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Renouveler profondément l’Europe avec Ian Brossat
L’Union européenne actuelle, pourtant refusée par les français lors du référendum de 2005 mais rétablie ensuite par des hommes politiques cyniques, n’est pas supportable pour les progressistes. D’abord sur le plan démocratique car son Parlement est une chambre d’enregistrement de décisions émanant d’une commission qui n’a pas été élue mais nommée par les gouvernements, même si son président doit être accepté par ce même parlement. Du coup, sa politique est au service du capitalisme européen, lui-même « cheval de Troie » du capitalisme mondial. S’ensuit une perte de souveraineté politique pour ses peuples et surtout, du fait des traités qui la régissent et d’une vision strictement financière de l’économie, une politique libérale qui porte atteinte aux classes populaires et même moyennes, parfois d’une manière dramatique, avec une paupérisation inédite de l’ensemble de celles-ci, cependant que la grande bourgeoisie, elle, s’enrichit à un degré moralement insupportable. Le mouvement des « gilets jaunes », quelles que soient ses ambiguïtés ou ses contradictions politiques, a été le révélateur spectaculaire autant qu’inédit d’une pareille politique totalement injuste socialement. On la voit se développer en France où l’obsession de la dette à réduire pousse Macron à démanteler peu à peu notre modèle social issu du Conseil national de la Résistance, animé à l’époque par des communistes et sous l’autorité du président de Gaulle, en s’en prenant en particulier aux services publics porteurs de l’intérêt général et qui sont tellement utiles aux plus démunis. Enfin, les insuffisances de la prise en compte de la crise écologique dans laquelle nous nous enfonçons, sont criantes dans toute une série de domaines… comme si notre président avait oublié que nous sommes d’abord des êtres vivants, ayant fondamentalement besoin d’une nature non dégradée!
Par où l’on retrouve la préoccupation écologique comprise en profondeur. Car c’est bien cette logique libérale qui est à la source de cette situation catastrophique que nous connaissons – avec son productivisme aveugle guidé par la recherche du profit, l’épuisement des ressources naturelles, l’agriculture intensive et la dégradation de l’alimentation humaine qui s’ensuivent – et non seulement des comportements de consommation individuels comme une certaine écologie, apolitique, voudrait nous le faire croire un peu naïvement, innocentant alors le capitalisme lui-même. Bref le rouge et le vert devraient aller ensemble, car le social et l’écologique sont liés, en interaction permanente.
A quoi il faut ajouter cette remarque importante dans la conjoncture politique actuelle d’une gauche défaite sous toutes ses formes et alors que l’extrême-droite, issue du Front national, séduit démagogiquement une partie de plus en plus importante d’un peuple désemparé, en faisant appel à ses intérêts égoïstes : le mouvement social récent, d’une importance considérable et inédite, sans conteste, aura cependant souffert d’un manque de culture politique grave. Il s’en est pris essentiellement, sauf dans la dernière période, au gouvernement, oubliant qu’il n’est que le représentant d’un capitalisme non seulement français mais européens et transnational, dont il sert les intérêts à sa manière, sans compter, évidemment, le patronat de notre pays qui lui est intégré. C’est pourquoi les élections européennes devraient être l’occasion de démasquer, dans le champ politique français, la politique hypocrite du président Macron, qui s’inscrit totalement dans le cadre du libéralisme dominant, de déjouer le danger de la démagogie nationaliste de l’extrême-droite et de ramener la gauche dans son ensemble à ses options de gauche, précisément, c’est-à-dire anti-libérales. En ce sens, ces élections européennes devraient avoir aussi une portée française si ceux qui se sont mobilisés récemment ou les ont soutenus en décident, c’est-à-dire décident de prendre leurs responsabilités politiques au niveau de ces élections.
C’est animée par une pareille réflexion critique et par une pareille ambition progressiste, clairement anti-capitaliste, que se présente la liste communiste, emmenée avec talent et rigueur par Ian Brossat, entouré au surplus de représentants du monde du travail comme aucune autre liste ne le fait. Car ses objectifs sont clairs, généreux, ambitieux et réalistes. Il ne s’agit pas de quitter l’Europe comme on peut le proposer un peu vite, sinon naïvement (quoique cela reste une hypothèse envisageable, si les choses empirent), mais de la transformer en profondeur au profit des classes populaires. Politiquement en redonnant au Parlement un rôle législatif véritable, socialement en relançant une dynamique non de la seule croissance aveugle mais du partage des richesses telles qu’elles existent déjà dans nombre de pays, donc une dynamique de réduction drastique des inégalités. Mais aussi en arrêtant le démantèlement des services publics, voire en renationalisant des secteurs de l’économie que l’on tend à privatiser, dès lors que les gouvernements élus en décideront démocratiquement et qu’une Europe respectant les nations ne pourra plus s’y opposer. On voit alors la nouvelle orientation économique qui doit s’imposer, fondée sur un diagnostic incontestable : il nous faut refuser une Europe de plus en plus capitaliste, qui nie la dimension collective que doit avoir le pouvoir économique et qui doit donc réinjecter une espérance disons authentiquement socialiste de dépassement de ce type d’économie qui nous conduit à l’abîme, y compris en termes de civilisation et de modes de vie dominés par le règne de la marchandise et de la croissance à tout prix.
