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25 novembre 2025 2 25 /11 /novembre /2025 06:54

 

La Convention citoyenne sur les temps de l’enfant vient de remettre son rapport.

 

Un leurre séduisant … mais un leurre dangereux !

Dans un contexte où des dégradations successives n’ont cessé de mettre en difficulté l’école publique, le Rapport citoyen sur les temps de l’enfant de la Convention citoyenne pourrait apparaître comme l’espérance d’un changement proclamé dans la perspective d’un meilleur bien-être des enfants et d’une réduction des inégalités.

Mais si le rapport souligne les insuffisances budgétaires et la nécessité d’une politique éducative constante dans ses objectifs et pérennes dans ses moyens matériels et humains, il semble considérer l’impossibilité d’agir sur ces questions puisque c’est ailleurs qu’il prétend pouvoir améliorer l’état de l’école avec des préconisations qui, loin de résoudre les inégalités actuelles, les accroîtraient.

Le PCF propose:

Il est nécessaire et possible de réinvestir dans l'éducation et la formation : revenir a 7,5 % de PIB. Soit plus 30 milliards. Recrutement de 100 000 postes de profs (cf notre plan de développement des services publics)

 

Pour mieux apprendre, il faut davantage de temps d’école.

Le temps scolaire des élèves s’est déjà fortement réduit depuis quelques décennies (suppression des samedis matin = équivalent horaire d'un an d'école ; suppression massive des classes pour enfants de deux ans; suppression de 0,5 ans d'enseignement disciplinaire en collège; suppression du BEP qui permettait aux élèves fragiles de faire le bac pro en 4 ans). Or, le rapport de la Convention citoyenne préconise une nouvelle réduction liée au passage des heures de cours à 45 minutes, au développement des temps d’accueil et à la concentration des apprentissages fondamentaux sur la matinée. Seulement les matinées consacrées à l'enseignement (baisse de 24h à 15h hebdomadaires), les après-midis étant consacrées à des "activités" sans contenu (de 13h30 à 15h30) et peut-être pas prises en charge par l'éducation nationale (la Convention est floue), et déscolarisées après 15h30.

Or, pour les élèves qui réussissent le plus difficilement, disposer de temps est un atout nécessaire pour dépasser leurs difficultés. La première conséquence des mesures préconisées quant à l’organisation du temps scolaire serait une baisse du niveau des élèves et un nouveau creusement des inégalités.

Le PCF propose:

Il faut reconquérir le temps scolaire dont les enfants français ont été spoliés: 27h en primaire, 32h au collège, 36h en lycée. Plus de temps, pour prendre le temps d'apprendre sans course contre la montre, pour lutter contre le stress scolaire.

4,5 jours pour les élèves : oui, mais pour regagner les heures perdues, pas pour que les enfants soient en errance à partir de 15h30.

Nous proposons, à l'école primaire, de découpler le temps élève et le temps enseignant. Cela se traduirait par exemple (à débattre) pour les profs des écoles avec des semaines de 3,5 jours devant élèves + 1 journée de formation, de concertation, de préparation et de correction (donnant des indications pour recommencer et améliorer). Le but est d'améliorer la pédagogie pour que les élèves aient plus de temps et des apprentissages mieux guidés. "Plus de maîtres que de classes", c'est possible avec la baisse démographique des élèves. C'est une occasion historique à saisir.

 

Une division absurde : les apprentissages théoriques vs les apprentissages pratiques

Dans l’activité intellectuelle humaine, la pensée formelle et l’activité pratique sont intimement liés. Vouloir dissocier les apprentissages théoriques et les apprentissages pratiques ne peut que renforcer les jugements qui condamnent une partie des élèves à des orientations prématurées et discriminantes. Une telle perspective réduit considérablement l’ambition de l’école qui, par exemple dans le projet de la Convention, se contentera de viser l’autonomie du citoyen en lui apprenant à remplir une feuille d’impôt plutôt que de viser son émancipation en lui permettant de comprendre ce qu’est l’impôt et de réfléchir à la justice fiscale… Alors qu'E. Macron a supprimé l'enseignement technologique, la Convention propose de mettre des "activités" de jardinage, bricolage, couture, sans enseignement des techniques pour les comprendre.

 

La fin de l’EPS et des enseignements artistiques 

En transformant l’EPS et les enseignements artistiques en pratiques d’activités, en ouvrant le risque de leur externalisation et en les livrant au jeu des offres locales, le rapport les exclut de la culture scolaire et de ses enjeux émancipateurs. Non seulement les inégalités territoriales seront inacceptables mais elles seront renforcées par des écarts d’enjeux dans les choix des familles, aux dépens d’une inscription dans une culture commune à l’ensemble des élèves.

