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12 mai 2023 5 12 /05 /mai /2023 05:16
Silence dans les champs - Rencontre passionnante avec le journaliste et écrivain Nicolas Legendre sur les impasses systémiques du "modèle agricole breton" à Dialogues Morlaix ce 11 mai
Silence dans les champs - Rencontre passionnante avec le journaliste et écrivain Nicolas Legendre sur les impasses systémiques du "modèle agricole breton" à Dialogues Morlaix ce 11 mai
Silence dans les champs - Rencontre passionnante avec le journaliste et écrivain Nicolas Legendre sur les impasses systémiques du "modèle agricole breton" à Dialogues Morlaix ce 11 mai

Une rencontre passionnante avec Nicolas Legendre sur le "modèle agricole breton" à base d'agrobusiness, de déni de la réalité, de compétition à outrance et de faux-semblants, de souffrances sociales dans le monde agricole, à Dialogues Morlaix ce jeudi 11 mai.

 

Silence dans les champs
« C’est pas la Corse ici. On te tue pas. C’est plus subtil. C’est sournois. La peur… »

Depuis les années 1960, le « système » agro-industriel fait naître des empires transnationaux et des baronnies rurales. Il crée des usines et des emplois. Il entraîne la disparition progressive des paysans, l’asservissement de nombreux salariés de l’agroalimentaire, l’altération des écosystèmes et la généralisation de la nourriture en boîte. Il s’impose au nom de la realpolitik économique et de la foi dans une certaine idée du « progrès ». Il prospère grâce à la bienveillance, l’impuissance ou la lâcheté des autorités. Il engendre ses propres mythes, capables de façonner durablement les mentalités. Il enrichit considérablement une minorité, alors que certains se contentent de survivre grâce aux subventions ou doivent s’estimer heureux parce qu’ils ont un travail. Il fait taire des récalcitrants à coups de menaces, de pressions, d’intimidations, de calomnies ou de sabotages. La violence est son corollaire. Le silence, son assurance-vie. Comment le définir ? « Féodalité », répondent les uns. « Esclavage moderne », disent les autres. « Oligarchie » ou « mafia », jurent certains...
Enquête au long cours jalonnée de témoignages saisissants, Silence dans les champs est une immersion glaçante dans le principal territoire agro-industriel de France : la Bretagne.
  • Paru le 12/04/2023, édition Arthaud, 20€
Silence dans les champs - Rencontre passionnante avec le journaliste et écrivain Nicolas Legendre sur les impasses systémiques du "modèle agricole breton" à Dialogues Morlaix ce 11 mai
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10 mai 2023 3 10 /05 /mai /2023 05:18
Irène Frachon sera à la librairie Livre in Room de Saint-Pol-de-Léon le samedi 13 mai à 18h30 pour une rencontre autour de sa bande dessinée Mediator
Irène Frachon sera à la librairie Livre in Room de Saint-Pol-de-Léon le samedi 13 mai à 18h30 pour une rencontre autour de sa bande dessinée Mediator
// Rencontre //
Irène Frachon sera à la librairie le samedi 13 mai à 18h30 pour une rencontre autour de sa bande dessinée Mediator, un crime chimiquement pur, publiée chez Delcourt.
Retour sur le combat mené par la pneumologue brestoise durant plus de 16 ans sur ce médicament tristement célèbre.
Venez partager un moment privilégié avec Irène Frachon durant 2 heures.
Réservation conseillée.
Interview d'Irène Frachon dans A coeur ouvert, le journal santé du PCF, 1er mai 2023

Interview d'Irène Frachon dans A coeur ouvert, le journal santé du PCF, 1er mai 2023

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8 mai 2023 1 08 /05 /mai /2023 07:01
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux
Le 6 mai, visite collective de l'exposition rétrospective Willy Ronis au Musée de Pont Aven suivie d'une conférence de Renaud Faroux

Après la visite de l'exposition consacrée à Willy Ronis au Musée de Pont Aven conférence de Renaud Faroux salle Anne Follézou sur la Photographie humaniste.

Samedi 6 mai - Pont Aven et Port de Brigneau

Le photographe de "L'Humanité" et de "Regards" Willy Ronis mis à l'honneur par une visite collective organisé par le PCF 29 et le réseau partage des savoirs du PCF Pays de Quimperlé à Pont Aven et une conférence de Renaud Faroux.

Photos Dominique Gontier et Roberte Saint-jalmes

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19 avril 2023 3 19 /04 /avril /2023 06:20
18 avril 2023 - Mardi de l'éducation populaire avec Alain Prigent sur Madeleine Marzin - les conférences-débat du PCF Morlaix
18 avril 2023 - Mardi de l'éducation populaire avec Alain Prigent sur Madeleine Marzin - les conférences-débat du PCF Morlaix
18 avril 2023 - Mardi de l'éducation populaire avec Alain Prigent sur Madeleine Marzin - les conférences-débat du PCF Morlaix
18 avril 2023 - Mardi de l'éducation populaire avec Alain Prigent sur Madeleine Marzin - les conférences-débat du PCF Morlaix
18 avril 2023 - Mardi de l'éducation populaire avec Alain Prigent sur Madeleine Marzin - les conférences-débat du PCF Morlaix
18 avril 2023 - Mardi de l'éducation populaire avec Alain Prigent sur Madeleine Marzin - les conférences-débat du PCF Morlaix

Avec Alain Prigent, historien, ce mardi 18 avril, un très beau Mardi de l'éducation populaire sur l'histoire du PCF dans les années 30 et pendant l'occupation, ainsi que dans les années 50, autour des parcours de Madeleine Marzin, amie de Louis Guilloux et Renée Guilloux, institutrice rouge, résistante communiste, torturée, condamnée a mort, évadée, femme la plus recherchée de France, députée communiste du quartier de Belleville de 1951 a 1958, première présidente femme d'un groupe politique au conseil municipal de Paris (le groupe communiste bien sûr), de Francis Marzin, son frère aîné, responsable régional du PCF breton dans les années 30, qui signait les éditoriaux de la "Bretagne ouvrière, paysanne et maritime", et luttait contre les ventes-saisies de fermes de petits paysans a l'ouest de la Bretagne, mais aussi de Gustave Marzin, résistant communiste déporté, rescapé d'un terrible naufrage à la fin de la guerre, ou deux bateaux remplis de déportés ont été coulés par l'aviation anglaise dans la baie de Lubeck, avec près de 10 000 morts ...

 Une conférence et un livre passionnants...

