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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 18:13
Le théâtre romain de Palmyre

Le théâtre romain de Palmyre

Un article de l'Huma du 27 mars 2016

http://www.humanite.fr/operation-deminage-apres-la-liberation-de-palmyre-603117

Et il y a quelques mois, les conséquences de la prise de Palmyre par l'Etat Islamique:

http://www.humanite.fr/lei-fait-exploser-des-vestiges-de-palmyre-et-execute-un-grand-archeologue-582022

Avec la reprise de Palmyre, le régime Assad s’offre une victoire militaire et médiatique
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/03/28/avec-la-reprise-de-palmyre-le-regime-assad-s-offre-une-victoire-militaire-et-mediatique_4890927_3218.html

Point de vue

Palmyre, ville-oasis symbole de l'antiquité impériale romaine dans le désert de Syrie, dont les heures de gloire sont associées à la reine nabatéenne Zénobie et à la route commerciale vers l'Asie, vient d'être reprise à l'Etat Islamique par le Hezbollah, l'armée syrienne de Bachar al- Assad, avec l'appui des forces russes encore bien présentes en Syrie et dont le soutien est décisif. Palmyre, ville symbole aussi de la la férocité du régime des Al-Assad puisque Tadmor, du nom syrien de la ville, abritait une des prisons les plus atroces du régime, où ont été enfermés dans des conditions inhumaines, condamnés à la désolation et à l'oubli, des milliers de prisonniers politiques.

Cette victoire est aujourd'hui très valorisée médiatiquement car c'est un nouveau revers pour les fanatiques terroristes de l'Etat Islamique, désormais identifiés, et largement à raison au vu de l'ampleur de leurs exactions, qui visent prioritairement les populations civiles en Syrie et en Irak, comme le Mal par excellence.

On pense évidemment à toutes les victimes des atrocités de l'Etat Islamique, bande multinationale d'illuminés et de voyous faisant de la religion un prétexte pour couvrir toutes sortes de vices et de volontés de puissance.

En même temps, c'est assez étonnant de voir les médias occidentaux et français en venir à célébrer presque les victoires du Hezbollah pro-iranien, jadis honni comme force identifiée comme "terroriste" dans son combat contre Israël, de l'armée de Bachar-al-Assad, et des forces russes d'habitude très suspectes pour leur résistance aux desiderata occidentaux.

La Russie est en train de réussir son pari de consolidation de son influence en Syrie, le seul Etat du Proche-Orient et du Moyen-Orient (avant il y avait l'Irak et la Libye...) qui n'est pas essentiellement sous influence des pétromonarchies ultra-réactionnaires du Golfe, des Etats-Unis et de l'OTAN.

Victoire de la culture et de la civilisation contre la barbarie islamiste?

Si la barbarie islamiste dopée à coup de pétrodollars, d'argent du golfe, de racket et de rapines, ne fait aucun doute, si c'est évidemment à raison qu'on s'était ému en août 2015 et après des assassinats publics dans l'amphithéâtre de Palmyre, des destructions de monuments appartenant au Patrimoine de l'Humanité et des vols en tout genres d'antiquité, cette émotion tout à fait légitime et salutaire arrivait un peu tard après des années de guerre où la politique brutale, cynique et impitoyable de Bachar-al-Assad pour sauver son régime clanique et ses privilèges contre la volonté majoritaire de son peuple avait provoqué quasiment la mort de 80% des victimes de la guerre civile syrienne. C'est d'abord le régime de Bachar-al-Assad qui est le bourreau de la Syrie même si le type de société que promeut l'Etat Islamique, fondé sur le fondamentalisme religieux le plus fou et la violence totalitaire, est certainement encore beaucoup moins vivable que l'autoritarisme d'un régime despotique et policier accompagné d'une certaine tolérance communautaire plus que d'une laïcité véritable que représentait le régime de Bachar-Al-Assad

La tentation de choisir son camp et de penser les choses en termes de lutte du camp du bien contre celui du mal est forte dans l'observation des guerres étrangères. Rarement pourtant elle n'a paru si peu appropriée. Car peu d'acteurs armés du conflit syrien, hormis peut-être les kurdes, beaucoup plus laïcs et progressistes à nos yeux, qui se battent d'abord pour leur liberté, ont le profil pour prétendre défendre la culture, la paix, la sécurité, la veuve et l'orphelin...

