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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 19:57
Turquie : « Ce n’est pas un accident, c’est un meurtre »
Hassane Zerrouky
Vendredi, 16 Mai, 2014
À Soma, qui pleure ses morts, et dans tout le pays, la colère est vive. Le bilan est lourd près de 300 morts. Les chances de retrouver des survivants
se sont amenuisées. Les syndicats dénoncent la cession des mines au privé. À Izmir, la police charge violemment des milliers de manifestants.

La Turquie est encore sous le choc, la tristesse et la colère. Les programmes télévisés ont été interrompus et les festivités annulées. Les images émouvantes des familles éprouvées par la perte de l’un des leurs et les témoignages des survivants tournent en boucle sur les chaînes de télévision.

Sur les lieux de la tragédie, à Soma (100 000 habitants), des milliers de personnes ont participé aux obsèques de dizaines de mineurs dans une atmosphère de deuil et de colère retenue. Toutes réclament «justice». Ce mot est, selon cet ami turc, sur toutes les lèvres. Toute la matinée, les haut-parleurs ont déversé dans les rues des avis de décès. Et ce n’est pas la visite du président Abdullah Gül, hier, sur le site minier qui apaisera la douleur des familles, après celle très chahutée, la veille, au cri de «voleur» et «assassin», du premier ministre, Tayyip Erdogan, auquel les habitants de cette cité minière reprochent d’avoir ignoré les avertissements répétés sur l’insécurité dans les mines de Turquie.

 

Depuis mardi, le bilan, encore provisoire, s’est alourdi : 282 mineurs sont morts. Et la liste des victimes risque de s’allonger encore lorsque les secouristes, qui ont travaillé toute la nuit, parviendront à dégager les deux galeries qui étaient encore inaccessibles hier matin. Quelque 80 mineurs se trouveraient encore sous terre. Et les chances de retrouver des survivants semblaient hier quasiment nulles.

On en sait un peu plus sur les circonstances de ce drame causé apparemment par un transformateur électrique défectueux dont l’explosion a provoqué un effondrement bloquant des centaines de mineurs dans les galeries. En tout cas, de mémoire de mineur, c’est la pire catastrophe minière qu’a connue la Turquie depuis celle survenue en 1992, à la suite d’une explosion de gaz dans la mine de Zonguldak, sur la mer Noire. Dans un communiqué, la compagnie minière Soma Komur a tenté de dégager sa responsabilité en affirmant que «l’accident est survenu malgré un maximum de mesures de sécurité et des inspections». En écho, le ministère turc du Travail a assuré que la mine avait été inspectée la dernière fois le 17 mars et qu’elle appliquait les normes en vigueur. «Ce n’est pas un accident du travail, c’est un meurtre !» a alors rétorqué le Disk (Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie).

Trois semaines avant cet accident, le Parlement, dominé par le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), n’avait-il pas refusé la formation d’une commission demandée par les trois partis de l’opposition siégeant à l’Assemblée –CHP (kémaliste), BDP (pro-Kurde) et le MHP (nationaliste) – pour faire un état des lieux de la sécurité des mines en Turquie ? D’autant qu’entre 1992 et 2012, 3 053 ouvriers mineurs ont trouvé la mort dans les mines turques et 362 208 ont été blessés.

Aussi, rien de surprenant à ce que quatre syndicats de Soma aient appelé hier à une grève nationale d’une journée pour protester contre l’insuffisance des normes de sécurité de la mine que le gouvernement de l’AKP a concédée au privé. «Des centaines de nos frères travailleurs à Soma ont été voués d’emblée à la mort en étant forcés de travailler dans des conditions de production particulièrement difficiles dans le but de parvenir à des profits maximaux. Nous appelons la classe ouvrière et les amis des travailleurs à se lever pour nos frères de Soma», déclarent-ils dans un communiqué. «Ceux qui, dans le cadre de la politique de privatisation, mettent en danger la vie des travailleurs au nom de la réduction des coûts sont coupables du massacre de Soma et doivent en répondre», ajoute de son côté la Confédération des syndicats la fonction publique (Kesk).

