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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 20:37
Le journal " La Croix " et d'autres médias catholiques interrogent Pierre LAURENT , secrétaire national du PCF pour un tour d'horizon de la situation nationale mais aussi internationale .
 
 

Pierre Laurent Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, est l'invité de "Face aux chrétiens" jeudi 12 janvier 2017. Le secrétaire national du PCF a fait état de plusieurs divergences majeures entre son parti et les positions de Jean-Luc Mélenchon, notamment sur la politique fiscale, le financement de la protection sociale, les solutions à apporter à la crise européenne, et la transition énergétique. Sans oublier les oppositions tactiques dans certaines circonscriptions en vue des élections législatives.Pierre Laurent estime que, même si elles sont " confisquées, gâchées", "les ressources disponibles sont considérables", notamment au vu des dividendes distribués aux actionnaires, et de l'évasion fiscale. A ses yeux, "le temps est venu d'une nouvelle audace sociale". Constatant "l'impasse" actuelle où se trouve la construction européenne, Pierre Laurent souhaite, contrairement à Jean-Luc Mélenchon, une refondation solidaire de l'Europe sans s'en retirer : "Pour ne pas laisser d'espace à une explosion, au retour de nationalismes violents, voire à la guerre."

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 18:33
Interview de Pierre Laurent à Médiapart après ses voeux

A la veille d'un conseil national qui doit valider les candidatures communistes pour les législatives, le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, revient sur l'entrée en campagne des communistes, qui ont décidé fin novembre de soutenir Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, pour la présidentielle. Un « soutien critique » assumé aujourd'hui, notamment en raison des divergences entre les communistes et les Insoumis sur l'Europe – « nous mettons autant l’accent sur la critique de la construction européenne que sur la nécessité d’affirmer en contrepoint un projet offensif pour un nouveau projet européen solidaire », dit Pierre Laurent – et sur la politique internationale. Concernant ce dernier point, le leader communiste insiste sur la nécessité d'éclairer aussi quant aux « responsabilités que portent la Turquie et la Russie dans le risque d’engrenage dans des logiques d’affrontement de puissances ».

À propos des primaires du PS, Pierre Laurent ne « sait pas si une parole alternative peut émerger ». « Je serai attentif au résultat, disponible au dialogue, explique-t-il. Mais le temps avance vite. Nous, nous n’attendons plus, nous sommes en campagne. » Une campagne pour la présidentielle mais aussi pour les législatives, qui s'annonce compliquée pour les communistes, confrontés à l'intransigeance dans les circonscriptions des militants de la France insoumise. « Nous ne sommes pas dans une logique de fusion », insiste le secrétaire national du PCF. Les communistes ont actuellement 10 députés, ils ont constitué un groupe grâce à l'apport de cinq députés d'outre-mer. 

Lors de vos vœux, vous avez cité le programme des communistes pour la présidentielle et les législatives, appelé « La France en commun », mais pas celui de Jean-Luc Mélenchon, « L’avenir en commun » ; comment les deux s’articulent-ils ?

Il était normal pour le PCF d’entrer en campagne en versant au débat public sa propre contribution programmatique, à la fois pour l’élection présidentielle et, au-delà, pour les élections législatives, et la construction dans laquelle nous voulons nous engager d’une nouvelle majorité politique. Il y a évidemment dans ce programme des plages communes avec le programme de Jean-Luc Mélenchon, qui sont issues du travail que nous avions mené ensemble en 2012, qui sont aussi issues des mobilisations sociales qui ont eu lieu notamment autour de la loi sur le travail. Il y a aussi des différences sur certains points : certaines existaient déjà en 2012, d’autres se sont affirmées depuis, notamment sur la question européenne ou sur la fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu, position que nous ne partageons pas avec Jean-Luc Mélenchon. Il y a aussi des spécificités, par exemple la place que nous souhaitons accorder aux moyens concrets et précis d’une lutte contre la finance, sur laquelle nous avons beaucoup travaillé, en matière d’évasion fiscale, de redéploiement des aides publiques, etc. Toutes ces spécificités, nous avions envie de les mettre en avant. Cette contribution, comme nous l’avons dit d’ailleurs dans l’état d’esprit dans lequel on est, est à nos yeux une contribution constructive à la campagne présidentielle. 

Les communistes entendent apporter « un soutien critique » à Mélenchon. Sur quels thèmes sont-ils le plus critique ?

Critique, cela ne veut pas dire que nous sommes obsédés par le fait de souligner les différences ! Cela veut dire que c’est un soutien vigilant, dans lequel surtout nous voulons conserver une autonomie de parole pour attirer l’attention sur tel ou tel sujet de débat. Je viens de citer la question européenne. Nous partageons avec Jean-Luc Mélenchon le même diagnostic sur la critique de l’Union européenne et sur l’impasse profonde, démocratique, sociale, économique dans laquelle se trouve la construction actuelle, libérale, de l’Union européenne. Nous avons un débat qui s’est affirmé sur la manière dont nous envisageons de nous dégager de cette logique en Europe. Pour notre part, nous mettons autant l’accent sur cette critique de la construction européenne que sur la nécessité d’affirmer en contrepoint un projet offensif pour un nouveau projet européen solidaire. Donc la sortie des carcans budgétaires, à laquelle nous croyons nous-mêmes, comme Jean-Luc Mélenchon, n’est qu’un aspect : il faut absolument que cette dimension soit complétée par une dimension offensive de construction de convergence sociale en Europe, pour ne pas laisser la place à une désintégration de l’espace politique européen dont le vide serait occupé par les populismes de droite et d’extrême droite. C’est un sujet politique sur lequel notre sensibilité est différente mais, je le remarque, qui fait débat dans toutes les forces de gauche en Europe, et pas seulement en France. Ce sont des débats qui sont naturels pour des forces comme les nôtres, qui aspirent à gouverner. Nous ne sommes pas en train de présenter des programmes seulement d’opposition à telle ou telle politique gouvernementale. Nous devons aux électeurs la transparence sur la réalité de ce qui nous est commun et ce qui peut nous différencier.

 

Lors de vos vœux lundi soir, vous avez insisté pour que ce soient des vœux de paix, tout comme Jean-Luc Mélenchon la semaine dernière, mais votre analyse de la situation mondiale, notamment sur la Russie et sur la situation au Moyen-Orient, semble très différente de celle du candidat de la France insoumise. 

Je crois que là aussi nous avons en commun, c’est d’ailleurs frappant, une inquiétude concernant les logiques guerrières dans lesquelles on a entraîné la France et l’Europe. Ces logiques guerrières ne sont pas, dans la durée, la réponse aux attaques terroristes que nous avons subies, et elles continuent d’aggraver le problème. Par ailleurs, elles nous entraînent sur des terrains dangereux. Je pense à la situation très préoccupante des migrants en Europe et en France. Nous avons déserté ce qui devrait être la mission de la France de porter haut une ambition d’accueil digne des migrants sur le territoire et en Europe. 

Avec Jean-Luc Mélenchon, nous avons des points de convergence sur la nécessité de démilitariser la scène internationale, de sortir l’Europe de l’emprise de l’OTAN, et de retrouver une parole libre, souveraine, de la France pour pratiquer une politique de multilatéralisme, pas une politique d’alignement dans le camp occidental. Dans l’analyse de la situation au Moyen-Orient, nous mettons pour notre part beaucoup l’accent sur la responsabilité que portent dans le conflit les logiques de puissances. Si nous désignons clairement, dans ces logiques de puissances, les États-Unis et leurs alliés, et le trop grand alignement de la France sur ces positions, nous considérons aussi que la Russie et la Turquie ont elles-mêmes participé à ces logiques. Là-dessus, oui, il y a une différence d’analyse avec Jean-Luc Mélenchon. Je pense que nous devons éclairer aussi les responsabilités que portent la Turquie et la Russie dans le risque d’engrenage dans des logiques d’affrontement de puissances. 

