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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 11:46

Projet de loi sur le renseignement : « suspects avant d¹être citoyens »

Le Mouvement de la Paix exprime sa plus vive inquiétude sur le projet de loi sur le renseignement. Présenté comme une loi antiterroriste et débattu par le biais d¹une procédure accélérée, ce projet concerne aussi bien le terrorisme que les atteintes à la souveraineté nationale et l¹encadrement des mouvements de masse. Ainsi, des associations, des partis qui se mobiliseraient, pourraient tomber sous le coup de la loi au titre de la « prévention des violences collectives » ou d¹une atteinte aux « intérêts économiques ou industriels essentiels de la France ». Le projet adopté à l¹Assemblée nationale et actuellement débattu au Sénat constitue une menace pour les libertés publiques et politiques de tous les citoyens.

Les citoyens américains sont particulièrement au fait des pratiques de traçage sans limite et de fichage systématique qu¹utilise l¹Etat après les attentats du 11 septembre 2001. Celles-ci reposent sur l¹idée de « tous dangereux », « tous coupables ». Déjà en 2007, en France, des mesures de surveillance (écoutes téléphoniques et interceptions de flux internet) avaient été prises en toute illégalité et sans aucune transparence. Avec le projet de loi français sur le renseignement examiné actuellement, ces mêmes pratiques liberticides sont à craindre : création de « boîtes noires » destinées à scanner le Web indistinctement, collecte de masse de
données personnelles, durée de conservation allongée jusqu¹à cinq ans pour certaines données, opacité des moyens d¹exploitation de ces données.

Et que l¹on ne se méprenne pas sur la Commission nationale de surveillance des techniques de renseignement, soi-disant garante des libertés fondamentales : faute des moyens d¹actions nécessaires, elle ne pourra pas assurer sa mission de contre-pouvoir. Par ailleurs, le Premier Ministre pourra passer outre son avis. Le gouvernement se refuse à un contrôle a priori, systématique et indépendant des demandes des services spécialisés, et il organise un contrôle a posteriori illusoire. La saisine du juge administratif risque d¹être sans efficacité réelle et le secret-défense pourra être invoqué sans autre forme de procès.

La liberté et la sûreté, que se doit d¹assurer le Président de la République pour chaque citoyen contre l¹arbitraire, sont en péril. Ces droits naturels et imprescriptibles sont reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l¹Homme et du Citoyen. Ce projet de loi va-t-il renforcer la sécurité du peuple français alors que la politique guerrière de la France basée sur le commerce des armes et une industrie des armes florissantes et la multiplication des opérations extérieures contribuent à fragiliser cette sécurité et à tenir l¹image de la France à l¹étranger.

Débattre des pouvoirs de surveillance de l¹Etat vis-à-vis des citoyens, c¹est rappeler qu¹en démocratie, « la liberté est la règle, la restriction de police, l¹exception ». Débattre aujourd¹hui du projet de loi sur le renseignement, c¹est exiger un contrôle strict et indépendant de l¹activité des services de renseignement, dans le respect des valeurs qui ont fondé la République, « Liberté, Egalité, Fraternité », dans le respect de la Laïcité.



Le Mouvement de la Paix
Le 18 mai 2015

Projet de loi renseignement: suspects avant d'être citoyens (Mouvement de la Paix)
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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 05:39

Communiqué de presse/ Affaire Nutréa-Triskalia,

Inquiétante décision du parquet de Saint Brieuc pour les salariés victimes, mais aussi pour les consommateurs !

Après cinq années d’inaction, le parquet de Saint Brieuc vient donc de décider de classer sans
suite les plaintes déposées le 25 mai 2010 par Laurent Guillou et Stéphane Rouxel, anciens salariés de l’entreprise Nutréa-Triskalia qui avaient été gravement intoxiqués par deux fois, en avril 2009 par un pesticide interdit (le Nuvan Total), puis à partir de février 2010 par deux autres insecticides le Nuvagrain et le K-Obiol sur leur lieu de travail à Plouisy. Classées une première fois par le Parquet de Guingamp le 29 octobre 2010, leurs plaintes avaient été ré-ouvertes le 25 novembre 2010 après l’intervention de l’Union syndicale Solidaires avant d’être ensuite transférées au parquet de Saint Brieuc.
Ce dernier a motivé sa décision au motif que : « les personnes morales soupçonnées ont aujourd’hui disparue, Nutréa ayant été dissoute le 25/09/2011 et Eolys ayant fait l’objet d’une fusion-acquisition le 01/10/2010 ; ainsi leur responsabilité pénale ne peut plus être retenue » et que « d’autre part, le ministère public est amené à constater qu’en l’état, les éléments rapportés de l’enquête préliminaire ne permettent pas de constituer charges suffisantes pour asseoir des poursuites pénales à l’encontre des personnes physiques citées dans le dossier, la découverte d’éventuels éléments probants 5 ans après les faits, au sein d’entités n’ayant plus d’existence légale, devenant fortement aléatoire. ».
Solidaires tient à rappeler simplement, pour mémoire, que les infractions relevées par la Gendarmerie et l’inspection du travail concernaient : l’utilisation d’insecticides interdits et cancérigènes, de surdosage de produits dangereux jusqu’à sept fois la dose maximum autorisée, d’absence d’équipement de protection adéquats pour les salariés, d’utilisation illégale de personnel intérimaire sans formation à la manipulation de produits dangereux, de non-respect des délais d’attente entre les traitements et les incorporations des céréales traitées lors
de la fabrication des aliments pour bétail, de sous-traitance des épandages des pesticides par une entreprise non-agrée, de vente d’aliment pour bétail hautement pollué par des pesticides et donc dangereux à la consommation et, qu’enfin le responsable de l’entreprise Eolys de Plouisy a reconnu les faits sur procès-verbal allant même jusqu’à revendiquer ses actes devant une caméra de l’émission « Envoyé Spécial », témoignage diffusé à une heure de grande écoute sur France 2 le 20 mars 2013. (« Pesticides interdits : Le trafic continue cinq ans après »)
A noter également que dans le cadre de la constitution de partie civile, un recours à été déposé auprès de la chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Rennes par Maître François Lafforgue, l’avocat des victimes. Si tous ces faits semblent être des détails pour le parquet de St Brieuc, ils ne le sont pas pour les salariés victimes, qui ont perdus leur santé, leur travail, ni pour les milliers de consommateurs de viande de porcs ou de poulet concernés. Cela d’autant plus que le Parquet de Saint Brieuc ne peut ignorer que le 11 septembre 2014 l’entreprise Nutréa a été condamnée pour faute inexcusable de l’employeur par le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Saint Brieuc et qu’elle n’a pas fait appel de cette décision. Ce classement sans suite, va de toute évidence mécontenter toutes les victimes directes ou indirectes de ce scandale lié aux pesticides, et créer un trouble légitime. Mais une fois de plus, il en dit long, sur la protection dont jouissent de la part des autorités de l’Etat les représentants du lobby agricole productiviste dans notre région, qui savent si bien jongler avec les statuts juridiques de leurs sociétés pour pouvoir polluer en paix et en toute impunité.

L'Union Régionale Solidaires.

