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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 21:00

Le Préfet du Finistère vient de concéder  aux sociétés Algolesko et Bamejyot l'usage exclusif de 225 hectares du Domaine Public Maritime au large de la Commune de Moëlan sur mer.

Elles y cultiveront 200 hectares d'algues brunes et 25 hectares de coquillages. 

Cette entreprise d’ampleur inédite à ce jour participe du projet  Breizh'Alg soutenu par le Conseil Régional. Elle en est une des premières déclinaisons départementales.

Elaboré en catimini, justifiant d'une enquête publique minimum, certes conforme à la réglementation mais totalement inadaptée à une exploitation d'une telle nature, le projet a soulevé dans un premier temps une série d'interrogations justifiées par l'étude approfondie du dossier soumis à enquête, des associations environnementales et patrimoniales, de la mairie de Moëlan et du Député de la circonscription. Ces interrogations se sont transformées en une franche opposition devant les réponses proposées par les porteurs du projet, certaines collectivités territoriales et les services de l'Etat.

Depuis la découverte fortuite du dossier, au début du mois de janvier dernier, la mobilisation est allée en s'amplifiant. Deux manifestations organisées au mois de juillet et au mois d’août ont réunis chacune 500 personnes.

Huit associations locales et régionales ont constitué un groupe de travail dont chacun a pu noter le sérieux et la compétence. Ce groupe de travail s'est notamment entouré de l'avis de spécialistes, chercheurs en biologie marine, professionnels de l'algo-culture. Les tentatives, habituelles, de disqualification – grincheux, égoïstes, rétrogrades ou opposants systématiques- ont tourné court – devant la qualité des analyses et des propositions du groupe travail.

Le Préfet a du tenir compte d'ailleurs de la mobilisation et des remarques du groupe de travail puisque le projet initial a été modifié. Les superficies concédées et la durée de concession ont été réduites- et la mise en place de commissions de suivi du projet actée.

Cependant il aurait été sage, comme le demandaient le Maire de Moëlan et les associations de différer l'autorisation d'exploitation et de laisser le temps à l'expérimentation comme vient de le faire la préfecture d'Ile et Vilaine dans un dossier similaire.

En effet, ce projet, même contraint reste très impactant tant d'un point de vue du droit des usagers que d'un point de vue environnemental. Il aura par ailleurs à terre, des conséquences logistiques  largement sous estimées, sans parler du traitement des algues récoltées qui pour le coup relève de la plus totale improvisation.

La mise en culture artificielle d'une seule espèce d’algue, fut elle locale, sur une superficie totalement inhabituelle dans le milieu naturel risque de s'accompagner d' effets collatéraux qui ne peuvent, tel que l'étude a été conduite, être appréhendés. Les porteurs de projet et les services de l'Etat le reconnaissent. Ils ne s'en inquiètent pas outre mesure bien que le danger d’interaction des cultures d'algues avec les populations sauvages d'algues soit classé dans la catégorie « incidences dont le degré ne peut être évalué à priori » et aurait justifié à lui seul l'application du principe de précaution.

Les conditions dans lesquelles l'autorisation d'exploitation a été accordée interroge sur l'exercice de la démocratie réelle.

Le Préfet a décidé de ne tenir aucun compte de l'avis des représentants de la commune la plus concernée par le projet. Au passage, il n'accorde pas plus de considération à l'avis du député de la circonscription.

Le travail des associations, favorables sous condition au développement de la phyco-culture, soulignons le, a été considérée de fait avec distance, malgré la présence en leur sein de spécialistes et de professionnels expérimentés.

Les travaux du collège d'experts mobilisé par l'Etat en 2012, dont les résultats sont consignés dans le rapport intitulé «Expertise du projet de filière d'algoculture alimentaire en Bretagne », ont été superbement ignorés. L'économie du projet Bamejyot Algolesko est en tout point contraire aux conclusions des experts. Ceci explique sans doute cela.

Dans la même veine la Charte des Espaces Côtiers Bretons, récemment élaborée par le Conseil Régional et dont la COCOPAQ est signataire. aurait pu trouver en la matière une belle occasion d'expérimentation. Elle a été soigneusement laissée au tiroir.

Porté par un conglomérat associant aux yeux de la population médusée, l'Etat, une partie des élus et les entrepreneurs (que tout bon citoyen est sommé d'aimer faut il le rappeler), un projet hasardeux, potentiellement porteur de dangers environnementaux et de conflits d'usage, a été validé.

Si le développement à vaste échelle en terme d'espace et de production de la phyco culture est un enjeu d'avenir, mobilisateur de savoir faire, créateur d’emplois pour notre département et pour la Bretagne il y a urgence à définir les critères qui permettront le déploiement harmonieux de cette activité.

Il y a dans le Finistère une tradition multi séculaire d'exploitation, de transformation et d’utilisation des algues. Mais les projets portés à l'échelon européen, national et régional sont d'une autre nature que les pratiques actuelles. Leurs dimensions industrielles et artificielles modifient les approches traditionnelles et supposent que la puissance publique se dote de méthodes d'évaluation en rapport avec les nouveaux enjeux.

La mer, le littoral ont été de tout temps des espaces de production et d'échange. Il n'est as question aujourd'hui qu 'il en soit autrement au moment où  nombre de secteurs de l'activité  maritime connaissent de profondes mutations bouleversant l'économie des territoires. La mer est une espace de production, un espace partagé et doit le rester.

 Dans cet esprit la fédération finistérienne du Parti  Communiste Français considère que le développement de la phyco culture doit être à la fois soutenu et encadré.

Elle propose notamment que :

Les parlementaires du département s'attachent à rendre compatibles les enquêtes publiques avec la nature des projets de mise en culture des algues. Les procédures en vigueur sont celles utilisées pour l'autorisation de concessions conchylicoles et mytilicoles de dimensions modestes et pour des espèces connues. Elle soutiendra toute initiative en ce sens.

Les projets d'algo culture fassent l'objet d'une procédure de publicité et de concertation associant tous les acteurs très en amont de la mise en enquête.

Le référentiel de validation s'appuie sur les documents d'expertise et de gestion durable des territoires

 

le département du Finistère élabore, avec les services de l'Etat, les associations représentatives et les professionnels du secteur un cadre de critères économiques, sociaux et environnementaux et se dote d'une charte de développement durable de la phyco culture. 

 

Commission Maritime du Parti Communiste du Finistère

 

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 20:31

Nouvel épisode de la série "On leur fait un dessin" : le décryptage de 
la réforme des collectivités en 5 minutes chrono.

http://www.dailymotion.com/video/x2a077c_ep-25-le-hold-up-democratique_news

 

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 20:09
 De l'utilité de s'instruire sur un dangereux propagandiste de la haine raciale.   
Voici des accès gratuits pour des articles de "présentation" de Soral l'idéologue de la nouvelle extrême droite :
- l'article principal (premier des deux volets, le second sera publié d'ici :http://www.mediapart.fr/article/offert/89c9d221b76f64b1806f9b89880a8092
- un portrait rapide : http://www.mediapart.fr/article/offert/fc5838f38fad7a912d2d16dd094778ee
- une sélection de citations par thèmes : http://www.mediapart.fr/article/offert/2d6195e90590feede4a29af1d60e64aa
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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 21:15

pierre laurent

 

Cher(e)s camarades,

Notre pays, tout au long du siècle écoulé, a traversé des épreuves, il a connu des crises, des guerres, des périodes sombres où la société française s'enfonçait dans la perte de sens, l'angoisse, la colère et la peur, et où des forces rétrogrades tentaient de défaire la République et ses valeurs.

Dans ces moments difficiles - bien fou celui qui affirmerait le contraire – la France a toujours pu compter sur les communistes pour conjurer le danger et ouvrir les chemins d'une nouvelle phase d'essor de la nation, qui a souvent libéré une très grande créativité sociale. Toute l'histoire de notre parti en porte témoignage. Au lendemain de la boucherie de 14-18, dans la crise des années 30, dans la Résistance et à la Libération, face aux guerres coloniales, dans la reconstruction de la gauche après la reprise en main gaulliste de 1958, dans lesbouleversements de 68 jusqu'aux victoires nées du programme commun, dans les batailles contre le traité de Maastricht ou le Traité Constitutionnel Eeuropéen, quand Jean-Marie Le Pen a accédé au second tour de l'élection présidentielle, chaque fois les communistes ont été au rendez-vous avec les Français qui avaient décidé de ne pas subir, de refuser la fuite en avant, pour construire les chemins del'espoir vers un autre monde, une nouvelle société.

Je ne vais tourner autour du pot. Nous sommes à nouveau dans un tel moment historique pour notre pays, et pour l'Europe toute entière.

L'année 2014 a été un tournant. Avec un enfoncement dramatique dans le chômage et l'austérité, l'annonce du Pacte de responsabilité sous les applaudissements du Medef, la nomination de deux gouvernements Valls qui ont changé la nature du pouvoir et acté ouvertement la trahison des électeurs de 2012, le choc électoral des deux scrutins municipaux et européens, la décrédibilisation accélérée du Président de la République dont la piteuse émission de jeudi soir n'est qu'un énième épisode, et la prétention affichée hier par Marine Le Pen en réaction à cette émission de s'introniser « chef de l'opposition » lors du congrès du FN les 28-29 novembre à Lyon... la coupe est pleine pour cette année.

La France souffre, c'est une terrible évidence. Face à cette situation qui n'a pas de précédent, dans un monde en pleine mutation, notre responsabilité est à nouveau engagée.

Oui, les communistes sont une des forces qui peuvent relever le défi lancée à la démocratie et à la France. Nous sommes au coeur de ces forces. C'est donc à cette question centrale, comment prendre les initiatives politiques majeures appropriées à cette situation, que nous devons consacrer nos travaux.

Mon introduction sera brève et centrée sur les principaux enjeux de notre agenda politique.

Je souhaite que nos travaux nourrissent l'appel que je lancerai dimanche en notre nom à tous en m'adressant à la France et aux Français en conclusion de cette conférence. C'est donc conscients des périls qui pèsent sur notre pays, de ceux que lui fait courir le pouvoir en place, et déterminés à offrir une alternative de justice, de paix et de solidarité à notre peuple, que j'aborde avec vous cette conférence nationale.

La France est mal engagée, mal gouvernée, trahie par un pouvoir qui n'a ni idée nouvelle, ni ambition véritable si ce n'est de servir les intérêts des marchés, du CAC 40 et de la finance qui nous gouvernent en vérité, comme si répondre à leurs exigences toujours plus folles de rentabilité, ce qu'ils appellent la compétitivité, était un chemin pour nous sortir de la crise.

C'est l'inverse, tout le démontre : la politique suivie détruit les atouts du pays, alimente des risques nouveaux de tornade financière et économique, s'attaque violemment au modèle social, abîme la démocratie, se moque des défis environnementaux sur lesquels les experts du GIEC viennent de tirer un nouveau signal d'alarme.

La France n'a aucun avenir dans cette voie. Pire, elle a tout à perdre. Pour nous, il est hors de question de laisser le pays sombrer dans l'échec, accepter ou se résigner au scénario catastrophe programmé.

Ce qui signifie tout à la fois que nous voulons battre les politiques d'austérité et permettre à la France d'en sortir au plus vite, et que nous refusons la perspective de la descente aux enfers qui ouvrirait par réaction, une fois touché le fond des abîmes, la révolte finale.

Nous croyons à un processus de luttes permanentes. Et nous en tirons les conclusions : pour déjouer ce scénario, tous nos efforts doivent être consacrés, dans une dynamique de luttes politiques, à la construction d'une alternative de gauche.

Permettez moi d'insister : je dis bien construire une alternative de gauche, et non pas l'invoquer.

Autrement dit, se donner les moyens de luttes politiques suffisamment amples et rassembleuses aptes à construire des solutions de gauche pour sortir la France de l'austérité, à formuler les axes d'un nouveau projet politique de développement dans une nouvelle République, et indissociablement à rassembler assez de forces pour porter ces solutions, les faire gagner et les mettre en oeuvre.