Néanmoins, les populations civiles et même une partie des hommes amenés à se battre, qu'ils soutiennent ou tolèrent comme un rempart, un dernier défenseur, la fraction qui "défend" la ville, la région, la communauté face aux menaces de représailles féroces en cas de conquête de l'ennemi, sont essentiellement les otages d'une logique de fragmentation sociale et communautaire qu'on a déjà vu s'opérer au Liban en 1975-1976 dans une guerre civile tout aussi atroce, où on peut comprendre que le chrétien, l'alaouite, le sunnite fonctionnaire, ne voit pas son salut en cas de défaite de l'armée du pouvoir Al-Assad, et inversement que l'habitant d'Alep ou de l'est de la Syrie "préfère" l'une ou l'autre des armées rebelles à référence islamiste financés et armés par les monarchies du Golfe, le Qatar, la Turquie, plutôt que le régime criminel de Bachar-al-Assad. De l'extérieur, c'est très difficile de juger et puéril de hiérarchiser le degré de légitimité des protagonistes, des exécutants, même si les responsabilités des crimes de guerre et contre l'humanité, de la guerre elle-même, doivent être bien identifiées. Chacun joue la partition que le capricieux destin lui a laissé en partage, pour le meilleur et pour le pire. Peu peuvent prétendre se placer au-dessus de la mêlée même si le désir le plus partagé est très certainement le retour à la paix, à la sécurité, et à une vie délivrée de la faim, du froid, des bombardements, de la menace permanente, de l'exil contraint.

Notre seule occupation utile, en dehors de la désolation et du sentiment d'horreur et de pitié face à l'ampleur de cette tragédie humaine, en dehors de notre combat pour la reconnaissance de nos devoirs de solidarité et d'humanité vis à vis des réfugiés que l'on doit accueillir au nom du droit d'asile, et accueillir dignement, peut être d'essayer de penser les moyens de trouver une issue acceptable et rapide à la crise, en faisant pression sur nos gouvernements pour qu'ils la promeuvent.

Beaucoup d'observateurs affirment que c'est Bachar-al-Assad lui même qui a laissé l'Etat Islamique s'emparer de Palmyre en août 2015, pour susciter une émotion en Occident servant sa propagande faisant de son régime un gardien de la civilisation syrienne multiséculaire et favoriser un retournement d'alliances qui est aujourd'hui acté et spectaculaire. C'est le but qu'il a poursuivi dès le début de la révolte de la société syrienne en la disant contrôlée par des islamistes et en faisant en sorte que les islamistes prennent l'ascendant sur elle. L'Etat Islamique, et avant le Front al Nosra et Al Qaida en Syrie, ont été quelque part des alliés objectifs de la dictature de Bachar.

Il ne faut pas oublier que c'est un pouvoir illégitime et criminel qui reprend Palmyre.

Entre temps, Bachar al-Assad, avec l'appui des russes, a réussi son coup. Enrayer la progression de la rébellion, renforcer son pouvoir, se rendre à nouveau incontournable dans tout processus de cessation des hostilités en Syrie.

Faut-il au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste voir dans la consolidation de ce pouvoir un moindre mal? Une donnée incontournable pour stabiliser la Syrie à terme?

La situation est bien complexe, à l'image de cet Orient compliqué... Peu peuvent se vanter d'avoir des solutions simples et sans reproche. L'idéalisme en politique internationale est d'ailleurs souvent stérile, voire contre-productif même si le "réalisme" conduit bien souvent aussi à s'accommoder du pire au nom des intérêts stratégiques, économiques de nos pays, ou du statut quo.

Faut-il se féliciter de l'alliance objective du moment entre les Russes, les Américains et autres puissances occidentales, les Iraniens au nom de l'endiguement et de la lutte prioritaire contre l'Etat Islamique?

Le chemin de la paix en Syrie est malheureusement sans doute encore long et jalonné de drames et de souffrances collectives.

