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Le festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai 2022. Un chapiteau sera implanté à Plourin-lès-Morlaix (Finistère), d’autres spectacles seront programmés au Roudour, au théâtre du pays de Morlaix, à la Maison des jeunes et de la culture et au bar des Deux rivières.
Nous étions tellement impatients qu’elle arrive cette cinquième édition des Originales ! Placée sous le signe des voyages imaginaires, la voici enfin pour des moments de partages, d’émotions, de rires, de poésie et d’énergie »,
raconte Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales, association basée à Morlaix (Finistère).
Cette année, plusieurs spectacles et animations s’étaleront du 14 au 21 mai 2022 de Plourin-lès-Morlaix à Saint-Martin-des-Champs et à Morlaix. Nous allons installer un chapiteau derrière la mairie de Plourin-lès-Morlaix. Il y a deux ans, nous avions émis l’idée de faire une programmation conséquente sur l’ensemble d’un week-end dans cette commune. Pendant deux jours, Plourin-lès-Morlaix deviendra une commune en chanson.
Deux randonnées chantées et contées seront animées par Alain Diverrès le samedi 14 mai et le lendemain dimanche 15 mai 2022, par Yves Briens, comédien, chanteur, conteur, accompagné de la voix et de l’accordéon de Steve Normandin.
Pour cette nouvelle édition, nous innovons avec le spectacle Kourouk et Mashka de Sylvie et Steve Normandin, destiné aux touts petits d’un à six ans, mais aussi en proposant au public un passe chapiteau de 30 €, qui donne accès à tous les spectacles du week-end !
Nous étions tellement impatients qu’elle arrive cette cinquième édition des Originales ! Placée sous le signe des voyages imaginaires, la voici enfin pour des moments de partages, d’émotions, de rires, de poésie et d’énergie »,
raconte Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales, association basée à Morlaix (Finistère).
Cette année, plusieurs spectacles et animations s’étaleront du 14 au 21 mai 2022 de Plourin-lès-Morlaix à Saint-Martin-des-Champs et à Morlaix. Nous allons installer un chapiteau derrière la mairie de Plourin-lès-Morlaix. Il y a deux ans, nous avions émis l’idée de faire une programmation conséquente sur l’ensemble d’un week-end dans cette commune. Pendant deux jours, Plourin-lès-Morlaix deviendra une commune en chanson.
Deux randonnées chantées et contées seront animées par Alain Diverrès le samedi 14 mai et le lendemain dimanche 15 mai 2022, par Yves Briens, comédien, chanteur, conteur, accompagné de la voix et de l’accordéon de Steve Normandin.
Pour cette nouvelle édition, nous innovons avec le spectacle Kourouk et Mashka de Sylvie et Steve Normandin, destiné aux touts petits d’un à six ans, mais aussi en proposant au public un passe chapiteau de 30 €, qui donne accès à tous les spectacles du week-end !
Dans la programmation des 14 et 15 mai, Christian Paccoud et le Sister System, quatre femmes et l’accordéoniste chanteur pour un récit de nos vies et de notre société », mais aussi
Le Trio Marcaurel, qui revisitera les grands standards de la chanson française.
Dominique Babilotte pour un spectacle sur les chansons de Nougaro, entre jazz et java. Dominique Babilotte n’imite pas Nougaro, il le chante tout en chaleur et douceur.
Jusqu’au 23 mai 2022, le hall de la mairie accueillera une exposition de photos autour de la chanson. Il y aura des portraits d’artistes qui sont passés dans le festival depuis sa création
Un stand de petite restauration est prévu. Il permettra de savourer des spécialités bretonnes et africaines. Elles seront concoctées par l’école alternative des monts d’Arrée de Pleyber-Christ. Le repas africain sera au profit de cette école alternative qui accueille des migrants.
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La programmation continue avec La Caravane passe, au Roudour, cabaret électoral au bar des Deux rivières de Morlaix, Louise O’sman à la Maison des jeunes et de la culture de Morlaix, Lili Cros et Thierry Chazelle au théâtre. La billetterie est accessible en ligne sur le site du festival. Les billets seront également en vente sur place.
Contact : 06 16 34 36 97 ou www.festival-lesoriginales.fr
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Un très bel hommage à Alain David, l'homme au chapeau noir, notre ami et camarade décédé en mars 2021, par Anne Caradec, Christophe Ducourant, Stéphane Hébréard.
