Janacek, est un excellent pianiste, futur recteur de l’Académie de musique de Brno après la guerre. Dans l’appartement de la rue Littré, près de Montparnasse, où Kundera a longtemps vécu avec son épouse Véra, trônaient sur son bureau, outre une photo du grand écrivain autrichien Hermann Broch (1886-1951), son maître en littérature, un portrait de son père et un autre de Janacek. La musique fut pour Milan Kundera un élément capital. Il jouait du piano.

Après ses études secondaires à Brno, il en vient, à partir de 1948, à la littérature et à l’esthétique à Prague et aborde la « théorie du roman », avant de se tourner en cours d’année vers l’audiovisuel, à la Famu, faculté de cinéma. Inscrit au Parti communiste en 1947, il est, depuis ses 16 ans, un militant enthousiaste. Il acquiesce au « coup de Prague » organisé par Moscou. L’année d’avant était sorti son premier texte, dédié à son professeur de piano, Pavel Haas, dont il épousera brièvement la fille. En 1950, en raison d’un acte considéré comme délictueux, il est exclu du Parti communiste. Cela donnera la Plaisanterie, dont Ludvik, le personnage principal, a des ennuis pour avoir écrit « Vive Trotski ! » sur une carte postale.

« Rendre à la littérature sa qualité et sa dignité »

À la même époque, il rencontre Véra Hrabankova, de six ans sa cadette, qui joue au théâtre avant de devenir une vedette du petit écran. Kundera achève ses études en 1952 et réintègre le Parti en 1956, avant l’exclusion définitive en 1970, à la suite de ses prises de position publiques.

Durant les années 1960, il choisit le roman. Il est un intellectuel encore proche du Parti. Ses premières œuvres littéraires datent de ces années-là. En juin 1967, il inaugure le IVe congrès des écrivains tchécoslovaques. Sa contribution s’intitule : « Rendre à la littérature sa qualité et sa dignité ». Les écrivains d’alors marquent avec force leur désaccord envers la ligne politique des dirigeants du Parti. Kundera en tête. Il a déjà achevé la Plaisanterie. Le livre est « à l’observation » dans les bureaux de la censure. Contre toute attente, il paraît en avril 1967. L’année suivante, alors que le printemps de Prague bat son plein, Kundera est même distingué par le Parti. À Paris, Gallimard prépare sa traduction pour l’automne 1968. Aragon se charge de la préface, admirative, chaleureuse. Dans cette atmosphère de liberté neuve, Kundera compose Risibles amours, recueil de nouvelles sur les relations intimes sous le prisme d’une parole dysfonctionnelle, sans oublier les questions d’identité et d’authenticité (les faits se changent en leur contraire).

Dans la nuit du 20 au 21 août, les chars soviétiques entrent dans Prague. Après une réhabilitation au sein du Parti au temps de la déstalinisation (1956), il perd son poste d’enseignant. Ses livres, introuvables en librairies, disparaissent des rayons des bibliothèques. Période de vaches maigres, évoquée dans  le Livre du rire et de l’oubli.

Il continue d’écrire et c’est La vie est ailleurs, publié pour la première fois à Paris. Il s’y penche avec ironie sur le « stupide âge lyrique », à travers la figure de Jaromil, jeune poète, son double, qu’il suit de sa naissance jusqu’à sa mort précoce à 20 ans. Jaromil est un Rimbaud pris au piège de la révolution. Ce roman tient lieu de catharsis pour Kundera, qui s’y confronte à son passé de militant et à son être d’artiste. Le couple Véra-Kundera est alors mis sur écoute. Filatures, courriers interceptés, ouverts…

Une méditation sur le monde de l’écrit envahi par les images

Le 20 juillet 1975, ils quittent la Tchécoslovaquie en Renault 5. Direction la France avec une autorisation de séjour de « 730 jours ». Il a 46 ans. Elle a 39 ans. À l’arrière du véhicule : des caisses de livres, à l’avant, des vinyles. Ils s’installent à Rennes . Kundera y est professeur invité en littérature comparée (son cours porte sur « Kafka, ses interprètes, le roman et l’Europe centrale ») jusqu’en 1979, année où il est élu à l’École des hautes études en sciences sociales et où la nationalité tchécoslovaque lui est ­retirée. Mitterrand lui octroie la nationalité française deux ans plus tard. Il reste sous surveillance de la StB, les services de renseignements tchécoslovaques.

