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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 06:41
Ada Colau, réélue maire de Barcelone - elle avait soutenu Ian Brossat aux élections européennes

Ada Colau, réélue maire de Barcelone - elle avait soutenu Ian Brossat aux élections européennes

Élections. En Espagne, pas de cordon sanitaire face à l’extrême droite

Lundi, 17 Juin, 2019

À la suite des scrutins municipaux et régionaux, les investitures des présidents et maires ont confirmé samedi la consolidation de pactes entre les formations de droite et le parti raciste et ultranationaliste Vox.

 

Sur le papier, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a remporté les élections régionales et municipales du 26 mai. Au terme des investitures qui avaient lieu samedi, il s’adjuge la majorité des 81 villes de plus de 100 000 habitants. Les conservateurs du Parti populaire (PP), bien qu’en net recul, en dirigeront moins mais seront aux commandes de presque autant d’administrés. La formation de Pablo Casado ravit surtout Madrid, après quatre ans de gouvernance de la gauche alternative. La maire sortante Manuela Carmena était pourtant arrivée en tête du scrutin avec 19 élus, loin devant les 15 conseillers de la droite conduit par José Luis Martinez Almeida, et désormais nouvel édile. Cette nouvelle configuration survient au terme de tractations avec les libéraux de Ciudadanos (C’s) et l’extrême droite Vox. Dans les faits, elle consolide un bloc ultralibéral et réactionnaire grâce à la normalisation de Vox. Les élections municipales, régionales et européennes ont confirmé l’ascension de ce parti raciste et ultranationaliste qui se veut être la voix de « ceux qui ont eu des parents dans le camp national (franquiste – NDLR) et qui résistent à condamner ce que leur famille a fait ».

Vox, omniprésent sur le territoire

La formation s’est enracinée avec une fulgurance impressionnante à la faveur de la crise économique et du conflit catalan. Vox a même été le levier qui a permis au PP de ravir la présidence de la région andalouse au Parti socialiste en décembre 2018. Elle a, une nouvelle fois, été au cœur des pourparlers du « triptyque de droite ». Dans nombre de villes, elle sera un élément clé des gestions à venir. Vox ne dirigera aucune cité de poids mais son président, Santiago Abascal, s’est fait fort de rappeler que sa formation est désormais omniprésente sur le territoire. L’illustration est sans conteste Madrid, où le PP, qui y a pourtant enregistré son plus mauvais score, dirigera la capitale grâce aux 4 voix de Vox et également aux 11 élus de C’s.

La formation orange d’Albert Rivera a joué des coudes jusqu’à la dernière minute pour s’imposer à la tête de la capitale. Après avoir jeté l’éponge, elle a signé un pacte de 82 points avec les conservateurs, tout comme Vox. Renonçant à sa place de leader à droite, C’s a joint ses votes à ceux du PP et de Vox dans presque toutes les villes, à quelques rares exceptions près. Les ultralibéraux avaient pourtant juré leurs grands dieux qu’ils ne négocieraient pas avec l’extrême droite, et que cette dernière ne ferait partie d’aucun gouvernement local. Dans les faits, Vox sera des directions des arrondissements dans des accords au sein de la région madrilène.

Durant la campagne électorale, Ciudadanos avait pourtant répété à l’envi que son partenaire privilégié resterait le PP, puisque son principal réservoir électoral provient justement des rangs de la droite traditionnelle. Le principe de réalité l’a emporté sur l’idée même de cordon sanitaire face à l’extrême droite. En Andalousie, le budget régional vient d’être approuvé par les trois formations qui ont apposé, pour la première fois, leur logo dans un document officiel commun. « Ciudadanos n’a rien à négocier avec Vox », martelait encore en janvier dernier le leader régional de la formation et vice-président de la Junte andalouse Juan Marin.

La recomposition politique espagnole vient contrarier les desseins de LaREM. Samedi, le président français a déclaré qu’une alliance entre « Ciudadanos et l’extrême droite remettrait en question la coopération politique pour construire un groupe centriste rénové au sein de l’Union européenne ». « Il faut une cohérence idéologique. Un groupe progressiste et libéral ne peut pas se permettre d’être accusé de faiblesse ou d’ambiguïtés », a insisté Emmanuel Macron auprès de l’AFP. Santiago Abascal a aussitôt réagi, en sommant l’Élysée de ne pas « mettre son nez dans la politique espagnole. Vous devriez vous préoccuper (…) de rendre à vos compatriotes leur identité nationale étouffée dans une France islamisée », a-t-il osé. Quant au principal intéressé, qui intégrera le groupe européen Renouveau en dépit des déclarations de Paris, il a rappelé que « la collaboration avec le parti de Macron est étroite, et l’est encore plus depuis qu’ils se sont intégrés, grâce à Ciudadanos, au groupe libéral européen dans lequel Ciudadanos siégeait déjà au dernier mandat ». L’ambiance promet d’être cordiale à Strasbourg.

Cathy Dos Santos
 
ADA COLAU, RÉÉLUE  MAIRE À BARCELONE
Ada Colau a été réélue,  samedi, maire de Barcelone grâce au Parti socialiste catalan ainsi qu’aux trois conseillers de Ciudadanos, dont Manuel Valls, et ce, contre l’avis de leur formation. L’édile de gauche s’était pourtant inclinée face à l’indépendantiste Ernest Maragall à l’issue du scrutin, mais avait obtenu dix élus, ex aequo avec l’ERC, qui voulait faire de la capitale catalane, la vitrine de l’indépendantisme. 