Texte : Anne Caradec Musique : Christophe Ducourant et Stéphane Hébréard Enregistré chez Thierry Jeffroy et mixé par Jacques Le Honsec
Le Théâtre de la Corniche sera présent à la Maison du Peuple pour les journées du patrimoine. Il sortira de l'ombre un plourinois qui a participé à la défense de Paris au moment de la Commune et à qui l'on doit une chanson adoptée par tout les mouvements ouvriers, "la Marianne de 1883" que "l'Internationale" détrônera quand le poème de Pottier sera mis en musique.
Chanteuse, comédienne, auteure-compositeure, la Malienne enchaîne les succès, solos ou collectifs, depuis dix ans. De sa voix grandiose, elle illuminera la grande scène de la fête de l'Humanité, le vendredi 10 septembre. Portrait.
Damon Albarn, Herbie Hancock ou M n’y ont pas résisté. En 2011, quand « Fatou » publie son premier album, l’artiste n’est pas une inconnue. Depuis une quinzaine d’années, elle est devenue un visage familier des cinéphiles. Ses rôles dans « la Genèse » (1999), de Cheick Oumar Sissoko, puis dans « Sia » (2002), de Dani Kouyaté, font de Fatoumata Diawara une actrice de premier plan sur le continent africain. Une carrière démarrée, plus jeune encore, dès 14 ans, y compris sur les planches au Mali.
C’est d’ailleurs l’art dramatique qui, quelques années plus tard, l’emmènera pour la première fois en France, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, dans une adaptation d’« Antigone » de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, mis en scène par Sotigui Kouyaté.
Après sa participation à « Lamomali », de M, auréolé d’une victoire de la musique, elle sort son 2e album, « Fenfo »,pour lequel elle est nommée aux Grammy Awards.
Bien après l’héroïne de Sophocle, elle incarnera la sorcière Karaba dans la comédie musicale tirée du film d’animation « Kirikou et la Sorcière ». Le spectacle vivant lui permet de donner libre cours à son charisme et à son esprit indépendant. En dépit de nombreuses sollicitations et d’un succès grandissant, la carrière de Fatoumata faillit s’arrêter sous la pression familiale lui enjoignant de se marier. Une proposition de Royal de luxe lui sauvera la mise. Repérée par le directeur de la célèbre compagnie française de théâtre de rue qui la souhaite dans son nouveau spectacle, elle décide d’embarquer dans un avion, échappant à la police lancée à ses trousses par sa famille. L’aventure durera six années pendant lesquelles la jeune artiste parcourt le monde tout en approfondissant une pratique pluridisciplinaire de l’art.
Le monde du spectacle a toujours été présent dans l’intimité de Fatoumata Diawara, entre la troupe de danse de son père, où elle fait ses premiers pas, et une tante, célèbre actrice de cinéma, chez laquelle elle va vivre son adolescence. La musique ne tardera pas à l’accaparer. Une de ses premières émotions est d’ailleurs musicale. Quand elle entend « Dobe Mangan », un morceau d’Amadou et Mariam, Fatoumata a moins de 10 ans. Le chant en bambara du couple malien aveugle, emblématique de la sono mondiale, touche particulièrement la jeune fille, inconsolable depuis le décès brutal d’une sœur aînée. Puis Salif Keita, Ali Farka Touré, Francis Cabrel, Jimmy Hendrix ou The Beatles affineront sa culture musicale.
L’actrice musicienne semble avoir déjà vécu plusieurs vies. Des vies entrelacées qui ont forgé sa vision du monde.
« La musique n’est pas faite pour se plaindre, elle est faite pour chanter ses pleurs, pour transmuter la douleur en espoir. J’aime quand on se bat et qu’on se dit qu’on va s’en sortir en musique », confiait-elle à une radio publique. Remarquée par son compatriote, producteur et musicien émérite Cheick Tidiane Seck après son interprétation dans « Bintou Wéré, l’Opéra du Sahel », elle enchaîne les collaborations prestigieuses. Dee Dee Bridgewater, Oumou Sangaré, Hank Jones, Cheikh Lô, Bobby Womack, Mulatu Astatke, Roberto Fonseca, les projets collectifs AfroCubism, Africa Express, Mali Blues, Olympic Café Tour (avec la chanteuse marocaine Hindi Zahra)… Fatoumata Diawara s’impose comme la voix incontournable de l’Afrique actuelle.
