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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 19:05
Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Jean-Luc Le Calvez

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

Vendredi 5 avril Morlaix - Intervention de Maryam Madjidi, photo Ismaël Dupont

L'écrivaine et sociologue Anne Guillou présente pour la conférence débat avec Maryam Madjidi

L'écrivaine et sociologue Anne Guillou présente pour la conférence débat avec Maryam Madjidi

Avec les camarades: Maryam Madjidi découvre les joies du Ti Coz et de la bière de Concarneau avec Glenn Le Saoût, candidat aux Européennes, Patrick Béguivin, Roger Héré et Ismaël Dupont. Prochain rendez avec Tri Martolod au stand du Finistère de la fête de l'Humanité!!! Le rendez-vous est déjà pris.

Avec les camarades: Maryam Madjidi découvre les joies du Ti Coz et de la bière de Concarneau avec Glenn Le Saoût, candidat aux Européennes, Patrick Béguivin, Roger Héré et Ismaël Dupont. Prochain rendez avec Tri Martolod au stand du Finistère de la fête de l'Humanité!!! Le rendez-vous est déjà pris.

L'écrivaine et candidate de la liste PCF conduite par Ian Brossat en huitième position Maryam Madjidi au local du PCF Morlaix, hier, vendredi 5 avril. Un très grand moment de partage politique et littéraire devant 56 personnes autour de l'accueil des exilés, de l'Iran, du communisme et des valeurs qu'il porte. Maryam a parlé du communisme dans sa vie, de l'engagement clandestin de ses parents en Iran, de leur condition de réfugiés politiques, de l'incarcération de ses oncles et de leur "révolution volée", de son travail social avec les réfugiés. Un discours plein de sagesse, d'humanité, de révolte et d'humour aussi, et des lectures de chapitres de "Marx et la poupée" qui ont fait vibrer tous les participants de cet exceptionnel vendredi de l'éducation populaire. La suite du programme de Maryam Madjidi dans le Finistère:
 
aujourd'hui, samedi 6 avril, à Dialogues Morlaix, 11h : échanges, lectures et dédicace autour de "Marx et la poupée" (tous les livres présents au local - 30 - sont partis hier).
 
puis, Maryam Madjidi à la Petite Librairie de Brest rue Danton près de la place Guérin à 14h pour une nouvelle rencontre
 
A 18h30, réunion publique Européennes avec Glenn Le Saoût et Maryam Madjidi avec un thème central sur l'accueil des exilés en Europe. A la Fac Ségalen à Brest
 
On vous attend nombreux pour tous ces rendez-vous!!!
 
Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont
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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 19:00
photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Pierre-Yvon Boisnard - l'écrivaine Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

photo Ismaël Dupont - Maryam Madjidi et Géraldine Delaunay à Dialogues Morlaix, 6 avril 2019

Rencontre passionnante avec Maryam Madjidi, auteur de "Marx et la poupée", à Dialogues Morlaix, animée par Géraldine Delaunay et les questions et interrogations des lecteurs. Quelques photos de Pierre-Yvon Boisnard de cet échange qui a réuni une trentaine de lecteurs. Les discussions ont roulé sur la part autobiographique et fictionnelle de son roman, sa composition stylistique diverse, les circonstances de son écriture (commencée à Pékin, où Maryam a vécu quatre ans, terminée à Istanbul où elle a vécu deux ans). Ce livre fort, original, poétique et politique, émouvant et juste, a reçu le prix Goncourt du Premier roman en 2017, le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs, le prix de l'écrivain francophone 2018. Nous avons aussi échangé sur la littérature persane et française, leur dimension d'universalité, sur l'Iran de la révolution islamique et d'aujourd'hui, le combat des femmes pour la liberté, le parallèle possible ou non entre l'arrachement à une culture et une langue bretonne et l'exil, point de non retour et déplacement forcé, le rapport entre l'attachement à la petite patrie et l'ouverture au monde, les pièges croisés de l'assignation à l'assimilation (oublies ta culture d'origine, elle ne vaut rien, seul le Français est la culture de l'universel) comme du communautarisme et des clichés exotiques de l'orientalisme. Maryam a aussi lu un chapitre très drôle de son livre où elle montre comment plus jeune elle a, elle aussi, joué des clichés coloniaux de l'orientalisme qu'il y avait dans la tête des autres, des fantasmes que pouvaient avoir sur une femme "orientale" les hommes.

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 18:19
50 personnes à La Petite Librairie à Brest pour une rencontre autour de Marx et la poupée et de son auteur, Maryam Madjidi
50 personnes à La Petite Librairie à Brest pour une rencontre autour de Marx et la poupée et de son auteur, Maryam Madjidi
50 personnes à La Petite Librairie à Brest pour une rencontre autour de Marx et la poupée et de son auteur, Maryam Madjidi
50 personnes à La Petite Librairie à Brest pour une rencontre autour de Marx et la poupée et de son auteur, Maryam Madjidi
50 personnes à La Petite Librairie à Brest pour une rencontre autour de Marx et la poupée et de son auteur, Maryam Madjidi
50 personnes à La Petite Librairie à Brest pour une rencontre autour de Marx et la poupée et de son auteur, Maryam Madjidi
50 personnes à La Petite Librairie à Brest pour une rencontre autour de Marx et la poupée et de son auteur, Maryam Madjidi

Beaucoup de monde, et de l'enthousiasme à La Petite Librairie à Brest, hier, samedi 6 avril, une librairie indépendante rue Danton dans le quartier St Martin pour écouter Maryam Madjidi parler de son magnifique roman "Marx et la poupée", de son communisme et de sa vision de l'actualité et de la justesse du marxisme, des raisons et des circonstances de son engagement sur la liste du PCF conduite par Ian Brossat, du travail de Ian et des élus communistes à la ville de Paris, de l'engagement politique clandestin et dangereux de ses parents en Iran, de sa mère, du rapport à l'Iran, de l'exil et de la condition des exilés, du refus des approches simplistes de l'intégration, de son travail de travailleuse sociale à la Croix Rouge pour enseigner aux jeunes mineurs non accompagnés le français, de ses ateliers d'écriture avec les jeunes des quartiers populaires de région parisienne. La cinquantaine de personnes présentes à la Petite Librairie, et Maryam Madjidi elle-même, ont énormément apprécié cette rencontre. De magnifiques lectures de chapitres du livre ont émaillé ces instants magiques.

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 17:20
Patrick Le Hyaric en conférence-débat sur l'enjeu des élections européennes à Roscoff le samedi 2 mars avec deux des quatre candidats bretons du PCF aux élections Euopéennes: Cindérella Bernard et Glenn Le Saoût

Patrick Le Hyaric en conférence-débat sur l'enjeu des élections européennes à Roscoff le samedi 2 mars avec deux des quatre candidats bretons du PCF aux élections Euopéennes: Cindérella Bernard et Glenn Le Saoût

Note de travail

Sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit), quelles conséquences ?

Le Parlement britannique a rejeté plusieurs fois l’accord de retrait négocié avec l’Union européenne.