Bien entendu, nous ne considérons pas que la Russie doive être traitée en ennemie. La politique française et européenne doit dialoguer avec la Russie et non pratiquer la confrontation, comme les États-Unis et l’Otan essayent de nous y entraîner. Mais nous devons le faire aussi en disant ce que l’on a à dire sur la politique de la Russie et de la Turquie qui, dans bien des domaines, pose beaucoup de problèmes. 

Y a-t-il eu des réunions entre une délégation de la France insoumise et le PCF ces dernières semaines ?

Une réunion est en préparation au niveau national pour le courant du mois de janvier. Il y a pour le moment beaucoup de contacts locaux liés à la préparation des élections législatives. Sur ces législatives, nous sommes engagés dans la construction de candidatures que nous pourrions soutenir. Nous le faisons dans un esprit de rassemblement large. Nous butons très souvent dans le dialogue avec la France insoumise sur une attitude très rigide de nos partenaires, qui font de la signature de la charte de la France insoumise une espèce de condition préalable. Notre engagement dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon a été très clair sur ce point : nous ne signerons pas cette charte et nous sommes ouverts à des constructions qui rassemblent plusieurs forces, la France insoumise, le PCF, Ensemble et d’autres partenaires qui peuvent émerger localement, mais nous ne sommes pas dans une logique de fusion. Dans l’intérêt du rassemblement commun, cette idée doit progresser pour réduire au minimum le risque de concurrence entre nos candidatures aux législatives. 

De nouvelles réunions de circonscription de la France insoumise avaient lieu mardi soir, plus de 100 circonscriptions ont déjà leur duo de candidats ; les communistes participent-ils à ces réunions ou attendez-vous que cela se décante pour confronter vos candidatures ? 

Il y a tous les cas de figure. Il y a beaucoup d’endroits où les communistes ont tenté de participer aux réunions de la France insoumise, parfois cela s’est très bien passé, d’autres fois des militants de la France insoumise ont voulu faire de la signature de la charte une condition de la présence même dans ces réunions. Ce n’est pas possible. Il faut que tout cela se décante et avance, et que chacun apprenne à respecter les positions des uns et des autres.

Cela vous inquiète-t-il ?

Toute situation de division et de dispersion m’inquiète dans la période dans laquelle nous sommes. Cela va au-delà des relations entre les communistes et la France insoumise. L’obsession des communistes pour mener une vraie politique de gauche induit la question du rassemblement. Parce que nous allons devoir, face à la droite, à l’extrême droite, au paysage de désolation laissé par le pouvoir Hollande, travailler à des constructions politiques et à des candidatures les plus rassemblées possible.

Nous avons, pour notre part, pris une décision sur l’élection présidentielle qui n’allait pas de soi compte tenu de la manière dont les choses s’étaient engagées en 2016, et qui a d’ailleurs fait débat chez nous, parce que nous avons endossé notre responsabilité de travailler au rassemblement. Évidemment, je souhaite que tout le monde prenne aussi sa part de responsabilité dans cette situation, singulièrement pour les élections législatives. Je le répète : nous menons ce travail-là avec, pour ce qui nous concerne, un esprit d’ouverture. 

Le vote des adhérents communistes fin novembre a été assez serré (53,6 % pour l’option de soutien à Mélenchon), comment comptez-vous remettre le parti en ordre de marche ? 

Le débat partagé que nous avons eu n’a signifié aucune rupture au sein du Parti communiste ! Ce débat était compréhensible parce que la force communiste est une force militante à laquelle on ne dicte pas ses décisions. C’est une force qui n’aime pas l’alignement. La manière dont les déclarations de candidature, pas seulement celle de Jean-Luc Mélenchon, nous ont mis dans une situation d’éclatement à gauche, a créé les conditions d’un débat difficile pour les communistes. 

Maintenant, cette décision est prise et toutes les réunions que je fais avec les militants, les responsables locaux, montrent qu’elle est acquise. Nous cherchons maintenant à la déployer. La publication de notre contribution programmatique est un premier acte, la désignation d’une partie de nos candidats aux législatives en sera un autre, l’initiative que nous allons tenir le 28 janvier place de la République pour un lancement conjoint de nos campagnes législatives et présidentielle sur le thème de la nouvelle République en sera un autre. 

Qu’attendez-vous de cette campagne ? N’avez-vous pas peur qu’elle soit à nouveau confisquée par des thématiques identitaires 

Le risque est évident. Tout est fait depuis maintenant deux ans pour enfermer le scénario présidentiel dans un choix tronqué, où nous n’aurions à choisir qu’entre un candidat partisan de politiques libérales et Marine Le Pen. On nous a vendu pendant un an un scénario Sarkozy-Hollande-Le Pen, Sarkozy et Hollande sont à présents disqualifiés, chacun dans leur propre camp, eh bien on est déjà en train d’essayer de nous revendre un autre scénario Fillon-Macron-Le Pen. Il y a une confiscation organisée, permanente du débat politique. Il y a des millions de gens dans le pays qui voudraient un véritable débat de choix de société, et pas seulement dans le monde politique. J’observe que les associations de lutte contre la pauvreté, que j’ai rencontrées lundi dernier, ont décidé d’entrer dans le débat présidentiel pour mettre à l’ordre du jour du débat public d’autres questions. La CGT va prendre de très importantes initiatives sur l’industrialisation de la France en février et mars. Ce sont les questions qui intéressent les Français, et notre campagne a le devoir d’aller au-devant de ces questions-là et de ne pas se laisser dicter les débats par la droite et l’extrême droite. Nous démonterons un à un les arguments de la droite et de l’extrême droite et nous voulons faire tomber le masque prétendument social de Marine Le Pen. Nous publierons en février un livre pour démonter cette imposture de Marine Le Pen. Mais nous devons surtout aller au-devant des électeurs en imposant dans le débat public les grands thèmes sociaux, écologiques, démocratiques qui sont souhaités par les Français. Si nous ne faisons pas ce travail-là, il y a effectivement un risque que la campagne soit confisquée par les thèmes identitaires. Mais avec le travail des frères Bocquet, avec le procès à Dax [des faucheurs de chaises – ndlr], le thème de l’évasion fiscale est en train de s’imposer. Les procès de Cédric Herrou et d’Alain Mannoni, ont fait sortir le thème du traitement réservé aux migrants des débats que la droite et l’extrême droite voulaient nous imposer. Il y a bien une France de la solidarité. C’est à nous de mener une campagne qui impose la parole d’une France solidaire, progressiste, attachée à la question sociale. 

En même temps, il y a depuis plusieurs années un échec de l’extrême gauche qui ne parvient pas à canaliser la colère populaire, laissant le champ libre au FN. Si le duel Fillon-Le Pen est d’ores et déjà annoncé, c’est peut-être aussi parce qu’il correspond à ce que veut une partie de la France. 

Je ne crois pas. Cette situation qui a mis pour le moment en tête des pronostics la droite et l’extrême droite, elle tient aussi au désarroi provoqué par les politiques gouvernementales et par le fait que le gouvernement socialiste lui-même, le premier ministre en tête, ont alimenté les stratégies d’instrumentalisation de la peur après les attentats. Mais ça ne veut pas dire que tous les Français sont favorables à ces réponses. Il y a une France de gauche, attachée aux valeurs de la gauche, une France progressiste qui attend un autre débat. C’est à nous d’imposer cette parole-là, que d’autres tentent de marginaliser. Vous dites « les Français veulent ça », mais ce sont les élections qui répondront à ça. Je remarque que les pronostics électoraux sont quand même hasardeux par les temps qui courent. Je pense que le résultat du débat politique n’est vraiment pas joué d’avance. Il y a beaucoup plus de Français qui cherchent une issue progressiste qu’on ne veut bien le dire. La France n’a pas basculé face à ces peurs et à leur instrumentalisation. C’est à nous de construire des réponses politiques à la hauteur de ces Français qui cherchent une issue progressiste.

Quel regard portez-vous sur la primaire socialiste ?