Il s’installe à Paris, rue Littré avec Véra. Il s’épuise à écrire ses cours, phrase par phrase, en français sans pouvoir improviser, ce qu’il aime pourtant. Il enseigne Hermann Broch, Kafka, Musil, Dostoïevski… Il développe et approfondit les idées qui donneront lieu à ses essais sur l’Art du roman puis aux Testaments trahis… La langue française maîtrisée, il se lance dans la correction des traductions de ses livres, tous entièrement revus par ses soins. En 1982, il achève l’Insoutenable Légèreté de l’être. Une adaptation en a été tirée pour le cinéma, réalisée par Philip Kaufman et Jean-Claude Carrière. Il a écrit en 1981 une pièce en trois actes Jacques et son maître en hommage à Diderot, mise en scène par Jacques Lassalle. En 1990, ce sera l’Immortalité, méditation sur le monde de l’écrit envahi par les images. En 1993, il achève la Lenteur, sa première œuvre écrite en français. Viendront ensuite l’Identité et l’Ignorance.

En mars 2011, Kundera, en deux volumes, est dans « la Pléiade », accédant de son vivant à l’illustre collection. Il avait mis comme condition sine qua non qu’elle ne comporte aucune note, préface, commentaire ni appareil critique. Il a encore écrit la Fête de l’insignifiance. En 2019, l’ambassade de la République tchèque en France lui restituait sa citoyenneté initiale. Il aimait ce vers de son compatriote romantique, le poète Karel Macha (1810-1836) : « Un sourire léger à la bouche, une tristesse profonde au cœur ».

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23 juin 2023 5 23 /06 /juin /2023 05:17
René Vautier dans le Finistère - Le témoignage de Piero Rainero
René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

Beaucoup de choses sont dites et écrites concernant les rapports du cinéaste anticolonialiste René Vautier avec le Parti Communiste Français. Je veux donner mon témoignage portant sur plus de 40 ans de rencontres, d’échanges, d’amitié.

Je fis la connaissance de René Vautier en 1972, alors que j’étais l’un des responsables des Jeunesses communistes du Finistère. Il nous avait sollicités pour apporter notre soutien à la diffusion de son film « Avoir 20 ans dans les Aurès » qui venait de sortir et déclenchait la colère de ceux qui n’avaient pas accepté l’indépendance algérienne.

Ce film, qui reçut le prestigieux Prix de la Critique Internationale du Cinéma à Cannes, était l'objet de manifestations violentes de la part de nostalgiques des guerres coloniales.

Les JC participèrent avec enthousiasme, avec le concours de militants de la JOC, à sa popularisation.

Le 1er janvier 1973, René Vautier engagea une grève de la faim dans les locaux de l'UPCB (Union de Production Cinématographique de Bretagne) qu'il avait créée et dont le siège était situé à Plomelin près de Quimper dans le Finistère.

Il voulait ainsi protester contre la censure dont était l'objet le film documentaire de son ami Jacques Panigel, « Octobre à Paris », qui témoignait du massacre des Algériens le 17 octobre 1961 à Paris par la police agissant sous les ordres du Préfet Maurice Papon ; plus de 300 morts et disparus selon le FLN.

Dès le 2 janvier il téléphona au siège de la fédération du PCF du Sud-Finistère à Quimper pour me faire part de sa décision, et de sa détermination, me demandant d'en informer Roland Leroy, alors responsable de la politique culturelle à la direction nationale du PCF.

Le jour même, j'avertis le secrétaire de la fédération communiste du Sud-Finistère, Paul le Gall, qui prit aussitôt contact  avec Roland Leroy.

Roland Leroy nous demanda de faire savoir à René qu'il avait le plein soutien du PCF dans sa dénonciation de la censure, et de lui transmettre ses amitiés.

Il souhaitait aussi que nous assurions  un contact amical permanent avec lui.

