Alors qu'Israël est confronté, depuis six mois, à une révolte contre l'occupation, les mineurs sont la première cible de la répression.
- par Mélinée Le Priol, correspondante du Ouest-France à Ramallah
Touché par une vague d'attaques - notamment au couteau- qui ont tué une trentaine d'Israéliens depuis octobre, mais semblaient ralentir avant l'attentat de lundi à Jérusalem (21 blessés), l'Etat hébreu réprime sévèrement.
En six mois, plus de 200 Palestiniens ont été tués. Des assaillants, mais aussi des manifestants; plusieurs milliers ont été arrêtés, dont 1500 avaient moins de 18 ans, selon les ONG.
Ces arrestations de mineurs palestiniens ne sont pas une nouveauté.
Depuis 2010, on en dénombre 1200 chaque année. Quand elles n'ont pas lieu au domicile des parents, souvent en pleine nuit, ces arrestations se font au check-points ou sur le chemin de l'école. Les forces de sécurité israéliennes disposeraient en effet de listes de jeunes recherchés, car jugés "capables de faits de terrorisme" ou "d'incitation à la violence". Les réseaux sociaux, notamment, sont étroitement surveillés.
"En ce moment, 450 mineurs palestiniens se trouvent dans des prisons israéliennes" dénombre le militant associatif Qadura Fares - l'armée israélienne concède le chiffre de 119 détenus. "La plupart de ceux arrêtés depuis l'automne ont été relâchés, souvent avec une lourde amende pour les parents, une assignation à résidence ou une interdiction d'utiliser Internet. Tous ont été torturés", assure Qadura Fares.
Contrairement aux palestiniens d'Israël et de Jérusalem, ceux de Cisjordanie ne sont pas jugés par des tribunaux civils, mais militaires. Or, cette juridiction peut condamner à de la prison dès l'âge de 12 ans. Les jeunes risquent alors six mois de prison pour un simple jet de pierre, chef d'accusation retenu contre deux tiers des mineurs arrêtés.
Ouest-France, 20 avril 2016
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