C’est une campagne difficile, très courte. Elle se mène dans une certaine confusion. Je rappelle que c’est une primaire qui avait été calibrée pour le président de la République, qui a déclaré forfait au dernier moment. Les laborieuses tentatives de Manuel Valls pour se repeindre en quelques jours en candidat de gauche après avoir mené pendant quatre ans une politique libérale et agressive à l’égard de la gauche ne duperont pas les Français. Je ne sais pas si une parole alternative peut émerger de cette primaire. Je serai attentif au résultat, disponible au dialogue. Mais le temps avance vite. Nous, nous n’attendons plus, nous sommes en campagne.

Dimanche sur France inter, Benoît Hamon a estimé que parmi les conditions d’une discussion entre toutes les forces de gauche, il fallait être prêt à ne « pas faire de sa candidature un préalable ». Est-ce que ça en fait le candidat le plus « communisto-compatible » ?

Vous connaissez mon opinion. Il aurait été bien plus pertinent qu’en 2016 les forces communistes, les forces de Jean-Luc Mélenchon, les forces de Benoît Hamon, celles de l’écologie, s’additionnent dès ce moment-là sans attendre d’être prisonnières de ces logiques de primaire. Ça n’a pas été possible. Si des possibilités se présentent, nous les examinerons, mais pour le moment je ne fais pas de politique-fiction. Personne ne sait ce que va donner la primaire socialiste. Donc nous avançons, nous sommes en campagne pour Jean-Luc Mélenchon, avec notre programme, nous préparons les législatives. C’est cette voie qui nous paraît pour le moment la voie la plus sûre pour faire progresser les idées de gauche.

L’idée de revenu universel d’existence développée par Benoît Hamon s’est installée dans le débat. Jean-Luc Mélenchon est contre. Qu’en pense le PCF ?

Autour de cette idée, il y a beaucoup de confusion. Il y a des projets très différents et beaucoup d’ambiguïté. Le dialogue que j’ai mené avec les grandes associations de lutte contre la pauvreté m’a confirmé le grand scepticisme de beaucoup de ces acteurs face à des solutions qui peuvent paraître simples, mais qui pourraient aussi se révéler dangereuses pour notre système de protection sociale et son financement. Je crois plutôt nécessaire d’avancer dans deux directions : d’abord le relèvement des bas salaires, ensuite il faut une réforme des minima sociaux, avec une convergence du relèvement des minima sociaux autour des mille euros. Il faut faire cela en répondant précisément au problème du financement.

Comment expliquez-vous le succès, pas seulement dans les sondages mais aussi dans les meetings, d’Emmanuel Macron ? 

J’observe la force du système en place pour produire des candidats de rechange quand les champions précédents s’usent. Parce que s’il y a un candidat qui n’est pas antisystème mais un pur produit du système, c’est bien Emmanuel Macron. Cette candidature révèle une grande force du système à imposer ses propres poulains. Parce que les moyens considérables que met en œuvre la campagne d’Emmanuel Macron ne tombent pas du ciel. Ça ne peut être la seule explication. Il y a parmi les Français des millions de gens qui, lassés du blocage et de la surdité du système politique, ont envie d’un profond renouvellement et aspirent à voir émerger des forces, des partis, des mouvements, des femmes et des hommes neufs. Emmanuel Macron bénéficie incontestablement de cet effet-là, mais c’est un effet éphémère et trompeur. À nous de le démontrer à ceux qui pourraient être victimes, même consentantes, de ce miroir aux alouettes. Car Emmanuel Macron a été, je le rappelle, l’un des principaux initiateurs, promoteurs, de la politique du quinquennat. 

Comment expliquez-vous qu’il fascine autant au PS ?

Il y a surtout un grand désarroi dans le Parti socialiste. La manière dont les principaux dirigeants de ce parti – rappelons que François Hollande en a été pendant 10 ans le premier secrétaire – ont emmené le gouvernement, la majorité parlementaire et le parti lui-même dans l’impasse, pour finalement déclarer forfait à la veille de l’élection présidentielle, crée un très grand désarroi dans le PS. Ça part un peu dans tous les sens. Je ne crois pas que nous soyons dans une phase de stabilisation de cette situation. Des dizaines de milliers de militants du PS sont aujourd’hui hors du parti et cherchent quelle pourrait être la réponse alternative au duel qu’eux non plus, j’imagine, ne veulent pas. Des millions d’électeurs socialistes sont dans la même situation. C’est pour ça que depuis deux ans, je consacre une part importante de mon énergie politique à dialoguer avec ces femmes et ces hommes, parce que je crois que leur camp est celui de la gauche. L’effet Macron sur ces femmes et ces hommes ne durera pas. Nous devons donc reconstruire avec eux des repères qui soient des repères de gauche, et produire des gestes politiques de dialogue et de rassemblement avec eux. 

Pour ce centenaire de la révolution de 1917, les communistes français se retrouvent sans candidat à la présidentielle, coincés par un mouvement, la France insoumise, dont le héraut est un ancien PS passé par le trotskisme ; c’est un peu dur à avaler, non ?

Non. Nous prendrons des initiatives en octobre 2017 pour revenir et réfléchir sur cet événement marquant du début du XXe siècle. Ceci étant dit, je pense que les clivages entre trotskistes et communistes à l’époque, et qui ont duré jusqu’à la fin du XXe siècle, sont aujourd’hui dépassés. Les communistes – et pas seulement les membres du PCF – ont vocation à se rassembler dans une formation politique et non plus à être en concurrence. J’ai accueilli avec beaucoup de bonheur les militants de la gauche unitaire avec Christian Picquet dans le parti. L’époque est au rassemblement de ces forces. L’histoire nous amène plutôt à converger qu’à faire perdurer ces séparations.

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 14:22

AFP, publié le jeudi 12 janvier 2017

 

Législatives: la "priorité" de Laurent (PCF) est d'éviter "la dispersion"

 

Pierre Laurent, qui soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, a assuré jeudi que sa "priorité" pour les législatives était d'éviter la "dispersion", tout en indiquant que le PCF avait "la capacité" de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions.

 

"Les discussions (pour les législatives, ndlr) sont difficiles aujourd'hui, mais elles ne sont pas impossibles", a déclaré le secrétaire national du PCF sur RFI.

 

"Le parti communiste a la capacité de présenter  des candidats dans l'ensemble des circonscriptions", a-t-il affirmé. "Mais évidemment partout où c'est possible, nous voulons qu'elles convergent avec les forces, notamment de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi d'autres forces qui travaillent avec nous", a-t-il ajouté.

 

"La priorité pour moi, et c'est à cela que nous allons travailler, c'est que à chaque fois que dans une circonscription, un candidat communiste, un candidat du Front de gauche, un candidat de la France insoumise peut être élu, là il ne faut pas qu'il y ait de dispersion", a-t-il souligné. "Sinon, nous allons nous tirer ensemble une balle dans le pied".

 

Le PCF doit décider samedi ses premières investitures pour les législatives.

Législatives: la priorité de pierre Laurent est d'éviter la dispersion (AFP, 12 janvier 2016)
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 06:03
Présidentielles et législatives 2017: le programme du PCF, "La France en Commun". En 2017, votre avenir est en jeu!

 

Pour les classes populaires et moyennes la crise est une réalité quotidienne. Le chômage comme les inégalités explosent alors même que les profits des actionnaires et les salaires des grands patrons s’envolent. Les renoncements et les lois de régression sociale votées sous le quinquennat de François Hollande n’ont fait qu’aggraver la situation et ouvert la voie au retour d’une droite ultra-réactionnaire. Il est plus que temps de changer la donne.

En 2017, nous avons l’avenir de la France entre nos mains !

 

La droite a dorénavant son candidat : François Fillon. Son programme, mélange d’ul­tra-libéralisme et d’ultra-conservatisme, est d’une rare violence. Complaisant avec les plus aisés, le patronat et le monde de la finance, François Fillon s’attaque sans vergogne à nos droits sociaux, à notre pouvoir d’achat et aux plus fragilisés d’entre nous. Avec François Fillon c’est la régression sociale à tous les étages !

