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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 06:17

Cette nouvelle copie séduit les élus de Morlaix communauté, réunis en conseil, lundi 5 novembre. Exit les 500 places en eau profonde, place à 100 places sur pontons. Et, peut-être, à une estacade très touristique. Toute l'anse bénéficiera d'un lifting.

Quel est le contexte ?

« Depuis 2012 (date à laquelle a été voté un projet, depuis enterré), le climat n’était pas apaisé », remarque Claude Poder, vice-président à la mer et au littoral. Cette copie du port du Diben était en effet loin de faire l’unanimité.

La démarche initiée pour le nouveau projet à Plougasnou est tout autre. « On a organisé trois ateliers, qui ont chacun regroupé 80 personnes, des plaisanciers, des pêcheurs, des habitants, etc. »

Tout le monde s’est mis autour de la table pour expliquer ses attentes. Cela donne un projet « co-construit » avec les utilisateurs du port, Morlaix communauté et Wiinch (conseil, étude et accompagnement en nautisme et plaisance).

Cette fois-ci, l’investissement n’est plus concentré sur le port. « On a travaillé sur l’ensemble de l’anse du Diben, en essayant de répondre à tous les besoins : plaisance, pêche, tourisme, commerce, animation… » Tout cela en préservant « l’esprit quartier du lieu ». De quoi « réveiller cette belle endormie », glisse Adrien Sanquer (Wiinch), chef de projet du groupement.

Qu’est-il prévu côté port ?

Premier constat : sans digue, pas de port. Et la digue du Diben a sérieusement besoin d’être confortée. Ce sera sans doute l’un des premiers chantiers, estimé à plus de six millions d’euros. « Puisqu’on la conforte, on va aussi l’élargir, et faire un complément de descente de mise à l’eau, indique Claude Poder. Soit la cale actuelle sera doublée, soit cette cale partira du terre-plein du port. » Autre nouveauté : un ponton pour favoriser l’accès à tous les bateaux de pêche, une quinzaine d’unités au Diben.

Concernant le port de plaisance en lui-même, l’idée d’un port en eau profonde avec 500 places, au fond de l’anse, est abandonnée, du moins pour le moment.

Creuser, avec pour conséquence l’envasement, est un investissement considéré trop lourd et peu cohérent avec le contexte économique actuel de la plaisance. À la place, une centaine de places sur pontons, accessibles à partir du terre-plein et échouants.

Dans cette hypothèse, les 250 corps-morts actuels seraient maintenus, mais organisés autrement. Il est enfin prévu un système de navette pour permettre a des plaisanciers de rejoindre leur bouée, ou traverser l’anse.

Et pour les professionnels ?

Sur le terre-plein nord, les pêcheurs auront une zone technique et une maison de la pêche, sur le modèle de ce qui a été fait à Locquémeau, « et qui a bien dynamisé ce port ». Un endroit leur permettant notamment de stocker leur matériel et faire de la vente directe.

Une aire de carénage publique est prévue au Chantier Rolland, au fond de la baie. « Caréner à l’eau de javel dans le port, c’est fini. »

Le terre-plein des viviers serait maintenu dans sa vocation industrielle, mais retravaillé pour le rendre plus attractif. | Photo Ouest-France

Le terre-plein des viviers serait maintenu dans sa vocation industrielle, mais retravaillé pour le rendre plus attractif. | Photo Ouest-France

Le terre-plein accueillant la maison de la pêche sera pourvu d’environ 1 000 m2 de locaux au total, permettant également de créer une capitainerie, un local pour le club de plongée, un espace associations, un local pour la SNSM et un bistrot ou snack.

Quid de l’aspect touristique ?

C’est peut-être le volet le plus séduisant du projet. À l’image de ce que l’on peut voir à Pornic, la rive est de l’anse pourrait être pourvue « d’un ouvrage sur pieux, type estacade, de 2,50 m de large », détaille Adrien Sanquer.

Le cheminement irait soit jusqu’à Milaudren, soit jusqu’à Rhun Predou, voire jusqu’à l’anse de Trégastel, soit plus d’un kilomètre. « Aujourd’hui, le cheminement est derrière les arbres. On modifierait considérablement la perception du lieu. »

Coût estimé dans la version complète : de trois à quatre millions d’euros. Pour le volet attractivité, on peut aussi citer cette place sur le terre-plein nord qui pourrait accueillir des animations l’été. À noter que dans toute l’anse, les cheminements et stationnements seront revus, pour privilégier les déplacements doux et « libérer les vues sur la mer ».

Quel calendrier ?

En raison du coût global du projet, estimé à 16 millions d’euros, et de contraintes liées notamment à l’occupation d’espaces littoraux, Thierry Piriou, président de l’Agglo, prévient « que ce n’est pas un projet qui se fera en deux ans. On imagine au moins six ans, par étapes ». Mais quelques aménagements seront visibles dès la saison prochaine.

Comment les élus ont-ils reçu ce projet ?

Très bien puisqu’ils ont validé ce schéma d’orientation à l’unanimité. Pour Nathalie Bernard (Plougasnou), « on a réussi un pari pas facile : réunir tout le monde et se mettre d’accord ». Solange Creignou (Saint-Thégonnec) salue « un projet qui répond à plusieurs besoins » et « qui ne défigurera pas l’anse. Au contraire, il valorisera le territoire tout entier ».

 

Pour Ismaël Dupont (Morlaix), cela pourrait permettre de réduire « le déséquilibre Trégor-Léon en termes d’attractivité ». « C’est simple, pratique et percutant », s’enthousiasme Cathy Lucas (Lanmeur). Agnès Le Brun (Morlaix) ferme le bal : « C’est un projet qui a l’humilité et l’ambition du Trégorrois. »

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