Ce contact fut établi par Jean-François Hamon, alors secrétaire de la section de Quimper du PCF et moi-même. C'est ainsi que nous nous rendîmes le jour même à Plomelin pour assurer René Vautier du soutien et de l'amitié des communistes.

Il apprécia particulièrement cette démarche, nous disant : « Je sais que je peux compter sur le parti ». 

Plusieurs fois par semaine, tout au long de sa grève de la faim, Jean-François et moi allèrent donc le rencontrer. Nos échanges étaient parfois brefs, il était souvent entouré de beaucoup de monde, mais il arrivait que nous puissions, lorsqu'il était seul, parler plus longtemps ensemble ; de cinéma, de ses films, de la censure, de son passé de jeune lycéen résistant à Quimper, de son soutien à la résistance algérienne, « avec des  copains du coin comme Michel Mazéas »

Michel Mazéas, élu maire de Douarnenez en 1971, me raconta plus tard qu'il recevait à l’époque de la guerre d’Algérie des lettres sur lesquelles étaient dessinées des cercueils portant son nom. Si ces missives étaient courageusement anonymes, leur contenu signait l'identité de leurs auteurs : l'extrême-droite et les terroristes de l'OAS.

 

René aimait aussi à évoquer la projection mouvementée en décembre 1950, « en première mondiale » , de son film anticolonialiste « Afrique 50 » au gymnase municipal de Quimper rue Jean Jaurès, dans une salle archi-comble, avec le concours de plusieurs organisations de jeunesse  - JC, JOC, Scouts de France - sous la protection des militants communistes. « On avait prévu une seule projection mais comme la salle était trop petite pour accueillir tout le monde on en fit 2 dans la même soirée » rapportait-il. Il nous apprit aussi que le commentaire du film devait être porté par le grand comédien Gérard Philippe mais que des contraintes de tournage ne lui permirent pas d' y participer .

« Afrique 50 », réalisé sur commande de la Ligue Française de l'Enseignement, qui prit ensuite ses distances, avait été, dès sa sortie,  interdit de diffusion en France et valut à son réalisateur d'être condamné à 1 an de prison. Le ministre de la France d’Outremer était alors François Mitterrand.

Le film n'obtint son visa de distribution qu'en 1996.

J'ai entendu par la suite plusieurs communistes quimpérois, Jean le Berre, Louise Tymen, Étienne Perchec, qui avaient participé à cette « première mondiale », raconter le déferlement de violence ce soir-là d’une poignée de parachutistes de la caserne de la ville qui voulaient empêcher la diffusion du film.

Mais force était restée à la démocratie et à la liberté d'information.

Nos visites à René se faisaient d'abord dans les locaux de l'UPCB à Plomelin puis au siège d'une association d'artisans à Quimper, située rue de la Fontaine, où il avait souhaité poursuivre son mouvement.

Parmi les proches qui l'entouraient il y avait Nicole et Félix le Garrec, très attentionnés, ainsi que son frère Jean avec qui Jean-François et moi eurent plusieurs échanges.

Alors que les jours passaient nous constations combien son organisme s'affaiblissait, il s'amaigrissait, il nous dit un jour souffrir de crampes à l'estomac, mais il restait toujours déterminé, allongé sur un lit de camp, des bouteilles d'eau posées près de lui. Son état était tel que Nicole et Félix le Garrec voulaient le faire hospitaliser.

Paul le Gall informa Roland Leroy de sa santé qui se dégradait.

Roland lui dit alors son inquiétude car il connaissait  bien René Vautier, son courage et sa détermination : « René a encore trop de choses à créer, il ne doit pas se laisser partir, le monde de la culture et du cinéma ont besoin d'un homme de cette qualité. » 

Jean-François et moi en firent part dans la journée à René, Jean Vautier était présent. Il y fut très sensible et nous dit: « Ces gens là ne me feront pas crever, je vais gagner»

Quelques jours plus tard, le Ministre de la culture, Jacques Duhamel, dans un courrier au député de Quimper, Marc Bécam, écrivit que « les critères politiques n'entreraient plus en ligne de compte dans les décisions de la commission de contrôle du cinéma. »

René Vautier arrêta alors sa grève de la faim , elle avait duré 31 jours, et « Octobre à Paris » obtint peu après son visa d'exploitation.

