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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 05:44

 

Alors que se sont tenues les assises communistes de l’écologie les 4 et 5 mai dernier, dans le cadre de la préparation du congrès extraordinaire du PCF, Hervé Bramy, membre du conseil national chargé de l’écologie, nous présente les enjeux de cette initiative et plus largement, sa réflexion à propos de la place de l’écologie dans le projet communiste.

 

 

Congrès extraordinaire, des assises communistes de l’écologie. De quoi s’agit-il au juste ?
Deux aspects justifient le choix d’organiser un congrès extraordinaire en novembre : la situation politique à l’issue du cycle électoral 2017 et le souhait d’approfondir des sujets jugés prioritaires par les adhérentes et les adhérents dont les enjeux environnementaux et écologiques. Une très forte demande s’est exprimée sur ces thèmes. La décision d’inscrire l’organisation d’assises communistes de l’écologie doit donc conforter la place majeure de cet enjeu dans la visée communiste du XXIe siècle. Ces assises seront articulées autour de trois séquences : un « grand débat » pour préciser et actualiser, si nécessaire, nos partis pris écologiques ; approfondir, sous la forme d’ateliers ouverts sur sept questions d’urgence, nos positionnements ; favoriser le déploiement « décomplexé » des communistes sur le terrain des luttes environnementales. Le lancement de la campagne nationale contre la privatisation des barrages hydrauliques et l’organisation d’une chaîne humaine sur le barrage du Sautet en Isère, le 8 avril dernier, en est un exemple concret.

« La lutte de classe frappe à la porte de l’écologie. »

 

Est-ce le signe d’une prise en compte nouvelle des questions écologiques par les communistes ?

Je ne dirais pas les choses ainsi. Lors des derniers congrès, nos textes d’orientation ont largement intégré cet enjeu, mais, aujourd’hui, les communistes aspirent à ce que l’écologie devienne un marqueur, à part entière, du projet communiste du XXIe siècle. De très nombreux adhérents et adhérentes se sont engagés de longue date sur le terrain environnemental, souvent avec d’autres, sans être forcément à l’initiative. Là où ils et elles vivent, là où ils et elles travaillent, au cours de leurs voyages, les communistes constatent les dégradations faites à la nature, à la planète et en perçoivent les conséquences : perte de biodiversité, changements climatiques, pollutions, obsolescence programmée, scandales alimentaires, accidents industriels, ainsi que leur incidence sur la santé humaine et la faiblesse des moyens pour la recherche… Les communistes sont comme tous les citoyens, ils et elles formulent leur crainte d’un monde de moins en moins vivable, si rien n’est fait du point de vue des transformations nécessaires de la société. C’est aussi un monde où chacun n’a pas les mêmes moyens de s’en sortir. Aux inégalités sociales s’ajoutent les inégalités environnementales. La lutte de classe frappe à la porte de l’écologie. Le système dominant est mis en cause. On peut dire que les communistes participent, à leur façon, de la conscience écologique mondiale.

 

Quel sens donnez-vous au mot écologie ? Est-ce une science ? Une doctrine politique ? Un champ de lutte ?

Les trois à la fois. L’écologie est une science, certes jeune, mais une science à part entière. Par exemple, dans le domaine de la biodiversité, les écologues (les chercheurs spécialistes de l’écologie) observent les êtres vivants et leurs écosystèmes, recensent les espèces et en découvrent de nouvelles (de l’ordre de 20 000 par an), lancent des alertes toujours plus pressantes et formulent des préconisations. Je pense également au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) au sein duquel des milliers de scientifiques collaborent. Nombre de scientifiques, de toutes disciplines, conviennent que nous sommes entrés dans une nouvelle époque, celle de l’anthropocène, c’est-à-dire celle « où l’homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète » (Catherine Jeandel).