Pendant ce temps, le FN de Marine Le Pen continue son entreprise de manipulation. Pour lui, le problème n’est pas le banquier, c’est l’immigré, le chômeur, le pauvre. Il n’est pas du côté des salariés. Comme la droite il prône la baisse des dépenses publiques, autrement dit le recul des services publics. La France du FN est celle du repli nationaliste et de la division.

Pour nous, ce sera toujours l’Humain d’abord ! Les communistes se lancent dans la campagne avec la ferme volonté de faire émerger un grand mouvement à gauche pour une véritable politique de transformation sociale. Une autre politique est possible, celle du progrès social, du renforcement des services publics et de la démocratie. Chacun d’entre nous peut être l’acteur de ce changement en s’engageant. Nous voulons ouvrir la voie d’une nouvelle majorité populaire à gauche. C’est dans cet esprit que nous appelons à voter pour Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et pour des candidatures de large rassemblement soutenues par le PCF dans toutes les circonscriptions pour les législatives.

                                                                                            

   Présidentielles et Législatives 2017: les Principaux engagements du PCF

 

Prendre le pouvoir sur la finance et partager les richesses

PRENDRE LE POUVOIR SUR LES BANQUES

  • Pôle public bancaire autour de la caisse des dépôts et consignations, de la banque publique d'investissement, de la banque postale, des banques mutualistes, avec nationalisation de BNP Paribas et de la Société Générale.
  • Le droit pour les représentants des salariés de suspendre

les plans de licenciement et d'imposer le financement par les banques de propositions alternatives.

  • Fonds régionaux publics d'investissement finançant des projets en fonction de critères d'entreprises économiques, sociaux, écologiques

 

AGIR CONTRE L’EVASION ET POUR LA JUSTICE FISCALE

  • Renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale en donnant les moyens nécessaires à la justice financière par la  suppression du « verrou de Bercy »
  • Doublement de l'ISF et une réforme de l'impôt sur le revenu visant à renforcer nettement sa progressivité. Taxation à 100 % au dessus des 400 000€ nets de revenus par an (moins de 0,1 % de la population française concernée)

 

  • Allègement de la fiscalité indirecte (TVA ; TICPE) qui pèse lourdement sur les ménages les plus modestes.
  • Taxation au prorata des flux de clics reçus des plateformes numériques (Airbnb, Uber, Google, Facebook).
  •  

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Suppression du CICE et une réforme de l'impôt sur les sociétés autour du principe de la modulation de l'impôt en fonction de la taille de l'entreprise et de l'affectation des profits

DES SALAIRES QUI PERMETTENT DE BIEN VIVRE, DE MEILLEURES RETRAITES

  • Revalorisation de 23% du SMIC (1800 euros brut, 1700 euros net en fin de mandat) et augmentation en conséquence des salaires de chaque premier niveau des grilles de classification des différentes branches, dans le privé comme dans le public.
  • Encadrement des rémunérations dans les entreprises (échelle de 1 à 20). Suppression des stock-options et interdiction des parachutes dorés.
  • Transparence des avantages en nature dans la haute

fonction publique et chez les hauts cadres des entreprises privées et publiques.   

  • De meilleures retraites autour d’un principe : un taux de remplacement de 75 % minimum pour les retraites et en aucun cas inférieur au smic revalorisé
  • Renégociation de l'indemnisation chômage avec comme objectif 80 % du salaire brut perçu au cours de l'activité antérieure. 

 

De la nouvelle République au renouveau de la politique

LUTTES CONTRE TOUTES LES DISCRIMINATIONS ET GARANTIR L’EGALITE DES DROITS

  • Reconnaissance de la citoyenneté de résidence, droit de vote des résidents étrangers aux élections locales
  • Levée d'interdiction de travailler des demandeurs d'asile et régularisation des sans-papiers
  • Refonte des politiques de lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie, l'homophobie
  • Droit d'adoption pour les LGBT, étendre la PMA à tous les couples de femmes.
  • Lutte contre les contrôles aux faciès, contre toutes les discriminations.
  • Amnistie des militants syndicaux

 

SORTIR DU PREDIDENTIALISME ET REDONNER LA PRIMAUTE AU PARLEMENT

Sortir du présidentialisme et redonner la primauté au Parlement : supprimer le domaine réservé du Président de la République (c'est à dire les pouvoirs exécutifs qu'il exerce et la présidence du Conseil des Ministres), dissocier élection présidentielle et législative. Maîtrise de l'ordre du jour du Parlement par les parlementaires. Contrôle organisé de l'action du gouvernement par le Parlement. Suppression du 49-3 et des dispositifs qui restreignent les pouvoirs du Parlement.

 

UN RENOUVEAU POLITIQUE, NOUVEAUX POUVOIRS CITOYENS A L’APPUI

  • Stricte limitation du cumul et du renouvellement des mandats.
  • Instauration de la proportionnelle à toutes les élections avec obligation de parité.
  • Transformation du Sénat en une chambre composée de citoyens et d'élus locaux.
  • Renforcement du contrôle des conflits d'intérêt
  • Un statut protecteur pour les lanceurs d'alerte.
  • Initiative législative et référendaire (nombre significatif

réparti sur le territoire) et droit pétitionnaire pour les citoyens.

  • Nouveaux pouvoirs d'intervention pour les fonctionnaires et usagers des services publics et pour les travailleurs dans l'organisation du travail comme sur les choix de gestion dans les entreprises (droit de veto suspensif des élus du personnel en cas de fermeture ou de délocalisation d'activité avant d'examiner les propositions des salariés, facilitation de la reprise des entreprises en coopératives par les salariés).

 

UNE NOUVELLE ORGANISATION TERRITORIALE DE LA REPUBLIQUE

  • Conforter la commune comme le niveau essentiel de la vie démocratique
  • Rétablir la clause de compétence générale à tous les niveaux de collectivités et promouvoir la libre coopération entre collectivités autour de projets partagés.
  • Fixer à la région l'ambition de contribuer à un nouveau mode de développement économique, agricole et urbain.
  • Organiser la participation citoyenne au fonctionnement de toutes les collectivités territoriales (droit d'initiative, structures de participation, budget participatif, référendum local).

 

DROIT A LA VILLE, RURALITE ET EGALITE DES TERRITOIRES

  • Fin des politiques ciblées (zonage des quartiers dits sensibles, traitement stigmatisant de publics ciblés), suppression du ministère de la Ville et réorientation des politiques de droit commun vers l’accès au droit à la ville pour toutes et tous.
  • Le renforcement des outils publics pour la maîtrise du foncier et le maintien de la  fonction agricole des terres et l’attribution immédiate d’aides aux jeunes agriculteurs pour leur installation et leurs premiers équipements.
  •  

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Lancement de la troisième phase de rénovation urbaine pour une conception nouvelle de la ville, dense, ouverte, humaine, écologique et favorisant la cohésion entre les habitants et le vivre-ensemble
  • Un plan pluriannuel de développement des administrations publiques et services publics dans les territoires ruraux

 

 

GARANTIR LE DROIT A LA JUSTICE, SON INDEPENDANCE ET MODERNISER NOTRE SYSTEME D’INCARCERATION

  • Donner la priorité aux peines alternatives telle que la contrainte pénale pour les courtes peines et à l'aménagement des peines (suppression des peines planchers, aménagement obligatoire des peines de moins de trois ans...).
  • Réouverture, en partie, des tribunaux abusivement fermés

pour garantir une justice de proximité.

  • Refonte de l’aide juridictionnel pour garantir le droit à la défense.
  • Un plan de recrutement des personnels (surveillance ; conseiller d’insertion et de probation).

 

PROMOUVOIR LE PLURALISME ET GARANTIR L’INDEPENDANCE DES MEDIAS

Adopter une loi contre les concentrations dans la presse, les médias et l'audiovisuel pour les libérer des logiques financières.