18 avril 2023 - Mardi de l'éducation populaire avec Alain Prigent sur Madeleine Marzin - les conférences-débat du PCF Morlaix
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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 06:56
Note de lecture - Beyrouth-sur-Seine de Sabyl Ghoussoub
Beyrouth-sur-Seine est un roman autobiographique de Sabyl Ghoussoub qui a reçu le prix Goncourt des Lycéens 2022, une exploration temporelle et géographique, des années 1960 à 2020.
 
Des allers-retours entre Paris où sont exilés ses parents libanais depuis la fin des années 70 et le Liban où la guerre fait rage dans les années 1970 et 1980, où la famille se partage entre des oncles communistes et combattant au côté de la gauche et des Palestiniens dans la guerre civile, et des oncles phalangistes combattant avec la droite chrétienne, Moscou, où va étudier un des oncles communistes.
 
La lourdeur de l'héritage, la complexité et les contradictions de la situation politique et de l'histoire libanaise sont amenés avec beaucoup de subtilité dans une écriture fluide et proche de la vie et de l'humain procédant par allusions, évocations par petites touches, avec une tendresse qui ne tombe jamais dans la sensiblerie, qui restitue l'élégance, l'étrangeté, et la singularité irréductible des êtres.
 
Un récit lumineux, facile à lire, plein d'empathie et d'humour, sur une guerre atroce, les paradoxes de l'exil et de la gauche libanaise, qui revient aussi sur les attentats et attaques à Paris dans les années 80 qui ont prolongé cette guerre du Proche-Orient aux imbrications et instrumentalisations si complexes entre la Syrie, l'Iran, Israël, les États-Unis, l'Irak, la France, les Palestiniens.
 
Ismaël Dupont, 3 avril 2023
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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 06:53
Maryam Madjidi à Morlaix (librairie Dialogues) en 2019

Maryam Madjidi à Morlaix (librairie Dialogues) en 2019

Cette fois-ci, le feu… (1)
Publié le Samedi 1 avril 2023
 

Le 21 mars est le jour d’équinoxe du printemps. Ce jour correspond également au nouvel an célébré par 300 millions de personnes en Iran, Afghanistan, Azerbaïdjan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Inde et chez les Kurdes. Des peuples sous l’influence du zoroastrisme, il y a environ 3 000 ans. La nouvelle année appelée Norouz, qui veut dire le « jour nouveau », symbolise l’éveil de la nature, « la renaissance du monde » disait le poète Omar Khayyam. C’est la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la vie (le printemps) sur la mort (l’hiver).

Le dernier mercredi de l’année est appelé le « mercredi enflammé ». La veille, on allume un feu et on saute par-dessus en adressant au feu ces mots comme une formule magique : « Ma couleur jaune pour toi, ta couleur rouge pour moi », plus poétiquement : « Je te donne ma pâleur, je te prends ta force. »

Petite, je trouvais ça très amusant de sauter par-dessus le feu en lui parlant directement. L’excitation et le danger mêlés dans ce saut. Les flammes pouvaient embraser un bout de pantalon ou de jupe. La couleur rouge, symbole de vitalité ; se changer en couleur noire, symbole de brûlure. La distance est fine entre les deux. C’est toute la symbolique du feu, élément de civilisation et de vie, mais aussi de destruction et d’anéantissement.

Cette année, le mercredi enflammé en Iran était l’occasion de faire du feu le symbole de la révolte et de la colère. Partout dans le pays, les jeunes filles ont jeté leur foulard dans les flammes ; les rassemblements autour du feu ont été détournés en protestation contre le régime ou en fête géante en plein air, et on pouvait entendre les slogans de « Mort au dictateur ! » ou « Azadi, azadi, azadi ! » (« Liberté » en kurde).

Norouz avait un goût d’amertume. L’inflation, la hausse des prix, la pauvreté galopante ont privé la majorité des Iraniens de pouvoir le fêter comme il se doit. Une mère de famille à Téhéran raconte qu’elle s’est contentée de se promener parmi les étalages de produits et de regarder simplement.

Dans le Kurdistan iranien, la célébration de Norouz a tourné au drame, et plus de 40 Kurdes ont été blessés par les tirs des forces de sécurité. Les familles endeuillées par la mort d’un fils, d’une fille, d’un parent n’ont pas eu le cœur à célébrer ce « jour nouveau ».

La distance est fine entre la lumière et les ténèbres, et la victoire de l’une sur les autres, incertaine.

Depuis quelques jours, on brûle aussi en France. On brûle des poubelles, la porte de l’hôtel de ville à Bordeaux, le mobilier urbain. Des cocktails Molotov sont jetés. Ce feu-là est le même qu’en Iran. On me répondra que le contexte est différent ; ici, c’est une démocratie ; là-bas, une dictature. Ici, ce sont de vilains casseurs ; là-bas, de gentils manifestants. Mais le feu est le même : celui de la colère, celui du peuple quand il n’est pas entendu, la réaction à un pouvoir qui s’exerce sans démocratie. La distance est fine aussi entre démocratie et dictature.

