Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 08:26
Stop the deal, halte à la barbarie européenne! Signez la pétitition d'Amnesty International: Les réfugiés ne sont pas des marchandises!
> Signez la pétition


Les barbelés, les gaz lacrymogènes, les conditions épouvantables de vie aux frontières ne suffisaient pas : les dirigeants européens franchissent un nouveau cap pour « trouver une solution » à la crise de l’accueil des réfugiés.

L’Union européenne est sur le point de conclure, le 18 mars, un marchandage honteux avec la Turquie : elle prévoit de renvoyer vers ce pays les migrants, et les réfugiés syriens, qui ont tenté de rejoindre l’Europe en traversant la mer Egée. En échange, pour chaque Syrien ainsi renvoyé, elle accepterait un autre réfugié syrien depuis la Turquie.

Pour le dire autrement un réfugié syrien ne pourra être accueilli en Europe que si un autre réfugié syrien a risqué sa vie en mer. En contrepartie, l’Union européenne ferme les yeux sur les violations des droits humains des réfugiés en Turquie.

Les réfugiés deviennent donc l'objet d'un marchandage.

S’ils signent cet accord, les dirigeants européens mettent en péril le droit de solliciter l’asile. Pourtant, ce droit est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et les Etats européens sont tenus de respecter la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés. Ils foulent aux pieds les principes et les valeurs de l’UE en mettant en place des expulsions collectives à ses frontières.

La France, qui se proclame terre d’asile, ne peut pas accepter de signer un tel accord.

Notre pays doit, à ce moment précis, porter haut les valeurs de protection, d’accueil et de solidarité avec toutes celles et ceux qui fuient les persécutions et les conflits.

Avec nous


- Refusez que les réfugiés deviennent l'objet d'un marchandage.
- Exigez de l’Union européenne qu’elle respecte ses valeurs et ses propres règles.
- Exhortez François Hollande à rejeter, au nom de la France, cet accord.

60% des réfugiés arrivant en Grèce depuis la Turquie sont des femmes et des enfants

60% des réfugiés arrivant en Grèce depuis la Turquie sont des femmes et des enfants

Partager cet article
Repost0
3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:28
Israël a démoli 312 constructions palestiniennes en Cisjordanie en 6 semaines, soit plus de la moitié du total de 2015

Israël démolit 313 constructions palestiniennes en six semaines Plus de 500 Palestiniens ont été déplacés en raison des démolitions depuis le début de 2016, dont la grande majorité en Cisjordanie.

par Natasha Roth = 972 mag - site de l'AFPS

Israël a démoli 313 constructions palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est entre le 1er janvier et le 15 février 2016, soit plus de la moitié du total pour toute l’année 2015.

Plus d’un tiers de ces démolitions a été effectué en l’espace d’une semaine, entre le 9 et le 15 février, selon l’office humanitaire de l’ONU, OCHA. Le rythme intensif des démolitions depuis de l’année est en net contraste avec une relative accalmie à la fin de 2015, qui elle-même a suivi plusieurs vagues d’importantes démolitions tout au long de l’été dernier. Plus de 500 Palestiniens ont été déplacés en raison des démolitions depuis le début de 2016, la grande majorité d’entre eux en Cisjordanie. Les communautés palestiniennes des Collines d’Hébron du Sud, de la Vallée du Jourdain et de la zone E1 autour de Ma’ale Adumim ont été particulièrement affectées, selon l’association israéliennes des droits de l’homme, B’Tselem. La raison majeure à la base de ces démolitions est variable dans ces trois régions. Dans les Collines d’Hébron du Sud, huit villages se situent dans la “Zone de Tirs 918”, une zone d’entraînement militaire décrétée unilatéralement par l’armée israélienne. Pendant les 15 dernières années, l’armée a essayé de forcer les Palestiniens à évacuer ce territoire afin de pouvoir l’utiliser pour des exercices militaires. La dernière vague de démolitions a eu lieu au début de février quand l’Administration Civile — le gouvernement militaire israélien en Cisjordanie — a démoli 22 constructions dans deux villages distincts. La Vallée du Jourdain est un objectif à long terme de la politique d’annexion du gouvernement israélien. Les démolitions, les exercices militaires dérangeants et destructeurs et le redécoupage arbitraire des terres sont tous utilisés afin de regrouper les habitants des zones palestiniennes dans des enclaves de plus en plus petites, avec le but ultime de les faire partir totalement. L’ Administration Civile a exécuté une série de démolitions dans la Vallée du Jourdain en janvier et au début de février.

