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Pierre Laurent : "L'alternative c'est maintenant ! "Fabrice Savel avec AFP
"L'alternative, c'est maintenant!" a lancé le secrétaire national du PCF, qui s'adressait à plus de 800 délégués communistes réunis depuis samedi à Montreuil (Seine-Saint-Denis).Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), a estimé dimanche que Manuel Valls "n'est pas et ne sera jamais le Premier ministre de la gauche". "C'est sans attendre que j'appelle toutes les forces qui refusent cette politique d'austérité à travailler à une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat de transformation sociale, écologique et démocratique, qui devra être mis en oeuvre par un nouveau gouvernement", a déclaré Pierre Laurent, lors de son discours de clôture de la conférence nationale du PCF."Maintenant on s'y met! Voilà le message envoyé par cette conférence nationale, personne ne peut rester au milieu du gué", a-t-il dit, ajoutant que "le constat ne suffit plus, c'est à l'action, à la construction qu'il faut passer". "Nous serons s'il le faut "la force tranquille" qui ne renoncera jamais à ouvrir le chemin d'une alternative gagnante", a proposé le chef de file des communistes, qui veut "poursuivre sans relâche (ses) efforts pour dialoguer et construire avec tous, socialistes, écologistes, républicains qui sont convaincus de l'impasse actuelle".Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a de nouveau tendu la main samedi aux «amis frondeurs, écologistes ou tout simplement socialistes affligés» pour construire une «alternative à l’austérité». «Je veux dire à tous ceux avec lesquels nous voulons travailler et avancer, du Front de gauche bien entendu mais aussi à nos amis frondeurs, écologistes ou tout simplement "socialistes affligés" : prenez avec nous conscience de l’urgence et de l’ambition nécessaire», a lancé Pierre Laurent dans son discours d’ouverture de la conférence nationale du Parti communiste français.Plus de 800 délégués communistes se sont réunis ce week-end à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour «travailler à l’émergence d’une véritable alternative de société, de politique et de gouvernement et à la démarche de rassemblement nécessaire pour y parvenir». «La France est mal engagée, mal gouvernée, trahie par un pouvoir qui n’a ni idée nouvelle, ni ambition véritable si ce n’est de servir les intérêts des marchés», a dit Pierre Laurent. «Il nous incombe de prendre pour notre part en charge l’avenir de la gauche toute entière et pas seulement de la partie de la gauche que nous constituons», a souligné le secrétaire national du PCF.«C’est une bataille et des initiatives qui doivent se déployer sur tout le territoire sans attendre la fumée blanche d’un repas à la Fête de l’Humanité, d’une assemblée générale du Front de gauche ou d’un vote des frondeurs au Parlement», a-t-il souligne. En toile de fonds de ces rassemblements politiques, les élections départementales de mars 2015. «Nous devrions viser la construction de candidatures dans tous les cantons», a lancé Pierre Laurent qui veut «proposer de nouveaux visages». Sur le terrain, les communistes veulent aussi «mener des actions concrètes» pour «lutter contre l’austérité». Pierre Laurent a ainsi appelé à participer aux manifestations du 15 novembre avec le collectif 3A ou du 6 novembre avec les chômeurs. Pierre Laurent lui-même entamera à partir de janvier un «tour de France» des régions.«La question écologique est au cœur de notre combat pour un nouveau modèle de développement», a aussi déclaré Pierre Laurent rappelant que Paris accueillera en 2015 la conférence sur le climat et soulignant le «rapport alarmiste du GIEC»."Si nous avons beaucoup changé, si nous avons beaucoup évolué, si nous avons même beaucoup tâtonné pour cela, nous n'avons jamais renoncé à être ce que nous sommes: des communistes, des combattants, des résistants, des chercheurs d'avenir", insisté Pierre Laurent. "Nous savons ce qui s'annonce, l'échec historique du pouvoir socialiste, la victoire possible de la droite, du Front national", mais "ce scénario peut être mis en échec", a estimé le sénateur de Paris. "Nous devons écarter tous les petits calculs et nous consacrer à une seule chose: sortir de l'ornière en inventant un nouveau mode de développement pour la France", a-t-il expliqué.Pierre Laurent a notamment esquissé plusieurs propositions de réforme, comme la "nationalisation des autoroutes", "une nouvelle loi bancaire", "un impôt éthique" avec une baisse de la TVA et une imposition des revenus spéculatifs, la "hausse des salaires". Face à la semaine d'action du Medef du 1er au 8 décembre, Pierre Laurent propose "une contre-semaine d'action, arguments contre arguments". "Partout, demandons des comptes: où va l'argent du CICE? Où va l'argent du crédit impôt recherche? Où va l'argent des banques ?"