René fut accueilli, au terme de cette épreuve, chez des amis dans une villa proche de Quimper, au bord de la mer à l'Ile-Tudy, où nous lui rendions visite, et où il reprit très rapidement des forces.

A partir de cet évènement nos relations devinrent plus fréquentes et des liens d'amitiés se nouèrent entre nous.

J’ai toujours les lettres qu'il m'adressait alors.

René répondait toujours présent à nos sollicitations, pour un débat, une conférence, une projection, un appel, une pétition à signer où à écrire, un conseil, une demande d'information.

En décembre 1979 avec 6 autres militants communistes je fus traduit devant le tribunal  de Quimper, pour avoir avec de nombreux amis stoppé des trains afin de défendre les lignes et gares de proximité de Bretagne sud. Nous étions poursuivis au titre d'une loi de 1942 édictée pour réprimer les résistants.

René Vautier fut l'un des témoins cités par les avocats de la défense, Roland Weyl et Claude Larzul.

Il déclara sa surprise de voir traîner devant un tribunal en application d'une loi de Pétain, « un collabo condamné à mort », des jeunes qui avaient manifesté pacifiquement dans une gare alors que ses amis résistants avaient été décorés pour avoir fait sauter des trains ! Il ponctua son propos, tourné vers nous, en disant : « vous devriez être remerciés et félicités », provoquant l'ire du Procureur de la République.

Il fut également le président de mon comité de soutien lorsque je fus candidat aux élections législatives en 1988 et en 1993 dans la 1ère circonscription du Finistère.

Quelques années plus tard, alors que j’étais engagé dans des missions de solidarité aux côtés du peuple palestinien, en Israël, au Liban et en Palestine occupée, il avait évoqué le projet d'un film sur la situation dans les camps de réfugiés. Il était enthousiasmé par cette idée. Mais sa santé ne lui permit pas de la réaliser.

René Vautier s'est éteint le 4 janvier 2015 à Cancale des suites d'une maladie implacable. Il me fut demandé de prononcer une allocution lors de ses obsèques, le 8 janvier, à la Maison Funéraire de Saint-Malo. Un témoignage d'amitié de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, empêché d'être présent, fut lu lors de la cérémonie. L'Ambassadeur de la République Algérienne en France M. Amar Bendjama lut des messages du Président Abdelaziz Bouteflika ainsi que du Ministre des Moudjahidines, M. Tayeb Zitouni.

Un hommage fut rendu à René Vautier par la direction nationale du PCF, place du Colonel Fabien à Paris, les 25 et 26 mars 2016 avec la participation de l'historien Alain Ruscio, de Jean Salem (le fils d'Henri Alleg), de Dominique Noguères de la LDH, de plusieurs cinéastes. Je fus invité à témoigner lors de cet hommage sur le parcours en Bretagne de René Vautier.

René Vautier, avant d’être le cinéaste mondialement connu, avait été un jeune élève du Lycée la Tour d'Auvergne à Quimper, résistant à 15 ans.

Il avait participé, dès décembre 1940, avec son groupe des Éclaireurs de France à de nombreux actes de résistance aux nazis et à leurs collaborateurs : aide à l'évasion d'aviateurs tombés dans la région, sabotages (rail, lignes téléphoniques et électriques...), renseignements divers (notamment sur la localisation précise des blockhaus du mur de l'Atlantique).

La ville de Quimper, pour rendre hommage à ces jeunes résistants, dont René et son frère aîné Jean, a érigé  en 2008 une stèle à proximité du lieu où ils avaient étudié.

À noter que le Clan des Éclaireurs de Quimper est la seule unité scout à avoir été décorée de la Croix de guerre.

En octobre 2011 René Vautier avait fait don aux archives de la ville de Quimper de divers documents cinématographiques dont l'un de ses films : « Et le mot frère, et le mot camarade » inspiré d'un poème de Paul Eluard.

 

Piero Rainero.