Les Palestiniens vivant dans la zone E1 autour de la colonie de Ma’ale Adumim, pendant ce temps, sont en permanence menacés d’expulsion en raison des projets israéliens de créer un territoire d’un seul tenant entre Jérusalem et la colonie. Plusieurs phases de démolitions y ont eu lieu en janvier. Dimanche, la seule école à Abu al-Nuwaar, une communauté bédouine dans la zone E1, a été démolie par les autorités israéliennes. Environ un tiers des constructions de Cisjordanie détruites cette année par Israël avaient été financées par les Européens, selon un reportage dans Haaretz (en hébreu). Le rythme en a significativement monté en puissance depuis 2015 : 104 constructions financées par les Européens ont été démolies cette année, contre 108 l’année dernière. Selon le rapport d’Haaretz, l’Administration Civile a été mise sous pression depuis l’intérieur du gouvernement pour accélérer le rythme des démolitions de maisons, bien que l’administration n’ait pas confirmé si ceci avait effectivement mené à l’accroissement de l’activité depuis le début de l’année. Israël a émis plus de 14.000 ordres de démolition à l’encontre de constructions palestiniennes dans la Zone C de la Cisjordanie, qui est entièrement sous contrôle sécuritaire et administratif israélien, depuis 1988. Environ 3.000 démolitions ont été exécutées dans cette période, en laissant quelque 11.000 ordres en suspens qui concernent plus de 17.000 constructions. Le gouvernement israélien soutient que de telles démolitions sont ordonnées et exécutées en raison de l’absence de permis de construire, mais entre 2010 et 2014 seulement 1,5 pour cent des demandes de permis par les Palestiniens en Cisjordanie ont été approuvées. La Coordination des Activités du Gouvernement dans les Territoires (CAGT), l’organisme qui préside l’Administration Civile, n’a pas répondu à une demande de commentaire sur ce problème. Dans le cas où une réponse serait reçue, elle serait ajoutée à cet article.

Partager cet article
Repost0
22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 19:41
Migrants: message du PCF aux participants du sommet européen de Bruxelles

Migrants : Message du Pcf aux participants du sommet de Bruxelles

L'Europe s'est construite à la sortie de la deuxième guerre mondiale sur « le plus jamais ça !», sur la victoire contre le fascisme et le nazisme.

L'illustration de cette volonté a permis la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, son article 1 « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Les annonces successives de la Suède, du Danemark, de l'Autriche, de la Pologne, de la Croatie, de la Slovénie, de la Hongrie de fermetures des frontières sont à l'exact opposé de la fraternité. A quand une condamnation ferme des ces politiques inhumaines ?

Les déclarations de Valls à Munich, comme l'attitude de la Grande Bretagne dressent toujours plus de murs, ajoutent à la surenchère sécuritaire et xénophobe.

Les propos comme leur contenu sont inqualifiables ! Un ministre de la République ne peut pas bafouer et brader ainsi les valeurs de la République.

Pour en rajouter encore à l'indignité, oser faire une assimilation entre le flux des réfugiés et « l'hyper terrorisme » ou la « terreur de masse » relève de la plus criminelle des inconséquences. Ces femmes, ces enfants, ces hommes fuient la terreur des bombardements, dont la France est aussi responsable, ils essayent de sauver leur vie.

84 % des migrants sont des réfugié-e-s fuyant des zones de conflits.

La lutte contre le terrorisme et la misère ne peut se faire sans une politique radicalement différente, sans combattre les inégalités, l'exploitation des hommes et de la planète, le terrorisme continuera à se développer sur le terreau de la compétition et de l'argent roi.

L'article 5 dit« tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »

L’Europe avec ses 510 millions d'habitants ne serait pas en mesure d'accueillir 2 millions de réfugiés ?

Faisons le point sur la réalité de l'accueil des réfugiés en France :la France s'était engagée sur 25000 accueils, seulement 56 personnes ont été accueillies à ce jour dans le cadre de la relocalisation ( sources le HCR).

Le réalisme c'est de reconnaître que la stratégie de la guerre, de la répression est non seulement coûteuse, mais complètement inefficace. Les seuls résultats obtenus sont des morts en Méditerranée et ailleurs, une nouvelle montée du racisme et de la xénophobie.

Les dirigeants européens continuent à mener des politiques humainement irresponsables.

