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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 11:37

conseil communautaire 28 avril 2

 

Dans un souci d'information des citoyens, de partage des éléments des débats sur l'avenir de la communauté d'agglo et les choix d'investissement, je souhaite faire des compte rendus réguliers des réunions auxquelles je participe, des informations importantes que j'y ai glanées et des interventions que j'y ai faites. 

Ces compte rendus resteront bien sûr en partie subjectifs et engagés, mais ils auront le mérite d'exister: car actuellement l'information n'est souvent donnée aux citoyens qu'en dernier ressort, et quand tout est bouclé. 

Ismaël Dupont. 

 

1- Réunion de la Commission Finances Administration Générale de Morlaix-Communauté le 30 octobre.

 

Serge Le Pinvidic, vice-président, présente la projection sur les perspectives financières du mandat (2014-2020) réalisée par les services : un document intitulé « Les Capacités financières du mandat 2014-2020 ».

 

On y apprend que les recettes de Morlaix-Communauté vont baisser par rapport à ce qu'elles étaient en 2014 alors qu'elles avaient augmenté depuis 2012 et qu'actuellement les capacités d'auto-financement et d'emprunt sont très bonnes.

 

Pourquoi ? Malgré une anticipation de la hausse du produit des contributions directes, une baisse très importante de la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement versée par l’État). Elle avait déjà baissé 4 années sur 6 lors du précédent mandat, mais de manière plus marginale.

Dans le cadre de l'étranglement des collectivités locales décidée dans le cadre de l'austérité et des réductions d'impôts et de cotisations patronales pour les entreprises par Hollande et Valls, voilà ce qui arrivera :

 

La réduction de la DGF en 2014 est de 306 000€ (à compenser par des économies, des baisses d'investissement...). Elle atteindra plus d'un million d'euros en 2015, 1,850 000 en 2016, 2,6 millions en 2017.

 

Manque à gagner total jusqu'en 2017 (on s'arrête là car on sait pas de quoi sera suivi le plan d'hyper-austérité Hollande après les présidentielles de 2017... ) : 5,7 millions environ retirés à Morlaix Communauté par l’État en 4 ans.

 

Sur le plan national, la « contribution des collectivités au redressement des finances publiques » pour parler dans la novlangue transpeuse du gouvernement PS et de Morlaix-Communauté (l'austérité n'a jamais permis de réduire la dette mais il s'agit plus sûrement de la réduction du périmètre de l'action publique pour réduire le coût du travail, augmenter les marges de profit des entreprises et de leur actionnaire, privatiser et réduire le nombre de fonctionnaires) va représenter 1, 5 milliards d'euros d'euros en 2014, 3,7 milliards en 2015, 2016, 2017 : soit un total de 12,6 milliards d'euros de manque à gagner pour les collectivités d'ici 2017 pour ne prendre que les réductions de DGF.

 

A partir de 2015, Morlaix-Communauté va donc devoir choisir entre Charybde et Scylla, la peste et le choléra :

- augmenter les impôts locaux alors que les revenus des familles et des salariés n'augmentent pas, qu'ils sont touchés par la crise et que ces impôts locaux, moins juste que les impôts nationaux souvent, sont déjà relativement élevés 

- réaliser des économies drastiques… (est-ce que cela va être sur le dos du personnel, en renonçant à investir pour prendre en compte des besoins sociaux quotidiens en terme de transport en commun, de gestion des déchets? Il y a certainement des économies d'études et de dépenses de prestige inutiles ou sur-dimensionnés à faire, mais beaucoup de ces projets qui flattent l'ego des élus bâtisseurs sont déjà en route) ?

 

Des augmentations des taux d'imposition  pourraient donner ceci, selon les projections des services:

- augmentation de 5 % du taux de la taxe d'habitation : 482 000€ de recette en plus/ de 10 %: 964 000 € de recette en plus en l'année

- créer un taux d'imposition communautaire sur le foncier bâti (aujourd'hui inexistant) de 1 %: augmentation de 730 000€ an de recette.

- augmentation de 4 % de la cotisation foncière des entreprises ( taux porté de 24,52 % à 25,52%) : 145 790 € gagné...

 

Une autre recette supplémentaire qu'anticipe la majorité communautaire. Si Morlaix-Co prend la compétence assainissement, les redevances perçues par la communauté seraient augmentées. La DGF pourrait augmenter de 500 000 € (seulement si l'ensemble des communautés d'agglo ne s'engagent pas dans cette mutualisation, car l'enveloppe incitative est fixe). C'est clairement un chantage à la famine pour que les collectivités acceptent la gestion en compétence communautaire de l'assainissement. Avec quelles conséquences pour les régies publiques  existantes? Ce que j'ai dit, une compétence communautaire assainissement pourquoi pas ? Mais à condition d'avoir la garantie d'une gestion publique directe et que cela ne va pas engraisser à nouveau les multinationales de l'eau.

 

Les besoins d'investissement déjà connus suite à des décisions déjà prises ou en voie d'être prises pour ce mandat 2014-2020 ont été recensés, commission par commission :

 

Principales dépenses d'investissement prévues par Morlaix Communauté sur le mandat

 

IUT : 2 M€

Très haut débit : 3,6 M€

Aides au agriculteur, halle multi-fonction de Langolvas : 480 000€

Budget immobilier : 3, 8 M€

Parcs d'activité : 3,9 M€

 

Investissements espace des sciences : 11 M€

Projet Sew : 1 M€

Morlaix Communauté est également sollicité par Morlaix pour la rénovation du musée des Jacobins, la mise en réseau des musées.

 

Habitat : 5,6 M€ (plan local de l'habitat)

 

Ports : 2 M€ (écluses)

 

PEM (Pôle d'Echanfe Multimodal à la Gare de Morlaix) : 13 M€

Remise au norme des déchetteries : au minimum 4 M€ avec les investissements récurrents il faudra compter 8 M€ sans doute.

 

Non budgété pour l'instant car dépendant d'arbitrages, comme le financement des travaux au musée le centre de stockage des déchets non dangereux de Kérolzec (coût total probable de 20 M€, mais servirait à d'autres collectivités : recettes à anticiper), la participation à la mise en œuvre du PAPI (programme de prévention des inondations), participation à l'installation de méthaniseurs...

 

Au total, 60 M€ de dépenses d'investissement sont déjà prévues, car décidées ou récurrentes.

 

A noter que le port du Diben (non budgété comme faisant partie des contraintes de mandat, du fait du recours en justice contre l'illégalité du PLU de Plougasnou) est tout de même une hypothèse d'investissement toujours envisagée.

 

Mon intervention en commission Finances du 30/10/2014 suite à la présentation de cette prospective financière :

 

«  Devant l'accumulation de tous ces chiffres et projections financières, on est un peu pris de vertige et le discours comptable aurait tendance à lisser ou édulcorer la réalité. La réalité, c'est que ce n'est pas une fatalité naturelle ou météorologique qui nous impose de devoir choisir entre l'abandon de dépenses utiles pour les habitants, de réponses publiques aux besoins sociaux, la hausse des impôts pour une population dont le pouvoir d'achat baisse ou stagne déjà en partie, ou une pression accrue mise sur le personnel. Ces choix impossibles, ces non-choix sont la conséquence, non d'une volonté de redressement des comptes publics, mais du choix assumé de Hollande et de son gouvernement de réduire le périmètre de l'action publique, de la protection sociale, des services publics, au profit d'une réduction de charges et d'impôts pour les grandes entreprises, d'une baisse du coût du travail et d'une soumission aux milieux financiers. Cela résulte d'un choix libéral que paient aujourd'hui les collectivités et les populations. Car normalement, en bonne logique, en devrait analyser les besoins sociaux non satisfaits en même temps que les possibilités financières et les contraintes financières impliquées par les précédents choix d'investissements. Aujourd'hui, on se trouve à assumer les conséquences de la mise en route de projets de prestige, en matière culturelle notamment (espace des sciences, Maison Pennanault...), qui pouvaient avoir leur justification, mais il semble que les moyens soient insuffisants pour faire face à des besoins quotidiens des habitants de Morlaix-Communauté, par exemple en mettant un réseau de transport péri-urbain avec une dizaine de lignes à haute fréquence pour proposer une alternative à la voiture sur les trajets domicile-travail, pour prendre en compte les problématiques actuelles au niveau de renchérissement du carburant, de l'augmentation des coûts des transports individuels, de la vulnérabilité financière de beaucoup de familles installées en communes périphériques et travaillant à 15-20 km de chez elles, et de la nécessité de réduire les émissions de CO2 pour le climat. Autre investissement utile non budgété : un centre public de stockage des déchets non dangereux, pour ne pas laisser cette manne financière aux entreprises qui veulent faire de l'argent, y compris en faisant payer le prix fort aux collectivités. On est suite à cette réduction très importante des dotations de l’État devant des dilemmes que nous ne devrions pas avoir entre renoncer à des dépenses utiles et nécessaires, réduire les dépenses de personnel, augmenter les impôts pour les familles, s'endetter. Ces choix locaux impossibles sont la résultante de choix politiques nationaux qu'il faut que nous assumions ou combattions en tant qu'élus en responsabilité, et situés politiquement. En tout cas, par rapport à une évolution possible de la fiscalité, je ne crois pas qu'augmenter le taux de la taxe d'habitation, qui est loin d'être l'impôt le plus juste et le plus progressif, et qui a déjà augmenté pour beaucoup de personnes ces deux dernières années, soit une bonne idée. Je m'étonne que dans ce contexte on envisage encore, même à titre d'hypothèse, de faire ce grand projet inutile et coûteux qu'est le port de Plougasnou. Enfin, quant à nous, nous n'acceptons pas le chantage de l’État sur la mutualisation de la compétence assainissement/ eau potable : si vous n'y allez pas, vous aurez des dotations de misère... Ce n'est pas respecter le libre-arbitre des communes et des élus ayant fait le choix de coopérations choisies, de syndicaux locaux d'assainissement dont beaucoup travaillent en régie directe et n'ont pas recours à des DSP. Gestion communautaire de l'assainissement, pourquoi pas, mais sans chantage, et avec la garantie d'une gestion publique, d'une renonciation à la DSP ».