Toute autre voie, je le pense sincèrement, tout raccourci avec cet effort politique ne sera dans la situation que nous connaissons qu'illusion. C'est à ce niveau que nos ambitions doivent se placer, à ce niveau très élevé mais accessible comme je m'emploierai à l'expliquer dans quelques instants.

Depuis un an, tous les choix politiques de François Hollande et de Manuel Valls ont tourné le dos à la gauche, visé sa recomposition voire sa décomposition, et assumé l'installation d'une scène politique réduite à trois acteurs : eux et leur ligne social-libérale, la droite UMP et le FN.

Ce jeu dangereux tourne au cauchemar avec leur effondrement politique. Les apprentis sorciers ne maîtrisent plus les monstres créés par leurs élucubrations idéologiques et politiciennes.

Ainsi leur disqualification croissante crée un sentiment de vide pour des millions de nos concitoyens.

La légitimité du couple Hollande-Valls est gravement atteinte. Même après la mort de Rémi Fraisse, événement gravissime et révoltant s'il en est, touchant aux fondements de ce que sont les valeurs de gauche, le gouvernement se montre incapable de s'expliquer, de dire la vérité, d'identifier les responsabilités, suscitant notamment dans la jeunesse un sentiment de révolte légitime.

Et je veux redire ici avec force, et notre indignation devant cette mort révoltante, et notre solidarité totale avec l'exigence de vérité de la famille. Nous demandons que les responsabilités soient établies et sanctionnées. Non, en 2014, en France, on ne doit pas mourir pour ses idées.

Non seulement François Hollande et Manuel Valls ne fédéreront plus les consciences de gauche de ce pays, pour peu que le second ne l'ai jamais fait et ait jamais eu l'intention de le faire, mais leurs choix politiques, les méthodes et les mots employés pour les imposer heurtent au plus profond ces consciences et sont vécus comme un véritable traumatisme par toutes celles et ceux qui ont permis la victoire sur Sarkozy et l'UMP en 2012.

Sous l'effet du renoncement assumé du pouvoir devant toute perspective de transformation sociale, à rebours de toutes les attentes populaires, la rupture se consume dangereusement entre le système institutionnel, ses représentants et la population dans sa grande masse : la privatisation progressive de l'espace public y compris maintenant dans sa dimension territoriale avec la réforme des collectivités, les attaques répétées et structurelles contre l'Etat social (retraite, code du travail, modes de représentations...) mettent à mal les valeurs et repères qui scellaient notre pacte social et républicain.

Du séisme possible, nous en avons politiquement mesuré les prémices ravageurs lors des scrutins municipaux et européens: une fracture démocratique béante, une part croissante de la population qui s'auto-exclut du débat institutionnel, refusant son cadre imposé; une extrême droite qui se nourrit de cette situation pour se positionner au coeur du débat politique et idéologique.

Je le répète : cette situation extrêmement dangereuse nous appelle au déploiement d'un immense effort de rassemblement politique pour une alternative de gauche capable de remettre en conquête les nombreuses forces disponibles laissées en friche par le pouvoir actuel.

C'est donc à une étape nouvelle, quantitativement et qualitativement nouvelle, de la démarche que nous avions engagé en créant le Front de gauche que nous sommes appelés. Une étape dans laquelle il nous incombe de prendre pour notre part en charge l'avenir de la gauche toute entière et pas seulement de la partie de la gauche que nous constituons.

Si la première et principale raison de l'affaissement du soutien aux forces de gauche et de l'écologie politique, de la difficulté du mouvement social et syndical à être à la hauteur des remises en cause sociales et des attaques de la droite et du MEDEF est à chercher dans la politique Hollande Valls, il n'en reste pas moins qu'il en va de notre responsabilité d'engager tous nos efforts politiques vers la construction d'une alternative et du rassemblement populaire et politique sans lesquels elle n'existe pas.

Oui un mouvement populaire et citoyen de tout notre peuple, car c'est de l'avenir de la France qu'il s'agit.

Dans un livre passionnant qu'il vient de publier, « les derniers jours de la Ve République », l'écrivain Christian Salmon estime que « l'après-Hollande a déjà commencé ». L'émission de TF1 vient en effet de le confirmer. Quant à Manuel Valls, il n'est pas le Premier ministre de la gauche et ne le sera jamais, mais celui d'une minorité des socialistes qui veulent abandonner le mot socialiste. Il ne s'en cache pas. Il veut tuer la gauche, et l'espoir de la transformation sociale avec elle, relançant le flirt avec Bayrou, qui vient lui de battre la gauche à Pau avec l'appui de l'UMP.

Jamais d'ailleurs on aura vu d'un gouvernement socialiste autant de mépris pour les sans emplois, les sans papiers, les « sans dents ». Les pauvres montrés du doigt, les immigrés devenus des boucs émissaires, la guerre des religions entretenue et attisée, les syndicalistes, les militants politiques, associatifs criminalisés, la finance montrée en exemple à la City… quel militant socialiste peut se reconnaître dans ce piétinement systématique des valeurs?

Nous ne laisserons pas faire. La gauche, ce n'est pas à Manuel Valls d'en fermer le cercueil, ce n'est pas sa famille, lui qui ne l'a en vérité jamais aimé. En vérité, si nous voulons éviter le retour combiné de la droite et de l'extrême droite du Front national, lui et son gouvernement devront laisser la place. C'est sans attendre que nous voulons travailler à une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat de transformation social, écologique et démocratique, qui devra être mis en oeuvre par un nouveau gouvernement et un nouveau Premier ministre.

Plus tôt en seront créées les conditions, mieux vaudra pour le pays. La France est dans l'urgence.

Comment avancer dans cette direction , et est-ce tout simplement possible, accessible ? Je le pense et voudrait maintenant exposer ce que devrait être à mes yeux nos axes de réflexion durant ce week-end.

Je veux faire une première remarque. Chaque jour, et alors même que se manifestent de nouveaux signes inquiétants de la crise politique, des femmes, des hommes agissent, se révoltent, se rassemblent un peu partout dans le pays pour dire un autre avenir dans notre pays. Cette vitalité solidaire et démocratique reste considérable et , même quand tout semble se fissurer de partout, nous sommes, vous êtes, au coeur de ces forces qui relèveront le pays,

qui sauront puiser dans leur créativité et leur audace, les bases du pays nouveau qui sortira de la crise. Ce n'est pas une incantation, c'est un fait.

Les communistes sont dans les luttes à la SNCM, avec les chercheurs en marche, à Fralib, à la Belle Aude ou à Nice Matin où les salariés portent leurs projets de coopérative, avec les coiffeuses du boulevard Saint-Denis, à Renault, à PSA, à Sanofi, aux Grands Moulins Maurel, à l'Université du Puy de Dôme, à la SNCF, à Kem One, avec les manifestants de Sivens, avec ces femmes qui luttent pour l'abolition de la prostitution, à Michelin, avec les hospitaliers en lutte sur tout le territoire, avec les fonctionnaires contre la dégradation de leurs conditions de travail et du service public, à Total, avec les syndicalistes paysans et les populations pour refuser l'agriculture productiviste symbolisée par la ferme-usine des 1000 vaches, avec les lycéens sans papiers, avec les militants du peuple Kurde, avec les militants pour la paix et la reconnaissance de l'Etat Palestinien, avec celles et ceux qui manifestent contre TAFTA, à EDF, avec celles et ceux qui empêchent des expulsions locatives, avec celles et ceux qui luttent contre les coupures d'eaux et de gaz, avec celles et ceux qui luttent contre les idées du FN.

Je pourrai continuer cette liste à la Prévert. Nous serions là, encore, avec nos militants et nos élus, animés du même esprit rassembleur, constructif, avec le seul souci d'être utile à notre peuple.

Quand la France est dans la tourmente, les communistes sont au rendez-vous. Je veux, à travers vous, tous les saluer car ce n'est pas facile, parce que cela demande du courage et que nous ne sommes pas, chacune, chacun, épargnés par la crise et la dureté des conditions de vie qu'elle impose à tout notre peuple.

Mais c'est notre ADN, et notre fierté, d'être des « invincibles chevaliers, des assoiffés » pour reprendre les vers du poète turc Nazim Hikmet. Des « invincibles » qui luttent pour notre planète, son air, son eau, son sol, pour l'égalité des femmes et des hommes et pour tous les droits humains. Des « assoiffés » que ne font jamais reculer les pouvoirs de l'argent qui oppriment les peuples, qui vivent, aiment, sans savoir quand ils vont gagner, mais qui savent que cela dépend d'eux et de leurs frères et soeurs humains.

 

C'est en pensant à toutes ces femmes et tous ces hommes, à tous ces liens tissés dans le quotidien qu'il me paraît possible de nous fixer trois objectifs.

Le premier objectif pourrait être de déployer dans tout le pays, en partant de ces mille et une luttes, un puissant, large et permanent mouvement d'action pour stopper les politiques d'austérité, en sortir la France et l'Europe au plus vite, et pour imposer la relance progressive des grandes politiques sociales, industrielles, écologiques, démocratiques sans lesquelles aucune sortie de crise ne sera possible.

C'est vrai que le matraquage est incessant pour enfermer la réflexion populaire dans les dogmes libéraux sur la dette, en masquant ses causes réelles liées au cancer de la finance, sur le coût du travail, sur la protection sociale, la dépense publique et l'impôt, voués aux gémonies alors que l'une et l'autre, utilement et justement déployés, sont le socle d'un progrès social partagé.

Mais c'est vrai aussi que chaque jour qui passe atteste de l'échec profond de ces politiques libérales et du rejet qu'elle provoque chez les Français, car les gouvernements successifs, Hollande après Sarkozy, ne parviennent pas à obtenir leur adhésion. Il était frappant de voir sur TF1 comment, à l'exception de la chef d'entreprise, les trois Français choisis par TF1 continuent de réclamer au chef de l'Etat la satisfaction de besoins sociaux majeurs.

La possibilité demeure donc entière de transformer progressivement le mécontentement populaire en un puissant mouvement de demande de sortie des politiques d'austérité.

Cela exige, c'est vrai, une bataille politique et idéologique de tous les instants, mais ne nous manquons pas d'arguments.

Notre diagnostic sur la crise s'avère juste à l'inverse de toutes les prévisions à chaque fois assénées comme des vérités implacables. Et aujourd'hui, non seulement nous n'allons pas vers une sortie de crise, mais tout prépare une nouvelle séquence d'aggravation brutale de la crise du système.

L'austérité menée partout en Europe fait planer la menace d'une troisième récession depuis 2009. Le risque ne sera pas évité sans une relance massive de la demande sociale, salaires, formation, emplois et services publics, contrairement à tous les choix actuels. Et par ailleurs l'austérité allant de pair avec un soutien continu aux rendements financiers, les immenses gâchis matériels et financiers qui perdurent font craindre un nouveau krach. Les banques sont protégées, nous dit-on, mais c'est en étouffant le crédit et en protégeant leurs marges, c'est donc toujours la même fuite en avant.

La bataille pour stopper au plus vite, je dis bien stopper, les politiques d'austérité partout et chaque fois que c'est possible, doit donc s'amplifier sur tous les fronts. Il existe des majorités, une majorité de Français à rassembler pour cela. Nous devons convaincre et donner confiance, en montrant combien la France aurait gagner à cette rupture.

Sur tous les fronts, dis-je, et cela commence au quotidien dans toutes les luttes. Quand millions de personnes ne savent pas si elles vont pouvoir manger à leur faim chaque jour.

