2% d'augmentation du SMIC (15 fois moins que ce que nous demandions au Front de Gauche et à la CGT, 6€ de plus que l'alignement automatique sur l'inflation...), la participation au chantage sur les Grecs pour qu'ils ne mettent pas Syrisa au pouvoir, la poursuite de la politique d'austérité et de réduction de l'emploi public tout azimut (les fameux 2 postes de fonctionnaires sur 3 partant à la retraite qui seraient non remplacés dans tous les secteurs de la fonction publique sauf celui de l'éducation, de la justice et de l'intérieur), l'acceptation des abandons de souveraineté et des contraintes néo-libérales du pacte budgétaire européen, l'accent mis sur les efforts et sacrifices à faire plus que sur la redistribution des richesses, la perpétuation de la politique d'immigration sans humanité des Guéant, Hortefeux, Besson et consorts: on ne se faisait guère d'illusions mais on est bien obligé aujourd'hui de se rendre à l'évidence. Les socialistes ont obtenu l'alternance et les pleins pouvoirs mais ne semblent pas décidés tenter d'ouvrir réellement un nouveau chemin progressiste en Europe pour sortir par le haut de cette crise du capitalisme financier.
Certes, une bonne partie des électeurs a voté les 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin derniers pour "les moins pires" qui avaient le plus de chance de battre la droite sarkozyste, sans nourrir des espérances trop élevées mais en espérant que leurs difficultés quotidiennes seraient moins importantes et le pouvoir moins coupé de leur réalité.
Quand l'INSEE annonce aujourd'hui que le pouvoir d'achat moyen en France devrait baisser cette année de plus 1,5% sous l'influence conjuguée de la crise économique européenne et des politiques d'austérité que prolonge le gouvernement, cela laisse songeur...
Est-ce cela que les Français ont voulu?
Certes, les socialistes, et François Hollande au premier chef, avaient peu promis pour donner un tant soit peu de contenu concret au slogan et à l'espoir du changement, mais là, ce n'est plus après 2 ans que le gouvernement socialiste amorce son virage à droite, comme en 1983 et en 1999, mais immédiatement après les élections. Il est encore temps pour eux de prendre conseil parmi les syndicats, les associations et les forces politiques de gauche qui ont contribué à faire élire François Hollande, afin de mener une vraie politique de gauche, sinon les 5 années à venir seront bien décourageantes pour les citoyens qui avaient cru à la possibilité d'un réel changement.
Ismaël Dupont.
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