 

Autres enseignements de cette commission Finances, informations glanées :

 

En vrac :

- Bonne nouvelle, Françoise Raoult (vice-présidente chargée de la culture) a annoncé que sa commission avait trouvé un arrangement et pris un arbitrage pour pérenniser le dispositif Trock'Son/ soutien à la musique actuelle et aux groupes amateurs à la MJC de Morlaix, d'où un dépassement de l'enveloppe culture cette année de 33000€, ce qui n'a pas vraiment plu au vice-président chargé des Finances. Le Front de Gauche, dans la presse et en Conseil Communautaire, avait été le premier à demander le maintien de l'emploi chargé de Troc'Son et du financement de Morlaix Communauté et à dénoncer la décision d'Yvon Hervé et d'Annie Loneux de ne pas reconduire ce financement présenté au départ comme exceptionnel. Manifestement il va falloir se battre encore pour conserver ce soutien de Morlaix Communauté aux pratiques musicales des amateurs.

 

- Personnels de Morlaix-Communauté : 156 agents titulaires + contractuels et remplaçants. Difficile de connaître la proportion de non-titulaires : le tableau présentant l'état du personnel n'est pas clair, Guy Pouliquen l'a reconnu. Face à une question insidieuse d'un élu de droite demandant un tableau d'évolution des effectifs année par année et secteur par secteur afin de vérifier que toutes ces créations de poste coûteuses pour la collectivité étaient bien utiles sur la durée, Guy Pouliquen a défendu l'emploi public et protesté que tous les personnels qu'ils connaissaient avaient plus que leur compte de travail. Personne n'est payé à rien faire dans les mairies et à Morlaix-Communauté. En revanche, il a laissé entendre, sans dire qu'il était pour cette option, que les agents techniques s'occupant des ordures ménagères (46) ont du souci à se faire pour leurs postes avec la généralisation des conteneurs enterrés : ça coûte cher en investissement au départ, cela n'est pas forcément pratique pour l'usager (qui doit se déplacer pour amener ses déchets), mais cela vise à « optimiser », à faire des économies sur le personnel. Problème : ce sont des emplois peu qualifiés. Il y en a de moins en moins. Que vont devenir ces agents ? Est-ce que ce n'est pas ce genre de décisions, au nom de la rationalisation, qui vont monter le chômage ?

 

- Règlement intérieur : j'étais intervenu lors de la dernière commission Finances pour que ce règlement soit amendé. Notamment, comme d'autres élus de petites communes, j'ai demandé à ce que les conseillers municipaux acceptés dans des commissions (sans droit de vote) puissent être remplacés par des collègues, et que des élus d'opposition puissent être représentés dans les commissions communautaires. Jean-Luc Fichet refuse avec des prétextes peu recevables (on ne sait pas à qui on aurait affaire, il y aurait du flou...).

J'ai signalé l'illégalité de l'article du règlement intérieur, déjà présent lors du dernier mandat, interdisant le débat sur les questions orales : Jean-Luc Fichet et son équipe ce sont rendu à l'évidence, l'article est illégal, il est retiré, comme dans le règlement intérieur de Morlaix.

J'ai demandé à partir de combien d'élus on pouvait constituer un groupe politique pour pouvoir avoir un accès à une expression dans le bulletin grand public de Morlaix-Communauté : Jean-Luc Fichet a fixé le seuil à 5 élus, cela ne permet pas au FDG d'avoir de tribune propre, et c'est bien le but, à moins de s'allier à d'autres pour faire un groupe de gauche citoyenne à Morlaix Communauté. J'ai demandé à ce que les séances de conseil communautaires puissent être filmées (et diffusées sur le site internet), que leur compte rendu intégral soit présent sur le site de Morlaix-Communauté pour l'information des citoyens. Pas d'objection de principe de beaucoup d'élus, dont Serge Le Pinvidic et Guy Pouliquen, mais ils n'en ont pas discuté en bureau exécutif, même si j'avais fait cette demande lors du premier conseil communautaire du mandat, en avril 2014. Aucun compte rendu de conseil communautaire n'a encore été remis aux élus depuis avril 2014. Il y a manifestement des problèmes d'organisation au service « Assemblées/ administration générale ».

 

2 - Commission Transports/ Environnement : j'avais une réunion de commission le 28 octobre 2014 et j'ai épluché le rapport du délégataire Kéolis avec Hervé Penven

 

Transports

 

DSP Kéolis (informations suite à la lecture du rapport d'activité de DSP 2013)

 

Kéolis, en charge de la délégation transport sur la communauté urbaine Morlaix-St Martin (gère le personnel, les tournées, les lignes, mais n'achète pas les bus, ni n'est propriétaire du dépôt). Groupe financier au niveau mondial qui pèse 5 milliards de chiffre d'affaire et emploie 50000 personnes. En 2012, la SNCF y était majoritaire à 56,5 %,40,7 % pour Axa, la Caisse des Dépôts, un Fond de placement du Quebec.

 

Contrat avec Morlaix communauté courant sur 6 ans (du 1er sept 2009 au 30 juin 2017) avec de nombreux avenants qui rendent la lisibilité globale du contrat difficile.

 

Dans son rapport d'activité 2013, Kéolis annonce un chiffre d'affaire de 2,4 millions d'euros et un bénéfice très très modique de 32000€ (soit 1,3 % du chiffre d'affaire). Il ne représente certainement pas le bénéfice réel (on est plutôt sur des marges à 30%). En effet, Kéolis facture (et peut-être surfacture) en frais de siège en 2013, 56 558€, en frais de direction générale 45 264€, en quote part transféré 163 024€, en autres frais généraux 38 000€. Ces frais ne sont pas détaillés. On ne peut qu'être interrogatif et suspicieux sur le bénéfice transféré à la maison mère n'apparaissant pas dans le bilan.

 

Le dispositif Flexo de transport à la demande (sur réservation la veille, ou pour le week-end et le lundi, le vendredi, sur des circuits où il n'y a pas de ligne régulière) est par exemple très rentable pour Kéolis. Le délégataire reçoit 103 000€ année pour 1163 courses (à peine 4 par jour ouvrable). On peut raisonnablement estimer ses frais réels à un peu plus de 20 000€. Voyez le bénéfice qu'il reste. Ce dispositif peu employé n'est pas réellement efficace car la réservation préalable, plus que le prix, très modique (coût d'un titre de transport), est assez dissuasive, sauf peut-être pour les personnes âgées qui ont des rendez-vous médicaux. Cas particulier révélateur, un avenant a été signé pour 4 mois avec Kéolis fin 2014 pour un transport Flexo entre Morlaix et Garlan : 0 client en 4 mois, coût de 1000€ pour la collectivité.

 

Par rapport à l'usage des bus urbains, on constate que l'essentiel du public est un public captif de scolaires (11-20 ans). La progression de l'usage pour le domicile-travail est en 2013 de 9 % mais cet usage reste marginal : 17 % pour la ligne la mieux utilisé à cet effet (ligne 1 Saint Martin- Solidarité). Cela s'explique par les faiblesses du réseau de bus sur Morlaix-Saint Martin : lignes qui font des détours, manque de rapidité des trajets, pas de trajets assez directs vers le centre. Ces faiblesses structurelles s'expliquent par la structure en cuvette de Morlaix mais aussi par le manque de lignes. La création de lignes péri-urbaines telles que ces 12 lignes que nous proposons au Front de Gauche depuis les municipales permettrait de créer des pénétrantes sur Morlaix desservant de nouveaux quartiers et de nouvelles rues, et de créer plus d'usage du transport en commun.

 

Le réseau actuel Morlaix-Saint Martin est un tout petit réseau : 13 bus en service urbain, 4 lignes.

 

Lors de cette commission Transports, j'ai défendu le retour en régie publique, comme Jean-Paul Vermot (PS) d'ailleurs. Le vice-président Guy Pennec semble aussi favorable à discuter très sérieusement de cette perspective d'une non-reconduction de DSP lors des débats que nous aurons en 2015, comme il souhaiterait un réseau de transport péri-urbain plus ambitieux et régulier. Perspectives très encourageantes.