C’est pourquoi il faut voter et faire voter pour la liste de Ian Brossat.
Yvon Quiniou, philosophe.
La dernière reunion publique de Glenn le Saout pour les européennes avec Lassana Bathily et Cinderella Bernard.
Juste énorme, à l'image de la magnifique campagne de Ian Brossat et de sa liste avec les camarades du PCF!
70 personnes à la salle du Cheval Blanc de Plourin-les-Morlaix pour participer à la dernière réunion publique d'importance de Glenn le Saout et du PCF pour les européennes dans le Finistère et une ambiance pleine d'espoir et de joie.
Révélation de la campagne européenne saluée par une grande partie des médias et beaucoup de citoyens avec qui nous en parlons, Ian Brossat est en bonne position pour obtenir les 5% avec les candidats de la liste "L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent" afin de faire élire 4 députés européens.
Une campagne énorme des communistes qu'a salué Lassana Bathily le héros de l'hyper cacher en 2015 en même temps que les valeurs et l'humanisme que portent Ian Brossat et les communistes.
Cinderella Bernard et Glenn le Saout ont exprimé les arguments décisifs pour voter pour la liste de la gauche sociale, anti libérale, sincère, authentique et porteuse de rassemblement.
Glenn Le Saoût nous a fait découvrir les vidéos de soutiens a notre campagne finisteriens et de Arthur Hay, Maryam Madjidi, Marie-Pierre Vieu et Loïc Penn.
Celle de Ian Brossat sera diffusée dans la semaine ainsi que l'album photo de la campagne projeté sur la chanson des Motivés.
Photos Jean-Luc Le Calvez, Ismaël Dupont, Cindérella Bernard
Lassana Bathily a Morlaix, juste un homme simple, gentil, sage, qui soutient Ian Brossat et les communistes parce qu'ils incarnent les valeurs de l'humain d'abord!Notre amie Martine Carn militante infatigable de la défense du service public de santé et de l'hôpital, incarnation de ce que signifie l'humain d'abord, avec Lassana Bathily président du comité de soutien de Ian Brossat, homme sage et courageux, sans papier paria devenu héros dans le drame de l'hyper cacher le 9 janvier 2019.
Notre amie et camarade Lucienne Nayet, présidente du réseau des musées de la résistance nationale avec Lassana Bathily, héros de l'hyper cacher président du comité de soutien a la candidature de Ian Brossat. La France du cœur et du progrès! La France bleu blanc rouge comme liberté, égalité, fraternité, diversité, respect !
Ci-dessous, le beau texte du philosophe Henri Pena-Ruiz, spécialiste de la notion de laïcité, appelant à voter Ian Brossat le 26 mai.
Ian Brossat fait honneur à la politique et au communisme. Il mène brillamment campagne en faisant le pari de l'intelligence et de la culture. Dans "communisme" il y a commun. Commun à tous les êtres humains. Au-delà des amalgames injustes qui ont tenté de disqualifier l'idéal communiste, il est grand temps de rappeler ce sens du bien commun, de l'intérêt général, et de la solidarité qu'implique la notion de communisme. Souvenons-nous du Front Populaire, puis dans la résistance au nazisme, puis de la Libération, avec l'oeuvre inoubliable d'Ambroise Croizat, ministre communiste qui créa la Sécurité Sociale. Oui, le Parti Communiste Français a joué un rôle décisif pour promouvoir le progrès social. Aujourd'hui, face à la morgue de classe de M. Macron, et à sa politique dévastatrice pour les plus démunis, il nous faut un Parti communiste fier de son histoire, et décidé à jouer un rôle moteur dans le rassemblement des forces de progrès.
Karl Marx disait que la classe ouvrière est une classe universelle, en ce sens qu'en se libérant de l'exploitation capitaliste elle libère l'humanité tout entière. Transposé à l'âge de la mondialisation capitaliste, et appliquée à tous ceux qui ont à lutter contre l'injustice sociale, ce propos est d'une vive actualité. Y compris à l'échelle de l'Europe, enchainée naguère par Jean Monnet au capitalisme et à l'atlantisme pro-américain, et qui n'est qu'une caricature de la belle idée européenne telle que l'a rêvée Victor Hugo. Le poète voulait une Europe du progrès culturel et humain, non une Europe de la concurrence libre et non faussée, qui fait du social un résidu facultatif. Le sens de la justice sociale ne doit pas se réduire au supplément d'âme d'un monde sans âme.