Quand 12 millions de personnes se considèrent comme mal logés. Quand 80 % de la population a peur de tomber dans la pauvreté, c'est à dire avec moins de 5 euros par jour pour se nourrir, se vêtir, se loger, se chauffer, se soigner, prendre soin des enfants, se déplacer…

Oui il y a urgence à l'action. Lutter contre l'austérité, c'est mener des actions pour créer des chaines humaines contre les expulsions, ou les coupures d'énergie, d'eau. C'est mener des actions contre les marchands de sommeil, ou les huissiers qui vivent de la misère. C'est mener des actions de solidarité avec les plus fragiles. C'est ne pas rester silencieux face aux violences que subissent de plus en plus de femmes. C'est notre capacité à nous révolter, à ne pas laisser faire l'insupportable, à construire des réseaux de solidarité dans la proximité quiouvriront le champ du possible en politique pour des millions de nos concitoyens.

Sur tous les fronts, c'est combattre la thèse du ras-le-bol fiscal qui vise en vérité à justifier les exonérations massives de cotisations sociales et les crédits d'impôts sans contrepartie pour les entreprises, les niches fiscales pour les plus fortunés, mais qui ne dit rien des véritables scandales : la TVA qui rapporte trois plus que l'impôt sur le revenu parce que ce dernier est un gruyère total quand on arrive dans les hautes tranches de revenu, et près de six fois plus que l'impôt sur les sociétés ; les grandes sociétés et les multinationales qui ne paient rien comme vient de le démontrer le scandale du Luxembourg de Monsieur Juncker ; les coupes budgétaires pour les collectivités locales qui vont obliger nombre d'entre elles à augmenter les impôts locaux si elles ne veulent pas sacrifier leurs services publics.

Sur tous les fronts, c'est en ouvrant au grand jour les comptes des banques et exiger le changement des politiques du crédit, rationnées pour la demande sociale et les PME, généreuses pour la finance, comme vont le faire les camarades de Paris mercredi soir devant la banque BNP-Paribas, comme nous devrions le faire partout en exigeant un moratoire du paiement des intérêts bancaires pour les collectivités locales mises en difficulté par les suppressions de dotations budgétaires.

Sur tous les fronts, c'est en menant partout une bataille de vérité sur les gâchis du CICE et du crédit d'impôt recherche. J'ai en tête cette entreprise verrière près de Dieppe, qui fabrique les flacons pour les parfums des grands groupes de luxe, et qui voit une partie non négligeable des millions touchés remonter de fait vers les profits de ces groupes. Chacun a des exemples de l'indécence de ces cadeaux.

Oui, il faut partout demander des comptes aux entreprises, aux banques et à l'Etat.

Je ne vais pas plus loin. Je pourrais parler de toutes les luttes pour les droits des femmes, pour les services et la protection sociale, pour le logement et le scandale des aides fiscales à la promotion spéculative qui continue de plus belle tandis que la construction sociale reste en panne. Vous m'avez compris.

C'est à cette première question qu'il nous faut travailler : quelles campagnes durables ? quelles initiatives construire pour que grandisse dans le pays un mouvement irrésistible de mise en cause des politiques d'austérité, jusqu'à les stopper, pour d'autres solutions ?

La journée d'action du 15 novembre décidée par le collectif 3A créé à l'issue de la manifestation que nous avions initié le 12 avril est une étape. La manifestation des chômeurs le 6 décembre en est une autre. Mais il faut construire dans la durée, dans tout le pays, dans toutes les dimensions.

La crise institutionnelle et démocratique est, je l'ai dit, une dimension constitutive de la crise globale. La République est attaquée dans tous ses fondements, les institutions, la politique comme espace de délibération publique et citoyenne, les valeurs. Du même coup, la solution à la crise, c'est aussi et inséparablement une nouvelle République, une sixième République.

La réforme territoriale est un enjeu central comme le sont la démocratie et les droits nouveaux dans l'entreprise. Les élections départementales et régionales de 2015 nous donnent l'occasion d'une bataille nationale et populaire sur ces enjeux démocratiques fondamentaux.

Nous avons en vue d'autres rendez-vous structurants. La préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 prend d'autant plus d'importance après le nouveau rapport alarmiste du GIEC. La question écologique est au coeur de notre combat pour un nouveau modèle de développement.

La convention nationale pour une nouvelle industrialisation que nous réunirons les 22 et 23 novembre sera également essentielle. Je cite également les nouvelles rencontres Niemeyer sur la ville que nous tiendrons en janvier 2015 sur le thème de la mobilité.

La bataille que nous menons pour une sortie de crise ne saurait se concevoir hors d'une bataille solidaire menée dans toutes l'Europe. En Europe, tous les voyants sont au rouge et font courir, singulièrement au sud, un grave risque de déflation dans la zone euro. Mais des voyants de lutte s'allument aussi au vert où après la Grèce et l'Espagne, c'est au tour de l'Italie et de la Belgique de connaître à leur tour des réveils de mobilisation très importants.

Il n'y aura pas de sortie de l'austérité en France sans bataille pour l'indépendance économique. Mais il n'y a pas non plus de salut dans le repli et la concurrence nationaliste : notre bataille doit être à la fois française et européenne. La suspension de l'application du traité budgétaire au profit d'un plan de relance sociale massive peut devenir une exigence européenne.

En mai prochain, cela fera 10 ans que la France a dit Non au Traité constitutionnel européen.

C'est l'anniversaire d'une époustouflante campagne citoyenne, d'un débat de fond qui a structuré la ligne rouge entre les libéraux et la majorité du peuple français, une lutte que nous avons gagnée et qui trouve aujourd'hui son prolongement dans la bataille contre l'austérité. Le PGE vient de confirmer sa décision de tenir à Paris les 30 et 31 mai prochain sur proposition du PCF un grand Forum européen des alternatives. En 2005, nous avons dit non. L'esprit du non est toujours là. Mais nous allons plus loin : en 2015, une alternative de gauche européenne se construit.

Ce Forum européen des alternatives réunira des forces politiques de tous les pays européens, des forces sociales, syndicales, des intellectuels, des citoyens prêts à refonder l'Europe. Notez bien cette initiative à vos agendas.

L'année 2015 pourrait bien être une année d'accélération de la bataille européenne. La Grèce pourrait connaître des élections législatives. Que ferait la France face à une très probable victoire de Syriza ? S'engagerait alors un énorme bras de fer intéressant toutes les forces sociales et démocratiques européennes. Nous devons nous y préparer pas seulement par solidarité avec le peuple grec mais parce qu'une victoire d'Alexis Tsipras pourrait ouvrir une brèche, un espoir pour l'ensemble de l'Europe, et devenir un élément majeur de crédibilisation de notre projet en France. Avant cela, le 24 janvier se tiendra à Barcelone un forum du sud de l'Europe pour une sortie de crise par le social, à l'initiative des camarades espagnols et grecs.

Vous le voyez, c'est une bataille d'ensemble, multiforme qu'il nous faut faire grandir pour demander l'arrêt immédiat des politiques d'austérité et le lancement d'un programme de relance sociale, de développement des services publics, d'investissements industriels et écologiques, de reconquête de nos politiques bancaires, monétaires et financières.

Toute notre bataille contre l'austérité ne vise pas seulement à changer de cap. Il s'agit de changer de logiciel pour le développement de la société, pour l'avenir de la planète et du monde. La sortie de la crise très profonde de tout le système capitaliste financiarisé doit être pour nous celle de l'invention d'une nouvelle société.

Nous avons entrepris après notre dernier congrès de remettre en chantier tout notre projet. Un travail important a déjà été accompli. Nous le poursuivons, nos conventions nationales y contribuent et nous aboutirons au premier semestre 2016 avant notre prochain congrès à une convention nationale rassemblant l'ensemble. Je lancerai demain un appel au travail commun de toutes les forces sociales, politiques, intellectuelles disponibles pour le refondation d'un tel projet dont j'avais dit au dernier congrès qu'il était en quelque sorte notre communisme de nouvelle génération.

Le second objectif sur lequel nous pourrions nous accorder est de faire avancer dans toutes ces batailles les rassemblements et les constructions politiques capables de porter jusqu'au pouvoir ces alternatives.

Notre ambition politique passe par la nécessité de construire, dans la durée, un mouvement social et politique d'ampleur capable de mettre en échec le choix de l'austérité et de promouvoir un nouveau chemin de redressement national. Ce mouvement, à l'échelle nécessaire, fait encore défaut.

Bien sûr, nous avons construit le Front de gauche, mais avec des résultats encore trop insuffisants. Bien sûr des mobilisations se multiplient, émergent de nouveaux terrains de luttes posant publiquement des questions structurantes telles celle de l'appropriation publique sociale et publique, des équilibres environnementaux et de l'éco système , de la République, de l'égalité des droits... Reste que le poids du fatalisme pèse aussi fortement sur le champ des

luttes sociales, sur les mobilisations et l'unité syndicale; persiste la difficulté à faire converger les luttes, leur donner un caractère de masse, rendre incontournables des exigences transformatrices.

C'est à quoi je vous invite à travailler en démultipliant nos initiatives politiques pour que se rencontrent, échangent et scellent des bases communes l'ensemble des forces politiques et sociales, hommes et femmes partisans de la rupture avec l'austérité et disponibles pour une alternative politique de justice. Notre Parti s'est engagé dans ce sens dès le débat de l'été, je me suis engagé personnellement pour que se créent de telles passerelles: la fête de l'Humanité, les rencontres qui y ont eu lieu et les premiers signes donnés ont constitué un premier signal fort pour une remobilisation de la gauche, ainsi que la réunion nationale du 7 septembre dernier pour une relance du FDG.

Rien ne peut pourtant en rester là. L'accélération de la situation politique nous appelle à franchir une étape politique pour sortir de la crise de perspective. Sauf à y parvenir rapidement c'est l'ensemble du mouvement progressiste qui est menacé d'atomisation et de difficulté majeure.

C'est d'ailleurs sur cette faiblesse espérée que misent Hollande et Valls pour présenter comme inéluctable leur choix de soumission à la finance. Ils se heurtent toutefois à de fortes résistances dans leur camp et l'issue de cet affrontement au sein du PS impactera directement l'ensemble de la gauche. Des débats d'une autre nature mais tout aussi vifs existent au sein des écologistes et d'une certaine manière au sein de toutes les familles de la gauche sociale et politique. Nous sommes d'ailleurs de toutes ces forces aujourd'hui la plus unie, et donc un des plus solides points d'appui.

C'est pourquoi à mes yeux le travail du Front de gauche, la nécessité d'en élargir l'ambition de rassemblement relève de la même exigence que celle de poursuivre dans la durée l'effort de dialogue et de convergence des énergies existantes dans la gauche pour l'alternative. C'est une seule et même question si nous voulons réussir à construire une alternative qui pèse réellement le poids.

C'est donc une bataille et des initiatives qui doivent se déployer sur tout le territoire sans attendre la fumée blanche d'un repas à la fête de l'Humanité, d'une assemblée générale du Front de gauche ou d'un vote des frondeurs au Parlement. La question n'est pas non plus ou les frondeurs , ou le Front de gauche. La question est : l'alternative gagnante.

Le défi essentiel est de favoriser l appropriation populaire de l' espace politique pour donner une majorité au rassemblement pour l'alternative, favoriser cette bascule d'hommes et de femmes de gauche, d'électeurs et militants socialistes, écologistes, syndicalistes, associatifs qui le permettront.

C'est à partir de cette ambition que nous devons nous réapproprier l'activité du Front de gauche. C'est pour cela que j'appelle l'ensemble des organisations du Parti à s'investir dans la préparation et la co-organisation d'assises citoyennes sur tout le territoire que venons de décider dans le Front de gauche pour stopper l'austérité et pour une alternative de transformation sociale.

Mon propos ne vise pas ici à minorer la crise traversée ces derniers mois par le Front de gauche, le débat stratégique qui continue à le traverser. Ce débat se poursuit. Il porte sur notre rapport au mouvement populaire et à la gauche dans le moment politique.

C'est donc en poursuivant ce débat mais conscient de la place et du rôle qu' a construit le Front de gauche et des exigences de construction de la période que nous voulons avancer. C'est de la même manière conscient de ces débats que nous devons continuer à prendre des initiatives de contacts et de convergences multiformes dans toute la gauche. Nous pouvons et savons le faire en étant nous mêmes, décomplexés, unitaires, autonomes.