Vent de colère toujours, après Soma, Ankara et Istanbul, ils étaient plus de 20 000 hier dans les rues d’Izmir, la troisième ville du pays, à répondre à l’appel du Disk. Au cours des affrontements ayant opposé les syndicalistes à la police, Kani Beko, le président du Disk, a été sérieusement blessé et évacué vers un l’hôpital. Une chose est sûre, le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, dont les proches ont été mis en cause dans un vaste scandale de corruption, n’avait sans doute pas besoin de cette affaire malgré la victoire de son parti, l’AKP, aux élections locales de mars dernier.

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 12:24
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 11:34
Palestine : 66 ans après, la Nakba est une plaie toujours ouverte

Par Taoufiq Tahani, Président de l'Association France Palestine Solidarité 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1200592-palestine-66-ans-apres-la-nakba-est-une-plaie-toujours-ouverte.html

Le 15 mai est la date symbole retenue pour marquer l’anniversaire de la Nakba palestinienne. La veille avait été proclamée, il y a 66 ans, l’indépendance d’Israël simultanément au départ des dernières troupes britanniques. Déjà près de la moitié des 700.000 [1] Palestiniens qui seront condamnés à l’exode avaient dû prendre le chemin de l’exil. La terreur, dont Deir Yassine restera le symbole, jouait à plein.

66 ans après, la Nakba reste une plaie ouverte, et plus encore.

Une injustice non-résolue qui mène au pourrissement 

La communauté internationale qui avait par la résolution 194 de l’ONU en décembre 1948 solennellement acté le droit au retour des réfugiés palestiniens s’est révélée incapable de seulement commencer à le mettre en œuvre.

Sans même parler des conditions souvent dégradantes dans lesquelles ils ont été réduits à vivre depuis trois générations, au Liban notamment, on doit se rappeler les drames qui en ont résulté, avec les massacres de septembre noir en 1970 en Jordanie, ceux de Sabra et Chatila en 1982 au Liban ou le calvaire que vivent depuis bientôt trois ans les réfugiés palestiniens de Syrie.

Yarmouk, avec ses images d’horreur, est venu rappeler à la face du monde qu’il ne suffit pas de détourner son regard pour qu’une question politique fondamentale cesse d’exister. Sa non-résolution au contraire et la persistance d’une telle injustice historique ne peut mener qu’au pourrissement et générer plus de chaos.

Quant au principe de l’épuration ethnique qui a inspiré en 1948 la mise en œuvre de la Nakba, notamment avec le plan Daleth, il continue fondamentalement à guider aujourd’hui les choix politiques d’Israël. On se souvient de Sharon déclarant en substance  en 2001 "la guerre d’indépendance n’est pas terminée, nous devons achever ce qui ne l’a pas été en 1948".

Dépossession et épuration 

Aujourd’hui, c’est à peine si on prend la peine de maquiller l’entreprise de dépossession et d’épuration ethnique. Elle est mise en œuvre avec une conjonction de moyens qui devrait imposer comme une évidence la nécessité de sanctions politiques déterminées.

A Jérusalem c’est une politique systématique d’étranglement des Palestiniens avec refus de permis de construire, confiscations de terrains sous toutes sortes de prétextes et démolitions qui jettent à la rue des familles entières [2] et se combinent avec ces odieux "permis de résidence", toujours menacés d’être supprimés, par lesquels la puissance occupante octroie aux Palestiniens, jérusalémites de toujours, le droit de continuer à vivre chez eux.

Ailleurs en Cisjordanie, on sait que l’extension des colonies a atteint un rythme quasiment sans précédent depuis l’été dernier qui avait vu le démarrage des "négociations". Gaza, elle, majoritairement peuplée de réfugiés, enfermée et coupée de la Cisjordanie, fait office de vaste camp de regroupement surpeuplé pour une population qui se trouve désormais dans des conditions qu’on nous annonce comme invivables à brève échéance d’un simple point de vue environnemental.

