Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 20:07

C'était il y a près de 30 ans. Dans le prolongement d'un vieux choc pétrolier, la Crise avait commencé à s'inviter dans le débat public et le quotidien des occidentaux. La menace du chômage était perçue par tous et justifiait une sacralisation de l'entrepreneur, seul véritable créateur de richesses chargé d'assurer le salut public en laissant libre cours à son instinct créatif et son courageux sens de l'initiative.

La crise avait au moins quelque chose de positif: elle obligeait les peuples à reconnaître leurs bienfaiteurs, à ne plus se goinfrer innocemment d'avantages acquis ou de privilèges de peuples trop gâtés tels que les contrats de travail à durée indéterminée, la sécurité sociale, la retraite à soixante ans, les services publics accessibles à tous, les revenus d'insertion pour les plus défavorisés. Il allait bien sûr falloir assouplir le droit du travail, limiter l'impôt et la dépense publique, accepter des cures d'austérité salariale pour réveiller les bêtes endormies des économies occidentales et leur permettre de concurrencer les tigres et dragons d'Asie où les multinationales commençaient déjà à délocaliser leurs activités de production. Pour bien gérer les pays engagés dans la compétition économique internationale, il était donc nécessaire de rompre avec les vieilles lunes idéologiques bonnes pour la politique à papa et d'exhausser le vieux rêve de Platon en confiant enfin les rênes du pouvoir à des experts qui prometteraient une mondialisation heureuse et profitable à tous les peuples à condition qu'ils s'adaptent à la nouvelle donne économique et brisent les freins à l'investissement privé et à la création d'entreprise, laissant ainsi les marchés générer du bien public par le seul jeu harmonieux de la compétition des intérêts privés.

Bien sûr, les peuples n'étant en rien naturellement raisonnables et éclairés, il fallait faire de la pédagogie pour leur montrer que leur intérêt véritable était de se serrer la ceinture, ou bien encore mettre sur le devant de la scène une figure charismatique, ancien acteur, play boy ou chef d'entreprise de préférence, capable de les faire rêver par la force de son verbe ou d'un sourire désarmant. La vedette était annoncée par des séries de sondages montrant l'impatience du peuple à se voir dépossédé de son destin, sondages commandités et commentés par les magazines et les chaînes de télévision possédés par les grands manitous de la finance, lesquels passeraient ensuite des contrats avec les gouvernements nationaux ou leurs alliés et vassaux étrangers pour acquérir des marchés de construction d'armement, de routes et de palais présidentiels. C'était une époque bénie pour le monde de l'argent: l'épouvantail qui faisait peur aux électeurs et au personnel politique de gauche n'était plus le capitaliste sans scrupule mais l'ouvrier abruti par la télé poubelle et ses loisirs ringards qui s'abstenait aux élections ou votait pour des partis populistes d'extrême-droite. Dans le même temps, les rangs des syndicalistes étaient de plus en plus clairsemés, le salarié, soit qu'il pensât qu'entre son patron et lui, c'était gagnant-gagnant, soit qu'il craignit de perdre son poste ou sa prime d'employé modèle, ne voyant plus d'autre planche de salut pour lui que la débrouille individuelle et la compétition et râlant contre les planqués et les assistés qu'un Etat trop charitable s'obstinait à coucouner.

Un autre moyen de rendre les salariés dociles et compréhensifs par rapport aux objectifs de rentabilité de leurs employeurs était de les encourager à s'endetter en empruntant à gogo pour s'acheter les nouveaux gadgets vantés par la publicité omniprésente, des voitures ou des maisons qui satisfaisaient leurs aspirations à l'embourgeoisement. Comme le haut niveau de profit des entreprises et de leurs actionnaires reposait sur deux facteurs difficilement conciliables, à savoir des bas salaires et un haut niveau de consommation dans les pays développés, l'encouragement gouvernemental, bancaire et commercial au sur-endettement individuel, de la même manière que les délocalisations qui font pression sur les salaires tout en garantissant en contrepartie des marchandises à bon marché, aura permis un temps de surmonter la contradiction sur laquelle était assise la croissance des économies occidentales.

Le nouveau signe d'élection divine des peuples, cette fameuse croissance du PIB, était dopée ici et là par la hausse des prix de l'immobilier, qui attirait et était gonflée par les investisseurs privés, petits acteurs ou représentants des monarchies pétrolières, ainsi que des fonds de pension gérant les retraites par capitalisation des salariés américains. Le boom de l'immobilier offrait de surcroît des perspectives d'enrichissement bien au-delà des revenus du travail et faisait prospérer les entreprises du bâtiment. Les banques, parce que le marché était immense et juteux, ont commencé par consentir des prêts immobiliers à taux d'intérêt variable ou élevé à des citoyens aux revenus modestes aspirant à devenir propriétaires, soit qu'ils voulaient acheter et revendre, constituer une épargne par l'investissement dans le bâti, soit qu'ils étaient lassés de payer des loyers en hausse continuelle. Ces emprunts risqués ont ensuite été transformés, par un savant dispositif boursier inventé au début des années 2000, en actions à haut risque et fortement rémunératrices vers lesquelles se sont précipités les traders des grandes banques dont la fortune dépendait de la capacité à gongler rapidement les profits de leurs employeurs par le jeu boursier des achats et reventes opportunes dans le casino mondial de la bourse.