Affaire Nutréa-Triskalia: inquiétante décision du parquet de St Brieuc pour les victimes, mais aussi pour les consommateurs! (Solidaires)
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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 08:50
Pharmacies: un nouveau racket sur le dos des malades (à lire sur le blog du PCF Pays Bigouden et sur L'Humanité)

Publié par glazik-plomeur (Blog du PCF pays Bigouden pcbigouden.over-blog.com/)

Révélation. Un nouveau racket sur le dos des malades

À l'heure où de plus en plus de patients se voient contraints de diminuer leurs dépenses de santé, une réforme passée quasiment inaperçue grève encore un peu plus le budget santé des Français. Depuis le 1 er janvier, les pharmaciens facturent en effet 0,82 euro la délivrance de chaque boîte de médicament remboursable, qu'il soit prescrit ou non d'ailleurs. C'est ce qu'on appelle l'« honoraire de dispensation », censé rétribuer « la fonction du conseil de pharmacien d'officine ». Mais de quoi parlet-on exactement ? C'est simple : pour chaque boîte de médicament remboursable vendu, les pharmaciens perçoivent désormais 0,82 euro. Et, cerise sur le gâteau, quand l'ordonnance comporte cinq médicaments différents, s'ajoutent alors des honoraires pour ordonnance complexe de 0,51 euro. Sur une prescription de cinq médicaments, votre apothicaire encaissera donc 4,61 euros.

Prenons un exemple concret : l’année dernière, une boîte de Clamoxyl 1 g (antibiotique) de 14 comprimés coûtait 4,46 euros ; désormais, le patient la paye 5,28 euros (4,46 + 0,82 euro). L’assurance maladie affirme que « l’assuré n’a rien à payer ». Il est vrai que les honoraires de dispensation sont pris en charge par l’assurance maladie dans les mêmes conditions (au même taux, donc) que le médicament auquel il se rapporte, soit en moyenne 65 % (soit 0,53 euro), celui pour ordonnance complexe étant entièrement pris en charge par le régime obligatoire. Le remboursement de la Sécu sur la boîte de Clamoxyl 1 g interviendra donc sur la somme globale – 5,28 euros –, remboursée à 65 %, le reliquat (0,29 euro) étant remboursé par les complémentaires santé si le contrat le prévoit ou, et c’est là que le bât blesse, restera à la charge des patients qui n’ont pas de mutuelle. Ce qui arrive de plus en plus fréquemment… Seuls les patients en ALD (affection de longue durée) et les bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle) ou de l’AME (aide médicale d’État) bénéficient d’une exonération totale.

« La ficelle est un peu grosse, s’agace Arnaud Faucon, secrétaire général de l’association de consommateurs Indecosa CGT. On rémunère soi-disant un conseil alors qu’il s’agit seulement d’augmenter la rémunération des pharmaciens. On estime que ces honoraires de dispensation devraient représenter 10 à 13 % de leur chiffre d’affaires. Les personnes âgées au faible pouvoir d’achat et les plus démunies vont en être les premières victimes. Vous êtes malade et on va vous faire payer encore plus cher le fait que vous êtes malade. Et tant pis si vous avez le malheur de ne pas avoir de complémentaire santé ! »

Des honoraires tout bonnement « discutable »

Même les principaux intéressés dans cette affaire reconnaissent que les patients sont pris pour les dindons de la farce. « Là où ils seront le plus pénalisés, c’est sur l’achat de médicaments sans prescription », indique ainsi Gilles Bonnefond, président du deuxième syndicat de pharmaciens (Uspo, non-signataire de l’accord qui a donné lieu à cette réforme), exemple à l’appui : « Le paracétamol et l’homéopathie représentent 25 % des médicaments remboursables délivrés sans ordonnance. À chaque fois qu’un pharmacien en vend une boîte ou un tube sans prescription, les 82 centimes vont directement dans sa poche, sans remboursement pour le patient. Il n’est plus question, là, d’honoraires, qui sont un acte de dispensation, puisqu’on le lie uniquement à une marchandise. Il y a ambiguïté. »

Pour comprendre l’origine de ce marché de dupes, il faut remonter à 2009 et la fameuse loi HPST (hôpital, patients, santé, territoire) de Roselyne Bachelot, qui officialisait de nouvelles missions pour les pharmaciens. Il avait été alors convenu que la future convention (qui lie les pharmaciens à l’assurance maladie) s’orienterait vers un nouveau mode de rémunération de ces professionnels de santé. L’idée étant de rétribuer les conseils donnés par les pharmaciens. La réforme en vigueur depuis le 1er janvier, issue d’un accord signé entre le syndicat majoritaire des pharmaciens (FSPF) et l’assurance maladie, s’est donc traduite par un arrêté (paru au Journal officiel du 28 janvier 2015) qui augmente les honoraires versés pour chaque boîte vendue de 82 centimes en 2015 puis 1 euro en 2016, et instaure une prime de 51 centimes par ordonnance complexe. En contrepartie, la marge commerciale que les pharmaciens perçoivent pour chaque boîte vendue (calculée en pourcentage du prix fabricant) a été ajustée à la baisse. Pour le syndicat signataire, il s’agit d’une « réforme positive qui permet de sécuriser le réseau officinal dans un contexte de baisse de chiffre d’affaires ».

« Concrètement, avec ce nouveau mécanisme, les prix des médicaments les plus chers baissent un peu, mais, inversement, les prix des médicaments pas chers augmentent, constate Bruno Bordas, pharmacien à Messeix (Puy-de-Dôme). Si on ne comptabilise pas les 82 centimes d’honoraires, le tube d’homéopathie passe de 2,02 à 2,08 euros. Ce n’est pas énorme, mais mis bout à bout… » Pour ce pharmacien, ces honoraires qu’il dit « subir » sont tout bonnement « discutables » : « Personnellement, je suis pour la valorisation de l’acte pharmaceutique, ce moment qu’on prend avec les patients lors de la dispensation de leur ordonnance. Ce n’est pas seulement sortir des boîtes, mais expliquer au patient son traitement, les dangers qu’il peut encourir… Pharmacien, ce n’est pas faire du commerce. »

« Il faut rouvrir des négociations sur la rémunération »

« Le but était de valoriser la fonction de pharmacien en accompagnant le patient et de décrocher les prix et les volumes, mais on fait l’inverse », dénonce Gilles Bonnefond, de l’Uspo, qui parle de « marché de dupes ». « Auparavant, notre système de rémunération faisait que plus on vendait de boîtes, plus on était payé. Et plus les boîtes étaient vendues chères, plus on y gagnait. Avec cette nouvelle réforme de rémunération, on s’accroche encore plus aux volumes. Ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir. Si demain, je veux suivre les recommandations de la HAS (Haute Autorité de santé), quel sera mon intérêt si je suis lié aux volumes, si chaque fois que je pratique le bon usage, je suis pénalisé financièrement ? » interroge le président de l’Uspo. Pour ce dernier, on aurait tout aussi pu faire autrement : développer de nouvelles missions comme l’entretien pharmaceutique, l’information sur le risque de mésusage du médicament, l’éducation thérapeutique, etc. Et être rémunéré sur ces missions. Mais les pouvoirs publics ont manqué d’ambition et de courage, assène Gilles Bonnefond, convaincu que le gouvernement a plié face aux lobbies : « Il est certain que les laboratoires ne voyaient pas d’un très bon œil notre intervention pour réduire l’usage des médicaments… »

Alors que la prochaine étape de cette réforme est prévue pour janvier 2016, un certain nombre de pharmaciens ne désespèrent pas de faire reculer le gouvernement. « Sur les 22500 officines, plus de 7000 ont écrit au directeur de la Cnam (Caisse nationale d’assurance maladie) pour ne pas passer à l’étape de 2016 ; cela montre bien que la profession n’adhère pas à ce projet et qu’il faut rouvrir des négociations sur la rémunération », insiste le président de l’USPO, rappelant la tenue en fin d’année des élections professionnelles, qui pourraient changer la donne en matière de représentativité. En concluant : « La profession et les patients méritent mieux que de voir les pharmaciens courir après des boîtes de médicament ! »

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 07:00

C'était hier après-midi, samedi 16 mai, au Nautile, le centre culturel de la Forêt de Fouesnant. Une belle rencontre autour de l'engagement au féminin organisée par la section PCF de Fouesnant et les Amis du PCF.