ACCORD DE RETRAIT, AMBITIONS BRITANNIQUES, DERNIERS DEVELOPPEMENTS, REACTIONS

  • L’accord de retrait

C’est l’accord négocié entre Theresa May, la Premier ministre britannique et Michel Barnier pour l’Union européenne. Ce texte de 585 pages agréé le 14 novembre 2018 règle les termes du divorce, financiers d’un côté (le Royaume-Uni s’est engagé sur une suite de dépenses communes à long termes avec l’Union européenne, comment en sortir), et juridiques (quels droits pour les citoyens européens résidants au Royaume-Uni et pour les Britanniques dans l’Union européenne). C’est dans ce texte que se trouvent aussi les garanties juridiques cruciales pour que l’Irlande ne voit pas une frontière physique la diviser de nouveau. C’est cette garantie juridique obtenue grâce à la solidarité complète des autres États européens avec l’Irlande, qui fait tiquer au Royaume-Uni. En vérité, on peut penser que garder une partie de l’Irlande au sein de l’Union européenne reviendrait à garder le Royaume-Uni.

Quel règlement financier ?

-la facture du divorce s’élève à 44 milliards d’euros, c’est le chiffrage de projets européens sur lesquels le Royaume-Uni s’est engagé comme des programmes de recherches communs. La Cour des comptes britannique estime que la somme peut attendre les 60 milliards auquel il faudra ajouter 14 milliards d’engagements sous la forme de prêts à rembourser.

-le Royaume-Uni contribuera aux budget 2019 et 2020 comme s’il était un membre à part entière.

-si la plupart des engagements financiers seront réglés d’ici 2025, certains pourraient courir jusqu’à 2064, notamment le paiement des retraites des fonctionnaires européens britanniques.

Les droits des citoyens

-les droits à la sécurité sociale des 3 millions d’Européens au Royaume-Uni et 1 million de Britanniques dans l’Union européenne sont maintenus.

-les citoyens européens dans le Royaume-Uni pourront demander la résidence, garder leur droit au regroupement familial et aides familiales britanniques.

-l’accord n’est pas soumis à la supervision directe de la Cour européenne de justice mais les tribunaux britanniques devront indéfiniment « prendre en compte » la jurisprudence de la Cour européenne de justice dans les questions relatives aux droits des citoyens européens. C’est une façon de donner aux Britanniques l’indépendance juridique complète qu’ils demandaient, notamment celle de la Cour européenne de justice, tout en maintenant les droits des citoyens en garantissant une cohérence juridique.

La période et la méthode de transition

-la période de transition ira jusqu’à 2020. Durant cette période le Royaume-Uni n’aura plus son mot à dire sur les politiques européennes mais devra appliquer le droit européen, ce qui maintiendra la liberté de circulation le temps de se mettre d’accord sur la future relation.

-si la période de transition est étendue au-delà de 2020 (on parle de deux années supplémentaires dans le cas où on n’arriverait pas à se mettre d’accord sur la future relation), le Royaume-Uni devra contribuer à hauteur de 10 à 15 milliards d’euros annuels au budget européen.

L’Irlande : le filet de sécurité ou « Backstop »

-c’est un protocole spécial prévu pour l’Irlande du Nord avec le « filet de sécurité » qui garantit la libre circulation des personnes et des biens en Irlande (pas de frontière physique) le temps qu’un nouvel accord le remplace. Ceci lie l’Irlande du Nord à l’union douanière et au marché unique européen, mais il n’est pas précisé pour combien de temps.

-ce « backstop » doit être accompagné d’une union douanière Union européenne-Royaume-Uni allégée qui doit éviter les contrôles, droits de douanes entre les deux ensembles.

-pour les unionistes d’Irlande du Nord du DUP, le partenaire de coalition de Theresa May, le problème cela revient à s’éloigner du Royaume-Uni alors que l’essence même de leur mouvement est le maintien dans le Royaume-Uni. Ce qui était censé être une question mineure devient finalement un des points d’achoppement de l’accord de retrait du fait de l’importance du DUP pour la coalition de Theresa May.

Les engagements britanniques

-pour s’assurer que les Britanniques ne vont pas chercher à contrebalancer les effets économiques du Brexit par une fuite en avant dans le dumping fiscal et social, le Royaume-Uni s’engage à suivre les règles de concurrence et maintenir l’environnement juridique en termes de droits du travail, fiscalité et environnement.

Rien n’est par contre réglé sur la question de l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques riches en poisson après 2020. C’est pourtant une question vitale pour les pêcheurs normands et bretons, comme j’ai pu le constater lors d’un déplacement à Roscoff.

La « gouvernance » de l’accord

-la « gouvernance » de l’accord est le système juridique qui garantit son application. Tout accord intra-européen est placé sous l’autorité de la Cour européenne de justice, mais comment faire avec un Royaume-Uni qui refuse cette supervision ? Le résultat est le système de gouvernance le plus complexe jamais négocié, il est calqué sur l’accord d’association avec l’Ukraine, mélangeant un système de résolution des différends entre États lorsque leurs positions diffèrent sur un point juridique et des dispositions qui assurent à la Cour européenne le dernier mot en ce qui concerne les aspects liés au droit européen.

La déclaration sur les futures relations

-le texte est accompagné d’une déclaration politique de bons sentiments réciproques sur des relations commerciales « aussi proches que possible », mais qui n’engage en rien. Les Britanniques voulaient un texte beaucoup plus explicite, notamment le gouvernement May pour faire passer l’accord de divorce auprès de son Parlement. Or la déclaration n’est pas suffisamment claire sur la limitation du « backstop » dans le temps, et au lieu de parler « d’équivalence » des normes industrielles, financières et sanitaires, ce qui faciliterait un accès des Britanniques au marché européen, on s’en tient à de vagues engagements. Pour résumer : les négociateurs européens n’ont rien lâché à leurs homologues britanniques qui voulaient peser sur les négociations de la future relation avec ce texte.

Un des points de sortie du blocage actuel pourrait être de modifier ce texte en donnant aux Britanniques quelques assurances.

  • Ce que voulait le gouvernement britannique

 

Voici ce qui était défini dans le plan de Chequers (lieu de villégiature du Premier ministre britannique) du 12 juillet 2018 :

-des règles communes Union européenne-Royaume-Uni pour tous les biens et marchandises MAIS « avec des arrangements différents pour les services », « lorsqu’il est dans notre intérêt d’avoir une flexibilité règlementaire » (donc la possibilité de faire du dumping).

-une coopération dans la politique de concurrence MAIS une politique de concurrence britannique autonome.

-une harmonisation continue des normes entre Union européenne et Royaume-Uni, l’absence d’une frontière physique en Irlande et un commerce fluide via un « territoire d’union douanière combinée » MAIS une politique commerciale britannique indépendante. C’est très dangereux car si les Britanniques acceptent dans le cadre de futures accords commerciaux des produits que nous refusons comme du bœuf aux hormones américain, ces produits pourraient se servir du Royaume-Uni comme porte dérobée pour rentrer sur le territoire européen. Il était même proposé que ce soit les Britanniques qui collectent les droits de douanes pour l’Union européenne à l’entrée de produits destinés au continent.