Mais voilà, comme cela devait arriver, de plus en plus de ménages ne sont pas parvenus à faire face à leurs échéances de remboursement à taux d'intérêt très élevé, les possibilités d'augmenter la demande en termes d'achat immobilier se sont taries, et les prix des maisons et des appartements ont commencé à baisser, provoquant un vent de panique sur les places financières, tous les traders cherchant à vendre leurs actions toxiques en même temps, ce qui a fait chuter vertigineusement la valeur de ces actions. De grandes banques d'affaires et de crédits se sont retrouvées dans la situation de ne plus pouvoir s'acquitter de leurs dettes, au bord de la faillite, cependant que l'économie, fragilisée par la crise du bâtiment annoncée, était menacée d'un assèchement total du crédit. Les Etats, après avoir entonné le couplet de la catastrophe imminente et de la nécessité de moraliser le capitalisme une fois l'avoir sauvé, ont donc vidé les poches des contribuables ou de leurs enfants en alourdissant la dette publique pour réinjecter de l'argent frais dans les coffres des banques. Celles-ci, après avoir fait profil bas un temps en suspendant provisoirement quelques parachutes dorés, quelques encaissements sonnants et trébuchants de stocks options, ont vite décidé qu'il fallait à leur tour ramener les Etats à une sobriété vertueuse.

Les agences de notation qui travaillent pour les grands acteurs des marchés ont donc commencé à distribuer des mauvais points aux Etats dont la dette avait grossi à la faveur de la crise financière de 2008, perte du « triple A » qui a fait grimpé de manière inquiétante les taux d'intérêts consentis par les acteurs financiers privés à ces Etats. Comme les dettes grecques, portugaises, espagnoles, irlandaises, sont à rembourser à échéance à des banques ou à d'influents investisseurs privés allemands, français, américains et autres, il n'était pas question pour les gens responsables qui nous gouvernent d'abandonner ces piliers de nos économies. Après les avoir durement sermonné et leur avoir fait sentir la générosité de la grâce qui leur était faite, le FMI, la Banque centrale européenne et les Etats les plus riches de l'UE ont donc consenti à prêter de l'argent aux mauvais élèves de l'Europe à des taux d'intérêt bien plus élevés que ceux accordés aux grandes banques au bord de la faillite quelques mois plus tôt, ces mêmes banques qui se refont une santé et des profits considérables en prêtant à des taux usuraires aux Etats pour les sauver d'une prétendue banqueroute qui ne signifierait rien d'autre en premier lieu que la mise en difficulté des créanciers privés.

Les gouvernements des pays visés par les agences de notation pour le poids de leurs déficits publics entonnent à nouveau la bonne chanson de la Crise, de l'heure grave et dramatique, pour faire accepter aux peuples les remèdes de cheval du FMI et de la banque centrale: réduction des salaires, suppression de services publics et de postes de fonctionnaires, durcissement des conditions d'attribution des minima sociaux, des allocations familiales et des allocations chômage, allongement de la durée de travail avant le départ à la retraite avec un taux de remplacement décent. Cette cure d'austérité permettra sans doute au secteur financier de se frayer de nouveaux marchés sur les vestiges du service public ou de la protection sociale. Elle empêchera sans doute aussi la relance de la croissance par le soutien à la consommation, l'appauvrissement des populations plongeant les économies dans le marasme, même si les grands groupes financiers continuent à bien se porter. La prise de pouvoir des banques et des marchés financiers dans les démocraties occidentales ne date peut-être pas d'hier, mais elle n'a jamais été aussi manifeste et manifestement dangereuse pour les populations. Mais, en fait, suffit-il comme le suggère le red devils Eric Cantona de retirer ses économies des banques pour mettre à bas ce système de privatisation des profits et de socialisation des pertes?

 

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:22

Communiqué envoyé le 25/01/11 à la presse...

Pouvoir jouir d'une retraite apaisée et digne en comptant sur l'appui de la collectivité pour faire face à sa perte d'autonomie est un droit fondamental que l'Etat doit garantir à tous par le biais de la Solidarité Nationale. S'occuper des vieux, c'est s'occuper du futur de chacun, faire vivre une société pour tous les âges.

C'est pourquoi les communistes morlaisiens entendent faire connaître leur inquiétude et leur colère face aux carences des politiques publiques dans le Finistère en matière de prise en charge des personnes âgées. De l'aveu même du président du conseil général, il manque 2000 places en maison de retraite dans le Finistère pour faire face aux besoins liés au vieillissement de la population et on n'en créerait actuellement que 70 par an dans le département, ces maisons de retraite ayant d'ailleurs trop souvent des tarifs journaliers inaccessibles à beaucoup de familles. Rappelons qu'en France les personnes âgées n'intègrent une maison de retraite pour des raisons de santé et de sécurité impératives qu'à 83 ans en moyenne et que 90% des places en maison de retraite construites depuis 2006 le sont dans le domaine privé en recherche de profit (pour un coût de 1500 à 3000 euros par mois en général). Parallèlement, plusieurs personnes âgées handicapées ou malades ont vu leur nombre d'heures d'aides à domicile financées par l'APA (Aide Personnalisée à l'Autonomie) amputé de manière significative par le conseil général, sous prétexte que le contexte économique ne permettrait plus de telles « largesses » de la collectivité.

