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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 08:04

 Dans une compétition électorale il y a des concurrents et des adversaires. Certains ont du mal à faire la différence.

 

Qu’on en juge :

 

Le dimanche 18 mars à la Bastille 120 000 personnes venues de toute la France apportaient leur soutien au Front de Gauche et à son candidat Jean-Luc Mélenchon. Une démonstration tellement impressionnante que Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille, craignant sans doute l’ampleur que la déclinaison de cette manifestation pourrait prendre dans sa ville, décidait d’interdire le lieu prévu pour le rassemblement. Rien d’étonnant : il est de droite. Mais le 18, Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, puis le lendemain Eva Joly elle-même, se sentaient obligés de s’en prendre à la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

 

Le jeudi soir un sondage était rendu public. Il annonçait que le candidat du Front de Gauche prenait la 3ème place avec 14 % des intentions de vote. Doublant au passage François Bayrou et Marine Le Pen, pourtant chouchous des médias. Réagissant à cette information d’importance Michèle Rivasi, porte-parole d’Eva Joly se crut obligée d’en remettre une couche : « Jean-Luc Mélenchon fait une campagne absolument incroyable … Il est parfaitement à l’aise dans le rôle du chef, du monarque. Il fait d’ailleurs une campagne très Vème République ». Un comble lorsque l’on sait que tout notre combat vise au contraire à l’instauration d’une VIème République qui abolisse définitivement toute forme de pouvoir personnel.

 

Pourquoi faut-il que me reviennent en mémoire les municipales de Montreuil ? En 1998 on y vit en effet Dominique Voynet se maintenir au second tour face à la liste de gauche conduite par le député-maire apparenté communiste de la ville (Jean-Pierre Brard) pourtant arrivé en tête… et se faire élire au second tour grâce, entre autres, à l’appel d’un candidat centriste aux cantonales à voter contre la liste du maire sortant.

 

Lutter contre la domination sans partage de la finance ; prendre enfin en compte l’ampleur de la catastrophe écologique qui se prépare ; défendre les acquis sociaux remis en cause et en conquérir d’autres ; permettre à l’ensemble de la population de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours ; donner à la jeunesse tous les atouts pour maîtriser son avenir, lutter contre les atteintes aux libertés qui se préparent au nom de la sécurité, … Les combats où toutes les forces de gauche et la population peuvent se rassembler ne manquent pourtant pas.

 

C’est, loin des luttes de boutique, ce que le Front de Gauche entend promouvoir afin que triomphe.

 

l’Humain d’abord

 

Alain DAVID

 24.03.2012

 

PS: Pour étayer les remarques d'Alain David sur la radicalisation anti-Front de Gauche des Verts qui traduit la conscience que beaucoup d'écologistes désertent le navire conduit de manière si hasardeuse et opportuniste tout en étant arrimé au paquebot PS. Dans Le Télégramme du samedi 24 mars, Cécile Duflot est interrogée sur la concurrence entre EELV et Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche. Voici un extrait de l'entretien:

"- N'êtes-vous pas aujourd'hui en concurrence directe avec Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche?

On aurait pu l'être si Jean-Luc Mélenchon avait fait un choix différent que celui de remettre le rouge à la mode. Moi, je suis branchée sur le vert."      

 

Si on suit la secrétaire nationale d'EELV ce qui pose problème entre Jean-Luc Mélenchon et eux, c'est l'engagement trop à gauche de JL Mélenchon, son accord avec les communistes. Au moins les choses sont dites. Par contre, ce qui est inadmissible, c'est qu'on nous dénie toute légitimité dans le domaine de l'écologie, tout label vert, sous prétexte que nous sommes rouges et anti-libéraux, anti-capitalistes.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 22:15

Adresse de Pierre Laurent aux communistes : "Une nouvelle campagne démarre"

Il n’y aura pas de grand soir mais ce fut une journée magnifique que ce 18 mars, où les rues de Paris ont vibré pour redonner à toute la France l’oxygène qui lui manquait.

Le Front de gauche a créé l’événement. Qui imaginait, il y a quelques semaines en- core, une manifestation politique populaire et citoyenne aussi massive et aussi large dans cette campagne électorale conçue, dès l’origine, pour exclure toute parole populaire, tout engagement collectif, toute espérance de transformation sociale ?

Du jamais vu ! Toutes celles et tous ceux qui, par le moindre geste, ont contribué à cette réussite ont commencé ensemble à relever le défi que nous nous fixons dans cette présidentielle : permettre au peuple et à ses attentes de changement – pour décliner les paroles du chant « pas de sauveur suprême, ni dieu, ni César, ni tribun, décrétons le salut commun ! » – de s’imposer.

La Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir

Aux cris de « Vite, la 6e République », la Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir. Notre pays en a un immense besoin. Il souffre trop. Avec cette marche, redevient crédible l’idée que le monde du travail peut reprendre ses affaires en mains.
A droite, on avait tout prévu sauf l’insurrection démocratique, sauf ce moment de basculement où des centaines de milliers de Françaises et de Français, de femmes et d’hommes proclament : la politique c’est notre affaire, et payer pour les riches c’est fini. La mobilisation des communistes pour la réussite de cette journée exceptionnelle, joyeuse, combative, fraternelle, a été spectaculaire. C’est le fruit d’un travail militant que je veux saluer ici : le lancement à la Fête de l’Humanité, les 300 000 programmes L’humain d’abord diffusés depuis lors, les centaines d’assemblées citoyennes dans tout le pays, dans nos quartiers et aux portes des entreprises, les milliers de distributions et cette invite constante : « sans préalable d’aucune sorte, mêlez-vous-en ! »

En parcourant la place de la Nation avant le départ de la marche, j’ai pu rencontrer et féliciter nombre d’entre vous. Je profite de cette occasion pour le dire à toutes et à tous : ce travail patient, respectueux, inventif qui est le vôtre dans une campagne commune et collective est déterminant. C’est lui qui permet l’entrée en campagne à nos côtés de milliers de femmes et d’hommes engagés dans les combats sociaux, syndicaux, citoyens, associatifs dans le pays, qui n’ont plus le temps d’attendre et peuvent s’engager durablement dans la dynamique que le Front de gauche a fait naître. Cela donne aussi force et courage à ceux que vous avez investi de la responsabilité d’animer cette bataille, à Jean-Luc Mélenchon qui porte avec talent notre ambition commune, à moi-même, à nos candidates et candidats aux législatives que nous voulons voir nombreux en juin entrer à l’Assemblée nationale.

Le peuple est de retour, la gauche est de retour

La Bastille est le signe que nous avons déjà remporté une première victoire. Le peuple est de retour, la gauche est de retour.

Rien n’est acquis. La bataille va être encore rude dans les semaines à venir. Mais mesurons à sa juste valeur l’immense potentiel que nous ouvre le travail accompli.

Depuis dimanche, c’est une nouvelle campagne qui démarre. Des milliers de nos concitoyennes, de nos concitoyens impatients de se débarrasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique restent habités de doutes sur la portée de la victoire attendue : notre vie changera-t-elle vraiment ? Aujourd’hui, la campagne du Front de gauche modifie cette situation. La victoire peut être synonyme d’espoir. Le potentiel de mobilisation du Front de gauche est ainsi devenu le meilleur atout de la gauche pour gagner et pour, ensuite, réussir. Ne nous laissons pas impressionner. On nous parle de « vote utile » ? Quoi de plus utile que le travail entrepris par le Front de gauche, et le vote pour son candidat ?

Oui, il redevient possible, non seulement d’imaginer que ce sont là les derniers jours de la droite au pouvoir, mais aussi les temps premiers d’une renaissance démocratique et d’une politique de gauche dictée non par le consensus mais par la détermination à combattre la dictature de l’argent. Oui, il redevient possible d’envisager de reprendre la main sur les richesses du pays, sur le pouvoir économique et de le soumettre aux besoins humains et sociaux.

Oui, il redevient possible d’envisager à court et moyen terme l’inversion de l’ordre établi. La portée de ce que nous construisons va bien au-delà de l’échéance présidentielle qui en est la première étape décisive. Ce que nous visons, c’est la mise en mouvement de majorités d’idées et d’action, de majorités électorales et populaires, autour d’objectifs de changement clairs, de majorités agissantes décidées à « ne rien lâcher » tant que ces objectifs ne sont pas atteints.