Peut-on être qu'une victoire de diverses factions islamistes rivales à l'afghane contre la dictature des Al-Assad n'annonçait rien de bon non plus pour l'avenir de la Syrie.

En tout cas, une chose est sûre, il est bien difficile d'envisager un avenir de paix et de retour à une vie normale dans une Syrie non balkanisée si continue à sévir l'oligarchie du clan Assad et ses services de répression qui ont mis la Syrie à feu et à sang.

Dans cette situation sans moralité ni guère d'espoir pour la société syrienne, on peut souhaiter néanmoins que Iraniens, Russes, Américains, Européens, aient la volonté et la lucidité d'utiliser les contradictions du régime et son état de faiblesse intrinsèque pour préparer l'après-Assad en intégrant l'opposition et peut-être des forces actuelles du régime pour préparer une transition vers la paix.

I.D

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 06:44

Le 18 mars, l'Union Européenne a conclu avec la Turquie un accord censé mettre fin au flux de réfugiés arrivant sur les îles grecques. Il prévoit que toute personne, migrante ou réfugiée, qui a traversé la mer Egée irrégulièrement à compter du 20 mars, est renvoyée en Turquie, qui les admettra sur son territoire à partir du 4 avril. Et que, pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, l'UE acceptera d'en accueillir un autre venant de Turquie - mais jusqu'à 72 000 seulement! La Turquie accepte de faire le chien de garde de l'Europe pour contenir les réfugiés en échange de 6 milliards d'euros, d'une nouvelle reconnaissance internationale malgré la dérive dictatoriale et la politique de répression contre les kurdes et les organisations démocratiques. Cet accord met fin concrètement au caractère inaliénable du droit d'asile en Europe.

Il montre que l'Europe politique comme projet inspiré théoriquement par un certain nombre de valeurs démocratiques et humaines a explosé face à l'ampleur de la crise des migrants et de la montée des xénophobies sur le vieux continent que viennent visiter ses vieux démons.

Aujourd'hui, le visage (terriblement dur et décevant) de l'Europe, pour beaucoup de migrants syriens, irakiens, kurdes, afghans, c'est le camp d'Idomeni qui accueille, à la frontière fermée entre la Grèce et la Macédoine, 12 000 réfugiés alors qu'il ne pourrait en contenir que 2000. Des tentes sans lit, de la boue, des files d'un kilomètre pour obtenir de la nourriture, des réfugiés qui se noient en essayant de traverser la frontière par le fleuve, d'autres qui sont renvoyés manu militari de Macédoine en Grèce.

Dans l'Humanité Dimanche de la semaine, Hussam, photographe syrien, pose avec une pancarte en carton sur laquelle sont écrites ces mots qui sonnent comme une condamnation terrible de la politique des Européens:

"We survived War but you make me wish I didn't"

(On a survécu à la guerre mais nous me le faites regretter).

Camp d'Idomeni: «C'était l'enfer - Tribune de Genève
Dans l'enfer du camp d'Idoméni, où s'entassent 14.000 ...
«Ce que ces enfants vivent va marquer leur mémoire ... (Libération)

Lire aussi les propos du Pape François contre la brutalité de la politique européenne contre l'accueil des réfugiés:

A Rome, le pape fustige la "conscience anesthésiée" de l'Europe
http://www.ouest-france.fr/societe/religions/pape-francois/rome-le-pape-fustige-la-conscience-anesthesiee-de-leurope-4120916

Le visage de l'Europe vu du camp d'Idomeni à la frontière gréco-macédonienne
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 07:00

Le jeu ambigu de la France

http://www.france-palestine.org/Le-jeu-ambigu-de-la-France

vendredi 25 mars 2016

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDH) réuni à Genève était saisi le 24 mars de plusieurs résolutions sur la question de Palestine. Deux d’entre elles étaient spécialement importantes, l’une portant sur le suivi de la situation à Gaza et l’impunité, l’autre sur l’établissement d’une "liste noire" des compagnies israéliennes et internationales opérant en territoire palestinien occupé, liste noire dont il est précisé qu’elle sera mise à jour tous les ans.