En réalité, on sait tous que l'Etat a transféré aux conseils généraux des charges qu'il n'a pas compensé, qu'il les a étranglés financièrement en supprimant la taxe professionnelle et en gelant ses dotations tandis que les besoins de la population âgée et précaire augmentaient. L'APA (aide universelle qui variant en fonction des ressources et du degré de dépendance du bénéficiaire dont le montant moyen est de 500 euros) qui devait initialement être financée à 50% par l'Etat et à 50% par les conseils généraux, est aujourd'hui financée à 70% par les conseils généraux. Or, plutôt que de faire le choix de la résistance comme de nombreux départements face à cet assèchement intentionnel des ressources en continuant à couvrir les besoins sociaux, quitte à présenter un budget en déséquilibre pour alerter l'opinion, la majorité PS du conseil général a fait le choix de prolonger au niveau local les politiques de rigueur du gouvernement de droite. Cette résignation au moins-disant social se traduit également par un manque de soutien du conseil général aux 3700 salariés de l'ADMR (Aide à domicile en milieu rural), association historiquement gérée sans quête de rentabilité par des bénévoles, et aux 30000 familles finistériennes concernées par ces interventions à domicile. Le Conseil Général doit s'engager financièrement pour aider l'ADMR 29 et les associations qu'elle fédère à sortir de la mauvaise passe où elles se trouvent du fait de dépenses de prestige superflues et d'une gestion peu rigoureuse et il doit garantir aux personnels intervenant à domicile des plannings et des conditions de travail décents afin que les personnes âgées reçoivent des services de qualité. Rappelons qu'en 2010, il y a eu près de 5000 jours d'arrêt maladie chez les salariés de l'ADMR, ce qui est un signe de conditions de travail stressantes et difficiles qu'a confirmé, si besoin était, la démission en bloc du Comité Hygiène et Sécurité de l'ADMR. Rappelons aussi que si les associations ADMR cessent leurs activités, les familles n'auront d'autre recours que de faire appel aux sociétés privées à but lucratif de services à la personne favorisées par la loi Borloo de 2005 ou d'utiliser du personnel peu qualifié et précaire en chèque emploi-service.

Enfin, comment ne pas dire notre révolte devant le projet gouvernemental de réforme de la prise en charge de la dépendance qui obligerait à souscrire dès 50 ans à une assurance privée pour faire face, à la mesure de ses moyens financiers, à sa dépendance future, et créerait deux tarifs de l'APA selon que l'on accepte ou non la récupération sur le patrimoine que l'on laisse à ses enfants. Cette réforme supprimerait également pour le premier niveau de dépendance, le GIR 4, l'éligibilité à l'APA. C'est un projet profondément régressif et injuste qui, en marginalisant le financement de la prise en charge de la dépendance par la sécurité sociale au profit du financement individuel et familial, augmentera les inégalités entre retraités pour offrir au secteur assurantiel privé un marché très juteux. Nous appelons à l'inverse à la création d'un grand service public sanitaire et social garantissant à tous le droit de bien vieillir, financé par l'impôt redistributif et la cotisation sociale, et regroupant maintien à domicile, structures d'hébergement, hôpitaux et médecine de proximité en garantissant un statut et des formations de qualité au personnel.

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:58

Le 6 mai 2007, l'avocat d'affaires Nicolas Sarkozy fêtait son OPA sur la nation au Fouquet's avec les plus grandes fortunes de France qui ont favorisé son élection avec leurs médias et leurs réseaux et qu'il promettait de choyer en retour: Vincent Bolloré, Martin Bouygues (témoin de mariage du petit Nicolas et parrain d'un de ses fils), Bernard Arnaud, Serge Dassault, et les milliardaires Albert Frère et Paul Desmarais, actionnaires principaux de Total, Lafarge, et Suez.

Depuis 3 ans et demi, le bouclier fiscal et les facilités accordées à la non-imposition des revenus du patrimoine s'évadant dans les paradis fiscaux ou les niches fiscales, la dépénalisation du droit des affaires, l'allégement des droits de succession et de donation, l'ouverture du capital d'EDF et de la Poste, les cadeaux faits aux sociétés d'assurance et aux fonds d'épargne-retraite par capitalisation, manifestent toute l'étendue des relations incestueuses entre la haute finance et le pouvoir politique de droite. A l'opposé, l'affaiblissement considérable des services publics et de la protection sociale, le durcissement des conditions d'indemnisation des chômeurs et la précarisation des salariés, montrent bien combien les classes possédantes peuvent, dans un contexte de dérégulation de l'économie internationale renforcée par les orientations favorables au capitalisme financier de l'UE et du FMI, détricoter sans complexe l'ensemble des avancées sociales acquises de haute lutte depuis la Libération.

 

L'oligarchie qui nous dirige tente néanmoins de capter les suffrages des catégories populaires qu'elle saigne à blanc pour se légitimer démocratiquement. Pour cela, elle parie sur notre individualisme, instrumentalise nos angoisses face à l'insécurité et cultive les replis identitaires ou xénophobes. Pour servir sa politique de casse de l'Etat-Providence en faveur des plus riches, la majorité de droite ne cesse ainsi d'attaquer l'indépendance de la justice et les libertés individuelles au profit du tout-sécuritaire tout en mettant en application les idées nauséabondes du Front National en matière de criminalisation des migrants et des minorités culturelles.

