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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 14:13

L'HUMANITE

Lundi 17 juillet

AURÉLIEN SOUCHEYRE

 

Le gouvernement a annoncé, hier, que les collectivités locales devront baisser leurs dépenses de 13 milliards d'euros sur cinq ans, et non de 10 milliards comme initialement promis par Emmanuel Macron.

 

L'art de dire une chose et de faire l'inverse. Emmanuel Macron, hier lors de la conférence nationale des territoires, a annoncé qu'il n'y aura pas de baisse de la dotation générale de fonctionnement (DGF) pour les collectivités locales en 2018, tout en les « appelant » à réduire leurs dépenses de 13 milliards d'euros en un quinquennat. Drôle de démarche. C'est que le président de la République se souvient qu'il s'était fait huer devant l'Association des maires de France (AMF) pendant la campagne présidentielle, après avoir défendu une purge de 10 milliards d'euros dans le budget des collectivités, couplée à une suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des ménages. Malgré les sifflets, celui qui était encore candidat avait déjà testé une stratégie pour faire avaler la pilule. Afin d'éviter tout bras de fer avec les territoires, il entendait « associer » les collectivités aux décisions. « Ce qui va changer, c'est la méthode : on ne va pas baisser de façon unilatérale les dotations. Mais je vous demanderai un effort, une baisse des dépenses de fonctionnement. »

 

LE CHEF DE L'ÉTAT N'AVAIT QUE LE MOT « CONFIANCE » À LA BOUCHE

Et voilà comment ce qui est brutal devient doux. Pas besoin de soumettre les collectivités quand il suffit de leur « demander », en leur faisant croire qu'il n'y a là nulle « obligation ». Hier, le chef de l'État, qui n'avait que le mot « confiance » à la bouche, a donc « invité » les collectivités à un effort non pas de 10 mais de 13 milliards d'euros sur cinq ans, éreintant au passage son programme de campagne. Il a expliqué que cela ne serait pas « contraint », et qu'il s'agissait pour le gouvernement d'un « pari ». Mais attention, la « liberté » accordée a des limites. « Pour celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, il y aura un mécanisme de correction l'année suivante », a précisé le président. En somme, ceux qui ne feront pas les efforts attendus se les verront imposer.

« Tout cela, c'est un peu "coupez-vous les mains vous-même" », dénonce le sénateur communiste et président du conseil départemental du Val-de-Marne, Christian Favier, avant de s'inquiéter de l'ampleur des coupes programmées. « Les collectivités ont déjà très largement réduit leurs dépenses, avec 11,5 milliards d'euros de réduction de la DGF sous François Hollande.

Cette poursuite de l'austérité aura des impacts très négatifs. Les collectivités n'ont plus aucune marge de manoeuvre, si ce n'est de remettre en cause les services auprès des popula-

tions, ce qui n'est pas souhaitable », expose-t-il. Le président de l'AMF et sénateur LR François Baroin a lui aussi tancé ces annonces : « Nous nous sommes déjà beaucoup trop serré la ceinture. Là, je dis que trop, c'est trop ! »

Pêle-mêle, Emmanuel Macron a prôné un retour du RSA dans le giron de l'État, un gel des fermetures de classes, des « incitations et des contraintes » envers les opérateurs téléphoniques et numériques.

 

Il s'est aussi attaqué à la loi SRU et encore une fois à la taxe d'habitation, qu'il estime « injuste » et non réformable. Gérard Larcher, président LR du Sénat, s'en est fait devant lui le défenseur. « Nous ne saurions faire fi du principe d'autonomie financière, corollaire du principe de libre administration des communes », a-t-il argumenté, avant de défendre « l'impôt local, lien entre le citoyen contribuable et la collectivité dans laquelle il vit ». Debout au pupitre, devant un Emmanuel Macron assis en dessous de lui, Gérard Larcher a tonné que toute modification de cette taxe devra être accompagnée d'une « étude d'impact préalable solide, or nous n'en avons jamais » !

Défendant une enveloppe de 10 milliards d'euros d'aide à l'investissement pour les collectivités dociles, Macron, en bon bonapartiste, a aussi souhaité que les préfets puissent disposer « d'un pouvoir d'adaptation locale des règlements » et a annoncé la réduction du nombre d'élus locaux. Garant de la « liberté » des collectivités tout en leur supprimant des moyens, il n'a cessé de souligner son objectif « d'égalité des chances pour les territoires » et d'adaptation « aux réalités locales ». « Au fond, Macron pense que l'on ne peut plus traiter de manière uniforme l'ensemble du pays. Or, on vit dans une République dont l'objectif n'est pas l'égalité des chances mais l'égalité des citoyens », mesure Christian Favier.

 

 

 

 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix
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