« La préservation du climat est la mère de toutes les batailles. »

Chacun pressent bien que l’avenir de l’humanité se joue, en très grande partie, sur le rapport activités humaines/nature. Par leur comportement court-termiste, le capitalisme et ses promoteurs exploitent et dégradent, dans un même mouvement, les conditions de vie des êtres humains et la nature. Depuis les années 1970, les citoyens ont investi le champ politique environnemental : création d’associations les plus diverses ou bien de formations politiques. Ces dernières satisfont, en priorité, les couches intermédiaires de la société. Depuis, les partis politiques « historiques » ont tous, peu ou prou, intégré cette problématique. De façon majeure à gauche – devenant ainsi un axe central de réflexion sur la société – mais également à droite, voire à l’extrême droite, de façon nettement moins structurante et plus éparpillée. Aujourd’hui, toutes les couches de la société, y compris les couches populaires, sont concernées par les périls que fait peser le capitalisme mondialisé et financiarisé. L’écologie politique a fait preuve de son utilité mais elle n’est l’apanage d’aucune formation en particulier. Pour ce qui nous concerne, nous prenons à cœur de combattre, avec la même force, les inégalités sociales et environnementales que subissent les familles des quartiers populaires. Dès lors, qui peut nier que l’écologie ne soit pas porteuse de sens politique ?
Face au mode d’exploitation libéral, l’écologie est devenue un terrain de luttes de classes considérable. Le mot d’ordre « agir local, penser global » concentre, à lui seul, toute l’étendue du défi à relever. C’est un combat de tous les instants pour que chacun d’entre nous accorde, le mieux possible, ses actes avec ses convictions. C’est surtout un combat collectif et de convergences solidaires afin d’imposer auprès des autorités les politiques publiques conformes aux préoccupations des peuples.

« Le climat est un commun au sens où cette ressource doit être gérée par la communauté humaine mondiale afin de pérenniser ses bienfaits pour le présent et le futur. »

Quel premier bilan tirez-vous de l’action de Nicolas Hulot au gouvernement ?

Ce qu’il pouvait redouter est en train de se produire. Son aura écologiste est malmenée et sans doute est-il pétri, dans son action quotidienne de ministre, de contradictions. Rester ou ne pas rester ? Telle est la question à laquelle il doit répondre en permanence car le bilan, au regard de ses convictions affichées, est faible. Comment peut-il en être autrement dans un gouvernement qui se dit, avant tout, pragmatique, ni de droite ni de gauche ? En réalité, il est de droite et de droite sous pression du Mouvement des entreprises de France (Medef) et des lobbies des grands groupes industriels et financiers. Le sentiment qui domine, c’est qu’il ne peut aller au bout de ses convictions, contraint à des reculs – comme pour les perturbateurs endocriniens, le glyphosate ou encore l’énergie… Jusqu’où peut-il aller sans manger totalement son chapeau au risque de nier ce qui a fait de lui un des hommes engagés le plus apprécié des citoyens ? Sa prise de position pour la réforme de la SNCF est en contradiction totale avec la lutte contre les dérèglements climatiques. Est-il seulement au gouvernement pour utiliser son prestige sur les sujets de l’écologie de proximité – questions qui font partie du champ d’action des communistes et de leurs élus – mais sans considérer les problèmes profonds ? Face à la technocratie libérale du gouvernement Macron, l’ambition des nécessaires réformes de progrès sociaux et écologiques n’a pas de place.

 

Comment analysez-vous la multiplication des zones à défendre (ZAD) ? Crise du modèle de développement ou crise démocratique ?

C’est peut-être aller un peu vite que de parler de multiplication des ZAD. Certes, c’est une des formes d’opposition nouvelles à des projets d’aménagement, qui se caractérise par l’occupation d’espaces qui leur sont dédiés. Ces opposants disent inventer des formes de vie alternatives au système. Les luttes des zadistes empruntent, il est vrai, des formes peu usuelles. Pour autant leurs motivations sont très diverses. Si je prends l’exemple de Notre-Dame-des-Landes, on peut effectivement considérer que leur lutte a contribué à l’abandon du projet. Cependant, on ne saurait leur attribuer la totalité de ce qu’ils considèrent comme une victoire. En tout état de cause, rien ne justifie leur évacuation par la force.
Alors crise de développement ? Crise d’un certain développement, c’est clair. À partir du moment où l’État a abandonné toute ambition d’être aménageur du territoire en laissant le marché et les grands groupes industriels et financiers agir à sa place, cela provoque des clashs. Il ne convient pas de décider d’en haut mais de faire partager, avec la population, les raisons et les buts d’un projet. Lorsque les intérêts privés s’en mêlent, tout prête à croire que les citoyens, les usagers et les contribuables seront les dindons de la farce. Le privé n’est pas philanthrope, malgré tous les efforts qu’il produit pour prouver sa bonne foi environnementale.