Les citoyens européens, les ONG, les associations sont les seuls, qui tous les jours, agissent avec humanité et solidarité.

Tous ces moyens mobilisés pour faire la guerre, pour le tout sécuritaire pourraient être utilement orientés vers des politiques de coopération, de développement et de paix.

La vérité c'est que les politiques d'austérité renforcent les injustices et la misère.

L'Europe peut faire d'autres choix :

  • Un couloir humanitaire, sous égide de l'ONU, doit être mis en place.

  • Des routes légales et sécurisées.

  • Les places en centre d'accueil multipliées.

  • L'attention portée aux mineurs et aux femmes doit être renforcée.

  • L'abrogation des accords de Dublin.

  • Le respect de la convention de Genève 1951 sur les réfugiés.

Face à la tragédie inhumaine que nous vivons, les communistes se sentent pleinement engagés pour la paix, contre la guerre et la barbarie, pour la solidarité et l'accueil des réfugiés dans notre pays, la France.

Partager cet article
Repost0
22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 19:12
De retour de Palestine, Patrick Le Hyaric interpelle Jean-Marc Ayrault

De retour d’une mission en Palestine, Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen et directeur de l’Humanité, s’adresse à Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, pour l’inciter à accélérer le processus de convocation d’une conférence internationale et le dépôt d’une résolution contre la colonisation au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Fait à Saint-Denis, le 17 février 2016

Monsieur le Ministre Jean-Marc Ayrault,

De retour d’une mission de parlementaires européens en Palestine je me dois de vous informer de ce que j’y ai vu.

D’abord, comme vous le savez la situation ne cesse de s’y aggraver du fait de l’amplification de la colonisation impulsée par le gouvernement israélien. C’est le cas à Jérusalem-Est et dans plusieurs endroits des territoires dont le cœur de la vieille ville d’Hébron où des rues entières sont privatisées, les colons israéliens y installent des barrières de contrôle, accaparent des maisons, et créent toutes les conditions pour que les palestiniens quittent certains quartiers dans la vieille ville d’Hébron.

C’est le cas aussi dans tout l’espace baptisé « zone C » où les « paysans bédouins » sont chassés, leurs terres volées, leurs maigres habitations et bâtiments de ferme démolis dans une violence aussi brutale que le silence qui entoure ces vols punissables par le droit international.

Tous les palestiniens de la rue que nous avons rencontrés ne comprennent pas cette impunité à l’égard du gouvernement israélien. Ils le vivent comme une injustice devenue de plus en plus insupportable. Ils nous demandent d’agir.

Tout aussi incompréhensible est pour eux l’attitude de pays européens et de l’Union européenne qui financent des projets utiles à la vie dans les villages ou les villes, pour l’accès à l’eau, la santé ou l’éducation, détruits par l’armée israélienne sans qu’aucun compte ne soit demandé, sans qu’aucune sanction ne soit prise.

Pourtant l’Union européenne dispose d’un outil juridique contre les démolitions israéliennes, les atteintes répétées aux droits humains, le vol de terres et de maisons : l’application de l’article 2 de l’accord d’association Union Européenne – Israël qui prévoit que celui-ci est suspendu dès lors que les principes de démocratie et de respect des libertés sont violés.

Les responsables de l’URNWA en poste à Gaza nous ont fait part de l’insupportable dégradation de la situation qu’ils constatent avec notamment la difficulté persistante de construire des logements détruits lors de la dernière offensive guerrière de l’armée israélienne.

Je dois aussi vous informer de l’immense attente que suscitent les propositions d’initiatives françaises formulées ces derniers mois par votre prédécesseur.

Tous les dirigeants qui comptent en Palestine, le premier ministre, M. Nabil SHAATH, M. Saeb EREKAT, Mme Samia Bamya, Vice-ministre chargée des affaires européennes au Ministère des Affaires Etrangères, ont beaucoup insisté sur la nécessité de réussir ces nouvelles initiatives politiques et diplomatiques. J’ai compris qu’ils comptent beaucoup sur la France, donc sur vous-même Monsieur le Ministre.

Ces deux actes forts seraient d’une part le dépôt d’une résolution au Conseil de sécurité condamnant la colonisation et l’occupation israélienne. D’autre part la relance sous des formes nouvelles d’une conférence internationale sur la base du droit international pour parvenir à une solution à deux Etats viables, en sécurité, dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine.