22 / 06 / 2023

 

Lire aussi:

Un témoignage exceptionnel de René Vautier: une enfance héroïque - avoir 13-16 ans dans la Résistance à Quimper (Des enfants dans la Résistance, Philippe Chapleau, Ouest-France)

Disparition de René Vautier, cinéaste militant communiste et anti-colonialiste: article du Monde

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

 

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18 juin 2023 7 18 /06 /juin /2023 19:27

Une joie de découvrir ensemble la magnifique exposition Bansky aux Capucins à Brest avec Philippe Rio, maire de Grigny, la ville de la genèse de cette exposition avec la Constellation et la modeste collection Bansky de Beru, et un groupe d'une quinzaine de camarades communistes finistériens.

Le PCF BREST a fait un don de 500 euros à SOS Méditerranée à l'issue de la visite accompagnée de l'exposition de la star anglaise du street art engagé, une star paradoxale puisqu'on ne connait d'elle que ses oeuvres!

Parce que la solidarité avec les réfugiés et exilés est un devoir politique et moral, parce qu'on ne peut que voir la mort de notre idée de la civilisation et d'une Europe humaniste dans ces centaines de personnes qui meurent chaque année en Méditerranée à cause de la politique répressive et anti immigration de nombre d'États européens (avec des degrés dans l'abjection), et du business des passeurs qui profitent de la misère, parce qu'il faut aider ceux qui sauvent des vies, il faut aider SOS Méditerranée. Bravo aux concepteurs de cette exposition engagée et citoyenne du grand artiste anglais mondialement connu d'avoir ainsi associé les associations solidaires à cette exposition et merci à nos guides et médiatrices pour cette exposition gratuite encore visible jusqu'au 25 juin 2023!

PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
PCF Finistère - Visite de l'exposition Banksy avec Philippe Rio, président de la Coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, ce dimanche 18 juin
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3 juin 2023 6 03 /06 /juin /2023 13:28
Samedi 10 juin, 11h - en dédicace à la Librairie Les Déferlantes,Camille Damiano et Samir Boukhalfa, auteurs de la BD sur la ligne Morlaix-Roscoff, "Le Fer et la Terre"

Samir Boukhalfa et Camille Damiano, jeunes architectes, auteurs de la BD sur le passé et l'avenir de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff, fruit de neuf mois d'enquête - "Le Fer et la Terre" (120 pages, 10€) - imprimée avec l'appui du Collectif pour la ligne Morlaix-Roscoff, seront en dédicace à la librairie Les Déferlantes de Morlaix le samedi 10 juin à partir de 11h.

Avant la rencontre-débat prévue à Saint-Pol-de-Léon, à l'espace Ti Kastellyz, à 14h30 ce même samedi 10 juin.

Venez nombreux vous procurer la bande dessinée dont se sera le premier jour de publication, et la faire dédicacer.

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3 juin 2023 6 03 /06 /juin /2023 06:33
Fest-Noz de l'école alternative des Monts d'Arrée ce samedi 3 juin à Plounéour-Menez
Des élèves et des enseignants de l’École alternative des monts d’Arrée préparent activement le fest-noz du samedi 3 juin. samedi prochain (Le Télégramme)

Des élèves et des enseignants de l’École alternative des monts d’Arrée préparent activement le fest-noz du samedi 3 juin. samedi prochain (Le Télégramme)

À Plounéour-Ménez, l’École alternative des monts d’Arrée propose un fest-noz samedi 3 juin
 

Le Télégramme 31 mai 2023

Basée a Pleyber-Christ, l’École alternative des Monts d’Arrée est gérée par l’association Les Utopistes en action. Elle s’implique afin d’accueillir dans les meilleures conditions des personnes exilées, notamment des jeunes. Dans la perspective de leur entrée en scolarisation ou en formation, une équipe de bénévoles travaille avec eux l’apprentissage du français, l’alphabétisation, la remise à niveau et même des cours de breton.

L’association organise, ce samedi 3 juin 2023, à partir de 21 h un fest-noz au lieu dit l’Ile. Le prix d’entrée est fixé à 6 €.