Oui, ces majorités d’idées et d’action sont possibles si les forces populaires s’en mêlent. Oui, peut devenir majoritaire, contre les logiques austéritaires, l’exigence d’une relance de l’activité fondée sur l’augmentation des salaires, la revalorisation nette du Smic, des retraites, des pensions. Oui, peut devenir majoritaire la nécessaire reconquête de la retraite à 60 ans pour tous financée par la mise à contribution des revenus du capital et de la spéculation. Oui, peut devenir majoritaire la proposition de nationaliser les grandes banques et de fonder un pôle public bancaire et financier en changeant le rôle de la BCE. Oui, peut devenir majoritaire l’exigence de réinvestissement massif dans les services publics. Oui, peut devenir majoritaire l’idée que travailler, étudier, se loger, se nourrir, se soigner, se cultiver sont des droits fondamentaux qui doivent être garantis à tous en toutes circonstances. Oui, peut devenir majoritaire l’exigence d’une 6e République où la participation citoyenne aux décisions politiques et économiques du pays, de l’entreprise aux institutions, sera constante, où la démocratie réelle et permanente sera la garantie de la transformation sociale. Oui, peut devenir majoritaire le principe de refondation d’une Europe sociale, démocratique et écologique. Ce sont ces majorités d’idées, ces fronts de lutte qui constituent les conditions d’une politique de gauche.

Comment mener à bien et réussir cette immense tâche ?

D’abord, en poussant le plus haut possible le vote Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Des milliers d’électrices et d’électeurs peuvent en prendre conscience : s‘emparer de ce bulletin de vote est le meilleur moyen de construire une victoire solide et durable sur la droite et l’extrême droite, de rendre cette victoire utile à toutes celles et tous ceux qui ont le plus besoin de changement.

Ensuite, en s’engageant maintenant beaucoup plus fortement dans la campagne pour les élections législatives. La victoire présidentielle ne sera rien si elle n’est pas garantie par une majorité parlementaire capable de voter les lois d’un changement véritable, celles qui reprendront dans les actes les rênes du pouvoir aux marchés financiers. Notre campagne des législatives peut dès maintenant donner du sens et plus de force à la campagne présidentielle. Nos candidates et candidats doivent sans attendre faire relais avec la campagne de Jean- Luc Mélenchon pour inscrire sa portée dans la durée.

Enfin, en intensifiant partout le travail de rassemblement, d’assemblée citoyenne, de mise en débat et de mise en action qui permettra aux citoyens de porter ensemble les objectifs d’une politique de changement. Jusqu’où porter ces objectifs ? Je le répète, jusqu’à leur mise en œuvre effective. Jusqu’au gouvernement ? nous questionne- t-on. Nous n’en sommes pas là. Nous aurons à en décider, collectivement et souverainement, à l’issue de ces deux campagnes, présidentielle et législatives. Notre objectif est clair : modifier suffisamment la situation pour rendre un vrai changement possible.

Pas question d’aller gouverner si la rupture avec les politiques d’austérité n’est pas au rendez-vous. A écouter nos partenaires de gauche, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour y parvenir. Aurons-nous la force et le temps d’imposer de tels changements à gauche d’ici fin juin ? Nous y travaillons et nous aurons à apprécier, ensemble, ce que nous avons pu, ou pas, faire bouger et comment continuer. Le Front de gauche est en mouvement. La route est engagée. Elle est belle. Ensemble, nous sommes la gauche, le cœur battant de la gauche. L’esprit de conquête doit plus que jamais être notre boussole. Je compte sur vous.

 

Pierre Laurent

Secrétaire national du Parti communiste français, président du Conseil de campagne du Front de gauche.

N.B. : Reproduction de l'adresse aux communistes, parue dans CommunsiteS numéro 471, supplément à l'Humanité du mercredi 21 mars 2012

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 19:51

Pendant trop longtemps l’écologie a été bornée à quelques lignes dans les programmes politiques et à quelques mots dans les circulaires électorales.

Nous sommes tous redevables à ces militants associatifs et politiques dont l’action obstinée, souvent à contre-courant des discours dominants, a fini par mettre l’écologie au cœur du débat. J’en ai connus … et pas toujours bien traités.

Mais ces mérites ne justifient pas que certains puissent prétendre à être les seuls légitimes dans les combats d’aujourd’hui… ni détenteurs de toutes les vérités.

Au contraire, sur le terrain, nous avons pu constater qu’il est possible et fécond que, venant d’horizons différents, avec des histoires, des expériences et des cultures diverses, des gens se mettent ensemble pour agir… et réussir.

Au moment où l’importance des enjeux est telle - il s’agit non seulement d’améliorer la situation, mais de l’existence même qui est mise en jeu - ce rassemblement devient une nécessité vitale.

Le Front de Gauche,  dépassant parfois des « certitudes » anciennes, a pris en compte l’ampleur des problèmes auxquels il faut apporter une réponse urgente. C’est l’objectif de la planification écologique que nous mettons en débat à l’occasion des élections présidentielle et législatives et que défendront nos candidats.

Je ne développe pas, Franck Simonnet l’a très bien présenté dans le blog « le chiffon rouge ».

Rappelons seulement qu’elle présente nos propositions pour:

  • Une transition énergétique publique et démocratique

  • Une agriculture paysanne saine et source d’emploi

  • La création d’un service public de l’eau, bien commun de l’humanité

  • Une politique de la pêche garantissant la préservation et le renouvellement de la ressource halieutique

  • Des transports à faible émission de gaz à effet de serre et le développement des transports collectifs

  • Un soutien à l’économie sociale et solidaire, à l’habitat autogéré et coopératif

  • La favorisation de la relocalisation des activités ,des circuits courts de distribution

  • La création d’un fonds européen social, solidaire et écologique

Il est évident que de telles propositions devraient trouver un écho favorable dans les forces de gauche et particulièrement chez les écologistes. C’est pourquoi j’ai du mal à comprendre l’agressivité développée par EELV depuis quelques jours à l’encontre du Front de Gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon. Qu’on en juge : dimanche 18 mars, sur Europe 1, Cécile Duflot assénait cette pensée hautement politique « Jean-Luc Mélenchon fait la politique avec un rétroviseur ». Le même jour Jean Vincent Placé en remettait une couche « Je n’ai aucune sympathie particulière pour les thèmes de campagne portés par Jean-Luc Mélenchon ».

Le lendemain, sans doute agacée par les 120 000 participants de la Bastille, et on comprend que ça la fasse rêver, Eva Joly jugeait bon de faire bénéficier les lecteurs de Libération de sa haute réflexion : Jean-Luc Mélenchon représenterait « la gauche ancienne… qui ne regarde pas devant nous ».

Si les enjeux n’étaient pas si grands cette courte vue en serait presque risible. Quant à nous, qui n’avons pas échangé nos convictions contre un plat de lentilles, fussent-elles vertes ou bio, nous continuerons inlassablement à rechercher les convergences sur le terrain et dans les urnes pour qu’émerge enfin une société qui mette au premier rang de ses préoccupations

« L’Humain d’abord ».

 

Alain DAVID. 19.03.2012

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 17:36

 

 

Ce n'était pas encore une insurrection mais ce fut un raz-de-marée de compatriotes enthousiasmés par les perspectives de transformation de la société et de la République qu'offre le Front de Gauche !

120.000 personnes dans le cortège entre Nation et Bastille, et, à côté d'une foule de militants Front de Gauche gonflés à bloc (citoyens associés aux Assemblées citoyennes depuis des mois, communistes, membres du PG, de la Fase) venus de toute la France, un nombre incroyable de salariés, de jeunes et de moins jeunes, issus des quartiers populaires mais aussi de toutes catégories sociales, partis de la région parisienne pour faire de ce 18 mars historique le jour du retour de la Gauche populaire et sociale sur le devant de la scène en France.