Ces deux résolutions ont été adoptées avec 32 voix pour et 15 abstentions. La France s’est abstenue avec les autres pays de l’UE membres du CDH. Ce faisant elle a montré une nouvelle fois l’ambiguïté, sinon l’incohérence, de sa position puisqu’elle condamne rituellement la colonisation tout en se refusant à en tirer des conséquences pratiques.

Pourtant, la France considère que « Les transactions financières, les investissements, les achats, les approvisionnements ainsi que d’autres activités économiques dans les colonies ou bénéficiant aux colonies, entraînent des risques juridiques et économiques liés au fait que les colonies israéliennes, selon le droit international, sont construites sur des terres occupées et ne sont pas reconnues comme faisant partie du territoire d’Israël. » Pourquoi alors cette abstention ? Est-ce pour permettre à des banques françaises de continuer à faire des affaires qui profitent à l’occupation israélienne ? Rappelons que cette mise en garde avait contribué au retrait d’entreprises françaises Safège et Poma du projet de téléphérique à Jérusalem-Est. Il y a manifestement ici un double jeu qui discrédite gravement la parole de la France au moment où elle veut jouer un rôle de premier plan.

B. Netanyahou a osé appeler « les pays démocratiques » à ne pas respecter ces résolutions et à boycotter le CDH, c’est à dire à délégitimer un organe de l’ONU. On n’ose imaginer que la France s’engage ouvertement sur cette voie de démantèlement des Nations Unies.

Mais ces résolutions la mettent clairement au pied du mur.

Ces résolutions sont un point d’appui important pour le mouvement de solidarité et les campagnes BDS : il est nécessaire de mettre en cause l’ensemble des entreprises et sociétés, israéliennes ou non, qui tirent profit de la colonisation. Il est légitime de les mettre en demeure de désinvestir si elles ne veulent pas être l’objet de campagnes de boycott.

N’en déplaise au Premier ministre qui joue délibérément la désinformation en amalgamant antisémitisme et critique politique de l’Etat d’Israël, c’est ce que nous continuerons à faire sans nous laisser intimider.

Ainsi le 2 avril et les samedis suivants, nous appelons à des journées d’action avec comme mot d’ordre « Pas de produit de la colonisation dans nos magasins ! »

Le Bureau national de l'AFPS

Israël-Palestine: le jeu ambigu de la France
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 06:33

Brésil: derrière la corruption, un «coup d'Etat à froid»?
"Le juge Sergio Moro qui fait trembler le pouvoir. © Lula Marques/Agência PT Le Brésil s'enfonce dans une crise politique inédite. Mais derrière le scandale de corruption qui touche le pouvoir et l'ancien président Lula apparaît un autre agenda qui est directement politique. Des juges engagés, des dirigeants de l'opposition déchaînés, une presse en campagne… Une partie de l'électorat de gauche, même critique du pouvoir, dénonce le risque d'un « coup d'État à froid », tandis que la destitution de Dilma Rousseff se précise."

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 15:35

Communiqué du Parti Communiste Français

Accord UE-Turquie : "lâche et inacceptable" (PCF)

Lundi, 21 Mars, 2016

L'accord signé vendredi 18 mars entre les 28 chefs d'Etats et de gouvernements et le premier ministre turc est inacceptable.

Il confirme la volonté des dirigeants européens de fermer les portes d'entrée de l'Europe aux populations fuyant la guerre, les violences et la misère. Ainsi, à partir du dimanche 20 mars, tout réfugié arrivant sur les îles et côtes grecques sera renvoyé en Turquie.

Outre la lourdeur du dispositif, cet accord fait l'impasse sur la situation de dizaines de milliers de migrants et réfugiés, déjà sur le sol européen, dont l'espoir d'être « réinstallé » dans un pays européen se réduit de plus en plus.

En effet, la Commission européenne vient de diminuer de moitié ses projets de « réinstallation », passant de 160 000 à 72 000 personnes, alors qu'ils sont aujourd'hui moins d'un millier à en avoir bénéficié.

Et que vont devenir les réfugiés d'Irak, d'Afghanistan, d’Érythrée, du Soudan... ? De fait, le droit d'asile, dont les conditions sont fixées par la Convention de Genève, est foulé aux pieds et le HCR a de nouveau exigé son respect.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dès novembre 2015 appelait « à cesser de construire des murs et de renvoyer des gens ».