       

Investir pour demain

TRAVAIL ET EMPLOI : ON VAUT MIEUX QUE ça

  • Abrogation de la loi travail et adoption d'une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation permettant à chaque salarié d'alterner les périodes d'emploi et les périodes de formation choisie sans perte de revenu et sans passer par le chômage ;
  • Reconstruction d'un grand service public de la formation continue.
  • Limitation stricte du nombre d'intérimaires et de contrats précaires par entreprise à 5 % des effectifs dans les grandes entreprises et 10 % dans les PME : le CDI doit redevenir la norme des contrats d'embauche.
  • Refonte du droit du travail comprenant notamment le rétablissement de la hiérarchie des normes et l'instauration de nouveaux pouvoirs des travailleurs sur l'organisation du travail comme sur les choix de gestion, le doublement des effectifs de l'inspection du travail.
  • Négociations pour la réduction du temps de travail avec l'objectif du passage aux 32 heures hebdomadaire
  • Supprimer les mesures d'extension du travail du dimanche.

 

 

UN STATUT PROTECTEUR POUR LA JEUNESSE

  • Revenu minimal pour les jeunes de 18 à 25 ans.
  • Gratuité de l'éducation et des transports pour les jeunes, accès renforcé au logement social

 

CONSTRUIRE L’ECOLE DE L’EGALITE

Dans l'éducation nationale : revalorisation des salaires et des métiers, plan pluriannuel de création de postes, création d'un dispositif de pré-recrutement des enseignants sous statut de la fonction publique ; Rétablissement d'une carte scolaire contraignante et démocratiquement construite, sectorisation de l'enseignement privé.

 

SPORT, CULTURE, NUMERIQUE

  • 1% du PIB réparti entre l'Etat et les collectivités locales pour la culture.
  • Aller vers la gratuité des activités physiques et sportives.
  • Abrogation des lois liberticides sur la surveillance administrative numérique de masse.

 

 

 

 

 

 
 

3

 

L'égalité Femmes-Hommes maintenant

  • Créer un ministère de plein droit avec un budget dédié multiplié par 10 : comment accepter que les femmes continuent à gagner 23 % de moins que les hommes à
  • Une éducation qui lutte contre les stéréotypes et les inégalités de genre dans la réussite scolaire.
  • Garantir l'égalité salariale, lutter contre les temps partiels subis en garantissant un plancher minimal de 24 heures hebdomadaires et en mettant fin aux dérogations à cette obligation.
  • Créer un service public de la petite enfance de la naissance à 5 ans avec possibilité d'entrer en maternelle à 2 ans pour les enfants dont les parents le souhaiteraient.

poste équivalent, que cet écart monte à 47 % pour les retraits, que 216 000 femmes déclarent être victimes de violences conjugales chaque année ?

  • Plan de rattrapage des retraites des femmes.
  • Inscrire dans la constitution le droit à l'IVG comme droit fondamental des femmes. Augmentation des moyens humains et financiers qui sont consacrés à l'Interruption Volontaire de Grossesse.
  • Assurer la gratuité et la meilleure accessibilité des moyens contraceptifs
  • Interdiction de la GPA (Gestation pour Autrui)

 

Une France protectrice et solidaire

LA LUTTE CONTRE LES INEGALITES ET LA RELANCE DES SERVICES PUBLICS

  • Un plan d'urgence contre l'exclusion et la grande pauvreté : suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, interdiction des coupures d'énergie et d'eau, des expulsions locatives et de la privation de restauration scolaire pour cause de précarité.
  • Renforcement du maillage des services publics, en particulier dans les territoires suburbains et ruraux.
  • Gestion démocratique et participative des services publics avec élus, personnels, usagers.
  • Fin de la baisse de dotations aux collectivités locales qui doivent retrouver progressivement des ressources fiscales autonomes.
  • Construction de 200 000 logements par an et renforcement de la loi SRU.
  • Augmentation de la taxe sur les logements vacants et les résidences secondaires.
  • Renforcement de l'encadrement des loyers
  • Abrogation des lois de libéralisation du rail, de la loi Macron.

 

  • Reconquérir la prise en charge à 100 % des soins par la Sécurité Sociale en commençant par la prise en charge à 80 % pour tous et à 100 % pour les jeunes de moins de 25 ans.
  • Garantir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein.
  • Abrogation des lois Bachelot et Touraine pour la santé et l'hôpital public.
  • Suppression de la tarification à l'activité.
  • Développement des centres de santé de proximité.
  • Création d'un pôle public du médicament.
  • Adoption d'une nouvelle loi cadre sur le handicap qui prenne en charge l'accessibilité du bâti, l'accompagnement et l'accueil à l'école publique, l'intégration professionnelle et qui prévoie un revenu de remplacement équivalent au SMIC pour des personnes qui seraient dans l'incapacité de travailler.
  • Création d'un service public de l'autonomie pour les personnes âgées.
  • Nationalisation des autoroutes

 

ASSURER NOTRE SECURITE QUOTIDIENNE ET AGIR CONTRE L’INSECURITE INTERNATIONALE  ET LE TERRORISME

  • Donner les moyens nécessaires pour assurer la sécurité quotidienne de nos concitoyens, la présence humaine.
  • Abandon de la stratégie de « guerre au terrorisme » qui a renforcé les groupes terroristes ces dernières années et refonte de la politique étrangère de la France.

 

PROMOUVOIR LA CULTURE DE LA PAIX POUR EN FINIR AVEC LE « CHAOS MONDIAL »

  • Promouvoir une politique de paix, agir pour le désarmement nucléaire, la dissolution de l'OTAN, la reconnaissance de l'Etat Palestinien.
  • Œuvrer à donner à l’ONU ses moyens de sa mission initiale affirmée dans sa charte.
  • Faire reculer les logiques de privatisation, de libre-échange, d'exploitation des peuples du sud.
  • Une défense nationale garantissant notre indépendance et au service de la paix.

 

4

UN PLAN AMBITIEUX POUR RESOUDRE LA CRISE MIGRATOIRE

  • Engager un plan d'aide et d'accueil des réfugiés à hauteur de 4 milliards d'euros dont au moins de 2 milliards pour les collectivités.
  • Relancer l'aide publique au développement avec le respect des promesses la portant à 0,7 % du PIB et monter progressivement cette aide à 1 %.

 

  • Respect absolu de la convention de Genève sur les réfugiés politiques et création de deux statuts spécifiques pour les réfugiés économiques et les réfugiés climatiques.
  • Abrogation des règlements Dublin qui organisent l'Europe forteresse, les déplacements mortels des migrants.
  • Régularisation des sans-papiers et refonte de la politique des visas en France.

 

    Produire autrement et protéger la planète

    IMPULSER UN NOUVEAU MODE DE PRODUCTION ET DE CONSOMMATION

    • Élaborer un plan de développement d'une vingtaine de filières industrielles stratégiques pour une nouvelle industrialisation. 1 million d'emplois seront créés dans les filières d'avenir : énergie, et notamment les énergies renouvelables, l'automobile propre, transports urbains et ferroviaires, rénovation thermique des bâtiments, aérospatiale, réparation navale, agriculture paysanne, économie circulaire et des matières recyclées.
    • Moratoire immédiat sur les licenciements, les fermetures de site, les cessions ou externalisations de sites ou de services, les délocalisations.
    • Favoriser le développement du modèle coopératif.

     

     

    PLAN D’URGENCE POUR LE CLIMAT ET LA QUALITE DE L’AIR

    • Transférer le transport des marchandises vers le fret ferré, développer le ferroutage et les voies navigables.
    • Augmenter le montant des aides financières afin d’accélérer considérablement l’isolation et la rénovation thermique des bâtiments et logements anciens avec un objectif de 500 000 rénovation par an.
    • Favoriser les circuits courts agricoles comme industriels (produire local, relocaliser).

     

    ACCELERER LA TRANSITION ENERGETIQUE, GARANTIR LE DROIT A L’ENERGIE ET A L’EAU

    • Agir pour créer des groupes publics européens en matière d'énergie, de transport, de télécommunications, de recyclage et de traitement des déchets, de médical, d'aérospatiale.
    • Création d'un pôle public de l'énergie.
    • Un engagement fort dans la recherche (captage des CO2, stockage de l'électricité, sûreté nucléaire) et la création de filières nationales.
    • Service public national déconcentré de l'eau et des déchets pour accompagner les compétences des collectivités dans la création de régies publiques démocratiques ou de sociétés coopératives d'intérêt collectif de l'eau et de la gestion des déchets.
    • Interdiction de l'exploitation des gaz de schistes.