Autant dire que ce fut pour nous un très grand moment de militantisme qui a permis de réaliser l'ampleur des exigences et de la confiance dans la possibilité du changement que parvient depuis des semaines à recréer le Front de Gauche, lancé à l'abordage des présidentielles par sa dynamique militante et citoyenne de terrain, et par le talent de Jean-Luc Mélenchon, la clarté, la rationalité et la radicalité concrète qui émane de notre programme partagé qu'il sait si bien mettre en valeur. Comme le dit Patrick-Appel Muller dans son éditorial d'aujourd'hui dans L'Humanité: "le Front de Gauche n'est plus la seule addition de ses partis fondateurs. Il n'est plus un noyau entouré d'un halo de sympathie. Il est devenu un mouvement populaire...".

La presse libérale sent le danger de ce retour du peuple de l'exigence sociale et des insurrections. Ainsi, en en-tête d'un article un peu plus honnête, Ouest-France titre "Mélenchon et 50000 camarades à la Bastille". Il n'y avait pas que des camarades militants à La Bastille, loin de là, et nous étions au moins 100.000. Cette falsification des faits est tout simple scandaleuse: un pur exercice de manipulation. Libération, après avoir s'être fendu d'un tire vendeur samedi "Les bataillons de Mélenchon" continue à personnaliser à l'extrême les enjeux de la montée en puissance du Front de Gauche  en titrant aujourd'hui "Mélenchon a fait sa place". En troisième page, le titre est "Mélenchon trône à la Bastille". Non, notre candidat qui veut abolir la monarchie quinquenale et retablir la souveraineté du peuple, des citoyens et du Parlement, ne trône pas, ne s'approprie pas une place...

De qui se moque Libération qui reprend le chiffre de 80000 manifestants proposé par Rue 89, en mettant en avant l'infime minorité de curieux présente dans le cortège qui aurait fait néanmoins le choix d'un pseudo-vote utile PS au premier tour?

Cela rassure ces gens-là, cela leur permet surtout d'allumer des contre-feux à notre élan de remobilisation d'une partie chaque jour grandissante du peuple de gauche déboussolé depuis des années, que de dire qu'il n'y là finalement qu'une dynamique électorale intéressante qui permettra de faire monter une personnalité politique, de la rendre plus influente, et de truster quelques places au soleil.

En témoigne la tonalité très politicienne de la chronique de Dominique Régnier ce matin sur France-Inter sur la supposée contradiction à l'intérieur du Front de Gauche entre les intérêts des communistes et de Mélenchon qui chercheraient selon eux, sinon à avoir des places au gouvernement, du moins à avoir des circonscriptions en comptant sur la bienveillance du PS et un accord plus ou moins formel pour nous les réserver, et l'intérêt du candidat Mélenchon aux présidentielles qui pourrait être d'insister sur les faiblesses de Hollande et de son projet tant la supériorité de son charisme et de sa force de conviction tendent maintenant à être très largement reconnues.

En témoigne aussi l'assaut de questions relevant du calcul tactique et du traquenard malveillant dont a été l'objet Pierre Laurent sur Radio France Politique hier soir. "Ne croyez-vous pas que ce succès du Front de Gauche avec Mélenchon comme porte-parole enterre le PCF? Ne commencez donc vous pas à négocier un accord avec le PS en vue des législatives, ou de l'après : participation gouvernementale, conditions d'un soutien à une législature?"

 Pierre Laurent a été assez clair: nous sommes et resterons jusqu'aux législatives en compétition et nous n'avons pas le même projet. Maintenant nous avons trois objectifs: débarasser le pays de Sarkozy, faire reculer l'extrême-droite, éviter la dérive centriste de la gauche et faire grandir la gauche de transformation sociale. Nous sommes en train de remplir ces trois objectifs et plus le Front de Gauche sera haut, plus on a aura de chance de bien les remplir. On ne sait pas jusqu'où va s'arrêter notre dynamique ascendante ni si elle va persister car l'élection présidentielle est rude et l'argument du vote utile et la bipolarisation de la vie politique sont des laminoirs pour l'alternative... Mais on ne s'interdira pas de monter, de se rapprocher du PS dans les intentions de vote, voire de le doubler car nous sommes dans une situation de concurrence saine, fondée sur une claire différence d'analyses et de projets qui n'exclut pas notre volonté commune de dégager cette droite infâme.

Après, comme le scénario le plus probable n'est pas que nous soyons au second tour, il faut s'arranger pour être en mesure d'influer le plus fortement possible sur une politique d'une majorité présidentielle PS pour l'orienter à gauche. Est-ce que le moyen le plus sûr pour le faire sera la participation gouvernementale ou la participation à une majorité parlementaire sous réserve d'adhésion à certaines conditions fondamentales? (par exemple: refus de l'austérité, retraite à 60 ans...)?¨Pierre Laurent ne l'a pas exclu catégoriquement hier mais n'a pas dit non plus que ces solutions avaient sa préférence.  Pour ma part, je pense que même si c'est loin d'être le scénario le plus probable, car ce PS risque plutôt de chercher une alliance au centre pour mener une politique de rigueur faute de remettre en cause les conditions structurelles de la domination des marchés et de la finance, il ne faut pas exclure par avance la possibilité que les socialistes, confrontés à un rapport de force extrêmement dangereux pour eux, cèdent à certaines revendications fondamentales du Front de Gauche, mais je ne crois pas qu'une participation gouvernementale ou un ralliement parlementaire qui ne sont pas à l'ordre du jour soient nécessaires et particulièrement utiles pour cela.  

Par ailleurs, le projet actuel de Hollande et du PS et tout ce qui l'oppose au programme partagé du Front de Gauche rendent à mon avis injustifiables et dangereuses pour l'avenir, pour l'unité et la capacité à grandir encore du Front de Gauche, toute alliance gouvernementale ou parlementaire avec les socialistes. Il faut privilégier la montée en puissance de cette fragile nouvelle gauche citoyenne de transformation sociale en voie d'invention appelée je l'espère à prendre l'ascendant un jour ou l'autre sur les socio-libéraux aux tentations d'agir de l'intérieur dans les ministères, car on voit qu'elles ne nous ont pas globalement servi, au PCF, ni non plus forcément au pays sur le moyen terme, dans les épisodes d'union de la gauche au pouvoir en 1981-1984 et 1997-2002.

De toute façon, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ont été clairs depuis le début en disant qu'ils ne soutiendraient pas un gouvernement qui s'astreindrait à l'austérité, renoncerait à lutter contre la précarité, la domination de la finance et à proposer des progrès sociaux significatifs dans les services publics, la protection sociale, les droits des salariés, la préservation de l'environnement, après des années de casse sociale de la droite. En réalité, je crois que ces soudaines interrogations sur l'après-juin 2012 du Front de Gauche lancées par les médias visent surtout à faire artificiellement et tout aussitôt dégénérer la mystique en politique et à dégoûter les citoyens qui reviennent à la politique et qui croient sincèrement en la volonté de changer réellement les choses du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon que tout cela n'est qu'un produit de combinaisons partisanes, de calculs d'appareil et d'intérêts pour préserver des positions, se faire des meilleures situations, renforcer les appareils. 

Ces débats aujourd'hui sont une manoeuvre pour nous désingulariser, ramener la nouveauté riche d'espoirs qui germent extrêment vite à la médiocrité commune, nous enliser dans le même discrédit pour la politique politicienne des intérêts et des petits arrangements entre amis dont souffre aujourd'hui EELV après son accord électoral sur des bases programmatiques incohérentes et de renoncement avec les socialistes.

Quel plus grand démenti à ces insinuations que l'ambition de refondation globale de la démocratie sur les bases de l'égalité, de la liberté, de la fraternité, proposée par notre candidat dans son court mais dense discours de 25 mn habité par l'émotion de voir à nouveau le peuple français se mettre en marche pour l'émancipation et la fin des privilèges!  

 

Quelques chansons qui prolongent l'ambiance festive et révoltée de la Bastille, communiquées par Jean-Marc Nayet.    