Il faut un accord politique fondé sur le droit 

Et cette politique d’État se double d’une très grande tolérance, pour ne pas dire de collusion, avec ces groupes de colons ultra, de plus en plus nombreux, qui sous la signature du "prix à payer" se vengent sur les Palestiniens de tout ce qui peut leur apparaître comme une concession.

Ils commencent à susciter une vraie inquiétude en Israël même où le romancier Amos Oz vient de les qualifier de "néonazis hébreux". Et si leur inclusion dans le rapport du département d’état américain sur le "terrorisme" a provoqué protestations et dénégations officielles, les attaques d’édifices religieux chrétiens à quelques jours de la visite du Pape risquent de contraindre les autorités israéliennes à quelques contorsions compliquées. Ils sauront très certainement s’y plier.

Nous ne les en tiendrons pas quitte pour autant et continuerons à porter l’exigence de sanctions auprès de la France et de ses partenaires européens pour contraindre Israël à un accord politique fondé sur le droit, seul à même de poser les bases d’une paix juste et durable et de tourner la page de la Nakba.


[1] Benny Morris, Victimes. "Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste", Éditions Complexe, 2003, p. 277. 

[2] Rapport du Conseil des droits de l'homme, février 2014, à consulter ici 

-- 

Association France Palestine Solidarité (AFPS) 
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris 
Tél. : 01 43 72 15 79 
Fax. : 09 56 03 15 79 
Suivez l'AFPS sur www.france-palestine.orgFacebook et Twitter
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 09:39

 

Dépenses militaires mondiales : Doublement en 12 ans ; la France alimente toujours le commerce des armes. 

 

« La guerre est sur armée et la paix est sous financée » Ban ki-moon 

 

Le 14 Avril, Journée mondiale d’action sur les dépenses militaires 

C’est aujourd’hui "la Journée mondiale d'action sur les dépenses militaires". C’est aussi la journée choisie par 

l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) pour publier les chiffres des dépenses 

militaires mondiales.

 

Des chiffres qui baissent à l’Ouest, mais augmentent à l’Est 

 

Un fois encore les chiffres sont sans appel. Alors que les dépenses baissent à l’Ouest, elles augmentent 

partout ailleurs, notamment au Moyen-Orient. La France, qui occupait la troisième place en 2012, reste dans 

le peloton de tête. Elle se retrouve en cinquième position derrière les Etats-Unis, la Chine, la Russie, et 

l’Arabie Saoudite. A l’heure où la France s’apprête à faire des coupes budgétaires drastiques, notamment en 

matière de santé et d’éducation, il est temps qu’une vraie baisse des dépenses militaires s’impose. L'argent 

public doit être mis au service de la paix et non de la guerre car remplacer l’armement par le développement, 

c'est créer et pérenniser des emplois au service de l’humanité. 

 

Il faut mettre un terme à ces logiques guerrières 

 

Le Mouvement de la Paix dénonce la réalité attestée par ces chiffres qui révèlent que nous ne serons pas en 

sécurité tant que les logiques guerrières prendront le pas sur le développement économique et social. Nous 

sommes confrontés aujourd’hui à des foyers de conflits, comme en Syrie ou en Crimée, qui peuvent avoir des 

répercussions mondiales.

La preuve en est, les dépenses ont doublé en douze ans. De 850 milliards de dollars en 2002, elles sont de 1 750 milliards de dollars en 2013.

Il est ainsi primordial de rompre cette spirale  infernale. Le Mouvement de la Paix demande que les dépenses militaires soient allouées à la résolution pacifique des conflits, au développement économique et social et à la promotion des droits humains. Cette alternative permettra de rétablir l’ordre économique et social qui fait défaut aujourd’hui, dans la mesure où la situation reste alarmante malgré une légère baisse des dépenses depuis 2 ans. 