 

C'est parce qu'ils ont conscience d'être les témoins d'une très grave régression de civilisation et d'une négation pure et simple des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui constituaient le socle de notre pacte républicain que des millions de Français ont trouvé les réserves d'indignation nécessaires pour se mobiliser plusieurs semaines durant afin de défendre, sans guère d'espoir de victoire, le droit de partir en retraite à taux plein à 60 ans et une autre répartition des richesses produites par le travail. Cette capacité de mobilisation des Français, intacte malgré le matraquage idéologique que nous infligent les médias pour fabriquer du consentement à la Réforme, est un encouragement au réveil des populations européennes qui sont si durement touchées par les conséquences des politiques néo-libérales. En même temps, nous voyons bien qu'en Espagne, en Grèce, au Portugal, des premiers ministres sociaux-démocrates mis au pouvoir par les électeurs de gauche acceptent de réduire les salaires et les minima sociaux, d'allonger la durée du travail, de d'amputer les services publics afin de satisfaire la Banque Centrale Européenne, le FMI, et les créanciers des Etats qu'ils gouvernent, ces mêmes banques qui trouvent le prétexte d'une dette publique qu'elles ont considérablement aggravée en 2008 du fait de leurs pratiques de spéculation financière et d'encouragement au surendettement pour briser tous les freins encore opposés à leur prise de contrôle des sociétés.

 

La dynamique actuelle du capitalisme, qui fait basculer toutes les régulations étatiques et les protections sociales depuis que s'est construit politiquement la mondialisation libérale, montre plus que jamais la nocivité de ce système tendant à faire de la compétition et de la recherche du profit individuel maximal les seuls modes de régulation sociale et sa capacité à faire régresser le niveau de vie des peuples des pays développés. Il est donc temps que les électeurs de gauche se rassemblent sur des bases de critique fondamentale du capitalisme et du libéralisme pour construire sans sectarisme le projet alternatif d'une société basée sur la coopération, la solidarité internationale et nationale, le respect des libertés individuelles et des différences, et enfin la préservation de l'environnement. C'est pourquoi le Front de Gauche, rassemblement en voie de progression et d'élargissement, tente depuis 2008 de s'associer toutes les énergies et toutes les réflexions citoyennes avec pour objectif est de récréer les conditions d'une prise de pouvoir par une gauche de transformation sociale ambitieuse, décidée à remettre véritablement en cause le pouvoir de la finance pour reconstruire du commun et remettre le principe d'égalité au cœur de l'ambition politique.

Ismaël Dupont

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:54

Comme nous l’avons tous remarqué, on ne peut pas lever le petit doigt en demandant un peu plus de moyens pour nos retraites, la sécurité sociale, les budgets des hôpitaux, … sans qu’à un moment ne survienne l’argument « vous n’y pensez pas : vous savez bien qu’il n’y a plus d’argent » ou « vous ne voudriez tout de même pas que l’on lègue une telle situation à nos enfants ?».

Et bien non, l’argent de manque pas : il n’y en a jamais eu autant ! Simplement il n’est plus là où il faut. En gros 120 milliards à 170 milliards d’Euros par an ont ripé du travail vers le capital. Ce transfert devrait être au cœur des débats actuels sur les « déficits de la dépense publique » : même avec les estimations basses, c’est plus d’une dizaine de fois le déficit de la Sécurité Sociale (12 milliards d’Euros) et une vingtaine de fois celui des retraites (5 milliards d’Euros) !

Or tous les débats médiatiques parlent de ces trous là, tandis que celui, combien de fois plus profond, creusé par les actionnaires dans la poche des salariés et dans le financement des cotisations sociales est lui, disons « oublié » !

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:48

 Au mois de novembre 2010 les personnels de Morlaix Communauté se mettaient en grève. Témoignage de Marc CORBEL l’un de leurs responsables syndicaux.

 

1 - Au coeur du conflit sur les retraites un autre conflit émergeait, celui des personnels communautaires des pays de MORLAIX. Pouvez-vous en rappeler les origines ? 

A l'appel de notre fédération nous avons organisé une réunion d'information avec le personnel de collecte de Morlaix-Communauté afn de savoir de quelle façon notre service pouvait s'inscrire dans le mouvement afin de lutter contre la réforme des retraites. Les agents ont souhaités profiter de ce mouvement pour porter des revendications locales. Dès le Lundi 18 Octobre à 5h30 le personnel de collecte s'est retrouvé sur le site de l'environnement pour commencer le piquet de grève et s'inscrire ainsi dans le mouvement. A 9h00 les agents ont intégrés le siège de Morlaix-Communauté pour transmettre un courrier au Président, ce courrier faisait part de l'implication des agents de Mx-Com dans la lutte contre la réforme des retraites mais il mettait aussi en avant les revendications locales (augmentation de salaire sur la base d'un 13ème mois et amélioration des conditions de travail). Comme les agents étaient dans les locaux du siège de Mx-Com nous avons improvisé une AG avec l'ensemble du personnel. A l'issue de cette AG et au cours des jours suivants, de nombreux agents administratifs nous ont rejoint. Après 8 jours de grève la détermination était telle que la collectivité a délégué un groupe d'élus pour venir négocier. Un protocole d'accord à été signé le Mardi 26 Octobre et l'activité des agents communautaire a pu reprendre dès le lendemain.

2 - La mobilisation et la détermination des personnels à été trés forte. Quelle a été la réaction de la population? Avez-vous eu des soutiens et lesquels?

Lors de la reprise de notre activité (collecte des ordures ménagères sur le territoire) nous (agents de la collecte) avons reçu une multitude de témoignages de la part des citoyens pour nous montrer leur solidarité, quelques réactions négatives, mais isolées, de la part de professionnels qui se trouvait dans des situations délicates pour assurer leurs activités.

Du fait que nous participions au conflit sur la réforme des retraites beaucoup de structures (autres syndicats, partis politiques, citoyens) sont venu sur le site de l'environnement (lieu du piquet de grève) pour nous témoigner leur solidarité, nous avons aussi reçu des courriers de soutien. Certains élus locaux ont aussi fait le déplacement pour prendre des informations sur l'objet du conflit et les attentes des agents de Mx-Com. Nous profitons de cet article pour les remercier de leur soutien durant ce conflit.

