Un couple de Quimpérois et leur fille étudiante affirment avoir été inscrits à leur insu sur la liste du Front national pour les municipales après avoir été approchés sur le marché par un militant du FN.
C'est par une amie de la famille qui l'avait lu dans Le Télégramme du 22 février, qu'un couple de Quimpérois et leur fille étudiante ont, disent-ils, découvert avec stupéfaction que leur nom figurait sur la liste pour les municipales du Front national. La liste complète avait été publiée dans nos colonnes alors que le chef de file, Alain Delgrange, souhaitait limiter la publication aux dix premiers noms car « certaines personnes ne veulent pas que leur nom apparaisse dans la presse pour ne pas avoir de problèmes avec leurs voisins ».
« Il m'a assuré que ça ne serait pas dans la presse »
Le père de famille, Bruno Hontedeyrie, contacte aussitôt Alain Delgrange pour lui faire part de son étonnement. Il affirme avoir été trompé par un militant du Front national rencontré le 8 février au centre-ville de Quimper. Son épouse raconte : « Ce matin-là, je me trouvais avec ma fille place Terre au Duc, quand j'ai été approché par un militant du FN. Il me disait qu'il manquait de voix pour faire une liste et pouvoir la présenter à la préfecture. Je lui ai dit que je ne partageais pas toutes leurs opinions. Il m'a proposé de remplir le document en le présentant comme un soutien pour que la liste puisse être présentée. Il m'a assuré que cela ne figurerait pas dans la presse. J'ai été abusée ».
Un document officiel
Marie-Thérèse Hontedeyrie et sa fille remplissent le document sur place sans trop se méfier car le militant les « a assurées que ce n'était pas pour se porter candidat, que c'était réservé aux adhérents du parti ». Mais il s'agit en fait d'un formulaire Cerfa très officiel de déclaration de candidature aux élections municipales. L'homme leur propose alors d'emporter un exemplaire vierge avec elles à l'intention du père de famille. Lui aussi signe et la famille rapporte le feuillet signé de sa main l'après-midi. « On ne connaît rien à la politique, on ignore tout des procédures, assure Bruno Hontedeyrie. On ne nous a jamais demandé de produire des pièces d'identité. Sur le feuillet, j'ai coché non à la ligne " déclare vouloir déposer sa candidature au conseil communautaire ". J'ai pensé que cela voulait dire que je refusais de me porter candidat ». Il se rend aujourd'hui compte de sa méprise.
Le candidat FN se rend à la préfecture
Mais pour Alain Delgrange, il ne peut y avoir de doute. « Ces gens avaient toute latitude pour étudier le document. Il ne peut prêter à interprétation. Je me suis rendu le lundi à la préfecture avec mon directeur de campagne pour voir si on pouvait retirer leurs noms et faire l'échange avec d'autres noms de candidats. Ce n'était pas possible. J'ai alors appelé la famille pour lui dire que je ne pouvais rien faire mais que s'il y avait un second tour, ils ne figureraient pas sur la liste ». Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il s'est rendu aussi au domicile des Quimpérois dès le 11 février pour s'excuser. « Il n'était vraiment pas à l'aise, relate Bruno Hontedeyrie. Il a été très correct. Il s'est excusé plusieurs fois. Le responsable départemental s'est aussi excusé platement. Le militant qui nous a fait signer ne fait plus partie de leur groupe depuis ». Le 17 février, le père de famille s'est rendu à la préfecture. « Ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire. La liste était enregistrée. Pour refaire la liste, il aurait fallu que 50 % des colistiers soient d'accord pour la refaire ». Le couple a choisi de ne pas porter plainte. Le cas de ces Quimpérois n'est pas isolé. Dans plusieurs villes de France, des citoyens se disent victimes de la même mésaventure.
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