Avec la complicité de certains élus, la réforme des collectivités territoriales est en train de casser des services publics importants en milieu rural tels que les syndicats locaux d'électrification. Ces derniers établissent une relation de proximité entre des élus qui connaissent les besoins de leurs communes et les services techniques qui peuvent y répondre efficacement à condition d'être implantés dans les territoires. Éloigner les services en les départementalisant, c'est se donner les moyens de moins entendre les demandes et les besoins pour faire des économies sur le dos des usagers.
Quatre syndicats d'électrification de la région, celui de Taulé, de Lanmeur, de Saint Pol de Léon, pourraient disparaître à court terme. Or, les maires des communes rurales étaient déjà échaudés par les conséquences de la loi Nome qui a privé les communes de moins de 2000 habitants des bénéfices de la taxe de 8% sur les consommations d'électricité.
Tout l'argent des taxes est désormais reversé au syndicat départemental d'électrification dont le budget est extrêmement important, équivalent à celui du Conseil Général. De quoi peut-être aiguiser les appétits et les ambitions de certains élus influents qui revoient leur position et acceptent désormais la suppression de ces services publics de proximité. Ainsi, le sénateur Jean-Luc Fichet a complètement revu sa position concernant le refus de la départementalisation de la compétence électrification au mois de janvier.
A l'identique, le syndicat de Plouigneau, dont André Prigent, maire de Plougonven, est président et de surcroît vice-président du SDEF, transférait dès 2007 sa maîtrise d'oeuvre au SDEF et s'oppose maintenant farouchement au découpage communautaire et surtout à l'implantation d'une antenne technique et administrative à Morlaix. Cet élu participe au déménagement du territoire et à la fuite des emplois vers Quimper.
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