Au parlement européen les élus communistes ne manqueront pas de combattre une économie dévoyée par des financiers indifférents au sort des laissés pour compte. Il est temps de refonder l'Europe sur la justice sociale et la responsabilité écologique, sans oublier la laïcité, idéal d'émancipation plus actuel que jamais. Je souhaite un beau succès à Ian Brossat et à sa liste, pour que la France de notre regretté Jean Ferrat parle haut et fort à Bruxelles.
Henri Pena-Ruiz
Philosophe, écrivain, maître de conférences à Sciences-Po Paris.
Ada Colau va affronter Manuel Valls, soutenu par la droite anti-indépendantiste ou autonomiste et la grande bourgeoisie, aux municipales de Barcelone. Nous lui souhaitons de triompher du petit coq opportuniste et brutal et de regagner un mandat de maire à Barcelone car l'Europe a besoin de grands élus comme elle.
Figure de la gauche indignée et écologiste en Europe, la Maire de Barcelone Ada Colau apporte ce soir son soutien à Ian Brossat à l'occasion des élections européennes du 26 mai prochain.
« Tout mon soutien à Ian Brossat, adjoint au logement de Paris et candidat aux européennes. Grâce à lui, cela fait 4 ans que Barcelone et Paris partagent une stratégie pour lutter contre la spéculation immobilière et encadrer les loyers. J'espère le voir à Bruxelles ».
« Ce soutien augure de belles convergences en Europe », a pour sa part réagi Ian Brossat, qui souligne qu'Ada Colau est une militante de longue date contre le mal-logement, Airbnb et l'ubérisation de nos villes.
L'Humanité, 18 mai 2019
COMMUNIQUE DE PRESSE du PCF
Ada Colau, maire de Barcelone, apporte son soutien à Ian Brossat
Figure de la gauche indignée et écologiste en Europe, la Maire de Barcelone Ada Colau apporte ce soir son soutien à Ian Brossat à l'occasion des élections européennes du 26 mai prochain.
« Tout mon soutien à Ian Brossat, adjoint au logement de Paris et candidat aux européennes. Grâce à lui, cela fait 4 ans que Barcelone et Paris partagent une stratégie pour lutter contre la spéculation immobilière et encadrer les loyers. J'espère le voir à Bruxelles ».
« Ce soutien augure de belles convergences en Europe », a pour sa part réagi Ian Brossat, qui souligne qu'Ada Colau est une militante de longue date contre le mal-logement, Airbnb et l'ubérisation de nos villes.
Bureau de presse du PCF,
Paris, le 17 mai 2019.
La maire de Barcelone, Ada Colau, le philosophe Henri Pena-Ruiz… les appels à voter PCF dimanche prochain arrivent de divers horizons de la gauche.
Au jeu de la redistribution des cartes à gauche, le PCF marque des points. La liste conduite par Ian Brossat pour les européennes de dimanche prochain engrange, depuis quelques jours, les soutiens venus de différents horizons. L’un d’eux est arrivé d’Espagne en fin de semaine. La maire de gauche de Barcelone, Ada Colau, « espère voir à Bruxelles » l’élu parisien : « Grâce à lui, cela fait quatre ans que Barcelone et Paris partagent une stratégie pour lutter contre la spéculation immobilière et encadrer les loyers », rappelle-t-elle. « Ce soutien donne de la crédibilité à notre conviction qu’il est possible de transformer l’Union européenne à la condition que les forces progressistes s’unissent », se félicite la tête de liste PCF.
En France, alors que son appel aux rassemblements des formations de gauche avait fait chou blanc, différentes personnalités ont décidé de franchir le pas dans la dernière ligne droite. Jusque-là engagé auprès de la France insoumise, le philosophe Henri Pena-Ruiz, a adressé son soutien par courrier. « Face à la morgue de classe de M. Macron, et à sa politique dévastatrice pour les plus démunis, il nous faut un Parti communiste fier de son histoire, et décidé à jouer un rôle moteur dans le rassemblement des forces de progrès », écrit-il dans une lettre lue lors du meeting parisien du PCF au gymnase Japy, qui a réuni 2 000 participants.
« L’idée communiste
est une belle idée »
« Mon soutien à la liste du Parti communiste n’est pas un acte négatif à l’égard de la France insoumise. Ce n’est pas un désaveu, tient à préciser le maître de conférences à Sciences Po. C’est inspiré par une motivation positive : j’ai décidé en toute conscience de soutenir la liste de Ian Brossat parce qu’il me paraît fondamental pour l’avenir de la gauche authentique que le Parti Communiste soit représenté au parlement européen. En même temps, ceci repose sur une conviction de longue date que l’idée communiste est une belle idée ».
