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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:56

 

FSU.  En plein débat sur les retraites, la FSU tient un congrès. Mise en cause du cœur de métier enseignant, fin du paritarisme dans la fonction publique : les chantiers ne manquent pas pour Benoît Teste, nouveau secrétaire général du syndicat.


 

Benoît Teste Secrétaire général de la FSU

Le congrès de la FSU (Fédération syndicale unitaire), premier syndicat de la fonction publique avec 160 000 adhérents, s’achève aujourd’hui à Clermont-Ferrand avec l’élection d’un nouveau secrétaire général.

Seul candidat annoncé, Benoît Teste, 41 ans, professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis, devrait succéder à Bernadette Groison, qui occupait la fonction depuis 2010.

L’occasion de faire avec lui un tour d’horizon des enjeux à venir.

 

Faut-il s’attendre à une forte mobilisation mardi prochain contre la réforme des retraites ?

Benoît Teste Oui. Nous n’avons pas été entendus du tout. Il y a un problème de prise en compte de l’état réel de la profession. Nous avons besoin de signaux à court terme, sur nos rémunérations comme sur les retraites. De ce point de vue, les annonces de mercredi sont une catastrophe : on est encore plus dans le flou. Si cette réforme est bonne, pourquoi reculer l’âge de son entrée en vigueur, et au passage, en faire porter le poids sur les jeunes ? La seule certitude, c’est le recul de l’âge de départ en retraite et, très rapidement, une baisse des pensions.

Les syndicats semblent cette fois unanimes…

Benoît Teste C’est une très bonne nouvelle. Plus nous serons nombreux, mieux ce sera, même si tous les syndicats ne demandent pas le retrait de la réforme. Pour nous, l’âge pivot n’est pas une « ligne rouge » : il est consubstantiel à un système qui ne vous donnerait des droits qu’en fonction de ce que vous avez cotisé. Donc si, parce que vous vivez plus longtemps, vous êtes plus longtemps à la retraite, il faut réduire le niveau de pension. C’est le contraire d’un système solidaire, qui donne la garantie des droits acquis.

 

La loi sera au Parlement dès février mais pour les enseignants, Jean-Michel Blanquer annonce des discussions jusqu’à l’été 2020. Est-ce cohérent ?

Benoît Teste C’est cohérent avec l’intention du gouvernement, qui est de délayer ces questions sur le long terme. Il dit aux enseignants : acceptez la réforme, et on verra après pour vos salaires. Non, ça ne marche pas comme ça ! S’il doit y avoir des contreparties, cela doit être dit avant. Mais une réforme qui a besoin de contreparties pour être acceptable, déjà, ça ne va pas.

 

Le ministre a dit qu’une revalorisation passerait « surtout par des primes ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Benoît Teste C’est dans la continuité de la loi sur le statut de la fonction publique : il s’agirait de distinguer les « bons » et les « moins bons », pour mieux rémunérer les « bons ». Ce n’est pas du bon sens, c’est de la démagogie. C’est mettre les personnels en concurrence, ceux qui n’ont pas la prime jalousant ceux qui l’ont… ça ne peut pas fonctionner, ce n’est pas efficace. On détruit le cadre de la fonction publique qui concentre les salariés sur leur travail, leurs missions, et non sur le fait de s’agiter en tous sens pour plaire au manager qui distribue les primes. Cette logique met les personnels en difficulté. Notre collègue Christine Renon ne disait pas autre chose dans la lettre qu’elle a laissée avant de se suicider : les injonctions permanentes, la perte de sens d’un métier dans lequel on a mis toute sa vie… Son geste nous dit qu’il faut arrêter de mettre en danger les personnels sous prétexte qu’ils fassent leurs preuves – sous-entendu : sinon, ils ne font rien.

 

 

Le nouveau statut de la fonction publique met fin, dès le 1er janvier, aux instances paritaires. Avec quelles conséquences ?

Benoît Teste C’est une perte de droits et de garanties pour les salariés. L’action de la hiérarchie sur les carrières échappera au contrôle par les élus du personnel dans les commissions paritaires. Il sera beaucoup plus difficile de vérifier qu’il n’y ait pas de passe-droits, de clientélisme. Il nous faudra être plus forts sur le terrain, au plus près des collègues. D’ailleurs, contrairement aux espérances du gouvernement, ceux-ci sont plus nombreux à se tourner vers nous. Ils savent que nous avons l’expérience pour défendre leurs droits.

Entretien réalisé par Olivier Chartrain

 

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