-un « cadre de mobilité » pour les citoyens européens donc la possibilité de circuler, MAIS le contrôle de la circulation des personnes laissé aux Britanniques.

-la reconnaissance de la primauté de la Cour européenne de justice sur les affaires liées au droit européen MAIS elle n’aurait pu trancher les futures disputes entre Union européenne et Royaume-Uni.

Dès le départ, les propositions des conservateurs britanniques étaient irréalistes et contradictoires avec les éléments d’apaisement destinés aux Européens. On s’inscrit donc dans une négociation tentant d’obtenir le plus possible des partenaires européens, c’est à dire garder un statut quo sur le marché unique si important pour le patronat britannique tout en réaffirmant la souveraineté britannique sur le commerce, la circulation des personnes et la supervision de la Cour européenne de justice.

 

  • La stratégie de Mme May

Après trois rejets de son accord de retrait par son Parlement (le dernier ce vendredi), puis avoir caressé l’espoir de le faire passer lors d’une quatrième tentative, Theresa May s’apprête enfin à parler avec l’opposition, alors que la date prévue du Brexit, le 29 mars, est déjà dépassé. Pourquoi cette approche ?

Le calcul de Theresa May a toujours été de mettre son Parlement au pied du mur. Dans l’opposition à l’accord de retrait négocié par son gouvernement, deux visions s’opposent : les « soft-brexiters » (ceux qui veulent un Brexit doux) menés par les travaillistes du Labour et Jeremy Corbin, qui veulent pousser May vers un accord comme celui avec la Norvège pour rester dans le marché unique, et les « hard-brexiters » (partisans Brexit dur) qui ne veulent pas d’accord et encore moins d’un Brexit doux. Mais si Theresa May perd la main, les « soft-brexiters » pourraient imposer leur vision, et peut-être même pousser pour un second référendum, ce qui pouvait les pousser « hard-brexiters » à se rallier finalement à l’accord de retrait comme un moindre mal.

Dans cette tragique histoire Theresa May n’a compté que sur l’arithmétique au sein de son propre parti, les conservateurs, pourtant responsables du Brexit. C’est pourquoi elle a la semaine dernière encore fait monter la pression sur les « hard-brexiters » en retardant le Brexit. Après un premier délai du 29 mars au 12 avril, un second délai était annoncé toujours avec le risque d’un « soft-Brexit » qui pourrait prendre le dessus, toujours pour mettre la pression sur son propre camp.

Le vote de ce vendredi marque l’échec de sa stratégie et oblige May à se détourner d’une partie des conservateurs pour faire en quelques jours ce qu’elle s’est refusée à faire pendant deux ans : parler avec l’opposition. Cette situation est affligeante et démontre le niveau d’irresponsabilité atteint par les conservateurs dans cette histoire. Elle démontre aussi la profonde division qui traverse la société britannique sur le Brexit. La plus raisonnable des choses à faire aurait été de consulter les Britanniques pour définir quel type de sortie ils veulent, et à défaut de faire ce nécessaire dialogue avec son opposition.

Devant ce chaos les Européens sont prêts à faire des concessions sur la future déclaration. Leurs seules conditions sont que les Britanniques organisent des élections européennes chez eux si nous dépassons le 22 mai pour le délai et qu’ils s’engagent à ne pas influencer sur les décisions européennes tant que durera cette transition.

LES CONSEQUENCES DU BREXIT POUR LES BRITANNIQUES

 

  • En cas de non accord

Elles sont évaluées dans 28 documents de prospectives du gouvernement britannique :

-fin des financements des programmes européens, à compenser par le trésor britannique

-circulation des voitures britanniques bloquées à la frontière sans documents d’homologation européens

-dans les entreprises, les différends juridiques transfrontaliers sur les affaires font l’objet de plans pour en limiter les impacts, mais les différends familiaux (divorce, garde d’enfants) s’annoncent extrêmement compliqués

-l’homologation des produits britanniques à destination de l’Union européenne par des fonctionnaires britanniques ne sera plus reconnu par l’Union européens, les produits britanniques pour le marché européen devront respecter les règles des pays européens

-dans l’autre sens, certains biens avec des prérequis très techniques comme les voitures ne pourront plus rentrer sur le marché britannique

-les producteurs de voitures au Royaume-Uni mais destinées au marché européen comme la MiniCooper ou les grandes usines Toyota pourraient faire le choix d’avoir des unités de production ne suivant que les normes de l’Union européenne. C’est laborieux, la chaine de valeur serait perturbée, et on perdrait en flexibilité

-la participation des entreprises britanniques aux marchés publics européens sera remise en cause

-les chaines de télévision installées à Londres et qui diffusent en Europe (BBC, Discovery, Disney Chanel) ne pourront plus le faire, d’où les rumeurs d’une délocalisation de BBC international à Bruxelles

-tous les arbitrages de concurrences dans le Royaume-Uni (antitrust, distorsion, monopole, cartels etc.) seront entièrement gérés par des Cours de justice britanniques, on ne sait pas du tout dans quel sens cette nouvelle jurisprudence ira, d’où les incertitudes

-tout transfert de données personnelles européennes vers le Royaume-Uni devra certifier que les données seront traitées selon le cadre européen ce qui amènera lourdeurs et frais juridiques

-les règles de limitations d’émissions de pollution dans l’industrie continueront à être celles de l’Union européenne à la demande de l’industrie britannique. De même pour les règles environnementales qi devront être garanties par des entités locales (mais reconnues par l’Union européenne).

-pour chaque navire britannique rentrant dans un port européen, de nouvelles demandes d’information (10 dernières destinations, liste de l’équipage et passagers) et procédures seront à prévoir

-énorme demande de renouvellement de passeports britanniques car les règles de Schengen imposent un passeport pas plus vieux que 9 ans et avec encore 6 mois de validité

-exclusion du GPS européen Galileo et du programme spécial d’observation de la terre Copernicus (mais côté européen cela met Galileo en retard dans son développement)

  • Quelques éléments chiffrés(pour les Britanniques) :

Dans les 28 documents de prospectives du gouvernement britannique, on peut trouver les chiffres suivant (https://www.gov.uk/government/collections/how-to-prepare-if-the-uk-leaves-the-eu-with-no-deal#money-and-tax) :

-Un PIB diminuant  de 6% d’ici 2030 comparé à un scénario normal

-5 400 euros en moins par foyer dans un scénario d’accord de libre-échange type Canada

-7,2 milliards de droits de douanes perçus aux frontières européennes sur les produits britanniques

-augmentation du taux de chômage de 1,5% en deux ans (prévision du FMI) soit 950 000 emplois en moins d’ici 2020. PriceWaterhouseCoopers table lui sur +3% de chômage

-manque à gagner pour le Trésor britannique du fait de la perte d’activité de 20 à 40 milliards d’euros annuels d’ici 2020 selon les estimations.