 

  A a  Bastille (je n'y étais pas)  y avait  1 excellent groupe = HK et les Saltimbanks, son tube le + connu "On lâche rien"
 http://www.dailymotion.com/video/xfzjnb_hk-les-saltimbanks-on-lache-rien_music

« Je coupe le chon et je re-Mélenchon ! »

Détournement de « Louxor j'adore » de Philippe Katerine
http://www.youtube.com/watch?v=h8jtM8OfAIw&feature=player_embedded



Rachi Taha : Voilà, voilà  
(une chanson qui date de ... 1993)

 

Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout et sur la douce France
Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout, ils avancent

La leçon n'a pas suffit
Faut dire qu'à la mémoire on a choisi l'oubli
Partout, partout, les discours sont les mêmes
Etranger, tu es la cause de nos problèmes
Moi je croyais qu'c'était fini
Mais non, mais non, ce n'était qu'un répit

Voilà, voilà...

La leçon n'a pas suffit
Faut dire qu'à la mémoire on a choisi l'oubli
Dehors, dehors, les étrangers
C'est le remède des hommes civilisés
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l'on regarde ailleurs
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l'on regarde ailleurs

Voilà, voilà...

Les photos de notre voisine de bus brestoise, l'artiste sympathisante du Front de Gauche Cosette Saby:       

 

  photo bastille cosette

 

photo Bastille Cosette Saby 4photo bastille cosette Saby 3      photo bastille cosette 2

photo Bastille Cosette Saby 7photo Bastille Cosette Saby 5photo Bastille Cosette Saby 6

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 06:42

Non, n'en déplaise à Cécile Duflot, l'écologie n'est pas un vernis électoraliste superficiel pour le Front de Gauche: cette synthèse de nos propositions sur l'écologie réalisée par franck Simonnet le montre bien.  

 

L’Ecologie au cœur du programme du Front de Gauche

 

Le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles remettent en cause les conditions de la vie sur terre. Or, loin des effets d’annonce du Grenelle ou d’aubaine du « pacte Hulot », la campagne présidentielle met ces questions aux oubliettes.

Le Front de Gauche propose, lui, une planification écologique.

 

Une transition énergétique publique et démocratique

Diminuer la consommation d’énergie : Promouvoir la sobriété et l’efficacité énergétique par des investissements publiques pour l’emploi et la formation et un plan de mise aux normes des bâtiments publiques et logements. Maîtrise publique pour sortir l’énergie des griffes de la rentabilité : Pôle 100% public (nationalisation d’EDF, Total, GDF…) avec participation citoyenne.

Favoriser les Energies Renouvelables par la recherche, la formation et un réseau de géothermie profonde.

Choisir démocratiquement sur le nucléaire par un référendum au terme d’un vrai débat public.

 

Une Agriculture paysanne, saine et source d’emploi

Plan de transition écologique pour un modèle agricole de qualité, relocalisé et largement autonome en énergies renouvelables.

Lutter contre la concentration des exploitations et la spéculation foncière et soutenir l’installation des jeunes agriculteurs par une réforme des Safer (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural).

Soutenir les filières alternatives labellisées, vivrières, de proximité et biologiques (notamment par une réforme des marchés publics). Interdir les OGM.

Une Politique Agricole Commune (PAC) européenne fixant un objectif de souveraineté alimentaire. Préserver les ressources naturelles

 

Créer un Service Publique de l’Eau, Bien Commun de l’Humanité, afin d’accompagner les collectivités dans sa gestion.

Tarification progressive (selon la consommation) et différenciée (entre ménages et industries).

Réduire la production de déchets (notamment par l’allongement des durées de garanties sur les produits et la mise en place de consignes sur les contenants).

Renforcer la législation contre les molécules chimiques nuisibles à la santé. Lutter contre l’aliénation consumériste (notamment en limitant la publicité)

 

Une politique de la pêche garantissant la préservation et le renouvellement de la ressource halieutique.

 

Des transports à faible émission de Gaz à Effet de Serre Développer les transports collectif .

Développer le transport ferroviaire, fluvial et maritime.

Instaurer une taxe kilométrique sur les produits. Un nouveau modèle de société : Inventer un nouveau vivre ensemble dont les règles ne soient plus la croissance et la compétition.

 

Soutien à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), à l’habitat autogéré et coopératif.

 

Favoriser la relocalisation des activités et les circuits courts de distribution.

Créer des délégués environnementaux représentant les associations de protection de l’environnement dans les instances officielles.

IPH : Indicateur de Progrès Humain (épanouissement personnel, cohésion sociale, justice sociale, environnement) remplaçant le PIB.

 

Créer un Fonds Européen Social, Solidaire et Ecologique.

 

La transition écologique sera fortement créatrice d’emploi (rénovation de l’habitat, énergies renouvelables, agriculture paysanne…). Elle nécessite d’être accompagnée de mesures sociales permettant de faire payer son coût aux plus riches, ceux qui détruisent la planète. Ceci impose de reprendre le pouvoir à la finance et d’en finir à la recherche maximale de profit et le productivisme !

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 07:02

Va t-on laisser mettre en place une logique de péage sur l'informationnel?

 

Par Jerôme Relinger, membre du conseil national du PCF en charge de la commission révolution numérique.

Un article remarquable paru dans L'Humanité du mercredi 14 mars.

 

ACTA (accord commercial anti-contrefaçon en anglais) est un projet d'accord international préparé dans le plus grand secret au nom de la lutte contre la contrefaçon. Prétextant de la défense des produits et marchandises, Acta est en fait une arme au service de la spoliation des biens communs immatériels. Contournant le débat démocratique pour imposer une logique répressive dictée par les industries du divertissement, les "big pharma", les grands semenciers, Acta vise à systématiser, imposer et sanctuariser les économies de rente sur l'informationnel. S'il était voté, notamment au Parlement européen en juin; il établirait un nouveau cadre juridique mondial créant son propre organisme de gouvernance, hors des institutions internationales déjà existantes (OMC, OMPI...). Glissant des biens matériels aux richesses informationnelles comme si ceux-ci étaient comparables, Acta instaure des sanctions pénales étendues et dangereuses sans aucun contrôle démocratique, utilisant les fournisseurs d'accès à l'Internet pour faire la basse besogne, instituant une police et une justice privée du Copyright sur les réseaux, à laquelle les libertés numériques et la diversité de la création ne survivraient pas.

Acta s'attaque aux médicaments génériques, aux contenus collaboratifs, aux semences paysannes, aux actes publics immatériels... C'est le véhicule juridique de l'expansion sans limite de la privatisation de la connaissance mondiale, puis de sa surexploitation marchande.

Il est l'arme stratégique d'un système politique et idéologique, le capitalisme, dans sa version contemporaine de capitalisme informationnel. Cette volonté, cohérente, obstinée, d'étendre à l'immatériel le talon de fer de l'exploitation ne date pas d'hier. Acta s'inscrit dans une logique stratégique de long terme négociée à la fin du cycle d'Uruguay du Gatt en 1994 (accords de l'OMC sur la propriété intellectuelle) dont il durcit les termes tout en opacifiant les conditions.

Armé de brevets, s'appropriant tout, privatisant des biens communs par essence collectifs (les semences paysannes, le génome humain, la "marque" Louvre, la couleur bleue du Pepsi Cola, les algorithmes de base de la pensée informatique...), ce modèle dit de "propriété intellectuelle" raréfie, dégrade et surmarchandise les oeuvres de l'espritn et par extension toute la richesse informationnelle et la connaissance cumulée (la biosphère, la génétique, les mathématiques, les ressources éducatives...). Acta est la pointe avancée d'un hold-up planétaire sur l'immatériel, censé permettre à quelques intérêts privés de s'approprier ce qui était public, puis de revendre sans fin et très cher ce qui ne leur coûte plus rien aux populations qui ont été spoliées.

Cette logique de péage prive la collectivité humaine du progrès propre à l'informationnel... Corollaire de cette obsession de verouillage et de contrôle, l'hypersurveillance numérique totalitaire se met en place. Navigation surveillée, puces espionnes, réseaux écoutés, logiciels sous contrôle sont déjà là. Il ne reste qu'à les rendre incontournables et à créer des officines privées ayant droit de police et de justice: Hadopi en France, Sopa et Pipa aux Etats-Unis en sont les prémices. Bien sûr, tout cela est fait au nom entre autres de la protection des auteurs et ayant droit, faux nez de tous les durcissements contre la liberté de partage et le droit à l'anonymat sur Internet..."