(1) En référence à l’ouvrage de James Baldwyn, « La prochaine fois, le feu ».
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3 avril 2023 1 03 /04 /avril /2023 05:57
Note de lecture - Les communistes et l'Algérie. Des origines à l'indépendance, 1920-1962. Par Alain Ruscio (La découverte)
Une synthèse historique qui prend son temps et traite cette question en profondeur, avec un vrai travail sur les archives, et un temps pris pour parler des femmes et des hommes acteurs de l'histoire, des dirigeants politiques aux simples militants.
Alain Ruscio était déjà l'auteur d'une biographie remarquable d'Ho Chi Minh - Ho Chi Minh, écrits et combats (Temps des Cerises, 2019).
Dans ce livre de référence de 550 pages, sans les notes (très intéressantes elles aussi), l'historien revient sur la rupture qu'opère l'apparition du PCF et l'influence de l'Internationale communiste sous l'influence anti-colonialiste et anti-impérialiste de Lénine avec une certaine complaisance paternaliste de la gauche française (un certain socialisme) avec un colonialisme prétendument civilisateur.
A l'inverse, dans les années, le jeune PCF s'engage avec les colonisés et les opprimés, vietnamiens, africains, nord-africains. C'est l'époque où Ho Chi Minh adhère au PCF, comme d'autres futurs grands dirigeants indépendantistes comme Messali Hadj. "L'Humanité n'hésite pas à publier des documents horribles pendant la guerre du Rif, telle cette photo en une de soldats français souriants, exhibant des têtes de rebelles coupées". C'est sur ces bases anticolonialistes que de grands intellectuels et artistes d'avant-garde vont rejoindre le PCF, Aragon, Breton, René Crevel, Robert Desnos, Paul Eluard, Michel Leiris, Benjamin Péret, Philippe Soupault, rejoignent le PCF.
Dès le printemps 1922 Paul Vaillant-Couturier voyage en Algérie et en tire des idées nuancées sur l’Islam et la culture de l’Algérie, dénonce l’esprit raciste et colonialiste qui règne en Algérie, y compris chez les ouvriers d’origine européenne.
Au début des années 20, le PCF présente des travailleurs immigrés aux élections en région parisienne : le communiste Abdelkader Hadj Ali échoue de 20 voix à être élu à Paris. Le Sénégalais Lamine Senghor est présenté aux municipales dans le quartier de la Salpétrière.
C’est une époque où des élus sont arrêtés pour opposition à la guerre coloniale du Maroc : Thorez condamné à 14 mois de prison, en 1925, avec 257 militants, la plupart communistes, mais aussi quelques anarchistes. Le PCF est le seul parti en France qui axe sa propagande sur l’exigence de l’indépendance des pays colonisés. Le secrétaire national Pierre Sémard écrit dans L’Humanité le 20 août 1925 : « La paix dans l’Afrique du Nord, la seule qui soit durable, ne s’obtiendra que par l’octroi de l’indépendance complète aux peuples coloniaux opprimés. Si l’impérialisme français et les autres ne s’accordent pas sur cette indépendance de bon gré, les peuples coloniaux la conquerront par la force ».
En 1926, l’Etoile Nord Africaine, organisation et société d’aide mutuelle d’immigrés coloniaux nord-africains, est créée avec l’appui du PCF. Ce sera un des creusets du futur mouvement nationaliste.
En 1931, le PCF organise avec la CGTU une contre-exposition coloniale, place du Combat, devenue depuis place du Colonel Fabien, où se tient le siège du PCF.
Quant au Parti communiste algérien, dès 1925, il se positionne pour l’unité inter-confessionnelle et ethnique des exploités, et la libération des peuples opprimés des colonies. Les Algériens d’origine « musulmane » y adhèrent. Le parti communiste algérien s’« arabise » progressivement.
La logique de Front Populaire et de compromis avec la gauche classique, socialiste et radicale, souvent complaisante avec les logiques coloniales, va modérer le discours du PCF et ses revendications sur la question coloniale.
1936 est aussi le retour du drapeau tricolore, de la nation, des thématiques d'union nationale, de la Marseillaise, dans le discours et les symboles du PCF. Conjurer le danger fasciste devient plus important sur le moment que pousser les feux de la révolution.
En octobre 1936, le PCA d’autonomise, selon une volonté de l’Internationale communiste. Le PCF défend des réformes démocratiques en Algérie, l’égalité des droits, mais plus l’indépendance en tant que telle. Camus sera adhérent au Parti communiste de août 1935 à 1937.
Après la seconde guerre mondiale, la Libération est synonyme pour l’Algérie de reprise en main ultra-violente du système colonial, avec l’écrasement féroce de la « révolte » de Sétif.
Le PCF est membre du gouvernement et s’il cherche à établir la vérité sur les responsabilités et dénonce les massacres du Constantinois dans L’Humanité, avec une ambiguïté maintenue sur les responsabilités, il ne quitte pas le gouvernement pour autant et garde une forme d'adhésion de facade au discours de l'union française librement consentie portée par le CNR.
A la fin des années 40 et au début des années 50, le PCA est plus avancé que le PCF pour défendre une perspective d’indépendance. Ses effectifs atteignent 15 000 membres en 1950. Il contrôle des journaux indépendants et critiques de l’exploitation coloniale (« Alger Républicain », dirigé par Boualem Khalfa, « Liberté »). Son bureau politique est composé d’européens comme d’arabes et de berbères culturellement musulmans. A la veille de la guerre d’indépendance, le PCA compte 60 % de musulmans et c’est la deuxième force politique chez les musulmans derrière le PPA-MTLD de Messali Hadj. Des grands écrivains comme Kateb Yacine et Mohamed Dib se rapprochent du PCA et écrivent dans « Alger Républicain ». La CGT algérienne a la même politique d’intégration des exploités coloniaux et est en pointe des grands combats internationalistes, notamment contre la guerre d’Indochine.
Alain Ruscio décrit aussi à merveille l’état de la société française et sa relation à l’Algérie, la production de cet imaginaire colonial et son existence plus ou moins affirmée selon les secteurs de la population.
Il explore aussi les évolutions, les affrontements de tendance et d'analyses, les hésitations et les oscillations, sur la question algérienne, à l'intérieur du PCF et du PCA, se gardant bien de tomber ni dans l'hagiographie, ni dans une histoire inquisitoriale, et faisant la part des circonstances et du contexte.
Dans les années 50, "L'Humanité" est le seul grand journal français à faire état sans fard de la violence de l'exploitation et de la répression coloniale en Algérie, des tortures policières. Le PCF est à l'origine d'une expérience militante originale: l'envoi en Algérie de deux peintres, tous deux anciens résistants, Boris Taslitzky, rescapé de Buchenwald, et Mireille Miailhe, témoigner en un ouvrage d'art de la détresse matérielle d'une large part de la population algérienne en même temps que de la combativité maintenue de certains groupes sociaux comme les dockers et les travailleurs agricoles et pour dénoncer de la répression coloniale.
Au début de la guerre, ce sera l'Humanité qui qualifiera la première les "évènements" d'Algérie pour ceux qu'ils sont, une véritable guerre, et menée contre les civils, avec une succession d'articles coups de poing de l'ancienne résistante et députée landernéenne Marie Lambert et Madeleine Riffaud dénonçant les exactions de l'armée française. "L'Humanité" sera d'ailleurs censurée à plusieurs reprises pendant la guerre d'Algérie.
Au début des années 50, les communistes algériens soutiennent les volontés d’indépendance au Maroc et en Tunisie. Néanmoins, les relations du PCA avec le nationalisme indépendantiste algérien à la référence dominante islamique sont marquées par la méfiance à la veille du 1er novembre 1954, début de la guerre d’Algérie.
Partisan d'une politique de front unique anti-impérialiste et anti-colonial depuis 1950, à partir de 1955, les communistes algériens vont soutenir l’insurrection, sommés par le FLN de choisir leur camp définitivement. De nombreux militants, et parmi plusieurs « européens », plusieurs militants communistes juifs, vont rejoindre les maquis indépendantistes, livrer des armes et des colis. Les militants communistes sont alors persécutés et poursuivis par l’armée et la police coloniales au même titre que les nationalistes algériens. Les journaux communistes sont interdits, les journalistes arrêtés et torturés, comme Henri Alleg. Une centaine de militants communistes « non-musulmans », européens et juifs, au moins ont combattu avec les Algériens indépendantistes, beaucoup y perdant leur vie, certains tués par des chefs de maquis FLN sectaires, d’autres étant emprisonnés pendant de longues années et torturés. Certains militants, comme Fernand Iveton, sont exécutés, avec un refus de grâce à l’époque de Mitterrand, ministre de la justice.
Pendant ce temps là, sans encourager la désertion pour ne pas se couper des masses, le PCF milite pour la paix et la négociation en Algérie, pour aller vers l’indépendance.
En 1956, avec son soutien au gouvernement de Guy Mollet et au retour de la gauche au pouvoir, gouvernement qui vite décevoir les promesses de paix et de négociation en Algérie, avec le durcissement de la guerre, la position du PCF va être de plus en plus équilibriste et difficile à tenir, avec notamment le vote des pouvoirs spéciaux par les députés communistes en mars 56, provoquant un malaise au sein du PCF. La répression de l'insurrection de Budapest et l’opposition du PCF à l’agression de l’Égypte nassérienne après la nationalisation du canal de Suez vont isoler encore plus le PCF dans un retour de logiques de guerre froide, ce qui va amener les communistes à être progressivement de plus en plus ouvertement critiques vis-à-vis du gouvernement, de la politique de guerre, et des violations des droits humains et libertés en Algérie et en Métropole, comme dans l’affaire de l’arrestation, de la torture et de la disparition du brillant mathématicien communiste Maurice Audin, membre du PCA, agent de liaison, ou de la publication du livre brûlot d’Henri Alleg sur « La Torture ».
 