« L’heure est à bâtir un nouveau mode de développement, de production et de consommation, débarrassé des oripeaux du consumérisme, vanté par nos pervers et géniaux publicitaires, et du productivisme effréné qui nous conduit à l’abîme. »

Crise démocratique, c’est évident ! Réaliser des projets d’aménagement qui ne correspondent pas aux besoins avérés des populations est une gageure. C’est le cas en région parisienne avec le projet Europacity. Les populations directement concernées n’ont pas été associées. D’une manière générale, les procédures de consultation et de concertation sont devenues obsolètes. La codécision et la coconstruction sont complètement absentes. Or c’est cette voie qu’il faut favoriser. Pour cela, il est incontournable de revisiter l’ensemble des processus de décision et les procédures de réalisation.

 

Diriez-vous que le climat est un « commun » ?

La préservation du climat est la mère de toutes les batailles. Si, comme on le constate, la température de l’atmosphère continue de s’emballer, alors on peut craindre le pire pour l’humanité. Cet enjeu ne peut être laissé entre les mains des dirigeants de la planète, même de celles et de ceux les mieux intentionnés. La démonstration a été faite lors de la COP 21 à Paris. Les peuples doivent s’en mêler car c’est l’affaire de tous, du petit agriculteur des Andes comme du citoyen urbain en Europe… Le climat est un « commun » au sens où cette ressource doit être gérée par la communauté humaine mondiale afin de pérenniser ses bienfaits pour le présent et le futur. Les sociétés doivent se décarbonner, principalement leurs économies et leurs industries. Cela veut dire réduire de façon conséquente, et le plus rapidement possible, toutes les énergies carbonées (gaz, charbon, pétrole) et organiser des mix énergétiques composés de ressources les moins productrices de gaz à effet de serre. Développer également le rail au détriment du camion ou du bus, rénover thermiquement les logements, penser un mode agricole économe en intrants chimiques… tout cela peut prendre du temps. C’est pourquoi il n’y a plus de temps à perdre pour décider en relation permanente avec les citoyens.

 

Comment relever les défis écologiques dans un monde dominé par le capitalisme financier et rythmé par la recherche de rentabilité immédiate ?

Le droit au développement reste une exigence moderne. Toutefois, celui-ci doit s’envisager avec la contrainte des limites de la planète et surtout accorder la priorité à l’humain. Face à sa propre crise, le capitalisme vend au peuple son système économique dit « vert ». Or les tenants du libéralisme, en récupérant le concept de développement durable, sont à mille lieues des urgences humaines, sociales et environnementales. En aucun cas, le profit ne peut être le but à atteindre. Aux critères du CAC 40 nous préférons nous doter d’indices de développement humains (IDH) qui mesurent le niveau de santé, d’éducation et de culture, bref le bien-être des femmes, des hommes et des enfants. L’heure est à bâtir un nouveau mode de développement, de production et de consommation, débarrassé des oripeaux du consumérisme, vanté par nos pervers et géniaux publicitaires, et du productivisme effréné qui nous conduit à l’abîme. C’est pourquoi nous faisons nôtre le concept de « développement humain durable ». C’est ce qu’il faut construire, au jour le jour, dans les consciences, dans les luttes et les rassemblements, jusqu’à rendre incompatibles les logiques libérales et financières et ainsi imposer d’autres modes de vie respectueux des êtres humains et de la planète.

• Cause commune n° 5 - mai/juin 2018

 

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 23:47

 

La semaine dernière, des communistes parisiens ont emmené en Normandie plusieurs familles. L’occasion pour parents et enfants de revenir la tête pleine de souvenirs.

«Maman quand on sera à la mer, on sera toujours en France ? » Petite leçon de géographie dans le car qui emmène des familles parisiennes à Dives-sur-Mer, en Normandie, pour la journée. La semaine dernière, des sections du PCF de la capitale ont organisé le départ d’une trentaine de familles. Cette initiative renoue avec une tradition ancienne qui, à Paris, avait été mise entre parenthèses pendant dix ans.

