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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:57

 

Dans la présentation de la réforme, le premier ministre a volontairement omis de citer le parti et le syndicat, mentionnés dans son discours à propos du CNR…

La formule est connue des journalistes, en particulier de ceux qui décryptent les annonces du pouvoir exécutif. « Seul le prononcé fait foi. » Dans la version écrite du discours d’Édouard Philippe, mercredi au Cese, transmise par les services de Matignon peu après la fin de son intervention, cette phrase figure en bonne place, pour rappeler que les éventuelles libertés prises avec le texte initial par le premier ministre sont celles que l’histoire devra retenir. Alors justement, comparons. Qu’a donc effacé Édouard Philippe de ses 24 pages de discours, à part la demi-douzaine de fautes d’orthographe que contient ce document ? Oh, trois fois rien. Ou plutôt deux fois trois lettres : « PCF » et « CGT ». Un hasard sans doute. Le résultat d’une langue qui fourche ou de lunettes mal ajustées…Si le chef du gouvernement a bien prononcé les mots « Conseil national de la Résistance », une fois, au début de son allocution (page 2), pour assurer que sa réforme était « fidèle à l’esprit » du pacte « imaginé et mis en œuvre, après guerre, pour créer le système de retraite actuel », il a laissé tomber du camion la deuxième occurrence faisant référence au CNR, et au rôle joué dans celui-ci par le Parti communiste et la CGT. Relevant seulement que « les ordonnances Parodi », du nom du ministre du Travail du premier gouvernement de Gaulle, prévoyaient déjà, en 1945, « l’universalité pour assurer la solidarité ». Alexandre Parodi, haut fonctionnaire et compagnon de la Libération, plutôt que son successeur Ambroise Croizat, ex-secrétaire de la fédération des métallurgistes CGT… D’une certaine façon, le premier ministre a fait son choix, quand les historiens, eux, ont depuis longtemps reconnu le rôle décisif de l’un et de l’autre dans la mise en place d’un État providence à la française. « Nous ne voulons pas confier le soin de nos anciens à l’argent roi », a aussi osé Édouard Philippe. Il aurait peut-être été judicieux, alors, de ne pas déverser des milliards d’euros de cadeaux fiscaux sur les plus riches dans l’espoir d’un hypothétique ruissellement…

Alexandre Fache

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