En revanche l’appareil du PCF, qui au départ soutenait en sous-main le ralentissement et le blocage des convois d'appelés, n’encourage pas non plus les logiques de désertion, de sabotage, de refus net d’engagement, ni de soutien militaire à la rébellion même si certains militants communistes y participent, et alors même que les militants communistes algériens, et parfois aussi des communistes français séjournant en Algérie, soutiennent complètement le FLN et la révolution algérienne.
 
La position du PCF va se renforcer et se clarifier au moment où de Gaulle engage une voie de discussion pour l’indépendance, s’exposant une tentative de coup d’État qui va amener le PCF à engager tout son poids pour la paix en Algérie, contre l'OAS, contre la dérive factieuse d’une partie des officiers, tandis que son influence sur de nombreux appelés explique peut-être le refus de suivre les militaires félons.
 
Auparavant, politiquement, les communistes vont perdre du poids et des positions électorales avec la logique plébiscitaire que De Gaulle a réussi à mettre en place et leur échec à faire obstacle à l'installation d'une Ve République monarchiste avec les autres forces de la IVe République, du centre et du centre-gauche.
 
Au début des années 60, le PCF malgré des positions parfois équilibristes et contorsionnistes, pour ne pas dire pleines de contradictions, sur la guerre en Algérie, va être porté et renforcé par l’exigence du retrait des troupes et de la paix qui montent dans l’opinion, qu’il exprime avec force, défendant l’autodétermination de l’Algérie, la négociation et la paix immédiate.
 
On ne peut qu’encourager la lecture de ce livre d'une immense richesse, facile et agréable à lire et particulièrement éclairant, fruit d’un travail de recherche et de synthèse monumental !
 
Ismaël Dupont - 3 avril 2023
 
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13 mars 2023 1 13 /03 /mars /2023 11:33
Tawfik Zayyad

Tawfik Zayyad

Communist'Art: Tawfik Zayyad (1929-1994).
 
"Je graverai le numéro de chaque parcelle
de notre terre violée
et l’emplacement de notre village et ses limites
et ses maisons qu’ils ont dynamitées
et mes arbres qu’ils ont déracinés
et toutes les fleurs sauvages qu’ils ont arrachées
afin de me souvenir.
Je graverai inlassablement
toutes les saisons de mes douleurs
toutes les saisons de l’infortune
de la graine
à la coupole
sur l’olivier
dans la cour de ma maison."
 
Tawfik Zayyad est un poète palestinien né à Nazareth en 1929 et décédé en 1994.
Né en Galilée, il étudie la littérature en URSS.
Zayyad était à la fois maire de Nazareth, la plus grande ville palestinienne d'Israël, député communiste à la Knesset (parlement israélien) de 1973 à 1994 et dirigeant du parti communiste d'Israël, le Rakah, qui rassemblait des militants juifs et arabes.
L’une des réalisations les plus marquantes de Zayyad fut d’avoir dirigé avec succès la grève nationale du 30 mars 1976 organisée en guise de protestation contre la confiscation de terres palestiniennes par Israël et qui est aujourd’hui commémorée chaque année comme Journée de la Terre. Quand le gouvernement israélien tenta d’arrêter la grève en allant trouver les maires des municipalités palestiniennes en Israël, Zayyad, dit-on, montra du doigt la foule de plusieurs centaines de personnes massées en dehors de l’immeuble pour soutenir la grève et déclara : « Ce n’est pas vous qui décidez si cette grève a lieu ou pas, mais bien eux ! ». Une telle foi dans le pouvoir des masses et de la lutte de classe est profondément enracinée dans l‘idéologie communiste, dont Zayyad était un adepte passionné.
Un rapport qu'il coécrit sur les conditions dans les prisons et l'usage de la torture concernant les détenus palestiniens est réimprimé dans le journal israélien Al HaMishmar Il est également présenté aux Nations-Unies par Taoukik Toubi et Taoufik Ziyad après leur visite à la prison Al-Far'ah le 29 octobre 1987. Il est ensuite longuement cité dans un rapport de l'Assemblée générale des Nations Unies en date du 23 décembre 1987, où il est décrit comme « peut-être la meilleure preuve de la vérité des rapports décrivant les conditions inhumaines répugnantes endurées par les prisonniers arabes ».
Alors qu'il est toujours maire de Nazareth et membre de la Knesset, il est tué le 5 juillet 1994 dans une collision frontale dans la vallée du Jourdain, sur le chemin du retour de Jéricho où il venait d'accueillir Yasser Arafat, président de l'OLP, de retour d'exil.
 