Pour certains enfants, ce sera leur seule journée de vacances estivales loin de Paris. « Le petit est surexcité depuis une semaine », raconte Martine Fitoussi, sa maman. Le petit, c’est Limaniya, 3 ans, qui guette les vaches à travers la fenêtre pour patienter. Ce qu’il attend, lui, c’est de voir des crabes. Pour Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe des élus communistes au Conseil de Paris, cette possibilité de se dépayser et de se réunir en famille pour un agréable moment a une véritable dimension politique. Il s’agit de « recréer du lien social et familial pour des parents qui travaillent beaucoup », estime l’élu. C’est le cas de Martine, directrice artistique, qui a six garçons. Elle a pris une journée de congé pour « souffler un peu » avec ses enfants.

L’objectif est aussi de renforcer la solidarité alors que les phénomènes d’exclusion se multiplient, explique Nicolas Bonnet ­Oulaldj, faisant le parallèle avec les permanences qu’assurent les élus communistes dans leur quartier, pour aider les habitants dans leurs démarches administratives (impôts, places en crèche…). C’est d’ailleurs grâce à l’une de ces permanences que la plupart des vacanciers d’un jour participent à l’initiative, comme Martine, qui y a rencontré l’élue du 4e arrondissement Évelyne Zarka. Celle-ci l’a aidée à trouver une place dans un institut pour handicapés pour son fils aîné. « Tout est plus simple avec l’appui d’un élu », souffle Martine.

« TOUT N’EST PAS QU’INDIVIDUALISME ET REPLI SUR SOI »

En somme, ces journées à la mer répondent à la « revendication politique d’avoir une vie digne, épanouie, le droit au bonheur », résume Thierry Aury, membre du conseil national du PCF en charge de ces actions de « solidarité concrète », qui entend voir ces rendez-vous se démultiplier. Car ce droit-là passe par le droit aux ­vacances, défendu historiquement par les communistes, rappelle-t-il. « Ces moments de partage sont du carburant pour l’action collective », s’enthousiasme le responsable de la fédération de l’Oise du PCF. « Ils montrent que tout n’est pas qu’individualisme et repli sur soi », ajoute-t-il, espérant que de telles actions permettent de démontrer que les discours politiques peuvent devenir réalité. Et les communistes parisiens ne sont pas les seuls à se lancer : ils seront des milliers, tout au long de l’été, à participer à ces journées (lire encadré).

Déjà sur la plage, Zyed et Aya, eux, profitent du soleil. Ce qu’ils préfèrent ? Se laisser porter par les vagues et mettre la tête sous l’eau. Pour la mère de Zyed, cette sortie est la bienvenue, car ils ne pourront pas partir en vacances cet été. Si, d’habitude, ils « rentrent au pays », cette année, ils restent à Paris pour cause de déménagement coûteux. Après s’être régalés de gâteaux faits maison, les enfants vont nager malgré le vent qui souffle fort. Et, avant de repartir, tout le monde dit au revoir à la mer. Une maman rassure son fils : « Ce qui est bien dans le mot au revoir, c’est qu’il y a revoir dedans. On essaiera de retourner à la plage cet été, même si je n’ai aucune idée de comment on va faire… »

Du nord à la loire-atlantique, les rendez-vous se multiplient

Les cars parisiens ne seront pas les seuls à prendre la direction de la plage cet été. Dès samedi, les militants communistes de Seine-Saint-Denis emmèneront près de 1 200 habitants à Ouistreham (Calvados) pour, le temps d’une journée de vacances, faire vivre « ce droit essentiel à l’épanouissement ». Une initiative restée tradition dans l’Oise où, le 18 août, les bus du PCF gagneront les plages de Dieppe (Seine-Maritime). Face aux « nombreux coups portés par le président Macron aux familles et aux retraités », les militants du Nord, comme depuis près de trente ans, iront eux une nouvelle fois à Malo-les-Bains le 28 août avec des milliers de personnes (4 000 l’an dernier). En Loire-Atlantique, en revanche, le PCF s’essaiera pour la première fois le 21 août à l’organisation d’une telle journée « rebelle et solidaire », avec visite de château en prime…

Mathilde Picard

 

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 05:47

 

La semaine dernière, des communistes parisiens ont emmené en Normandie plusieurs familles. L’occasion pour parents et enfants de revenir la tête pleine de souvenirs.