 

Le Mouvement de la Paix, 65 ans de lutte pour le désarmement 

 

Créé en 1948, le Mouvement de la Paix est un acteur majeur de la lutte pour le désarmement et la résolution 

pacifique des conflits. Nous basons notre plaidoyer sur les huit domaines de la Culture de paix et sommes 

activement engagés sur la scène internationale. Une délégation se rendra d’ailleurs à New York à l’occasion 

de la Conférence d’Examen du Traité de Non Prolifération nucléaire. Le Mouvement de la Paix se mobiliser 

pour dénoncer le commerce organisé des armes, et demande la fermeture du salon de l’armement 

« Eurosatory ». 

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 16:48
Pour Celles et Ceux qui auraient raté cet excellent petit doc sur Arte.
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 06:48

 

Rencontre AFPS-​​PCF : Communiqué commun

En Une du site de l'AFPS

En Une du site du PCF


Une ren­contre a eu lieu jeudi 20 mars entre Pierre Laurent, secré­taire national du Parti com­mu­niste français (PCF) et Taoufiq TAHANI, pré­sident de l’Association France Palestine soli­darité (AFPS) au siège du PCF. Étaient éga­lement pré­sents : Lydia Samar­bakhsh, chargée des Rela­tions inter­na­tio­nales à la Coor­di­nation nationale du PCF, et Didier Fagart, secré­taire général de L’AFPS.

La ren­contre qui s’est déroulée dans un excellent climat avait pour objectif de pro­céder à un échange de vues sur la situation de la Palestine et d’examiner, à la fois, les exi­gences poli­tiques à porter à l’attention du gou­ver­nement français, et les actions com­munes sus­cep­tibles d’être menées en ce sens.

Les deux parties par­tagent la même appré­ciation et inquiétude de la situation sur le terrain, et des dif­fi­cultés majeures aux­quelles font face les Pales­ti­niens, sur le plan poli­tique, éco­no­mique et social, ainsi que sur la res­pon­sa­bilité pre­mière du gou­ver­nement israélien dans le maintien de cette injustice, qui constitue une vio­lation per­ma­nente du droit inter­na­tional. Ils ont sou­ligné les obs­tacles majeurs à tout pro­cessus de paix que représentent :

- L’occupation de la Cis­jor­danie par l’armée israé­lienne, la répression des mani­fes­ta­tions paci­fiques des Pales­ti­niens, les arres­ta­tions arbitraires ;

- La pour­suite de la colo­ni­sation, tant dans la zone C de Cis­jor­danie qu’à Jéru­salem Est, pour empêcher la création de l’État palestinien ;

- Le blocus de Gaza appliqué par l’État d’Israël depuis 7 ans et qui place 1.7 million de Pales­ti­niens dans une situation huma­ni­taire insupportable.

Cette situation est connue de tous, et dénoncée par une grande majorité de pays, à l’Assemblée générale de l’ONU, dans les comités spé­cia­lisés, et dans nombre d’autres ins­tances inter­na­tio­nales et de la société civile.

En revanche, la volonté poli­tique pour y mettre fait défaut et se traduit par l’inertie des gou­ver­ne­ments et de l’Union euro­péenne qui se défaussent sur les négo­cia­tions bila­té­rales entre Israé­liens et Pales­ti­niens, alors que ces négo­cia­tions ne peuvent déboucher, sans un cadre mul­ti­la­téral fondé sur le droit international.

Le gou­ver­nement israélien actuel jouit ainsi d’une impunité sans limite qu’il com­prend comme un encou­ra­gement à pour­suivre sa poli­tique néfaste pour les deux peuples, pales­tinien et israélien.