Avec en toutes circonstances un objectif : être une force à l'offensive politique sur le terrain de la résistance et du rassemblement.

Les 1000 rencontres pour l'alternative, que nous avons nous même commencé à organiser sont à la disposition de ce processus général de construction d'une gauche de transformation et de progrès. C'est ainsi que tout naturellement nous posons la question à nos partenaires du Front de gauche de relayer cette initiative. Je sais que des camarades qui en ont déjà tenues souhaitent faire part de leurs expériences et des premières leçons qu'ils en tirent.

Pour amplifier cette démarche, nous avons également décidé que je réaliserai un tour de France des régions qui débutera en janvier et se déroulera sous la forme de visite de trois jours pleins dans chacune des nouvelles régions administratives. Je ferai ce tour des régions pour rencontrer simplement la France qui innove, qui galère, qui étudie, qui travaille ou qui cherche un emploi, la France qui invente, qui créé, qui bouge, qui rêve, qui se cultive. Cette France, avec sa population métissée, ses origines, et ses histoires différentes, j'irai à sa rencontre avec vous, les militants de notre parti. Ensemble, nous écouterons le peuple de France, nous travaillerons avec lui sur le terrain nos propositions, nous débattrons de l'alternative nécessaire au pays.

La tenue de ces initiatives sera aussi notre contribution à la construction du processus d'Assises initiées par le Front de gauche.

(...)

Ces assises pourront donc se développer dans des rencontres locales alternant avec de grandes initiatives décentralisées qui nationaliseront la démarche en même temps qu'elles ponctueront sa progressivité. De fait, ce processus d'assises n'a pas vocation à rester la propriété ou dans l'étiage du Front de Gauche mais à devenir un processus initié, animé et maîtrisé par l'ensemble des forces et personnalités politiques, sociales et culturelles qui le souhaiteront car se retrouvant dans la démarche et ses objectifs de transformation sociale.

Comme ce processus interviendra dans une année électorale, je crois utile de préciser que la participation à ces assises n’est pas conditionnée par un accord sur les questions de stratégie électorale mais qu'il sera utile bien évidemment à optimiser les convergences possibles sur le champ politique.

(...)

Je voudrais terminer mon propos introductif en évoquant un troisième objectif : les élections départementales qui se tiendront en mars 2015, avant les régionales en décembre.

Compte tenu des évolutions politiques dont je viens de parler et des ambitions que sont les nôtres, elles changent de caractère. Elles n'auront d'ailleurs pas l'objectif que leur avaient assigné le gouvernement en imaginant dès 2012 un mode de scrutin et des redécoupages qu' il envisageait alors à son avantage. D'autant qu'entre temps, la disparition des départements a été programmée par ce même gouvernement.

Mais changeant de caractère, elles n'en auront pas moins d'importance, au contraire. Pour la première fois, il s'agira donc d'une élection nationale, avec un nouveau découpage des cantons, et avec pour chaque canton 2 titulaires et 2 suppléants à parité. C'est le prochain rendez-vous grandeur nature avec les Français. Pour nous, dans ces conditions, je crois que l'objectif doit être clair : protéger les politiques publiques, les services publics, les espaces démocratiques contre les politiques d'austérité et faire de cette élection un grand moment de mobilisation sur ces enjeux et sur la réforme territoriale, une grand moment de construction du rassemblement pour des alternatives.

Même si l'objectif est élevé, nous pourrions viser la construction de candidatures dans tous les cantons, en tous cas le maximum., le meilleur score national possible en forte progression partout où c'est possible, l'élection de nombreux conseillers départementaux. Nous pouvons nous retrouver dans de nombreux cantons première force de gauche, être un rempart face à la droite et l'extrême droite dans de nombreux autres. Ce serait une bonne nouvelle face aux dangers d'une droite et de son extrême qui vise à fair basculer tous les pouvoirs locaux dès 2015. Cela donnerait du souffle à des millions de progressistes dans notre pays. Cela donnerait de la crédibilité et de la force à notre construction alternative. Les élections départementales, sont donc une étape importante dans notre stratégie de rassemblement, de lutte contre l'austérité. Je le dis également sans faux semblant, rien n'est gagné, mais c'est possible. Il faut donc s'en donner les moyens à commencer par la construction des candidatures, quatre par canton.

Avec les élections départementales, nous voulons changer le pouvoir, en proposant de nouveaux visages qui symbolisent ce que nous voulons comme rassemblement. Les individus personnifient une politique, il nous faut donc être très attentifs vis à vis de celles et ceux qui vont porter nos couleurs. C'est ce qui permet de montrer qualitativement ce que nous voulons, ce que nous proposons au suffrage. Il nous faut des femmes et des hommes, à parité, qui vont défendre l'idée de la démocratie locale. Il y a besoin d'élu-e-s proches des gens, qui travaillent dans la proximité, qui associent les citoyens dans la décision. Face aux projets gouvernementaux de métropoles, de super régions qui éloignent les gens des centres de décisions, ils doivent pouvoir compter sur des candidats qui leur ressemblent et sur qui ils vont pouvoir compter. Ils ont ainsi besoin d'élus qui vont défendre les services publics, capables de proposer et de créer de nouveaux services publics. Contre ceux qui rêvent de faire un hold-up sur les 72 milliards d'euros que gèrent les départements, nous pensons par exemple que le département est le bon échelon pour proposer de créer un grand service public d'aide à la personne qui ne laisse pas ces services au seul privé. Nos candidatures, celles que nous soutiendrons doivent oxygéner la politique, mêler l'expérience et la jeunesse, être à l'image de la France aujourd'hui ignorée des possédants et des gouvernants...

En menant de front un mouvement d'ampleur de luttes contre l'austérité et pour la relance sociale, jusqu'à mettre en échec les politiques dont ne veulent plus les Français, en travaillant à un large effort de construction politique, et en faisant des élections départementales un moment d'avancée significative de ces démarches, je crois que nous pouvons transformer l' année 2015 pour en faire non une année de nouvelles amertumes, mais une année utile à l'alternative dans l'intérêt de notre peuple.

(...)

Les chemins sont complexes, difficiles, mais « aux invincibles chevaliers, aux assoiffés» de bonheur que nous sommes , rien n'est impossible. Le dicton dit lui qu' « à l'impossible nul n'est tenu », mais cette fois ci mes camarades, nous y voilà tenus.

 

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 20:49

Nous sommes désormais au cœur d’une triple crise : des représentations politiques (essoufflement des idéologies), de la politique instituée (obsolescence des formes de l’action politique), du champ politique lui-même (l’économique a pris le pas sur le politique). C’est leur convergence qui donne à la crise politique toute son acuité et sa durabilité. Dans cette crise globale, une crise particulière a un rôle structurant : celle qui accompagne l’incertitude du clivage droite-gauche. Pour des millions d’individus, ce clivage a perdu de son sens perçu.

Pour ce qui est de la gauche, comment s’en étonner ? Historiquement, surtout au XXe siècle, la gauche s’est identifiée au couple de l’égalité et de la redistribution. Or les dernières décennies ont vu se polariser à nouveau les avoirs, les savoirs et les pouvoirs et se creuser les inégalités qui en résultent ; quant à la redistribution, elle a été balayée par le retrait de l’État. Que la droite ou la gauche soient au pouvoir, la tendance a été la même.

Dès lors, la tentation existe de considérer que la référence à la gauche est désormais sans objet, à la limite qu’elle est un handicap, dès l’instant où, dans les représentations courantes, la gauche est associée au parti qui la domine depuis plus de trente ans. Le XXe siècle s’est achevé sur la double implosion de la voie sociale-démocrate et de la voie communiste bolchevisée. Le recentrage du socialisme européen a porté peu à peu le socialisme vers un démocratisme à l’américaine. Devant cette situation, une formule a les faveurs d’une part non négligeable de la gauche de gauche. Elle est empruntée à l’expérience espagnole de Podemos : l’objectif ne serait plus de rassembler la gauche, mais de rassembler ou de fédérer le peuple.

À vrai dire, ce n’est pas la première fois que cette tentation s’exprime dans la tradition du mouvement ouvrier. Périodiquement resurgit l’idée que temps est enfin venu de se débarrasser de tout ce qui détourne peu ou prou du combat central. La gauche, la République, la démocratie représentative bourgeoise…

Autant de termes qui brouilleraient et affaibliraient le clivage jugé le plus fondamental : capital et travail, bourgeoisie et prolétariat, capitalisme et communisme. Jules Guesde et le syndicalisme révolutionnaire à la fin du XIXe siècle ; la stratégie « classe contre classe » entre 1927 et 1934 ; le conflit Est-Ouest entre 1947 et 1953 (« Il n’y a plus : droite et gauche », écrit le communiste Marcel Cachin dans ses Carnets, le 2 novembre 1947)… À chaque fois, une part du mouvement ouvrier suggère qu’il faut se débarrasser d’un concept – la gauche – qui met inévitablement les prolétaires en position subalterne. Mais, chaque fois, la critique de la critique s’est imposée : Jean Jaurès répond à Jules Guesde, la stratégie de Front populaire corrige le sectarisme de classe contre classe, l’union de la gauche suit l’isolement des années 1950.

Il ne suffit certes pas qu’un mécanisme ait fonctionné par le passé pour qu’il le fasse de toute éternité. Mais la résistance de la notion de gauche dit quelque chose de profond, sur la structuration du champ politique, que nul ne peut oublier aujourd’hui encore. Même si les conditions ne sont plus les mêmes, même si la social-démocratie a quitté son horizon historique, même si la crise est désormais systémique.

En fait, pour qu’un combat particulier ne soit pas celui d’un seul groupe, social, corporatif, doctrinal, religieux ou autre, il faut qu’il puisse se raccorder à un courant beaucoup plus vaste, auquel il ne se réduit pas, mais sans lequel il est voué à l’isolement, voire au « solo funèbre », selon l’expression de Marx en 1852.

Or il se trouve que, dans les sociétés polarisées par la marchandise et par le capital, deux grandes conceptions de la société distribuent depuis longtemps les représentations, les pratiques et les comportements collectifs. La première consiste à dire que l’inégalité est un fait de nature ou de divinité et qu’elle est au demeurant un bienfait, car le désir de surpasser les autres (socle de la compétition et de la concurrence) est le moteur de la créativité. Mais l’homme étant par nature mauvais (l’homme est un loup pour l’homme, une créature déchue par Dieu à cause de son orgueil), pour que la société ne soit pas une jungle, l’inégalité doit être encadrée par l’autorité, immanente ou transcendante, surnaturelle ou humaine.

La seconde conception postule que la nature (ou Dieu) a fait les hommes égaux (« Quand Adam bêchait et qu’Ève filait, qui était alors un gentilhomme »), naturellement bons et perfectibles. Complétée par la liberté et la solidarité (liberté, égalité, fraternité), l’égalité est le socle du vivre et de l’agir en commun ; elle est donc la base de la créativité, individuelle et collective. D’un côté, l’égalité, l’horizontalité et la liberté (« l’égaliberté », dit justement Étienne Balibar) ; de l’autre, l’inégalité, la verticalité hiérarchique et l’autorité. Dans l’espace politique, en France, depuis 1789, ce face-à-face prend, de façon massive, la forme de l’opposition entre la droite et la gauche. Se dire de gauche, c’est d’une façon ou d’une autre affirmer que la société devrait majoritairement se fonder sur les valeurs de l’égaliberté.

Évidemment, une fois admis ce principe (qui oppose droite et gauche de façon globale), s’engage un autre débat. Comment parvenir à l’égaliberté ? Peut-on le faire à l’intérieur du système existant ou faut-il l’abolir en le dépassant ? Faut-il opposer l’État et le marché ? Faut-il du collectivisme ou pas ? De la « dictature » ou pas ? Bref, à l’intérieur du pôle constitué par la gauche, s’affirment d’autres polarités, au demeurant évolutives, dont la plus importante est celle qui distingue la tentation de l’adaptation (ou accommodement) au système et la volonté de rompre avec lui.