Un point important que Sorek fait remarquer dans son livre, c’est que Zayyad et le communisme sont indissociables. La vision de Zayyad était fermement enracinée dans la solidarité de classe, l’anticolonialisme et le cosmopolitisme. De plus, Zayyad n’hésitait pas à défendre ses points de vue, réprimandant même Gamal Abdel Nasser en 1959 – le dirigeant arabe le plus populaire de l’époque, et même à ce jour – d’avoir adopté une position anticommuniste. La foi inébranlable de Zayyad en l’idéologie marxiste modelait sa vision dans le sens d’une réconciliation juste des Palestiniens et des Israéliens et d’un optimisme constant à propos d’un partenariat commun entre Palestiniens et Juifs.

« Il cherchait des ponts vers les Israéliens juifs en raison de sa foi en une humanité partagée, en une affiliation de classe partagée. » (Sorek, p. 282).

Internationaliste et communiste, Zayyad était profondément palestinien. Même s'il a écrit des poèmes en l'honneur des travailleurs et des poètes progressistes du monde, sa poésie se confond avec cette terre tant aimée, cette"terre violée" de la Palestine. Zayyad ressentait la tragique histoire de la Palestine et de son peuple qui lutte toujours pour sa survie. "Le drame que je vis est ma part de vos tragédies" écrivait-il dans l'un de ses poèmes :
 
"Je vous appelle
Je serre vos mains
J’embrasse la terre sous vos pieds
 
Et je dis : je vous donne ma vie
Je vous offre la lumière de mes yeux
Et la chaleur de mon cœur
Le drame que je vis est ma part de vos tragédies.
Face à mes oppresseurs je me suis dressé
Orphelin, nu, déchaussé
J’ai préservé l’herbe verte sur les tombes de mes ancêtres"
 
Comme d'autres palestiniens, Zayyad n'a pas quitté sa Galilée natale ; il voulait, disait-il, garder l'ombre des orangers et des oliviers de la Palestine:
 
"Ici nous resterons
Gardiens de l'ombre des orangers et des oliviers
Si nous avons soif nous presserons les pierres
Nous mangerons de la terre si nous avons faim mais nous ne partirons pas !!
Ici nous avons un passé un présent et un avenir"
 
Sources:
Wikipédia
https://charleroi-pourlapalestine.be/index.php/2020/12/23/tawfiq-zayyad-poete-de-la-resistance-et-la-lutte-palestinienne/
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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 07:00
Kateb Yacine n’a cessé d’écrire, amassant au fil de ses pérégrinations des documents, multipliant les rencontres, les expériences. Ici, vers 1965.- Photo publiée dans l'Humanité

Kateb Yacine n’a cessé d’écrire, amassant au fil de ses pérégrinations des documents, multipliant les rencontres, les expériences. Ici, vers 1965.- Photo publiée dans l'Humanité

Communist'Art: Kateb Yacine
 
 Kateb Yacine naît en 1929 à Constantine.
Il est issu d'une famille chaouie originaire des Aurès. Son grand-père maternel est juge suppléant du cadi, à Condé Smendou, son père est avocat et sa famille le suit dans ses mutations successives.
Le jeune Kateb (nom qui signifie « écrivain» en arabe) entre en 1934 à l'école coranique de Sedrata, et en 1935 à l'école française à Lafayette (aujourd'hui Bougaa en Petite Kabylie, actuelle wilaya de Sétif), où sa famille s'est installée, puis en 1941, comme interne, au lycée de Sétif : le lycée Albertini.
Kateb Yacine se trouve en classe de troisième quand éclatent les manifestations du 8 mai 1945, auxquelles il participe et qui s'achèvent sur le massacre de plusieurs dizaines de milliers d'Algériens par la police, l'armée françaises et des milices.
Quatorze membres de sa famille sont tués au cours du massacre. Trois jours plus tard, il est arrêté et détenu durant deux mois. Il est définitivement acquis à la cause nationale, tandis qu'il voit sa mère « devenir folle ».
 
Il dira: «Je suis né quand j’avais seize ans, le 8 mai 1945. Puis, je fus tué fictivement, les yeux ouverts, auprès de vrais cadavres et loin de ma mère qui s’est enfuie pour se cacher, sans retour, dans une cellule d’hôpital psychiatrique. Elle vivait dans une parenthèse, qui, jamais plus, ne s’ouvrira. Ma mère, lumière voilée, perdue dans l’infini de son silence»
 
Exclu du lycée, traversant une période d'abattement, plongé dans Baudelaire et Lautréamont, son père l'envoie au lycée de Bône.
Il y rencontre Nedjma (l'étoile), « cousine déjà mariée », avec qui il vit « peut-être huit mois », confiera-t-il,et y publie en 1946 son premier recueil de poèmes.
Il se politise et commence à faire des conférences sous l'égide du Parti du peuple algérien, le parti nationaliste de masse de l'époque.
En 1947, Kateb arrive à Paris, « dans la gueule du loup ». Il prononce en mai, à la Salle des Sociétés savantes, une conférence sur l'émir Abdelkader et adhère au Parti communiste algérien.
Au cours d'un deuxième voyage en France métropolitaine, il publie l'année suivante Nedjma ou le Poème ou le Couteau (« embryon de ce qui allait suivre ») dans la revue Le Mercure de France.
Journaliste au quotidien communiste de rassemblement "Alger républicain"  entre 1949 et 1951, son premier grand reportage a lieu en Arabie saoudite et au Soudan (Khartoum).
À son retour, il publie notamment, sous le pseudonyme de Saïd Lamri, un article dénonçant l'« escroquerie » du lieu saint de La Mecque.
Après la mort de son père, survenue en 1950, Kateb devient docker à Alger, en 1952. Puis il s'installe à Paris jusqu'en 1959, où il travaille avec Malek Haddad, se lie avec M'hamed Issiakhem, Armand Gatti et, en 1954, s'entretient longuement avec Bertolt Brecht, dialogue avec Cesaire, Glissant.
En 1954, la revue Esprit publie « Le Cadavre encerclé » qui est mis en scène par Jean-Marie Serreau, mais interdit en France.
Son chef d’œuvre, Nedjma paraît en 1957 (et Kateb se souviendra de la réflexion d'un lecteur : « C'est trop compliqué, ça. En Algérie vous avez de si jolis moutons, pourquoi vous ne parlez pas de moutons ? »).
Nedjma, c’est à la fois la femme et l’Algérie, l’incarnation de la résistance à toutes les oppressions. Nedjma lui confère une place singulière dans la littérature, le propulse au premier rang, le consacre comme l’écrivain de la littérature moderne algérienne. Avant lui, Mammeri, Feraoun, ­Mohamed Dib, Malek Haddad avaient entrouvert la porte. Kateb la pousse définitivement.