S’agissant de l’Union euro­péenne, si les « lignes direc­trices » consti­tuent un premier pas important dans l’affirmation du droit, nous sommes encore loin du compte. Il est temps de tra­duire en actes l’opposition à la poli­tique de colo­ni­sation menée par le gou­ver­nement israélien et d’appliquer des sanc­tions contre Israël tant que celui-​​ci continue d’ignorer le droit.

La France de son côté peut et doit agir. En cette année de soli­darité mon­diale avec le peuple pales­tinien à l’initiative de l’ONU, le rôle de la France doit être déter­minant pour ouvrir la voie d’une paix juste et durable.

Les deux parties se sont accordées sur les exi­gences qu’elles portent à l’attention du pré­sident français et du gou­ver­nement, et qui engagent la res­pon­sa­bilité de notre pays :

1. La recon­nais­sance pleine et entière par la France de l’Etat de Palestine, dans le pro­lon­gement de ses votes pour l’admission à l’Unesco et l’AG de l’ONU : un soutien sans faille doit être apporté aux demandes d’adhésion de la Palestine aux ins­tances inter­na­tio­nales aux­quelles elle candidate ;

2. L’identification pour l’interdiction sur le ter­ri­toire français des pro­duits des colonies israéliennes ;

3. La recom­man­dation explicite aux entre­prises fran­çaises de ne pas engager de rela­tions d’affaires avec toute entre­prise ou col­lec­tivité israé­lienne qui par­ticipe, direc­tement ou indi­rec­tement, à la colonisation ;

4. Le soutien à l’exigence et à un processus de dénucléarisation régionale ;

5. Le retrait des cir­cu­laires du ministère de la Justice de février 2010 et mai 2012 (dites cir­cu­laires Alliot-​​Marie et Mercier), sup­ports des pour­suites menées aujourd’hui contre les mili­tants français pour leur par­ti­ci­pation au boycott citoyen.

L’AFPS et le PCF ont éga­lement convenu de conjuguer leurs efforts pour la libé­ration de Marwan Bar­ghouti et de tous les pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens actuel­lement détenus illé­ga­lement en Israël.

Nos orga­ni­sa­tions conju­gueront leurs efforts pour popu­la­riser et porter ces exi­gences poli­tiques de justice et de paix qui ren­contrent d’ores et déjà un large soutien dans l’opinion française.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 09:36

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La Suisse votait dimanche 9 février pour instaurer des quotas de migrants, à l’initiative de l’extrême droite dirigée par le milliardaire zürichois Christoph Blocher . Avec quelques voix de trop,  la « limitation » de l’immigration, a été adoptée par référendum. Le gouvernement helvétique a désormais trois ans pour proposer une nouvelle législation qui tienne compte de ce résultat. C’est un dimanche noir pour la démocratie suisse.

 

Helvètes underground

 

Avec 3% de chômeurs et chômeuses et des centaines de milliers de travailleurs frontaliers, qui viennent parce que les Suisses ne peuvent occuper tous les emplois disponibles, on aurait pu croire que la légendaire tolérance helvétique serait un antidote puissant aux thèses xénophobes. Mais le racisme distillé par l’extrême droite suisse, depuis des années, et la faible réaction des partis, notamment de droite et du centre, à cette offensive réactionnaire n’ont pas aidé à éclairer le débat.

Surtout que les politiques libérales frappent aussi là-bas avec un pouvoir d'achat en berne depuis des années, une pénurie et la cherté des logements, des attaques violentes contre les services publics notamment des transports. Et le discours antisystème, la désignation de boucs émissaires et le bruyant soutien du patronat suisse au non, de peur de la réduction des débouchés à leurs produits, ont pu aussi avoir un effet repoussoir.

La Suisse est dure pour l’immigration des salarié-es mais reste très ouverte aux capitaux et aux dépôts dans ses banques des résidents étrangers milliardaires. Les banquiers et les actionnaires, malgré leurs cris d'orfraie, sont rassurés : pas de référendum en vue sur l'augmentation des salaires ou le partage des richesses.

