Photo L'Humanité - Jeune retraitée, Marie-Hélène n’a jamais abandonné sa défense des travailleurs. David Pauwels
Militante communiste, syndicaliste, Marie-Hélène Bourlard, l’une des protagonistes de Merci patron !, veut mettre son expérience au service de l’intérêt général.
Sous les néons de son ancienne usine, sur la moquette de l’assemblée générale des actionnaires de LVMH ou comme ce jour-là devant un steak-purée, le discours de Marie-Hélène Bourlard ne varie pas d’un iota. Dans sa maison de ce petit village d’Orsinval, à une vingtaine de kilomètres de Valenciennes, l’ancienne ouvrière, qui a connu son heure de gloire en participant au film de François Ruffin Merci patron !, garde l’intérêt général au cœur. C’est le sens de son dernier engagement, aux côtés de Ian Brossat, sur la liste pour les élections européennes, dont une partie sera révélée aujourd’hui à Lille par le chef de file des communistes.
Marie-Hélène continue un combat engagé… en 1974
« Ian m’a contactée à la journée à la mer de Malo-les-Bains », organisée chaque année par les communistes du Nord pour permettre aux enfants privés de vacances d’aller à la plage. « Il voulait quelqu’un qui vienne du terrain », confie celle qui, outre son militantisme au PCF depuis 1978, est aussi bénévole aux Restos du cœur du Quesnoy, près de chez elle. Et même nouvellement retraitée, elle donne de son temps à l’union confédérale des retraités CGT. En fait, Marie-Hélène continue un combat engagé… en 1974. Cette année-là, elle entre à l’usine Bidermann de Poix-du-Nord, à 16 ans, comme ouvrière presseuse. « Je repassais les costumes".
Les communistes veulent donner une coloration ouvrière à leur liste. Sans garantir qu’ils feront entrer des eurodéputés au Parlement.
Au Parlement européen, les députés « ouvriers » se comptent quasiment sur les doigts d’une main. Lancés depuis cet été dans sa campagne pour les élections européennes - bien que parallèlement en discussion avec d’autres partis - les communistes aimeraient mettre la classe ouvrière en bonne place sur leur future liste pour le scrutin de mai prochain. Avec au moins deux candidats issus du monde ouvrier dans les dix premiers noms.
Le PCF doit présenter, ce jeudi, à Lille les candidatures de Franck Saillot, ancien ouvrier dans l’industrie papetière, et surtout celle de Marie-Hélène Bourlard, ex-syndicaliste et ouvrière dans le textile dans le Nord. « Ce serait la première femme ouvrière à devenir eurodéputée, une grande première dans l’histoire du Parlement européen », s’enthousiasme Ian Brossat, adjoint au maire de Paris et chef de file des communistes pour les européennes. Lui nous affirme qu’elle figurera dans les quatre premiers noms de la liste, donc automatiquement élue si le PCF fait 5 % des voix. Franck Saillot dans les dix premiers. « Le Parlement est tenu par le lobby de l’argent, nous, on veut être le lobby des gens », poursuit l’élu. Prolétaires de tous les pays, présentez-vous !
«Au Parlement européen, ils n’ont sûrement jamais vu d’usine !»
Âgée de 61 ans et tout juste retraitée, Marie-Hélène Bourlard a travaillé pendant 35 ans à l’usine de fabrication de prêt-à-porter haut de gamme Ecce, et s’était notamment fait connaître dans le documentaire « Merci patron ! » de François Ruffin. A la fermeture de l’usine en 2009, elle s’était mise à travailler comme ambulancière. « Au Parlement européen, ils n’ont sûrement jamais vu d’usine ! », lance cette communiste de longue date, qui promeut - entre autres - l’idée d’un « smic européen ». De là à aller jouer les premiers rôles à Bruxelles ? (...)
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