 

Projet PEM (Pôle d'échange multimodal à la Gare de Morlaix)

 

L'enquête publique (25 août-30 septembre 2014) est finie, elle s'est conclue sur un avis favorable du commissaire enquêteur.

Peu de participations : 11, très développées souvent, dont des participations d'élus et d'anciens élus. De notre côté au FDG, on n'a pas été assez réactif pour donner notre avis dans cette enquête publique.

J'ai posé une question sur la publicité faite à cette enquête publique pour inciter les citoyens à participer, peut-être insuffisante au vu du résultat et de l'ampleur des investissements et des conséquences sur le long terme de ce projet structurant. L'ingénieur en charge du dossier m'a répondu que la démarche d'information et de consultation avait pris plusieurs étapes et durait en réalité depuis 2013. 208 avis avaient été recueillis au préalable. Par ailleurs, tout avait été fait dans les règles de l'art pour faire connaître cette enquête publique (affiches au format A2, information dans le bâtiment voyageur de la gare, dans la presse...).

 

Le commissaire enquêteur fait remarquer que ce sera à Morlaix de trouver une solution pour une liaison rapide entre le plateau de la gare et le centre-ville.

 

Le début du chantier passerelle aura lieu en février-mars 2015.

Le haut de la rue Villeneuve sera à nouveau en circulation à sens unique en mars 2015.

 

La première ligne LGV est prévue pour mai 2017.

 

350 000 voyageurs supplémentaires sont prévus à moyen et long terme dans le cadre de la « vente de ce PEM ».

 

Le parking aura 507 places.

 

La commission a émis un avis favorable sur le financement d'études et de travaux connexes à la passerelle pour 645 000€, sur la mise en accessibilité des quais et souterrains pour un coût de 754 000€, sur le financement d'études et de travaux sur le bâtiment voyageur de la gare pour une hauteur de 1 250 000€. Morlaix Communauté prend en charge 52 % des dépenses, la région Bretagne 20 %, SNCF Gare et Connexions, pourtant propriétaire de la gare, 25 %. Il s'agit de travaux pour consolider le sous-sol de la gare, le renforcer, ravaler la façade de la gare.

 

RFF gère les rails, la SNCF les gares part l'intermédiaire de « SNCF Gare et Connexions ». Tout est fait pour que ce service public qui au départ n'a pas vocation à être rentable et auto-financé de manière directe qu'est la SNCF ne soit pas à la charge de l'Etat mais se fasse à l'inverse financé par les collectivités locales.

 

J'ai émis un avis défavorable sur cette dernière délibération (travaux bâtiment voyageur de la gare), notamment parce que ce projet inclut la fermeture de la brasserie de la gare, facteur de service d'intérêt général et de lien social.

 

Morlaix-Communauté a racheté le foncier au nord de la Gare pour 1, 2 millions d'euros (la région a mis 200000€, le CG 29 120000€, Morlaix 79565€) et est désormais propriétaire de ce foncier côté logis breton, dédié à un grand parking voyageur.

 

On ne sait pas qui va assurer « la police » de ce parking (Morlaix ? Morlaix Communauté ?). Est-ce que ce parking sera payant, gratuit, pour qui ? Sous barrière et sécurisé par un gardiennage ou non ? Sous DSP ou en gestion publique ? Toutes ces questions ne sont pas réglées. La région demande simplement que le parking soit gratuit pour les abonnés au TER. Ce qui est une bonne chose.

 

Des réserves sur le contenu du PEM : la passerelle est loin de faire l'unanimité : un souterrain aurait été préférable ; le financement, beaucoup trop à la charge de Morlaix-Communauté ; les pins plantés au nord et au sud de la gare (why?) ; le manque de place pour accueillir des navettes péri-urbaines desservant la gare ; le manque de planification d'un réseau de transport péri-urbain desservant la gare ; la gestion des flux de voitures et des axes de circulation, pas vraiment à la hauteur ; le manque de parkings... ; l'absence de visibilité sur le maintien de la ligne TER Roscoff-Morlaix et sa transformation en TER-TRAM régulier... La région n'a donné aucune garantie pour l'instant : Guy Pennec est très attaché au maintien et au développement de cette ligne ferroviaire de proximité, sous exploitée dans le cadre des déplacements domicile-travail, comme les cheminots. Le CG 29, en développant des liaisons de bus, dont certaines en faisant travailler des compagnies privées, semble moins y tenir. Qu'en est-il vraiment de la stabilité du pont ferroviaire qui traverse la Penzé à la hauteur du pont de la corde?

 

 

3- Visite des déchetteries et du service environnement gestion des déchets(mercredi 29 octobre)

 

Une matinée très intéressante et riche au niveau de la prise d'information prévue par Guy Pennec et Christine Prigent, respectivement vice-président et conseiller délégué à la commission Environnement. Une douzaine d'élus présents.

 

D'emblée, on nous situe les enjeux : au niveau du SYMEED (gestion des déchets au niveau départemental) dont Christine Prigent est vice-présidente, on recourt pour 1/3 au secteur public, pour 2 /3 au secteur privé pour la gestion des encombrants.

C'est dans ce contexte où le prix du traitement des déchets va augmenter, et plus encore si le privé en fait une source de profits juteux, dans ce contexte où le contrôle sur la gestion des déchets est essentiel (or le privé tant qu'il rentre de l'argent n'est pas forcément très regardant sur l'écologie et la santé publique) qu'il faut réfléchir à l'usage de 20 hectares de la zone de Kérolzec à Saint Martin pour un centre de stockage des encombrants, déchets non dangereux.

Ce peut-être sur le long terme une source de revenu pour la collectivité plutôt que pour Guyon, Véolia ou la SAUR. Il ne faudrait surtout pas que ces opérateurs privés soient en position de monopole faute de prise de responsabilité des acteurs publics, sans quoi les prix vont flamber pour la gestion et l'enfouissement des déchets des collectivités.

Faire un centre de stockage des déchets encombrants non dangereux à Kérolzec (la partie résiduelle dangereuse est enfouie à Laval) pour le nord du département ou une zone moins grande (c'est aussi un débat : pourquoi pas une zone d'enfouissement plus durable par communauté de commune ou d'agglomération ou pour deux communautés ? Après se pose la question du seuil d'amortissement et de rentabilité) coûterait environ 20 millions d'euros en investissement mais répondrait à une demande de service public (peu de sites sont adaptés, correspondent aux normes en vigueur, ce serait un moyen d'avoir une gestion publique des déchets bénéficiant à plusieurs collectivités et permettant de contrôler les déchets envoyés par les entreprises, ce que ferait peut-être moins un opérateur privé). Cela permettrait aussi que du fait de la cherté du traitement des encombrants, les entreprises et les services publics même « bouchent les trous dans la campagne »

 

Déchets verts : cela représente 18 000 tonnes par an. D'où l'intérêt de développer le compostage individuel et pour les services espaces verts des mairie. D'autant qu'il n'y a plus droit de brûler les déchets verts en raison des émissions de CO2. Les méthaniseurs ne sont pas forcément la solution miracle, ou alors des petits.

 

Service collecte des déchets : 45 agents de collecte (service collecte des ordures ménagères) + 19 agents de déchetterie. Les agents de collecte font des semaines de 4 jours semaine avec 8h50 dans la journée. Les conteneurs enterrés, s'ils étaient généralisés (le débat n'est pas encore tranché, et ce n'est pas forcément souhaitable à mon avis) réduiraient le nombre de postes de chauffeurs-rippeurs. Aujourd'hui, il n'y a plus que 13 camions, contre 17 camions quand Morlaix-Communauté a pris la compétence du service collecte des ordures ménagères. L'objectif du cadre : passer à 10 camions.

 

Les déchets ménagers sont incinérés à Brest (les fours du Spernot gérés par la Sotraval qui est une entreprise publique avec des actionnaires publics parmi lesquels 10 EPCI, dont Morlaix-Communauté, mais qui passe aussi des contrats avec le privé et qui a des actionnaires privés minoritaires), et dans une moindre mesure, exceptionnellement à Lamballe ou Carhaix.

 

Les sacs jaunes sont traités à Plouédern et non plus par Guyot à Saint Martin : c'est un transporteur privé qui les y convoie avec des semis achetés et propriétés de Morlaix Communauté.

 

Ce même transport fait 3 déplacements aller-retour par jour à partir de la plateforme de Kérolzec à Saint Martin avec des semi-remorques. Cela représente 75 tonnes par jour, 15000 t par an.

 

Fonctionnement des déchetteries : 16 personnes pour les gérer (14 gardiens, 2 remplaçants). Ceux-ci et leurs cadres ont à gérer les relations aux prestataires (qui gèrent le traitement des déchets), l'évacuation des produits dangereux, le bon entretien des sites. Les éco-organismes qui font du recyclage sont souvent aussi des filiales de multinationales ou de grosses entreprises qui peuvent avoir intérêt à ce que les déchets se multiplient, car leur traitement leur rapporte beaucoup. Par exemple les D3E sont gérés par Véolia.