Tout avait commencé dans l'émotion avec un très bel hommage de Marie Andrée Bernard à Jacqueline Le Louet, monument du militantisme communiste décédée récemment, son ancienne camarade, responsable du syndicat CGT des PTT, conseillère municipale à Quimper à la Libération, secrétaire de l'UL CGT de Quimper au moment des grèves de mai 1968, oratrice enflammée allumant l'ardeur chez les camarades.

Auparavant, André Bernard a dit un mot d'accueil en rappelant le sens et l'importance de la culture, pour nous les communistes:

" En ces temps troublés où beaucoup perdent leurs repères et le sens même de la condition humaine et de son devenir, la Culture-plus que jamais- est un phare indispensable.

Elle ne saurait se réduire à un quelconque «supplément d'âme» comme on l'écrit parfois, ni à une variable d'ajustement en période de crise. Elle ne saurait non plus être méprisée au profit d' impératifs économiques; comme on va moins souvent chez le coiffeur quand on a des problèmes financiers.

La Culture n'est ni un luxe superflu, ni une danseuse entretenue à grands frais!

La Culture fait appel à l'intelligence et à la réflexion. Elle stimule la curiosité, favorise l'échange et le dialogue. Elle fonde la reconnaissance et le respect.

La Culture refuse l'uniformisation et le nivellement mais, au contraire elle encourage la différence. La Culture nous permet de grandir.

Quand je me cultive, je me colore!

Quand je me cultive, je vis plus grand que ma taille!

C'est en ce sens que la Culture est source de liberté et d'émancipation.

La Culture est également formatrice. Au-delà des savoirs, elle produit des savoirs-faire et des savoirs-être. ...Le fameux»Ce qui reste quand on a tout oublié.»

Enfin, la Culture est généreuse. Elle donne! Elle donne à voir; elle donne à toucher; elle donne à entendre; elle donne à comprendre.

Et comme elle est bien plus que cela encore, elle ne saurait être sacrifiée à aucun autre impératif!

C'est pourquoi elle doit être accessible à tous!

Sans vouloir me lancer dans une diatribe politique qui serait ici déplacée, je veux seulement rappeler que-entre autres promesses- François HOLLANDE avait promis de «sanctuariser» le budget de la Culture. En réalité il a été réduit de 10% en 3 ans! Doit-on encore s'interroger longtemps sur la nature et sur l'orientation d'un gouvernement qui sacrifie délibérément sa Culture?"

Françoise Pencalet Kérivel, historienne, élue Front de Gauche à Douarnenez, a ensuite parcouru deux siècles de marche pour conquérir les droits politiques et sociaux des femmes en commençant par la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges en 1791, et par cette proposition de droits de vote des femmes à la Libération soutenue de manière un peu esseulée par Concorcet. Françoise a aussi évoqué l'élection au Conseil Municipal de Douarnenez en 1925 d'une parente, Joséphine Pencalet, en compagnie de Charles Tillon sur la liste de Le Flanchec, puis de son combat perdu au Conseil d'Etat pour faire reconnaître son élection. Il faudra attendre encore les municipales de 1945 pour qu'à la suite de l'amendement d'un député communiste, Fernand Grenier, les femmes aient le droit de vote en France. Françoise Pencalet a ensuite animé l'échange entre cinq autres femmes engagées.

Nadine Saouti, membre du groupe CGT au CESER de Bretagne, a exposé son engagement à la CGT comme conseillère en insertion à la mission locale à Brest, dans un syndicat qu'elle a créé sur son lieu de travail. La difficulté aussi à concilier travail, engagement syndical, vie de famille, surtout quand on a un enfant handicapé.

Marianne Jean, fille d'un maire communiste de Concarneau, a évoqué elle aussi son engagement syndical comme infirmière en hôpital psychiatrique pour la sécurité des patients et des personnels, le respect des femmes professionnelles. Elle a également parlé du Comité de défense de l'hôpital de Concarneau.

Marie-Andrée Bernard, qui fut la suppléante de Michel Mazéas aux législatives de 1978 à Douarnenez, a parlé de son engagement syndical au PTT, puis à la MGEN, à la Coderpa du Finistère.

Martine Le Nozerh, membre de la direction départementale du PCF, a parlé de ses dix années passées comme ouvrière intérimaire, à 50-55 ans, dans l'agro-alimentaire: conserveries de sardines, usines à saumons. Des conditions de travail extrêmement dures, un statut des intérimaires qui rend encore plus dépendant de l'arbitraire, la difficulté à se faire défendre par les syndicats, les permanents. La possibilité d'être mis à l'écart du jour au lendemain, la tyrannie des contremaîtresses, le travail dans le froid, l'asservissement au rythme de la machine et du tapis.

Enfin Claude Léostic, ancienne vice-présidente de l'AFPS, responsable de la plateforme des ONG pour la Palestine, a raconté de manière passionnante les racines de son engagement et son combat pour les Palestiniens qui l'ont conduite à enseigner à Naplouse puis à rejoindre l'autorité palestinienne et Arafat assiégés dans la Moukata à Ramallah par les Israéliens pour subir avec eux un siège de 40 jours pendant la seconde Intifada. Elle a raconté aussi l'arraisonnement militaire du Dignité Karama, le seul des bateaux pour Gaza qui a pu échapper à la confiscation en Grèce ordonnée par les Israéliens, au large de Gaza.

Un débat s'est ensuite installé avec la salle où Christian Vermeulin est intervenu, mais aussi Paul Le Gall, 90 ans, ancien résistant et combattant de la poche de Lorient, artisan, ancien secrétaire départemental du PCF Sud-Finistère, membre du Comité Central du PCF pendant 22 ans, ami de Georges Marchais qui n'avait pas craint de critiquer en 1982 avec d'autres comme Juquin "le bilan globalement positif" du communisme soviétique et l'invasion soviétique en Afghanistan.

Pour ma part, je suis aussi intervenu pour rendre un hommage appuyé à trois femmes extraordinaires qui ont ouvert la voie, trois meneuses du mouvement communiste et ouvrier aux tempéraments d'acier et aux personnalités riches et généreuses qui ont fait preuve de capacité d'entraînement et de direction politique dans un temps où la politique était surtout affaire d'hommes: Louise Michel, Rosa Luxembourg, et la bretonne Louise Bodin, dirigeante de la IIIe Internationale dans les années 1920 et militante féministe.

Ismaël Dupont

Macha Fernandez, responsable de la Commission Culture du PCF Finistère, a rédigé un très beau texte sur cette belle journée des "Meneuses" à la Forêt Fouesnant. Le voici:

Loin de la carte postale traditionnelle, les « Meneuses », - événement culturel organisé par les amis du PCF au Nautile de La Forêt Fouesnant ce samedi 16 mai 2015-, nous a accueilli par une exposition photos qui tout de suite créé conversation entre les visiteurs, tant les scènes criantes de vie locale saisies suscitaient l’échange de souvenirs. Le ton était donné, on allait parler vrai, on allait échanger.

Ce fut le cas. Six femmes se sont racontées avec pudeur, pour témoigner ensuite avec humanité, clarté, lucidité, intelligence, comment face à des impératifs ou par choix, elles ont remis en question ce qui leur était présenté comme normal, avant de se joindre aux organisations de lutte, conscientes que la force naît du nombre, et de la solidarité qu’il génère. Elles ont aussi rendu vivante l’action des disparues de leur famille, celle dite des Meneuses. À l’état civil, Jacqueline Le Louet et Joséphine Pencalet.

À la lumière de ces histoires de vie, universelles de part leur contenu, force est de constater que les faits sont têtus et que l’Histoire radote.

La condition ouvrière n’a que très peu changé. Si évolution il y a eu, c’est dans l’accroissement du bien-être des gains du patron. L’amélioration est unilatérale, elle a choisi son camp, sa classe. L’injustice.

