65 cars en provenance de 200 collectifs locaux anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes (dont deux affrétés par le collectif NDDL de Morlaix), 520 tracteurs, 50 000 à 60 000 personnes à défiler avec détermination et gaieté dans les rues de Nantes, arborant une grande variété de pancartes, de costumes, de masques, d'accessoires pour dire non à ce projet "Beton -Privatisation - Big Business ". La manifestation de Nantes du 22 février est incontestablement un succès, dont la toile de fond est l'évolution de l'opinion: 56% des français sont contre l'aéroport.
Le Front de Gauche et le Front de Gauche Morlaix étaient bien représentés dans cette manifestation, même si des élus régionaux communistes de Bretagne et ceux de Loire-Atlantique soutiennent ce projet au nom de leurs liens de loyauté avec le PS et d'une conception du développement économique et de l'amènagement du territoire contestable.
Nous qui étions présents à cette manifestation familiale, où l'on trouvait des ciotoyens de 2 à 90 ans, nous ne pouvons que regretter le choix qui a été fait par le pouvoir socialiste de la discréditer et de la salir en déployant un dispositif de sécurité digne des pouvoirs autoritaires les plus contestés et en engageant d'emblée les hostilités avec les militants zadistes et anarchistes.
Des détonations, des grenades lacrymogènes, des canons à eau, des coups qui pleuvent sur de jeunes manifestants. Une ville en état de siège, volontairement transformée en zone de guerilla urbaine pour jouer sur l'exaspération des nantais et le discours sensationnaliste des médias. La violence était du côté du pouvoir et d'Ayrault, un pouvoir qui montre plus facilement ses muscles devant les anticapitalistes, les défenseurs de la nature et de l'agriculture, que devant Vinci, Gattaz et consorts.
Mais, c'est une chance pour nous, Ayrault et Hollande sont si discrédités et impopulaires qu'ils ne pourront prendre le risque d'un affrontement violent à retentissement régional et national sur la zone de bocage de Notre-Dame-des-Landes pour faire passer les bulldozers de Vinci, et cela malgré la pression des élus locaux qui craignent de perdre la face et des groupes d'intérêts capitalistes. Si la mobilisation se poursuit, nous ferons échec à ce grand projet inutile, nuisible et coûteux car, comme à Plogoff, comme sur le plateau du Larzac, c'est la lutte entre la realpolitik à courte vue et l'esprit de résistance pour les intérêts supérieurs de l'humanité qui se joue là.
Ismaël Dupont

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