     

    ENCLENCHER LA TRANSITION DE NOTRE MODELE AGRICOLE

    • Encadrement des marges de la grande distribution sur les produits agricoles. Prix minimum garanti aux agriculteurs. Conférence annuelle avec des négociations interprofessionnelles par production.
    • Création d'un fonds de soutien à l'agriculture paysanne aux

    filières relocalisés, courtes, vivrières, de proximité et écologiques.

    • Une agriculture sans OGM, autonome en ressources non renouvelables et participant à la santé publique et à la lutte contre le réchauffement climatique.

     

    PRESERVER LES RESSOURCES NATURELLES

    • Interdire toute appropriation de la biodiversité, la brevetabilité du vivant.
    • Impulser un nouveau processus de co-élaboration démocratique des projets d’infrastructures.

     

     
     

    5

     

    A l'offensive pour changer l'Europe

    INVESTIR DANS LE DEVELOPPEMENT COMMUN

    • Une conférence annuelle pour la restructuration des dettes des États, annulation partielle et révision des conditions de remboursement
    • Action pour l'abrogation du traité budgétaire
    • Création d'un fonds européen de développement solidaire et écologique abondé par la BCE
    • Initiative de la France pour un sommet européen engageant une révision complète de la politique économique et monétaire contenue dans les traités, des statuts et missions de la BCE, les critères du crédit...
    • Organisation du « Cop » fiscale pour lutter contre l'évasion et la fraude fiscale.

     

    L’HUMAIN AU CŒUR DES POLITIQUES EUROPENNES

    • Organisation d'un sommet social européen avec les représentants du monde du travail pour obtenir l'abrogation de la directive des travailleurs détachés, la mise en place de visas sociaux et environnementaux pour les entreprises souhaitant entrer sur les marchés européens.
    • Préserver de la concurrence les secteurs répondant aux besoins humains élémentaires (logement, santé, transports, protection des éco-systèmes).
    • Refonte de la PAC avec comme ambitions la sécurité et la souveraineté alimentaire, une agriculture paysanne non soumise aux logiques productivistes, la garantie de prix rémunérateurs et d'une nourriture de qualité, saine et variée, accessible au juste prix.

     

     

    UNE EUROPE DES PEUPLES ET DES NATIONS, LIBRES, SOUVERAINS ET ASSOCIES

    • Lancement d'une consultation nationale inédite en vue de la rédaction d'un nouveau traité avec les forces politiques, les élus locaux, les syndicats, les ONG, monde associatif, projet de nouveau traité européen qui serait soumis par référendum aux français et qui constituerait le mandat de la France pour la scène européenne.
    • Garantir les choix souverains des peuples contre les coups d'Etat financiers et austéritaires de l'Europe.
    • Vote au Parlement d'un mandat de l'exécutif pour chaque sommet européen.

     

     

    L’EUROPE MOTEUR DU CHANGEMENT MONDIAL

    • Abandon des négociations TAFTA, CETA, TISA et ouverture d'une réflexion pour des traités internationaux de maîtrise des échanges pour le développement de biens communs partagés.
    • Tenue d'une conférence européenne pour la paix et le désarmement, pour faire de l'Europe un espace libéré de l'emprise de l'OTAN, exempt d'armes nucléaires, pour diminuer et contrôler la vente d'armes. 
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    7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 08:18

    Pierre Laurent interviewé pendant 20 minutes sur RMC. 

    S'exprimant sur la guerre en Irak et en Syrie, l'assassinat ciblé des djihadistes, la solidarité avec les migrants et la criminalisation des Français solidaires, l'absence de volontarisme de l'Etat vis à vis des réfugiés, la lutte contre la pauvreté, les expulsions locatives, primaires du PS, lutte contre le travail précaire, les délocalisations, abrogation de la loi travail.  

    Le secrétaire national du Parti Communiste, sénateur de Paris et ex-président pendant 6 ans du Parti de la Gauche Européenne a été très bon dans cet interview avec Jean-Jacques Bourdin. Une parole tranquille mais ferme et claire sur le fond, qui fait de la politique autre chose qu'un exercice de guignol.

    On en redemande.  

     

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    7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 08:12
    Sortie du livre sur 37 ans de combat syndical dans le milieu de l'audiovisuel de Jean-François Téaldi, ancien rédacteur en chef de France 3 Côtes d'Azur et dirigeant national du PCF
    Sortie du livre sur 37 ans de combat syndical dans le milieu de l'audiovisuel de Jean-François Téaldi, ancien rédacteur en chef de France 3 Côtes d'Azur et dirigeant national du PCF

    Sortie du livre de l'ami Jean François Tealdi, ancien rédacteur en chef de France 3 Côte d'Azur,

    syndicaliste de longue date, toujours engagé...

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    3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 19:14
    STX: La navale française n'est pas à vendre (PCF)

    Au terme de longs mois d'incertitudes, seul l'italien Fincantieri s'est manifesté pour racheter le chantier naval STX de Saint-Nazaire.

    Nous payons aujourd'hui des années d'inactions de l'état français plus préoccupé par expérimenter à STX un accord de « compétitivité » au détriment des salariés qu'à construire la filière industrielle navale Française dont notre siècle a besoin.

    Les capacités de productions italiennes et françaises sont concurrentes plus que complémentaires. Le partenariat de Fincantieri avec le chinois CSSC fait peser de réelles craintes sur les transferts de compétences. Alors que l'état italien est actionnaire majoritaire de Fincantieri, peut-on imaginer que l'outil central de la filière navale française passe sous la souveraineté d'un état voisin ?

    Le secrétaire d'état à l'industrie annonce un déplacement à Saint-Nazaire dans les prochains jours.

    Il doit entendre ce qu'expriment les salariés, leurs organisations syndicales, les forces politiques et les élu(e)s qui exigent d'autres choix pour la navale française.

    L'Etat a toutes les cartes en mains pour s'opposer à la prise de contrôle italienne. Il n'est pas trop tard pour mettre en œuvre une solution nationale utile au pays en renforçant la participation de l'Etat au capital du chantier, en y associant ses partenaires historiques mais aussi des industriels nationaux. Les besoins en matière de construction navale sont connus au-delà des paquebots (Ferries, câbliers, gaziers....). Avec le chantier de Saint-Nazaire, la navale française dispose de tous les atouts pour y répondre.

    La navale française n'est pas à vendre.

    Les communistes seront de toutes les mobilisations pour s'opposer à une nouvelle opération capitalistique contraires aux intérêts des salariés et de notre territoire.

     

    Aymeric Seassau, PCF Loire-Atlantique

     

    Paris, le 2 janvier 2017.

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    3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 19:11

    L’extension du tiers payant aux patients en ALD et aux femmes enceintes est une des dispositions « phares » de la loi Touraine, en application depuis le 1er janvier 2017, la généralisation étant annoncée pour le 1er septembre 2017.

    Nous regrettons sa conception de manière indissociable avec l’obligation d’adhérer à une complémentaire santé. La droite tente d'ailleurs une récupération politique des mouvements de grève ou de boycott d’une partie des médecins d’exercice dit libéral.

     

    Il est réel que la mise en œuvre du tiers payant, c'est à dire de la possibilité de ne pas faire l'avance des frais, est génératrice d'une surcharge de travail administratif. Il y a environ 600 structures dites complémentaires dans le pays. Vérifier que les « droits du patient-e sont ouverts », solliciter les complémentaires pour le remboursement des frais est une tâche administrative réelle. Le conseil constitutionnel l’a d’ailleurs rendue facultative.

    La généralisation est aussi génératrice de frais de fonctionnement qui sont évalués à environ 3,50€ par consultation. C'est pour cela que le mouvement des centres de santé demande une prise en charge de ces frais. Pourquoi le gouvernement renonce-t-il à répondre à cette demande ?