Comment ne pas frémir en entendant que dans telle sardinerie, il faut pointer quand on va aux toilettes, et que dans ce temps de travail décompté, sont inclus l’obligation de quitter puis de remettre la tenue d’hygiène réglementaire ?

Comment ne pas frémir quand dans l’assistance une parole s’élève pour témoigner du fait, que dans l’agro-alimentaire, pour pallier à ce qu’il faut bien nommer ignominie, certains, par peur de « valser », peinant à suivre le tempo impossible du contremaître à danser, portent des couches pour adultes ?

Il paraît que le monde va vite et qu’il faut s’adapter au progrès. Quel progrès ? Celui qui contribue à humilier ceux qui permettent son existence ? Pourtant, Louise Michel nous le disait : « Le capital est une fiction, car sans le travail, il ne peut exister ». Qu’il se le dise !

C’est un monde dans le monde qui se dessine à la lumière des témoignages. À son image. Le soleil en moins. Du beau à l’hideux. Du geste altruiste, solidaire, debout, à celui harceleur, rampant, délateur, entretenu par la hiérarchie mise en place par le patron.

Pas d’heures, pas de nuit, pas de jour, pas de droits, en silence et en cadence. Plus vite ! Toujours plus vite ! Aux ordres de la sardine, du thon ou autre maquereau.

Comment ne pas frémir en entendant qu’un petit degré perfide a été hissé dans l’air, dispensant l’employeur de payer la prime, justement nommée, de froid ?

Ça se passe aujourd’hui. C’est le lot des sardinières. D’autres aussi.

« Saluez, riches heureux,

ces pauvres en haillon,

saluez, ce sont eux,

qui gagnent vos millions. »

Le chant des sardinières. Autre moment fort sur scène aussitôt repris par le public. Titre éponyme, aussi, du concert en deuxième partie, témoignage chanté de la condition féminine locale, parfois ouvrière mais toujours pauvre, dans la langue bretonne du peuple, traduite avec humour ou émotion.

Beaucoup de justesse, de recherche, tant dans l’harmonisation que dans l’interprétation portée par Marie-Aline Lagadic et Klervi Rivière au chant, accompagnées de deux hommes, comme auraient dit les bigotes en se signant, l’un au portefeuille à boutons, l’autre au piano qui se branche. Qu’ils me pardonnent, je n’ai pas retenu leur prénom. Mais, de la virtuosité, de l’émotion, de l’humour tendre et scalpel, de l’élégance, du moment je n’ai rien oublié.

J’en oublie forcément. D’autres compléteront, en diront autre chose. Ce serait bien, car nous étions nombreux.

Alors il ne me reste plus qu’à adresser un grand merci à Nadine, Marianne, Marie-Andrée, Françoise, Martine, et Claude, ainsi qu’à tous les autres non cités, qui ne sont pas moindres, dont les hommes et les amis du PCF pour nous avoir permis de vivre ce moment dense et enrichissant.

Macha Fernandez

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 06:41

C'était hier à la Forêt-Fouesnant, samedi 16 mai 2015, un concert drôle et émouvant de Marie-Aline Lagadic et Klervi Rivière, mère et fille, qui ont repris les chants de leurs mères et grands-mères, Penn Sardines, chansons espiègles, féroces, égrillardes, tristes ou tragiques, certaines venant du vieux fond breton et faisant référence à des naufrages du XIV e siècle. Les chanteuses et leurs musiciens, invités par les Amis du PCF, ont particulièrement touché le public par leur interprétation vibrante de la chanson de lutte des ouvrières de Douarnenez:

" De bon matin au lever de l'aurore

Voyez passer ces pauvres ouvriers

La face blême et fatigués encore

Où s'en vont-ils? Ils vont à l'atelier...

Petits et grands, les garçons et les filles

Malgré le vent et la neige et le froid

Jusqu'aux vieillards et mères de famille

Pour le travail ils ont quitté leur toit.

Refrain

Saluez riches heureux

ces pauvres en haillons

Saluez ce sont eux

qui gagnent vos millions.

Tous les jours, ouvriers et ouvrières

Sont-ils certains de revenir le soir

Car il n'est pas de jour ni même d'heure

Que l'on en voit victime du devoir

Car le travail est un champ de bataille

Où l'ouvrier est toujours le vaincu

Qu'il soit blessé, qu'importe qu'il s'en aille

A l'hôpital parce qu'il n'a pas d'écus.

Que faut-il aux ouvriers qui travaillent

Etre payé au prix fort de leur sueur

Vivre un peu mieux que coucher sur la paille

En récompense après un dur labeur,

Avoir du pain au repas sur la table

Pouvoir donner ce qu'il faut aux enfants

A leur repas un peu de confortable

Afin qu'ils puissent travailler plus longtemps.

Refrain

Saluez riches heureux

ces pauvres en haillons

Saluez ce sont eux

qui gagnent vos millions.

Combien sont-ils d'ouvriers, d'ouvrières

Blessés soudain par un terrible engin

Que reste t-il pour eux c'est la misère,

En récompense d'aller tendre la main.

Et sans pitié laissant mourir ces braves

Après avoir rempli leur coffre d'or

Les travailleurs ne sont que des esclaves

Pour le courroux des maîtres du trésor.

"Saluez riches heureux"... La chanson des "Penn-Sardines" interprétée par Marie-Aline Lagadic et Klervi Rivière
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 07:02

Rachida Dati a été épinglée pour 187 588€ de dépenses indues lorsqu'elle était ministre de la Justice du Gouvernement Fillon, dont 9000€ en vêtement (de l'argent qui a servi a acheté des foulards Hermès pour des délégations étrangères en visite en France). 178 000 € ont servi à payer une société Giacometti Péron pour un "marché de conseil en stratégie" dont on ne connaît aucune des prestations effectués. Ecran pour des emplois fictifs ou des prises d'intérêt? Comme de coutume, Rachida Dati s'estime victime d'une cabbale politique venue de l'entourage de Nicolas Sarkozy et menace de dévoiler de nouvelle affaire impliquant le chef de file de la droite et son entourage. Où l'on est rappelé aux mauvais souvenir du pouvoir mafieux de la Sarkozye.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 06:39
Etat de surveillance contre état de droit? (Patrick Le Hyaric)

Quand une loi concernant notre sécurité et nos libertés est votée selon le principe de « la procédure accélérée », induisant un temps court entre son examen en conseil des ministres et celui à l’Assemblée nationale, sans débat dans la société, des questions se posent ! Quand, avant même qu’elle ne soit votée, le Président de la République annonce qu’il va lui-même la déférer au Conseil constitutionnel, on a des doutes ! Quand un gouvernement se réclamant de la gauche, refuse d’écouter les alertes d’une multitude d’associations, de la quadrature du net à Amnesty International, de la Ligue des Droits de l’Homme au syndicat de la magistrature et à des autorités telles que les commissions « informatique et libertés » ou de « contrôle des interceptions de sécurité » ou encore le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et préfère faire voter ce texte avec la droite, alors il y a de quoi être inquiet ! Quand de surcroît, on vote en France une loi qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle que les législateurs américains avaient adopté à la suite des attentats du 11 septembre 2001, qu’ils remettent en cause aujourd’hui, il y a danger ! Non pas que nous penserions qu’il ne faudrait pas combattre le terrorisme. Bien sûr qu’il faut se donner les moyens de le battre. Mais les effrayants et criminels actes qui ont eu lieu sur notre sol sont le fait d’individus qui avaient, paraît-il, été repérés et suivis. La bonne question est donc de savoir pourquoi ces tueries n’ont pas été empêchées ? Pourquoi aucun bilan, aucune critique ne sont présentés au pays ?