Dans l’esprit des dirigeants palestiniens il s’agirait d’un processus. Ils accepteraient pour l’amorcer, un forum d’un format limité à quelques pays européens, à des membres du Conseil de sécurité de l’ONU, à l’Egypte, à des représentants de la ligue Arabe.

Ils nous ont également informés que se tient actuellement à Doha des réunions visant à une unité nationale Palestinienne entre le Fatah et le Hamas en prévision de la préparation d’élections générales.

Ils refusent avec fermeté que les mouvements terroristes utilisent la cause palestinienne pour justifier leurs crimes et souhaitent entamer un processus démocratique en Palestine.

Celui-ci ne sera possible qu’avec l’arrêt de la colonisation, un début de négociation et la réconciliation palestinienne.

Enfin, plusieurs de nos interlocuteurs ont évoqué la nécessité de déployer une force de protection internationale du peuple palestinien qui en même temps contribuerait à la sécurité des populations israéliennes.

Les instruments juridiques existent pour une telle initiative avec les résolutions des Nations Unies dont la 605 de 1987, la 672 de 1990, la 904 de 1994.

Je suggère que la France soutienne une telle proposition qui permettrait dans un premier temps de modifier le climat actuel et de sécuriser les populations.

Si vous poursuivez les démarches engagées, nul doute que vous trouverez à vos côtés des élus, des parlementaires, des forces politiques dans notre pays et au-delà pour réussir, enfin, un processus de reconnaissance de deux Etats et la fin de l’occupation.

Tels sont les quelques éléments que je souhaitais porter à votre connaissance, en souhaitant ardemment que vous puissiez porter rapidement sur la scène internationale ces deux initiatives sur lesquelles la diplomatie française s’est déjà engagée.

Je reste évidemment à votre disposition ou celle de vos services pour un compte rendu plus exhaustif.

Dans l’attente, recevez, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Patrick LE HYARIC

Partager cet article
Repost0
22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 18:20
Syrie: l'offensive de Damas contre les hôpitaux soutenus par MSF (Médiapart)

Syrie: l’offensive de Damas contre les hôpitaux soutenus par MSF


"L’hôpital Ma’arat Al Numan soutenu par MSF a été attaqué et détruit le 15 février 2016. © MSF Les frappes aériennes qui se sont multipliées en 2015 contre les centres d’aide médicale ne sont pas des bavures à répétition. Un rapport de Médecins sans frontières montre qu’elles relèvent d’une stratégie délibérée destinée à terroriser les civils et à dissuader ceux qui s’efforcent de les aider. Ce qui constitue un crime de guerre."

Partager cet article
Repost0
21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 11:07
Père Patrick Dubois: "Daech commet un génocide contre le peuple yézidi"
Père Patrick Dubois: "Daech commet un génocide contre le peuple yézidi"

"L'homme est un loup pour l'homme", la maxime que Thomas Hobbes a emprunté aux latins n'est plus à prouver.

Avec Daech, un monstre international (30 000 combattants étrangers, encadrés par beaucoup d'anciens officiers irakiens), mi-armée de croisés fanatiques ayant une vision de la religion complètement stupide et caricaturale, mi-entreprise criminelle et mafieuse (soutenue par des dons privés des Emirats et de l'Arabie Saoudite, Daech se finance aussi par le trafic d'hydrocarbures et le racket), né de la brutalité d'années de dictatures et de guerres en Syrie et en Irak, mais aussi de l'exportation d'une vision de la religion musulmane ultra-sectaire et réactionnaire, on atteint des sommets de complaisance dans la violence, le vice, le sadisme et la cruauté, tout ça sous couvert de religion et avec la bonne conscience de ceux qui prétendent gagner le paradis par le djihad en terrorisant la population syrienne et irakienne, en décapitant des hommes et en réduisant en esclavage ou exterminant les infidèles.

Dont ces Yézidis, victimes aujourd'hui d'une entreprise génocidaire qui rappelle à certains égards celle de l'Etat turc contre les Arméniens il y a cent ans pendant la première guerre mondiale.