 

   

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 06:36

Dans la famille "cette droite de nantis salauds qui nous gouverne", je demande le fils des chasseurs de nazis devenu partisan de la mise à l'écart des barbares et de l'apartheid social:

 

Chassant sur les terres de l'extrême droite, Arno Klarsfeld veut ériger un rempart anti-migrants en Grèce.

 

Arno Klarsfeld, président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFFII), a proposé très sérieusement lundi de construire un mur de 130 kilomètres entre la Grèce et la Turquie, sur le modèle de celui érigé entre les Etats-Unis et le Mexique pour "contrer l'immigration illégale". Et de défendre qu'il fallait installer "aux frontières européennes, c'est à dire en Grèce", cette "grande barrière sur toute l'étendue du territoire, avec des patrouilles qui patrouillent sans cesse".

En fidèle relais de Nicolas Sarkozy qui, chassant sur les terres de l'extrême droite, menace de remettre en question les accords de Schengen sur la liberté de circulation de l'UE, il justifie: "Il y a une Europe prospère et le reste du monde qui a des guerres, qui a des privations, etc.". Et de préciser tout de go: "Il faut que les gens ne puissent passer en aucun cas, il faut pouvoir décider de qui peut rentrer". Interrogé pour savoir comment ériger ce mur, Klarsfeld a répondu: "Un mur, c'est fait avec des fils de barbelés, un mur quoi, comme à Rome, il y avait un mur. La paix a duré quatre siècles...".  Pour l'avocat il s'agirait de "bon sens", pour veiller à ce qu'une "porte embraîllée" ne finisse pas par menacer "un espace qui est libre". Il plaide donc pour "qu'elle soit refermée et que les citoyens européens décident qui vient sur leur territoire".

Complétant le propos Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat Sarkozy, qui rencherissait le même jour sur une radio: "On sait qu'on a un problème à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Les Grecs annoncent 55000 clandestins qui passent tous les ans. C'est probablement plutôt 160000". Et les clandestins, ajoutait Marine Kosciusko-Morizet- à moins que ce ne fut Nathalie Le Pen-, se dirigent ensuite vers "les pays les plus attractifs en matière d'aide sociale, de condition de droit d'asile. Ils vont beaucoup en France". Pour vanter la politique de l'Europe forteresse qu'entend renforcer Nicolas Sarkozy qui fait preuve, dit-elle, de beaucoup de dynamisme sur la question, lui qui a introduit "l'interdiction des régularisations massives". 

A quand l'organisation d'un label "mur de la honte certifié" avec référence historique et licence d'exploitation distribué par Arno Klarsfeld et Cie? On pourrait y répertorier, y vendre même ou même y mettre en concurrence le savoir-faire des chasseurs de clandestins mexicains avec celui de bâtisseurs de l'ex-rideau de fer, de cette muraille de 9 mètres séparant Israël des territoires palestiniens ou même des ex-spécialistes du confinement des Noirs d'Afrique du Sud. Ainsi la séparation deviendrait-elle une valeur universelle permettant à l'humanité de vivre en harmonie, chacun retranché derrière ses remparts et ses ponts-levis. Comme au bon vieux temps".

 

Bruno Odent, en dernière page de L'Humanité du mercredi 14 mars 2012    

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 12:39

Article sur le site Médiapart :Front de gauche, Mélenchon, la propagation de l'onde...

 

 

 

Ce que nous venons d'entendre et voir à Rouen démontre que la « surprise » crée par le tout jeune rassemblement et son candidat à la présidentielle est dépassée. C'est plus qu'un rendez-vous électoral qui se joue en 2012 . Ce serait bien une nouvelle pratique citoyenne qui s'annonce.

6000 personnes à Nantes, 10000 à Villeurbanne, 9000 à Montpellier. A chaque ville visitée, la salle réservée n'est pas assez grande. A Rouen, ils se serraient debout.

Même David Pujadas a dû l'admettre dans son JT de 20h : Jean-Luc Mélenchon est bien le candidat qui réunit le plus de monde dans ses meetings !

Beaucoup de jeunes qui n'applaudissent pas aux mêmes mots ni en même temps que d'autres. Des ouvriers viennent en tenue de travail, casque de sécurité sur la tête, affichent leur bannière syndicale. Des visages graves. Le monde du travail représenté par lui-même.

Pas de brouhahas et de mouvements de foule millimétrés pour satisfaire les caméras d'un événement géré par des professionnels de la communication. Loin d'être une troupe affolée ou béate à la recherche d'un berger, les participants ne scandent pas le nom du candidat à son entrée en scène. Seuls des « Résistance, résistance » accueillent l'orateur.

Dans une drôle de campagne 2012 que d'aucuns voulaient définitivement bi-polaire au point d'en connaître les résultats avant l'heure, ceux qui sont allés à ces meetings du Front de gauche ressortent avec la certitude d'avoir un rôle concret à jouer. Il se passe quelque chose.

Avez-vous déjà vu un candidat à une présidentielle assumer un rôle de candidat-militant comme le fait Jean-Luc Mélenchon ? Sur les plateaux de télé et de radio, il est le porte-parole qui frappe. Ses propos tonitruants choquent ? Au moins, obligent-ils à se positionner. Sur son blog déjà, le contact est direct et expliquant, il parle pour l'Histoire, comme aucun autre candidat ne l'aura fait quant il pouvait le faire.

A Rouen, hier, il a de nouveau endossé le costume de l'instituteur et proposé une nouvelle leçon d'éducation populaire. La pédagogie en moteur social.

A Besançon, il traita du problème du Front National. A Villeurbanne, on l'a entendu démonter point par point le Traité que Sarkozy et Merkel imposaient en silence. A Montpellier, on rappelle l'histoire du drapeau rouge...

Quand le sujet devient trop complexe, le recours à l'humour permet de garder l'attention de la salle. Chaque participant, à cette sauce-là, retiendra les arguments pour à son tour en faire son miel. Un appel à l'intelligence citoyenne.

Il se passe quelque chose, qu'on aime ou pas la personnalité du candidat. Dans ce rassemblement qui s'opère, qui n'a pas besoin de berger, on ne se contente pas de s'indigner, on propose, on politise. Le discours de Rouen est à ce point exemplaire, et l'on se surprend à tout comprendre et se persuader que le temps de politiques décidées par les élites sans rendre compte a du plomb dans l'aile. Le bi-partisme institutionnel a du souci à se faire.

A Rouen, Jean-Luc Mélenchon a parlé de la taxation des plus riches, critiquant l’accumulation des richesses par une infime minorité au détriment du plus grand nombre, et, à l’avant-veille de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, il a rappelé les combats menés et progrès à venir pour l’égalité femmes-hommes. Puis parlé de la VIème République. Le Front national, l'écoutant, en aura tiré la conclusion qu'il ne pourra pas continuer à instiller son discours haineux sans opposition...

A gauche, aux portes du printemps à venir, il se passe quelque chose.

Voici revenus des moments d'éducation populaire. La goutte d'eau Front de Gauche vient de passer un palier dans sa campagne à Rouen, le 6 mars.
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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:25

Une Tribune de Libération

 

Par GÉRARD ASCHIERI Syndicaliste, BERTRAND GEAY Sociologue, CHOUKRI BEN AYED

Sociologue, CHRISTINE PASSERIEUX Militante pédagogique

Les auteurs sont tous membres du conseil de campagne du Front de gauche.

 

On connaît désormais un peu mieux les projets de François Hollande pour l’enseignement et la recherche. Force est de constater qu’ils ne sont pas à la mesure des difficultés et des attaques que subitle service public. Certes, la volonté exprimée par le candidat du Parti socialiste d’inverser la politique éducative en matière d’emploi va dans le bon sens. Et ses intentions pour l’enseignement maternel et élémentaire ou pour la formation méritent attention. Mais l’absence de prise en compte des transformations qu’a connues le service public laisse pantois : rien sur la mise en concurrence des établissements, rien non plus sur la désectorisation, toujours rien sur la transformation managériale des fonctions de responsable d’établissement ! C’est ainsi toute l’offensive du néolibéralisme sur le terrain scolaire qui est purement et simplement ignorée, alors même que l’on sait aujourd’hui à quel point ce type de politique ne fait qu’aggraver les inégalités et tirer vers le bas l’efficacité d’ensemble du système.