  • Les conséquences pour l’État britannique

Le Royaume-Uni se voit obliger de construire une nouvelle administration reprenant en charge tout ce qui avait été délégué à l’Union européenne, de la PAC à Euratom en passant par le rôle des agences européennes (plus d’une cinquantaine).

Dans le droit : Le « Great Repeal Bill » est le projet de loi qui doit abroger l’European Communities Act de 1972 et qui prendra effet au moment effectif de la sortie du Royaume-Uni. C’est lui qui va incorporer le droit européen dans le droit britannique et clarifier la position britannique sur la Cour Européenne de Justice et ses arrêts passés. Tous les textes européens seront intégrés dans le droit britannique via ce Great Repeal Bill (ou loi de grand remplacement) qui va littéralement copier les 19 000 pour les intégrer.

Les arrêts passés de la Cour européenne de justice continueront à s’appliquer et auront la même portée que les arrêts de la Cour suprême britannique.

Enfin pour aligner les textes européens avec la structure de droit britannique (par exemple s’il y a référence à une agence, un régulateur européen qui n’a plus de pouvoir sur le Royaume-Uni), un millier « d’instruments statutaires » sont prévus pour modifier ces textes dans une forme qui les fait passer dans le corpus britannique (donc pas de modification sur le fond). La petite histoire veut que ces instruments statutaires passeront par des pouvoirs établis par Henry VIII au XVième siècle limitant les pouvoirs de suivi parlementaire.

Deux avantages : on garde une continuité législative qui rassure (les lois en vigueur ne changeront pas du jour au lendemain), et on dispose d’une structure législative compatible avec l’Union européenne facilitant les négociations du futur accord commercial.

Mais deux arguments du Brexit disparaissent : le « plus de démocratie » (on passe par des instruments législatifs d’Henry VIII pour être dans les temps), et le « reprendre le contrôle » prôné par les conservateurs (il est plus que limité étant donné que le passif européen est intégré et que les futurs textes européens seront désormais écrits sans eux, tout en s’imposant via le marché unique quel que soit la forme d’union douanière).

Conséquences sur des politiques clefs :

Avec la sortie de l’Union européenne c’est aussi la sortie du Traité Euratom (traité instituant la communauté européenne de l’énergie atomique datant de 1957). Or toutes les questions de surveillance nucléaire, coopérations et fourniture de combustible nucléaire, venant de l’Union européenne ou d’ailleurs, passent par Euratom ou des accords entre l’Union européenne et des pays tiers. De plus le traité est garanti par la Cour européenne de justice. Pour les Britanniques, il y a donc des questions vitales sur la fourniture de combustible à leurs centrales (qui passent par Euratom) ou la gestion des déchets nucléaires sur le sol britannique pour le compte d’Euratom (les Britanniques ont le plus gros stock du monde de plutonium civil).

L’agriculture britannique est dépendante des subsides de l’Union européenne pour 50 à 60% de ses revenus, il n’est pas sûr que l’OMC permette légalement que ces subsides puissent être réintroduits par les Britanniques.

Concernant la qualité : toutes les lois de protection de l’environnement (environ 800) sont européennes, avec le « Great Reppeal Bill » on peut les copier mais comment les faire respecter sans Cour européenne de justice pour les garantir légalement, et sans agences pour faire les inspections (ou surveiller la façon dont sont faites les inspections). Cela vaut également pour toutes les questions de sécurité sanitaire. Il y a donc danger pour les Britanniques sur la qualité de leur alimentation mais aussi risque de dumping.

-Concernant les services financiers, on a mis en avant la notion « d’équivalence » (on estime que les standards nationaux respectent les standards européens). Mais on est bien loin du « passeport pour les services » voulu par les Britanniques. Ce dernier permettait à toute entreprise établie au Royaume-Uni de proposer ses services financiers dans l’Union européenne. Avec l’équivalence, on est sur une autorisation par type de service (donc moins large) accordée par l’Autorité européenne de surveillance des marchés qui peut être retirée à tout moment (ce qui crée une instabilité juridique dont les marchés ont horreur). Les Britanniques seront alors dépendants du bon vouloir des régulateurs européens pour le rayonnement de leur place financière, la City.

-Le Royaume-Uni a beau ne pas être membre de Schengen, en termes d’immigration les règles de Dublin permettaient de renvoyer chaque année un millier de demandeurs d’asile vers les autres pays de l’Union européenne (ces règles prévoient de pouvoir les renvoyer vers leur premier pays d’entrée sur le continent). Avec la fin de ces règles, l’immigration vers le Royaume-Uni pourrait finalement devenir beaucoup plus tentante puisque que le Royaume-Uni deviendrait le seul pays de l’Europe dont l’on ne peut vous pas renvoyer (vers un autre pays de l’Union européenne).

-Enfin, dans l’optique d’un nouvel accord de commerce Union européenne-Royaume-Uni, se trouvera forcément une clause de règlement des différends. Quel est alors l’intérêt de vouloir se sortir de la juridiction de la Cour européenne de justice pour tomber sous celle d’un tribunal d’arbitrage privé ?

Gibraltar, Ecosse Irlande

Les Espagnols ont d’abord bloqué l’accord de retrait, ces derniers voulant que tout accord avec le Royaume-Uni « ne s’appliquera (pas) à Gibraltar sans le consentement du Royaume d’Espagne et du Royaume-Uni ». Ils ont ainsi obtenu dans l’accord de retrait qu’un passage sur le futur accord mentionne qu’il est flexible territorialement et donc que ce futur accord ne s’appliquera pas automatiquement à Gibraltar.

Les Espagnols ont également modifié leur position vis à vis de l’Ecosse. Auparavant l’Espagne était contre toute adhésion de l’Ecosse à l’Union européenne (de peur que ça n’inspire la Catalogne), ce que les autorités britanniques ne manquaient pas de rappeler aux indépendantistes écossais. Désormais la diplomatie espagnole se montre plus ouverte.

L’Ecosse a voté à 62% pour rester dans l’Union européenne. Deux jours après la lettre de Theresa May activant l’article 50, le Parlement écossais vote une motion (69 contre 59) pour un nouveau référendum (le précédent fut perdu le 18 septembre 2014 par 55,4%). Pour les autorités britanniques tant que le Brexit n’est pas négocié c’est impossible.

Irlande. L’accord dit « du vendredi Saint » de 1998 institutionnalise les relations entre l’Irlande du Nord et l’Irlande, il met fin à une lutte fratricide entre partisan de l’union avec le Royaume-Uni (unionistes) et ceux d’un rattachement avec l’Irlande comme le Sinn Fein. Cet accord introduit une large autonomie vis à vis du Royaume-Uni. Les Irlandais refusent que le Brexit déstabilise cet équilibre et qu’il réintroduise une frontière physique entre l’Irlande du Nord et l’Irlande.