Il y a 700 000€ environ de remise au norme (sécurité personnel/usagers ; écologie ) par déchetterie à prévoir. Actuellement, Morlaix-Co à 7 déchetteries, toutes à rénover. Faut-il passer de 7 à 5 ? Question posée aux élus de la commission et aux élus communautaires. Le Pilodeyer, principale déchetterie de Morlaix-Co, près de Langolvas, gère 46 % des déchets de Morlaix-Co. La plateforme pour le compostage des déchets verts (4500 tonnes pour 20000 tonnes sur l'ensemble des sites) est trois fois trois petite pour pouvoir vraiment les valoriser. Au niveau surface et par rapport à son usage, la déchetterie est trois fois trop petite. 8000 m2 : on aurait besoin de 30000 m2 pour être aux normes. A l'ouest, un bois classé mais à l'est, un grand champ, sans habitations directement à proximité. Possibilité d'extension ?

 

Petit mémoire sur une semaine de participation aux travaux de Morlaix Communauté par Ismaël Dupont, élu communautaire morlaisien ( Front de Gauche) .

Le vendredi 31 octobre 2014.

 

 

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 09:27

barrage de sivens 1

COMMUNIQUE de

Patrick Le Hyaric

Directeur de l’Humanité

Député au Parlement européen

 

La mort de Remi Fraisse est une terrible nouvelle. J’adresse mes pensées les plus fraternelles à sa famille ainsi qu’à ses proches. Rien ne justifie la violence de la répression dont il a été victime.

 

Il aura fallu que ce drame survienne pour que les autorités publiques prennent la mesure des incohérences du projet de barrage du Sivens contre lequel il s’est battu.

 

Le rapport d’expertise remis à la ministre de l’environnement a pourtant pointé les failles du projet, considéré comme obsolète. Calculé à partir de données des années 1990, il n’est plus conforme aux besoins agricoles du bassin versant. Les surfaces irriguées ont diminué d’un tiers en 10 ans. Les besoins en irrigation ont donc été complètement surévalués. Des solutions alternatives, garantes des besoins en irrigations et du respect de l’environnement,  ont été avancées mais jamais retenues par les pouvoirs publics.

 

La volonté de passer en force n’est pas acceptable. Elle a surtout coûté la vie d’un jeune homme amoureux de la nature et étudiant en botanique. Il est inconcevable que de tels projets se réalisent dans l’opacité, sans consultation conjointe des associations, usagers des rivières, défenseurs de l’environnement et agriculteurs.

 

L’eau, la terre et l’espace public sont des biens communs dont la gestion doit, à tout moment, faire l’objet d’un débat public. Il s’agit d’un impératif environnemental et démocratique.

 

Je déplore qu’il ait fallu la mort d’un jeune homme pour qu’enfin le débat s’engage.

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 07:05

saint-thegonnec.jpg

 

Le bureau de poste de Saint Thégonnec va bientôt être victime des restructurations sur le service postal. Le bureau de poste sera fermé tous les mercredis sans changement du temps d'ouverture sur la semaine (augmentation du temps d'ouverture les autres jours). On peut dire que l'amplitude d'ouverture est conservée mais fermer le bureau un jour de la semaine c'est un mauvais signe qui peut laisser augurer  des fermetures augmentées dans l'avenir (même si des travaux vont être fait sur le local de la poste).

Les prétextes invoqués: pour la fermeture du bureau le mercredi: probablement l'insuffisance de clients (il est sûr qu'avec cette fermeture, il y aura encore plus de clients!), pour le départ des facteurs non conformités aux bonnes conditions de travail du personnel (certes l'inspection du travail a noté des choses à revoir mais pourquoi ne pas faire les quelques travaux nécessaires?!). 

  

Ainsi, si la Poste maintient son projet, les facteurs ne seront plus basés sur St Thégonnec (à partir de février ou mars 2015 ?) mais sur Morlaix (facteurs assurant la distribution du courrier sur   Le Cloître St Thégonnec et Plounéour Menez) et sur Landivisiau (facteurs assurants la distribution du courrier sur les autres communes du canton).

Concrètement les facteurs assurants la distribution du courrier sur le canton de St Thégonnec ne feraient plus le tri du courrier (fait à Morlaix ou Landivisiau) ce qui se traduira par moins de tournées, des tournées plus longues se finissant plus tard.

  

Chacun sait bien que quand l'on commence à faire de "petites" restructurations c'est le prélude à des restructurations plus sévères dans un avenir plus ou moins éloigné. 

 

Tous les ans, la direction de la Poste, qui délaisse l'activité courrier d'intérêt général pour des activités plus lucratives, comme la banque, l'assurance, la téléphonie, détruit des milliers de postes et d'heures de bureaux de poste, afin d'assurer la meilleure rentabilité pour les actionnaires, dont l'Etat.

En quelques années, le nombre de bureaux de poste a été divisé par deux.

En 2013, 6000 postes ont été supprimés, alors que l'effet d'aubaine du Crédit Impôt Compétitivité a rapporté 300 millions d'euros à l'entreprise La Poste.

 

La contrepartie de ces restructurations, c'est un service de proximité dégradé pour les citoyens et des conditions de travail détériorées pour les agents de la Poste.

La Poste abuse du recours aux contrats d'avenir, renouvelables 36 mois seulement, avec des salaires pris en charge à 75% par l'Etat à la distribution du courrier, à 30% au guichet, faisant ainsi le choix de la précarité d'une partie de son personnel.

 

Citoyens, en faisant pression sur les élus, avec les syndiquats de salariés, résistez à cette politique!

 

La section PCF du Pays de Morlaix (Morlaix, Plouigneau, Plougonven, St Thégonnec, Taulé).   

 

1550

 

Ce jeudi 30 octobre au matin, les militants du PCF ont distribué des tracts dans tout Saint Thégonnec pour exiger l'abandon du plan de restructuration de la Poste et un autre emploi de l'argent et des richesses créées par les travailleurs. 


 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 07:00

un drapeau pour Gaza...à Morlaix

Reconnaissance de l’Etat Palestinien par la France :

 

Les députés Front de gauche demandent un vote au Président de l’Assemblée nationale

 

Le député François ASENSI demande « dans les plus brefs délais » l’organisation d’un vote sur la reconnaissance de la Palestine par l’Assemblée nationale, dans un courrier adressé ce jour au Président Claude Bartolone, cosigné par André Chassaigne, Président du groupe Front de gauche, et Alain Bocquet, secrétaire de la commission des Affaires étrangères.

 

La France ne peut rester en retrait, après la reconnaissance de la Palestine par le Parlement britannique le 13 octobre dernier, par le Royaume de Suède le 3 octobre, et avec le vote à venir du Parlement espagnol.

 

Nous proposons au Président Claude Bartolone dinscrire à l’ordre du jour la « proposition de résolution n°201 portant sur la reconnaissance par la France de l’État palestinien »  déposée le 24 septembre 2012 par les députés Front de gauche.

 

"Le moment est venu pour la France, pour notre parlement, de reconnaître l'Etat de Palestine. 

La colonisation des territoires palestiniens occupés ne cesse de progresser, le blocus de Gaza perdure, le mur de la honte fracture la Cisjordanie, avec son lot d'arbitraire, de souffrances, d'humiliations. 

Le moment est venu car ces graves reculs amenuisent chaque jour l'espoir d'une paix juste que les peuples israéliens et palestiniens se désespèrent d'obtenir.

Ils rendent chaque jour plus incertaine la solution de deux Etats soutenue par l'ensemble de la communauté internationale: celle d'un Etat palestinien indépendant et libre vivant pacifiquement aux côtés d'un Etat israélien garanti dans sa sécurité.

L'offensive israélienne contre Gaza l'été dernier a marqué un nouvel épisode sanglant du conflit au Proche-Orient dont le bilan - 2147 civils palestiniens décédés dont 541 enfants, 66 soldats et 6 civils israéliens tués et près de 10000 blessés - est une nouvelle illustration de cette pratique inique que représente la punition collective. (...).

Le 3 octobre dernier, le gouvernement suédois, acteur diplomatique essentiel, notamment au Proche-Orient, a déclaré la reconnaissance de la Palestine: le 13 octobre, la Chambre des communes a voté dans le même sens, à une majorité écrasante. Prochainement, le Parlement espagnol sera amené à se prononcer. Dans le monde, 134 pays reconnaissent déjà l'Etat palestinien, la plupart depuis 1988, car le droit d'un peuple à disposer d'un Etat est au fondement de la charte des Nations unies. En Israël, 363 personnalités ont signé un appel en sa faveur.

La France ne peut rester en retrait. Or, elle donne l'impression de ne plus assumer son rôle historique de protection des droits de l'homme, de ne plus incarner son message universel en faveur de l'émancipation des peuples.

(...) Dès le 24 septembre 2012, le groupe des députés Front de Gauche avait déposé une résolution invitant le Gouvernement français à reconnaître l'Etat palestinien. Nous vous proposons d'inscrire à notre ordre du jour cette proposition de résolution dans les plus brefs délais... Dans le cas contraire, nous vous indiquons que notre groupe parlementaire mettra à l'ordre du jour dans l'une des prochaines séances d'initiative parlementaire cette proposition de résolution pour la reconnaissance de l'Etat palestinien".