Pire : de nombreux éléments attestent d’une volonté de poursuivre voire, à certains égards, d’aggraver cette politique. Ainsi, dans l’enseignement supérieur, non seulement il n’est nullement question d’abroger la loi libertés et responsabilités des universités, mais il faudrait accélérer la «mise en oeuvre des investissements d’avenir». Les gels de postes et l’arbitraire des répartitions de crédits pourront ainsi se poursuivre sans encombre.

Dans les enseignements primaires et secondaires, il n’est pas envisagé de compenser les inégalités entre collectivités territoriales et un «nouvel acte de la décentralisation» pourrait bien s’appliquer. La récente réforme des lycées n’est pas remise en cause alors qu’elle affaiblit les différentes séries, met en péril la voie technologique et installe une organisation locale des enseignements. Le «socle commun de connaissances et de compétences» est conforté, en lieu et place des programmes nationaux. L’école à plusieurs vitesses pourra ainsi s’installer toujours plus au coeur même des processus d’apprentissage. Loin de reconnaître à l’école sa visée émancipatrice, ce projet institutionnalise la fracture sociale de la jeunesse, avec ses établissements fermés pour les fauteurs de troubles et le service civil pour les déscolarisés.

C’est comme si les grandes mobilisations des jeunes, des parents et des personnels n’avaient pas existé, de 2003 à 2011, contre la loi de décentralisation, contre la loi d’orientation, les réformes universitaires ou la réforme du lycée.

Cette incompréhension manifeste à l’égard de tous ceux qui défendent la cause du service public s’exprime aussi dans l’absence de propositions concrètes pour améliorer le fonctionnement démocratique et le rayonnement de l’école laïque. On ne trouve rien, par exemple, sur le statut de parent délégué, qui permettrait une participation plus active et socialement plus diversifiée des parents d’élèves. La place des associations complémentaires de l’école est également passée sous silence, alors qu’elles ont un rôle majeur à jouer pour reconquérir le terrain occupé par toute une série d’officines. La question de la gratuité n’est pas abordée.

Enfin, la mesure phare du programme de François Hollande, les «60 000 postes», apparaît bien insuffisante pour atteindre l’ensemble des objectifs fixés. Rappelons que c’est plus de 70 000 postes de différentes catégories de personnels qui ont été supprimés de 2008 à 2012 et que le petit baby-boom des années 2000 entraînera mécaniquement une augmentation des effectifs de l’ensemble des niveaux d’enseignement.

En réalité, le projet de François Hollande prétend réaliser l’impossible en matière d’emploi public : répondre un tant soit peu aux besoins sociaux tout en respectant la politique d’austérité de l’Union européenne. Le redéploiement des postes de fonctionnaires devient alors la seule variable d’ajustement possible, selon le trop fameux principe du «déshabiller Pierre pour habiller Paul». Il n’y a ainsi guère d’autre cohérence au projet de François Hollande que celle consistant à s’ajuster le moins mal possible aux prescriptions éducatives et économiques du néolibéralisme.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 16:46

Le budget de la défense continue à augmenter , au bénéfice des équipements mais non des hommes sous l’uniforme, alors que les dépenses pour les besoins sociaux diminuent: il s’agit de réduire ce budget militaire. La production et l’exportation des armements profitent aux marchands d’armes, au détriment des peuples et de la paix: il s’agit de reconvertir les industries d’armement en créant des emplois dans d’autres secteurs et de soutenir le traité sur le commerce des armes en négociation à l’ONU.   

La modernisation de la force de frappe est coûteuse; il faut l’arrêter et soutenir le désarmement nucléaire multilatéral dans le cadre du TNP: l’arme nucléaire est coûteuse, dangereuse et inutile, il faut l’éliminer. Il est intolérable de voir la France maintenir des bases à l’étranger, s’ingérer dans les affaires d’autres pays, intervenir dans de nombreux conflits à la remorque des USA après le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN: il s’agit d’en finir avec cette politique impérialiste, de retirer tout de suite les troupes françaises d’Afghanistan, de mener une vraie politique de paix et de dénucléarisation au Moyen-Orient et de sortir de l’OTAN. Seul le Front de Gauche peut le dire haut et fort, quand la plupart des autres partis forment une union sacrée autour de la force de frappe, de la course aux armements et du suivisme à l’égard des USA; le néo-libéralisme va de pair avec la guerre des civilisations et le militarisme. Et puis souvenons nous que le slogan du Front Populaire était “le pain, la paix et la liberté”.  

 

Cette déclaration, rédigée par Yves Jardin, a été transmise à la coordination finistérienne du Front de Gauche par Françoise Pencalet, candidate aux législatives à Douarnenez. J'y souscris totalement - indigné comme d'autres du soutien inconditionnel de Sarkozy, Bayrou, Hollande, à l'occasion de leur venue dans la région de Brest, à la poursuite du programme d'investissement dans le nucléaire militaire, et revolté que l'on imagine toujours qu'il faut endosser le costume de chef des armées au portefeuille bien garni pour la défense afin de se placer dans une posture de présidentiable. Ismaël Dupont. 

 

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Une version plus développée de cette prise de position existe sur le blog du Front de Gauche de la 7ème circonscription du Finistère (Douarnenez): 

 

 

Une contribution d'Yves Jardin

« Le capitalisme porte en lui la guerre, comme les nuées portent l'orage. » (J. Jaurès)

Dans l’« Humanité » du 8 avril dernier, l’on pouvait lire les mots suivants pour annoncer une débat à Givors, le 12, à l’occasion de la journée mondiale sur les dépenses militaires : « s’opposer à la course aux armements doit redevenir une exigence prioritaire à cause du danger inhérent à un tel processus mais aussi pour le coût prohibitif que cela représente en soi, d’autant plus lourd dans une phase de crise des finances publiques marquée par des politiques d’austérité drastiques et des surenchères antisociales, en France et en Europe.  La baisse des dépenses militaires est une bataille en soi qui n’est pas contradictoire avec les exigences de la sécurité, au contraire. Nous sommes en effet favorables à la recherche collective de la sécurité internationale par une démilitarisation, une dénucléarisation des relations internationales, une recherche concomitante et déterminée de la résolution des conflits, ce qui doit contribuer à préserver le régime de non-prolifération nucléaire ». Aujourd’hui le Front de Gauche doit s’exprimer haut et fort pour dénoncer  l’« union sacrée » mortifère de la course aux armements, de l’acceptation de l’arme nucléaire et des interventions néo-impérialistes.

Non à l’union sacrée de la course aux armements.   