Les conséquences pour l’Union européenne:

-le manque de financement pour le budget de l’Union européenne s’élèvera à 10 milliards d’euros annuels. Pour la Politique agricole commune (PAC), on estime le déficit de financement entre 1,2 et 3,1 milliards d’euros.

-des effets de transferts de quotas d’importations agricoles joueront. Par exemple les viandes sud-américaines qui rentraient dans le marché britannique le faisaient via des quotas européens. Le Royaume-Uni sorti, les quotas resteront en place, donc ces viandes pourront au lieu d’aller au Royaume-Uni aller en France ou ailleurs dans l’Union européenne. Ce surplus de viandes déséquilibrera un peu plus l’élevage déjà bien en difficulté et menacé par d’autres accords de commerce en négociations.

-les perturbations sectorielles sur des industries de réseaux comme les télécoms, l’énergie, le transport aérien et toutes les chaines de production industrielles.

– Le 13 mars, le gouvernement britannique a publié les droits douaniers qu’il appliquerait aux produits européens en cas de sortie de l’Union européenne sans accord. Dans ce scénario, et pendant un an à partir du 29 mars à 23h, les entreprises britanniques ne paieraient pas de droits sur 87 % des importations européennes. Seuls 13 % de ces importations se verraient appliquer des droits de douanes ou contingents (limitations) tarifaires. Ce serait le cas, entre autres, de certains produits agroalimentaires et de la pêche, des véhicules, des bananes et du sucre de canne brut. Cette initiative vise à minimiser l’impact d’un ‘no deal‘ sur les consommateurs et producteurs britanniques.

-le partage de l’effort climatique pour la réduction des émissions qui devra être recalculé, ajusté avec le Brexit.

-Pays-Bas, Belgique, Irlande seront les plus touchés (perte de croissance de 1 à 1,8 points d’ici 2021 selon le cabinet Euler Hermes), l’Allemagne perdrait 8,4 milliards d’exports dont 2,4 dans l’automobile. La France sera le 5ème pays le plus touché.

Les risques pour la France :

(synthèse des calculs de différents cabinets d’études)

-50 000 emplois sont menacés dans l’hypothèse d’une réduction de 25% des exports vers le Royaume-Uni (en Allemagne c’est 102 000)

-pour les entreprises françaises, il y a un risque de perte de 3,2 milliards d’euros d’exports vers le Royaume-Uni soit 0,5% de nos exportations. Cela concerne le secteur de la chimie pour 600 millions d’euros, de la machine-outil pour 500 millions, de agriculture pour 400 millions, mais très ciblé essentiellement sur les viandes. L’agriculture bretonne est très exposée.

-pour les ports français, il y aura de nouveaux besoins d’infrastructures douanières, et il y aura un transfert des routes Irlande-Royaume-Uni-continent vers des routes directes Irlande-continent passant par la France.

-l’accès des pêcheurs français aux eaux britanniques sera perturbé si ce n’est interdit, alors que pour certaines espèces, l’essentiel est fait dans les eaux britanniques.

Pour conclure

 

L’Union européenne a fait front, à tel point que ce qui semblait être un point mineur, l’Irlande, est devenu le point de fixation avec le « backstop ». Les droits des citoyens européens ont été défendus comme l’intégrité du marché intérieur.

Pour la première fois de l’histoire de leur relation avec le continent, les Britanniques n’ont pas pu diviser pour mieux régner.

Quelle que soit l’issue, « hard Brexit » ou « soft Brexit », les négociations sur la future relation devront s’assurer que le Royaume-Uni ne pourra tenter la carte du dumping règlementaire ou fiscal.

 

Le Brexit se voulait l’affirmation du renouveau de la puissance britannique libérée d’un soi-disant frein européen, la réalité est que l’économie du Royaume-Uni est déjà une des plus dynamiques du continent (2% en 2015, 1,9% en 2016) avec un taux de chômage proche de 4,8%. Mais c’est justement la très forte inégalité de la répartition de cette richesse créée et la précarité croissante des classes populaires qui ont fait le vote du Brexit.

A cela s’ajoute une nostalgie de la puissance victorienne, un retour au « Great Britain » puissance globale, avec un Royaume-Uni à l’avant-garde des négociations commerciales. Mais :

1) avec les indépendances relancées directement en Ecosse et la question irlandaise rouverte avec la présence d’une frontière sur l’île le Great Britain, la Grande-Bretagne, peut devenir Little England, petite Angleterre, avec des risques de tensions.

2) Difficile pour le Royaume-Uni de s’affirmer sur la scène commerciale, alors que tous ses partenaires ont annoncé publiquement qu’ils préfèrent négocier avec l’Union européenne que le Royaume-Uni (les négociations seront d’autant plus difficile que le Royaume-Uni n‘a plus de diplomatie commerciale). Le Japon précise qu’il n’offrira pas des termes aussi avantageux que le JEFTA, l’accord signé avec l’Union européenne, seuls les anciens « dominions » Australie, Nouvelle-Zélande, Canada se sont montrés ouverts. Même l’Amérique du Nord semble vouloir la jouer dure (leur dernier mouvement étant de vouloir sortir les Britanniques des négociations sur un pacte mondial des marchés publics en discussion à l’OMC).

Enfin les consommateurs britanniques qui étaient protégés par une Union européenne défendant le principe de précaution et des législations environnementales et sanitaires les plus protectrices au monde ne le seront plus. Seuls face aux Américains, pas sûr que les Britanniques puissent continuer d’interdire viandes aux hormones et OGM.

Sur le fond lorsque l’on compare les objectifs clamés (reprise du contrôle des lois, refus de la Cour européenne de justice) et les réalités (intégration des lois européennes et de la jurisprudence de la Cour européenne de justice, perte d’influence sur les futurs textes et standards européens qui s’imposeront par l’importance du marché unique), on assiste à la perte de la substance du pouvoir pour le mirage de la souveraineté (pour paraphraser un éditorial du Financial Times). De puissance faisant les règles européennes, le Royaume devient exécutant des futures règles.

Enfin on ne peut sortir le Brexit du débat de fond sur le futur de l’Union européenne, et noter une tragique ironie : ce qu’ont toujours demandé les conservateurs au Royaume-Uni, c’est à dire une Union européenne du business, de la concurrence au maximum et des protections réduites au minimum, la Commission européenne le fait. Au moment où le dogme ultra-libéral a triomphé sur le continent, le Royaume-Uni se retire d’un projet politique qu’il a lourdement influencé.

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 17:14
Patrick Le Hyaric à Roscoff pour une réunion publique sur le Brexit début mars avec Cindérella Bernard, Glenn Le Saoût, et Vincent, le patron du restaurant bar C'est ici! sur le port de Roscoff

Patrick Le Hyaric à Roscoff pour une réunion publique sur le Brexit début mars avec Cindérella Bernard, Glenn Le Saoût, et Vincent, le patron du restaurant bar C'est ici! sur le port de Roscoff

La construction européenne selon le modèle ultralibéral fabrique sans cesse de plus en plus d’inégalités. Ainsi selon plusieurs études, les 500 personnes les plus fortunées en France ont capté 2,2% des richesses produites ces trente dernières années. Durant cette période, elles ont accumulée 20 milliards d’euros de plus, soit 38 millions pour chacune. Sur l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, les 1% les plus riches ont capté 17% de la croissance des revenus. Cela n’a pas empêché M. Macron de rajouter dans le cadre du dernier budget de la nation un cadeau de 1,27 milliards d’euros pour 5.034 personnes. La demande de révolution fiscale dans l'Union européenne comme en France est plus que jamais d’actualité. Les enjeux de justice et de solidarité doivent être portés avec force et constance.