La Turquie, quant à elle, se voit gratifier du label de « pays sûr », condition pour recevoir les réfugiés refoulés. Un comble.

Les chefs d'Etat ont donc accepté toutes les conditions fixées par le gouvernement d'Erdogan au plan financier, politique et administratif, fermant les yeux sur la terreur orchestrée par le président turc depuis plusieurs mois, la répression féroce contre la population kurde, la chasse aux démocrates et les atteintes aux libertés d'opinion, d'expression et de la presse.

La quasi totalité des chefs d'Etats ont tout accepté, trop heureux que la Turquie leur permette de se dégager d'une partie de leurs responsabilités d'accueil et d'asile de populations en détresse. Ce « lâche soulagement » suscite de virulentes critiques des ONG, des autorités de l'ONU, des associations et des citoyens attachés aux valeurs de solidarité et d'humanité de notre continent.

A Athènes, Rome, Londres et Genève des manifestations de protestation ont eu lieu.

Le PCF s'associe aux condamnations de cet « accord de la honte ».

L'Europe, première puissance économique mondiale, forte de ses 500 millions d'habitants a les capacités d'accueillir ces femmes, ces hommes et ces enfants. La France se doit également d'ouvrir ses portes aux 30 000 réfugiés qu'elle s'était engagée à recevoir sur notre sol. Elle doit respecter ses engagements.

La France doit notamment veiller à ce que la libéralisation prévue du régime des visa accordée à la Turquie réponde effectivement aux normes et critères définis, notamment par les traités européens, concernant la démocratie, l’État de droit, le respect des libertés fondamentales, les relations avec la République de Chypre, avant l'ouverture de tout chapitre supplémentaire dans la discussion sur l'adhésion potentielle de la Turquie à l'UE.

Enfin, tout doit être mis en œuvre pour s'attaquer aux causes de cette situation : la guerre en Syrie doit cesser, la négociation actuelle aboutir et la feuille de route du Conseil de sécurité de l'ONU acceptée par toutes les parties, régime et opposition réunis, Kurdes inclus.Les autorités françaises doivent peser dans ce sens. La paix revenue sur une partie du territoire syrien,c'est la possibilité offerte à ces réfugiés de retourner dans leur pays ; c'est à ces objectifs de paix que l'UE et les pays-membres doivent consacrer leurs efforts.

Parti communiste français

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 07:11
Cisjordanie: 234 hectares confisqués par Israël près de Jéricho

Israël a confirmé s'être accaparé 234 hectares de terres dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée. Soit la plus importante confiscation depuis deux ans. La zone, hautement stratégique, a été décrétée "terre d'Etat" par Israël, qui a toutefois attendu la fin de la visite de Joe Biden, pour rendre publique sa décision de poursuivre la colonisation. En réalité, près de Jéricho, une partie des terres est déjà exploitée par des colons israéliens qui s'étaient accaparé 154 hectares en janvier dernier. "Au lieu d'essayer d'apaiser la situation, le gouvernement israélien met de l'huile sur le feu" a dénoncé l'ONG La Paix Maintenant, qui craint que ce nouvel accaparement des terres ne serve à faire la jonction avec des colonies déjà implantées. L'acte constitue également un défi aux autorités européennes, alors que Tel-Aviv renoue à peine la dialogue avec Bruxelles.

L'Humanité, 19 mars 2016

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 06:00
Israël-Palestine: "L'intifada des couteaux a 6 mois" (Ouest-France)

En dehors du titre tapageur et inexact, cet interview d'une psychologue suisse installée dans un kibboutz est intéressante.

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 20:44
Marie-Christine Vergiat: expulsions collectives de réfugiés, une solution illégale

Marie-Christine Vergiat. « Une solution illégale »

La Députée européenne estime que si les expulsions collectives ne peuvent être envisagées, les propositions d’ouverture défendues au Parlement méritent une meilleure écoute politique.

Marie-Christine Vergiat (Front de gauche), Députée européenne du grand Sud-Est, souligne les difficultés de la démocratie parlementaire au sein de l’Union après des débats difficiles sur la question des migrants, à Strasbourg.