Le grand public français la découvre véritablement à travers deux contributions : son interprétation, en 2014, dans « Timbuktu », le film multicésarisé d’Abderrahmane Sissako – présent également aux oscars et à Cannes –, et trois ans plus tard « Lamomali », album et spectacle de Matthieu Chedid, récompensé d’une victoire de la musique. La voici prête à s’affirmer en solo avec un deuxième album, « Fenfo » (quelque chose à dire, en bambara), pour lequel elle est nommée aux Grammy Awards. Un disque résolument moderne, à l’esthétique élargie.
Femme aux exigences de son temps, Fatoumata Diawara conçoit la musique comme une partition de sa propre trajectoire. Les mélodies ancestrales wassoulou y rencontrent les courants qui ont façonné l’histoire récente de la musique. Les instruments traditionnels (kora, kamalé, n’goni) y côtoient les sonorités pop, jazz, folk, blues, reggae, funk. Et les textes de convoquer aussi bien l’amour, la famille, l’espoir que le respect des valeurs qui sont chères à leur autrice. Diawara évoque ainsi la cause des migrants, s’adresse à la jeunesse, défend la diversité. Car « Fatou » est une femme de combat et d’idéaux.
Artiste féministe mobilisée notamment contre l’excision, le mariage forcé ou l’intégrisme, elle s’élève contre tous comportements et pensées qui entravent les libertés. En réponse à la situation politique dans son pays d’origine, la musicienne rassemble, en 2012, une quarantaine de compatriotes pour enregistrer le morceau « Mali Ko ». Également compositrice de ses morceaux, Fatoumata Diawara se révèle aussi en bête de scène, rayonnante et irradiante, la guitare électrique en bandoulière et l’énergie communicative.
À bientôt 40 ans, l’actrice musicienne semble avoir déjà vécu plusieurs vies. Des vies entrelacées qui ont forgé sa vision d’artiste qui pense le monde comme une maison bâtie sur deux piliers : la solidarité et l’égalité. Des fondations communes à la Fête de l’Humanité.
Ludovic Thomas
Les 10, 11, 12 septembre prochains, la Fête de l’Humanité vous ouvrira ses bras et ses portes au parc de La Courneuve-Le Bourget. Évidemment, nous tenons compte des incertitudes dues à la pandémie, à son évolution et aux variants du Covid-19. Les espaces et les jauges de participants seront réduits. Nous travaillons en lien étroit avec les autorités sanitaires et préfectorales afin de sécuriser les participants par la mise en place d’un important et strict dispositif sanitaire comme pour tous les événements qui se tiennent actuellement.
Nous avons d’autant plus l’ambition de tenir la Fête de l’Humanité que l’année écoulée a été marquée par des épreuves, des restrictions et par la solitude que certains ont éprouvée douloureusement. Le besoin de se retrouver, de partager des moments de joie, de rire, de danser, mais aussi de débattre, de discuter sans écrans interposés, celui d’envisager les luttes à venir, tout commande de maîtriser ensemble les conditions exceptionnelles de son organisation pour que l’esprit de la Fête l’emporte : la convivialité, le sens du partage, la franchise des échanges fraternels. Il réside dans le bonheur des découvertes artistiques et musicales, les émotions et vibrations des corps vivants et mêlés.
Tenir la Fête relève encore de la nécessité quand le pouvoir tente par tous les moyens de faire oublier le sacrifice des « premiers de corvée » qui ont maintenu le pays à bout de bras pendant les confinements, travailleuses et travailleurs essentiels, indispensables même, autant que méprisés et sous-payés. Au moment où les puissances d’argent profitent de la tétanie provoquée par la crise sanitaire pour affermir leur pouvoir, cette Fête se veut celle du réveil citoyen, du combat social et démocratique et de l’action pour construire l’alternative au système de prédation et d’exploitation des êtres humains et de la nature. La préparation de l’élection présidentielle trouvera dans les allées de la Fête des prolongements pour aider à dégager une issue de transformation sociale et écologique.