    Mais, le tiers-payant est une mesure très utile pour favoriser l’accès aux soins. L’expérience des centres de santé le démontre ainsi que celle des hôpitaux publics. Nous la défendons pourvu qu’elle soit organisée de façon efficace, universelle, avec les moyens nécessaires et qu’elle se situe dans une politique générale.

    Pour que le remboursement soit supérieur à celui de la Sécurité sociale, il faut qu'il y ait une assurance complémentaire. Hors, depuis des années, il y a un phénomène très sensible de désaffiliation des « complémentaires santé » pour cause financière. Pour ces patient-e-s là, le tiers payant n'a qu’un effet limité. Pour les autres, le tiers payant est une invitation forte à prendre une complémentaire, c'est une aide indirecte aux complémentaires et au monde assuranciel plutôt que de promotion de la sécurité sociale solidaire.

     

    Au contraire, le PCF est pour une Sécurité sociale qui rembourse à 100% les soins prescrits, afin d’agir concrètement contre le renoncement aux soins qui touche actuellement près d’un tiers de la population et plus de la moitié des jeunes étudiant-es.

    Notre proposition concrétise notre volonté de reconquête de la Sécurité sociale qui est toujours une idée d’avenir. 

    Le tiers-payant, mesure très utile pour favoriser l'accès aux soins (PCF)
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    2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 10:57

    Notre camarade Serge Huber vient de décéder.

    Membre du Comité Central et secrétaire du parti à Renault Billancourt 
    dans les années 50-60, il fut Secrétaire Départemental d'Ille & Vilaine 
    puis maire adjoint de Rennes de 1977 à 1995. Il fut aussi Conseiller 
    régional avant la mise en place des élections régionales de 1986.

    Serge s'était énormément investi sur les questions de l'eau et a été un 
    initiateur inlassable du dialogue avec les associations, les 
    agriculteurs et les usagers, pour la reconquête de la qualité de l'eau 
    en Bretagne.

    Ses obsèques auront lieu mercredi 4 janvier à 14h au cimetière de l'est 
    à Rennes. Christian Benoist y prendra la parole au nom du PCF.

    Pierre Laurent et la direction nationale de notre parti s'associent 
    pleinement à l'hommage qui sera rendu à Serge.
     

    Jean-Louis Frostin, membre du comité exécutif national du PCF et de la fédération d'Ille-et-Vilaine

     

    Serge Huber

    Article du Maitronnotice dont l’élaboration et la rédaction fut le fruit d’un travail collectif entre Paul Boulland, Daniel Grason et Alain Prigent.

    HUBER Serge, Émile

    Né le 21 janvier 1924 à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) ; métallurgiste ; résistant ; secrétaire des fédérations du PCF de Seine-Ouest et d’Ille-et-Vilaine ; membre suppléant du comité central du PCF (1956-1964) ; adjoint au maire de Rennes (1977-1995) ; conseiller régional de Bretagne (1977-1986).

    Les parents de Serge Huber, de nationalité suisse, émigrèrent en France et s’installèrent à Argenteuil. Son père travailla comme brodeur. À la suite du décès prématuré de son mari, le 1er mai 1940, à quarante ans, Mme Huber dut élever seule ses quatre enfants. C’est dans ces circonstances qu’à l’âge de seize ans, Serge Huber alla travailler chez Gnome & Rhône à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine). En 1942, toujours à Gennevilliers, il entra à la SECAN qui fabriquait les ailes de l’avion allemand Heinkel. À partir de 1943, Serge Huber cotisa au Parti communiste clandestin. Au début de l’année 1944, il s’efforça de ralentir la production durant les horaires de nuit imposés par son entreprise. Il fut alors licencié et affecté chez Chausson, à l’usine G, où il travailla, entre autres, sur les prototypes d’autocars. Peu après, il s’engagea dans les FTP à Argenteuil. Serge Huber intégra le bataillon Hoche, constitué en novembre 1944 au Mont Valérien pour succéder à la colonne Fabien. Versé dans la 1ère armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny, avec les commandos d’Afrique, il participa à la campagne d’Alsace et d’Allemagne, prenant notamment part aux combats de Cernay (Haut-Rhin) et de Staufen (Allemagne). Il se maria le 4 juin 1945 avec Suzanne, Thérèse Rothenmacher, à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine).

    Démobilisé en mars 1946, il retrouva un emploi chez Chausson, à l’usine G de Gennevilliers, comme ouvrier tôlier sur la chaîne de montage des carrosseries d’autocars. Il adhéra immédiatement au PCF et à la CGT et devint rapidement délégué du personnel et au comité d’entreprise. Au sein du syndicat CGT, il participa à l’organisation des grandes grèves de 1947 et 1950. Il appartenait alors à une équipe de jeunes militants syndicaux chapeautée par Jacinto Jimenez, l’un des organisateurs de la solidarité avec l’Espagne républicaine dans le département de la Seine. Serge Huber devint secrétaire du syndicat CGT du groupe Chausson (Asnières, Gennevilliers, Meudon) et membre de l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie (USTM) pour la branche automobile, dirigée par Henri Beaumont. Toutefois, l’activité de la CGT connut chez Chausson des difficultés dont Serge Huber rendit compte dans son intervention à la 5e conférence de la Fédération de la Seine du PCF en décembre 1951 à Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis). En 1947, la CGT disposait d’une très forte influence dans l’usine (857 adhérents CGT pour 1 000 travailleurs) sous la direction d’une équipe mêlant communistes et non-communistes. En 1950, la CGT et le PCF menèrent une violente campagne contre les militants trotskystes de Chausson qui avaient organisé au cours de l’été une brigade de jeunes volontaires pour la Yougoslavie, afin de participer à la construction de l’université de Zagreb. Ils étaient dénoncés régulièrement par des tracts et des articles dans la presse communiste, en particulier Octave Vieillard*, ouvrier de l’usine d’Asnières. La même année, la « grève rouge » initiée par la direction communiste du syndicat déboucha sur un échec après cinq semaines de conflit, provoquant un reflux majeur de la CGT (250 syndiqués sur 1500 salariés). Face à ce constat, Serge Huber plaida pour un retour aux pratiques de démocratie ouvrière dans les syndicats. L’année suivante, lors du 18e congrès de la Fédération des travailleurs de la métallurgie d’octobre 1952, son intervention affichait une tonalité semblable. Après la manifestation violente contre la venue à Paris du général Ridgway, il soulignait que « Tout ce qu’il y avait en nous de sectarisme, de routine remontait en surface dans la préparation de cette manifestation. »

    Secrétaire du syndicat CGT des Métaux de Gennevilliers, au début de 1953, Serge Huber fut élu quelques mois plus tard au comité de la fédération communiste de Seine-Ouest. Après lui avoir fait suivre une école centrale d’un mois, la direction fédérale proposa en mars 1955 de le promouvoir au bureau. Considéré par la Section de montée des cadres (SMC) comme « un militant très lié aux travailleurs de l’usine [Chausson] et des autres usines », il accéda au secrétariat fédéral et devint permanent de la fédération Seine-Ouest en juin 1955. Il fut reconduit dans cette responsabilité l’année suivante et assura, aux côtés de Roger Linet*, le secrétariat de la section communiste de Renault Billancourt où 56 000 salariés étaient employés à l’époque. À ce titre, il fut élu au comité central, comme suppléant, lors du XIVe congrès du PCF tenu au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) du 18 au 21 juillet 1956. Après l’attaque des locaux de l’Humanité et du PCF, le 7 novembre 1956, Serge Huber organisa la riposte chez Renault, emmenant le cortège qui participa à la manifestation parisienne du lendemain. Au printemps 1957, il suivit l’école centrale de formation politique de quatre mois. Dans le même temps, accaparé par ses responsabilités à la section Renault, il fut ramené au bureau fédéral de Seine-Ouest en avril. Il fut reconduit au comité central, toujours comme suppléant, lors du XVe congrès (Ivry-sur-Seine, 1959) et lors du XVIe congrès (Saint-Denis, 1961). En février 1960, le secrétariat du PCF le désigna pour suivre les organisations de masse aux côtés de Roland Leroy, nouveau responsable du secteur. Domicilié à Asnières depuis une décennie, Serge Huber fut victime d’une tentative de plastiquage de l’OAS contre son immeuble, dans la nuit du 24 janvier 1962. L’explosion d’une bombe au rez-de-chaussée détruisit la loge de la concierge, tenue par sa belle-mère.