La Marseillaise. La « solution turque » semble avoir provoqué un débat houleux, au parlement européen. Qu’en est-il exactement ?

Marie-Christine Vergiat. Un certain nombre de gens se battent pour l’évolution des droits de l’homme en Turquie. Le Groupe des Verts, le Groupe socialiste et nous, avons envoyé des délégations, y compris au Kurdistan. A Istambul nous avons rencontré les universitaires, dont 300 sont inculpés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. On sait ce que ça veut dire en Turquie… Je vous dis ça pour expliquer les positions de la gauche de l’hémicycle dans le cadre des discussions autour de l’implication de ce pays sur le dossier des migrants… Mais il y a une nette majorité, notamment sur la question des réfugiés, qui pousse dans le bon sens. La question qui embête tout le monde, et qui est porteuse de clivages, c’est celle du contrôle aux frontières. Par ailleurs mardi matin, nous avons eu une expression du Haut commissaire aux réfugiés qui n’a pas parlé directement de la Turquie mais qui reste très explicite. L’accord passé avec elle ne respecte pas le droit européen et le droit international notamment sur l’idée des expulsions collectives [L’Onu est intervenue dans le même sens, hier, ndlr], complètement contraire à la convention de Genève.

La Marseillaise. Comment se sont comportées les droites parlementaires ? On parle « d’obstruction… »

Marie-Christine Vergiat. Une partie de la droite parlementaire, du centre, est avant tout contre l’entrée de la Turquie dans l’UE. Dans les éléments de l’accord avec la Turquie, il y a la relance du processus d’adhésion... Pour eux, ça bloque. Par ailleurs, il y a les islamophobes –le mot ne me fait pas peur– qui eux montent au créneau et dont la pire expression a été celle du député d’Aube dorée [Eleftherios Synadinos, qui a proféré des insultes lamentables à l’endroit du peuple, turc, ndlr] provoquant son expulsion par le Président Martin Shulz. C’était hallucinant de racisme pur et au premier degré. Mais il y en a qui font ça de façon plus feutrée. Parmi ceux qui sont contre l’entrée de la Turquie, certains ont pour simple argument que ce pays est composé d’une population à majorité musulmane. Ils se disent que si la Turquie rentrait dans l’UE dans quelques années, ce serait aussi le pays le plus peuplé de l’Union. C’est important à souligner dans le contexte...

La Marseillaise. Alors que de nombreux pays semblent vouloir de toutes les façons fermer leurs frontières, quel est le poids réel du parlement, que vous dites beaucoup plus ouvert ?

Marie-Christine Vergiat. Pour ce qui est du poids du parlement, ça dépend vraiment des sujets. Il y a des résolutions que nous prenons mais qui resteront à l’état d’avis pour les gouvernements, sans plus. Sur la question des migrants ce n’est tout à fait pareil : il va falloir que cet accord se traduise par des actes législatifs. Sur ces actes législatifs nous sommes en « co-décision », comme on dit dans le jargon européen, avec le Conseil. Chacun prend position sur un texte et on essaie de trouver un point d’accord. Souvent, le Conseil ne veut rien bouger, pour ces textes-là. Le Parlement européen n’obtient que de petites concessions. Parce que le rapport de forces nous est défavorable, au final, sans l’appui des opinions. C’est ce que je dis toujours, nous avons besoin de la mobilisation citoyenne. On nous dit souvent, même nos amis politiques à gauche, que « le parlement européen ne sert à rien ». On ne peut pas dire les choses comme ça. Il faut au contraire passer à l’offensive et agir contre l’extrême droite européenne, qui en ce moment plombe ce débat de la question migratoire.

Entretien réalisé par Claude Gauthier (La Marseillaise, le 11 mars 2016)

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 08:42
Alexis Tsipras invité du PCF à Paris: "Un monstre grandit en Europe" (Médiapart)

Alexis Tsipras: «Un monstre grandit en Europe»


"Le premier ministre grec est à Paris. Il devait rencontrer François Hollande samedi. Vendredi soir, à l’invitation du PCF, il a participé à une réunion avec d’autres représentants de la gauche des gauches européennes. L’occasion de dénoncer la gestion européenne d'une double crise, économique et des réfugiés."