 

François Asensi, député FDG de Seine-St Denis

 André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme

 Alain Bocquet, député du Nord    

 

bandeau Front De Gauche

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 06:58

Communiqué du Front de Gauche

Solidarité avec Kobané !

Depuis plus d'un mois les forces kurdes de Kobané résistent héroïquement à l'offensive menée par l'Organisation de l'Etat Islamique. La chute de cette ville entraînerait des massacres comme cela a déjà été malheureusement le cas ailleurs en Irak notamment contre les populations refusant de faire allégeance à l'Etat Islamique qu'elles soient kurdes, qu'elles appartiennent à des minorités religieuses (yazidis, chrétiens) ou que sunnites elles refusent tout simplement d'accepter ce sinistre projet ultra réactionnaire.

La résistance de Kobane doit être comprise comme un élément déterminant du combat démocratique dans la région. Sa chute constituerait un coup terrible pour le peuple kurde et renforcerait le président turc Erdogan dont le régime s'enfonce chaque jour dans l'autoritarisme et a été d'une complaisance coupable avec l'Organisation de l'Etat Islamique. La jonction avec les forces démocratiques de la révolution syrienne, qui combattent contre le régime dictatorial de Bachar El assad et contre l'Organisation de l'Etat Islamique, dont des détachements combattent auprès des kurdes à Kobane, est ainsi importante.

Il est urgent d'intensifier la solidarité internationale avec toutes les forces démocratiques qui se battent en Irak et en Syrie pour mettre en échec l’Organisation de l'Etat Islamique. 

Pour le Front de Gauche, tout soutien militaire et financier direct ou indirect à l'OEI, y compris l'acheminement clandestin et l'achat de pétrole, doit être supprimé et sanctionné et le PKK et sa branche syrienne l'YPG qui combat aujourd'hui à Kobané doivent être retirés de la liste des organisations terroristes.

La résistance de Kobane et les mobilisations de solidarité ont forcé les gouvernements à apporter un concours tardif et insuffisant.

Alors que le président turc Erdogan doit rencontrer François Hollande vendredi 31 octobre, il est essentiel de tout faire pour élargir la solidarité avec Kobané.

Dans cette situation, le Front de Gauche :

- exprime sa totale solidarité avec Kobane, avec les forces démocratiques de Syrie

- demande que la France prenne des initiatives dans le cadre de l'ONU pour la recherche d'une solution politique durable pour la région.

- se joint à la journée internationale de solidarité avec Kobane du 1er novembre, notamment à a manifestation à Paris qui partira de la Bastille

 

bandeau Front De Gauche

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 06:10
"Moi mon colon celle que je préfère, c'est..."
Si vous avez un peu de temps libre et que vous passez à Locquénolé, arrêtez vous au bar "Le Cartulaire" pour y boire un pot et découvrir quelques photos sur les cérémonies de remises de décorations ou d'hommage aux anciens combattants des 3 guerres
photo Jean-Marc Nayet mon colon...
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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 05:44

Cette analyse par Pascale Fautrier du nouvel essai de Jean-Luc Mélenchon, transmise par Louis Aminot, notre camarade du Front de Gauche et d'Ensemble! Brest, est passionnante à plusieurs titres. 

les-rouges-pascale-fautrier.jpg

 

J'ai écrit cette recension du livre de Jean-Luc Mélenchon,       L’Ere du Peuple (Fayard, 2014 ) dans le but d’engager le dialogue nécessaire entre les hommes politiques, les intellectuels (ceux qui publient, ceux qui enseignent), et les citoyens soucieux de connaître dans le détail l'état du monde. J’espère qu’il appellera des commentaires et des discussions argumentées ici même ou ailleurs : une version courte sera demain sur le site de  la revue Regards (regards.fr).

I. Cinq aspects remarquables du livre de Jean-Luc Mélenchon :
1. La profondeur et la radicalité de l’analyse, qui part du constat courageux d’une défaite intellectuelle et politique : « Il n’existe plus aucune force politique mondialisée face au parti invisible de la finance globalisée » (EP 17). Cette nécessité de tout repenser et de tout reconstruire a été formulé récemment quasiment dans les mêmes termes par Alain Badiou dans l’émission d’Aude Lancelin (http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/151014/contre-courant-le-debat-badiou-piketty) : la nécessité de reconstruire une « alternative idéologique », c’est-à-dire une perspective de dépassement du capitalisme capable de fédérer largement la « vraie » gauche.
2. Le caractère « reliant » de la démarche, comme dirait Morin : ce livre cherche à penser ensemble le micro et le macro, le global et l’individuel, du devenir écologique de la planète à la misère psychique et morale des individus réduits à leur capacité de consommer, en passant par la domination mondiale d’un capitalisme de la rente et de la spéculation, et les nouveaux déséquilibres géopolitiques qui en résultent. Il est notable qu’un homme politique « généraliste » comme l’est Jean-Luc Mélenchon, ne s’enferme pas dans le cadre national et intègre à ses préoccupations la survie de la biosphère. Cette analyse factuelle conduit à observer, à tous les niveaux de la vie humaine, une spirale négative dévolutive de destruction des équilibres écologiques, de décomposition du lien social et civilisationnel sous le coup d’une logique productiviste qui profite à une infime minorité (les oligarchies), générant des risques nouveaux de guerres, voire même d’une guerre mondiale.
3. Mais au pessimisme de la description répond l’optimisme de l’action, le souci de sortir de la « dénonciation démoralisante ». Les propositions politiques de Jean-Luc Mélenchon s’appuient sur une « théorie  de la révolution citoyenne » (EP 14), et sur le Manifeste de l’éco-socialisme élaboré en décembre 2012 et cité en fin d’ouvrage. Les deux axes en sont 1. La réaffirmation du principe démocratique de la « souveraineté populaire » formulée par les révolutionnaires français ; 2. L’idée que le « peuple » n’a pas à subir la dictature d’une classe particulière : ni oligarchies financières, ni « prolétariat » investi d’une « mission historique ». Exit l’idée « libérale » d’une gouvernance « éclairée » des élites (c’est-à-dire des puissants par accumulation de capital symbolique et matériel) ; exit  également la « dictature du prolétariat » : rupture avec la nostalgie de la vieille « doctrine » léninisto-stalinienne.
4. La « révolution citoyenne » démocratique est un républicanisme radical. Le peuple doit reprendre l’initiative politique en ré-constituant sa souveraineté confisquée par les oligarchies : c’est la proposition politique centrale de convocation d’une « assemblée constituante », elle-même préparée par des « assemblées citoyennes » délibérantes et s’auto-organisant démocratiquement (en utilisant le net, mais pas seulement), comme cela se passe actuellement en Espagne. Les propositions avancées par J.-L. Mélenchon concernant les modalités futures de la représentation et des contours d’une VIème République (révocation des élus, règles verte etc.) ne sont ni normatives, ni directives, ni excluantes d’autres propositions, mais à discuter et c’est un point important.
5. L’écosocialisme est un néo-communisme écologiste et démocratique : il intègre les descriptions économistes du « matérialisme historique » mais récuse le millénarisme et l’autoritarisme centraliste de la « dictature du prolétariat» (mais ça mériterait d’être davantage précisé et souligné). J.-L. Mélenchon continue à se référer au matérialisme historique (EP 15) pour décrire les rapports de force sociaux : le « peuple » est constitué majoritairement de salariés en butte à la voracité des actionnaires, lesquels empochent 80% des profits des entreprises (EP 63), et organisent une pression sociale accrue pour étendre leur puissance et rogner les droits du travail. Une politique au service du peuple, c’est-à-dire de l’intérêt général, détrônerait nécessairement « la petite oligarchie des riches, la caste dorée des politiciens qui servent ses intérêts et des médiacrates qui envoûtent les esprits » (EP 14). Mais de cette description des rapports de production, ne découlent pas automatiquement les moyens de l’action politique. Le peuple est constitué aussi de chômeurs, femmes au foyer, artisans, médecins, avocats, et  l’accès à la souveraineté politique demeure à tout moment un choix collectif et individuel, soumis à la délibération démocratique. La théorie de la révolution citoyenne, contrairement au communisme millénariste ou aux néo-libéraux des années 90 (Fukuyama), ne visent aucune « fin de l’histoire ». L’action politique est un choix de tous les instants et un combat sans fin.
 