Aujourd’hui, le pouvoir prétend organiser une surveillance généralisée des communications téléphoniques, capter des données informatiques, installer des mouchards pour localiser des personnes ou des véhicules en temps réel, sans contrôle de la justice, autrement dit, recueillir des milliards de données sur l’ensemble de la population pour, paraît-il, identifier… « quinze », « vingt » terroristes présumés.

Des milliards d’informations, sur nous tous, que la police conservera durant au moins cinq ans !

Pourtant, ce ne sont pas des lois relatives à la sécurité intérieure dont manque la France. Vingt-cinq ont été votées ces quinze dernières années. Beaucoup d’entre elles ont été écrites en réactivité à des faits divers, à des chocs émotionnels, sans empêcher les derniers drames qu’a connus le pays.

Pour le moins, il n’est donc pas prouvé que les lois de circonstance soient efficaces pour les buts qu’elles proclament. Par contre, elles ne sont pas bonnes pour l’Etat de droit. Un pouvoir qui joue ainsi sur l’émotion pour imposer la régression, enfonce un long poignard dans le corps déjà si maltraité de notre République dont le nom est si galvaudée aujourd’hui.

On peut même considérer que l’article huit de la Convention européenne des droits de l’homme, énonçant le « droit au respect de la vie privée et familiale » est bafoué.

Progressons-nous vers un Etat utilisant librement les nouveaux instruments technologiques pour accéder à la vie privée des individus, leurs relations, leurs pensées, leurs opinions, leurs déplacements et intimité ? La mise en cause de l’Etat de droit au bénéfice de l’émergence d’un Etat prétendument « sécuritaire » serait d’abord une victoire des terrorismes, ennemis des droits de l’homme et du citoyen. En contrepoint, la démocratie se restreint au bénéfice des dominants.

Malgré le vote en première lecture de cette loi sur le renseignement par l’Assemblée nationale, il n’est pas trop tard pour se faire entendre. Le pouvoir ne peut penser que les mouvements associatifs, les juristes, la société ont forcément tort. Il ne peut pas non plus considérer qu’en refusant cette loi « de surveillance généralisée », nous serions mal intentionnés. S’il est sûr de son fait qu’il organise un débat public sur ce sujet et que toutes les autorités compétentes, du Conseil constitutionnel à la Cour européenne puissent jouer un rôle et être entendues.

A cet instant, nous ne pouvons que nous remémorer cet article écrit en 1899 par l’un des membres de l’équipe fondatrice de l’Humanité aux côtés de Jean Jaurès et aussi fondateur de la ligue des droits de l’homme, Francis de Pressensé, critiquant les lois d’exception votées en 1893-1894, après des attentats ensanglantant la 3ème République : « La France a, comme à plusieurs reprises au cours de ce siècle, ces paniques provoquées par certains attentats, savamment exploités par la réaction et qui ont toujours fait payer à la liberté les frais d’une sécurité menteuse ». Nous demandons qu’il puisse être démenti.

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:36

POURQUOI UN FORUM EUROPÉEN DES ALTERNATIVES ?

Le Forum européen des alternatives se tiendra à Paris, Place de la République, les 30 et 31 mai prochains.

FAIRE RESPECTER LES PEUPLES SUR LA SCÈNE EUROPÉENNE

L'Europe libérale n'en finit plus de nier la démocratie, les besoins sociaux et le développement écologique, provoquant à juste titre un fort rejet populaire. Du fait même de son architecture économique, l'UE a subit de plein fouet la crise financière de 2008 et en a aggravé les conséquences avec les politiques d'austérité. Les peuples européens ont beaucoup résisté, de plus en plus ensemble, face aux attaques contre les services publics, le droit du travail, contre la démocratie et les droits humains les plus élémentaires.

Le vote du peuple grec en janvier dernier a d'ores et déjà bouleversé le paysage politique. Un bras de fer sans précédent s'est engagé entre le peuple grec et ses représentants, contre les tenants de l'Europe libérale comme Angela Merkel, les forces de l'argent, les banques, les marchés financiers, la Banque Centrale Européenne, le FMI et la Commission européenne

LUTTER ET RASSEMBLER POUR UNE ALTERNATIVE À L'AUSTÉRITÉ, EN FRANCE ET EN EUROPE

Notre mobilisation dans toute l'Europe est le meilleur atout pour nos voisins grecs. La France est un pays clé. Notre peuple a ouvert le débat sur le type de construction européenne il y a 10 ans, en votant non au traité constitutionnel européen. Aujourd'hui, la France subit des pressions de la Commission européenne pour « accélérer les réformes », et le gouvernement va dans le même sens, avec des coupes budgétaires drastiques, l'ANI et la loi Macron, les privatisations. Les forces anti-austérité doivent devenir assez puissantes pour déjouer les scenarii qui verrouillent les possibilités de changement, comme celui du tripartisme en France.

Avec les grecs, et parce que l'ensemble des peuples européens y ont intérêt, nous voulons construire une alliance de toutes les forces – politiques, sociales, syndicales, intellectuelles – et tous les citoyens qui refusent l'austérité. Nous voulons à la fois « faire bloc », résister, et passer à offensive sur les solutions à la crise, des solutions solidaires, européennes, de progrès social, écologique et démocratique.

OUVRIR UN ESPACE DE DIALOGUE, RENDRE VISIBLE LES SOLUTIONS

Le Forum européen des alternatives permettra de concrétiser à travers des débats, en plénière et en atelier, cette ambition politique majeure. Le Forum, qui sera une initiative d'une ampleur inédite, est ouvert depuis sa conception jusqu'à sa mise en œuvre, à toutes les forces et citoyens intéressés. Notre objectif : organiser un grand événement politique et populaire avec la participation de plusieurs milliers de personnes, dont une grande partie d'européens, des invités de haut niveau des militants politiques, syndicaux, des mouvements sociaux. Le samedi 30 mai au soir, nous organiserons un grand concert Place de la République à Paris autour du thème "Peuples debout".

Projet de déroulement. La formulation des thèmes des séances plénières est provisoire. N'hésitez pas à vous pré-inscrire à l'aide du formulaire suivant ou à nous suivre sur les réseaux sociaux pour être tenu au courrant du programme définitif et de l'ouverture des inscriptions.

Le samedi

9:30 Accueil militant place de la République.

10:00-12:00 Plénière d'ouverture : L'austérité, ça suffit. Notre objectif : le développement humain soutenable en Europe

12:00-13:00 déjeuner libre

12:00- 16h30 ateliers

17:00-19:00 2e plénière : La démocratie contre les banques. Reprendre le pouvoir sur la finance.

19:30
Grand concert place de la République
« Peuples de
bout »

Le samedi 30 mai dès 19h30 une grande soirée marquée par un concert est organisée Place de la République à Paris ! Ce sera un moment culturel et musical unique dans le Forum en soutien à tous les peuples d'Europe luttant contre l'austérité. Au programme : des artistes en live, des invités et de nombreuses surprises !

Retrouvez entre autre Féloche, nommé aux dernières Victoires de la Musique dans la catégorie "Révélation scène", Nevché, poète-musicien né à Marseille qui oscille entre rock, slam et chanson, et Lénine Renaud, nouvelle formation musicale qui regroupe Franck, le chanteur de Marcel et son Orchestre, et certains musiciens des VRP !

Le dimanche

9:00 – 11:30 ateliers

12:00 – 14:00 3e Plénière : Après la victoire de Syriza, une alliance pour gagner le bras de fer européen ?

Les ateliers regroupés par blocs thématiques

Dire adieu à l'austérité pour des politiques solidaires en Europe

- Priorité à l'emploi et aux urgences sociales: un plan de relance ? Pour quelle croissance ?

- Bien communs et services publics de demain, réappropriation publique de l'eau

- Luttes des femmes au travail

- LGBT

- Quel avenir pour les jeunes ?