Nous y retrouverons le Village du monde, qui fera vivre la solidarité internationaliste avec les peuples en lutte pour leur dignité, malgré les restrictions qui empêcheront le déplacement de certaines délégations. L’Agora de l’Humanité, carrefour des débats sur les enjeux brûlants de l’actualité, prendra ses quartiers au cœur de la Fête, les stands militants et associatifs provoqueront la rencontre, susciteront la discussion fraternelle et mettront en partage leurs tablées. Le Forum social livrera les expériences et actions du monde syndical mobilisé contre la casse des retraites et celle de l’assurance-chômage, pour le renouveau industriel, la défense des services publics et la création d’emplois. Le Village du livre initiera quant à lui de riches débats et des rencontres fécondes avec les auteurs et éditeurs. L’espace du conseil national du Parti communiste permettra de porter des propositions nouvelles dans le cadre des échéances à venir.
Une fois encore, nous voulons vous offrir ce mélange unique de fête et de débats. De grands noms de la scène musicale française dont IAM, Alain Souchon, Boulevard des airs, Louis Chédid, Tryo, Soso Manès et d’autres dont nous dévoilerons les noms dans quelques jours viendront animer les trois scènes que nous mettrons à disposition du public. Les bons de soutien seront à votre disposition dans une dizaine de jours et pourront être défiscalisés à hauteur de 66 %, dès lors que le versement sera labellisé au fonds de dotation « l’Humanité en partage ». Fidèle à sa vocation solidaire, la Fête de l’Humanité reversera 1 euro sur chaque bon au Secours populaire français pour l’aider à financer ses actions.
Sans attendre, popularisons autour de nous, en famille, au travail, entre amis, cette nouvelle édition de la Fête de l’Humanité pour en faire le tremplin des idées nouvelles et le grand moment de fraternité dont nous avons toutes et tous tellement besoin.
Patrick Le Hyaric
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« Danser encore »…. L’Humanité vous propose une sélection non-exhaustive des reprises de la chanson d’HK, qui dévoile la diversité et l’ampleur du phénomène devenu viral en quelques mois sur les réseaux sociaux. À la fois hymne de résistance et de ralliement au monde de la culture, des dizaines et des dizaines de versions en provenance de France et d’ailleurs fleurissent sur Youtube, Facebook et d’autres plateformes.
Voici les paroles de la chanson :
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Nous sommes des oiseaux de passage
Jamais dociles ni vraiment sages
Nous ne faisons pas allégeance
À l'aube en toutes circonstances
Nous venons briser le silence
Et quand le soir à la télé
Monsieur le bon roi a parlé
Venu annoncer la sentence
Nous faisons preuve d'irrévérence
Mais toujours avec élégance
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Auto-métro-boulot-conso
Auto attestation qu'on signe
Absurdité sur ordonnance
Et malheur à celui qui pense
Et malheur à celui qui danse
Chaque mesure autoritaire
Chaque relent sécuritaire
Voit s'envoler notre confiance
Ils font preuve de tant d'insistance
Pour confiner notre conscience
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
Ne soyons pas impressionnables
Par tous ces gens déraisonnables
Vendeurs de peur en abondance
Angoissants, jusqu'à l'indécence
Sachons les tenir à distance
Pour notre santé mentale Sociale et environnementale
Nos sourires, notre intelligence
Ne soyons pas sans résistance
Les instruments de leur démence
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords Oh, non non non non non non
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d'accords
L’Humanité était en direct avec le chanteur HK, place de la République à Paris, pour une interview et quelques chansons en live, dont le titre devenu viral sur les réseaux sociaux « Danser Encore ». Pour l'accompagner, Fabien, guitariste, et le groupe Les Petites Mains, qui ont interprété toutes les chansons en "chansigne". Solidaire avec les travailleurs du secteur culturel et tous les précaires, le chanteur s’y exprime sur la reforme de l’assurance chômage. Il rejoindra vendredi 23 avril le cortège au départ de la place d’Italie, 14 heures.
Anne Sylvestre écrivait les paroles et la musique qu’elle interprétait à sa façon, si personnelle. Elle quitte la scène du monde à 86 ans, laissant à sa suite une tresse de chansons mémorables, déjà fêtées et classiques de son vivant.