II. L’écosocialisme est une « politique de civilisation » (Edgar Morin)
Avant d’en venir aux points plus problématiques du livre de J.-L. Mélenchon, je voudrais souligner combien l’écosocialisme proposé par le leader du Front de Gauche et du Mouvement pour la VIème République me paraît s’inscrire dans la « politique de civilisation »  formulée par Edgar Morin dans son livre La Voie(2011). Notons au passage qu’Edgar Morin est un des rares penseurs de notre temps à avoir tenté la théorisation anthropologique et politique, « anthropolitique », d’une méthode de pensée et d’action (les deux mêlés) pour sortir de « l’âge de fer planétaire » qui nous conduit à la catastrophe.
  1. Il s’agit d’abord de prendre conscience que nous sommes des citoyens de la « Terre-patrie », et que celle-ci est engagée dans une « bifurcation fondamentale » (EP 47) capable de provoquer l’extinction de la vie. « L’illusion d’un progrès conçu comme une loi de l’Histoire s’est dissipée à la fois dans les désastres de l’Est, les crises de l’Ouest, les échecs du Sud, la découverte des menaces nucléaires et écologiques », écrit Edgar Morin (LV 29).  J.-L. Mélenchon en prend acte à la fin de son livre : « On doit se demander s’il n’est pas déjà trop tard » (EP 148).
  2.  Les activités humaines entraînent des dégâts déjà irréversibles sur le climat et la biodiversité, notamment dus à l’augmentation exponentielle du nombre d’humains. J.-L. Mélenchon donne des chiffres saisissants (EP 33) : en 5 ans, de 2009 à 2014, la population mondiale a augmenté d’un milliard d’individus, alors qu’il lui a fallu 200 000 ans pour atteindre, vers 1800, le premier milliard. C’est l’ « ère de l’anthropocène » et de l’« homo urbanus » pour reprendre les titres de deux chapitres de son livre : 80% de la population vit en ville en Europe et sur le continent américain (EP 110) 54% des humains sont des urbains.  La population urbaine du monde augmente d’un million par semaine » (LV 317).
  3.  Cette prise de conscience en entraîne automatiquement une autre : le modèle occidental productiviste du développement sans fin est à l’origine de cette situation tragique : « Le chaos qui s’avance est la conséquence directe du productivisme » (EP 59) ; « Il faudrait plusieurs planètes pour répondre aux besoins si tout le monde vivait comme nous. » (EP, 36) écrit J.-L. Mélenchon. Et de proposer un écosocialisme qui rompt radicalement avec un certain socialisme productiviste stalinien ou maoïste. Morin insiste davantage sur la nécessaire critique de l’impérialisme occidentalo-centriste de ce modèle de développement issu de la Révolution industrielle, qui s’impose à la planète entière et la fait entrer dans une crise complexe, écologique, démographique, civilisationnelle. C’est la « globalisation, stade actuel de la mondialisation »,  écrit Morin (LV 26), « unification techno-économique de la planète » produisant en réaction des « contre-processus de résistance », certains régressifs (les tentations théocratiques), d’autres positifs : « refloraisons de cultures autochtones », « processus de métissages culturels » (LV 26).
  4. L’écosocialisme de Jean-Luc Mélenchon s’inscrit dans la « politique de l’humanité » définie par Morin comme « un dépassement de l’idée de développement, même supportable (dit « durable ») » (LV 73). L’individu humain n’est pas une monade autosuffisante en relation avec d’autres monades, il dépend de son environnement.  Il est donc nécessaire d’affirmer l’existence d’un « intérêt général humain » (EP 58) qui sanctuarise les conditions de survie de l’humanité, et donc celles de la biosphère. J.-L. Mélenchon propose d’inscrire dans la Constitution l’extension des droits de l’homme et du citoyen « à de nouveaux droits écologiques » (EP 58).
  5.  Morin comme Mélenchon appellent à une « gouvernance globale » capable de prévenir les guerres, d’imposer des droits sociaux, « l’application de normes écologiques vitales et de normes économiques d’intérêt planétaire » (LV 72), et d’« en finir avec le libre-échange » (Mélenchon, EP 85) :  « Le but est d’organiser les rapports économiques entre pays sur une base civilisée et négociée. Un ordre où l’autosuffisance devrait être l’objectif, le transbordement l’exception. […] Penser une réforme de l’ONU et lui donner les moyens de fonctionner est la priorité » (EP 85). Morin propose de parler de « démondialisation » pour assurer la protection des cultures vivrières et des modes de vie traditionnels,  pour relocaliser la production et donner la priorité partout à l’autosuffisance alimentaire (la «souveraineté alimentaire »)
  6. Un de ces nouveaux droits écologiques à conquérir nationalement et internationalement serait la « règle verte » (« ne pas prélever davantage à la nature que ce qu’elle peut reconstituer », EP 55) : elle permettrait selon Jean-Luc Mélenchon de réguler la production proliférante d’objets obsolescents épuisant les ressources naturelles, creusant une « dette écologique » (EP 54) autrement plus inquiétante que la « dette publique » de l’Etat dont on nous rebat les oreilles : nous détruisons les ressources naturelles plus vite qu’elles ne peuvent se renouveler. E. Morin insiste de plus sur la nécessité de penser ces nouveaux droits au niveau de la « société-monde » en cours de constitution (une opinion publique planétaire consciente de l’urgence écologique). 
  7. Edgar Morin écrit que  ce capitalisme financier qui « a provoqué la crise de 2008 » et « se repaît comme un vampire de nos substances vives » « s’est mis au ban de l’humanité et nous devrions le mettre au ban de l’humanité » (LV 43). Comme lui, Jean-Luc Mélenchon propose de combattre la financiarisation de l’économie, notamment en n’accordant le droit de veto aux actionnaires qu’en fonction du temps de possession de leur part de capital. Il propose comme E. Morin de sanctuariser certaines ressources naturelles comme l’eau, et d’étendre autant que possible le domaine du « commun » en favorisant la production coopérative (les SCOP) et solidaire, en taxant les flux de capitaux. Mais on voit bien que ce combat est nécessairement, lui aussi, planétaire.
  8. Comme Edgar Morin, J.-L. Mélenchon note que le « système formate l’intimité de chacun» (EP 131), que le productivisme est « comme le patriarcat une structure implicite » (EP, 132), qu’il y a donc aussi une « bataille culturelle » (EP 134) à mener pour nous émanciper de « l’ordre globalitaire (global et totalitaire) » (EP 131), dont l’un des aspects est l’envoûtement consumériste (Morin parle d’ « intoxication consumériste », LV 36).  Comme l’écrit Morin, « pas de réforme de vie ni de réforme éthique sans réforme des conditions économiques et sociales du vivre », et « pas de réforme politique sans réforme de la pensée politique, laquelle suppose une réforme de la pensée elle-même » (LV 61), réforme inspirée de sa « méthode » coconstructiviste d’analyse/reliance transdisciplinaire. Comme Morin, Jean-Luc Mélenchon insiste sur l’éducation (notamment à  la sensibilisation aux limites des ressources écologiques) et la nécessité, mise en œuvre dans son livre, de penser ensemble l’expérience quotidienne et les priorités politiques.
  9. La dépendance des habitants du monde entier envers le système de production des biens, notamment due à la généralisation du mode de vie urbain, n’a jamais été aussi totale. Cette situation conduit à ce paradoxe, diversement mais également souligné par l’homme politique et par le penseur : elle favorise l’émergence de l’individualisme. Plus l’individu est dépendant d’un système lointain quant à ses capacités de survie, de déplacement, de nourriture symbolique et culturel, plus il a le sentiment de posséder une intériorité autonome et un intérêt personnel. La dépendance envers le système techno-économique l’émancipe de son environnement humain immédiat.
  10. Cet individualisme a deux faces, l’une positive, l’augmentation d’une conscience autonome possiblement réflexive (EP 111) due aussi à  l’élévation mondiale du niveau d’éducation, l’autre négative, voire nihiliste. La mise en compétition généralisée et la marchandisation des êtres obligés de se vendre sur le « marché du travail » produit une « dissociation » des liens traditionnels (environnement humain, familial) et un mouvement brownien nihiliste d’individualisme égoïste (« le chacun pour soi, la guerre de tous contre chacun » EP 112) que Jacques Généreux nomme la « dissociété » (EP 112 et 134). Ce constat conduit Edgar Morin à penser une nécessaire « réforme de vie » morale fondée sur la convivialité, la solidarité, l’auto-examen. Jean-Luc Mélenchon insiste dans un chapitre original sur l’enjeu psychique et politique que représente la réappropriation du temps contre la tyrannie de l’accélération affolante et la multiplication chronophage de la dépendance envers la technique.
  11. Les réflexions les plus originales de Jean-Luc Mélenchon concernent les possibles modalités nouvelles de la conscience politique et des actions possibles dans un tel contexte d’individualisme « globalitaire ». Le caractère lointain des centres de décision techno-économique et politique tend à produire une indifférence sociale et une perte du sentiment démocratique, que les oligarchies favorisent consciemment : apparemment « la ségrégation spatiale » rend la foule des grandes villes « inapte à être un acteur collectif de l’histoire » (EP 115) et la relègue dans une passivation consentante. Cependant cette inertie et cette dissociation peuvent se retourner en « conscience collective » selon un processus qui n’est pas sans rappeler fortement la description sartrienne de la constitution du « groupe » dans La Critique de la raison dialectique : des individus attendent le bus, et se sentent noyés dans une indifférenciation « sans signification » (les petits pois dans une boite, pour reprendre l’image sartrienne). Mais un incident survient, retard anormal du bus ou tout autre micro-évènement rendant visible le caractère collectif de la dépendance à l’égard du système de transport : le sentiment du « groupe » est né. La protestation commune qui en résulte est le modèle des actions collectives spontanées qui ont pu déclencher des révolutions citoyennes ces dernières années : prix du ticket de bus au Vénézuela, augmentation du prix de l’eau et du gaz en Bolivie, réclamation de transports dignes et efficaces au Brésil, défense d’un jardin public à Istanbul (EP 117). La « révolution citoyenne » est imprévisible comme ces mouvements, elle est dépendante davantage de tels phénomènes de conscientisation que du militantisme traditionnel, dont il faut constater la crise.
 