«Maman quand on sera à la mer, on sera toujours en France ? » Petite leçon de géographie dans le car qui emmène des familles parisiennes à Dives-sur-Mer, en Normandie, pour la journée. La semaine dernière, des sections du PCF de la capitale ont organisé le départ d’une trentaine de familles. Cette initiative renoue avec une tradition ancienne qui, à Paris, avait été mise entre parenthèses pendant dix ans.

Pour certains enfants, ce sera leur seule journée de vacances estivales loin de Paris. « Le petit est surexcité depuis une semaine », raconte Martine Fitoussi, sa maman. Le petit, c’est Limaniya, 3 ans, qui guette les vaches à travers la fenêtre pour patienter. Ce qu’il attend, lui, c’est de voir des crabes. Pour Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe des élus communistes au Conseil de Paris, cette possibilité de se dépayser et de se réunir en famille pour un agréable moment a une véritable dimension politique. Il s’agit de « recréer du lien social et familial pour des parents qui travaillent beaucoup », estime l’élu. C’est le cas de Martine, directrice artistique, qui a six garçons. Elle a pris une journée de congé pour « souffler un peu » avec ses enfants.

L’objectif est aussi de renforcer la solidarité alors que les phénomènes d’exclusion se multiplient, explique Nicolas Bonnet ­Oulaldj, faisant le parallèle avec les permanences qu’assurent les élus communistes dans leur quartier, pour aider les habitants dans leurs démarches administratives (impôts, places en crèche…). C’est d’ailleurs grâce à l’une de ces permanences que la plupart des vacanciers d’un jour participent à l’initiative, comme Martine, qui y a rencontré l’élue du 4e arrondissement Évelyne Zarka. Celle-ci l’a aidée à trouver une place dans un institut pour handicapés pour son fils aîné. « Tout est plus simple avec l’appui d’un élu », souffle Martine.

« TOUT N’EST PAS QU’INDIVIDUALISME ET REPLI SUR SOI »

En somme, ces journées à la mer répondent à la « revendication politique d’avoir une vie digne, épanouie, le droit au bonheur », résume Thierry Aury, membre du conseil national du PCF en charge de ces actions de « solidarité concrète », qui entend voir ces rendez-vous se démultiplier. Car ce droit-là passe par le droit aux ­vacances, défendu historiquement par les communistes, rappelle-t-il. « Ces moments de partage sont du carburant pour l’action collective », s’enthousiasme le responsable de la fédération de l’Oise du PCF. « Ils montrent que tout n’est pas qu’individualisme et repli sur soi », ajoute-t-il, espérant que de telles actions permettent de démontrer que les discours politiques peuvent devenir réalité. Et les communistes parisiens ne sont pas les seuls à se lancer : ils seront des milliers, tout au long de l’été, à participer à ces journées (lire encadré).

Déjà sur la plage, Zyed et Aya, eux, profitent du soleil. Ce qu’ils préfèrent ? Se laisser porter par les vagues et mettre la tête sous l’eau. Pour la mère de Zyed, cette sortie est la bienvenue, car ils ne pourront pas partir en vacances cet été. Si, d’habitude, ils « rentrent au pays », cette année, ils restent à Paris pour cause de déménagement coûteux. Après s’être régalés de gâteaux faits maison, les enfants vont nager malgré le vent qui souffle fort. Et, avant de repartir, tout le monde dit au revoir à la mer. Une maman rassure son fils : « Ce qui est bien dans le mot au revoir, c’est qu’il y a revoir dedans. On essaiera de retourner à la plage cet été, même si je n’ai aucune idée de comment on va faire… »

Du nord à la loire-atlantique, les rendez-vous se multiplient

Les cars parisiens ne seront pas les seuls à prendre la direction de la plage cet été. Dès samedi, les militants communistes de Seine-Saint-Denis emmèneront près de 1 200 habitants à Ouistreham (Calvados) pour, le temps d’une journée de vacances, faire vivre « ce droit essentiel à l’épanouissement ». Une initiative restée tradition dans l’Oise où, le 18 août, les bus du PCF gagneront les plages de Dieppe (Seine-Maritime). Face aux « nombreux coups portés par le président Macron aux familles et aux retraités », les militants du Nord, comme depuis près de trente ans, iront eux une nouvelle fois à Malo-les-Bains le 28 août avec des milliers de personnes (4 000 l’an dernier). En Loire-Atlantique, en revanche, le PCF s’essaiera pour la première fois le 21 août à l’organisation d’une telle journée « rebelle et solidaire », avec visite de château en prime…

Mathilde Picard

 

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 07:16

Au Jeu de paume, les parlementaires PCF ont fait hier le serment de lutter contre l’avènement d’une monarchie présidentielle et pour obtenir un référendum sur la réforme constitutionnelle qui arrive.