Les débats et les rencontres à l’occasion de la campagne des élections européennes sont l’occasion d’expliquer les solutions possibles comme l’a merveilleusement fait Ian Brossat à l’occasion du débat de jeudi dernier. Le vote aux européennes pour sa liste est un vote pour le pouvoir d’achat. C’est cette liste qui agit pour qu’on crée dans l’Union européenne un niveau plancher de salaire minimum en deçà duquel on ne pourrait pas descendre ; ce niveau devrait évoluer vers le haut chaque année avec des politiques de rattrapage là où les salaires sont les plus bas. Il faut augmenter les salaires en Roumanie et les augmenter en France pour réduire jusqu’à supprimer le principe de concurrence entre salariés. La fiscalité est un autre outil pour améliorer le pouvoir d’achat en baissant la fiscalité indirecte sur les ménages et en augmentant la fiscalité du capital et sur les grandes fortunes, en chassant l’évasion fiscale tout en fermant les paradis fiscaux.

Avec le débat de jeudi dernier la campagne électorale franchit une nouvelle étape ; les rencontres, les débats et les réunions que nous faisons montrent l’intérêt et la volonté de mobiliser pour rassembler autour du vote en faveur de la liste de rassemblement populaire conduite par Ian Brossat, dont la plupart des éditorialistes ont souligné la performance à la télévision.

Ce sont ces éléments de décryptage qui sont au cœur de mon éditorial de L’Humanité Dimanche cette semaine autour de la réfutation de l’idée selon laquelle « le macronisme serait un progressisme » alors qu’il en est l’antithèse.

Le macronisme, antithèse du progressisme - éditorial de Patrick Le Hyaric pour l'Humanité dimanche, 3 avril

La concomitance de la fin de ce qui a été baptisé « grand débat », de la présentation de la liste macroniste pour le scrutin européen du 26 mai prochain et de l’édition d’un livre de deux conseillers du président de la République dont on apprend qu’il devait porter la signature de M. Macron, font mesurer la nature et l’ampleur de l’opération « enfumage » organisée au sommet de l’Etat.

D’abord, il y a le vol et le détournement des mots. Le livre de MM. Emelien et Amiel (1) se veut être une définition nouvelle du « progressisme » quand la liste conduite par Mme Loiseau porte le nom de « Renaissance ». Deux mots soustraits aux penseurs des Lumières et aux marxistes malaxés dans le pétrin macronien pour nier la lutte des classes et discréditer les politiques solidaires, porteuses de progrès social et humain.

La liste macroniste est, elle aussi, construite pour brouiller les pistes, réunissant des personnalités aux options contradictoires. Les belles paroles de campagne ne convaincront donc pas sur les futurs votes des députés issus de cette liste digne de la foir’fouille. Elles vont heurter de plein fouet les exigences d’un mouvement de plusieurs mois qui, en dépit des efforts entrepris pour le déconsidérer, continue d’être soutenu par une majorité de nos concitoyens, comme celles formulées par tous les mouvements sociaux qui réunissent dans la rue enseignants, parents, soignants, fonctionnaires ou salariés de telle ou telle entreprise menacée.

Selon les conseillers du palais, il suffirait pour mieux vivre « d’élargir l’opportunité pour chacun » de donner « la possibilité de choisir soi-même sa vie ». Le problème n’est donc pas l’oppression, l’exploitation d’une classe par une autre mais la capacité de « s’en sortir » ou pas. Il est vrai qu’en Macronie, le pauvre, l’opprimé, le sans diplôme, l’« illettré », le « réfractaire », le « rien » sans « sens de l’effort », représente l’antithèse du « progrès ». Il n’est d’aucune façon envisagé de placer quelque espérance historique que ce soit dans l’accession au pouvoir des classes populaires. Leur Europe est celle de l’élite et de l’oligarchie opposées au peuple et à ses velléités de souveraineté et de démocratie. « Il faut que l’Europe se charge de grands sujets, quitte à se rendre temporairement impopulaire » clament les écrivains de l’Elysée considérant avec un mépris sans nom que les élites placées au service des puissants feront le bien des populations malgré elles.

C’est d’ailleurs au nom de ces principes qu’a été décidée, dès le traité de Maastricht, une construction européenne basée d’abord sur des critères comptables destinés à rassurer les marchés financiers au détriment des travailleurs et des Etats relégués au rang de pourvoyeurs de fonds du grand capital et des banques comme ce fut le cas lors de la crise de 2008.

De traités en traités, ces garrots ont sans cesse été renforcés. Il a même été décidé par M. Sarkozy et Mme Merkel un traité dit de « stabilité, de coordination et de gouvernance de l’Union européenne », le TSCG. C’est en son nom, faisant fi des conclusions du grand débat, que le pouvoir veut éliminer 120 000 postes d’agents des services publics, reculer encore l’âge donnant droit à la retraite ou privatiser Aéroports de Paris, Engie et La Française des Jeux. Or ce texte qui sert à fabriquer les budgets des Etats n’a plus d’existence légale depuis le 1er janvier dernier puisqu’aucune majorité au Parlement européen n’a pu le reconduire (2). Cette situation pourrait être un puissant coup de pistolet dans le grand concert de l’austérité. Il pourrait être remplacé sans attendre par un nouveau dispositif défendu par la liste que conduit Ian Brossat : créer un fond ou même une banque permettant de défendre et d’améliorer les services publics de l’école et de la santé et de financer la transition environnementale par le développement des lignes de chemins de fer, fret compris, accompagné d’un grand plan européen de construction et de rénovation de logements économes en énergie. Voilà qui serait une avancée très concrète vers un réel « progressisme européen », loin de la propagande macronienne et de ses mots volés.

(1) Le progrès ne tombe pas du ciel ; David Amiel, Ismael Emelien, éditions Fayard

(2) J’avais révélé ce fait le 5 décembre dans un article de L’Humanité

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 15:38

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 15:20
Tout savoir sur Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste aux élections européennes (C NEWS)
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Mis à jour le

Ian Brossat, chef de file du Parti communiste (PC) pour les élections européennes, a fait sensation jeudi, lors du premier débat télévisé auquel il a participé avec onze autres têtes de liste. Pourtant, le bras droit de la maire de Paris Anne Hidalgo est encore méconnu du grand public.

Né le 23 avril 1980 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), Ian Brossat est tombé dans la marmite communiste dès son plus jeune âge : ses deux parents étaient en effet tous deux de fervents militants de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) qui ont très vite initié leur fils au militantisme. 