On se souvient des propos de Michel Sapin, " Notre amie, c'est la finance, la bonne finance", qui en disaient long sur le chemin parcouru, bordé de renoncements et de trahisons, par un gouvernement élu sur la promesse du discours du Bourget.
Chaque jour, par delà des apparences parfois trompeuses, il entretient cette amitié, la cultive avec un luxe d'attention et de prévention. C'est le cas pour le projet de taxe européenne sur les transactions financières (TTF) sur lequel Michel Sapin défend une position au rabais en s'opposant à ce que les produits dérivés, sur lesquels les transactions sont le plus spéculatives, soit touchés. Pour ses amies, les banques françaises et européennes, le ministre des finances laisse ainsi filer des recettes fiscales massives. Au plan européen, la France est d'ailleurs la plus farouche opposante à la TTF.
Si ces mêmes banques sont prises la main dans le sac d'un gigantesque mécano d'optimisation fiscale passant par le Luxembourg, Michel Sapin dit " que tout cela n'est plus acceptable". Fort bien. Que " la lutte doit être mondiale". C'est exact mais le ministre des Finances invite à voir grand pour éviter un examen plus précis et approfondi à l'échelle européenne et hexagonale. Quid de la responsabilité du nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg quand l'accord a été passé avec les grandes multinationales dont de très nombreuses banques ?
Dans ce gouvernement où les ministres n'ont pas le temps de lire, Michel Sapin fait exception. Il a bien retenu une pensée de Victor Hugo " la moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traitre". Accordons à Michel Sapin de ne pas faire dans la demi-mesure. Les banquiers n'ont rien à craindre de lui.
Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Un énorme gâchis dû à un manque d'anticipation d'une nécessaire évolution de la filière agro-alimentaire!
Au moment où l'arrondissement de Morlaix connaît une augmentation exponentielle des inscriptions à Pôle Emploi (+15%), l'annonce de la suppression d'au moins 250 emplois à Tilly-Sabco dans le cadre d'une reprise exclusive de l'activité saucisse de poulet par l'un ou l'autre des candidats à la reprise est une terrible nouvelle pour la région. La désindustrialisation se poursuit!
Le Front de Gauche du Pays de Morlaix exprime sa solidarité humaine avec les salariés de Tilly-Sabco et leurs familles qui vivent depuis des mois dans l'angoisse, la perte d'activité et de revenus, mais qui se battent avec dignité et esprit collectif avec les habitants du secteur de Guerlesquin pour sauver leurs emplois. Nous saluons le combat de ces ouvriers. Malheureusement, les investisseurs ont un autre souci que celui de l'humain et du droit au travail. 250 salariés au moins vont donc devoir probablement chercher du travail dans une situation dégradée à cause de l'austérité et de la politique gouvernementale. C'est un gâchis terrible!
Ces hommes et ces femmes paient aujourd'hui la crise d'un modèle agro-alimentaire dont ni les industriels, ni les banquiers, ni les décideurs publics, nationaux et régionaux, n'ont programmé suffisamment tôt l'évolution nécessaire, chacun faisant l'autruche tant que l'argent affluait.
55 millions d'aides à l'exportation de poulet congelé en moins, ça fait mal évidemment...
Mais la suppression des restitutions était prévue depuis 1995. Mr Sauvaget a préféré l'ignorer, tout occupé à se partager la manne des aides publiques européennes à l'export avec son homologue Doux.
A la fin, ce sont les salariés, toute la filière, et la Bretagne qui paient l'absence totale d'initiative patronale pour une réorientation de l'activité, vers du poulet de meilleure qualité à destination d'un marché intérieur, pourtant indispensable. Notre région a une vocation agricole reconnue et affirmée mais les recettes du passé ne peuvent ouvrir des voies d'avenir pour la production et la transformation.

Les Amis de la Sardine Rient
avec la complicité de la librairie « Les Mots Voyageurs »
14/18 la der des ders ?
1914/1918.......2014/2018
La Victoire de Jaurès
Jaurès est assassiné le 31 juillet 1914. L'immense travail qui fut le sien n'est pas pour autant mort avec lui.
Sa victoire, c'est celle de sa clairvoyance.
soirée d'échange et de débat avec
Charles Silvestre
journaliste ; vice président des Amis de l'Humanité
auteur de l'ouvrage « la Victoire de Jaurès » éditions Privat.
le samedi 8 novembre 2014 de 19h à 21 h
salle Anne Follézou
Port de Brigneau Moëlan sur Mer
entrée libre. Participation aux frais d’organisation de la soirée. !