La religion yézidie trouverait ses origines dans l'Iran de l'Antiquité où existait le culte de Mithra et le zoroastisme. Remontant à plus de 4000 ans, le yézidisme est une des plus anciennes religions au monde. Les yézidis croient en un dieu unique, Xwede, qui est servi par sept anges, dont le vénéré est Malek Taous, "l'ange paon", considéré à tort par les musulmans comme le Satan de la Bible et du Coran. Dans cette religion qui accorde une grande place à la nature, le soleil est considéré comme un symbole de lumière divine. Les yézidis prient face à l'astre solaire. Présentés parfois comme les "kurdes originels", les yézidis ont souvent été persécutés lors des guerres d'expansion musulmanes. La communauté d'Irak est principalement implantée dans la région du Sindjar, à cheval entre le nord-est de la Syrie et l'Irak, dont la montagne est considérée comme sacrée et protectrice. La communauté compte six cent mille fidèles en Irak. Elle est divisée en castes: les pirs détiennent le savoir religieux, les cheiks gèrent les sanctuaires, les mourids forment le reste de la population.

Le 3 août 2014, trois mois après leur victoire éclair sur la ville de Mossoul, les djihadistes de Daech ont attaqué la région du Sindjar, peuplée d'environ 400 000 yézidis et d'une minorité d'Arabes Sunnites. Appartenant à la province de Ninive, placée sous le contrôle direct de Badgad, le Sindjar est un territoire revendiqué par la région du Kurdistan autonome. Confrontés aux hommes de Daech, les forces kurdes irakiennes ont pris la fuite. 5000 yézidis ont été capturés ou tués, tandis que des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, se sont réfugiés dans le mont Sindjar. Assiégés sous un soleil de plomb, ils ont résisté 5 jours sans eau ni nourriture, jusqu'à ce que des milices kurdes de Syrie ouvrent courageusement un passage sécurisé dans la montagne. En novembre 2015, les combattants kurdes, appuyés par les bombardements de la coalition, sont parvenus à reprendre la région du Sindjar.

La Revue XXI a consacré ce trimestre un article nécessaire mais horrifiant par son contenu à ces "passeurs de vie" qui, à partir de l'Irak, travaillent pour des familles yézidis dont les femmes, les filles, ont été réduites au rang d'esclaves, et souvent d'esclaves sexuelles par les hommes de Daech, et les jeunes enfants servent, après un lavage de cerveau, de chair à canon voire de bourreaux pour les terroristes. Ces passeurs, contre de l'argent souvent, grâce à des réseaux d'informateurs et de résistants à la terreur islamiste à Raqqa, réussissent à récupérer les filles yézidies, qui sont souvent passées par plusieurs propriétaires (elles sont vendues sur la messagerie WhatsApp, de gré à gré entre les hommes de Daesh, syriens, irakiens, ou étrangers: algériens, tunisiens, allemands, français, libanais, tchétchènes ...) se comportant quasiment constamment de manière sadique et inhumaine avec elles. Même des filles de 9 ans sont bourrées d'hormones pour devenir pubères plus tôt et vendues ensuite à des vieux dégoûtants.

Les familles doivent payer entre 5000 et 10 000 dollars pour tenter de récupérer leurs filles et leurs femmes en Syrie, l'argent transitant par la Turquie.

Les hommes qui les ravissent à leurs bourreaux prennent de gros risques; beaucoup sont décapités ou pendus dans cet enfer sur terre et de ce repère de dingues qu'est devenue Raqqa (765-809), la deuxième ville après Bagdad d'Haroun al-Rachid, le calife des Mille et une nuit.

A lire aussi, cet article du Télégramme du 6 février, car il est relativement instructif sur ce qu'est Daech, dans sa dimension internationale, le témoignage de Sophie Kasiki, auteur de "Dans la nuit de Daesh", témoignage d'une repentie, chez Robert Laffont.

Père Patrick Dubois: "Daech commet un génocide contre le peuple yézidi"
Partager cet article
Repost0
20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 06:00

Ah! Cette fameuse détention administrative dont se délecte tant le gouvernement et la "justice" israélienne. Héritière du droit colonial britannique, celle du fameux mandat sur la Palestine, elle est utilisée de la même manière par Tel-Aviv. Au trou, pour six mois, emprisonnement renouvelable autant qu'il le faut. Comme le veulent les maîtres. Nul besoin de donner des raisons. Le droit n'existe plus. Est-ce là l'attitude d'un pays qui s'autoproclame "la seule démocratie du Proche-Orient"?

Des milliers de Palestiniens (peu importe qu'ils soient hommes, femmes ou mineurs) sont incarcérés à ce titre. Parmi eux, le journaliste palestinien Mohamed Al Qiq. Le Shin Beth, la sécurité intérieure israélienne, l'accuse d'être un membre actif du Hamas, considéré comme "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union Européenne. Nul besoin de preuves. Notre confrère a été mis en prison comme un vulgaire prisonnier de droit commun. Et l'on sait, par des organisations israéliennes comme B'Tselem, que la torture est un quotidien des geôles israéliennes. Etre membre du Hamas serait donc un élément suffisant pour embastiller un Palestinien?