Militant et enseignant

À 17 ans seulement, il adhère au Parti Communiste Français (PCF) et milite activement pour ce parti pendant sa prépa lettres au prestigieux lycée Henri-IV, et ses études de lettres modernes à l'École normale supérieure de Lyon. Cinq ans plus tard, à 22 ans, il est élu à la direction de la fédération de Paris du PCF, et obtient son agrégation l'année suivante. 

Menant à la fois son engagement politique et sa carrière professorale de front, Ian Brossat se présente aux élections régionales pour la première fois en 2004, sur la liste de Marie-George Buffet (PCF), et accepte un poste de professeur au lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles (Val-d'Oise) l'année d'après.

Sa carrière politique décolle en 2006, lorsqu'il devient secrétaire de la section du PCF dans le 14e arrondissement de Paris où il a passé une partie de son enfance et son adolescence. La même année, il est élu au Conseil national du PCF, devient l'un des principaux responsables de la Fédération de Paris, tour à tour responsable de la jeunesse, de la formation et de la communication, puis des élections. 

Le logement, sa mission principale

Pendant les années suivantes, Ian Brossat se présente à plusieurs reprises aux élections législatives (2007, 2012 et 2017), finissant les deux dernières fois sur la troisième marche du podium. Il retente également sa chance en 2008 aux municipales dans le 18e arrondissement de Paris sur une liste menée par Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant (PS). Cette année-là, il est élu conseiller de Paris et prend la présidence du groupe communiste au Conseil de Paris, devenant ainsi le plus jeune président de groupe de l'Histoire. Pendant ses années sous Delanoë, il a notamment milité pour la construction de logements sociaux et d'un «village d'insertion pour les Roms» dans le 16e arrondissement. 

Peu avant le départ du maire de Paris, grâce à un accord conclu sur les listes communes PS-PCF, Ian Brossat tourne le dos à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et devient l'un des six porte-paroles de la candidate Anne Hidalgo, qui le nomme adjoint à la maire de Paris chargé du logement et de l'hébergement d'urgence dès sa victoire. Trois ans plus tard, il devient chargé du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence. L'un de ses plus grands ennemis ? La plate-forme de location Airbnb, dont il compte interdire les locations d'appartements entiers dans les quatre arrondissements du centre de la capitale. Un combat qu'il évoque d'ailleurs dans son livre, «Airbnb, la ville ubérisée».

Depuis 2015, il fait également partie des soixante-deux conseillers de Paris élus conseillers métropolitains pour siéger au conseil de la Métropole du Grand Paris. 

Ian Brossat est désigné chef de file du PCF aux élections européennes de 2019 le 3 juin dernier, pour une liste qu'il espère «très ouverte au mouvement social» et «à tous ceux qui cherchent une issue face à la politique ultra libérale d'Emmanuel Macron». «C'est un intello, un urbain, il connaît bien les médias. Il va apporter un souffle nouveau à notre vieux parti», a déclaré la députée européenne Marie-Pierre Vieu au Nouvel Obs.

Il a tiré son épingle du jeu hier, jeudi 4 avril, pendant le premier débat télévisé consacré aux prochaines élections européennes. Si bien que même les membres de la majorité ont salué sa prestation. «Brossat de loin le meilleur à gauche» a ainsi tweeté Aurore Bergé, porte-parole de LREM.

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 14:45
Européennes.  Ian Brossat de loin le meilleur à gauche (L'Humanité, vendredi 5 avril 2019)
Européennes. « Ian Brossat de loin le meilleur à gauche »
Vendredi, 5 Avril, 2019

Le candidat communiste a tiré son épingle du jeu hier soir, lors du premier débat télévisé consacré aux européennes. Nous avons suivi sa prestation auprès de militants communistes qui organisaient une écoute collective dans le 20ème arrondissement de Paris

« Ce soir, c’est le grand soir » s’enthousiasment des militants communistes du XXème arrondissement de Paris, quelques minutes avant le top départ d’un rendez-vous politique déterminant pour la tête de liste PCF. Devant leur poste, un brin anxieux, ils sont une dizaine à avoir voulu partager cette étape importante de la campagne, pour laquelle ils ont arraché la présence de leur candidat, dans un premier temps blacklisté du casting de France 2. Car si ce soir Ian Brossat se tient debout derrière son pupitre, aux côtés des autres têtes de liste, c’est aussi grâce à la mobilisation des militants communistes. Linda est l’une d’entre eux. « A force d’e-mails et de coup de fil, on a réussi à convaincre France 2 d’appliquer cette fameuse représentativité électorale qu’elle se targue d’incarner, raconte-t-elle. Si Ian n’avait pas été là ce soir, le service public aurait été directement complice de ce qu’il serait arrivé à l’Europe ». 
 
À leurs yeux, ce débat est avant tout un combat de « communication politique », très codé. Damien estime par exemple que l’enjeu pour son candidat est de se faire remarquer. Comment ? « En lâchant deux-trois punchlines. Il n’y a au fond que ça pour que les gens le retiennent, et que le parti fasse du bruit » pense-t-il. Alors quand son candidat interpelle Nathalie Loiseau, c’est l’ovation. «Si ne pas avoir accueilli l’Aquarius, c’est un modèle de fierté pour vous, nous ne devons pas avoir les mêmes valeurs», lâche-t-il.
 
Très vite, le candidat communiste s’impose par sa clarté, refusant de s’enfermer dans le piège du pugilat. Il ne s’adresse pas à ses adversaires politiques sur le plateau, mais aux classes populaires qui le regardent derrière l’écran. « On sent dans sa posture et sa façon de s’exprimer une volonté de ne pas entretenir l’hostilité à laquelle les autres candidats participent, en s'interpellant et en s'interrompant constamment », constate Emmanuel.
«En abordant les questions du travail à minuit, vous vous rendez compte que les principaux intéressés sont déjà couchés car ils travaillent demain?»
À cette sérénité s’ajoute une vraie maîtrise des dossiers. «  Il est le seul  à avancer des chiffres en rapport avec une réalité qu’il connaît, celle des ouvriers, se félicite le militant communiste. Il est aussi le seul à les mettre en perspective, en soulignant notamment le salaire de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui gagne plus de 30 000 euros par mois et qui demande en même temps à la France de ne pas augmenter le SMIC. C’est là sa vraie force ». Car Ian Brossat aura été l’un des seuls candidats à remettre systématiquement dans le débat les urgences sociales et à formuler des propositions concrètes. Après un long volet sur le Brexit et l’immigration, il interpelle les journalistes : «En abordant les questions du travail à minuit, vous vous rendez compte que les principaux intéressés sont déjà couchés car ils travaillent demain?». Sur l’environnement, alors que les candidats Yannick Jadot et Benoit Hamon comptaient tirer leur épingle du jeu sur le sujet, là aussi le candidat communiste se démarque. « La pollution est un crime. 50 000 morts par an en France, 600 000 morts au niveau de l’Union européenne. Qui est le coupable ? interroge Ian Brossat. Pas l’ouvrier qui utilise sa voiture diesel. Mais les ménages les plus riches, qui polluent 40 fois plus que les modestes ». Une adresse aux gilets jaunes, et à tous ceux qui refusent d’opposer les fins des mois à la fin du monde.
 