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 08:29

Sommet UE-Turquie : l’accord de la honte

En octobre 2015, à l'issue d'une réunion de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, son président, souhaitait que "l'Europe soit recherchée comme une terre de refuge et que l'accueil de 160 000 réfugiés soit une première historique est un motif de fierté".

Déjà, à l'époque, cette déclaration était particulièrement déplacée, car, depuis des mois et des années, les drames s'accumulaient sur la route des migrants venant d'Afrique et du Proche-Orient, par la Méditerranée.

Mais aujourd'hui, elle résonne comme un terrible désaveu devant les échecs, les capitulations de l'UE, son incapacité à remplir ses devoirs de solidarité et à appliquer ses propres décisions.

Six mois après, l'accord signé au Sommet UE-Turquie du 7 mars ne peut que provoquer un sentiment de profonde honte.

En effet, l'accord entre le premier ministre turc Davitoglu et les chefs d'États ou de gouvernements de l'UE vise à renvoyer en Turquie tous les migrants, syriens compris, aujourd'hui en Grèce, venus au péril de leur vie, chercher un refuge en Europe.

En contrepartie, l'UE s'engage à faciliter l'obtention de visas de tous les États membres aux citoyens turcs, d'accélérer le versement des 3 milliards déjà promis, d'en ajouter 3 milliards supplémentaires et de favoriser la reprise des négociations pour l'adhésion de la Turquie à l'UE.

De son côté, la Turquie s'engagerait, outre à reprendre les réfugiés expulsés d'Europe, à organiser, selon le principe de "un pour un", le passage vers la Grèce de Syriens, uniquement dans le cadre de mesures contrôlées et sécurisées, où l'OTAN jouerait un rôle.

A l'avenir, même si l'accord ne l'indique pas, le rapatriement des autres réfugiés - Afghans, Erythréens, Soudanais, Irakiens ... - non admis en Europe, serait mis en place en direction de leurs pays d'origine. Le premier ministre turc déclarait être en discussion sur ce sujet avec ces pays.

Ainsi, l'UE et les États membres abandonnent à la Turquie la responsabilité d'assurer le contrôle de leurs propres frontières et de gérer l'accueil des réfugiés qui vont être chassés de Grèce.

Or, ces réfugiés veulent aller en Europe, pas en Turquie, et le droit international exige que leur choix soit respecté.

Enfin, le passage - sous contrôle - Turquie-Europe restera aléatoire, lié au bon vouloir d'accueil des pays européens, déjà très réticents. Les 1,2 millions de migrants en 2015 arrivés sur le sol européen ne représentent pourtant que 0,3% de la population européenne.

L'Europe se transforme peu à peu en bunker, sourd et aveugle devant la détresse des réfugiés.

Pire, l'UE organise leur expulsion, leur refoulement avec l'aide de la Turquie, niant leur droit à choisir un pays d'accueil où déposer leur demande, la Grèce étant dans l'impossibilité de les accueillir malgré l'extraordinaire élan de solidarité de son peuple.

Que la Turquie ait pu ainsi être investie, grâce à un chantage politique et financier, du rôle de partenaire indispensable auprès de l'UE ne peut que provoquer colère et indignation. Le régime autoritaire turc se livre à une véritable chasse aux démocrates, aux journalistes indépendants ; il mène sur son territoire une guerre sans merci contre les Kurdes ; intervient en Syrie contre les Kurdes syriens qui combattent les groupes djihadistes, groupes armés que la Turquie n'a cessé depuis des années d'utiliser pour ses intérêts de puissance régionale.

Les dirigeants européens ont-ils mesuré les conséquences de leurs décisions et l'image qu'ils donnent de marchandage, de trafics sur la détresse des réfugiés, avec un pays qui bafoue toutes les valeurs démocratiques que l'UE est censée représenter ?