 

Reconquérir le droit et la solidarité

 

La mobilisation des suisses contre le racisme et contre les thèses xénophobes de l’UDC (extrême-droite) doit monter d’un cran comme y appelle le Parti suisse du travail. La majorité du peuple suisse n’est pas tout le peuple suisse et faisons confiance à celles et ceux qui continuent d’expliquer que l’étranger n’est pas l’ennemi intérieur.

 

Ce sont bien ceux qui se servent des banques pour cacher leur magot douteux, qu'ils pillent jour après jour dans les poches des salariés du monde entier, qui sont à blâmer. N’oublions jamais que l’immense majorité des suisses ne profitent pas de cette richesse.

Les dirigeants européens en porte-à-faux

 

En France, le FN et certains à l'UMP se réjouissent. François Fillon dit trouver cette décision « parfaitement naturelle ». D'autres à l'UMP comme en Europe trouvent scandaleux que cette mesure touche les ressortissants européens. Notons que les dirigeants européens qui font mine d'être effrayés sont très mal placés : ils font la même chose pour les migrants hors union. On est toujours l'étranger de quelqu'un. L'Union européenne hésite à prendre des mesures de rétorsion parce que la Suisse est un pays d'importations pour l'Europe et de peur de voir l'échange automatique d'information sur l'évasion fiscale remis en cause

 

Engager une contre-offensive

 

Les politiques libérales en Europe, poursuivies de gouvernements de droite en gouvernements sociaux-libéraux, continuent de provoquer chômage et pauvreté. C'est sur ces difficultés que s'ancrent la peur du lendemain et le désespoir.

 

De nombreuses personnes, du fait de cette situation, prêtent l'oreille aux discours politiques étroits et diviseurs de l’extrême droite populiste. L'actualité suisse c'est aussi une manifestation supplémentaire du "vent mauvais" qui souffle sur notre pays et sur l'Europe : remise en cause par l'extrême-droite et  des secteurs de droite des droits des femmes comme en Espagne, attaques à caractère sexiste et homophobe contre le Mariage pour tous, réhabilitation de l'antisémitisme, campagnes racistes sous couvert d'islamophobie, propos et actions discriminatoires envers les Roms... Nous n'acceptons pas de céder à cette offensive néo-pétainiste. Quand on est de gauche, on ne cède pas aux réacs. Nous voulons porter haut et fort les valeurs d'égalité des droits, de fraternité, de solidarité et de tolérance.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 07:37

C'est l'hypothèse qu'émettent des chercheurs américains. Cela pourrait expliquer les tempêtes répétées, déluges de pluie et canicules qui se multiplient. 

Coup de chaleur en Australie, sécheresse en Californie, pluies diluviennes au Royaume-Uni, tempêtes à répétition sur l'ouest de la France... L'hiver 2013-2014 est particulièrement mouvementé. 

Les climatologues se gardent d'attribuer ces phénomènes au changement climatique; ils ne tirent de conclusions que sur plusieurs décennies d'observations. Nénmoins, nous constatons que ce qui se passe ressemble à ce qu'ils ont prédit: le réchauffement s'accompagne d'une augmentation de la fréquence et de l'intensité des évènements extrêmes. 

L'explication se trouve peut-être au pôle Nord. Samedi, lors de la conférence annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science, qui se tenait à Chicago, des Américains ont présenté une étude sur les effets du réchauffement accéléré de l'Arctique. Ces dernières décennies, les températures y ont grimpé deux à trois fois plus vite que sur le reste du globe. 

Selon Jennifer Francis, professeur à l'université Rutgers (New Jersey), le réchauffement du pôle pourrait affecter durablement le jet stream polaire, courant atmosphérique d'altitude déterminant pour le climat en Amérique du Nord et en Europe. Ces vents qui soufflent d'ouest en est, "s'affaiblissent et ce courant tend, de ce fait, à s'élargir et à dévier plus facilement de sa trajectoire". Or, ajoute t-elle, "quand le jet stream s'affaiblit - ce qui a été le cas ces deux dernières décennies -, les phénomènes météorologiques ont tendance à durer plus longtemps".