La polarité de la gauche et de la droite et la polarité à l’intérieur de la gauche sont tout aussi structurantes l’une que l’autre. On peut toujours rêver du moment où toute la gauche s’unit, miraculeusement, dans un même désir de rupture. On peut au contraire vouloir à tout prix établir la barrière étanche qui sépare la « vraie » gauche de la « fausse ». La réalité finit toujours par revenir au grand jour : il existe une gauche, et elle est polarisée. Pour que la droite soit politiquement battue, il faut bien que la gauche se rassemble ; mais si la gauche est dominée par l’esprit d’accommodement et non par l’esprit de rupture, elle perd son dynamisme, s’enlise et laisse la main à une droite de plus en plus dure.

De cette analyse ne découle aucune conséquence simple : tout dépend du moment.

1. En gros, le clivage de la droite et de la gauche fonctionne, mais plus ou moins nettement, plus ou moins globalement. Il est des moments où il tend à s’affaiblir, soit par le jeu des circonstances (dans la Résistance, il prend une forme moins exclusive), soit par celui des stratégies (les effets du conflit Est-Ouest après 1947). Toutefois, même dans ces cas extrêmes, le clivage continue d’exister, au profit de la gauche (entre 1940 et 1945) ou au profit de la droite (années cinquante). Et dans la persistance de ce clivage, la question de l’égalité-liberté reste l’axe structurant. Elle devient même une question de plus en plus concrète. Plus s’approfondit, avec la mondialisation du capital, la tendance à concentrer les avoirs, les savoirs et les pouvoirs entre les mains d’un petit nombre, plus la question du partage et de la mise en commun devient une clé pour les dynamiques à venir des sociétés. Polarisation ou partage, solidarité ou compétition : le dilemme est au cœur des débats réels, à toutes les échelles de territoire sans exception.

2. Le clivage se reproduit, mais jamais dans les mêmes termes. Et, à chaque fois, la question n’est pas de savoir qui est de gauche et qui ne l’est pas ; il est plutôt de savoir qui, de l’accommodement ou de la rupture, donne le ton à gauche. Il est à noter que les moments de plus grande avancée globale, dans l’histoire française (1793, 1848, début du XXe siècle, 1936-1946), ont lieu quand la dynamique sociale (rurale urbaine sous la Révolution, ouvrière aux XIXe et XXe siècles) et la dynamique à gauche se conjuguent. Et force est aussi de constater que ces moments n’ont pas été – c’est le moins qu’on puisse dire – défavorables à la composante la plus à gauche, la plus attachée à la rupture.

Ce n’est pas au temps de classe contre classe que le PCF enregistre sa plus forte poussée. Quand il s’en est dégagé, au contraire, il est devenu le premier parti à gauche et toute la gauche en a été profondément marquée. Et s’il a décliné, à partir de la fin des années 1970, ce n’est pas à cause de l’union de la gauche, mais parce que, faute de renouvellement profond, il s’est fragilisé face au PS mitterrandien.

3. Pour parvenir à l’égaliberté, il existe des pensées, des méthodes, des pratiques différentes. Du côté de l’esprit de rupture, on se dira communiste, écologiste, socialiste, républicain, écosocialiste, autogestionnaire, libertaire, etc. Aucun de ces segments, pris séparément, ne peut espérer stimuler le mouvement des « dominés ». Mais même ensemble ils ne parviendront pas à leur objectif, s’ils ne raccordent pas leurs méthodes à la grande trace historique de l’égaliberté et donc à la vaste tradition de la gauche politique. Ils n’y parviendront pas si, d’une façon ou d’une autre, ils ne font pas la démonstration que leur façon de faire est la plus efficace pour tirer la société en avant, pour rendre possible le développement maximal des capacités humaines, pour faire reculer le champ de toutes les aliénations. Et dans cette démonstration, ils seront d’autant plus performants qu’ils n’excluront pas, inexorablement et à tout jamais, ceux qui se trouvent à l’autre pôle de la gauche. Ils seront d’autant plus audibles, qu’ils suggéreront que le mieux, pour la gauche dans son ensemble, est que la logique de rupture l’emporte sur celle de l’adaptation. Ce n’est pas en définissant des critères excluant qu’une gauche bien à gauche se grandit, mais en montrant que l’esprit de rupture est le pivot du rassemblement le plus large. Pour changer le désordre des sociétés, la gauche doit parvenir à la majorité politique ; mais pour réussir durablement, elle ne doit jamais perdre le cap de la rupture vers l’égal accès aux richesses matérielles et immatérielles.

4. Pas de changement de société sans mouvement majoritaire pour l’imaginer, le formuler et le conduire… Mais la majorité ne résulte pas d’un mouvement lent et continu d’accumulation des forces sociales. En fait, qu’elle soit lente ou plus rapide, la conquête d’une majorité suppose qu’existent les médiations politiques qui la rendent possible. Or il n’existe pas de médiateur politique plus large, et donc potentiellement majoritaire, que le raccord à une gauche dont on sait qu’elle toujours à la fois réelle et sans cesse à redéfinir. Que l’alliance politique réelle de toute la gauche ne soit pas toujours possible (il est des moments, comme aujourd’hui, où il faut convenir qu’elle est irréalisable globalement) n’empêche pas que l’horizon nécessaire soit du côté de son rassemblement.

5. Toute pratique, même critique et combative (comme elle doit l’être aujourd’hui face au socialisme de gouvernement), ne vaut que si elle se mène au nom d’un corps de valeurs, de traditions de lutte, de systèmes symboliques rattachés historiquement à la gauche, dans toute sa complexité. Non pas la « vraie » gauche, la « seule » gauche, mais « la » gauche. De la gauche, toutefois, dont il faut bien constater qu’elle n’est jamais si dynamique que lorsqu’elle est fidèle en pratique à la volonté farouche de faire progresser concrètement l’égaliberté. Et qu’elle n’est jamais si pataude et si fragile, que quand ses mots et ses pratiques la tirent du côté adverse, du côté d’une droite politique et sociale dont elle surestime la force et sous-estime la nocivité.

6. Faut-il ne plus vouloir rassembler la gauche et se fixer désormais l’objectif de rassembler le peuple ? Ce serait une pure abstraction. Le « peuple », à vrai dire, n’existe pas mais se construit. Il existe des catégories populaires, que rassemble leur situation commune de couches « dominées ». Mais les éléments du peuple sociologique ne font peuple politique, capable d’agir à l’échelle de la société tout entière, que si se construit le mouvement qui les agrège. Or ce mouvement est global : il faut de la pratique commune, de quotidienneté et de lutte ; il faut du projet, celui d’une société où les dominés ne sont plus en position subalterne ; il faut la perspective majoritaire d’un rassemblement politique, à l’échelle de la société, en faveur de l’égaliberté. Hors de cette globalité, qui inclut le référent proprement politique, la conscience du clivage séparant le « eux » et le « nous » ne suffit pas à faire de la « plèbe » un acteur historique central. Les catégories populaires meurtries peuvent conjoncturellement ne pas se reconnaître dans la gauche. Mais si elles renoncent à porter le projet d’une gauche réconciliée avec ses valeurs fondamentales, elles ne glisseront pas vers la radicalité transformatrice, mais vers la radicalité du ressentiment. Elles se déplaceront en dehors de la gauche, sans aucun doute ; en fait, le plus vraisemblable est qu’elles iront vers la droite extrême…

7. Rassembler la gauche c’est, sur le terrain politique, l’expression la plus large du désir de rassembler le peuple. Contourner la gauche n’est donc pas un raccourci ; ce risque même d’être une impasse. Mais assumer le parti pris de la gauche, c’est assumer en même temps ce qui le rend possible : la rupture franche avec le social-libéralisme, l’articulation nouvelle du social et du politique, le rafraîchissement des mots, des pratiques et des formes d’organisation. Rien ne sert donc de dissimuler que la pérennité de la gauche est inséparable de sa reconstruction. En n’oubliant jamais que ce besoin de renouvellement ne concerne pas seulement l’aile la moins à gauche de la gauche… La « radicalité », ou « l’alternative » ou la « révolution » ne se déclineront pas non plus au travers des symphonies du passé.

Si la révolution, toujours nécessaire, n’est plus la révolution d’hier, la pensée politique de la rupture doit se mettre à jour, pour prendre la mesure des enseignements du passé, pour prendre la mesure des attentes d’aujourd’hui. Réarticuler le social et le politique, redéfinir la dynamique d’un public non étatique, dégager le développement économie des capacités humaines des simplismes de la croissance, repenser ensemble l’individu et le collectif, rompre avec les logiques étatistes et hiérarchiques de l’activité politique, envisager une ère nouvelle de la démocratie et de ses formes républicaines : tous ces chantiers restent à parcourir, quand bien même du chemin a été déjà parcouru. L’enjeu est immense : se dégager de l’oscillation meurtrière de l’immobilisme et du renoncement. Refonder plutôt qu’abandonner ou bien figer…

En bref et pour conclure : ne boudons pas la notion de gauche, qui n’est pas un boulet mais une chance ; mais utilisons-la pour conforter l’idée que sa renaissance passe plus que jamais par sa redéfinition ; plus encore par sa subversion.

 

Roger Martelli

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 20:29
Le socialisme français est entré dans la quatrième grande inflexion de son histoire, depuis que les socialistes se sont regroupés autour de Jean Jaurès et de Jules Guesde, en avril 1905.
  • La première inflexion a lieu en décembre 1920, quand la minorité du Parti socialiste – la SFIO – refuse d’adhérer à l’Internationale communiste et choisit le modèle de Londres contre celui de Moscou.
  • La seconde a lieu en juillet 1946, quand la majorité de la SFIO , autour de Guy Mollet, refuse la perspective d’un travaillisme à la française proposée par Daniel Mayer et préfère maintenir l’ancrage dans un socialisme classique, dont le discours est imprégné de « marxisme ». La SFIO choisit tout à la fois le refus d’une alliance avec le PCF (devenu le premier parti à gauche en 1945) et la persistance d’un discours social-démocrate classique, essayant plus ou moins de marier Marx et Schumpeter.
  • La troisième inflexion se produit à Épinay en juin 1971, quand François Mitterrand s’empare d’une SFIO épuisée, lance un nouveau Parti socialiste, conclut une alliance avec le PCF, se rapproche des « nouveaux mouvements sociaux » (féminisme, écologie, autogestion…) et s’adapte à la radicalité ambiante des années 1960-1970. C’est cette stratégie qui permet au PS de distancer électoralement le PCF (1978), puis qui porte le socialisme au pouvoir, en 1981, après vingt ans d’opposition.
  • La quatrième inflexion s’appuie sur la gestion du pouvoir entamée en mai 2012. Elle ancre le socialisme français dans le terreau du « social-libéralisme », dans la lignée qui va de Tony Blair à Matteo Renzi. Elle constitue ainsi une rupture fondamentale avec la tradition sociale-démocrate et marque l’entrée dans un univers plus près du démocratisme à l’américaine que du socialisme de Karl Kautsky, de Willy Brandt ou d’Olof Palme. Elle met fin à ce qui, depuis un bon quart de siècle, constituait une relative exception française dans l’univers social-démocrate. Jusqu’alors, les socialistes français récusaient tout processus doctrinal qui les aurait rattachés à la culture du congrès de Bad Godesberg du Parti social-démocrate allemand (1959) ; ils vont désormais bien au-delà de cette révision fondatrice.

Les prémisses de l’inflexion

L’inflexion, bien sûr, ne naît pas du jour au lendemain. À bien des égards, on peut dire que la transformation s’amorce dès le printemps 1982. Au moment où se confirme la grande mutation néolibérale portée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, François Mitterrand décide qu’il n’est pas possible d’engager la France dans cette « autre politique » que réclament certains socialistes. Pas question de prendre des distances avec la norme monétaire européenne et d’élargir la gestion publique.