Et la figure de Nedjma fera des apparitions récurrentes dans son œuvre, fantôme incarné qui franchit le temps et l’espace, toujours là avec, à ses côtés, ­Lakhdar et Mohamed.

En 1958, le metteur en scène et ami Jean-Marie Serreau monte le Cadavre encerclé, de Kateb. Cela fait quatre ans que l’Algérie est le théâtre d’une guerre sans nom. Les autorités françaises interdisent la pièce. Elle se jouera au Théâtre Molière, à Bruxelles, dans un climat de grande tension. Dans la distribution, Serreau, mais aussi José Valverde, Edwine Moatti, Paul Crauchet ou encore Antoine Vitez.

Durant la guerre d'Algérie, Kateb, harcelé par la Direction de la surveillance du territoire, connaît une longue errance, invité comme écrivain ou subsistant à l'aide d'éventuels petits métiers, en France, Belgique, Allemagne, Italie, Yougoslavie et Union soviétique.
En 1962, après un séjour au Caire, Kateb est de retour en Algérie peu après les fêtes de l'Indépendance.
Il reprend sa collaboration à "Alger républicain", mais il effectue entre 1963 et 1967 de nombreux séjours à Moscou, en Allemagne et en France tandis que "La Femme sauvage", qu'il écrit entre 1954 et 1959, est représentée à Paris en 1963.
Il publie en 1964 dans "Alger républicain" six textes sur "Nos frères les Indiens" et raconte dans Jeune Afrique sa rencontre avec Jean-Paul Sartre, tandis que sa mère est internée à l'hôpital psychiatrique de Blida (« La Rose de Blida », dans Révolution Africaine, juillet 1965). En 1967, il part pour le Vietnam, abandonne complètement la forme romanesque et écrit "L'Homme aux sandales de caoutchouc".
Lorsqu’il décide de rester plus durablement en Algérie, en 1970, il abandonne l’écriture en français et se lance dans une expérience théâtrale en langue dialectale dont Mohamed, prends ta valise, sa pièce culte, donnera le ton. Fondateur de l’Action culturelle des travailleurs (ACT), il joue dans les lieux les plus reculés et improbables, usines, casernes, hangars, stades, places publiques... avec des moyens très simples et minimalistes — les comédiens s’habillent sur scène et interprètent plusieurs personnages —, le chant et la musique constituant des éléments de rythme et de respiration.
« Lorsque j’écrivais des romans ou de la poésie, je me sentais frustré parce que je ne pouvais toucher que quelques dizaines de milliers de francophones, tandis qu’au théâtre nous avons touché en cinq ans près d’un million de spectateurs. (...) Je suis contre l’idée d’arriver en Algérie par l’arabe classique parce que ce n’est pas la langue du peuple ; je veux pouvoir m’adresser au peuple tout entier, même s’il n’est pas lettré, je veux avoir accès au grand public, pas seulement les jeunes, et le grand public comprend les analphabètes. Il faut faire une véritable révolution culturelle. »
L’engagement politique de Kateb détermina fondamentalement ses choix esthétiques : « Notre théâtre est un théâtre de combat ; dans la lutte des classes, on ne choisit pas son arme. Le théâtre est la nôtre. Il ne peut pas être discours, nous vivons devant le peuple ce qu’il a vécu, nous brassons mille expériences en une seule, nous poussons plus loin et c’est tout. Nous sommes des apprentis de la vie . » Pour lui, seule la poésie peut en rendre compte ; elle est le centre de toutes choses, il la juge « vraiment essentielle dans l’expression de l’homme ». Avec ses images et ses symboles, elle ouvre une autre dimension. « Ce n’est plus l’abstraction désespérante d’une poésie repliée sur elle-même, réduite à l’impuissance, mais tout à fait le contraire (...). J’ai en tous les cas confiance dans [son] pouvoir explosif, autant que dans les moyens conscients du théâtre, du langage contrôlé, bien manié »
Un « pouvoir explosif » qu’il utilisera dans "Le Cadavre encerclé", où la journée meurtrière du 8 mai 1945, avec le saccage des trois villes de l’Est algérien, Guelma, Kherrata et Sétif, par les forces coloniales, est au cœur du récit faisant le lien entre histoire personnelle et collective.
Kateb Yacine a fait le procès de la colonisation, du néocolonialisme mais aussi de la dictature post-indépendance qui n’a cessé de spolier le peuple. Dénonçant violemment le fanatisme arabo-islamiste, il luttait sur tous les fronts et disait qu’il fallait «révolutionner la révolution ».
S’il considérait le français comme un « butin de guerre », il s’est aussi élevé contre la politique d’arabisation et revendiquait l’arabe dialectal et le tamazight (berbère) comme langues nationales. Surnommant les islamo-conservateurs les « Frères monuments », il appelait à l’émancipation des femmes, pour lui actrices et porteuses de l’histoire : « La question des femmes algériennes dans l’histoire m’a toujours frappé. Depuis mon plus jeune âge, elle m’a semblé primordiale. Tout ce que j’ai vécu, tout ce que j’ai fait jusqu’à présent a toujours eu pour source première ma mère (...). S’agissant notamment de la langue, s’agissant de l’éveil d’une conscience, c’est la mère qui fait prononcer les premiers mots à l’enfant, c’est elle qui construit son monde »
L’éventail et la radicalité de sa critique lui ont valu autant de passions que d’inimitiés.
En 1986 il livre un extrait d'une pièce sur Nelson Mandela, et reçoit en 1987 en France le Grand prix national des Lettres.
Dans la perspective du bicentenaire de la Révolution française, on lui commande une pièce. Il écrit le Bourgeois sans-culotte ou le Spectre du parc Monceau. Elle est jouée en 1984 à Arras, puis en 1988 au Festival d’Avignon. Il faut lire et relire cette pièce. C’est une sorte de grand embrasement révolutionnaire de 1789 aux luttes pour l’indépendance. Les terroristes – tels que les qualifiaient les royalistes, les pétainistes et les nazis, les défenseurs de l’Empire colonial français – sont des révolutionnaires. Kateb prend le contre-pied des thèses en vogue d’un Furet, qui s’acharne à détruire la figure de Robespierre. Pour lui, les révolutionnaires de 1789 sont les ancêtres des indépendantistes algériens : « Le préfet de police Papon achève l’œuvre de La Fayette. À Charonne comme au Champ-de-Mars, la police française a tué des Français. (…) Cinq cent mille Parisiens ont assisté à l’enterrement des neuf morts de Charonne. La France de la Révolution vient de se reconnaître dans l’Algérie indépendante. »

« Notre théâtre, confiait-il en 1975 à Colette Godard dans le Monde, est de combat. (…) Nous défendons, nous attaquons, c’est une forme d’action politique dans la ligne de la Révolution.(…) Nous ne faisons peut-être pas du théâtre, mais nous créons le débat idéologique sans lequel toute révolution n’est qu’un exercice militaire. » Kateb ne cède rien, ni aux sirènes de la gloire, ni au confort d’une reconnaissance réelle, ni au public qu’il bouscule dans ses retranchements : « Il faut le harceler, ne pas le laisser reprendre son souffle. Le vrai théâtre est un combat pour le public et contre lui », dira-t-il.