Reprendre le pouvoir sur l'argent

- Dettes : problème européen, solutions européennes

- Changer le système bancaire (banques /Banque centrale européenne)

- Lutte contre l'évasion fiscale

- Fiscalité, budgets: une approche solidaire, juste, de coopération et de respect des souverainetés

Quel modèle productif écologique et émancipateur ?

- Défis et alternatives écologiques: COP21

- Une industrie moderne : produire quoi ? Pour qui ? Comment ?

- Le travail au 21e siècle (nouvelle organisation/ nouveaux droits)

- Économie sociale et solidaire

- Se réapproprier notre nourriture

Pour une démocratie réelle, pour une Europe des libertés

- Construire une Europe démocratique et des pouvoirs citoyens

- Faire des européens émancipés : un atelier en deux temps, avec une partie culture et une partie enseignement supérieur

- Lutter contre tous les racismes

- Big data, espionnage, lois liberticides : comment protéger nos libertés et notre vie privée?

- Ethique et intérêt général : lutter contre la corruption, les conflits d'intérêt et le clientélisme

Une autre mondialisation: paix, coopérations, développement

- Au 21e siècle un monde de mobilités. Pour une nouvelle politique migratoire.

- Mettre en échec le TTIP

- L'UE et la Méditerranée

- Construire la paix en Ukraine et en Europe

- Vers la paix et la sécurité commune

Faire gagner les peuples d'Europe : passer à l'offensive !

- Media dominants, Media alternatifs : gagner la bataille de l'information

- Avec les grecs, luttes, mouvements sociaux et constructions politiques en Europe

- Solidarités concrètes

- Quelles coopérations des élus de la gauche ?

- Comment battre l'extrême droite?

Avec la participation de Syrisa, Die Linke, d'autres partis communistes européens et de la Gauche Européenne (dirigée par Tsipras et Pierre Laurent), de syndicalistes, de représentants et militants du Front de Gauche, d'EELV.

Voir aussi:

http://syriza-fr.org/2015/05/11/forum-europeen-des-alternatives-a-paris-alliance-against-austerity/

Forum européen des alternatives les 30 et 31 mai 2015 place de la République à Paris: demandez le programme
Forum européen des alternatives les 30 et 31 mai 2015 place de la République à Paris: demandez le programme
Affiche du concert du "Forum Européen des Alternatives" - 2015

Affiche du concert du "Forum Européen des Alternatives" - 2015

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 08:16

L'initiative du samedi 16 mai de la Section PCF de Fouesnant sur le thème

Les MENEUSES

Travail et luttes au féminin

est la première manifestation de caractère culturel depuis l'accession à la direction fédérale de la nouvelle équipe. Avec le retour de la solidarité et de la fraternité, les Communistes fouesnantais seront particulièrement sensibles au relais et à l'écho de l'information dans les Sections, au soutien de la nouvelle Direction Fédérale et à la présence effective de nombreux Communistes au NAUTILE à La Forêt-Fouesnant, le samedi 16 mai.

Les intervenantes sont : Françoise PENCALET-KERIVEL (DOUARNENEZ)-Martine LE NOZERH (PLOZEVET)-Marie-Andrée BERNARD (Fouesnant)- Claude LEOSTIC (BREST)- Nadine SAOUTI(LOGONNA-DAOULAS)- Marianne JAN (CONCARNEAU).

Les billets d'entrée: 8 euros à la réservation-10 euros à l'entrée.

« Meneuses » Travail et luttes au Féminin (au Nautile, La Forêt de Fouesnant 15h-23h)

Le programme:
Hommage à Jacqueline LE LOUET Par Marie-Andrée BERNARD

15h : Exposition (photos - affiches - ouvrages)

17h : Débat animé par Françoise PENCALET-KERIVEL, historienne et militante. Témoignages (Agro-alimentaire - Hôpital…)

19h : Restauration sur place

20h30 : Concert « Le Chant des Sardinières »
Avec Marie-Aline LAGADIC et Klervi RIVIERE
Prix de l’Académie Charles CROS (participation10 €)
Partenaires : Festival de Photo du Guilvinec, « La Joie de Lire » de St Guénolé, l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT.

Les Amis du PCF

Samedi 16 Mai à la Forêt de Fouesnant: ne ratez pas la fête de la section PCF de Fouesnant "Les Meneuses"
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 15:59

Attention!

En raison d'un cas de force majeure indépendant de la volonté de Michel Etiévent comme de la section PCF de Morlaix, la conférence débat prévue le mardi 19 mai 2015 sur Ambroise Croizat et la naissance de la Sécurité Sociale et du système des Retraites est annulée!

Veuillez nous en excuser.

Nous allons tenter de faire venir Michel Etiévent et Gilles Perret à l'occasion de la sortie de leur film sur "La Sociale" - Ambroise Croizat et la naissance de la Sécurité Sociale - en décembre 2015.

http://www.lasociale.fr/

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

citation parue dans le magazine Challenges en 2010 de Denis Kessler, alors vice-président du Medef...

depuis, avec les Sarkozy, Fillon, Hollande, Valls, Macron et consorts, ce chantier de déconstruction est en cours d'exécution accélérée. Jusqu'à quand ?

***

Michel Etiévent Ecrivain, historien,journaliste. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (documentaires, essais, contes…). Concepteur et maître d’oeuvre de projets d’écriture collective en collaboration avec les milieux universitaire, scolaire, urbain, hospitalier, carcéral, en lien avec les ministères de l’Education nationale, de la Culture, de la Justice, de la Santé.

A écrit "Ambroise Croizat et l'invention sociale" (nouvelle édition en 2012 chez GAP), collaboré avec le haut-savoyard Gilles Perret pour la réalisation des films "Les jours heureux", "De mémoire d'ouvriers".

Michel Etiévent écrivait sur un blog militant le 3 décembre dernier:

" A VOUS MES AMIS...

Quand je vois la crise s'approfondir, les usines tomber, grossir le flot des pauvres, le racisme ravager l'avenir, la haine sourdre, quand je vois des copains fatigués déserter le front de résistances, des intellos bidons faire du fric avec du vide, prêcher le renoncement ou la ringardise à longueur de livres ou d'antenne, quand je vois le décor de nos vies s'enfoncer dans la télé "déréalité", des fois moi aussi j’aurais envie de tout laisser tomber, de sauter du train de la résistance, de m'effondrer dans mon canapé chaud, une pile de livres aimés comme futur, ou me perdre à tout jamais sur la beauté de mes sentiers, ne plus rien voir, ne plus rien entendre, "jouir de la vie" comme ils disent!

Et bien non, ça ne dure jamais longtemps, parce qu' aussitôt je repense à tous ces copains de misère, ces traîne la faim de dignité qui, au long des siècles, malgré les désespérances les plus noires, ne se sont jamais laissé aller, ces enfants des mines qui nous livraient l'énergie du syndicalisme, ces communards écrasés qui se relevaient et montaient pour nous à "l'assaut du ciel", ces copains comme Croizat, Paul , Semard tous ces anonymes des luttes qui se faisaient casser la gueule dans une Europe minée par le fascisme, qui désespéraient eux aussi devant l'allongement des files de chômeurs, d'affamés aux crises de 29, mais qui se relevaient sans cesse, nous livrant nos grands conquis du front populaire...