Mohamed Al Qiq a toujours dénoncé cette incarcération. Il est entré en grève de la faim pour dénoncer une arrestation et une détention arbitraire. Pour être entendu, il observe une grève de la faim depuis le 25 novembre. Il entend dénoncer "la torture et les mauvais traitements qu'il a subis pendant son interrogatoire" a indiqué Addameer, une organisation palestinienne de défense des prisonniers. "Il a perdu la capacité de parler et a du mal à entendre", selon son avocat. Transféré dans un hôpital, il est toujours, en réalité, sous contrôle des autorités judiciaires israéliennes.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) vient de dénoncer les mesures prises contre ce journaliste et vient d'interpeller Benyamin Netanyahou.

Pierre Barbancey, L'Humanité du 19 février 2016

Partager cet article
Repost0
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 07:23
Quand Poutine met ses agences de presse au service des délires racistes et anti-immigration

Le vendredi 12 février, la correspondante du Monde à Moscou, Isabelle Mandraud, dans un article intitulé "L'offensive médiatique russe vise l'Europe. Moscou dépeint une union européenne déstabilisée par les réfugiés et attaque l'Allemagne", relate comment le régime autoritaire brutal et à bien des égards d'extrême-droite de Vladimir Poutine nourrit les réseaux d'information (y compris net) xénophobes en Europe et alimente dans l'opinion russe l'idée d'une Europe mise à feu et à sang par les réfugiés et les immigrés. Pas étonnant que l'extrême-droite radicale française, Marine Le Pen et le FN, Dupond-Aignan fassent de Poutine leur modèle.

Morceaux choisis:

"Une Europe plongée dans l'insécurité et des dirigeants incapables d'y remédier, quand ils ne mentent pas de façon délibérée à des fins électoralistes. Telle est la vision présentée par les médias publics russes, qui consacrent une bonne partie de leurs informations à la crise migratoire en Europe, mettant en avant quasiment exclusivement les incidents survenus la nuit du Nouvel an à Cologne, durant laquelle de nombreuses femmes ont été agressées, mais pas seulement. Tous les pays d'Europe sont concernés.

Alors que des dizaines de milliers de Syriens se pressent de nouveau aux portes de la Turquie pour fuir les bombardements russes dans le nord de leur pays dénoncés par les Occidentaux, Moscou accroît la pression en dépeignant une Europe déstabilisée. L'ensemble des réseaux russes sont mobilisés, chaînes de télévision, agences, sites internet, ainsi que leurs antennes et bureaux à Londres, Berlin, Paris ou Vienne, pour diffuser en plusieurs langues une "version" déformée des événements.

D'Autriche, de Suède ou de Bruxelles, la tonalité des "nouvelles" est toujours la même, les titres ravageurs. "Vienne: un migrant viole un enfant de dix ans dans une piscine". "Journaliste belge agressée lors d'un reportage à Cologne". "L'Autriche ne va pas renvoyer un demandeur d'asile qui a violé une femme de 72 ans", "Les procureurs suédois ne seront pas obligés de signaler les agressions sexuelles par des réfugiés"...

Le 16 janvier, Perviy Kanal, la première chaîne russe, a consacré dans son journal du soir un long sujet à Lisa F., une jeune Berlinoise de 17 ans d'origine russe "enlevée et violée" par des étrangers. Le reportage démarrait "sur le nouvel ordre qui s'est instauré en Allemagne" où "selon des témoignages, les migrants ont commencé à violer des enfants mineurs".

Cette version des faits a été soutenue par le ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov lui-même.

Le fantasme étranger/homme de couleur= prédateur sexuel est digne de la littérature coloniale et raciste la plus baroque mais peut fonctionner dans un pays où les autorités laissent faire les ratonnades de skinheads russes contre les caucasiens, quand elles ne les organisent pas.

En Russie, les rassemblements du mouvement allemand anti-immigration Pegida ("¨Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident") sont suivis de près et ses assertions sur les "mensonges" et "dissimulations" de la police sont copieusement relayées.