Le temps est venu de la « rigueur » budgétaire et salariale, puis, très vite (1983-1984) du « dégraissage industriel ». La France socialiste commence à s’aligner sur le nouveau catéchisme libéral et se met du côté de « l’entreprise ». En 1984, le journal Libération met en avant le thème du « Vive la crise ! » et l’affairiste aventurier Bernard Tapie, sous la houlette directe de François Mitterrand, devient la nouvelle référence d’un socialisme attaché à la compétitivité.

Mais pendant une longue période, l’inflexion pratique du pouvoir ne s’accompagne pas d’une réorientation stratégique et idéologique clairement assumée. Les pratiques et les éléments de culture gestionnaire se déplacent, sans qu’une cohérence globale s’installe à la place de l’ancienne. En 1982-1983, celui qui est le successeur de Mitterrand à la tête du PS, Lionel Jospin, veut considérer que la « rigueur » adoptée par le gouvernement n’est qu’une « parenthèse » (Léon Blum en 1937 parlait d’une « pause »).

En 1988, au moment où il brigue un second mandat présidentiel, François Mitterrand essaie bien de mettre sa stratégie politique en adéquation avec ses choix de fond : l’union de la gauche étant rompue, il cherche une ouverture au centre (« Lettre à tous les Français », avril 1988). Mais s’il emporte haut la main l’élection présidentielle du printemps 1988, son recentrage échoue pour l’essentiel aux élections législatives de juin. En 1991 encore, le PS français se raccorde à la logique de Bad Godesberg (« Le capitalisme borne désormais notre horizon historique »). Mais ce réalignement s’accompagne de prudences réitérées (« Le PS est favorable à une société d’économie mixte », « il met le réformisme au service des espérances révolutionnaires », Congrès de l’Arche, décembre 1991).

Les années 1980-1990 sont donc marquées par un paradoxe : alors que le socialisme français au pouvoir a été le premier à mettre en pratique la grande inflexion libérale post-social-démocrate, il est l’un des derniers à en tirer des conséquences doctrinales et organisationnelles.

Jusqu’au début de 2012, les tenants officiels du modèle blairiste anglais forment une minorité modeste. En octobre 1999, le Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, récuse la « troisième voie » de Tony Blair (« Nous ne sommes pas des sociaux libéraux, parce que les sociaux libéraux sont ceux qui disent qu’il faut accepter les lois de l’économie, mais faire de la compensation sociale. Nous sommes des socialistes et des démocrates, des sociaux-démocrates »). Quelque temps auparavant, il a synthétisé son point de vue dans une formule devenue célèbre : « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché ».

Lors des primaires socialistes d’octobre 2011, le candidat qui affiche ouvertement une option sociale-libérale, Manuel Valls, se retrouve au cinquième rang, avec un très modeste 5,6 %. Quand il ouvre sa campagne électorale, au Bourget en janvier 2012, François Hollande choisit une tonalité marquée à gauche : il affirme que son ennemie est la « finance » et il développe un discours critique à l’égard d’une Europe jugée trop libérale.

La nomination au ministère de l’Intérieur du « social-libéral » le plus affiché des dirigeants socialistes, Manuel Valls, est déjà un indice, de la part d’un François Hollande qui avait tout de même affirmé dès 1984 son attrait pour la méthode « démocrate » d’une gauche « post-idéologique » (Le Monde, 16 décembre 1984). Mais c’est seulement à l’automne 2012 que le tournant en matière de politique gouvernementale est énoncé. Le 5 novembre, un rapport présenté par Louis Gallois propose un « pacte de compétitivité » comme objectif fondamental de la politique gouvernementale. Une semaine plus tard, le Président reprend la balle au bond en s’affirmant partisan d’un « socialisme de l’offre ». Il s’inscrit ainsi explicitement dans la droite ligne du Manifeste Blair-Schröder de 1999 (« pour une Europe flexible et compétitive »), une ligne que Dominique Strauss-Kahn avait retenue un an plus tôt autour du thème du « socialisme de la production ».

Le 14 janvier 2014, à la veille des élections municipales, l’axe ordonnateur de toute gestion publique se résume ainsi en quatre priorités indissociables : l’orthodoxie budgétaire, la croissance maximale du taux de marge des entreprises, la flexibilité de l’emploi et l’ordre social. Le 31 mars 2014, après des élections locales calamiteuses, François Hollande remplace à la tête du gouvernement Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls, son concurrent de 2011… devenu son directeur de campagne en 2012. Le 25 août, la sortie des ministres associés à la gauche du Parti socialiste (Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Aurélie Filippetti) ancre un peu plus la ligne gouvernementale dans l’espace du « renzisme » européen. Le même jour, le Premier ministre se rend à l’université d’été du Medef pour déclarer « J’aime l’entreprise », ce que le « patron des patrons », Pierre Gattaz salue en soulignant le « discours clairvoyant » et la « grande vérité » du chef du gouvernement.

La crise interne

La formation du gouvernement Valls et plus encore le remaniement de l’été 2014 ont provoqué une crispation interne d’une intensité sans précédent.

Le 5 avril, une centaine de députés socialistes (le tiers du groupe socialiste à l’Assemblée) écrivent au Premier ministre pour demander une réorientation des « trajectoires budgétaires insoutenables » de l’Union européenne et la transformation du « pacte de responsabilité » en un « pacte national d’investissement négocié jusqu’au niveau des entreprises ». Le 12 avril, ils réitèrent leur démarche par un nouvel appel critiquant la réduction des dépenses publiques, le gel des prestations sociales et des investissements dans les collectivités locales.

La « fronde » des députés socialistes a des effets sur les votes à l’Assemblée nationale. Entre le 8 avril (déclaration de politique générale du gouvernement Valls) et le 28 octobre 2014 (vote du projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale), un « noyau » dur de 35 députés s’est abstenu, leur nombre pouvant occasionnellement s’élargir d’une vingtaine d’autres contestataires. Cette attitude constitue une première depuis l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

La réaction des députés est l’indice d’une crise plus globale, qui traverse l’ensemble de l’organisation. Les « frondeurs » forment un groupe pour l’instant épars, qui s’est toutefois manifesté ensemble lors de la traditionnelle université d’été du PS à La Rochelle. On y trouve d’abord l’aile gauche affirmée depuis longtemps, autour de deux courants constitués, « Un monde d’avance » (Benoît Hamon, Henri Emmanuelli) et « Maintenant la gauche » (Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche). À ceux-là s’ajoutent un groupe plus disparate où l’on retrouve des proches de la maire de Lille, Martine Aubry (Christian Paul, Jean-Marc Germain), des membres de la Gauche populaire (Laurent Baumel) ou des anciens fabiusiens (Daniel Goldberg).

Le 19 octobre 2014, Martine Aubry a fait un pas substantiel en direction de cette nouvelle opposition interne. Dans un entretien au Journal du Dimanche, elle a demandé à son tour aux responsables de l’exécutif d’engager une « réorientation de la politique économique ». Elle se démarque ouvertement du « socialisme de l’offre », critique l’extension du travail dominical et propose de soutenir tout à la fois l’investissement des collectivités locales et le pouvoir d’achat des ménages. La prise de position de la maire de Lille modifie la donne interne. En 2011, alors qu’elle était encore secrétaire nationale du PS, elle avait incarné un pôle de gauche dans les primaires devant désigner le candidat socialiste à la présidentielle. Battue par François Hollande, elle avait décidé de se tenir en retrait, refusant notamment toute perspective d’une responsabilité gouvernementale. Elle est en tout cas la première responsable de tout premier plan à s’engager dans le débat interne, sans que l’on sache très bien jusqu’où va aller son opposition au duo Hollande-Valls.

Hypothèses sur un devenir

Au printemps de 2015, les élections territoriales (régionales et départementales) constitueront un nouveau test, avec une vraisemblable déroute de la majorité actuelle et une percée annoncée du Front national. Elles devraient être suivies par le Congrès du Parti socialiste. C’est lui qui, en principe, décidera d’officialiser ou non l’inflexion « renziste » voulue par le sommet de l’État. Quelles hypothèses peut-on faire aujourd’hui ?

1. La politique gouvernementale ne sera pas réorientée, quels que soient les résultats électoraux à venir. Le devenir de cette politique sera bien sûr conditionné par l’attitude des députés « frondeurs ». Le vote du 19 septembre sur la politique générale, où 30 députés socialistes se sont abstenus, a montré la fragilité de l’exécutif, l’écart entre les votes « pour » et les votes « contre » n’étant que de 25 voix. Il est toutefois vraisemblable que l’hypothèse d’une dissolution va limiter de façon drastique l’augmentation du nombre des « frondeurs » à l’Assemblée nationale. Sauf si l’exécutif lui-même se met à considérer qu’une élection anticipée en 2015 est la seule manière d’éviter une débâcle en 2017, et qu’il vaut mieux laisser la droite gouvernementale courir le risque d’une usure rapide du pouvoir.

2. À l’intérieur du PS, la crise n’a jamais été aussi grande, tout simplement parce que l’enjeu n’a jamais été aussi fondamental. Lors des congrès difficiles de Metz (1979) ou de Rennes (1990), l’enjeu tournait autour des stratégies propres à conforter l’hégémonie du socialisme mitterrandien. Si les débats furent alors d’une rare violence, ils ne laissèrent jamais planer le spectre de la scission.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Comme à la fin de 1920, quand se préparait le Congrès décisif de Tours, la question n’est pas tant de savoir s’il y aura ou non scission, mais où passera la ligne de fracture.

Les « frondeurs » actuels font le pari qu’ils peuvent conquérir une majorité interne. De fait, la teneur des débats visibles, par exemple sur le site du PS (http://www.etats-generaux-des-socialistes.fr/), témoigne du trouble des militants devant une inflexion qui fonctionne comme une véritable révolution culturelle. Mais, quelle que soit la force du désarroi militant, la crainte d’une explosion de la gauche et la hantise d’une victoire du Front national peuvent pousser une majorité de militants vers la coexistence prudente d’une culture classiquement « sociale » et d’une acceptation tactique de l’option « démocrate ». Dans ce cas, comme dans le PCF des années 1980-2000, la crise produirait davantage un processus continu de désaffiliation partisane qu’une scission à proprement parler.

3. Le Parti socialiste n’est plus le parti mitterrandien d’Épinay (1971). Ses effectifs déclarés oscillent toujours autour de 130 000 adhérents, mais l’investissement militant d’hier a laissé place à des formes plus individualisées, rythmées par les consultations internes organisées par le sommet du parti. Le socialisme français n’a jamais relevé du modèle social-démocrate d’organisation, cette galaxie de syndicats et d’associations regroupées autour du parti que, paradoxalement, le PCF est le seul à avoir su mettre en place entre les années vingt et les années soixante. Mais, dans les années 1970, le PS était parvenu à se raccorder aux milieux du syndicalisme et des nouvelles associations de type « classe moyenne ». Ces liens se sont distendus aujourd’hui. Les effectifs ont vieilli (40 % de plus de soixante ans) et le recrutement est, selon la formule du sociologue Rémi Lefebvre, devenu « endogame, familial et local ». Quant à l’encadrement, il est de plus en plus professionnalisé : les élus, les assistants de cabinets et les cadres de la fonction territoriale en forment l’ossature.

La base sociale du parti s’est elle aussi transformée. À la fin des années 1970, il parvient à raccorder les couches populaires et les couches moyennes nouvelles, sous hégémonie des premières. Quand François Mitterrand l’emporte, en 1981, on dit non sans raisons que le PS est devenu le « parti du salariat ». Ce n’est plus le cas et les catégories ouvrières se sont effacées pour l’essentiel. En juin 1981, 44 % des ouvriers votent socialiste au premier tour des élections législatives ; ils ne sont plus que 25 % à la présidentielle de 1995, 13 % à celle de 2002. Dans un contexte de fort discrédit de la droite gouvernementale, les résultats de 2012 sont moins calamiteux (26 à 29 % d’ouvriers au premier tour pour François Hollande et 57 % au second). Mais un tiers des ouvriers s’est abstenu et, sur ceux qui ont voté, 30 à 35 % auraient choisi un bulletin portant le nom de Marine Le Pen.