Quand je repense à tous ces jeunes Moquet, à tous ces résistants qui auraient pu eux aussi déserter le combat clandestin ou les maquis et se réfugier dans le confort d'une France collabo ou indifférente, ces jeunes du CNR qui réalisaient une fabuleuse utopie dans une France assaillie par la répression et les ruines et nous livraient la sécurité sociale, la retraite et un héritage social considérable.. oui quand je pense à tout cela... alors je me relève, certes je chancelle, mais je suis debout et je repars sur le chemin des luttes et des conférences, gonflé de l'espoir de ceux qui ont nourri mon Histoire de dignité. Michel Etievent"

Biographie d'Ambroise Croizat

Ambroise Croizat est né en 1901 dans la vallée de la Tarentaise, en Savoie. Son père, originaire de Chambéry, est ferblantier dans la métallurgie et « travaille douze heures par jour, face à l'éclat des fours, sept jours sur sept (la loi sur l'attribution du congé hebdomadaire ne date que du 13 juillet 1906), le visage et les mains brûlés par les ébarbures de métal en fusion ».

Ambroise Croizat commence à travailler à treize ans comme apprenti ajusteur-outilleur dans une usine de Lyon. A 19 ans, au sortir de la guerre, il prend des responsabilités dans le Syndicat CGTU des Métaux. Dans les années 1920, il milite contre le militarisme, pour une paix plus juste avec l'Allemagne, contre le colonialisme et la guerre du Rif au Maroc. En 1926, il devient permanent du PCF à Paris, puis secrétaire général de la Fédération CGTU des métaux, pour laquelle il organise des grèves partout en France pour les salaires, la réduction du temps de travail, contre le chômage. En 1934, le PCF et la CGTU lancent une stratégie de Front Populaire face à la montée de la menace fasciste et la tentative de coup d'état du 6 février 1934. Les mots d'ordre de la gauche unifiés sont « Pain, Paix, Liberté ». L'unité de la CGT sera finalement réalisée le 1er mars 1936, deux mois avant l'arrivée du Front Populaire au pouvoir. Aux élections législatives du 28 avril 1936, Croizat est élu député du 14e arrondissement de Paris. Il figure parmi les organisateurs des grèves de mai-juin 1936 sous le Front Populaire qui aboutisse à une flambée des adhésions syndicales. Depuis mai 1936, Croizat siège à la « Commission spéciale » du gouvernement qui a été chargée d'élaborer les réformes et veille à leur application sur le terrain. En 1937, il inaugure des maisons de repas, des parcs de loisirs, des colonies de vacances pour la classe ouvrière.

Mais dès février 1937, le gouvernement, sous la pression du patronat, décide d'une pause dans les réformes. La guerre civile en Espagne, et le refus de Blum et du gouvernement, sous la pression anglaise notamment, de venir en aide à la République espagnole assiégée par les fascistes, éloigne les communistes de leurs alliés socialistes et radicaux. Le 12 novembre 1938, le gouvernement Daladier publie une série de décrets-lois qui instaurent la baisse des salaires, déjà fortement grignotés par l'inflation (50% en 2 ans), des impôts nouveaux et surtout la fin de la semaine des 40 heures, qualifiée pour l'occasion de « loi de paresse et de trahison nationale ». Daladier le capitulard s'écrie: « Cette loi est responsable de tous les maux de l'économie. On ne peut avoir une classe ouvrière à deux dimanches et un patronat qui s'étrangle pour faire vivre le pays ».

En novembre 1938, suite à de grandes grèves ouvrières suivies de licenciements arbitraires et d'états de sièges policiers, le gouvernement envoie les troupes devant les entreprises. Le 1er décembre 1938, 36 000 ouvriers sont licenciés dans l'aéronautique et les arsenaux, 8000 dans la chime et l'automobile. Plus de la moitié sont des responsables syndicaux CGT.

Dans son modeste appartement du 79, rue Daguerre où il vit depuis 1936, Croizat rédige son édito: « Le 30 novembre, le patronat a opéré le savant triage qu'il attendait. Il tient sa revanche sociale sur 1936. Des femmes ont faim, des enfants ont froid. L'homme n'est plus au travail. Partout, les consignes ont été données par les patrons revanchards. Des listes noires circulent. Les sous-traitants des grandes entreprises ont été sommés de ne pas embaucher des ouvriers licenciés sous peine de voir leurs commandes supprimées. La haine est partout. Ils ont défendu leurs outils parce qu'ils croyaient en la grandeur de la France, en ses traditions de dignité, en cet espoir que mai 1936 avait fait éclore. Plus que jamais, nos solidarités vont vers eux. C'est eux, la France. Cette France bafouée par ceux qui ne rêvaient que de revanche ».

Le mouvement ouvrier est décapité. Début 1939, avec l'aval de Daladier, Hitler s'empare de la Tchécoslovaquie.

Le pacte germano-soviétique signé à l'été 1939, les communistes, contre lesquels on avait déjà prévus des mesures de rétorsion en cas de conflit avant la connaissance du pacte, sont jetés en pâture. Le 27 août, l'ensemble de la presse communiste est interdite. Le 26 septembre, le PCF est dissous. 666 élus sont déchus.

Le 7 octobre 1939, Croizat est arrêté sur les marches de l'Assemblée Nationale, puis enfermé à la Prison de la Santé avec d'autres députés communistes, dont Prosper Môquet, le père de Guy, le jeune homme bientôt fusillé à Chateaubriand. L'extrême-droite réclame purement et simplement la loi martiale pour les communistes. En Janvier 1940, Croizat fait parti des 36 députés communistes condamnés à 5 ans de prison au terme d'un simulacre de procès, sous l'impulsion des anciens collègues de l'Assemblée Nationale, dont certains appartenaient à la majorité du Front Populaire.

En avril 1941, Croizat et ses camarades communistes sont envoyés en prison en Algérie, où ils vivent dans des conditions de détention très dures. Le débarquement allié à Alger a lieu le 8 novembre 1942 mais les députés communistes ne sont libérés que le 5 février 1943, après trois ans d'enfermement. Les Américains craignent qu'une fois libérés, ils ne deviennent vite les principaux animateurs de la politique anti-vichyste et soulèvent entre autre le problème du droit à la Liberté des pays du Maghreb. Et de fait, une fois libéré, Ambroise Croizat contribue à réorganiser le mouvement communiste et le syndicat au Maghreb, à tel point qu'en janvier 1944, la CGT affiche 120 000 adhérents en Afrique du Nord. Dès août 1943, dans un discours devant un public d'ouvriers, il parle de cette France nouvelle qui naîtra de la Libération: « Redonner à la Nation sa grandeur et aux travailleurs la place qu'ils méritent par leur effort et leur sang versé sera notre tâche. Les larmes et la mort n'auront pas été vaines. Elles accoucheront d'une France nouvelle, celles des nationalisations et de la Sécurité Sociale ».

« En septembre 1943, Ambroise Croizat rejoint, au titre de la CGT clandestine, l'Assemblée Consultative instaurée autour du Conseil National de la Résistance créé par De Gaulle à Alger le 3 juin 1943. Il préside la commission du Travail. C'est là que va prendre vie le programme du Conseil National de la Résistance. «Véritable déclaration des droits nouveaux, charte des futures grandes réformes nées dans la nuit et le feu du maquis ».

Le Conseil National de la Résistance, né le 27 mai 1943 trace les contours de son programme révolutionnaire par l'ampleur et le caractère structurel des réformes proposés, même s'il ne met pas à bas le capitalisme, se contentant de le neutraliser en partie et de créer de nombreuses espaces de socialisation des richesses. Le programme du CNR, qui paraît en zone sud sous le titre "Les jours heureux" est arrêté le 15 mars 1944.

L'invention sociale est en marche: « Instaurer une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des féodalités économiques et financières de la direction de l'économie... Retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sol-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques... Droit d'accès dans le cadre de l'entreprise aux fonctions de direction et d'administration pour les ouvriers et participation des travailleurs à la direction de l'économie... Droit au travail... Liberté de pensée et d'expression ».