III. Les points qui me paraissent problématiques dans le livre de Jean-Luc Mélenchon 
  1. L’expression reste parfois brutale, et il arrive qu’elle me heurte. Par exemple, l’attaque parait gratuite contre l’écologie politique constituée en parti : « la firme qui truste le label » (EP 14). Elle est désormais classique contre les « solfériniens » et François Hollande, mais paraît davantage justifiée par une politique qui ménage les oligarchies sur le fond aussi bien que sur la forme.  La bonne voie serait cependant de marquer fermement la volonté de fédérer dans le respect mutuel des militants de base écologistes et socialistes, ou d’autres sensibilités du mouvement ouvrier (anarchistes) ou plus nouvelles (féministes, LGBT), vers une recomposition-union « écosocialiste » à la gauche du Parti socialiste en déclin.
  2. Cependant cette brutalité a le mérite d’inclure et de reconduire vers la politique ceux qui la rejettent violemment : « la gauche et la droite, c’est pareil », disent-ils (EP  9). Question de priorité politique (de dosage) : fédérer les sensibilités diverses de la gauche est plus urgente ou s’adresser aux abstentionnistes. J’ai tendance à penser que l’urgence est de fédérer ce qui reste du camp de la « vraie » gauche, n’en déplaise à J.-L. Mélenchon récusant les « savantes explications pour discerner la vraie gauche de la fausse » (EP 31) : en effet, « la gauche peut mourir », fédérons d’abord ce qui reste de ses forces vives agissantes. Et arrêtons tout à fait de penser que tout le « peuple » est attiré par le FN : les chiffres montrent que le succès du FN résulte mécaniquement de la droitisation de l’électorat de droite (lequel a toujours été pour une bonne part un électorat ouvrier ou plus généralement encore, salarié). Soyons clair : il ne s’agit pas, en tout cas pas d’abord, de s’adresser à l’extrême-droite ou à ceux qui sont attirés par les thèses de l’extrême-droite, mais de reconstruire un discours fort à la gauche du PS : redéfinir la « vraie » gauche.
  3. Jean-Luc Mélenchon, comme il l’explique lui-même, est passé d’une phase où il s’agissait de trancher à une phase plus fédératrice. Encore un petit effort, camarade : il n’est pas sûr que la relégation du mot « gauche » soit à l’ordre du jour en France, contrairement à ce qui s’est passé en Amérique du Sud ou en Espagne. Substituer à la polarité parlementaire gauche-droite une opposition « citoyenne » entre « le peuple » et les oligarchies (EP 31) réactive des soupçons de « bonapartisme de gauche », auxquels il faut répondre. Certes, J.-L. Mélenchon s’appuie sur la phrase fameuse de Robespierre (p. 31 « Je suis du peuple etc. ») et la polarité d’origine parlementaire gauche-droite se rattache à la tradition révolutionnaire française dont il se réclame par ailleurs. Revendiquer le mot « gauche » aurait le mérite d’inscrire clairement la « révolution citoyenne » et la convocation de l’assemblée constituante dans la continuité politiques et historique de la tradition républicaine française, dont certes la mémoire se perd (cette perte de mémoire qui m’a fait écrire Les Rouges), mais qui demeure vivace en France, je le crois. D’autre part, on sent chez Jean-Luc Mélenchon une hésitation à quitter tout à fait les sentiers balisés de l’électoralisme social-démocrate (avec les écueils afférents de personnalisation) : mais sa pensée à cet égard est en avance sur son  sentiment (peut-être même sur ses intentions politiques).
  4. Certaines nuances demeurent entre les « voies » de pensée et d’action dégagées par E. Morin et celles proposées par le livre de Jean-Luc Mélenchon. Disons trop brièvement que l’universalisme dont se revendique l’homme politique paraît encore un peu trop abstrait. Les notions d’ « enveloppement » ou de « démondialisation » proposées par E. Morin demeurent à exploiter, ainsi que son insistance sur la nécessaire diversité humaine et la valorisation des cultures primitives ou anciennes, modulant l’occidentalo-centrisme de l’universalisme abstrait « républicain » compromis dans la colonisation, ou ses réflexions sur la nécessaire révolution cognitive pour penser l’articulation nouvelle du politique, du culturel (intellectuel) et du psychique : « Le développement, écrit Morin (LV 39-40) a secrété un sous-développement intellectuel, parce que la formation disciplinaire que nous, Occidentaux, recevons, nous apprenant à dissocier toute chose  nous a fait perdre l’aptitude à relier et, du coup, celle à penser les problèmes fondamentaux et globaux ».
  5. L’un et l’autre cependant pêchent à mon sens également par un optimisme  trop grand  concernant la rationalité universalisante. Optimisme sur les capacités heuristiques de l’autoexamen et la portée thérapeutique ou politique de la réflexivité pour Morin : j’avoue cependant que je partage cet optimisme, même si je me le reproche. Cela conduit le philosophe notamment à négliger la question des modalités pratiques de l’action politique et l’influence des institutions politiques.
  6. Chez Jean-Luc Mélenchon au contraire, l’optimisme heuristique débouche sur une surévaluation des méthodes de « l’éducation populaire » ; a contrario, son analyse des nouvelles modalités d’action politique révèle un manque de confiance dans le militantisme politique traditionnel (certes en crise), dans la structuration politique à la base. Et l’on retombe du coup, faute de « mouvements » spontanés urbains, à cause de ce chaînon manquant de l’enracinement politique, sur le risque d’un bonapartisme de gauche, dont J.-L. Mélenchon serait l’homme providentiel. Mais on sent que sa pensée est en évolution sur cette question, et une fois encore, en avance, peut-être sur ses intentions politiques (qui le portent à ne faire confiance qu’à lui-même) ; donnons-lui crédit d’ouvrir d’autres pistes d’action, notamment grâce au mouvement horizontal Pour la Vème République qu’il vient de lancer, et que j’appelle à rejoindre.  
  7. Cependant un mot encore sur ce risque de « bonapartisme de gauche » (ou de chavisme, si on préfère) : l’emploi du mot « planification » (EP 91) à propos de l’écologie politique (mot qui « fait peur » EP 91 en effet, puisqu’il est celui de la politique étatiste centraliste stalinienne ou gaullienne) laisse planer un doute, quant au rapport à l’Etat, et au type d’Etat (institution du commun) qu’il s’agit de défendre. Tout ceci reste à éclaircir par la délibération libre dans le Mouvement pour une VIème République.
  8. Je suis également sceptique sur une certaine tonalité « nationale » dans certains passages du livre, notamment celui-ci : la France « nation universaliste » ayant vocation à « s’étendre sans fin » « du point de vue des principes qui l’organisent et la régissent » (EP 80). Certes, la France, deuxième puissance du monde, du point de vue de l’étendue, compte-tenu de ses territoires maritimes, aurait intérêt à exploiter écologiquement les ressources de la mer (cela est intéressant). Mais cette arrogance un brin impérialiste, même purement intellectuelle (les principes politiques), me gêne – même si elle est formulée pour contrer la mélancolie décliniste ambiante.
  9. J’aurais tendance, quant à  moi, à tempérer cet optimisme rationaliste du philosophe et du politique par un intérêt marqué pour le pessimisme freudien d’un Georges Bataille (je mettrai en ligne dès parution ces jours-ci dans un ouvrage collectif de mon texte : « La Politique de Georges Bataille ») : la nécessaire mise en cause de l’opposition rationaliste foi/raison (politique et religion) est à mon sens bien plus radicale chez ce poète de la pensée que chez E. Morin, même si la clairvoyance du philosophe à cet égard est ce qui s’est formulé de plus intéressant sur cette question (notamment dans son livre Autocritique, sur lequel je reviendrai dans un autre texte). Jean-Luc Mélenchon, sur cette question, en reste souvent à de rassurantes et classiques ritournelles « laïques », mais son intérêt pour la théologie de la libération, sa « religion de l’humain », et sa réflexion personnelle sur les racines religieuses de son propre engagement (la foi de sa mère : voir une interview récente) laissent entrevoir des clairvoyances intéressantes à cet égard.
  10. Mais j’en viens à mes réticences les plus marquées : elles concernent le chapitre « Le retournement du monde ». Première nuance. J.-L. Mélenchon écrit : « L’histoire en cours est celle  de la lutte de l’oligarchie pour le pouvoir absolu. Parce qu’elle n’a pas le choix » (EP 67). Je ne conteste pas le fait, mais il est très nécessaire à mon sens d’écrire le mot oligarchie au pluriel. Ce singulier fait à mon sens commettre à Jean-Luc Mélenchon une erreur d’appréciation, sûrement due à sa lecture très latino-américaine des actuels changements de rapports de force mondiaux. L’analyse de l’émergence des BRICS est passionnante, et l’évènement que fut en août dernier leur décision de « commercer dans leurs monnaies nationales » (EP 72) parait en effet déterminante : elle signifie la fin de l’hégémonie économique du dollar, et donc la fin d’une globalisation « américaine », telle qu’elle s’est imposée après la Chute du Mur. Certes « l’empire américain » reste militairement dominant (quoique les avis paraissent à cet égard partagés), et on peut craindre que son déclin hégémonique (voire sa chute brutale, en effet envisageable) ne le conduise à provoquer une guerre généralisée, ou du moins un dangereux et instable jeu d’alliances dont on a déjà vu les effets dévastateurs. Certes le GMT, signe patent de sa volonté impérialiste intacte est un effet de sa réaction à son déclin et montre les risques engendrés par celui-ci. 
    Mais faut-il pour autant soutenir les initiatives des BRICS, notamment la proposition « faite par la Chine de créer une monnaie commune mondiale » (EP 71) ? Certes « nous sommes en opposition frontale avec les USA sur des points essentiels » (EP 77) touchant notamment aux droits de l’homme, à la démocratie, aux droits sociaux, à l’écologie. Mais partageons-nous davantage de valeurs avec les chinois, avec Poutine, avec l’Afrique du Sud ? Les visées impérialistes des chinois sont-elles moins dangereuses que les américaines ? N’y a-t-il pas des oligarques russes, chinois, sud-africains etc. qui dominent la politique de leurs pays en imposant les mêmes modèles financiers et politiques que les banksters US et avec lesquels nous ne partageons rien.
    Plusieurs faits me semblent (à vue de nez de citoyen moyennement informé) aller dans un autre sens que ceux cités précédemment. 
    La politique d’Obama n’a-t-elle pas deux axes : moindre implication militaire directe dans les conflits,  et détente avec l’Iran ? Certes, le désengagement américain tend à mettre en avant ses alliés, notamment l’Europe et la France : mais est-ce une politique « atlantiste » de la part des Français ou le signe d’une faiblesse américaine et l’émergence d’une multipolarité de fait, que personne ne pense ni ne domine ? D’autre part, d’après ce qu’il m’a semblé comprendre, l’Etat Islamique est financé par l’Arabie Saoudite, notamment pour récupérer un moyen de pression sur les Américains, précisément parce qu’Obama a pris ses distances avec cet Etat. Obama ne sera pas toujours président, et l’analyse de Jean-Luc Mélenchon sur  la dangerosité du déclin américain est complètement valable. Mais force est de constater que la politique d’Obama (on pourrait ajouter : moindre soutien à la politique belliciste d’Israël, même si c’est une affaire de nuances) n’est pas militairement ouvertement et directement offensive. D’autre part enfin, la puissance américaine n’a pas dit son dernier mot, peut-être (une découverte nouvelle en matière de maîtrise d’énergie, thermonucléaire par exemple, serait peut-être en mesure de changer au moins provisoirement la donne : ils y croient en tout cas).
    Bref, je ne suis pas sûr que le « non-alignement » des BRICS, même s’il offre des marges d’action sur le plan international (en offre-t-il sur ces questions essentielles que sont les questions écologiques ou sociales ?) et ouvre des contradictions entre oligarchies peut-être exploitables, soit, en définitive, par défaut d’émergence d’organismes internationaux véritablement régulateurs dans le sens d’une « politique de civilisation », plus défendable que l’ex-Bloc soviétique. Dialectique subtile à doser : jouer des contradictions d’accord, refuser le chantage à la guerre (à propos de l’Ukraine par exemple), mais il n’est pas question, il me semble, de choisir un bloc contre un autre. On ne va quand même pas se refaire le coup du « grand frère soviétique » : la justification politique de ce choix politique géostratégique serait encore plus faible, c’est peu dire, et certaines affirmations de Jean-Luc Mélenchon me paraissent ambigües à ce sujet.
     