Ada Colau, maire de Barcelone, samedi 15 juin 2019
Ce qui vient de se passer à Barcelone mérite plus de réflexions que de jugements à l’emporte pièces.
Ada Colau vient d’être réélue maire de cette ville. Ce ne fut pas sans difficultés. Elle l’a reconnu elle-même dans son discours d’investiture.
A l’issue du scrutin du 26 mai 2019, le conseil municipal de Barcelone se partageait entre 10 sièges pour ERC de Maragall ( indépendantiste), 10 sièges pour EN COMU PODEM d’Ada Colau, 8 sièges pour le PSC de Colboni, 6 sièges pour Ciutadanos (CS) de Valls, 5 pour Junt per Cat d'Atardi ou Puigdemont, et 2 pour le PP.
ERC a une légère avance de voix sur EN COMU PODEM.
Quelle que soit la configuration, des alliances sont nécessaires pour avoir la majorité absolue et élire le ou la Maire. Depuis cette date et jusqu’à aujourd’hui les tractations sont allées bon train avec les spécificités suivantes :
ERC ne voulait pas s’allier avec le PSC.
Si ERC et EN COMU PODEM s’alliaient il fallait un appui pour avoir la majorité qui n’aurait pu venir que de Junt per Cat, ce que ne voulait pas EN COMU PODEM, qui refuse l’indépendantisme de droite de cette formation.
Si EN COMU PODEM s’alliait avec le PSC, il fallait un appui qui ne pouvait venir que de CS.
Quadrature du cercle.
Posons nous alors la question : pourquoi les uns ne voulaient pas des autres et réciproquement ?
Le processus indépendantiste a profondément divisé la société catalane. Aux élections législatives de décembre 2017, juste après la prise de contrôle par Madrid de la Catalogne via l’article 155 de la Constitution voté entre autres par le PSOE qui a voté donc avec la droite de Rajoy, les indépendantistes ont été tout juste majoritaires en Catalogne avec 50,5 %. Cela veut dire que 49,5% de la population en Catalogne n’a pas voté pour eux.
Au mois de février 2019, au début du procès de Madrid, les indépendantistes catalans n’ont pas hésité à voter avec la droite et l’extrême droite pour faire tomber Sanchez et provoquer de nouvelles élections que ce dernier a finalement remportées.
Les repères sautent donc. Je m’en été alarmée à Madrid lorsque j’avais appris que ceux qui sont trainés devant les tribunaux votent avec ceux qui les y ont menés.
A Barcelone, cet après midi, Ada COLAU, dans on discours d’investiture, a répété qu’elle ne serait ni une maire indépendantiste ni une maire anti indépendantiste, mais celle de tous les Barcelonais. Selon la manière dont chacun voit les choses, c’est ce qui la sauve ou c’est ce qui la tue, ce que nous pourrons découvrir pendant son nouveau mandat.
L’alliance contre nature avec Valls qui lui a permis d’être élue doit se lire par rapport à une situation tout à fait originale, même pour l’Espagne et la Catalogne.
Le contrôle de Barcelone par les indépendantistes était un enjeu majeur qui comportait certainement des risques que nous n’appréhendions pas forcément. Rappelons-nous que, dès la proclamation de la déclaration d’indépendance avortée, de très grandes entreprises ont quitté la Catalogne, que cela a eu un impact important sur les emplois. Ce sont des traces qui ne s’effacent pas dans un pays où la précarité est de mise.
Rappelons-nous aussi qu’à Barcelone plus de 50 % de la population vient de toute l’Espagne ou d’autres pays et que l’indépendantisme représente pour elle un avenir incertain, donc une inquiétude.
Rappelons enfin que ce clivage terrible de la société catalane efface complètement les enjeux sociaux et divise les syndicats eux-mêmes paralysant ainsi les actions revendicatives.
Plus d’une centaine de villes de Catalogne ont vu aujourd’hui, dans la mise en place des conseils municipaux, des alliances étranges. Tantôt ERC s’alliait avec le PSC , tantôt Junt per Cat le faisait de son coté, certains s’allaient entre eux en fonction de situations locales très diverses.
Je pense que nous devons être modestes dans nos réactions car nous ne connaissons pas tous les dessous de ce moment important que vit la Catalogne.
La présence de Joaquim FORN sorti de prison pour prendre son mandat de conseiller municipal, aussitôt embarqué pour retourner dans la prison madrilène nous démontre le surréalisme d’une situation qui met le feu aux poudres en permanence.
Enfin voir Ada Colau, huée à la sortie de la Mairie par une foule haineuse avec des drapeaux en croix gammée barrée et des banderoles AlcadeSSa, doit aussi nous montrer à quel point la mesure est dépassée.
Je reste donc à l’écoute, j’observe et je me garde de jeter l’anathème sur les uns ou les autres et je persiste à penser que ce qu’à fait Ada Colau pendant les 4 ans de son précédent mandat a été très bénéfique pour la population la plus fragile socialement de Barcelone.
Quant à Valls il ne mérite pas que l’on s’intéresse à lui, il est minoritaire et c’est tant mieux. Puisse-t-il le rester.
 

Dominique Noguères

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