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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 12:06

Dans le Télégramme du jour, Agnès Le Brun prétend que la décision d'aller au menu unique était prise dès le mois de décembre.

Pourquoi dès lors ne pas l'avoir évoqué en commission enseignement, en conseil municipal quand on a voté sur le changement de règlement des cantines? On aurait pu débattre en toute transparence du bien fondé de ce changement symboliquement important, et important aussi pour la vie quotidienne de beaucoup d'enfants et de familles, opéré alors qu'il n'y avait pas de polémiques ni de problèmes autour des menus scolaires à Morlaix.

Mme Le Brun prétend que cette décision est liée à une lutte contre le gaspillage alimentaire et pour une meilleure qualité nutritionnelle des repas.

Pourtant son résultat évident, c'est que de la viande sera sans doute jetée (à moins d'en commander moins et d'anticiper que certains enfants auront des repas réduits et sans la même qualité nutritive) et que des enfants ne mangeront pas tout à fait à leur faim certains midis ou mangeront peu certains repas, avec pourtant le même tarif pour les familles (en fonction du quotient familial).

Ce passage au Menu unique n'a pas été décidée dans le cadre démocratique de la commission enseignement ( ne n'est d'ailleurs que de la démocratie représentative, bien entendu dans le plein sens du terme, où l'opposition peut avoir accès à l'information et dire son mot): dire qu'il n'y a pas d'élu d'opposition dans la "commission menu", cela peut laisser entendre qu'on n'a pas souhaité y participer et que cette commission existe vraiment, avec plusieurs élus et des vrais échanges.

Il est permis d'en douter.

Quant à ce qu'elle dit du rôle des conseils d'école: donner son avis sur ce qui est décidé après coup, proposer, mais non "des instances que l'on consulte avant de décider", c'est une conception de la vie démocratique communale qui n'est clairement pas la nôtre.

Nous avons une vraie incompréhension, partagée avec beaucoup de parents d'élèves, par rapport au contenu et à la manière de prendre la décision sans aucun débat, réflexion collective avec l'opposition, les familles, les représentants de parents, en commission ou en Conseil Municipal.

On nous dit que cette décision a été prise en Bureau Municipal en lien avec les préconisations ou orientations de l'AMF (voire annexe), mais l'AMF est une association d'élus qui n'a pas de pouvoir de prescription et elle ne condamne pas en tant que telle la diversité des plats proposés et l'adaptation aux habitudes alimentaires des enfants. Certes, on peut dire que les enfants qui mangent un peu moins un jour par semaine ne vont pas en mourir (pour les enfants végétariens, ils mangeront moins chaque jour s'ils restent déjeuner à la cantine): mais est-ce que l'on veut apporter un repas équilibré à tous, c'est la question.

Certains vont nous dire, quand ils expriment le fond de leur pensée, que la France a une histoire, des traditions et une culture "judéo-chrétienne" qui justifient que les modes de vie et les habitudes alimentaires de la majorité soient imposés à tous.

Contradictoirement, on s'appuie sur le principe de la laïcité, définie de manière réductrice non comme neutralité de l'Etat garant de la liberté, de l'égalité de droits des citoyens, et du vivre ensemble, comme "tout le monde s'adapte à des normes communes uniques" et on ne fait pas d'exception ou de "préférence" pour telle ou telle culture.

Le choix de la municipalité est donc clairement politique et inspirée par une conception très droitière et peu consistante à mon avis de la laïcité, et peut-être aussi interprété comme une posture politicienne et un appel du pied à un certain électorat séduit par la thématique du "Français "de souche", maître chez toi".

Ismaël Dupont

Annexe:

" Vade-Mecum de la Laïcité de l'AMF Novembre 2015:

" LA RESTAURATION SCOLAIRE

Rappel du contexte.

La restauration scolaire constitue un service public facultatif et non un service public obligatoire. L’organisation de ce service, et en particulier le règlement intérieur, dont l’élaboration est fortement conseillée, est de la compétence du conseil municipal qui doit prendre une délibération sur ce sujet.