Anne Sylvestre s’est éteinte le 30 novembre à Paris, à l’âge de 86 ans, des suites d’un AVC. Étincelante carrière (elle fêtait ça il y a deux ans, après une ultime tournée et un triple CD, Florilège : 60 ans de chanson, déjà !), entamée en 1950 à la rude école des cabarets successifs où elle côtoyait Barbara, Brassens, Moustaki… Il y eut la Colombe, le Cheval d’or à la Contrescarpe, le Port du salut, Chez Moineau, les Trois Baudets. Riche époque où des textes à vocation poétique participaient à la reconstruction morale du pays dans des lieux clos enfumés, hantés par des publics fervents. En 1962, à Bobino, elle passe en première partie du chanteur de charme Jean-Claude Pascal puis, à l’Olympia, elle précède Bécaud en scène. Brassens, sur la pochette du deuxième 25 cm d’Anne Sylvestre, écrit : « On commence à s’apercevoir qu’avant sa venue dans la chanson, il nous manquait quelque chose et quelque chose d’important. » La voilà adoubée à juste titre. Ne l’a-t-on pas souvent qualifiée de « Brassens en jupons » ? En octobre 1963, c’est la sortie d’un 45 tours avec ses premières Fabulettes, ces bijoux de paroles à destination de l’enfance, qu’elle sèmera tout au long de son existence et qui ouvriront de jeunes cœurs, jusqu’à aujourd’hui, de mère en fils et en fille. Entre 1963 et 1967, elle est couronnée à quatre reprises par le grand prix international du disque de l’académie Charles-Cros. En 1968, elle quitte la maison Philips pour confier ses intérêts à Gérard Meys, avant de fonder, après un énorme succès au Théâtre des Capucines, sa propre maison de disques, simplement baptisée Sylvestre, distribuée par Barclay. Son premier album sous ce label personnel sera, en 1973, les Pierres de mon jardin. Un an plus tard, de Marie Chaix, sœur d’Anne Sylvestre, sort un livre, les Lauriers du lac de Constance, qui fait la lumière sur le passé de leur père, Albert Beugras, qui fut le bras droit de Philippe Doriot, fondateur du Parti populaire français (PPF), plus que compromis dans la collaboration. D’Anne, ce passé fut une blessure secrète, effleurée dans une ou deux chansons.
En 1969, elle avait enregistré, avec Boby Lapointe, un titre d’anthologie, Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant. Entre 1975 et 1978, elle sort cinq albums et chante pour la première fois avec des musiciens, sans la guitare qui protégeait sa timidité native, laquelle participe de son charme. Son premier enregistrement public s’effectue à l’Olympia, en 1986 (lire ci-contre).
L’année suivante, partageant l’affiche avec la chanteuse québécoise Pauline Julien, Anne goûtait au théâtre avec la création de Gémeaux croisées, dans une mise en scène de Viviane Théophilidès. Ce spectacle connut une longue tournée en France, en Belgique, au Québec.
En 1989, ayant écrit paroles et musique des chansons, elle tenait le rôle-titre de cette pièce que j’avais écrite, la Ballade de Calamity Jane, mise en scène par Viviane Théophilidès. C’était joué au Bataclan, salle mythique où le petit-fils d’Anne, Baptiste Chevreau, perdit la vie à 24 ans, lors du massacre du 13 novembre 2015. Autre blessure.
La collaboration théâtrale avec Viviane Théophilidès s’est poursuivie avec – à destination du jeune public – Lala et le cirque du vent (texte et musique d’Anne), avec la chanteuse Michèle Bernard, sa « sœur de scène ». Ce fut ensuite la Fontaine-Sylvestre, où Anne et Viviane revisitaient de concert l’univers enchanteur du grand fabuliste. Entre 1990 et 1992, escortée au piano par Philippe Davenet, Anne partait en tournée avec son Détour de chant. Le musicien François Rauber, arrangeur émérite, fut fidèle à Anne jusqu’à sa mort en 2003, l’année où elle publiait l’album Partage des eaux, suivi, en 2007, d’un autre intitulé Bye mélanco. Plusieurs écoles portent son nom. Ses titres sont désormais classiques, depuis la Faute à Ève jusqu’à Gay, marions-nous et Non, tu n’as pas de nom, en passant par Une sorcière comme les autres, les Amis d’autrefois, tant d’autres. Anne était déjà infiniment populaire et noble, soit un classique de la poésie chantée.