La France, qui comme l'Allemagne s'est opposée à l'annexion de la Crimée et qui critique la politique pro-Bachar des russes en Syrie, n'est pas épargnée. "La manifestation du 6 février organisée malgré son interdiction par la microscopique branche française de Pegida, rejointe par le général Christian Piquemal, ancien commandant de la Légion étrangère, et surtout les procès qui ont suivi ont fait l'objet d'un flot ininterrompu d'"informations"".

La Russie a complaisamment relayé la chambre d'échos déformés des messages de l'extrême-droite - Robert Ménard, Gilbert Collard, Stephane Ravier, Thierry Mariani - au sujet de cette arrestation.

Partager cet article
Repost0
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 05:47

Turquie : l'escalade meurtrière contre le peuple kurde doit cesser. Communiqué de Marie-Christine Vergiat

Depuis plus d'un mois maintenant, les opérations de l'armée et des forces spéciales de police sur la partie kurde du territoire turc se renforcent et le bilan humain ne cesse de s'alourdir. Les villes de Sur, Diyarbakir et Cizre sont particulièrement touchées par ces affrontements.

Alors que Cizre est sous le coup d'un couvre-feu depuis le 14 décembre et que ces derniers habitants tentent de se protéger comme ils le peuvent, c'est avec horreur que nous avons appris que 28 personnes, dont des élus, bloquées depuis le 23 janvier dernier, dans la cave d'un bâtiment, avaient été pris pour cible et que plusieurs d'entre eux avaient été tués et lourdement blessés.

Alors que mon groupe, la GUE/NGL, aux côtés de plusieurs parlementaires d'autres groupes politiques, avait interpellé la semaine dernière Frederica Mogherini pour qu'elle fasse pression sur les autorités turques sur le désastre humanitaire de Cizre, nous assistons à une escalade de violence sans limite de la part des autorités turques.

Il y a urgence à faire pression sur les autorités turques pour qu'elles cessent de prendre en otage les populations civiles qui payent un lourd tribu dans ces opérations.

Les autorités turques doivent respecter les normes internationales en matière de droit humanitaire et cela vaut aussi pour les dizaines de milliers de syriens qui se massent à la frontière turque, aujourd'hui toujours fermée, alors même qu'ils fuient les combats qui ont lieu à Alep notamment, et cherchent à trouver refuge vers Afrin situé dans la partie kurde du territoire turc. Ces réfugiés sont aujourd'hui pris en étau au milieu de ces opérations et n’ont plus que seule voie de repli les routes qui mènent à la Turquie.

Il n'est pas acceptable que l'UE ferme les yeux sur l'ensemble des violations des droits de l'Homme commises par la Turquie sous couvert d'espérer pouvoir sous-traiter avec les autorités turques sa politique migratoire mortifère. Ce silence ne peut plus durer.

Marie-Christine Vergiat

Marie-Christine Vergiat

Partager cet article
Repost0
12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 11:41
Syrie: l'inavouable accord russo-américain par Denis Sieffert (Politis)

L’inavouable accord russo-américain
http://www.politis.fr/articles/2016/02/linavouable-accord-russo-americain-34078/

L’inavouable accord russo-américain

Il faut bien en finir avec cette guerre civile sans issue, fût-ce par le bas, le très bas même, avec l’écrasement de l’insurrection.

Entre la guerre et le lâche abandon, existe-t-il un chemin ? C’est la question que l’on peut une nouvelle fois se poser à propos de la Syrie. Alors que l’aviation russe est en train d’écraser l’insurrection sous un déluge de bombes au nord d’Alep, le silence des grandes capitales est assourdissant. Sauf à s’inquiéter de l’afflux de nouveaux migrants en Europe. Tout juste a-t-on entendu quelques jérémiades onusiennes sur le « torpillage » des négociations de Genève par Vladimir Poutine. C’est bien le moins que l’on puisse dire. Doit-on pour autant entonner le refrain bien connu de la « lâcheté de la communauté internationale » ? C’est une figure classique du désarroi, mais qui n’est pas sans risque. Car il faut dire ce que serait le « courage ». Et la réponse n’est pas commode. En face de deux pouvoirs, celui de Moscou et celui de Damas, qui n’ont aucune limite dans l’exercice de la violence, et qui sont prêts à exterminer des populations entières pour arriver à leurs fins, on n’imagine a priori pas d’autres ripostes que la guerre.