Les Amis de la Sardine Rient Port de Brigneau 29350 Moëlan sur mer
lesamisdelasardinerient@orange.fr
renseignements/réservations :06 74 44 04 90./02 98 71 12 36
LA LIGNE DE PARTAGE DES EAUX
de Dominique Marchais (France – 2014 - 1h48)
Documentaire
Ciné débat le mercredi 12 novembre à 20h30 avec Martin de la Soudière Ethnologue du monde rural et co-animateur du réseau Perceptions du climat
Dans le cadre de du Mois du doc et du Mois de l'ESS avec Cinéphare et l'ADESS du Pays de Morlaix.
«Pepe » va passer la main. Les Uruguayens s’étaient pourtant habitués à la bonhomie de leur président au point de l’appeler par son diminutif. Figure tranquille et de bonté de 79 ans, José Mujica est entré dans la vie de ses concitoyens en 2009. Sans fracas. Lui qui fut l’un des visages de la guérilla des Tupamaros. Pour ses activités subversives, il sera emprisonné treize années durant et torturé, s’il fallait le préciser, avant d’être libéré en 1985. « Pepe » a incarné pendant cinq ans le bon sens populaire. « Un monsieur Tout-le-monde », en somme. « Ce n’est pas une lutte des superhéros ou des phénomènes. C’est la cause d’un peuple, une cause collective, d’engagement. Aucun type ne peut offrir la prospérité à une société. (…) La prospérité, nous allons tous la gagner », a-t-il déclaré le soir de sa victoire. Sa première mesure a été de réduire de 90 % son salaire de président. « Cet argent me suffit, et doit me suffire parce qu’il y a des Uruguayens qui vivent avec moins. (…) Je ne suis pas pauvre. Les pauvres ce sont ceux qui croient que je le suis », a-t-il précisé un jour. Son geste n’est pas étranger à celui d’autres chefs d’État de gauche parvenus aux plus hautes fonctions en Amérique latine à l’aune des années 2000. Mais il est suffisamment rare de ce côté-ci de l’Atlantique pour ne pas le relever.
Un homme simple, proche des gens
Peu à peu, José Mujica s’est imposé, s’attirant la sympathie des médias. De droite comme de gauche. On le voit sur un cliché dans une salle d’attente d’un hôpital public, refusant tout passe-droit. Là encore, il est au volant d’une voiture modeste à l’image de sa maison, « sa chacra », où il réside avec son épouse, la sénatrice et elle aussi ancienne guérillera, Lucia Topolansky. Loin des fastes de la République. Pepe est un homme simple, proche des gens.
Dimanche, lors du premier tour des élections générales, il sera candidat au Sénat « pour aider » son Mouvement pour la participation populaire, la Constitution lui interdisant de briguer un second mandat présidentiel. Il reviendra au socialiste Tabaré Vazquez de défendre les couleurs du Front ample (Frente amplio, Fa), cette large coalition de vingt et un partis, créée en 1971, et reliant le centre gauche à l’extrême gauche radicale. La chose n’est pas nouvelle pour l’ancien maire de Montevideo et cardiologue de profession. C’est lui qui a ouvert en 2005 les portes du pouvoir à la gauche. À l’époque, ce succès n’avait pas autant réveillé la curiosité qu’un « Pepe » en jean et en basket. Ce fut pourtant une victoire historique. Pour la première fois depuis 168 ans, les Uruguayens avaient refusé de sacrer l’une des formations libérales traditionnelles, le Parti national (Blanco) ou le Parti colorado. Ces partis de droite, qui ont scellé une alliance historique d’alternance, avaient jusqu’alors vampirisé les institutions du pays, à l’exception de la sinistre période de la dictature (1973-1985), lorsque l’Uruguay avait activement participé au plan « Condor » d’extermination des démocrates et des opposants de la région.
Tabaré Vazquez va creuser une politique différente après les années sombres des plans d’austérité. Lorsqu’il quitte le pouvoir en 2010, il laisse à son successeur « Pepe » Mujica un bilan plutôt flatteur. Le PIB est en hausse de 35,4 %, tandis que les exportations ont cru de 100 %. Le taux de chômage a été ramené à 7 % contre 13 % en 2004. Les salaires ont été augmentés en moyenne de 30 %. Ces quatre dernières années, l’ex-rebelle en armes a suivi le sillon de son prédécesseur. La pauvreté a continué de reculer, passant de 40 % à 11 %. Cette dernière décennie, le salaire minimum a été rehaussé de 250 %. L’éducation est devenue une priorité, même s’il reste beaucoup à faire, au même titre que l’accès à la santé, relevant ainsi l’espérance de vie à 80 ans pour les femmes et à 73 ans pour les hommes. De manière générale, près de 44 % de la population reçoit une aide sociale contre 15,4 % en 2004. Mais on est loin des réformes structurelles radicales espérées et attendues au sein du FA.