Il sera possible de se restaurer autour du stand de crêpes et de galettes mais aussi de découvrir les œuvres créées par les jeunes élèves de l’école. Côté programmation musicale, plusieurs groupes et couples e succéderont sur scène : Baliski, Sandra Chalençon et Anna Suignard-Bouliou, Yann Coadou et Dominique Moigne, Axel Landeau et Marie Verveur, Guy Pensec et Jean Billion, Tri an Ifern.

Pratique

Fest-noz à 21 h à l’Ile, entrée 6 € ; Contact : eadma@orange.fr ou tél. 06 02 29 27 18

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23 mai 2023 2 23 /05 /mai /2023 17:03
« LES MAUVAIS JOURS FINIRONT » par le Théâtre de La Corniche le VENDREDI 16 JUIN,  à 18H à la MJC de Morlaix

« LES MAUVAIS JOURS FINIRONT »
par le Théâtre de La Corniche
le VENDREDI 16 JUIN,  à 18H

entrée sur participation libre, au chapeau

Ce spectacle est une chronique en chansons de la Commune de Paris, événement historique dont nous avons fêté le 150e anniversaire en 2021. Vous trouverez ci-joint le dépliant élaboré par la Compagnie avec davantage de contenu.

Rappelons nous que les événements de la Commune de Paris ont été une des premières expériences sociales et politiques de laïcisation des institutions.

Le théâtre de la Corniche revisite ces 72 journées du printemps 1871 et les replace dans le contexte historique par l’évocation de deux paroliers, acteur ou témoin des événements : Jean Baptiste Clément, l'auteur du Temps des Cerises et membre du Conseil de la Commune, et Jules Jouy, le « poète chourineur »

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19 mai 2023 5 19 /05 /mai /2023 06:47
Michel Cléac'h, adjoint à la culture de St Jean-du-Doigt, et Ricardo Cavallo

Michel Cléac'h, adjoint à la culture de St Jean-du-Doigt, et Ricardo Cavallo

Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Michel Cléac'h, adjoint à la culture de St Jean-du-Doigt, et le peintre Ricardo Cavallo (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Michel Cléac'h, adjoint à la culture de St Jean-du-Doigt, et le peintre Ricardo Cavallo (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino
Exposition Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino

C'était hier le vernissage de l'extraordinaire exposition Ricardo Cavallo sur Saint-Jean-du-Doigt, salle Kasino.

C'était le vernissage le jeudi 18 mai. Près de 350 personnes sont venus à l'exposition le premier jour. On peut aller la voir pendant une semaine. Entrée gratuite...

Les dernières expositions du peintre d'origine argentine, né en 1954 à Buenos Aires et installé depuis 1976 en France, et depuis 2003 à Saint-Jean-du-Doigt, où il a créé une école d'art fabuleuse pour enfants et adultes accessible à tous, avait été présentée à St Jean du Doigt en 2012, et au musée de Morlaix en 2016.

Des évènements à venir (film, livres) vont venir saluer l’œuvre et la geste créative de ce grand peintre, simple, communicant et généreux.

Ismaël Dupont

 

Photos I. Dupont et Pierre-Yvon Boisnard

Diaporama de Pierre-Yvon Boisnard sur l'école Blei Mor de Ricardo Cavallo à Saint-Jean-du-Doigt (Ecole Blei Mor Ricardo Cavallo Saint-Jean-du-Doigt 12 avril 2017):

 
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18 mai 2023 4 18 /05 /mai /2023 06:38
Guy Darol en rencontre le samedi 20 mai 2023 à Dialogues Morlaix pour son dernier roman "Village fantôme"
Guy Darol en rencontre le samedi 20 mai 2023 à Dialogues Morlaix pour son dernier roman "Village fantôme"
Guy Darol crée une forme de géopsychologie sentimentale. "Village Fantôme" est, en effet, un texte qui donne à entendre des lieux qui ne sont plus. L’auteur travaille la langue et ses dérivations, il illumine des dialectes oubliés - c’est bouleversant. Quelque part entre André Hardellet et Eugène Dabit, Guy Darol affronte ses souvenirs avec style. Une lecture immanquable.
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