À l’issue du débat flotte un parfum de satisfaction et de fierté dans les rangs militants. Revigorés par la prestation de leur candidat, tous ressortent encore plus déterminés à mener campagne. D’autant que la tête de liste de communiste séduit bien au-delà des rangs du PCF. « Plusieurs amis à moi, qui n’ont pourtant aucun engagement politique particulier, m’ont avoué trouver les arguments de Ian Brossat percutants. C’est encourageant », se réjouit Linda. Un sentiment confirmé par les commentaires sur les réseaux sociaux. Au point que la porte-parole de La République en marche, Aurore Berger a même twitté : « Brossat de loin le meilleur à gauche ». Les chaines privées, qui refusent toujours d’inviter les communistes à leur grand rendez-vous politiques de campagne, vont devoir revoir leur copie….
Martin Gosserand et Maud Vergnol
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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 12:12
Débat France 2: la gauche se ressemble sur le fond, Ian Brossat se révèle sur la forme (Rachid Laïreiche, Libération, 5 avril 2019)
Débat: la gauche se ressemble sur le fond, Ian Brossat se révèle sur la forme

Un débat télévisé, premier du genre, a réuni jeudi douze têtes de liste pour les Européennes, dont, classés à gauche, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann, voire Ian Brossat et Manon Aubry.

Jeudi soir, lors du premier grand débat pour les Européennes, on a eu le droit à du bruit, de la confusion, des interpellations et un constat sans surprise : sur le fond aucune grande différence entre Benoît Hamon, Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann, voire Ian Brossat et Manon Aubry. Face à une droite très à droite, la gauche a défendu l’accueil des migrants et placé l’écologie au cœur de son projet. Le candidat Place Publique – PS, Raphaël Glucksmann, qui a répété à plusieurs reprises qu’il n’était pas un politique professionnel, a étonné son monde en conclusion. L’essayiste a tendu une nouvelle main à Hamon et Jadot : «J’ai eu du mal à rentrer dans le débat parce que depuis tout à l’heure je me demande pourquoi on n’est pas ensemble pour porter ce débat ! Nous ne sommes pas à la hauteur des périls et l’histoire nous jugera.» Les concernés ont regardé ailleurs.

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Du coup, au milieu du brouhaha, on s’est amusé à guetter le comportement des uns et des autres candidats de gauche. Benoît Hamon ? Il a dégainé son air le plus sérieux afin de prouver son expérience et rassurer les électeurs de gauche. Yannick Jadot ? Facile à l’oral, précis sur le fonctionnement du parlement européen, il a tenté de tirer son épingle du jeu sur les questions écolos. Logique. Mais ce soir, sur le plateau, tout le monde a joué au vert, même le plus nationalistes des nationalistes. Pas simple. Raphaël Glucksmann ? Stressé au départ, hésitant à l’arrivée. Il n’a jamais réussi à s’imposer, imprimer un rythme. Le leader de Place publique a tout de même eu le temps de rappeler son amour pour l’Europe et sa sincérité dans son engagement.

Le communiste a surpris son monde

Manon Aubry ? La candidate de la France insoumise a elle aussi découvert l’exercice du débat. Habitués à voir ferrailler Jean-Luc Mélenchon, avec une certaine facilité, lors des débats, les insoumis ont découvert une candidate accrocheuse. On retiendra qu’elle a coincé au coin du mur la candidate de La République en marche, Nathalie Loiseau qui a voté en plateau pour l’interdiction du glyphosate. L’ancien porte-parole d’Oxfam lui a rappelé que le 15 mars, lorsque deux ministres «paradaient aux marches climat», les députés de la majorité votaient «pour la production de pesticides interdits en France pour les vendre ailleurs». Pas mal. Manon Aubry a ajouté: «Votre en même temps détruit notre planète.»

En fait, jeudi soir la surprise est venue de Ian Brossat. La tête de liste communiste n’était pas attendue. Ces derniers temps, il a tenté de se tenir à l’écart des embrouilles entre Jadot, Hamon et Glucksmann. Une manière de se démarquer. De prendre de la hauteur. Tout au long de la soirée, il a déroulé ses idées. Direct, clair. Le communiste a surpris son monde, même ses propres camarades. «Si ne pas avoir accueilli l’Aquarius, c’est un modèle de fierté pour vous, nous ne devons pas avoir les mêmes valeurs», a-t-il lâché. Ian Brossat a également défendu une politique écologique en rappelant que la pollution est un «crime» avec 50 000 morts par an en France et 600 000 en Europe. Les rouges se mettent chaque jour un peu plus au vert.

Certains endroits totalement inattendus

Le communiste n’a pas oublié de faire des bisous à ses électeurs et aux classes populaires. En seconde partie d’émission, après un long volet sur l’immigration, le maire adjoint de Paris a interpellé les journalistes subtilement : «En abordant les questions du travail à minuit, vous vous rendez compte que les principaux intéressés sont déjà couchés car ils travaillent demain?» Sa prestation a fait causer sur les réseaux sociaux. Certains ont découvert son existence. Les louanges sont tombées de partout, même de certains endroits totalement inattendus. La porte-parole de La République en marche, Aurore Bergé a tapoté sur Twitter : «Brossat de loin le meilleur à gauche.» Après un passage chez Sarkozy, Juppé, Fillon et aujourd’hui chez Macron, Ian Brossat a-t-il réussi à convertir Aurore Bergé au communisme ?

Rachid Laïreche 
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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 12:12
Maryam Madjidi. Rencontres avec l’écrivaine-candidate sur la liste du PCF, les 5 et 6 avril (Le Télégramme, 1er avril 2019)
 

Elle est notamment connue pour avoir reçu le Prix Goncourt du Premier roman en 2017 pour « Marx et la poupée ». L’écrivaine Maryam Madjidi, candidate sur la liste du PCF conduite par Ian Brossat, avec Glenn Le Saout dans le Finistère, sera en visite dans la Cité du viaduc les 5 et 6 avril. Au programme, une conférence-débat vendredi 6 avril sur son livre et son parcours de vie et d’engagement à 18 h, au local du PCF, situé au 2 petite rue de Callac, derrière le Corto Maltese. Ce temps fort est intitulé : « Marx et la poupée : devenir écrivain dans l’exil, avec l’héritage du combat communiste en Iran et des blessures de la révolution islamique ».

 

Second rendez-vous programmé, samedi 6 avril, à 11 h, elle ira à la rencontre des lecteurs à la librairie Dialogues de Morlaix. « Du ventre de sa mère en Iran où elle entendait les battements de la révolution islamique jusqu’à son exil en France, l’auteur raconte le glissement de son identité avec humour et tendresse ».

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