3 - Le président de MORLAIX-COMMUNAUTE, avec le soutien des maires, avait brandi le bâton contre les grévistes lorsqu'il parlait de l'utilisation de la force publique en même temps que la réquisition du personnel ou/et la mise en place d'une collecte parallèle. Quelle a été votre réaction à ses déclarations contre les grévistes?

Lorsque nous avons été informé de cette possibilité, nous avons interpellé le président de Morlaix Communauté pour lui affirmer que notre intention était de trouver un accord afin de sortir du mouvement de grève, nous ne souhaitions pas arrivé à une situation de bras de fer et faire en sorte que la mise en place de moyen privé aurait-été nécessaire. La pression de certains élus du territoire, le départ imminent du Marathon de St Pol - Morlaix, la détermination du personnel communautaire nous a permis de réaffirmer notre position. Les revendications devaient être traitées et nous devions trouver un accord en commun pour sortir du conflit.

4 - Après 9 jours de grèves des 80 agents un accord avait été trouvé. Quant est-il de l'application de vos revendications? Et que souhaiteriez-vous dans l'avenir ?

Le Mardi 26 Octobre un protocole d'accord à été signé à l'issu d'une journée de négociation sans la présence du Président de Mx-Com qui n'a assisté qu'à la dernière phase lors de laquelle il à validé le protocole en apposant sa signature. Le contenu de ce protocole : Une augmentation forfaitaire de 30 € Net par agent applicable dès le 1er Novembre 2010, la mise en place d'une commission mixte du personnel et la nomination d'un vice-président au personnel, la mise en place d'un CHSCT, une refonte des régimes indemnitaires pour le mois d'Avril 2011 avec effet au 1er Janvier 2011. A ce jour l'augmentation de 30 € n'est pas une réalité car aucun agent n'a perçu cette somme, nous avons demandés à la direction de se prononcer sur une date effective, l'échéance du mois de janvier 2011 a été évoqué nous restons donc vigilant jusque là. La commission mixte prend forme sans toute fois avoir un vrai vice-président au personnel car cette compétence reste du domaine de l'ancien vice-président qui est déjà en charge des Finances et de l'Administration générale. Le CHSCT devrait se créer avant la fin du premier trimestre 2011. Le travail sur la refonte des régimes indemnitaires devrait commencer avec la mise en place de la commission mixte.

Pour l'instant très peu de concrétisation, le syndicat restera donc vigilant sur la mise en place des différentes structures au sein de la collectivité et sur le versement des sommes dues aux agents, faute de quoi nous serons dans l'obligation de reprendre l'action qui a été suspendue.

Pour cette année 2011 nous espérons que les instances paritaires (CTP - CHSCT) reprennent leurs droits et que le travail de la commission mixte permette aux agents communautaires de s'épanouir dans l'accomplissement de leurs missions communautaires.

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:42

 

La décision de la majorité municipale de Morlaix appelle plusieurs remarques :

1 – le principe fondamental de libre accès à l’espace public ne peut être restreint que pour des motifs d’intérêt général...dont ne fait évidemment pas partie la volonté d’effectuer une bonne opération financière pour la ville

De même rien ne peut justifier que la ville ait à payer à un privé (ou compenser) pour pouvoir utiliser cet espace (marché, manifestations culturelles, sportives, …)

2 – le stationnement payant ne peut être acceptable que s’il a pour but de favoriser l’accès là où des problèmes se posent. Il n’a donc aucune justification dans les lieux ou aux moments où l’offre est satisfaisante (dimanche, jours fériés, lundi, …) Il doit cohabiter avec une offre suffisante de stationnement gratuit et non inciter (pour des raisons de gestion) à sa diminution

3 – La mise sous barrière est un choix technique. En aucun cas elle n’induit que le mode de gestion soit privatisé (la ville peut très bien gérer elle-même le fonctionnement).

4 – Le problème du stationnement ne peut se concevoir au centre ville sans une prise en compte globale de la problématique circulation/stationnement qui inclue :

a. l’aménagement de la gare (où la topographie offre des possibilités de stationnement importantes) et sa liaison mécanique avec le centre ville dont la réflexion avait été initiée par la précédente municipalité.

b. la création de parkings de dissuasion aux entrées de ville et la mise en place de navettes gratuites.

c. une véritable politique de transports en commun avec une réflexion sérieuse sur la possibilité de mise en place d’une tarification qui puisse aller jusqu’à la gratuité.

 

Tout ceci nécessitant bien entendu une collaboration avec Morlaix Communauté qui exerce la compétence « transport »

Déléguer pour 8 ans le stationnement à une société privée dont l’objectif est et restera le profit, prendre en compte la circulation et le stationnement, préparer l’avenir, tout cela ne peut se faire sans informer la population et l’associer à la décision.

Alain DAVID

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:37

Il ne sera pas dit que la neige aura été la seule responsable des coups de froid de décembre 2010. L'annonce dans la presse régionale des budgets prévisionnels des collectivités territoriales manifeste bien comment l'Etat UMP, en transférant aux collectivités des compétences sociales non compensées à long terme par des dotations équivalentes, en réformant la fiscalité au profit des entreprises et des hauts revenus, en faisant de la saignée dans les dépenses publiques son seul leitmotiv, est responsable de l'étranglement financier des communes, communautés de communes et départements.

La crise sociale relancée par le crack financier de 2008 exigerait plus que jamais que les collectivités jouent pleinement leur rôle d'investisseurs autonomes pour l'emploi, l'attractivité économique des territoires, et les politiques de solidarité et de cohésion sociale.