La ville de Versailles est chargée de symboles contradictoires. Celui de Louis XIV et de la monarchie absolue d’un côté. Celui du serment du Jeu de paume de 1789 de l’autre, prélude à la Révolution française et à la création d’une République. Nulle surprise, dès lors, que Versailles soit depuis au cœur d’un bras de fer entre ceux qui veulent s’accaparer le pouvoir et ceux qui souhaitent l’exercer collectivement et démocratiquement. Hier, les parlementaires communistes ont très clairement fait le choix de cette seconde option face aux appétits illimités d’Emmanuel Macron. Deux heures avant le discours du président de la République devant le Congrès réuni à Versailles, ils ont pris la parole devant la salle du Jeu de paume, afin de dénoncer le « danger historique » que représente le projet de réforme constitutionnelle, voulu par l’exécutif, qui sera examiné dès aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

« LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE VEUT S’ATTAQUER FRONTALEMENT À LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE »

 

 « N’oublions pas que le serment de 1789 avait deux objectifs : affirmation de la souveraineté populaire et reconnaissance de la séparation des pouvoirs. Aujourd’hui, nous sommes dans un mouvement de l’histoire inverse. Le président de la République veut s’attaquer frontalement à la souveraineté populaire, affaiblir le pouvoir législatif et porter un coup à la séparation des pouvoirs », s’est alarmé André Chassaigne dans une rue bouchée par la foule rassemblée. Devant l’édifice historique orné de plaques commémoratives dédiées aux révolutionnaires qu’étaient Sieyès, Mirabeau, Robespierre ou encore l’abbé Grégoire, le président du groupe GDR à l’Assemblée nationale a martelé la volonté des parlementaires PCF de se « battre sans concession » contre la réforme antidémocratique de Macron, « y compris dans l’hémicycle de Versailles ».

Alors que des drapeaux rouges prenaient l’air, et que l’affiche du PCF caricaturant Macron en « méprisant de la République » était collée aux murs, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a pris la parole. « Nous sommes ici pour exiger que le peuple soit consulté sur cette réforme. (…) Nous n’acceptons pas la loi du prince. Nous nous engageons à nous battre dans les mois qui viennent pour obtenir un référendum. Nous allons engager une immense bataille. Nous pétitionnerons dans tout le pays jusqu’à obtenir satisfaction », a tonné le sénateur de Paris, refusant que la réécriture de la Constitution se fasse en catimini, au cœur de l’été, sans débat démocratique, populaire et citoyen éclairé, et avec pour objectif de « transformer le Parlement en chambre d’enregistrement » aux ordres d’un seul homme, comme c’était le cas avant la Révolution française.

Face à un chef d’État qui veut réduire d’un tiers le nombre de parlementaires, ce qui ferait de la France le pays d’Europe le moins bien représenté par habitant, face à un gouvernement qui veut grandement amputer le droit d’amendement et la capacité des parlementaires à écrire la loi, et face à une majorité LaREM qui applaudit à tout rompre un président décidé à la bâillonner, les parlementaires PCF ont hier prêté un nouveau serment du Jeu de paume, lu par la présidente du groupe CRCE au Sénat. « Nous voulons une autre réforme de la Constitution, un processus démocratique constituant pour une nouvelle République, pour des droits nouveaux dans toute la société et à l’entreprise », a déclaré Éliane Assassi. Enfin, face à la révision « profondément dangereuse » qui se profile, les parlementaires PCF appellent à signer en ligne une pétition à cette adresse : www.stopmonarchiemacron.fr.

 

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 05:46

D'après l'oeuvre de Bashung/Roussel, Résident de la République

Mix et voix : Matthias Glenn

Paroles : PCF

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 07:09
Congrès de Versailles - Les parlementaires communistes vont démontrer l’acte de démolition du socle social de Macron (André Chassaigne, France Info - 9 juillet 2018)

Congrès de Versailles

Les parlementaires communistes vont "démontrer l’acte de démolition du socle social" de Macron

 

Les députés et sénateurs communistes ne boycotteront pas le discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles cet après-midi.