Si le vote socialiste s’est conforté, il semble que ce soit seulement dans les populations fortement diplômées et dans celles issues de l’immigration africaine. Le PS serait donc un parti d’implantation plutôt ciblée, à l’intérieur des métropoles les plus dynamiques, loin des territoires « périphériques » de la France des catégories populaires.

4. La tentation est donc grande, dans les milieux socialistes, de mettre en cohérence l’orientation gestionnaire de l’État, le glissement du militantisme et le déplacement des ancrages électoraux. L’objectif pourrait être de rassembler les catégories diplômées et les segments de population délaissées (« minorités », « communautés »…) dans un projet dont le substrat ne serait plus « social » (la compétitivité prime sur l’égalité) mais « culturel ».

Dans cette optique (valorisée en 2011 par une note du think tank socialiste Terra Nova), la logique du recentrage socialiste européen offre un cadre d’apparence attractive, en combinant l’intériorisation des normes financières-marchandes, la redistribution caritative à la marge, la mise au travail (le « plein-emploi » par la précarisation du travail) et l’ordre social (« l’ordre juste » et la stigmatisation des catégories populaires réputées non-intégrées). C’est de fait la base sociale stratégique du projet impulsé par le duo exécutif.

5. Ce projet a le mérite de la cohérence. Pour les hauts responsables du parti et de l’État, elle est la seule viable à court et à moyen terme. Cette conviction explique la détermination du sommet, quel que soit le prix interne à payer. À la limite, François Hollande et les siens peuvent considérer que la mue engagée mettra ultérieurement le socialisme en position plus favorable qu’une droite gouvernementale qui ne sait plus, dans un contexte de crise politique désormais structurelle, « gérer » la percée spectaculaire du Front national.

6. Le problème est que cette évolution crée en même temps une rupture majeure dans l’histoire de la gauche française. Depuis plus de deux siècles, elle est structurée autour de l’axe majeur de l’égalité, ou plutôt, pour reprendre l’expression du philosophe Etienne Balibar, autour de « l’égaliberté ». Or le projet social-libéral abandonne ce pivot : la « demande » s’accommode de l’égalité ; « l’offre » ne repose que sur la compétitivité. Tout au plus l’égalité trouvera-t-elle refuge dans le thème fallacieux de « l’égalité des chances »… Ce faisant le démocratisme français court le risque prévisible d’une montée des dérèglements politiques, d’une translation accentuée des représentations du « social » vers un culturel de plus en plus « racialisé » et d’un glissement continu du mécontentement social, non vers la combativité mais vers le ressentiment. La coexistence instable des « communautés » et l’ordre – seul capable de réguler la nouvelle jungle sociale – devenant les principes structurants de la politique, la porte est ouverte au tête-à-tête d’un centrisme « raisonnable » et d’un « populisme » de droite réceptacle de tous les ressentiments. L’égalité n’étant plus au cœur de la conflictualité sociale, la polarité de la gauche et de la droite perd de son ressort.

7. Rompre ce cycle infernal devient la clé de toute politique d’une gauche qui ne renonce pas au paradigme de l’égaliberté. Il ne faut pas se cacher la difficulté : en France, comme en Italie, et à la différence des situations grecque et espagnole, le recentrage accéléré du socialisme ne produit pas pour l’instant une radicalisation à gauche, mais au contraire combine le retrait civique des catégories populaires et la montée de la droite extrême.

La crise politique est telle que l’on peut très bien considérer que tout se joue désormais en marge du dispositif institutionnel, voire en dehors des repères traditionnels de la gauche et de la droite. Le repli sur des « niches » possibles de résistance et d’alternative d’un côté, la logique de la mise progressive en réseau de ces niches ou la recherche d’un mouvement « hors-cadre » (de type bolivarien ou autre) d’un autre côté : des solutions se cherchent dans cette logique d’externalisation, que l’on suppose être la seule pour repolitiser des catégories populaires que la politique institutionnelle a reléguées à la marge.

Or, en France tout au moins, cette logique risque de conduire à l’impasse, comme y conduisirent autrefois, malgré leur richesse culturelle et sociale, le proudhonisme français ou la méthode du « syndicalisme révolutionnaire ». S’inscrire dans la tradition historique de la gauche est, en France, la manière la plus large de dire deux choses en même temps : que l’on veut s’appuyer sur l’égaliberté et que l’on veut rassembler majoritairement, dans l’espace politique institutionnel ou non, pour que prédomine enfin la logique économico-sociale de cette égaliberté.

Ainsi, l’objectif stratégique ne doit pas être de passer du rassemblement de la gauche au rassemblement du peuple : le peuple ne se rassemblera pas sans une médiation politique assez large pour y contribuer. Que cela impose de redonner du sens à un clivage qui en a perdu (mais ce n’est pas la première fois dans l’histoire contemporaine) est une chose. Que cela suppose de débarrasser la quête de l’égaliberté de ses déformations anciennes, de l’universalisme abstrait, de l’étatisme, du scientisme et du productivisme, est une autre chose. En bref, qu’il faille refonder sur des bases transformées le dispositif tout entier de la gauche historique est une évidence. Mais tout cela suppose, non de contourner l’exigence de gauche, mais d’affirmer tout à la fois qu’un rassemblement de la gauche est nécessaire et que seule une posture de rupture avec l’ordre existant est capable de redonner à cette gauche le dynamisme qu’elle a perdu.

8. Ce qu’il adviendra à la gauche de la gauche est donc bien la question stratégique la plus fondamentale. Une fois de plus, elle est confrontée à la possibilité d’un dilemme qui pourrait la faire tomber de Charybde en Scylla : soit reproduire les vieilles recettes d’une union de la gauche centrée sur les ressources keynésiennes de l’État, de nature avant tout partisane, ce qui engluerait la gauche dans la crise de toute institution ; soit se replier vers les rivages de la politique non instituée, de la seule micro-expérimentation et du contre-pouvoir, ce qui conduirait au mieux à la marge, au pire au « solo funèbre ». On ne se débarrasse pas d’une contradiction : on la gère de façon dynamique.

En ce sens, la recherche de constructions mixtes, associant l’action partisane, la pratique associative et syndicale et l’implication des individus citoyens est la seule qui corresponde pleinement à un « air du temps » dominé par la crise systémique. Dans ce contexte, la valorisation des pratiques critiques et alternatives et la volonté de les faire converger en projet original de développement sobre des capacités humaines sont des objectifs cardinaux. Et dans cette construction patiente de projet, il est décisif de mettre en place implique les structures politiques à la fois enracinées et innovantes capable de fonctionner comme des médiations entre le champ social et le terrain politico-institutionnel.

Dans ce cadre global, et dans ce cadre seulement, la recherche de configurations d’alliance est une pratique incontournable. En France, le Front de gauche reste une structure opérationnelle, dès l’instant qu’il s’attache à être autre chose qu’un cartel dominé par le tête-à-tête du Parti de gauche et du Parti communiste français. Mais la conquête à terme (l’horizon immédiat la rend impossible) d’une nouvelle majorité à gauche, impose bien sûr d’aller au-delà. Le socle d’un mouvement large, non partisan, ancré d’abord « en bas », prendra sens pleinement politique s’il s’accompagne de la conjonction « en haut » d’organisations instituées en forces politiques.

L’évolution de l’écologie politique et celle d’une gauche socialiste qui sera contrainte à des choix cruciaux deviennent alors les points de cristallisation des devenirs possibles. La conjonction enfin assumée de l’écologie et de l’anticapitalisme d’un côté, la rupture franche avec plus de trente années de recentrage socialiste (et pas seulement le refus de l’accélération « renziste ») pèseront sur l’ampleur du rassemblement à la gauche de la gauche.

Dans le moment le plus immédiat, encore faut-il que le Front de gauche vive, et pas par la simple activité de ses composantes.

 

Bibliographie

Gerassimos Moschonas, In the Name of Social Democracy. The Great Transformation : 1945 to the Present, Verson, 2002

Alain Bergounioux, Gérard Grunberg, L’ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir (1905-2005), Fayard, 2005

Rémi Lefebvre, Frédéric Sawicki, La société des socialistes. Le PS aujourd’hui, Éditions de Croquant, 2006

Philippe Marlière, La social-démocratie domestiquée. La voie blairiste, Editions Aden, Bruxelles, 2008

Rémi Lefebvre, « Le socialisme français et la classe ouvrière. De la SFIO de 1905 au PS de 2006 », Fondation Gabriel Péri (http://www.gabrielperi.fr/etude-le-socialisme-fran%C3%A7ais-et-la-classe-ouvri%C3%A8re-par-r%C3%A9mi-lefebvre.html)

Rémi Lefebvre (éd.), « Les transformations du militantisme socialiste », Recherche socialiste, 46-47, OURS, 2009

Rémi Lefebvre, Les primaires socialistes. La fin du parti militant, Raisons d’agir, 2011

Bruno Jeanbart, Olivier Ferrand, « Quelle majorité électorale pour 2012 ? », rapport Terra Nova, mai 2011.

Laurent Baumel et François Kalfon (Dir) Plaidoyer pour une gauche populaire : la gauche face à ses électeurs, Le Bord De l’Eau, 2011

Daniel Cohen, Alain Bergounioux (éd.), Le socialisme à l’épreuve du capitalisme, Fayard, 2012

Jean-Philippe Huelin, « Où en est le vote ouvrier ? », Fondation Jean-Jaurès, Note n° 151, janvier 2013

Liêm Hoang-Ngoc, Philippe Marlière, La gauche ne doit pas mourir ! Le manifeste des socialistes affligés, Les Liens qui Libèrent, 2014

 

Rémi Lefebvre, »Le Parti socialiste », in Pascal Delwit (ed.), Les partis politiques en France, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2014

 

Un article de Roger Martelli (Membre du groupe des Communistes Unitaires et du Front de Gauche, co-directeur de la revue Regards)

 


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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 08:26

manif Paris 15 novembre

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 20:36

michel-lespagnol

Près de 2000 milliards de dette publique en France au nom desquels on voudrait nous faire croire qu'il n'y a plus d'autre alternative que de réduire la qualité du service dans les hôpitaux, l'école, les tribunaux et collectivités locales. Une dette qui justifie qu'on transforme les anciens services publics en machines à produire de la rentabilité (SNCF, Poste, France Télécom...). Qu'on privatise à tour de bras et qu'on réduise la protection sociale.

Cette dette a une histoire, il importe de la connaître, d'établir les responsabilités : rappelons qu'elle n'était que de 72 milliards en 1978.

La dette s'est creusée en France pendant 35 ans de mise en œuvre de politiques libérales coïncidant avec l'émergence de la mondialisation financière et d'une Europe à l'orthodoxie pro-capitaliste. La dette n'est pas un produit de la dépense publique et sociale mais d'un combat de classe de plus en plus à l'avantage de la grande bourgeoisie. Ce qui l'a créée et amplifiée, c'est la dérégulation, la privatisation, et de la ponction toujours plus grande réalisée par le capitalisme sur la richesse créée par les travailleurs.

Quelques rappels s'imposent en effet.

En 1945, la création de nombreuses entreprises publiques industrielles a permis le développement économique du pays et contribué à l'excédent des budgets de l'état de 1958 à 1974.

L'année 1974 est celle de l'augmentation des faillites (+27%), la chute de la production (15%), des licenciements et du chômage de masse (1,2 millions).

L'état accorde 60 milliards de francs de fonds publics pour soutenir les monopoles capitalistes.

En 1975 le budget est en déficit. Giscard prône l'austérité. A partir de 1980, l'Europe s'est faite en faveur des grands groupes français et Européens, avec notamment le Traité de Maastricht. La nation n'a plus son mot à dire, et, si elle le dit comme lors du référendum de 2005 où le « Non » l'a emporté, les parlementaires de droite et socialistes l'ont enterré au Traité de Lisbonne.