Au contraire, le gel des dotations de l'Etat et la suppression de la taxe professionnelle forcent communes, conseils généraux et régionaux à des politiques d'austérité dont les premières victimes sont les agents territoriaux, les associations qui oeuvrent à la vitalité culturelle et sociale des territoires et les familles en attente de crèches, de solutions pour les personnes âgées dépendantes, d'accès facilité à la culture et aux loisirs.

Ainsi, le Conseil Général du Finistère annonçait qu'il allait baisser ses investissements de 150 millions d'euros en 2011.

Ainsi Morlaix Communauté, anticipant la fin de la compensation extraordinaire de l''Etat pour faire face à la suppression de la taxe professionnelle, qui fera passer 7 milliards d'euros par an des caisses de la collectivité à celles des entreprises, prévoit elle aussi de prendre le tournant de la rigueur. Les personnels de la collecte des ordures et des services administratifs de Morlaix-Communauté peuvent déjà témoigner, eux qui se sont courageusement battu pour une meilleure rémunération et une plus grande considération lors des mobilisations pour la défense des retraites, des tristes conséquences de ces objectifs d'économie budgétaire sur les conditions de travail et de rétribution.

La majorité municipale de Morlaix continuera quant à elle, en 2011 comme en 2009 et en 2010, à prolonger la politique nationale de l'UMP dont elle est solidaire en taillant dans les dépenses sociales et culturelles de la ville alors qu’une part importante de la population morlaisienne vit la précarité au quotidien : en 2006, selon l'INSEE, et les chiffres n'ont guère pu aller en s'améliorant avec le contexte de crise économique, il y avait à Morlaix 45% de ménages non imposés sur les revenus, 12,5% de la population percevant les minimaux sociaux, la moitié des allocataires des Allocations Familiales vivant en-dessous du seuil de pauvreté.

Alors qu'il faudrait une politique publique ambitieuse pour faire vivre le dynamisme économique et la solidarité au niveau local, la municipalité passe son temps à justifier ses économies de bout de chandelle réalisées sur le dos des acteurs sociaux et culturels de la ville et ses hausses d'impôts en dissimulant la responsabilité de l'Etat pour communiquer à l'inverse à satiété sur la situation financière prétendument catastrophique laissée par ses prédécesseurs. Elle oublie ainsi qu'ils devaient faire face, eux aussi, à la disproportion entre la maigreur des recettes fiscales de Morlaix (liée à la forte proportion de catégories populaires et à l'installation de la plupart des entreprises dans les communes périphériques) et le poids financier de ses équipements publics utilisés par tous les habitants des communes riveraines. De plus, les ficelles de cette argumentation sont connues, pour être maniées trop régulièrement par le très arrogant François FILLON : la collectivité est au bord du naufrage financier, donc, pour

préserver le navire et ne pas couler, jetons toute la cargaison des investissements publics et des dépenses sociales par dessus bord.

En 2009, le gouvernement, grâce au rapport grassement rémunéré du revenant ultra-libéral Edouard Balladur, a trouvé un outil terriblement efficace pour faire des coupes sombres dans les dépenses publiques et mettre au pas la démocratie locale : la réforme des collectivités territoriales.

Après avoir été entériné en novembre à une courte majorité de 4 voix par le Sénat, ce remodelage administratif et politique devrait prendre effet d'ici deux à trois ans. Il prévoit que les 5660 conseillers généraux et régionaux seront remplacés par 3471 conseillers territoriaux élus sans contrainte de parité et de non-cumul des mandats lors d'un scrutin uninominal à un tour au niveau des cantons, et qu'ils siègeront à la fois au niveau régional et départemental.

La réforme du mode d'élection est faite pour renforcer le bipartisme UMP-PS, permettre à des candidats qui n'obtiendraient que 20 à 25% des suffrages des électeurs de les représenter. Elle aura pour effet d'empêcher le renouvellement du personnel politique, le rajeunissement et la féminisation des élus qu'assure bien mieux le scrutin de liste et la proportionnelle des élections régionales actuelles.

Quand bien même, malgré la volonté évidente de l'exécutif, des majorités UMP ne se dégageaient pas mécaniquement de ces élections locales, les conseillers territoriaux seraient de toute manière placés, tout comme les communautés d'agglomération, sous le contrôle étroit d'un super-préfet de région et ne jouiraient que d'une autonomie budgétaire réduite à la portion congrue. En effet, aujourd'hui, en dehors de leurs compétences obligatoires, dites d'attribution (financement des services sociaux, de la voirie, des collèges et des lycées...), les conseils généraux et régionaux bénéficient d'une « compétence générale » leur permettant de prendre des initiatives propres pour investir en coopération avec les communes et les communautés de commune dans des projets environnementaux, de solidarité, ou d'aménagement du territoire. Cette clause générale de compétence qui permettait jusque là aux assemblées locales de ne pas servir simplement de chambres d'enregistrement des décisions de l'Etat gérant la pénurie causée par des dotations étatiques en diminution constante ne bénéficiera bientôt plus qu'aux communautés de commune.

Seule l'autonomie des centres urbains (et particulièrement de ceux de plus de 500000 habitants qui auront un statut de « métropoles » se substituant aux collectivités préexistantes – communes, communautés et Conseil Général- et percevront la totalité de la fiscalité locale sur leur territoire, sauf la taxe foncière) va être accrue par la réforme des collectivités territoriales. Ceux-ci seront même invités à rentrer dans une logique de concurrence pour attirer les investisseurs et à se désintéresser des politiques d'aménagement du territoire et de solidarité vis à vis des périphéries urbaines ou rurales moins favorisées.