Pourtant, l'UE a les moyens de répondre à ses devoirs d'accueil et d'asile, comme ne cessent de le rappeler l'ONU et son agence pour les réfugiés, le HCR, les grandes associations des droits humains et de défense des migrants, des élus, des citoyens de tous les pays d'Europe, attachés aux valeurs de solidarité, d'entraide et de partage.

Ainsi, l'UE pourrait, avec les États membres qui ont donné leur accord, accélérer l'installation des 160 000 réfugiés, respectant l'engagement pris en octobre et dont le nombre aujourd'hui ne s'élève qu'à un millier !

Que l'UE organise, avec les moyens importants qui sont les siens, non le refoulement de populations, mais l'ouverture entre la Turquie et la Grèce de voies légales sécurisées de passage pour les réfugiés, qui rendraient aussitôt caduc le recours aux passeurs et trafiquants.

Mais l'UE et les États membres ont aussi des responsabilités dans les tragédies qui frappent aujourd'hui les peuples du Proche-Orient, les poussant sur les routes de l'exil. Le conflit en Syrie entre dans sa 5e année. L'UE doit peser de tout son poids pour que le projet de transition politique se mette en place rapidement, pour arriver à un cessez-le-feu durable et à l'arrêt des hostilités dans les luttes inter-syriennes. L'UE s'est trop longtemps alignée sur les positions de ses amis du Golfe, de l'Arabie saoudite, du Qatar... de la Turquie, encouragée dans cette voie par la France qui a multiplié les surenchères politiques et militaires. Nous en mesurons aujourd'hui les conséquences désastreuses : cela n'a que trop duré.

L'UE et les États membres se doivent d'apporter un soutien sans équivoque à la feuille de route, fixée par le Conseil de sécurité de l'ONU et à sa mise en oeuvre.

Et la France ?

Le président Hollande a salué, quant à lui, cet accord "comme un acte très important de la Turquie pour réadmettre les réfugiés et les migrants qui l'ont quittée de façon irrégulière vers la Grèce".

Cette déclaration est dans la droite ligne de la politique française depuis des années. Les autorités françaises sont concentrées non sur comment accueillir mieux et plus ces familles en détresse, mais sur comment faire pour en limiter le nombre, sans égards pour ce qu'elles ont vécu et leurs attentes.

Cette froideur devant la tragédie de la guerre, de la violence, de la pauvreté est inacceptable.

D'autant que notre pays n'a connu en 2015 qu'une augmentation limitée de réfugiés, 20% sur 2014, avec 4600 Syriens sur les 362 000 arrivés en Europe .... le fantasme de "submersion" alimenté par l'extrême droite aurait-il frappé l'esprit des dirigeants français ?

Le gouvernement français et le président Hollande ne peuvent accepter cet « accord de la honte" signé lundi, concocté par la chancelière Merkel et le premier ministre turc. Notre pays doit faire entendre sa voix, ses valeurs, ses principes en matière de défense des réfugiés et des migrants, en rappelant la vocation de terre d'asile de la France.

Déjà contraint de jouer les garde-frontières de la Grande-Bretagne à Calais, notre pays va-t-il maintenant participer à des expulsions massives de réfugiés honteusement qualifiés "d'irréguliers" de la Grèce vers la Turquie?

Il doit au contraire proposer que ces populations, aujourd'hui bloquées en Grèce du fait des frontières fermées dans les Balkans, puissent être accueillies dignement dans les pays qui ont laissé la porte ouverte à la solidarité.

Les capacités d'accueil existent dans notre pays dans les villes et les villages. Des actions solidaires d'associations, de citoyens sont aujourd'hui inutilisées : 15 000 réfugiés étaient attendus en 2015, seules quelques centaines ont été relogées.

Des engagements ont été pris d'aides financières en faveur des collectivités accueillantes. Au lieu de jouer la stigmatisation, la division entre réfugiés et migrants, la France doit leur tendre la main et faire la preuve qu'elle reste ce grand pays de fraternité et de solidarité qui lui valent le respect et le regard amical et chaleureux de bien des pays dans le monde.

A la prochaine réunion du Sommet européen, la France doit exiger le rejet de cet accord et enfin, accueillir dignement ces hommes, ces femmes et ces enfants abandonnés.

Sommet UE- Turquie: l'accord de la honte (PCF)
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