Toutefois, les données de cette étude sont encore insuffisantes pour en tirer des conclusions définitives. Faut-il attendre d'avoir des certitudes pour agir? Certainement pas, estime John Kerry. Le secrétaire d'Etat américain, en tournée en Asie, a donné dimanche un coup de semonce. Devant des étudiants, à Jakarta (Indonésie), il a appelé la communauté internationale à se réveiller, qualifiant le réchauffement climatique "de plus grande arme de destruction massive". Si la tendance actuelle se poursuit, le niveau de la mer pourrait monter d'un mètre d'ici la fin du siècle.

"Un mètre suffirait à engloutir la moitié de Jakarta, a t-il prévenu. Un mètre déplacerait des centaines de millions de personnes à travers le monde et coûterait des milliards (de dollars) à l'activité économique".  

Serge Poirot (Ouest-France).   

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 08:06

Des prisons à 16 euros la nuit (Politis)

Accord calamiteux, conclu aux Pays-Bas, entre les libéraux et les travaillistes au pouvoir: le ministère de la Justice néérlandais a annoncé, lundi 13 janvier, son intention d'imposer aux détenus des frais d'incarcération à hauteur de 16 euros par nuitée, pendant au maximum deux ans. La mesure devrait toucher également les parents de mineurs incarcérés. A raison de 16 euros la nuit, voilà qui coûterait 11680 euros sur deux années! Selon le porte-parole du ministère, Wiebe Alkema, l'Etat dépense 250 euros par jour pour chaque détenu. C'est beaucoup trop pour un pays qui compte 12000 prisonniers. Une autre proposition de loi entend faire participer les condamnés aux frais d'enquête dont ils ont été l'objet. But de l'opération, récolter 65 millions d'euros par an. Quoique contraire à la législation européenne, si elle est adoptée par le Parlement, la loi pourrait entrer en vigueur en janvier 2015. Les détenus ont donc un an pour épargner dans un pays qui a conservé le sens du commerce cynique.  

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 06:57

Article de Ouest France, lundi 13 janvier

Alors que le gouvernement britannique coupe les aides sociales, un programme de téléréalité accable les allocataires. 

Prenez une ville où le taux de chômage culmine à 16,5% -Birmingham- et les habitants d'une rue prêts à confier leur galère quotidienne pour passer à la télé. Ajoutez-y une maison de production à l'affût d'une belle audience et vous avez votre émission à scandale: Benefits Street (Rue des allocations sociales), diffusée depuis le 8 janvier sur la chaîne privée Channel 4. Sept millions de spectateurs ont suivi le premier épisode. 

On y voyait un couple confesser, en riant, avoir été pris en flagrant délit de frauder le système des allocations sociales. Ou un voleur expliquer comment dérober des vêtements dans les magasins. En revanche, les habitants de Turner Street (le vrai nom de la rue) qui ont un travail n'apparaissent pas dans l'émission. Le programme a suscité un déferlement de haine sur Twitter. Mais aussi une forte indignation: plus de 20000 personnes écoeurées par l'émission ont signé une pétition exigeant son interruption. Les protagonistes, eux, se disent trahis...

Drôle de climat. Alors que le gouvernement a engagé une vaste réforme de l'Etat providence, des tabloïds jettent en pâture les noms de fraudeurs présumés. Le ministre des Finances, Georges Osborne, vient d'annoncer une baisse colossale des aides sociales: 14,5 milliards d'euros, entre 2015 et 2017. "Où est la justice pour le travailleur qui s'en va au travail tôt le matin et voit les rideaux fermés de son voisin qui se la coule douce grâce aux allocations?" a t-il lancé en octobre. 

 

Salauds de pauvres !!! 


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