Fort heureusement, nul n’est disposé à se lancer dans cette aventure. Sans doute aurait-il été possible, un temps, d’équiper les rebelles en armes anti-aériennes. Cela aurait pu être fait en 2013, lorsque Bachar Al-Assad a franchi la fameuse « ligne rouge » du recours aux armes chimiques. Cela n’a pas été fait, notamment parce que les Occidentaux craignaient que ces armes tombent entre les mains de jihadistes. Une autre solution aurait été de créer une zone d’exclusion aérienne. Mais l’ONU s’est contentée d’exiger le démantèlement de l’arsenal chimique de Damas. Ce que le régime syrien a immédiatement interprété comme un encouragement à lâcher en grand nombre des fûts de TNT sur la population.

Les amateurs de paradoxes noteront que c’est précisément parce que les plus modérés n’ont pas été aidés que les jihadistes, ceux du Front Al-Nosra en particulier, ont gagné en influence au sein de la rébellion.

À vouloir éviter les jihadistes, on n’a fait que les renforcer. Mais nous n’en sommes plus là aujourd’hui.

Depuis que Vladimir Poutine a commencé à mettre en œuvre au-dessus de Homs et de la province d’Alep une stratégie de la terre brûlée qui rappelle furieusement celle par laquelle il avait anéanti Grozny en 1999, la donne a changé.

L’inertie occidentale ne relève plus de la « lâcheté », ni même de l’impossibilité, mais d’un choix délibéré. Les États-Unis et les Européens ont fait de la guerre contre Daech, à l’autre extrémité du pays, leur priorité. Et les attentats ont attiré nos regards vers cet autre front, plus à l’est. Mais, la vérité est sans doute plus cruelle encore. Il semble surtout que Washington se soit rallié à Moscou. Puisqu’il faut bien en finir avec cette guerre civile sans issue, sortons-en, fût-ce par le bas, le très bas même, avec l’écrasement de l’insurrection et, accessoirement, des populations civiles.

Certes, le spectacle est peu ragoûtant, mais États-Unis et Union européenne ne sont pas directement impliqués dans le carnage, et Vladimir Poutine fait ça très bien. Il recueille même les louanges de John Kerry, le secrétaire d’État américain, qui juge que la diplomatie russe a des « idées constructives »… « Constructif », un étrange adjectif pour accompagner le fracas des bombes ! Les « idées », on en jugera ce jeudi à Munich lors du nouveau rendez-vous du groupe mal nommé « de soutien à la Syrie ». Mais on les devine déjà. Il s’agira pour Moscou d’imposer la candidature de Bachar Al-Assad à la présidentielle programmée pour 2017 en échange d’un cessez-le-feu observé à sa convenance. Mauvais calcul évidemment. Comment envisager que ce personnage, même « réélu », puisse être un jour réintégré dans la communauté internationale comme si de rien n’était ?

Comment imaginer que ce pays exsangue, vidé de la moitié de sa population, comptant par centaines de milliers ses morts, ses blessés, ses suppliciés, va se remettre à marcher comme un seul homme, droit derrière son dictateur ? Que le territoire démantelé va se reconstituer ? Que les Kurdes vont renoncer à une revendication historique tout près aujourd’hui de devenir réalité ? Et croit-on que la rébellion défaite ne va pas resurgir sous d’autres formes en confirmant cette loi du Moyen-Orient selon laquelle l’écrasement d’une opposition démocratique profite toujours aux mouvements les plus violents ? Espère-t-on que les quatre millions de Syriens qui ont fui la guerre civile vont faire demi-tour pour regagner leurs maisons en ruines ? Cela fait beaucoup d’illusions. Et un terreau de plus pour le terrorisme international !

Accessoirement, on s’étonnera aussi que les bombardements russes n’aient pas donné lieu dans nos régions à des mobilisations de la société civile. Sans doute les opinions publiques ont-elles été victimes de l’amalgame entre la rébellion et Daech. Sans doute le parrainage par l’Arabie saoudite de certaines factions rebelles a-t-il semé le trouble. Le peuple en a été oublié. Mais il y a peut-être d’autres causes à cette atonie. Que n’aurait-on dit si les bombes qui pleuvent sur Alep avaient été américaines ? On aurait hurlé, et avec raison. Aujourd’hui, rien. Quelques vestiges de nostalgie post-stalinienne seraient-ils à l’origine d’une certaine indulgence à l’égard de Poutine ? À moins que ce soit de l’anti-américanisme, en l’occurrence bien mal placé. Mais c’est déjà un autre débat.

Denis Sieffert éditorialiste à "Politis"

Denis Sieffert éditorialiste à "Politis"

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011