Je finirai par une remarque à l’égard de mes amis « intellectuels » (qui font profession d’enseigner, de lire et d’écrire). Retrouvons le goût du dialogue avec les politiques : prenons-les au sérieux, et résistons à la spécialisation des savoirs dénoncée par Michel Foucault dans L’Ordre du discours. L’intellectuel, pour « spécifique » que son humilité lui commande d’être, doit sortir de la tour d’ivoire de l’ « expertise », certes pas pour reconduire les erreurs passées de l’universalisme abstrait, mais pour enrichir de nos nuances argumentées la vision du monde généraliste que ne doit pas manquer de chercher à préciser tout citoyen qui se respecte. Il est donc très nécessaire de discuter avec les hommes politiques, lorsqu’ils font l’effort, comme c’est le cas ici, de penser.
 

 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 05:24
COMMUNIQUE DU FRONT DE GAUCHE 

La manifestation nationale de soutien au mouvement des opposants à la destruction de la zone humide du Testet dans le Tarn a eu lieu samedi 25 octobre pour l'essentiel dans le calme. Mais des incidents graves et violents ont eu lieu tard dans la nuit du 25 au 26 octobre entre les gendarmes mobiles et les opposants au projet du barrage. Suite à ces incidents, un jeune homme de 21 ans, Rémi Fraisse est décédé. Nous présentons toutes nos condoléances à la famille et aux proches de Rémi Fraisse.

Nous savons maintenant de source officielle que sa mort a été causée par une grenade offensive tirée visiblement dans le dos. La mort de ce jeune homme n’est donc pas un accident. La responsabilité en revient d'abord à à tous ceux qui s'obstinent depuis des mois à imposer un grand projet inutile remettant en cause la bio diversité, bafouant la démocratie et la mobilisation citoyenne. Elle est aussi celle d’un gouvernement, et en premier lieu des ministres de l’Intérieur successifs, qui ont choisi la répression brutale, celle-ci s’aggravant même ces dernières semaines. L’utilisation de grenades offensives pour réprimer des mouvements citoyens, que le ministre de l’Intérieur a été obligé maintenant d’interdire, est d’une extrême gravité dans un pays démocratique. Elle interpelle l’ensemble des forces attachées à la liberté de manifestation et plus globalement à l’existence d’un Etat de droit. Cette situation ne peut rester sans réaction et le Front de gauche se prononce pour une large réaction démocratique unitaire.

bandeau Front De Gauche

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 05:01

Les extrémistes, est-ce vraiment ceux qui défendent notre terre commune contre l'agro-business?

Cette déclaration de Xavier Beulin au moment de la mort de Rémi Fraisse témoigne non seulement d'un manque d'empathie, mais illustre surtout un ancrage dans la droite dure du président de la FNSEA, fermé à toute considération d'intérêt général autre qu'économique.  


La FNSEA dénonce au sujet du barrage de Sivens, les "djihadistes verts" d'un mouvement "bien organisé".

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé aujourd'hui que l'opposition au barrage de Sivens (Tarn) avait généré "des djihadistes verts" et que ce qui est "présenté comme un mouvement pacifique est extrêmement bien organisé".

"L'équilibre démocratique est menacé aujourd'hui", a ajouté lors d'une rencontre avec la presse le responsable du syndicat agricole pour qui "quand une décision est prise, on l'exécute, sinon ce n'est plus une démocratie digne de ce nom".

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles s'exprime alors dans un contexte de vives polémiques autour du projet, en raison de la mort d'un manifestant Rémi Fraisse dans la nuit de samedi à dimanche.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/29/97001-20141029FILWWW00257-sivens-la-fnsea-denonce-des-djihadistes-verts.php

 

A lire aussi, article de Médiapart: 

Le projet du barrage de Sivens se révèle être un savant mélange de conflits d’intérêts, d’alliances politiciennes et d’agrobusiness. Un précédent barrage, celui de Fourogue, promu par le conseil général du Tarn, illustre toutes les dérives de cette gestion locale. Les travaux du barrage sur la zone du Testet sont suspendus et Ségolène Royal, sortie de son silence, a convoqué une réunion mardi prochain.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 07:27

Qui a dit que la France était encore une démocratie? 

 

Alors que la commission européenne s’apprête à rendre son avis sur le projet de budget 2015, actuellement en discussion à l'Assemblée nationale, le gouvernement annonce des économies supplémentaires de 3,6 milliards d'euros.

Ne tenant aucunement compte des alertes des parlementaires de toutes les sensibilités de gauche sur les conséquences dramatiques des 21 milliards d'euros d'économies déjà programmés dans le budget, Hollande et Valls anticipent les nouvelles exigences de Bruxelles. Le parlement est une nouvelle fois traité avec un grand mépris. Alors que l'exécutif disait encore il y a quelques jours que la France n'avait rien à craindre, qu'elle " fait ce qu'elle avait à faire", voilà qu'il annonce ce qui ne devait en aucun cas se produire ! Une fois de plus la parole publique prend les allures d'une vaste tromperie.

 

Tout cela en dit long sur le vent de panique qui souffle dans les couloirs de l'Elysée, Matignon et Bercy.
En échec sur l'emploi, la croissance et le déficit, Hollande et Valls ajoutent à ce bilan apocalyptique une totale soumission aux exigences qui viennent de Bruxelles, ou d'un patronat déterminé à attaquer plus encore le marché du travail.

Comment, avec une telle actualité, accepter de voter demain le PLFSS ? Il faut stopper Valls et prendre un autre chemin.

 

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