Félix Leyzour, figure politique des Côtes-d’Armor entre 1970 et 2008, est décédé à l’âge de 93 ans. Ancien sénateur, député, vice-président du conseil général, conseiller régional et maire de Callac, il était un élu communiste respecté.
Son décès est un choc
, ont réagi Jean-Yves Rolland, maire de Callac, et Christian Coail, conseiller départemental du canton de Callac et président du Conseil départemental. On est tous bouleversés
, appuie Gérard Lahellec, sénateur communiste des Côtes-d’Armor.
Le territoire vient de perdre un grand homme politique aux 43 années d’engagement, après la mort de Félix Leyzour à l’âge de 93 ans. Une longévité de plus en plus rare que Ouest-France tente de retracer en cinq actes.
Un élu communiste, un homme d’influence
Tous les progressistes des Côtes-d’Armor lui doivent quelque chose
, dit Gérard Lahellec. Originaire de Plourac’h, près de Callac, Félix Leyzour est, comme il se qualifiait, enfant d’agriculteurs devenu instituteur, qui militera, au plan syndical, chez les enseignants et, au plan politique, au Parti communiste ».
Sa carrière sur la scène politique aura été longue et remarquable. Toujours portée par les mêmes valeurs.
J’ai eu très tôt conscience des inégalités. Et puis, il y a eu la guerre, l’Occupation allemande, l’école fermée car réquisitionnée par les soldats… Ensuite, les rencontres avec des gens qui partageaient mes convictions à l’École Normale m’ont convaincu de m’engager au Parti communiste.
Avec lui, notamment, le communisme a connu de grandes heures dans l’ouest des Côtes-d’Armor.
Au conseil général pendant 38 ans, à Callac pendant 19 ans
Le conseil général aura été son mandat de toujours. Un siège qu’il a occupé trente-huit ans (six mandats). Vice-président, il était à la tête d’une commission stratégique : les transports. Historique vice-président aux routes au sein du Conseil général
, relève Christian Coail, qui a pris sa suite en 2008 comme conseiller départemental du canton de Callac, Félix Leyzour a en réalité débuté comme conseiller municipal à Saint-Brieuc, en 1965.
Entre 1976 et 1989, il est même conseiller régional. 1989, c’est aussi l’année où il est élu maire de Callac, son fief jusqu’à la fin de sa vie. Trois mandats suivront, jusqu’en 2008. Mais, jamais, il ne se désintéressera de la vie locale. Il suivait toute l’actualité de Callac, était présent à toutes les festivités
, raconte l’actuel maire, Jean-Yves Rolland. En 2022, alors que le projet d’accueil de réfugiés Horizon cristallisait le débat dans la commune, il appelait, en son nom, « au calme »
à la veille des deux manifestations pro et anti-projet.
Député presque par hasard
Adieu le Sénat, bonjour l’Assemblée nationale. Félix Leyzour, le nouveau député de Guingamp, a laissé mardi les ors du palais du Luxembourg pour ceux du Palais Bourbon… On sait ce qu’on quitte, à défaut de savoir exactement où l’on va
, écrit Ouest-France en juin 1997. Alors sénateur depuis 1989 – il avait été battu une première fois pour la députation en 1988 par Maurice Briand (PS) – Félix Leyzour quitte son poste pour devenir… député. Il est poussé par son parti, alors qu’une élection législative anticipée, consécutive à une dissolution de l’Assemblée sous le président Chirac, se profile.
Au terme d’une sacrée campagne éclair, et d’un débat public musclé organisé par Radio Kreiz-Breizh, à Rostrenen, Félix Leyzour fait tomber le sortant Daniel Pennec et refait basculer la circonscription à gauche. La mallette noire du Sénat dans une main, le nouveau cartable marron de l’Assemblée dans l’autre
, le Callacois entrait au palais Bourbon. Chargé comme ça, j’ai un peu l’air d’un paysan, non ?
Une carrière politique close en 2008
Face à la presse, en octobre 2007, Félix Leyzour annonce qu’il ne se représentera pas aux élections municipales et cantonales en 2008. C’est la fin, à 75 ans, d’un engagement politique long de 43 ans. Je continuerai, bien entendu, à apporter mon appui à la démarche d’union à gauche et de large rassemblement des forces progressiste
, glisse-t-il, se définissant là encore, et malgré les années, comme un militant n’ayant pas cherché à faire carrière
.
Dès 2009, et pour l’ensemble de son œuvre, il est nommé maire honoraire de Callac. Il le dit : Je suis en retraite, mais pas en retrait de la vie sociale et citoyenne
. Lui qui est l’un des membres fondateurs de la Fnaca cantonale.
En direct avec Félix Leyzour
Toutes ces années, il fallait bien les raconter. Félix Leyzour en a fait un livre, en 2011, intitulé : « En direct avec Félix Leyzour, de la Bretagne au Sénat et à l’Assemblée nationale, étapes d’une vie et d’un engagement. » À la question d’un journaliste, considérez-vous le livre que vous venez de publier à compte d’auteur comme un bilan ?
, Félix Leyzour martèle, encore et toujours : Non, certainement pas ! Je n’ai d’ailleurs pas écrit de conclusion, car je veux rester un observateur attentif de notre société. J’ai simplement voulu retracer les étapes de mon parcours d’homme, de citoyen et d’élu, jusqu’à aujourd’hui.
Il était intarissable, porté par l’intérêt pour l’homme
au sens large. J’ai fait de la politique de terrain, j’ai essayé de faire des choses concrètes.
Ses obsèques seront célébrées vendredi 12 décembre, à 9 h 45, au crématorium de Carhaix (Finistère).
commenter cet article …
/image%2F1489059%2F20230703%2Fob_d3a7c7_capture-d-ecran-2023-07-03-a-19-07.png)
/image%2F1489059%2F20251209%2Fob_8166b8_screenshot-2025-12-09-at-07-27-22-23.png)