Un autre historique du Parti de gauche s’est aussi manifesté : « Dans un contexte de grande confusion politique, nous avons besoin d’une gauche fidèle à ses valeurs et qui tend la main », estime Marc Dolez, l’un des fondateurs avec Jean-Luc Mélenchon du PG, que lui a quitté en 2012. Patrice Prat, ancien député PS, proche d’Arnaud Montebourg, utilisera le même bulletin dimanche. « J’ai choisi la clarté à gauche pour contrer ce vent néolibéral dont on connaît les résultats. Cette candidature apporte, en plus, de la fraîcheur et du renouvellement », assure-t-il. Les divisions en cours ont aussi joué : « un PCF fort, c’est une gauche plus forte pour réussir l’étape vitale du rassemblement en 2022 ».
Militante socialiste pour le non au référendum de 2005, Françoise Castex fait de son côté valoir son expérience d’eurodéputée : « J’ai vu les élus du PCF travailler au Parlement européen. Ils y sont assidus et y tiennent une ligne politique claire, solide et imperméable aux lobbyistes et aux “petits arrangements”. » Le sénateur RDSE Jean-Pierre Corbisez a, lui, joint sa signature à l’appel de plus de 2 000 élus, publié la semaine dernière ; tandis que la députée européenne sortante des Radicaux de gauche Virginie Rozière a fait une apparition à un meeting du PCF à Montpellier, sans aller plus loin.
« Le rassemblement s’élargit de jour en jour, se réjouit Ian Brossat. Tout cela montre qu’il n’y a pas besoin d’être communiste pour voter communiste le 26 mai et que nous pouvons réaliser un beau résultat. » La « dynamique » de sa campagne, saluée par les médias, et le premier sondage à 4 % tombé en fin de semaine commencent à lever des inquiétudes dans le reste de la gauche. « La force doit aller à la force. (…) On ne parle pas, comme M. Brossat, l’adjoint de Mme Hidalgo, de passer de 2 % à 3,5 % : nous parlons de prendre le pouvoir », a taclé hier Jean-Luc Mélenchon (entre 7,5 et 10 %, selon les sondages) après avoir annulé son meeting parisien pour cause d’orage.
En retour, Ian Brossat s’en est tenu à rappeler sa « ligne de conduite », promue depuis quelques semaines : « On ne se tire pas dans les pattes, la gauche est déjà très divisée, inutile d’ajouter les bisbilles et les attaques à la dispersion. »
Affiche officielle de campagne de lan Brossat et de la liste L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent
Parfois, en politique, certaines histoires s’emballent à grande vitesse. Un détail et tout s’accélère. Par exemple, Ian Brossat. Après un débat télévisé convaincant, la tête de liste du PCF aux européennes est une tendance qui ne cesse d’être en hausse. Les communistes ne jurent que par lui. Une partie de la gauche le guette avec un joli regard. Le tout ne forme pas une force capable de rivaliser avec les grands. L’importance est ailleurs : après des années à l’ombre, le PCF respire de nouveau. Le parti de la Place du Colonel-Fabien vise la barre des 5%, le score minimum pour envoyer des députés à Strasbourg. Une mission pas impossible.
Jeudi soir : la foule prend place lentement, à l’intérieur du gymnase Japy, pour le dernier grand rendez-vous de la campagne à Paris. Les organisateurs, gourmands en chiffres, annoncent 2 000 personnes. Des drapeaux rouges, des sourires. On échange avec quelques connaissances. Le foot se mêle à la politique et une comparaison tombe : Ian Brossat, le Benjamin Pavard (champion du monde de foot) de la compétition. Le gars que personne n’attendait à ce niveau et qui s’impose au fil des jours.
Sur scène, on a eu le droit un spectacle de Fabien Roussel. Des blagues en cascade. Parfois très drôle, d’autres fois un peu moins. Qu’importe, la foule apprécie. Le chef des communistes a également évoqué «la colère exprimée dans le pays», celle de personnes qui «rêvent» d’une vie meilleure. Le rouge n’oublie pas le vert. «Pour faire de l’écologie il faut rompre avec le capitalisme. Et ça ne sert à rien d’habiller les discours en vert : il faut être écologique. Nous, nous sommes écolo-coco, nous sommes des biolcheviques», souffle l’inspiré Roussel. Le moment tant attendu arrive après 21 heures : Ian Brossat est face aux militants. Une standing-ovation alors qu’il n’a pas encore prononcé le moindre mot.
Les temps changent. En novembre, lors du congrès du PCF, l’adjoint au maire d’Anne Hidalgo n’avait pas eu le droit à un accueil enflammé, seulement correct, lors de son discours. Six mois plus tard, c’est le chouchou des rouges. Sur scène, après plusieurs tacles à destination de La République en Marche, la tête de liste demande aux présents de se retrousser les manches dans la dernière ligne droite, de convaincre les électeurs, un à un, afin de poursuivre sa remontée. «Nous devons tout faire pour réaliser un beau résultat, quelque chose est en train de se passer et nous pouvons être la surprise de l’élection», argumente-t-il. Les discours s’achèvent. La foule se mélange. Le père de Fabien Roussel s’approche fait une bise à son fiston, le félicite pour sa prestation.