Comme l'a dit avec force l'ancien ministre communiste de F. Mitterrand, Anicet Le Pors (source: le monde.fr), qui est un des fers de lance du combat contre cette réforme d'inspiration néo-libérale, sous prétexte de réduire « le mille-feuilles administratif », source supposée de dépenses publiques superflues, Sarkozy tend à faire disparaître les moyens d'une politique de coopération entre les territoires et à réduire à néant les pouvoirs et l'autonomie de la triade démocratique « commune – département - nation » au profit de la triade technocratique et économique « communauté de commune – région - Europe », assurant ainsi le primat de l'économie sur la politique.

Ismaël DUPONT

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:33

L’idée fait son chemin dans de nombreuses communes de France, de revenir à une gestion publique de l’eau.

Des tarifs prohibitifs (27% plus cher en moyenne) et un entretien du réseau insuffisant sont les principaux griefs accordés aux multinationales dont VEOLIA, ex Vivendi.

En 2002, Vivendi Environnement gérait (!) 8000 communes et avait accumulé, sur plusieurs années, 4 milliards d’Euros de provision pour renouvellement de réseau dont 833 000 € à Morlaix.

Ces sommes colossales ont alors été détournées, via Vivendi Universal, en perte de 35 milliards d’Euros. L’ex PDG, à l’époque icône du capitalisme, Jean Marie Messier, est toujours en procès pour « diffusion d’informations fausses » (2002), « manipulation en cours » (2001), « abus de biens sociaux ». Rien que cela !

Or, l’« eau ne doit payer que l’eau ». Dans une gestion publique il n’y a pas non plus de dividendes d’actionnaires à financer.

Face à ces dérives, il est devenu primordial que les usagers aient un droit de regard, et il est bien que le « collectif Eau publique Pays de Morlaix » soit très vigilant.

Sur ces sujets, les députés communistes ont déposé, il y a quelques années, un projet de loi (rejeté par la droite), et proposait, entre autres, la nationalisation de Véolia. Mais cela est une autre histoire.

Michel LESPAGNOL

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:27

Morlaix et sa région : une terre de culture vivante et démocratique.

Avec son patrimoine remarquable, son festival Panoramas, ses concerts de musique contemporaine organisés par WART au Roudour et à Coatelan, sa salle de spectacle de Langolvas, son cinéma La Salamandre qui a su avec le temps fidéliser un public en lui proposant des films créatifs, exigeants et nourrissants, accompagnés par des rencontres avec les réalisateurs et des débats, les initiatives d'éducation populaire de Ti an Oll, ses nombreuses librairies et bouquineries, son Musée des Jacobins, son association d'art contemporain « Les Moyens du Bord », son théâtre à l'italienne et ses deux festivals des Arts dans la rue, la région de Morlaix, grâce à l'énergie des professionnels de la culture, au dévouement et à la créativité des bénévoles des associations, est incontestablement une terre de culture vivante et démocratique.

La richesse et la vitalité de la vie culturelle sont même devenues des composantes essentielles de l'identité morlaisienne et des atouts non négligeables pour attirer ou conserver des résidents, des entreprises et des touristes. Elles permettent aussi de rendre le territoire attractif pour les jeunes, de rapprocher les citoyens des univers émancipateurs de la création artistique et de créer du lien social à travers des évènements festifs.

Des dynamiques menacées par des politiques tant nationales que locales

De manière plus générale, comment ne pas voir qu'en ces temps où le néo-libéralisme, avec ses mass médias débilitants, son organisation du travail et sa fabrique d'individu-consommateur, atomise la société et produit tant de frustrations, l'accès aux oeuvres de culture permet aux hommes de développer leur sensibilité et de s'ouvrir aux autres, de connaître des émerveillements qui magnifient la vie et nous réinsufflent de la générosité et de la combativité pour être des citoyens debout capables d'échapper à la résignation et à l'accablement?

Pourtant, ces deux dernières années, des virages politiques inquiétants ont été pris au niveau de la municipalité et, dans une moindre mesure, de la communauté de commune, qui tendent à casser des dynamiques et à remettre en question les efforts publics et associatifs de démocratisation culturelle.

Associations : des réductions drastiques.

Ainsi, alors même que la majorité municipale de droite augmentait significativement les indemnités des élus en 2009 (50% d'indemnité en plus pour Mme Agnès Le Brun, qui a pris modèle sur la rapacité du président...), elle réduisait de 15% les subventions aux associations morlaisiennes, le secteur de la culture étant touché au même titre que les secteurs sportif ou social.

Théâtre : le désengagement

Parallèlement, la subvention municipale au Théâtre qui avait peu auparavant acquis le statut de scène nationale conventionnée et jouissait d'un écrin superbe nouvellement réhabilité baissait également de 40% et la Maire, non contente de retirer 200000 euros à l'association pour son fonctionnement, décidait, face aux résistances causées par ce désengagement, de se justifier a posteriori en contestant le contenu même de la programmation théâtrale proposée, jugée trop élitiste et pas assez orientée vers les scolaires, ce qui a provoqué la démission en bloc du bureau du Théâtre et de son directeur. Faire venir un public plus large au théâtre avec des moyens fortement réduits pour assurer des programmations de qualité relève d'un pari aventureux très largement surdéterminé par la mise en cause idéologique de la dépense publique.