Son théâtre est aussi subversif par sa langue : indisciplinée, rugueuse, joyeuse. Le lire et le relire aujourd’hui est à la fois vertigineux et salutaire. Comme un Gatti, un Benedetto, ses écrits sont à redécouvrir. Il serait temps de retourner à ces création denses, d’oser les remettre sur le métier. À Paris, un square dans le 13e arrondissement porte son nom. À Grenoble, une bibliothèque. Le théâtre de Tizi Ouzou. C’est peu au regard de l’immensité de son talent, de son engagement. On ne connaît pas la date de naissance exacte de Kateb Yacine. On est sûr qu’il est mort le 28 octobre 1989. Laissant une œuvre inachevée qui respire encore…

Il est enterré au cimetière d'Al Alia à Alger.
 
Source: Wikipedia, article de Marina Da Silva dans Le Monde Diplomatique, article de Marie-José Sirach dans L'Humanité
LES FOURMIS ROUGES -
Kateb Yacine (1929-1989)
 
Fallait pas partir.
Si j'étais resté au collège, ils ne m'auraient pas arrêté.
Je serais encore étudiant, pas manoeuvre, et je ne serais pas enfermé une seconde fois, pour un coup de tête.
Fallait rester au collège, comme disait le chef de district.
Fallait rester au collège, au poste.
Fallait écouter le chef de district.
Mais les Européens s'étaient groupés.
Ils avaient déplacé les lits.
Ils se montraient les armes de leurs papas.
Y avait plus ni principal ni pions.
L'odeur des cuisines n'arrivait plus.
Le cuisinier et l'économe s'étaient enfuis.
Ils avaient peur de nous, de nous, de nous !
Les manifestants s'étaient volatilisés.
le suis passé à l'étude. J'ai pris les tracts.
J'ai caché la Vie d'Abdelkader .
J'ai ressenti la force des idées.
J'ai trouvé l'Algérie irascible. Sa respiration...
La respiration de l'Algérie suffisait.
Suffisait à chasser les mouches.
Puis l'Algérie elle même est devenue...
Devenue traîtreusement une mouche.
Mais les fourmis, les fourmis rouges,
Les fourmis rouges venaient à la rescousse.
Je suis parti avec les tracts.
Je les enterrés dans la rivière.
J'ai tracé sur le sable un plan...
Un plan de manifestation future.
Qu'on me donne cette rivière, et je me battrai.
je me battrai avec du sable et de l'eau.
De l'eau fraîche, du sable chaud. Je me battrai.
J'étais décidé. Je voyais donc loin. Très loin.
Je voyais un paysan arc-bouté comme une catapulte.
Je l'appelai, mais il ne vint pas. Il me fit signe.
Il me fit signe qu'il était en guerre.
En guerre avec son estomac, Tout le monde sait...
Tout le monde sait qu'un paysan n'a pas d'esprit.
Un paysan n'est qu'un estomac. Une catapulte.
Moi j'étais étudiant. J'étais une puce.
Un puce sentimentale... Les fleurs des peupliers...
Les fleurs des peupliers éclataient en bourre soyeuse.
Moi j'étais en guerre. je divertissais le paysan.
Je voulais qu'il oublie sa faim. Je faisais le fou. Je faisais le fou devant
mon père le paysan. Je bombardais la lune dans la rivière.
 
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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 06:55
Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki

Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki

Communist'Art
 
Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki, est une poétesse algérienne d’origine et d'expression française, fille d'instituteur, née à Batna le 14 mars 1931.
Elle est élevée au milieu d'une communauté berbère chaoui et se trouve très tôt confrontée à la misère des algériens.
Elle passe son enfance à Menaa et effectue ses études primaires à Collo, secondaires à Skikda (Philippeville) et Annaba.
Poursuivant ses études de lettres modernes à la Sorbonne, elle fait connaissance de l’étudiant Ahmed Inal, originaire de Tlemcen et membre du Parti communiste algérien.
En 1955, elle interrompt ses études et rentre en Algérie avec lui pour participer activement au combat pour l’indépendance et enseigne comme institutrice.
Ahmed Inal est tué par l’armée française le 20 octobre 1956 : « Vivant plus que vivant au cœur de ma mémoire et de mon cœur … » a écrit Anna dans l’un des poèmes dédiés à sa mémoire.
Devenue à son tour, par conviction, institutrice à Annaba (Bône) puis à Alger, elle milite au Parti Communiste algérien.
Membre actif des "Combattants de la Libération", elle sera arrêtée par les parachutistes de Massu en 1957, elle est torturée puis emprisonnée à la prison civile d'Alger, transférée au camp de transit de Beni Messous en 1958, et ensuite expulsée d'Algérie (sans doute parce qu'elle était française).
Elle travaille comme institutrice à Avignon de 1959 à 1961.
Elle épouse Jean-Claude Melki en 1960 puis gagne Tunis où vit son mari et où sera publié son premier recueil : « Algérie, Capitale Alger ».
Rentrée en Algérie à l’indépendance en 1962, elle signe ses poèmes « Anna Gréki », contraction de son nom « Grégoire » et de celui de son mari « Melki ».
Membre de la première Union des écrivains algériens, fondée le 28 octobre 1963.
Elle s’enthousiasme pour la construction d’une Algérie « démocratique populaire et socialiste », mais déplore rapidement le virage autoritaire du régime.
Son recueil Algérie, Capitale Alger, préfacé par Mostefa Lacheraf, est publié à Tunis et Paris en juillet 1963.
Obtenant sa licence en 1965 Anna Gréki est nommée professeure de français au lycée Abdelkader d’Alger.
Elle prend alors nettement position dans les débats qui sont menés autour des orientations révolutionnaires de la littérature.
Elle prépare simultanément une étude sur les voyages en Orient de Lamartine, Flaubert et Nerval et commence l’écriture d’un roman.
Elle décède tragiquement à 35 ans au cours de son accouchement à Alger le 6 janvier 1966, elle laisse un second recueil : « Temps forts » qui sera publié par "Présence africaine".
 