Pierre Laurent est également dans les parages. L’ancien chef du PCF dit : «Avec Ian, je savais que ça allait marcher parce qu’il porte un discours clair. Aujourd’hui, nos militants sont heureux de faire campagne à ses côtés et ça dépasse le PCF, toute une partie de la gauche nous regarde avec curiosité.» Les petites mains de la campagne se frottent toutes les yeux, des lustres qu’elles n’avaient vécus un moment avec une telle «énergie», disent-elles. Une militante : «Je ne sais pas quel sera notre score, mais si on atteint seulement 4 % ce n’est pas très grave, quelque chose a changé.» Ian Brossat n’est pas vraiment de cet avis : «Je ne fais pas tout ça pour avoir l’étiquette du beau perdant, je ne me résous pas à ça.» La course contre la montre est engagée.
- Libération
17/05/19 Par
Mathieu Dejean Les Inrocks
Une rumeur monte dans les travées du gymnase Japy, ce 16 mai, dans le XIe arrondissement de Paris. Du bout des lèvres d’abord, puis avec de plus en plus d’entrain, le refrain de La Jeune Garde, grand classique des meetings communistes, finit par envahir l’espace : “V’là la jeune garde ! V’là la jeune garde, Qui descend sur le pavé..." Ce chant révolutionnaire reflète l’état de régénérescence du Parti communiste français (PCF), qui organise ce soir-là un grand meeting de soutien à sa tête de liste aux élections européennes, Ian Brossat.
Jeune, urbain, adepte des réseaux sociaux : l’adjoint à la mairie de Paris en charge du logement est métamorphosé. En quelques semaines et autant de réparties fulgurantes distribuées à ses adversaires sur les plateaux télé (Yves Thréard s’en souvient), l’élu de 39 ans s’est fait un nom dans le paysage balkanisé de la gauche. A tel point que le Parti bientôt centenaire se prend à rêver d’un petit matin rouge le 26 mai, jour du scrutin.
Même si les sondages ne le créditent pour l’instant que de 4 %, Ian Brossat est le nom du retour d’un parti pendant plusieurs années éclipsé – par le Front de gauche en 2012, puis par la France insoumise en 2017. “PCF is back !”, se félicite Fabien Roussel, le secrétaire national élu au dernier congrès. Dans la presse, l’engouement suscité par sa candidature est patent. Le contraste entre l’image désuète du PCF et la modernité de son incarnation intrigue : “Communiste 2.0”, “communiste new look”, lit-on dans les articles qui lui sont consacrés.
“J'ai une tendresse particulière pour Georges Marchais”
A “Colonel Fabien”, le siège à l'architecture d'avant-garde du PCF où il nous reçoit, il balaye d’un revers de main ces titres élogieux : “J’ai toujours trouvé qu’il y avait un décalage important entre ce qu’est le PC, ses militants, ses élus, et la représentation qui en est faite. Donc si j’ai contribué à faire en sorte que l’image que les gens se font désormais du PC est un peu plus fidèle à ce qu’il est vraiment, tant mieux.”
En dépit de sa jeunesse, Ian Brossat n’est pas un communiste qui bouscule tant que ça les habitudes - le “nouveau monde”, ce n'est pas lui. Jeter un œil à son clip officiel de campagne suffit à s’en convaincre. De manière quasi subliminale, une image d’archive de Georges Marchais, iconique secrétaire général du PC (de 1972 à 1994), enlaçant Nelson Mandela lors de sa libération en 1990, s’y est glissée. “C’est moi qui ai proposé cette idée”, révèle-t-il dans un sourire satisfait.
Signe que même en pleine course, il veut bien se laisser rattraper par le vieux monde, et adresser un message rassurant aux anciens marchaisiens qui tiennent aujourd’hui les rênes du parti : “Nous les communistes, nous avons des racines historiques, et je préfère assumer ce qu’on a toujours été plutôt que tenter de jouer l’ardoise magique”, explique-t-il. “Par ailleurs, je ne suis pas toujours d’accord avec tout ce que Georges Marchais a pu dire, mais j’ai une tendresse particulière pour lui, et pour le fait que quand il était sur un plateau de télé, certains journalistes pénibles, qui sévissent encore, se tenaient à carreau !”, ajoute-t-il sans cacher sa référence à Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach. En 2014, il posait aussi fièrement dans son bureau avec une photo du tribun rouge à la plage.
Quand LO tentait de le recruter
Comme souvent chez Ian Brossat, les symboles sont indissociablement “pop” et politiques. Son premier souvenir de manif date de 1986 : “C’était sur le parvis de Pompidou. Une manifestation pour la libération de Nelson Mandela, organisée par la Jeunesse communiste. J’étais sur les épaules de ma mère.” La politique, chez les Brossat, c’est une tradition familiale. Ses parents militent à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, d’obédience trotskiste). En révolutionnaires professionnels, ils se sont rencontrés à l’imprimerie du quotidien de l’organisation, Rouge, à Montreuil – aujourd’hui encore le siège du NPA. Son père, le philosophe Alain Brossat, publie régulièrement des ouvrages dans des maisons d’édition engagées (Lignes, La Fabrique…).