Et quel avenir pour les enseignants d’EPS, de musique, d’arts plastiques ? Et les professeurs des écoles seraient-ils remplacés l'après-midi par des intervenants moins chers pendants qu'ils iraient boucher les trous du collège, en vue de réduire les dépenses pour l'école publique ?

Le PCF propose:

L'EPS, comme les enseignements artistiques, ne sont en rien différent de l'enseignement de la littérature ou des maths: les apports de savoirs (disposition des partenaires dans l'espace, réflexivité sur les gestes du corps, couleurs primaires et secondaires…) éclairent les pratiques (qui existent en maths avec des exercices et la lecture de romans).

Pour éviter un analphabétisme culturel et sportif, ces disciplines doivent rester obligatoires, pour accroitre la culture commune, et éviter le morcellement de la société française selon les goûts des communautés culturelles et sociales. L'école doit développer de nouveaux besoins, et ne pas enfermer chaque enfant dans les seules appétences créées par les déterminismes sociaux.

Recréer la discipline technologie pour que les pratiques ne soient pas obéissance aux objets que le marché nous met entre les mains, ou reproduction des pratiques familiales, mais compréhension des techniques.

 

Les élèves à la rue ? Une réforme d'incitation au privé?

Provoquant un véritable risque de rupture de l’obligation scolaire, les écarts voire les absences d’offre entraineront un décrochage qui laissera des élèves à la rue l’après-midi. L’exemple de l’Allemagne est probant qui depuis les années 2000 a fortement réinvesti pour inciter les établissements à revenir à une journée scolaire entière en vantant le « modèle français ».

Mettre les élèves à la rue l'après-midi est en réalité un avantage concurrentiel fait à l'enseignement privé qui accueillera sur des journées complètes des enfants, grâce à l'argent public qu'il reçoit à haute dose.

Le PCF propose:

L'école doit se faire à l'école. Les devoirs doivent se faire sur le temps scolaire, comme Fabien Roussel le proposait durant la campagne présidentielle de 2022.

Il faut créer les moyens de contrôler l'utilisation qui est faite dans l'enseignement privé de l'argent public: transparence des crédits alloués par l'État et les collectivités. Cesser l'obligation faite aux collectivités de financer le privé. Les rapports des inspecteurs sur les manquements au socle commun ne doivent plus pouvoir être enterrés (cf. le double article de Pierre Merle dans La Pensée n° 422)

 

Silence sur les inégalités territoriales !

Le rapport postule d’une vertu quasi magique de la politique territoriale à contribuer à la réduction des inégalités. La réalité est que les territoires seront très inégaux dans les moyens dont ils disposeront du fait de leurs disparités de richesse financière, des écarts de leurs ressources culturelles locales. Comment pourront-ils répondre à une demande accrue quand certains peinent déjà, aujourd’hui, à organiser le périscolaire ? Et on sait depuis plusieurs années comment l’État se décharge sur les collectivités territoriales sans leur attribuer les moyens. La Convention annonce même accepter que le "cadre national" des programmes soit adaptables selon les territoires, donc selon les profils sociaux des populations… C'est un projet d'injustice et d'éclatement de la cohésion sociale.

Le PCF propose:

Stop à la réforme de décentralisation préparée par Lecornu, les finances des collectivités locales sont exsangues.

Le cadre national des formations et des diplômes est une garantie d'égalité républicaine.

Le calendrier de cette Convention, rendant ses préconisations en novembre, est fait pour semer la zizanie à l'approche des élections municipales. Notre pays a besoin d'un vrai débat, serein, sans arguments biaisés qui servent à semer la confusion dans les élections locales.

 

Marchandisation : toujours les mêmes perdant·es !

Le clivage entre les fondamentaux scolaires et les activités sportives et culturelles ne résistera pas à la pression de l’offre marchande qui favorisera les familles disposant de meilleurs revenus. Les autres, contraints à une offre plus réduite devront s’en contenter. Et en l’absence d’offre, les mères devront choisir entre laisser leurs enfants à la rue et renoncer à leurs emplois ! Qui nous fera croire à un progrès égalitaire ? Qui croira que les lycées de familles populaires obtiendront l'orientation post bac qu'ils souhaitent, si leur temps de cours est réduit, et que dans les beaux quartiers les autres prennent des cours privés pour compenser les heures perdues à l'école?

Le PCF propose:

Le modèle allemand… est abandonné par les allemands… Nous l'avons sous les yeux, c'est le contre-exemple d'inégalités territoriales, sociales et genrées) qui doit redonner confiance dans le modèle français : investir dans une école publique de l'égalité entre les territoires.

Aucune privatisation de l'école ne profitera aux enfants d'origine populaire, et obligera les autres familles à payer pour seulement maintenir la qualité de l'école.

L'école publique, si elle en a les moyens, est la meilleure des solutions pour créer du commun entre les futurs citoyens de toutes les classes sociales.

 

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