Le budget de la défense continue à augmenter, avec un montant de près de 40 M d’€ (pensions comprises) en 2012, en hausse der 2,4 %. Comme l’a déclaré J.J. Candelier, député PCF du Nord, lors du vote de ce budget, « il existe donc bien de l’argent quand on veut ! ». Cela est une situation scandaleuse qui doit être dénoncée. Seul le Front de Gauche est en mesure de le faire et se doit de le faire. Alors que l’on rogne sur les dépenses sociales, sur l’éducation, il est insupportable de voir les dépenses militaires continuer à augmenter. Les crédits budgétaires (hors pensions) passent de 30,11 MM d’€ en 2010, à 30,16 en 2011, 30,52 en 2012 et 31 en 2013.
    Dans le même temps, le nombre d’équivalents temps plein travaillé diminue et passera de 314.000 en 2009 à 276.000 en 2014, avec donc une diminution de 38.000 emplois, à raison de 7500 par an. Cela a entraîné des protestations légitimes. La défense, comme toute la fonction publique, fait les frais de la diminution du nombre de salariés.
    En fait l’augmentation des crédits de la défense profite aux équipements, dont la part dans le budget militaire augmente de 3 %. Dans les moyens programmés pour 2009-2014, les équipements représenteront près de 55 % des dépenses. Les équipements sont de plus en plus construits par des sociétés privées. La loi de programmation militaire prévoit l’ouverture accrue  du capital d’entreprises du secteur de la défense, comme la DCNS ou la Société navale des poudres et explosifs, au secteur privé. Ajoutons à cela que certaines activités exercées jusqu’alors par des personnels militaires le seront par des sociétés privées cotées en bourse : les Entreprises Militaires et de Sécurité Privées se développent en France comme dans d’autres pays en proie à l’économie néo-libérale ; c’est à des sociétés privées qu’est confiée le maintien en condition opérationnelle des matériels de l’aviation et de la marine ; des navires privés assurent des transports stratégiques ; des bâtiments de soutien et d’assistance hauturière, dont la moitié dotés d’équipages privés seront mis à la disposition de l’armée ; depuis 2006, EADS assure la formation des pilotes de chasse de la base de Cognac ; depuis le début de 2011 la gestion de la base de Creil est confiée à un consortium privé. Cette privatisation de la défense, qui entraîne aussi la perte d’emplois publics, doit être dénoncée.    
    Il est souhaitable que le choix des équipements et armements à construire soit le résultat d’un large débat démocratique autour de la défense. Les constructions et fabrications pour la défense doivent être faites de façon largement préférentielle par des sociétés publiques ou nationalisées.
    Une partie des crédits de la défense (10 % selon le Mouvement de la Paix) doivent être consacrés tout de suite à la satisfaction des besoins sociaux  (pour l’école, la santé, la jeunesse), non pas pour aller dans le sens d’une néfaste politique d’austérité, mais pour une action publique tournée vers l’action sociale et la promotion de la paix. Il faut se rappeler par exemple que 2MM d’€ permettraient d’augmenter de 332 € / mois les pensions de 5 M de retraités.
    La France reste le 4e exportateur d’armements, avec 5,12 MM d’€ en 2010. Ces exportations contribuent au maintien des conflits. Elles se font en grande partie au bénéfice de sociétés privées qui n’hésitent pas à délocaliser les fabrications : ainsi Dassault est en voie de vendre 126 « Rafale » à l’Inde, mais 108 de ces avions seront construits en Inde. Combien d’emplois seront malheureusement mis en danger par un tel contrat ? Il ne s’agit pas de défendre à tout prix les emplois liés à la construction d’armements, mais il faut cependant dénoncer aussi cette forme de délocalisation qui de toute façon ne va pas dans le sens de la paix. Un traité  sur le commerce des armes est depuis 2009 en négociation à l’ONU, soutenu par 153 pays :  il doit être soutenu activement,  et devra être signé, ratifié et appliqué par la France.
    De 2005 à 2009, les ventes d’armes ont augmenté de 22 % dans le monde ; en  2009, elles représentent 400 MM de $, soit 5 fois plus que l’aide au développement. Les ventes d’armes maintiennent des pays dans la pauvreté, permettent à des dictatures de perdurer, entretiennent les violences, les violations des Droits de l’Homme et la corruption. Une politique progressiste se doit de contrôler, de réduire les exportations d’armements ou au moins de ne pas chercher à les développer.
    La diminution des dépenses militaires, la réduction de la quantité d’armes construites, et de celles exportées, doit se faire à travers un plan précis, démocratiquement élaboré, avec une reconversion des industries d’armements pour éviter des pertes d’emplois. La réflexion menée notamment par l’Université Européenne de la Paix, créée à Brest, doit être poursuivie et aidée. Celle-ci a proposé la création d’une filière de déconstruction des vieux navires qui pourrait compenser la perte par l’arsenal de Brest de la moitié de ses emplois. pourquoi ne pas envisager que le savoir-faire des personnels spécialisés dans la construction d’armement nucléaires et notamment des SNLE soit employé pour le démontage des centrales nucléaires.
    En tout cas, si diminution des dépenses il y a, elle ne doit pas affecter le paiement des pensions, ni le statut des personnels, aujourd’hui remis en cause par la privatisation des activités militaires, ni le traitement des maladies contractées dans le cadre militaire, par exemple lors des expérimentations d’armes nucléaires.
    Même si un désarmement complet est sans doute encore du domaine de l’utopie (il y a cependant 27 pays indépendants, le plus souvent des micro-Etats, qui n’ont pas d’armée), doit-on se satisfaire de voir la France au 4e rang mondial pour les dépenses d’armement par habitant et au 3e rang mondial pour les dépenses d’armement nucléaire par habitant (après Israël et les USA) ?

Non à l’« union sacrée » autour de la force de frappe.
    Deux candidats aux élections présidentielles viennent de se rendre à l’Ile Longue pour faire allégeance à la force de frappe nucléaire : François Bayrou tout d’abord (plus tôt que prévu), puis François Hollande qui a fait quelques vagues allusions à la poursuite du désarmement nucléaire. Rien à attendre de la part de Sarkozy en cette matière , ni de la candidate du Front National. Seul le Front de Gauche est en mesure de proposer une autre politique en ce qui concerne les armes nucléaires.
    Tout d’abord, rappelons que la politique de dissuasion développée notamment par le général de Gaulle et ses successeurs est devenue inopérante :
-l’écroulement du bloc soviétique a rendu inutile une politique d’équilibre des forces et de menace d’une attaque  massive destructrice et meurtrière devant empêcher l’adversaire situé à l’Est de se lancer dans un conflit ;
-aujourd’hui l’utilisation risque d’être une attaque du fort au faible;
-les armes nucléaires sont aujourd’hui miniaturisées et peuvent être employées comme des armes du champ de bataille entre deux armées (sans parler d’armes comme celles à uranium appauvri).
    Selon le général Norlain, les armes nucléaires sont devenues dangereuses et inutiles. Selon une tribune récemment signée par Paul Quilès, Michel Rocard et le général Norlain elles ne peuvent résoudre les désordres du monde du XXIe siècle et notamment les menaces terroristes, pour ne pas parler des conflits localisés encore nombreux dans le monde.
    Le stock d’armes nucléaires accumulées dans le monde crée une terrible menace. Des accidents pouvant déclencher le feu nucléaire ne sont pas à exclure. Le chef d’Etat qui déclencherait l’apocalypse nucléaire risque d’entraîner la destruction de la planète et de l’humanité. Savoir que cette arme est maintenant à la disposition des généraux pakistanais, amis des islamistes et proches des talibans afghans, devrait nous faire réfléchir. La savoir aux mains des actuels dirigeants israéliens très à droite ou d’extrême-droite ne peut nous rassurer davantage.
    Les armes nucléaires représentent des dépenses très importantes, alors que les dépenses sociales sont affectées par des coupes budgétaires. Le coût d’entretien annuel d’une seule arme nucléaire (il y en a des centaines) représente 130.000 consultations de médecine générale ou 150 postes de professeur pendant un an. Le chantier de l’Ile Longue est le plus important de France avec des dépenses de l’ordre de 800 M d’€. La modernisation de l’arsenal nucléaire représente des dépenses de 4,7 à 6 MM d’€ en 2011 et 21 % des crédits d’équipement. Toutes ces raisons doivent nous amener à un nécessaire désarmement nucléaire. Deux voies doivent être étudiées.
    On peut poser la question du désarmement nucléaire unilatéral de la France. Rappelons tout d’abord qu’il n’est pas/plus lié au « droit de veto » de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU. le lien entre la présence à ce Conseil en tant que membre permanent et la possession d’armes atomiques, s’il a  jamais existé, n’existe plus depuis qu’outre les 5 Grands l’Inde et le Pakistan, et sans doute la Corée du Nord, se sont dotés de l’arme nucléaire. Ce lien n’a d’ailleurs jamais existé puisque Israël a depuis longtemps la bombe atomique (grâce à l’aide de la France !). Plusieurs Etats ont renoncé à l’arme nucléaire , comme l’Afrique du Sud (qui s’en était dotée à l’époque de l’apartheid, l’Australie, le Brésil, l’Argentine, la Suède (qui l’a peut-être eue), ainsi que la Biélorussie, l’Ukraine et le Kazakhstan ayant hérité d’une partie de l’arsenal soviétique. A part ces trois derniers pays, les autres Etats ayant renoncé à l’arme nucléaire n’ont pas vu leur économie décliner, bien au contraire ; ils n’ont pas été particulièrement menacés. Un désarmement nucléaire unilatéral de la Francd irait dans le sens de la négociation d’une Convention d’abolition des armes nucléaires, souhaitée et soutenue par 142 Etats. La grandeur de la France ne se traduit pas par la possession de l’arme nucléaire, mais un désarmement unilatéral de la France augmenterait son influence et son prestige dans le monde. Mais un tel désarmement ne peut avoir lieu qu’après avoir été décidé à l’issue d’un large débat démocratique.
    Une deuxième voie pour répondre à un souci de réalisme, fondé ou non, est d’arrêter la modernisation de l’arme nucléaire qui est contraire au Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP). La France viole le TNP en mettant au point de nouvelles têtes nucléaires au laboratoire du Barp près de Bordeaux, en construisant de nouveaux vecteurs M51, en se dotant d’une nouvelle génération de SNLE. Cet arrêt de la modernisation de la force de frappe française devra nécessairement s’accompagner d’une politique étrangère dynamique pour faire respecter le TNP et pour aller ver un désarmement nucléaire mondial. L’inaction de la France ne peut de toute façon qu’encourager une dangereuse prolifération nucléaire. En outre le respect du TNP, par l’arrêt de la mise au point de nouvelles armes nucléaires françaises permettra d’affecter au moins 5 à 6 MM d’€ / an à des activités socialement utiles.
    Il n’est pas inutile de rappeler que la réduction de la construction d’armements ne doit pas entraîner l’augmentation de l’importation d’armes étrangères et que la renonciation à l’arme nucléaire ou à sa modernisation ne doit pas s’accompagner d’une mise à l’abri sous le parapluie des armes nucléaires d’une autre puissance.