Dans cet univers fortement politisé et balisé idéologiquement, Ian Brossat choisit une voie alternative, en 1997. La rigidité intellectuelle et la discipline stricte des militants trotskistes le refroidissent : “Des militants de Lutte ouvrière nous attendaient à la sortie du lycée, ils m’ont fait lire des pages de Zola d’abord, puis de Marx. Je me souviens qu’on allait au café. Mais j’avais déjà plus ou moins ma carte au Parti. Je ne méprise pas du tout ça, mais ils ont une autre conception du rôle du parti politique. Ils le considèrent davantage comme un parti d’avant-garde, qui nécessite des militants très très très formés, et très très très dévoués.”
A l’âge de 17 ans, après avoir rencontré des cocos en train de tracter sur le marché Daguerre, dans le XIVe arrondissement, il rejoint donc le frère ennemi des trotskistes, le PCF – où militait son grand-père (dont il a raconté l’histoire dans L'Espion et l'enfant, éd Flammarion). “Ce que j’apprécie chez les militants communistes, c’est l’envie d’obtenir des avancées concrètes. Je trouvais mes parents un peu engoncés dans des idéaux qui n’avaient pas de traduction dans la réalité”, dit-il.
“American Psycho”
Cette attitude pragmatique fait dire à son camarade Stéphane Peu, cité dans Le Parisien, qu’il incarne “une génération plus communicante qu’idéologue”. Ian Brossat nuance : “J’ai moins le goût de communiquer que de transmettre. Je suis prof, je ne suis pas un grand orateur en meeting, mais j’essaye d’expliquer correctement.” Sur la forme, il s’est tout de même inspiré des affiches de campagne d’Alexandria Ocasio-Cortez, jeune élue au Congrès américain qui revendique ouvertement l’étiquette “socialiste”.
Paradoxalement, alors qu’il est normalien, agrégé de lettres, et qu’il milite dans un parti qui a historiquement compté beaucoup d’intellectuels, Ian Brossat goûte peu au jeu du “plus marxiste que moi, tu meurs”. Le 16 mai au gymnase Japy, il cite bien l’auteur du Manifeste du parti communiste (avec Engels) une fois, sur l’écologie, mais n’en fait pas l’alpha et l’oméga de sa politique. Le député communiste Sébastien Jumel approuve cette position : “Le temps n’est pas à théoriser, il est à incarner la colère du peuple, à mettre des visages sur les vies broyées. C’est ça qui compte, plus qu’une approche philosophique ou idéologique.”
“Je vais être franc avec vous : je ne suis pas un grand théoricien. Je suis plutôt un praticien. Bien sûr, je lis des livres, mais je préfère globalement lire des romans que des essais”, confie Ian Brossat, qui a enseigné pendant six ans à des premières et des terminales d’un lycée public de Sarcelles. Son hétérodoxie se trouve peut-être là : passionné de littérature américaine, il est l’auteur d’un mémoire de maîtrise sur American Psycho, de Bret Easton Ellis. “Je ne dirai pas que je suis d’accord avec ce que Bret Easton Ellis dit maintenant - notamment dans son dernier livre. Mais j’ai trouvé qu’à l’époque, c’était la meilleure analyse de la société de marché dans laquelle nous vivons en ce moment. Ce n’était pas rien de mettre en scène un trader serial killer. Ce livre m’a beaucoup marqué”, révèle-t-il.
“Ian a une dimension populaire, et non populiste”
Ce signe distinctif n’est pas si contradictoire avec l’identité du PC. “C’est un parti qui a une grande cohérence idéologique, mais qui a toujours été extrêmement pragmatique. La faucille et le marteau n’étaient jamais sur les affiches électorales, pour capitaliser des voix. Brossat est cohérent avec cela, et il incarne une modernité du temps”, souligne l’historien du communisme Roger Martelli, qui fut membre de la direction du PCF de 1982 à 2008. Alors que le dernier Congrès a marqué la volonté du parti de réaffirmer son identité, pas question, donc, de changer son nom : “Ce serait entrer dans la ‘politique marketing’, et je ne le veux pas”, souligne Ian Brossat.
Le météore rouge préfère enrichir le sens du mot “communisme” en y intégrant notamment la philosophie des “communs”. “Être authentiquement communiste, c’est être profondément écologiste”, affirme-t-il devant ses deux mille soutiens (à bon entendeur – écolo –, salut !). Dans un contexte de décrépitude du PS et d’incertitude pour la France insoumise, il veut imposer un style à l’opposé du populisme de gauche de Jean-Luc Mélenchon. La “Brossat touch”, ce sont des discours construits comme des dissert', et des réparties qui terrassent ses contradicteurs sans surjouer le conflit. Sur les plateaux de télévision, cela produit des étincelles.
