Le conseil national du PCF s’est penché, samedi, sur la situation internationale. L’absence de réelles négociations pour la paix en Ukraine et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir inquiètent particulièrement.
Les communistes veulent un autre ordre du monde. À l’heure où l’extrême droite s’installe à la tête des États-Unis et où la guerre en Ukraine fait rage, « le monde s’engage dans une course folle », s’inquiète Fabien Roussel, qui introduisait les travaux du conseil national du PCF, ce samedi à Paris. Avec une optique : « Nous devons actualiser notre corpus au regard des enjeux nouveaux » en observant les logiques de puissances à l’œuvre.
S’il se montre sévère face à l’attitude des pays occidentaux, il invite à « ne pas dédouaner Poutine », qu’il repeint en « nouveau tsar de Russie, qui lui aussi, dans un monde multipolaire, cherche à asseoir la puissance de son pays face aux États-Unis, à la Chine ».
Un débat sur les dépenses militaires
Alors que les négociations entre Moscou et Washington se tiennent dans le dos des Ukrainiens, le dirigeant communiste souhaite que l’Union européenne et la France prennent « l’initiative d’appeler à une nouvelle conférence pour la sécurité des peuples d’Europe, une nouvelle conférence d’Helsinki comme ce fut le cas dans les années 1970 pour mettre fin au risque de guerre ».
À terme, cette conférence, à laquelle participeraient tous les pays du continent, doit permettre « la sortie et la dissolution de l’Otan et une reprise des négociations pour un désarmement global en Europe ».
Il dénonce notamment le « choix de la fuite en avant sociale et militaire » des dirigeants libéraux, qui « entendent profiter de cette crise pour mettre en place une économie de guerre et s’en prendre à l’ensemble de nos conquis sociaux ». Pour autant, il assume le besoin « d’investir dans les moyens de défense nationale (…) pour nous libérer de la tutelle américaine et de toute tutelle étrangère » et non pour « se projeter dans des guerres impérialistes à l’étranger ». Cela appelle, selon lui, à « une base industrielle française, indépendante ».
Attention à ne pas augmenter les dépenses militaires, se sont inquiétés certains conseillers nationaux. « Les Français ont compris l’économie de guerre telle que les gouvernants la comprennent : c’est encore plus d’austérité », a ainsi prévenu Denis Durand. « Nous n’avons pas à souscrire aux 800 milliards réclamés par l’UE, qui ne sont prévus qu’au seul bénéfice des marchands de canons et du capital en difficulté », alerte Marie-Christine Burricand. D’autres appellent en revanche à ne pas « opposer dépenses pour se défendre et dépenses sociales, les gens ne le comprendraient pas ».
Attaques contre les sciences
L’attaque de l’extrême droite contre les savoirs a animé une partie des débats. Amar Bellal, responsable du secteur écologie, dénonce la « censure de la science », citant le fait que l’agence météorologique des États-Unis ne « mentionne plus le CO2 sur sa page Web » ou que la Nasa a rompu tout « soutien technique au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ».
Il s’agit d’un « projet politique visant à asseoir une hégémonie politique » et dans lequel « tout ce qui est contestataire est balayé », s’insurge Jean-Noël Aqua, qui énumère les domaines visés par l’administration Trump : la recherche sur le climat, les pesticides, la domination patriarcale, etc.
Le conseiller de Paris Jacques Baudrier s’inquiète, avec l’arrivée de l’extrême droite aux États-Unis d’une « politique irresponsable de l’industrie fossile » et voit dans l’alliance naissante entre Donald Trump et Vladimir Poutine « l’union de deux pays qui veulent un développement économique sur la base de l’énergie fossile », dangereuse pour le climat.
Pour les communistes, les tensions internationales naissent des concurrences économiques. « Les États-Unis, la France » considèrent les Brics « comme des menaces nouvelles », estime Fabien Roussel, inquiet : « Quand des puissances capitalistes ont peur, elles attaquent. La guerre devient un moyen d’asseoir leur domination. »
Aux origines des tensions, on trouve entre autres le « capitalisme états-unien », qui « mène la guerre économique » et « assèche les capitaux du monde entier pour son propre développement, afin de faire remonter le taux de profit du capital américain et protéger le dollar contre les attaques des Brics », qui cherchent à s’émanciper de leur dépendance au billet vert, souligne Frédéric Boccara.
Au terme des débats, le conseil national du PCF a adopté une résolution afin de faire de la « France une voix indépendante pour la paix », qui dénonce « la fuite en avant guerrière », les politiques de Donald Trump et Vladimir Poutine, et invite la France à réinvestir les cadres internationaux de discussions sur le désarmement et à promouvoir une initiative pour une paix juste en Ukraine.
Municipales 2026 : un appel à la riposte
La direction communiste s’est penchée, samedi, sur les municipales de 2026. Elle s’inquiète, dans une résolution, des menaces « d’asphyxie financière » des collectivités territoriales due à l’austérité. Le PCF fait le choix de ne pas nationaliser le scrutin pour porter des « programmes ambitieux alliant progrès social et transition écologique » construits dans les territoires, avec les autres forces de gauche et les citoyens.
Plusieurs conseillers nationaux ont invité à s’inscrire dans le cadre du Nouveau Front populaire. Il n’existe, pour l’heure, pas de négociations nationales entre les quatre partis de la coalition de gauche. Le PCF appelle à des « rassemblements les plus larges », faisant valoir qu’il est la deuxième force de gauche en nombre d’élus. Des chefs de file seront désignés, cet été, dans les villes de plus de 20 000 habitants.
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