Le chantier s'ouvre à la Libération avec une classe ouvrière grandie par engagement dans la résistance, une CGT à cinq millions d'adhérents, un parti communiste à 27% des voix... Le « Parti des Fusillés », premier parti de France, a acquis le prestige et l'autorité d'un parti national, d'autant que les groupes FTP ont accepté de rendre les armes pour que s'installent les commissaires de la République et l'autorité des lois plutôt que celles des maquis. En Octobre 1945, 5 millions de voix se portent aux législatives sur les communistes, qui obtiennent 151 députés à l'Assemblée Nationale. Le 13 novembre 1945, De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, fait appel à cinq communistes. Aucun grand ministère régalien mais Charles Tillon au ministère de l'armement, François Billoux à l'Economie Nationale, Marcel Paul à la Production Industrielle, tandis que Maurice Thorez se voit confier un ministère d'état et qu'Ambroise Croizat hérite du travail et de la Sécurité Sociale.

L'ordonnance qui crée la Sécurité Sociale paraît le 4 octobre 1945. La protection sociale, qui relevait jusque là des « Assurances sociales » (loi du 5 avril 1928, combattue par les patrons d'entreprises jusqu'à la nouvelle loi du 1er juillet 1930), ne protégeait contre la maladie qu'une faible partie des salariés et de leurs ayant droit. A peine un tiers de la population française... Le système était anarchique, avec une multitude de caisses patronales, confessionnelles, syndicales, mutuelles, concurrentes entre elles et n'offrant pour la plupart qu'une protection aléatoire. Pour les retraites (loi de 1910), la couverture est dérisoire ou inexistante. Pas plus d'un million de Français en bénéficient, alors que 5 millions d'entre eux pourraient y prétendre et n'ont pour seuls recours que la charité et leurs économies.

Désormais, la sécurité sociale devient un droit fondamental, universel, obligatoire et solidaire et non un mécanisme d'assurance couvrant un risque. Dans l'esprit d'Ambroize Croizat, la Sécurité Sociale devait couvrir tous les travailleurs, salariés ou non (loi du 22 mars 1946). Les non-salariés (petits commerçants, professions libérales et artisans notamment) refusèrent par la voix de leurs responsables, qui n'acceptaient pas de se laisser assimiler à de "vulgaires prolétaires". Beaucoup le regretteront.

Le nouveau système va organiser l'ensemble de la protection sociale autour de quatre mots clefs:

L'unicité: une institution unique, obligatoire, couvrira désormais l'ensemble des domaines de la protection sociale, des "risques sociaux", dit-on à l'époque (maladie, vieillesse, décès, invalidité ainsi que les accidents du travail, gérés jusque-là par les assurances privées). "L'ambition, déclarait Croizat à l'Assemblée, le 20 mars 1946, est d'assurer le bien-être de tous, de la naissance à la mort. De faire enfin de la vie autre chose qu'une charge ou qu'un calvaire".

L'universalité: la couverture est étendue à tous les citoyens, avec la volonté de généraliser à court terme le nouveau système. Et ceci malgré l'opposition de certaines professions qui refuseront de s'y intégrer....

La solidarité: c'est la pierre angulaire du système. Solidarité inter-générations, solidarité actifs-inactifs, malades bien-portants. Le tout financé par les richesses créées dans l'entreprise. En ce qui concerne le financement de l'institution, les propos de Croizat sont d'une modernité brûlante: "Outre le fait que cela grèverait fortement les contribuables, disait-il, faire appel au budget de l'Etat serait subordonner l'efficacité de la politique sociale à des considérations purement financières qui paralyseraient les efforts accomplis".

Démocratie enfin, et c'est là "l'exception française" car seule une gestion par les intéressés eux-mêmes peut garantir que la santé restera un droit fondamental pour tous. Là encore, les mots du ministre sont novateurs: "Pour la première fois, l'appareil nouveau met la gestion de l'intérêt des travailleurs dans les mains des travailleurs eux-mêmes. Ceci est d'autant plus important car l'assurance (et particulièrement pour les accidents du travail) relevait jusqu'à ce jour de compagnies commerciales et, pour les allocations familiales, d'une gestion purement patronale".

En mai 1946, grâce aux efforts d'Ambroise Croizat, une loi accorde une pension de retraite à tous les salariés âgés de plus de 65 ans.

Quand Croizat quittera le gouvernement en mai 1947, le montant des retraites sera majoré de 130 à plus de 200%. 4 millions de français bénéficient de la retraite.

Croizat présente ainsi dans un discours à l'Assemblée Nationale le 4 août 1946 le sens de son action gouvernementale:

"La sécurité sociale, née de la terrible épreuve que nous venons de traverser, appartient et doit appartenir à tous les Français et à toutes les Françaises, sans considération politique, philosophique ou religieuse. Ce qu'elle donne aux Français ne résulte pas de la compassion ou de la charité, elle est un droit profond de la nature humaine. Elle sera, nous en sommes sûrs, d'une portée considérable à long terme. Elle permet d'espérer, en raison des perfectionnements postérieurs qui pourront lui être apportés, voir la France et la République se placer au premier rang des nations du point de vue du progrès social...".

Le travail de Croizat au ministère du travail ne s'arrête pas là. Le 25 février 1946, il fait voter la loi sur la majoration des heures supplémentaires (25% entre 40 et 45h, 50% au-delà, 100% les dimanches et jours fériés). Il fit de même pour l'augmentation des primes et le travail de nuit et du dimanche. C'est également Croizat qui fixe la durée des congés payés à un mois pour les jeunes de moins de 18 ans et à 3 semaines pour la classe d'âge entre 18 et 21 ans. Il est également à l'origine d'un vrai service public de l'emploi, de la refonte d'une grande partie du Code du Travail, de la revalorisation des rentes des mutilés du Travail et des vieux mineurs, de la création d'un Conseil national du Travail chargé d'examiner les projets relatifs à la législation sociale, mais également d'innover en la matière.

Il engage un vaste chantier dans le domaine de la formation professionnelle pour libérer l'enseignement technique de la tutelle patronale ou confessionnelle. Grâce à ses efforts et à ceux de Maurice Thorez, de nouveaux statuts de la fonction publique sont adoptées. "On y trouve des avancées extraordinaires comme la reconnaissance intégrale du droit syndical, la participation des syndicats à la gestion du personnel, la démocratisation du recrutement, l'égalité des sexes pour l'accès à la promotion dans les services publics". On développe la prévention des accidents et des maladies du travail en créant la médecine du travail, les ancêtres des comités hygiène et sécurité. On attribue pour la première fois un rôle économique et décisionnel aux comités d'entreprise.

En avril 1946, Croizat propose d'instituer l'égalité de salaire entre homme et femme: "Si l'égalité politique est une victoire partielle, l'égalité économique est une victoire complète" dit-il alors.

En 1946, le patronat redresse la tête, sabote l'application du programme du CNR. Les tensions au sein du gouvernement croissent. Droite et socialistes freinent les nationalisations ou remettent en cause les statuts des mineurs, des gaziers et électriciens, des cheminots et des travailleurs de chez Renault... Ils entament la guerre d'Indochine. Le blocage des salaires et la flambée des prix créent un climat social tendu. Les pressions des Américains sur le gouvernement s'accentue pour faire sortir les communistes.

L'éviction a lieu le 5 mai 1947. Le motif est la solidarité trop voyante des communistes aux revendications des ouvriers de Renault. En réalité, dans un contexte de début de guerre froide, les Américains monnayent leur aide à la France contre une marginalisation des communistes.

Evincé du gouvernement, Croizat reprend à plein temps la tête de la Fédération CGT de la métallurgie.

En juillet 1950, Croizat, déjà éprouvé par un cancer du poumon, perd son fils, ouvrier électricien de 26 ans, dans un accident du travail à Lyon. Il meurt le 12 février 1951. Son cortège funèbre, le 17 février 1951, rassemble des centaines de milliers de personnes venus lui rendre hommage.

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Ambroise Croizat

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