Rappel des principes et du droit La circulaire du ministère de l’Intérieur rappelle les règles suivantes :

• la neutralité des services publics implique que la prise en compte des différences de situation, fondées sur les convictions religieuses, ne peut remettre en cause le fonctionnement normal du service (Conseil d’État) ;

• les usagers du service public ne peuvent exiger une adaptation du fonctionnement d’un service public ou d’un équipement public. Cependant, le service s’efforce de prendre en compte les convictions des usagers dans le respect des règles auquel il est soumis et de son bon fonctionnement (circulaire du Premier ministre relative à la charte de la laïcité dans les services publics) ;

• les collectivités locales disposent d’une grande liberté dans l’établissement des menus et le fait de prévoir des menus en raison de pratiques confessionnelles ne constitue ni un droit pour les usagers ni une obligation pour les collectivités (tribunal administratif de Marseille du 1er octobre) ; • la circonstance qu’une commune serve du poisson le vendredi dans ses cantines scolaires mais refuse de tenir compte des prescriptions alimentaires en vigueur dans les autres cultes ne constituait pas une atteinte aux droits fondamentaux. « Les dispositions relatives aux menus qui ne font référence à aucun interdit alimentaire ne présentent pas un caractère discriminatoire en fonction de la religion des enfants ou de leurs parents » (Conseil d’État) ;

• la possible fourniture de panier-repas aux enfants par leurs parents, telle que prévue dans le cadre du protocole d’accueil individualisé (PAI), ne peut pas être justifiée au regard des croyances religieuses des enfants et de leurs familles. Elle est réservée à l’accueil des enfants atteints de troubles de la santé, justifiés par certificat médical. Le Défenseur des droits, dans son rapport a rappelé également ces principes et préconisé aux mairies qui souhaitent s’en tenir au principe de neutralité religieuse en matière de repas scolaires d’en informer les parents lors de l’inscription à la cantine, considérant que les menus affichés à l’avance doivent permettre aux parents de prévoir les jours de présence de leur enfant.

L’AMF rappelle que l’obligation alimentaire incombe aux familles et non aux communes.

La restauration scolaire, lorsqu’une commune a fait le choix de la mettre en place, répond aux impératifs suivants :

• assurer aux enfants de pouvoir manger, et « bien manger » (d’un point de vue nutritionnel), le midi, au cours d’une pause agréable et conviviale ;

• appliquer la réglementation relative à la qualité nutritionnelle des repas qui vise à limiter le service des plats les plus gras et sucrés, aucun aliment spécifique ne devant donc être cité ;

• faire l’apprentissage du goût et de la diversité des saveurs. Il appartient donc aux parents d’inscrire ou non leur(s) enfant(s) à la cantine en ayant connaissance des menus qui y seraient servis et des règles prévues dans le règlement intérieur.

Les familles doivent s’adapter aux règles de l’école républicaine laïque et non l’inverse.

Pour l’AMF, il n’est pas acceptable de proposer des « menus confessionnels » et il est contraire aux règles laïques de déterminer les menus en fonction de motifs religieux ou philosophiques. Ainsi, il serait contraire au principe de laïcité d’exclure un aliment ou un type d’aliment pour répondre à des prescriptions religieuses ou philosophiques comme il le serait d’ailleurs également de proposer systématiquement cet aliment ou ce type d’aliment.

En ce sens, l’utilisation du terme même de « menu de substitution » est impropre. Les paniers repas ne peuvent, quant à eux, être envisagés que pour des raisons médicales justifiées, dans le cadre du projet d’accueil individualisé (PAI). Il n’est pas non plus envisageable d’obliger les communes (ou EPCI) à prévoir obligatoirement un menu végétarien.

Dans les faits, la diversification des menus ou le choix offert aux enfants dans certaines cantines scolaires permet de leur assurer un repas équilibré sans contrevenir aux règles de la laïcité. Lorsque le choix n’existe pas, les personnels chargés de la restauration scolaire apportent toujours une attention particulière à compenser par d’autres aliments ceux que les enfants n’auraient pas choisis, et ce, pour quelque motif que ce soit, religieux ou pas" .

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