Ce manque de soutien de nos édiles au rapprochement entre le citoyen et la création artistique audacieuse et originale traduit un recul national des politiques publiques de la culture qui opèrent un virage net par rapport à l'ambition forte affirmée dans les années 1960 d'éducation de la sensibilité et de l'intelligence humaine par l'accès aux oeuvres les plus belles riches de sens du TNT de Jean Vilar et du ministère Malraux, au profit d'une tendance de plus en plus affirmée à déléguer l'initiative culturelle au secteur privé et commercial qui divertit sans faire grandir.

Le Festival des Arts dans la Rue menacé !

Le FAR qui rassemble les soirs d'été vacanciers venus d'ailleurs, morlaisiens et habitants de toute la région, rend possible depuis 24 ans des grands moments de rêverie et de joie partagées face à des spectacles oniriques et dynamiques qui parlent aux enfants comme aux adultes. Or, la ville a mis en difficulté le FAR en se désengageant à la hauteur de 60000 euros en 2009, ne participant plus désormais au budget du Mai des arts et du FAR géré par le Fourneau qu'à la hauteur de 5%. Si, dans un premier temps, Morlaix Communauté a accepté cette forme de transfert de compétence imposée, sa participation, déjà en baisse en 2010, sera encore diminuée de 10000 euros en 2011, alors que les représentations organisées dans le cadre du Mai des arts et du Festival des Arts dans la rue n'ont jamais eu autant de succès: 38 260 spectateurs pendant les 3 jours du FAR en 2010, 7630 au Mai des Arts dans les communes avoisinant Morlaix qui participaient à l'opération. Dans la mesure où les conseils régionaux et généraux qui financent ces évènements sont tout aussi étranglés financièrement, il n'est pas sûr, s'il n'y a pas plus d'entente et d'ambition culturelle véritable du côté de la municipalité de Morlaix et de Morlaix Communauté, que ce moment traditionnel de convivialité et de magie si cher aux gens de la région puisse être organisé dans les prochaines années.

Bibliothèques, Musée des Jacobins : on réduit !

Enfin, dans le Morlaix mag' n°107, nous apprenions que les premières cibles du plan d'économie de la municipalité ont été en 2009 les bibliothèques, qui ont vu leur dotation de fonctionnement diminuer de 16 000 euros, et le Musée des Jacobins, qui a perdu 25 000 euros par rapport à sa dotation de l'année précédente.

 

Toutes ces mauvaises nouvelles pour la démocratisation et la décentralisation de la culture montrent bien que la volonté de l'Etat de faire participer les collectivités à la réduction à marche forcée de la dépense publique.

Il s’agit de complaire aux marchés et aux intérêts privés en fragilisant le secteur culturel dont la santé est pourtant une condition du développement de l'esprit critique individuel et d'un vivre ensemble convivial. C'est parce que la culture est essentielle à la beauté de l'existence individuelle et à la formation du citoyen qu'il est nécessaire que la collectivité mette en place une véritable politique publique de promotion de la culture avec des moyens financiers importants, des stratégies et des priorités claires, sans se contenter de subventionner des associations créées spontanément grâce aux initiatives privées.

Ismaël DUPONT

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 21:23

 

Dans le cadre de Bretagne Grande Vitesse (BGV) en 2012, la fréquentation de la gare de Morlaix va croître considérablement passant de 540 000 voyageurs en 2006 à 700 000 en 2016 (+29 %) et 800 000 en 2022 (+ 48 %). La circulation et la demande de stationnement vont donc augmenter de façon très importante d’autant plus que des difficultés existent déjà dans ces domaines.

Une réflexion a été lancée par les collectivités locales (villes de Morlaix et de St Martin des Champs, communauté, département, région), la SNCF et Réseau Ferré de France dans le cadre du pôle Gare comprenant un pôle d’échange multimodal (PEM) et une opération de développement urbain (devant et derrière la gare).

En ce début d’année 2011 où en est-on ? Le moins que le on puisse dire, est que ce jour on ne voit rien venir et nombre de sujets restent sans réponse.

Il devient urgent d’apporter des réponses sous peine de laisser place à d’autres plus prompts à réagir.

Que proposons-nous ?

Une nouvelle gare bilatérale doit être prévue, permettant l’embarquement de milliers de voyageurs dans de bonnes conditions.

Le stationnement à proximité de la gare est à l’heure actuelle un véritable casse tête. Il devient urgent de régler ce problème pour assurer la possibilité aux voyageurs de trouver sans difficulté une place avant d’aller prendre leur train sans oublier la question du stationnement des habitants du quartier, le stationnement pour les loueurs de voitures. Ce parking doit être aussi vu comme un parking de dissuasion pour le centre ville de Morlaix.

La desserte de la gare (ligne de bus) et la liaison (mécanique ou non) avec le centre-ville doivent faire parti du projet global de réaménagement.

Cette opération doit être aussi l’occasion d’une réhabilitation du quartier (possibilité d’implantation de services, de logements, désenclavement du quartier, réhabilitation du logement et prise en compte des besoins sociaux, …) ?

 

A l’heure où chacun reconnaît l’importance du transport ferroviaire on ne peut que s’inquiéter d’une telle inertie. En se rappelant de ce qu’il est advenu des villes qui, au 19ème siècle, ont refusé l’arrivée du transport ferroviaire il est important de ne pas rater aujourd’hui ce train qui ne passera qu’une fois.

A l’heure du grenelle de l’environnement il convient d’assurer les meilleurs conditions pour l’utilisation du train, pour désengorger la circulation de voitures en ville de Morlaix.

Daniel RAVASIO

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011

Articles Récents