    Au même moment, une grave crise secouait la fédération d’Ille-et-Vilaine. Officiellement en retrait de la vie politique pour des raisons de santé, Émile Guerlavas* venait de quitter son épouse Simone Guerlavas*, elle-même secrétaire de l’UD-CGT. Guerlavas fut relevé de ses fonctions par la direction nationale du PCF qui craignait que sa situation familiale ne crée un scandale dans ce département très catholique. Émile Guerlavas signa son dernier éditorial dans le supplément départemental de l’Humanité Dimanche du 15 avril 1962. La direction nationale du PCF proposa à Serge Huber de reprendre les affaires en main à Rennes. Huber qui n’avait aucune attache en Bretagne accepta cette responsabilité et arriva à Rennes au printemps 1962. Dans cette période, il signa un certain nombre d’éditoriaux et participa, au titre du PCF, à la réunion du 5 juillet 1962 célébrant, avec des travailleurs algériens de la région de Rennes et des représentants du FLN, l’indépendance de leur pays. Il prononça également l’allocution lors de la fête fédérale de juillet 1962. Le 27 janvier 1963, lors de la conférence fédérale, Serge Huber fut élu premier secrétaire de la fédération, en présence de Roland Leroy. Émile Guerlavas fit son autocritique à la tribune, se déclarant prêt à assumer les tâches que le parti voudrait bien lui confier. Dès son arrivée, Serge Huber eut également à gérer les effets de la crise de l’UEC à l’université de Rennes, en particulier autour du philosophe Robert Lamblin*. Ce dernier conservait toutefois le souvenir d’un dirigeant « politiquement assez ouvert » et critique envers l’héritage du stalinisme.

    Serge Huber ne fut pas réélu au comité central lors du XVIIe congrès (Paris, mai 1964) afin de se consacrer à ses responsabilités en Ille-et-Vilaine. Le nouveau secrétaire fédéral fixa comme objectif prioritaire l’implantation du PCF dans les entreprises du département, notamment dans les usines Citroën de La Barre-Thomas et La Janais, implantées à la fin des années 1950 dans le cadre d’un plan national de déconcentration. Aidé par Christian Bertin*, secrétaire permanent de la fédération, Serge Huber travailla activement à la réalisation de cet objectif malgré la politique répressive de la direction, l’opposition « musclée » du syndicat maison, le CFT, et l’absence de traditions politiques dans une main-d’œuvre ouvrière jeune et issue du monde rural. Ils purent s’appuyer sur un premier noyau de militants souvent issus des milieux chrétiens, comme Yannick Frémin et Joseph Cussoneau venus de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). L’activité de la fédération communiste connut dans les années suivantes une importante progression qui se traduisit par la création de nombreuses cellules et sections, le doublement de ses effectifs et la diffusion jusqu’à 50 000 exemplaires de son journal rennais, animé par Yves Brault*. La venue à Rennes de Roland Leroy pour une initiative en direction des chrétiens réunit 2 000 personnes. Celle de Georges Marchais en 1977, rassembla 4 000 participants.

    Serge Huber fut candidat aux élections législatives du 23 juin 1968 dans la circonscription de Rennes Sud, obtenant 10,4 % des suffrages exprimés (7 178 voix). Son score était en recul par rapport à celui de 1967 où il avait atteint 8 713 voix et 12,46 % des suffrages exprimés. Il fut à nouveau candidat aux élections législatives de mars 1973, dans la même circonscription, obtenant 9 128 voix soit 11,52 % des suffrages exprimés. En 1976, il dirigea les négociations avec le PS en vue d’un accord pour les élections municipales de 1977. À l’issue du scrutin, le PCF obtint un résultat inédit avec 14 conseillers. Élu au conseil municipal de Rennes, Serge Huber devint adjoint au maire chargé des problèmes de l’eau, poste qu’il occupa pendant trois mandats, jusqu’en 1995. Désigné par les fédérations, il siégea également au conseil régional de Bretagne, entre 1977 et 1986. En 1977, il abandonna ses responsabilités fédérales et laissa sa place de premier secrétaire à Michel Collet* puis quitta le comité fédéral lors de la conférence suivante.

    En 1995, il ne se représenta pas aux municipales. Il avait souhaité que son successeur à la gestion de l’eau engage un processus de municipalisation. La reconduction de l’affermage l’affecta profondément : « Alors que nous défendions les services publics, je n’étais pas d’accord pour que nous fassions le contraire concernant l’eau qui est la source de la vie ». La même année, il cessa toute activité pour raison de santé et quitta le PCF. Il reprit sa carte en janvier 2009, après le XXXIVe congrès de décembre 2008 : « Il me semblait que la politique du Front de gauche était porteuse d’avenir ». Il vit aujourd’hui entre Rennes et sa résidence des Côtes d’Armor.

    Serge Huber fut promu au grade de chevalier de la Légion d’honneur, en avril 1999, au titre de ses 51 ans d’activités professionnelles, de service militaire et de fonctions électives. Cette décoration lui fut remise par Jean-Claude Gayssot, ministre de l’Équipement, des Transports et du Logement dans le gouvernement de Lionel Jospin. 
     

    SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Regards sur l’Ille-et-Vilaine, supplément de l’Humanité Dimanche. — Bretagne Nouvelle, hebdomadaire des fédérations du PCF de Bretagne (1968-1981). — Bernard Massèra et Daniel Grason, Chausson, une dignité ouvrière, Syllepse, 2004. — Michel Pigenet, Les « Fabiens » des barricades au front (septembre 1944 – mai 1945), l’Harmattan, 1995. — Michel Pigenet, Au cœur de l’activisme communiste des années de guerre froide. « La manifestation Ridgway », l’Harmattan, 1992. — Claude Poperen, Renault regards de l’intérieur, Éd. Sociales, 1983. — Robert Lamblin, Une vie : autobiographie sociale, politique, philosophique, l’Harmattan, 2005. — Notes de Christian Benoit. — Entretien téléphonique du 23 janvier 2010 et lettre du 15 février 2010 à Daniel Grason. — État civil. 

     

    Décès de Serge Huber, ancien secrétaire départemental du PCF d'Ille et Vilaine et maire adjoint de Rennes
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    29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 08:28
    Libération de Jacqueline Sauvage: une victoire pour toutes les femmes qui subissent des violences (Laurence Cohen, PCF)

    Libération de Jacqueline Sauvage : Une victoire pour toutes les femmes qui subissent des violences

    Jacqueline Sauvage est enfin libre suite à la grâce totale accordée par François Hollande.

    C'est une victoire pour toutes les femmes qui subissent des violences, pour tous et toutes les féministes, les progressistes qui se sont mobilisé-e-s en sa faveur.

    Mais le chemin reste long pour débarrasser la société de ce fléau.

    Aussi, faut-il continuer à nous mobiliser pour faire bouger les mentalités, pour exiger des moyens supplémentaires afin de mieux former les professionnels de justice, de police, de santé ainsi que les partenaires sociaux.

    C'est l'une des exigences portée par les militantes et militants communistes.

    Mais à la veille de la nouvelle année, ne boudons pas notre plaisir, la libération de Jacqueline Sauvage est une très bonne nouvelle pour tous ses soutiens et d'abord pour elle-même et sa famille.
     

    Laurence Cohen, Responsable nationale du PCF aux droits des femmes et au féminisme,

    Libération de Jacqueline Sauvage: une victoire pour toutes les femmes qui subissent des violences (Laurence Cohen, PCF)
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