Ils iront pour "démonter le discours du président de la République", montrer "à quel point sa première année de pouvoir est une entreprise de démolition" et dénoncer l’"hyper-présidentialisation", selon André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, invité dimanche 8 juillet de franceinfo.

franceinfo : Vous allez participer au Congrès, mais avant vous aller prêter un "nouveau serment du Jeu de Paume". Pourquoi ?

André Chassaigne  : L’idée pour nous, avec ce serment du Jeu de Paume, c’est de montrer notre détermination à lutter contre cette réforme constitutionnelle qui, à notre avis, est le fruit d’une volonté du président de la République d’aller vers plus de puissance, une hyper-présidentialisation, et qui s’accompagne d’une réduction du pouvoir des députés. La seconde chose dans ce serment, c’est de dire que nous allons lutter jusqu’au bout pour que la réforme institutionnelle soit soumise au référendum, parce que c’est aux citoyennes et aux citoyens de dire s’ils sont d’accord ou pas avec ces importantes évolutions de notre Constitution. (…)

On plaide d’abord pour un référendum à la suite du combat que l’on va conduire au Sénat et à l’Assemblée nationale. Mais je crois que c’est important, une réforme constitutionnelle. Et celle-ci est une marche de plus vers une hyper-présidentialisation, donc il faut que ce soit les Françaises et les Français qui puissent s’exprimer sur ce texte constitutionnel qui va changer leur vie. Y compris, quand on voit la limitation du nombre de députés à 30%, à priori c’est bien reçu par les populations, mais je crois qu’il faut leur expliquer. Ce sont des conséquences vraiment concrètes, palpables qu’il y aura sur la défense de leurs intérêts.

78 députés Les Républicains signent une tribune dans le "Journal du Dimanche" pour dénoncer la "Constitution Macron" qui vise la "démolition" de l’Assemblée nationale. Vous partagez donc leur position ?

Sur ce point, oui, effectivement. Parce que la réalité c’est qu’il s’agit d’amoindrir la fonction législative. Je peux vous donner un exemple : le droit d’amendement, qui nous permet de porter la parole populaire, va être limité dans la mesure où il faudra que l’amendement soit en lien direct avec le texte, or on sait bien que les débats dans l’Assemblée nationale consistent, en ce qui nous concerne tout au moins, à relayer la parole populaire, les revendications populaires, à faire remonter les besoins des populations. Et là, on va être verrouillés par rapport à ça, on serait là en quelques sortes uniquement pour travailler sur des textes précis qui sont portés par le gouvernement. C’est au final éroder le rôle même, la substance même du travail parlementaire.

Que pensez-vous de cet exercice, qui fait que le président s’exprime devant vous sans que vous ne puissiez lui répondre ni l’interpeller ?

Je ne pense pas qu’il soit décalé, vieillot ou hors sol. Je pense que c’est au contraire de la part du président de la République une volonté d’affirmer un pouvoir présidentiel extrêmement fort, en quelque sorte. Il vient dicter sa feuille de route aux parlementaires. C’est la raison pour laquelle nous avons hésité avant de participer à ce Congrès. Nous avons quand même pris la décision de le faire pour porter une parole qui consistera à démonter le discours du président de la République et aussi montrera à quel point sa première année de pouvoir est une entreprise de démolition, notamment de notre socle social. On a pensé qu’il était préférable de porter la parole, plutôt que d’être absent. C’est vrai que l’an dernier, de façon très symbolique, nous n’avions pas participé à ce rassemblement qui est organisé à Versailles par le président de la République, mais on a fait ce choix-là cette année.

André Chassaigne

André Chassaigne

Que pensez-vous de cet exercice, qui fait que le président s’exprime devant vous sans que vous ne puissiez lui répondre ni l’interpeller ?