En une décennie, la gauche au pouvoir a augmenté le salaire minimum de 250 %.
La dépénalisation du cannabis, la légalisation de l’IVG ou encore la reconnaissance officielle du mariage homosexuel sont autant de réformes qui ont constitué des ruptures dans une région encore à la traîne en matière de droits sociétaux. « J’aurais voulu faire plus de choses », a récemment reconnu Pepe Mujica à l’agence EFE, notamment concernant l’enseignement ou encore l’insécurité, thème récurrent de cette campagne électorale. L’autre grande dette laissée en suspens par la gauche uruguayenne sont les lois dites de « caducidad ». Elles garantissent jusqu’à présent une totale impunité aux auteurs des crimes perpétrés durant la dictature. Une aberration aux yeux des démocrates et des familles des victimes, et que Tabaré Vazquez ne semble pas vouloir corriger. Si l’Uruguay a changé, le poids dont jouissent les militaires reste, lui, quasi intact. Statu quo aussi du côté de l’opposition. À droite, Luis Alberto Lacalle défendra le Parti national. À droite encore, Pedro Bordaberry, du Parti colorado, retentera sa chance. Les deux hommes – fils de président impopulaire pour le premier et rejeton d’un dictateur pour le second – avaient été éconduits il y a quatre ans, face à un « Pepe », symbole du dirigeant politique proche du peuple.
Saviez-vous qu'en Bolivie? - par Serge Halimi
Editorial du Monde Diplomatique, novembre 2014 - n°728
Par temps de crise, la réélection au premier tour d'un chef d'Etat ayant effectué deux mandats n'est pas chose courante. Celle de M. Evo Morales, avec 61% des suffrages, aurait par conséquent méritée d'être davantage soulignée. D'autant que son exploit électoral intervient dans un pays, la Bolivie, qui a vu cinq présidents se succéder entre 2001 et 2005. Et qu'il couronne une chute de pauvreté de 25%, un relèvement du salaire minimum réel de 87%, la baisse de l'âge de la retraite (passé de 60 à 58 ans pour les hommes et de 60 à 55 ans pour les femmes ayant eu trois enfants et plus) et une croissance supérieure à 5% par an, le tout depuis 2006. Puisqu'il importe, nous dit-on, de réenchanter la politique, pourquoi ne pas mieux faire connaître ces bonnes nouvelles? Serait-ce parce qu'elles ont des réformes progressistes pour explication, et des régimes de gauche pour acteurs?
Discrets sur les succès des gouvernements latino-américains de gauche, certains grands médias le sont tout autant sur... les échecs des pouvoirs conservateurs. Y compris en matière de sécurité. Cette année, par exemple, cinq journalistes ont déjà été assassinés au Mexique, dont un le mois dernier lors d'une émission en direct à la radio. Atilano Roman Tirado réclamait souvent à l'antenne que huit cent familles expropriées en raison de la construction d'un barrage soient indemnisées. Une combativité fatale là où enlèvements, tortures et assassinats sont devenus monnaie courante, en particulier pour qui remet en cause un ordre social vermoulu et mafieux.
Les 26 et 27 septembre, quarante-trois étudiants de la ville d'Iguala, dans l'Etat de Guerrero, à 130 kilomètres de Mexico, protestaient contre des réformes éducatives d'inspiration néolibérale promues par le président Enrique Pena Nieto. Alors qu'ils se déplaçaient en autobus, ils ont été interceptés par la police municipale et emmenés vers une destination inconnue.
Ensuite, ils ont vraisemblablement été livrés à un cartel de la drogue, à charge pour celui-ci de les exécuter et de dissimuler leurs dépouilles dans des fosses clandestines. Des tombes de ce genre, on ne cesse d'en découvrir ces dernières semaines, parfois pleines de corps démembrés et brûlés. Recherchés par la justice, le maire, sa femme et le directeur de la sécurité publique d'Iguala ont pris la fuite.
Depuis qu'il a ouvert aux multinationales le secteur de l'énergie, M. Pena Nieto est adulé par la presse d'affaires. La France lui a remis la grand croix de la Légion d'honneur. Srra t-il un jour interpellé par ses admirateurs sur la quasi-impunité dont bénéficient dans son pays les forces de police et les élus corrompus? Mais les grands journaux occidentaux, les intellectuels médiatiques, Washington, Madrid et Paris ignorent peut-être quelles questions poser au président mexicain. Qu'ils imaginent alors celles qui auraient spontanément fusé de leurs cerveaux si le massacre des étudiants s'était déroulé en Equateur, à Cuba, au Venezuela. Ou dans cette Bolivie dont on chuchote qu'elle vient tout juste de réélire le président Morales.