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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 13:57
photo Ouest-France, lundi 25 janvier

photo Ouest-France, lundi 25 janvier

Par Ouest-France,

lundi 25 janvier: Quimper. Des extrémistes agressent 30 personnes le samedi 23 janvier : une victime témoigne

Samedi, après la manifestation des ultra-nationalistes d’Adsav, des dizaines d’hommes se sont déchaînés contre la devanture du pub An Poitin Still, à Quimper (Finistère).

L’une des 30 victimes réfugiées à l’intérieur du Poitin Still, un pub qui se situe en face de la gare de Quimper (Finistère), raconte comment il a vécu la violente agression de samedi 23 janvier 2016, après la manifestation des ultra-nationalistes d'Adsav.

Entre guillemets "Je n’ai pas dormi depuis. Je suis traumatisé. Samedi, aux alentours de 18 h, je faisais partie de la trentaine de personnes présentes au Poitin Still, un pub qui se situe en face de la gare, à Quimper. Tout d’un coup, je distingue une énorme masse noire à travers la vitrine. Des dizaines d’hommes enfilaient des cagoules juste devant le bar. Ils devaient être une quarantaine. Ils portaient des signes distinctifs extrémistes." "J’ai tout de suite pensé à mon fils. Je ne voulais pas qu’on lui annonce un drame. L’instinct de survie. Pas le temps de réfléchir. J’ai immédiatement dit aux gens autour de moi de tenir les portes jusqu’à ce qu’on parvienne à les verrouiller. Il fallait à tout prix les bloquer. Par chance, comme il pleuvait, personne ne se trouvait à l’extérieur."

« Nous étions tétanisés, sidérés »

"Les agresseurs ont pris d’assaut les trois entrées de l’établissement. Ils tentaient de briser des vitres pour rentrer. Ils ont opté pour la méthode du bélier, comme ça se faisait au Moyen-Âge. Sauf que là, les béliers, c’étaient les pieds en fonte des tables du pub, installées sur la terrasse. Il y a eu plusieurs coups très violents contre la vitrine. Notre chance à tous : les vitres ont résisté. Du coup, ils ont essayé de rentrer par l’entrée de service."

"Ce jour-là, à ce moment-là, nous étions une trentaine de jeunes de moins de 40 ans dans l’établissement. Nous étions tétanisés, sidérés comme si on essuyait une pluie de grêlons énormes. On se demandait ce qu’il se passait et quand ça allait s’arrêter. On n’a même pas pensé à passer un coup de fil. Demander de l’aide nous était impossible. Comme nos agresseurs ne parvenaient pas à rentrer, ils ont fini par partir. Moi, j’étais bouchée bée. Je n’avais pas conscience de ce que je venais de vivre. D’habitude, comme un événement de ce type se produit, ça arrive toujours ailleurs, à d’autres. Là, je ressens cette agression dans ma chair. Maintenant, je comprends ce que ressentent les victimes des attentats."

« Une attitude paramilitaire »

"Si nos agresseurs avaient insisté, je n’ose même pas imaginer ce qui aurait pu nous arriver. La police, alertée par un commerçant voisin, est arrivée au bout d’un quart d’heure après. C’est étrange qu’elle ne soit pas restée avec nous après. D’autant plus que des passants ont été esquintés par des hommes violents sur le parking d’en face. Ils venaient se cacher dans le pub." "Samedi soir, tout le monde était autour de moi. J’ai pleuré. J’avais de la peine, j’étais excédé. Je me disais : pourquoi ici, pourquoi moi ? Je prône toujours la liberté. C’est injuste." "L’attaque a été bien menée, avec des actions simultanées. Ces hommes encagoulés avaient une attitude paramilitaire. À mon avis, elle était pilotée par des gens qui savent faire la guerre. Je suis un ancien gendarme. Je sais de quoi je parle." "La cible ? C’était la dizaine d’antifascistes présents dans le bar avec nous à ce moment-là. Nos agresseurs les avaient repérés. Ils voulaient faire un coup d’éclat après leur manif qu’ils n’ont pas réussi à mener comme ils l’entendaient, place de la Résistance." "Les deux clans de manifestants, militants d’extrême droite et antifascistes, n’auraient jamais dû pouvoir se croiser après, en ville. Nous sommes en période d’état d’urgence. Ça n’aurait jamais dû arriver."

La direction du Poitin Still a déposé une plainte, dimanche, au commissariat de police de Quimper (Finistère). L’enquête est ouverte.

Selon nos informations, les militants d'ADSAV violents venaient de la région nantaise et trois personnes ont été blessées par eux.

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