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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 08:09

 

Le porte-parole du PCF Ian Brossat détaille les priorités de la rentrée des communistes, qui se retrouvent samedi à Malo-les-Bains (Nord) pour une journée d’été. Entretien.

 

Votre journée d’été intervient au cœur d’une série d’annonces gouvernementales, entre plan sanitaire et plan de relance. Quelles sont les priorités du PCF en cette rentrée ?

Ian Brossat Notre pays compte presque 7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues : ce chiffre en dit long sur les souffrances endurées par les Français. Nous voulons donc mener à la fois une rentrée combative face à la politique du gouvernement et faire monter des alternatives aux logiques libérales qui nous conduisent dans le mur. Le gouvernement et le patronat mènent conjointement une très grosse entreprise de culpabilisation. Tout serait de la faute des travailleurs. Le Medef nous explique qu’on ne travaille pas assez. Le premier ministre nous somme de « repartir au travail ». Quant à Bruno Le Maire, il reproche aux Français de trop épargner et de ne pas consommer assez.

En plus de cela, les Français, à écouter ceux qui nous gouvernent, exigeraient trop en demandant, par exemple, la gratuité du masque. Nous le disons clairement : les Français n’ont pas vocation à payer les pots cassés de la crise. Surtout que cet appel à la responsabilité ne concerne pas tout le monde. Les grosses entreprises, elles, en sont totalement exonérées. Dans le plan de relance, une fois de plus, sont multipliés les cadeaux à leur intention sans contreparties sociales et environnementales, ni aucun contrôle de leur usage. La multiplication des plans sociaux engagés par des entreprises, qui pourtant ont bénéficié de millions d’euros d’aide publique et ont continué à verser beaucoup d’argent à leurs actionnaires, montre qu’il est absolument nécessaire de faire prévaloir d’autres choix. Cette impunité doit cesser.

 

Conditionner les aides aux entreprises est certes une idée partagée à gauche, mais le gouvernement y reste sourd…

Ian Brossat La période du confinement a mis à nu la ruine de nos services publics, l’effondrement de notre tissu industriel… Beaucoup de gens ont pris conscience de l’impasse à laquelle conduisent les politiques libérales menées depuis plus d’une trentaine d’années. Nous avons besoin aujourd’hui de choix de rupture. Nombre de combats menés initialement par les communistes rassemblent aujourd’hui bien au-delà de leurs rangs, comme la gratuité des masques. Nous avons été parmi les premiers à la défendre par la voix de Fabien Roussel. Désormais, pour tout le monde à gauche et même au-delà, c’est une juste revendication. Et il en va de même sur la défense du tissu industriel, du soutien indispensable à un hôpital public clochardisé au cours des dernières années… Ces idées-là grandissent et peuvent être victorieuses.

 

La journée à Malo-les-Bains a-t-elle vocation à faire dialoguer les acteurs de cette riposte ?

Ian Brossat Bien sûr, la présence de Philippe Martinez pour débattre aux côtés de Fabien Roussel d’un nouveau mode de développement en est un bon exemple. Car il ne s’agit pas simplement, comme voudrait le faire croire le gouvernement, de relancer la machine, mais de changer profondément le système économique pour replacer l’Homme et la planète au cœur. La venue de Benoît Teste, de la FSU (Fédération syndicale unitaire, organisation syndicalede l’enseignement agricole public et de ses personnels), sera aussi l’occasion d’échanger sur la situation de l’école au moment où le gouvernement a décidé d’assouplir le protocole sanitaire sans moyens supplémentaires, alors même que l’épidémie reprend.

 

Comment accueillez-vous la venue de Jean-Luc Mélenchon, première depuis 2011 ?

Ian Brossat Le Parti communiste n’a jamais fermé la porte au dialogue et nous sommes profondément convaincus qu’en cette période de crise terrible, des convergences sont absolument nécessaires. Nous sommes donc très heureux que d’autres forces de gauche viennent à cette occasion pour travailler à nos côtés.

 

Lors des universités d’été tant de la France insoumise que d’EELV, il a été beaucoup question de rassemblement, notamment dans la perspective des prochaines échéances régionales et départementales. Quelle est la position du PCF ?

Ian Brossat Des conférences régionales seront organisées par les communistes à l’automne, ils y avanceront des propositions et désigneront des chefs de file. Nous souhaitons travailler aux unions les plus larges, sur la base du contenu que nous y aurons défini. Mais, dire aujourd’hui quel sera le périmètre du rassemblement serait prématuré. Ces élections, comme les départementales, ont un impact important sur la vie quotidienne des Français. Elles doivent être considérées en tant que telles et pas simplement comme un marchepied vers la présidentielle.

 

Il est encore trop tôt pour parler de la présidentielle ?

Ian Brossat L’urgence est à faire grandir une alternative aux logiques libérales et pas à se lancer dans une course de petits chevaux. Les Français, notamment ceux qui sont le plus en difficulté, n’attendent pas cela des responsables politiques de gauche. En ce qui nous concerne, cette question sera abordée en temps voulu et notamment lors de notre congrès en juin. Il n’est pas question de griller les étapes.

 

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