Une rumeur monte dans les travées du gymnase Japy, ce 16 mai, dans le XIe arrondissement de Paris. Du bout des lèvres d’abord, puis avec de plus en plus d’entrain, le refrain de La Jeune Garde, grand classique des meetings communistes, finit par envahir l’espace : “V’là la jeune garde ! V’là la jeune garde, Qui descend sur le pavé..." Ce chant révolutionnaire reflète l’état de régénérescence du Parti communiste français (PCF), qui organise ce soir-là un grand meeting de soutien à sa tête de liste aux élections européennes, Ian Brossat.
Jeune, urbain, adepte des réseaux sociaux : l’adjoint à la mairie de Paris en charge du logement est métamorphosé. En quelques semaines et autant de réparties fulgurantes distribuées à ses adversaires sur les plateaux télé (Yves Thréard s’en souvient), l’élu de 39 ans s’est fait un nom dans le paysage balkanisé de la gauche. A tel point que le Parti bientôt centenaire se prend à rêver d’un petit matin rouge le 26 mai, jour du scrutin.
Même si les sondages ne le créditent pour l’instant que de 4 %, Ian Brossat est le nom du retour d’un parti pendant plusieurs années éclipsé – par le Front de gauche en 2012, puis par la France insoumise en 2017. “PCF is back !”, se félicite Fabien Roussel, le secrétaire national élu au dernier congrès. Dans la presse, l’engouement suscité par sa candidature est patent. Le contraste entre l’image désuète du PCF et la modernité de son incarnation intrigue : “Communiste 2.0”, “communiste new look”, lit-on dans les articles qui lui sont consacrés.
“J'ai une tendresse particulière pour Georges Marchais”
A “Colonel Fabien”, le siège à l'architecture d'avant-garde du PCF où il nous reçoit, il balaye d’un revers de main ces titres élogieux : “J’ai toujours trouvé qu’il y avait un décalage important entre ce qu’est le PC, ses militants, ses élus, et la représentation qui en est faite. Donc si j’ai contribué à faire en sorte que l’image que les gens se font désormais du PC est un peu plus fidèle à ce qu’il est vraiment, tant mieux.”
En dépit de sa jeunesse, Ian Brossat n’est pas un communiste qui bouscule tant que ça les habitudes - le “nouveau monde”, ce n'est pas lui. Jeter un œil à son clip officiel de campagne suffit à s’en convaincre. De manière quasi subliminale, une image d’archive de Georges Marchais, iconique secrétaire général du PC (de 1972 à 1994), enlaçant Nelson Mandela lors de sa libération en 1990, s’y est glissée. “C’est moi qui ai proposé cette idée”, révèle-t-il dans un sourire satisfait.
Signe que même en pleine course, il veut bien se laisser rattraper par le vieux monde, et adresser un message rassurant aux anciens marchaisiens qui tiennent aujourd’hui les rênes du parti : “Nous les communistes, nous avons des racines historiques, et je préfère assumer ce qu’on a toujours été plutôt que tenter de jouer l’ardoise magique”, explique-t-il. “Par ailleurs, je ne suis pas toujours d’accord avec tout ce que Georges Marchais a pu dire, mais j’ai une tendresse particulière pour lui, et pour le fait que quand il était sur un plateau de télé, certains journalistes pénibles, qui sévissent encore, se tenaient à carreau !”, ajoute-t-il sans cacher sa référence à Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach. En 2014, il posait aussi fièrement dans son bureau avec une photo du tribun rouge à la plage.
Quand LO tentait de le recruter
Comme souvent chez Ian Brossat, les symboles sont indissociablement “pop” et politiques. Son premier souvenir de manif date de 1986 : “C’était sur le parvis de Pompidou. Une manifestation pour la libération de Nelson Mandela, organisée par la Jeunesse communiste. J’étais sur les épaules de ma mère.” La politique, chez les Brossat, c’est une tradition familiale. Ses parents militent à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, d’obédience trotskiste). En révolutionnaires professionnels, ils se sont rencontrés à l’imprimerie du quotidien de l’organisation, Rouge, à Montreuil – aujourd’hui encore le siège du NPA. Son père, le philosophe Alain Brossat, publie régulièrement des ouvrages dans des maisons d’édition engagées (Lignes, La Fabrique…).
Dans cet univers fortement politisé et balisé idéologiquement, Ian Brossat choisit une voie alternative, en 1997. La rigidité intellectuelle et la discipline stricte des militants trotskistes le refroidissent : “Des militants de Lutte ouvrière nous attendaient à la sortie du lycée, ils m’ont fait lire des pages de Zola d’abord, puis de Marx. Je me souviens qu’on allait au café. Mais j’avais déjà plus ou moins ma carte au Parti. Je ne méprise pas du tout ça, mais ils ont une autre conception du rôle du parti politique. Ils le considèrent davantage comme un parti d’avant-garde, qui nécessite des militants très très très formés, et très très très dévoués.”