Le grand capital lorgnait depuis longtemps sur les entreprises, administrations et services publics rentables. Et voici donc les fameux 3 % de déficit imposés par la commission européenne, prétexte aux privatisations réalisées dans tous les pays européens.

Celles-ci aggravent les déficits par une forte diminution des recettes.

Pour l'anecdote, ne disait-on pas que le budget annexe des PTT était la vache à lait du budget de l'état.

Aujourd'hui, l'état a en prévision la privatisation des barrages hydroliques, de l'aéroport de Toulouse très rentable avec Airbus. Le gâchis le plus récent est celui des péages d'autoroutes bradés à Vinci, Eiffage et Albertis. En restant publics, l'exotaxe n'aurait pas existé. Les serviteurs de l'état qu'étaient Jospin, Raffarin et Villepin, sont devenus par ce fait des serviteurs du capital.

Une autre manière de diminuer les recettes de l'état s'est réalisée par l'impôt.

- Baisse de 50 % à 33 % de l'impôt sur les sociétés (M.Rocard)

- Suppression de la Taxe professionnelle (Sarkozy) remplacée par des dotations budgétaires insuffisantes pour les communes.

- Crédit impôt recherche (Sarkozy)

- Crédit impôt Compétitivité Emploi (Hollande).

Une autre baisse des recettes provient de l'évasion fiscale. Et c'est bien d'actualité. Le Luxembourg, pays de 549 000 habitants abrite 104 000 entreprises (cherchez l'erreur!). Il était dirigé il y a peu de temps par Junker, en qui droite et socialistes ont fait confiance au sommet de l'Europe.

Parmi les 340 multinationales qui placent les bénéfices acquis par la force de travail de leurs salariés, 58 groupes français détournent de l'argent qui devrait faire partie des recettes du budget de l'état.

Face à la logique capitaliste de la maximisation des profits pour les actionnaires, et qui est la cause des déficits, le Front de Gauche dans son programme « L'humain d'abord » propose la satisfaction des besoins humains du plus grand nombre de citoyens.

Retraite à 60 ans, remboursement à 100 % des dépenses de santé, réelle prise en compte des personnes âgées par la construction d'une Sécurité Sociale universelle étendue à la perte d'autonomie, construction de milliers de maisons de retraites et résidences seniors accessibles en phase avec les besoins et les capacités financières des vieux, augmentation des bourses d'étude et des droits sociaux des jeunes majeurs, relèvement des retraites et des salaires : c'est possible à condition d'avoir une loi qui protège de la précarité, si on en finit avec ces ponctions financières sur les richesses produites par les travailleurs dans l'entreprise et relève les cotisations patronales dans les grandes entreprises, comme l'impôt des plus riches.

Car il faut trouver des recettes suffisantes pour le développement du pays.

La fiscalité sera revue. Les privilèges fiscaux, Total notamment avec 8 % d'impôts sur les sociétés au lieu de 33 % pour une petite entreprise.

Les revenus financiers seront enfin taxés.

L'impôt sera modulé selon la création d'emplois ou pas.

En ce qui concerne l'impôt sur le revenu, quatorze tranches seraient créées.

D'autres recettes proviennent d'autres entreprises qu'il faut faire revenir complètement dans des grands pôles publics (EDF, GDF, Areva, Total). Secteur bancaire. Grand service public de l'eau. Pôle public du médicament.

Contrairement à ce que prétendent les charlatans du libéralisme économique qui ont droit à toutes les tribunes médiatiques ou presque, c'est la financiarisation, l'Europe du libre-échange transformée en règle d'airain et de l'euro fort favorable à la rente et à la finance, les intérêts bancaires, les privatisations et l'austérité qui ont vidé les caisses de l’État français en créant du chômage, une précarisation, une dépression économique et une perte de recettes fiscales. Ce n'est pas la « générosité » de l’État social ou l'excès de solidarités qui crée la dette et le déficit.

Le savoir, c'est lutter contre la résignation, l'idée qu'il n'y a plus qu'une politique possible: celle qui passe par la régression sociale pour combler prétendument la dette. 

Le programme complet du Front de Gauche n'est pas figé. Il s'enrichit avec les citoyens qui ne se résignent pas à un système à bout de souffle et veulent construire un vrai changement politique, social, écologique dans notre société.

Mais il va être temps que ses principales propositions voient le jour, avant certaines catastrophes annoncées.

 

 

Michel Lespagnol

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 19:23

Le Ouest-France a oublié les militants du PCF, mais ils étaient bien présents, brestois ou morlaisiens.  

Contre l'austérité à Brest. 200 manifestants place de la Liberté
http://www.ouest-france.fr/contre-lausterite-brest-200-manifestants-place-de-la-liberte-2977608

 

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Le Telegramme 16.11.14 rassemblement contre l'austérité

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 07:25
Intervention d'Ismaël Dupont pour le Front de Gauche sur le Débat d'Orientation Budgétaire le Jeudi 13 novembre 
Conseil Municipal 5 avril 2014 élus FDG
 
" Ces orientations budgétaires ne sont pas satisfaisantes, comment pourrait-il en être autrement ?
Il faut dire que la majorité travaille dans un contexte budgétaire plus que contraint. Il y a là davantage qu'une mise à la diète : la réduction des dotations de 1,5 millions en 3 ans pour Morlaix, de 4,5 millions pour Morlaix Communauté, c'est considérable !
Cela force la majorité de droite à faire des arbitrages difficiles, et parfois même impossibles.
Cela va se traduire par la poursuite de la politique de rigueur pour le personnel. Or contrairement à ce que laisse entendre Madame Le Brun en parlant de « contenir les charges de personnel », les personnels ne sont pas d'abord une charge mais un atout pour rendre des services à la collectivité, être utiles à la population. Ils produisent des services, dont aussi de la richesse sociale. Dans ce contexte d'austérité, c'est probablement eux qui vont essuyer les plâtres les premiers. C'est déjà le cas.
On ne peut que craindre également les conséquences de la baisse des subventions aux associations conventionnées et non conventionnées. A l'échelle nationale, la compression financière des collectivités, la baisse de la dépense publique touche énormément le secteur associatif, qui est en train de vivre un vaste plan social, avec des dizaines de milliers d'emplois détruits. A Morlaix, rien qu'en 2015, la majorité a prévu de réduire de 162 000€ de subventions aux associations : moins 12000€ (-18%) pour les associations culturelles non conventionnées, moins 92000€ (-15%)pour les associations culturelles conventionnées – excusez du peu... ! - moins 23000€ (-18%) pour les associations sportives, sociales, familiales non conventionnés, - 30000€ (-7,4%) pour les associations conventionnés dans le même domaine : cela touche les centres sociaux.
Au-delà de ces baisses de moyens qui vont affecter et fragiliser les associations, il y a aussi l'abandon d'investissements utiles. Comme cette maison des associations que les élus issus des 3 listes présentes ici ont défendu pendant les municipales. Il y a aussi l'ajournement sine die de la mise en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite de la MJC et de la Médiathèque Les Ailes du temps. Une baisse plus que regrettable dans un contexte d'augmentation de la précarité des moyens alloués aux centres sociaux.
Autre disposition contestable prise par la majorité d'Agnès Le Brun : l'augmentation des subventions aux écoles privées pour aligner la prise en charge du fonctionnement des écoles maternelles privées sur le public, avec la prise en charge des frais liés aux ATSEM en école maternelle. Je m'étais étonné de ce relèvement des subventions pour le privé en Commission Finances : cela représente tout de même 68 000 euros en 3 ans, on m'avait rétorqué que c'était la loi. Mais je ne suis pas certain que la loi oblige vraiment à l'égalité de traitement des enfants de la commune en école maternelle, comme en école primaire.
De manière globale, Morlaix paie très cher le plan d'austérité sans précédent décidé par Hollande et Valls : 50 milliards d'ici 3 ans, 20 milliards cette année, dont 3,7 milliards prélevées sur les seules collectivités locales. Celles-ci ne représentent pourtant que 20 % de la dépense publique et 70 % de l'investissement public, profitant notamment au secteur du bâtiment. Elles ont souffert ces dernières années de pertes d'autonomies fiscales et de transferts de charge non compensés.
La gauche libérale, en la matière, ne fait pas autre chose que la droite de Sarkozy et Fillon avant 2012.
C'est la même logique qui est à l’œuvre mais, justement, de ce point de vue, Madame Le Brun, vous jouez à front renversé et êtes en plein paradoxe quand vous dénoncez la baisse des dotations d'Etat à la commune décidée par le pouvoir socialiste tandis que vous êtes responsable nationale et départementale d'un parti, l'UMP, qui réclamait début 2014 dans son programme économique, non pas 50 milliards d'euros de baisses de dépenses sociales et publiques, mais 138 milliards sur 5 ans.
A rajouter à l'allongement de l'âge du départ à la retraite, aux 39h payées 35, ...
D'ailleurs, François Fillon avait déjà planifié cette austérité et à l'époque vous ne l'aviez pas dénoncé Madame Le Brun : en 2012, 7 milliards d'euros de dépenses publiques en moins, 11,6 milliards en moins projetés en 2013, et 65 milliards de réductions de dépenses publiques et sociales à l'horizon 2016 : c'était le projet de la droite avant sa défaite de 2012.
Seulement, en 2012, les Français ont voté majoritairement pour un autre projet politique : or, avec le PS, comme avec l'UMP, c'est toujours les vieilles recettes éculées du libéralisme qui s'appliquent, le même pouvoir du patronat et du MEDEF qui se traduit dans les politiques publiques.
La dette est invoquée pour justifier ces baisses de dotations aux collectivités mais la dette n'est qu'un prétexte et une arme psychologique pour délégitimer la dépense publique et sociale, pour réduire les solidarités.
En réalité, ce sont les politiques libérales qui accroissent la dette de l'Etat à travers l'impact de la financiarisation de l'économie sur la destruction des emplois, les baisses d'impôt pour les plus riches et pour les grandes entreprises, les exonérations de charges patronales qui représentent 200 milliards d'euros par an tandis que la fraude fiscale, elle, représente au bas mot 40 milliards d'euros. La dette représentait 1200 milliards d'euros en 2007, 2000 milliards d'euros aujourd'hui (100 % du PIB). Entre-temps, on n'a eu que des politiques d'austérité.
Beau résultat, mais les charlatans continuent leurs boniments...
On le voit bien, la conséquence de l'austérité, c'est une consommation populaire au point mort, une croissance faible ou zéro, une baisse d'activité économique, plus de chômage, d'inégalités, de précarité et une baisse des rentées fiscales. Donc le creusement du déficit et de la dette.
Le vrai but de ces politiques n'est pas de réduire la dette mais de réduire le périmètre de l'Etat, de la dépense publique, des solidarités, de privatiser et de servir les entreprises capitalistes.
Ainsi, il n'y a pas à chercher très loin l'explication de la baisse des dotations à Morlaix comme partout ailleurs : le patronat, et particulièrement le grand patronat, sont choyés par Hollande et le gouvernement Valls : pendant qu'on augmente la TVA pour les catégories populaires et les impôts locaux, les plus injustes, on donne 20 milliards aux entreprises sans condition dans le cadre du CICE, plus 10 milliards supplémentaires d'exonérations patronales.
S'il y a donc une mise en procès à faire aujourd'hui, c'est autant celle qui concerne les absents, Madame Lebranchu, Ministre de la Fonction Publique et de la Décentralisation, qui met en œuvre cette politique décidée dans les officines du Medef, celle de Gwenegan Bui, qui a voté toutes les grandes lois de cette politique, à commencer par la ratification du pacte budgétaire européen, qui mène dans le mur et trahit les promesses de justice sociale, de rupture avec les politiques de droite de 2012, que le procès de la majorité municipale de droite, qui fait ses choix dans un cadre qui laisse peu de marges de manœuvre, sinon pour décider des postes « à sacrifier »".
Le Telegramme 14.11.14 Conseil Municipal
Le Telegramme 15.11.14 le Conseil Municipal
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