Je ne pense pas qu’il soit décalé, vieillot ou hors sol. Je pense que c’est au contraire de la part du président de la République une volonté d’affirmer un pouvoir présidentiel extrêmement fort, en quelque sorte. Il vient dicter sa feuille de route aux parlementaires. C’est la raison pour laquelle nous avons hésité avant de participer à ce Congrès. Nous avons quand même pris la décision de le faire pour porter une parole qui consistera à démonter le discours du président de la République et aussi montrera à quel point sa première année de pouvoir est une entreprise de démolition, notamment de notre socle social. On a pensé qu’il était préférable de porter la parole, plutôt que d’être absent. C’est vrai que l’an dernier, de façon très symbolique, nous n’avions pas participé à ce rassemblement qui est organisé à Versailles par le président de la République, mais on a fait ce choix-là cette année. Quant au déjeuner, auquel nous serons absents, c’est tout simplement que nous avons, à l’heure du déjeuner, notre serment du Jeu de Paume renouvelé. Mais pour nous ça n’a pas une dimension extrême de ne pas participer à ce déjeuner. D’ailleurs moi je n’ai absolument pas communiqué sur mon absence à ce déjeuner.

Prise de parole d'André Chassaigne et des Parlementaires communistes à Versailles, 9 juillet 2018 - photo Igor Zamichéi

Prise de parole d'André Chassaigne et des Parlementaires communistes à Versailles, 9 juillet 2018 - photo Igor Zamichéi

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 15:06
Les fêtes d'été du Travailleur Bigouden 2018 organisées par la section PCF : le vendredi 13 juillet sur le port du Guilvinec, le samedi 21 juillet au port de Lesconil, le vendredi 17 août à Loctudy

FETES D’ETE DU TRAVAILLEUR BIGOUDEN 2018

Nos fêtes d’été se dérouleront cette année aux dates et lieux ci-après :

vendredi 13 juillet 2018                           LE GUILVINEC     (parking du Port)

samedi 21 juillet 2018                             LESCONIL            (Terre-plein du Port)

vendredi 17 août 2018                            LOCTUDY            (entrée du Port)

en présence d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Les fêtes d'été du Travailleur Bigouden 2018 organisées par la section PCF : le vendredi 13 juillet sur le port du Guilvinec, le samedi 21 juillet au port de Lesconil, le vendredi 17 août à Loctudy
Les fêtes d'été du Travailleur Bigouden 2018 organisées par la section PCF : le vendredi 13 juillet sur le port du Guilvinec, le samedi 21 juillet au port de Lesconil, le vendredi 17 août à Loctudy
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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 05:57

 

Le 9 juillet, le président de la République, Emmanuel Macron, convoque une nouvelle fois les parlementaires en Congrès au château de Versailles. Le Président des riches agit de plus en plus comme un monarque au dessus du peuple, attendant du Parlement qu’il se contente d’exécuter ses directives politiques.

Ce jour là, Emmanuel Macron lancera une inquiétante révision de la Constitution et des lois organisant les institutions de la République, dont l’examen débutera dès le lendemain en séance à l’Assemblée nationale. Le projet présidentiel vise à concentrer davantage les pouvoirs, à en éloigner encore plus les citoyens, à réduire le rôle du Parlement et le pluralisme de sa composition. Nous alertons. Notre démocratie se porte mal. Avec ce projet, tout va s’aggraver.

 

Nous, député-es, sénatrices et sénateurs communistes, dénonçons ce projet et la méthode qui consiste à le faire adopter dès cet été, sans débat public dans le pays, sans consulter nos concitoyens, alors qu’ il s’agit d’un bouleversement majeur de nos institutions et de la Constitution.

 

Nous nous engageons à combattre ce projet dangereux pour la démocratie en faisant éclater la vérité sur son véritable contenu, à agir, propositions à l’appui, pour une nouvelle République, à exiger la consultation par référendum de notre peuple à l’issue du débat parlementaire, comme le permet l’article 89 de la Constitution.

 

Le 9 juillet, avant l’ouverture de la réunion du Congrès, nous nous rassemblerons à 13h devant la salle du Jeu du paume à Versailles, pour prêter publiquement serment et fidélité à ces engagements, au respect de la souveraineté populaire, pour lancer le débat public dans le pays et une campagne nationale de pétition exigeant le référendum auquel les Français et les Français ont droit. Nous appelons les élus qui partagent nos convictions et ces exigences démocratiques à se joindre à nous le 9 juillet devant la salle du jeu de Paume.

 

Le monarque Macron n’aura pas la dernier mot ! Mobilisation citoyenne !

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 05:55
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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 06:46
Le PCF mise sur Brossat (Le Nouvel Observateur, 5 juillet 2018)
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