A l’âge de 17 ans, après avoir rencontré des cocos en train de tracter sur le marché Daguerre, dans le XIVe arrondissement, il rejoint donc le frère ennemi des trotskistes, le PCF – où militait son grand-père (dont il a raconté l’histoire dans L'Espion et l'enfant, éd Flammarion). “Ce que j’apprécie chez les militants communistes, c’est l’envie d’obtenir des avancées concrètes. Je trouvais mes parents un peu engoncés dans des idéaux qui n’avaient pas de traduction dans la réalité”, dit-il.
“American Psycho”
Cette attitude pragmatique fait dire à son camarade Stéphane Peu, cité dans Le Parisien, qu’il incarne “une génération plus communicante qu’idéologue”. Ian Brossat nuance : “J’ai moins le goût de communiquer que de transmettre. Je suis prof, je ne suis pas un grand orateur en meeting, mais j’essaye d’expliquer correctement.” Sur la forme, il s’est tout de même inspiré des affiches de campagne d’Alexandria Ocasio-Cortez, jeune élue au Congrès américain qui revendique ouvertement l’étiquette “socialiste”.
Paradoxalement, alors qu’il est normalien, agrégé de lettres, et qu’il milite dans un parti qui a historiquement compté beaucoup d’intellectuels, Ian Brossat goûte peu au jeu du “plus marxiste que moi, tu meurs”. Le 16 mai au gymnase Japy, il cite bien l’auteur du Manifeste du parti communiste (avec Engels) une fois, sur l’écologie, mais n’en fait pas l’alpha et l’oméga de sa politique. Le député communiste Sébastien Jumel approuve cette position : “Le temps n’est pas à théoriser, il est à incarner la colère du peuple, à mettre des visages sur les vies broyées. C’est ça qui compte, plus qu’une approche philosophique ou idéologique.”
“Je vais être franc avec vous : je ne suis pas un grand théoricien. Je suis plutôt un praticien. Bien sûr, je lis des livres, mais je préfère globalement lire des romans que des essais”, confie Ian Brossat, qui a enseigné pendant six ans à des premières et des terminales d’un lycée public de Sarcelles. Son hétérodoxie se trouve peut-être là : passionné de littérature américaine, il est l’auteur d’un mémoire de maîtrise sur American Psycho, de Bret Easton Ellis. “Je ne dirai pas que je suis d’accord avec ce que Bret Easton Ellis dit maintenant - notamment dans son dernier livre. Mais j’ai trouvé qu’à l’époque, c’était la meilleure analyse de la société de marché dans laquelle nous vivons en ce moment. Ce n’était pas rien de mettre en scène un trader serial killer. Ce livre m’a beaucoup marqué”, révèle-t-il.
“Ian a une dimension populaire, et non populiste”
Ce signe distinctif n’est pas si contradictoire avec l’identité du PC. “C’est un parti qui a une grande cohérence idéologique, mais qui a toujours été extrêmement pragmatique. La faucille et le marteau n’étaient jamais sur les affiches électorales, pour capitaliser des voix. Brossat est cohérent avec cela, et il incarne une modernité du temps”, souligne l’historien du communisme Roger Martelli, qui fut membre de la direction du PCF de 1982 à 2008. Alors que le dernier Congrès a marqué la volonté du parti de réaffirmer son identité, pas question, donc, de changer son nom : “Ce serait entrer dans la ‘politique marketing’, et je ne le veux pas”, souligne Ian Brossat.
Le météore rouge préfère enrichir le sens du mot “communisme” en y intégrant notamment la philosophie des “communs”. “Être authentiquement communiste, c’est être profondément écologiste”, affirme-t-il devant ses deux mille soutiens (à bon entendeur – écolo –, salut !). Dans un contexte de décrépitude du PS et d’incertitude pour la France insoumise, il veut imposer un style à l’opposé du populisme de gauche de Jean-Luc Mélenchon. La “Brossat touch”, ce sont des discours construits comme des dissert', et des réparties qui terrassent ses contradicteurs sans surjouer le conflit. Sur les plateaux de télévision, cela produit des étincelles.
“Je n’ai pas de haine contre les journalistes, d’ailleurs je voulais être journaliste. En tout cas je n’ai jamais voulu faire de la haine contre les médias un ressort politique”, déclare Ian Brossat. Dans les rangs du PC, l’approbation est générale. Et au-delà, son discours commence à convaincre.
Le philosophe Henri Peña-Ruiz, membre du Parti de gauche qui avait soutenu “JLM” à la présidentielle de 2017, a fait parvenir une lettre expliquant son soutien à Brossat (qui “fait honneur à la politique et au communisme”) pour les européennes. L’eurodéputée communiste Marie-Pierre Vieu résume : “Ian a une dimension populaire, et non populiste. Il parle simple sans être simpliste. C’est un intello qui n’est pas vécu comme intellectuelloïde.” Quel que soit son score le 26 mai, le grand parti de la classe ouvrière a son nouveau hérault.