Non à l’« union sacrée » dans l’OTAN, non à une politique impérialiste.
    La France est aujourd’hui un des rares pays à disposer de bases extérieures. elle a ces dernières années développé celles-ci et multiplié ses interventions. Des militaires français sont aujourd’hui présents dans au moins une quinzaine de pays avec des situations diverses.
    En 2006, il y avait 19.863 militaires français hors de métropole, leur nombre est passé à 26.150 en 2008, 29.190 en 2009, 31.877 en 2010 et au moins 29242 en 2011. Sarkozy a donc augmenté la présence et les interventions militaires françaises, pas forcément pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et cela entraîne des dépenses importantes : en 2008 elles ont représenté 857 M d’€ (pour 475 prévus dans la loi de finances) ; en 2010 elles ont représenté 867 M d’€ (dont 470 pour l’Afghanistan. En 2011, les opérations militaires extérieures (OPEX) financées en partie par « prélèvement sur la réserve der précaution interministérielle », c’est-à-dire par les autres ministères, sont en augmentation avec près de 900 M d’€ et sans doute bien davantage.
    En 2011 les forces temporaires (Tchad, côte d’Ivoire, République Centrafricaine) représentent 2190 hommes ; les forces sous mandat international en groupent 9812, dont 4000 en Afghanistan et 3000 au large de la Libye (et sans doute aussi sur le sol libyen avec la présence d’agents français, sinon de membres d’officines privées, comme le président de la SECOPEX, ancien officier, qui y a été tué par « accident »). ; les forces de présence en comptent 8600, dont près de 3000 à Djibouti, 1200 au Sénégal et 1000 au Gabon ; enfin les forces de souveraineté dans les DOM-TOM comprennent 8640 militaires (5430 en 2006). En Afrique, la présence de militaires français a conforté des régimes corrompus, impopulaires et dictatoriaux et la France, après avoir soutenu Gbagbo, est intervenue directement en Côte d’Ivoire pour faire triompher le pro-occidental Ouattara. dans les DOM-TOM, le renforcement de la présence militaire accroît la possibilité de répression brutale de mouvements sociaux et/ou anticolonialistes, notamment en Nouvelle-Calédonie (où le nombre de militaires a doublé de 2006 à 2011). Il est urgent de mettre fin à ces bases et interventions extérieures, pour rompre avec une politique impérialiste insupportable, mais aussi pour que l’argent dépensé dans cette « présence » et ces interventions extérieures soit utilisé à de meilleurs usages.  
    Mais, de façon plus large, le néo-libéralisme s’accompagne d’une politique de domination, d’oppression, et de militarisation, menée par les pays occidentaux les plus riches sous la direction des USA, dans la cadre de l’OTAN. Il est à remarquer qu’en Europe l’écroulement du bloc « socialiste » a mené à l’entrée de nombreux pays de l’Est et du Centre de l’Europe dans l’Union européenne, mais aussi dans l’OTAN, l’adhésion concomitante aux deux organisations apparaissant comme devant aller de soi.
    Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN (la France n’a jamais cessé d’adhérer à l’OTAN qui est aussi une alliance politique), décidé par Sarkozy, s’est accompagné de la participation de la France à des interventions mettant la démocratie et la paix en danger. C’est le cas de l’intervention en Libye, sous prétexte de défendre les libertés menacées par la tyrannie de Kadhafi à qui l’on avait auparavant déroulé le tapis rouge, et sous couvert de l’ONU.
    Le même scénario risque de se répéter bientôt en Syrie, où les services de renseignement français sont probablement déjà en action et où les éléments les plus réactionnaires qui dominent le CNS appellent à une intervention extérieure avec l’appui des pays arabes les plus conservateurs, amis de la France et du bloc occidental.
    En Afghanistan, la France intervient sous le couvert de l’ONU, aux côtés des USA et d’autres pays membres de l’OTAN, pour la défense des intérêts occidentaux. Cette intervention est illégitime, coûteuse et meurtrière. elle est un non-sens alors que l’on continue à soutenir et à armer le Pakistan.
    Il est important que le Front de Gauche demande le retrait immédiat de toute force française de la Libye ou de ses abords.  Il est essentiel qu’il exige le retrait immédiat des forces envoyées en Afghanistan ; cela correspond à la volonté de 80 % des Français qui sont opposés à l’intervention française en Afghanistan ; en août 2010 les Pays-Bas ont mis fin à leur participation à la « mission » de l’OTAN en Afghanistan, qui a été une des raisons de la chute du gouvernement néerlandais. Il est primordial qu’il se prononce résolument contre toute intervention française en Syrie, sous quelque forme que ce soit et qu’il appuie activement le CNCD syrien, regroupant des forces de gauche et hostile à une intervention extérieure.
    Il y a aussi actuellement une sérieuse menace de guerre contre l’Iran, voulue par Israël, par les USA, avec la complicité de Sarkozy et du gouvernement français. Cette guerre qui menace est justifiée par le prétexte d’empêcher l’Iran de ses doter de l’arme nucléaire, alors que cette volonté iranienne n’est pas totalement prouvée et qu’Israël dispose de l’armement atomique en n’étant soumis à aucun contrôle  (avec la complicité des USA et des pays membres de l’OTAN) car n’étant pas signataire du TNP (signé par l’Iran). Le Front de Gauche doit résolument se prononcer en faveur de la dénucléarisation de l’ensemble du Moyen-Orient et apporter son appui au peuple palestinien, en se démarquant du soutien apporté par les pays occidentaux et par les autres forces politiques françaises (Hollande vient de rencontrer le Président du CRIF, la candidate de Front National s’est rendue en Israël) au gouvernement le plus à droite, sinon à l’extrême-droite qu’Israël ait connu depuis sa création  il y aura bientôt 64 ans. Cela doit se faire au profit du peuple palestinien, mais aussi au profit du peuple israélien mis à mal par une politique à la fois néo-libérale et colonialiste renforcée.
    Il est également essentiel que la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN et aussi l’OTAN elle-même.

    Le Front de Gauche a tout à gagner non seulement en rejetant, comme il le fait déjà, le consensus sur la « concurrence libre et non faussée » et sur les politiques de rigueur anti-sociales, mais aussi le consensus sur la course aux armements, nucléaires ou non, sur la modernisation de la force de frappe et sur les interventions impérialistes d’aujourd’hui, menées sous de bons prétextes pour conforter en fait les politiques néo-libérales. Lui seul peut aujourd’hui le faire en parlant haut et clair.
                                            Y.J.


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