"Même en hiver le jour n’était qu’un verger doux
Quand le col du Guerza s’engorgeait sous la neige
Les grenades n’étaient alors que des fruits - seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c’était l’instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroën.
Aucune des maisons n’avait besoin de portes
Puisque les visages s’ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait.
C’était dans les Aurès..."
 
Extrait de "Même en hiver"...
Communist'Art
Avec la rage au cœur - Anna Gréki (1931-1966)
 
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
C'est ma manière d'avoir du cœur à revendre
C'est ma manière d'avoir raison des douleurs
C'est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d'or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse
A fond de cale à fleur de peau à l'abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l'acier brûle ces méduses
Secrètes que j'ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre
Là où les hommes nus n'ont plus besoin d'excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m'ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n'en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C'est bien suffisant pour que j'en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu'il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m'étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t'aimais
Plus souvent qu'a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l'ancre dans ma mémoire et j'ai peur
Quand de mes amis l'ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s'ouvre à la place de mes yeux - je suis jeune
Ce qui n'est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu'il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule - à ne pas croire...
Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours - dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante - je ne sais plus aimer
Qu'avec cette plaie au cœur qu'avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet
Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu'on les ait aimés
Eux que l'on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l'amour qu'ils savaient prodiguer
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
A la saignée des bras les oiseaux viennent boire
 
***
J’habite une ville… - Anna Greki (1931-1966)
J’habite une ville si candide
Qu'on l'appelle Alger la Blanche
Ses maisons chaulées sont suspendues
En cascade en pain de sucre
En coquilles d'oeufs brisés
En lait de lumière solaire
En éblouissante lessive passée au bleu
En plein milieu
De tout le bleu
D'une pomme bleue
Je tourne sur moi-même
Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel
Bâtis sur des îles battues qui furent mille
Ville audacieuse Ville démarrée
Ville au large rapide à l'aventure
On l'appelle El Djezaïr
Comme un navire
De la compagnie Charles le Borgne
 
***
Par-delà les murs clos
Par-delà les murs clos comme des poings fermés
à travers les barreaux ceinturant le soleil
nos pensées sont verticales et nos espoirs
L'avenir lové au coeur monte vers le ciel
comme des bras levés en signe d'adieu
des bras dressés enracinés dans la lumière
en signe d'appel d'amour de reviens ma vie
Je vous serre contre ma poitrine mes soeurs
bâtisseuses de liberté et de tendresse
et je vous dis à demain car nous le savons
L'avenir est pour demain
L'avenir est pour bientôt
***
JUSTE AU-DESSUS DU SILENCE
Je parle bas tout juste au-dessus du silence
Pour que même l'autre oreille n"entende pas
La terre dort à ciel ouvert et dans ma tête
se prolonge avec des rigueurs d'asphodèles
J'ai repeuplé quelques déserts beaucoup marché
Alors je gis dans ma fatigue et dans ma joie
Ces varechs jetés par les lames des étés
Dans des pays des morceaux de moi font semence
et donnent-surgeons de ma tendresse-de tels
Oasis que les jours sont des vergers en fête
Ou l'homme boit une vigueur amniotique
Le bonheur tombe dans le domaine public
 
Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki, est une poétesse algérienne d’origine et d'expression française, fille d'instituteur, née à Batna le 14 mars 1931.
Elle est élevée au milieu d'une communauté berbère chaoui et se trouve très tôt confrontée à la misère des algériens.
Elle passe son enfance à Menaa et effectue ses études primaires à Collo, secondaires à Skikda (Philippeville) et Annaba. Poursuivant ses études de lettres modernes à la Sorbonne, elle fait connaissance de l’étudiant Ahmed Inal, originaire de Tlemcen et membre du Parti communiste algérien. En 1955, elle interrompt ses études et rentre en Algérie avec lui pour participer activement au combat pour l’indépendance et enseigne comme institutrice. Ahmed Inal est tué par l’armée française le 20 octobre 1956 : « Vivant plus que vivant au cœur de ma mémoire et de mon cœur … » a écrit Anna dans l’un des poèmes dédiés à sa mémoire.
Devenue à son tour, par conviction, institutrice à Annaba (Bône) puis à Alger, elle milite au Parti Communiste algérien.
Membre actif des "Combattants de la Libération", elle sera arrêtée par les parachutistes de Massu en 1957, elle est torturée puis emprisonnée à la prison civile d'Alger, transférée au camp de transit de Beni Messous en 1958, et ensuite expulsée d'Algérie (sans doute parce qu'elle était française).
Elle rejoint alors Jean Melki, son mari, à Tunis.
Elle travaille comme institutrice à Avignon de 1959 à 1961. Elle épouse Jean-Claude Melki en 1960 puis gagne Tunis où vit son mari et où sera publié son premier recueil : « Algérie, Capitale Alger ».
Rentrée en Algérie à l’indépendance en 1962, elle signe ses poèmes « Anna Gréki », contraction de son nom « Grégoire » et de celui de son mari « Melki ». Membre de la première Union des écrivains algériens, fondée le 28 octobre 1963.
Elle s’enthousiasme pour la construction d’une Algérie « démocratique populaire et socialiste », mais déplore rapidement le virage autoritaire du régime. Son recueil Algérie, Capitale Alger, préfacé par Mostefa Lacheraf, est publié à Tunis et Paris en juillet 1963.
Obtenant sa licence en 1965 Anna Gréki est nommée professeure de français au lycée Abdelkader d’Alger. Elle prend alors nettement position dans les débats qui sont menés autour des orientations révolutionnaires de la littérature. Elle prépare simultanément une étude sur les voyages en Orient de Lamartine, Flaubert et Nerval et commence l’écriture d’un roman.
Elle décède tragiquement à 35 ans au cours de son accouchement à Alger le 6 janvier 1966, elle laisse un second recueil : « Temps forts » qui sera publié par "Présence africaine".
"Même en hiver le jour n’était qu’un verger doux
Quand le col du Guerza s’engorgeait sous la neige
Les grenades n’étaient alors que des fruits - seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c’était l’instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroën.
Aucune des maisons n’avait besoin de portes
Puisque les visages s’ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait.
C’était dans les Aurès..."
Extrait de "Même en hiver"...
 
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